Je poursuis mon Challenge retrouvailles avec un nouvel invité surprise, c’est en effet avec plaisir que je retrouve les cinq braqueurs en déambulateur du Gang des Dentiers dans leur seconde aventure, Le Gang Des Dentiers Fait Sauter La Banque, avec bien entendu toujours Catharina Ingelman-Sundberg aux commandes.
Martha et ses acolytes s’offrent un séjour à Vegas, pas question de faire du tourisme pourtant, le Gang des Dentiers entend bien profiter de leur escapade américaine pour braquer un casino ! Mais de retour en Suède rien ne se passe comme prévu, les déboires s’accumulent. Cerise sur le gâteau nos Robin des Bois du troisième âge emménagent à côté d’un gang de bikers. Heureusement le Gang des Dentiers ne manque ni de ressources, ni de motivation…
Si vous avez aimé Comment Braquer Une Banque Sans Perdre Son Dentier alors vous ne pourrez qu’apprécier ce second volet des aventures de héros pas comme les autres ; dans le cas contraire passez votre chemin car cette suite est encore plus loufoque (le Gang des Dentiers réussit des coups totalement improbables avec une facilité déconcertante).
On retrouve avec plaisir nos cinq petits vieux dynamiques, dans la mesure du raisonnable compte tenu de leur âge avancé mais surtout toujours aussi complices et soudés ; mais aussi d’autres personnages déjà croisés dans le précédent roman (Blomberg, un flic pas très futé, ou encore Anders et Emma les enfants de Stina complices des frasques de leurs aînés presque malgré eux).
Il faudra aussi compter avec de nouveaux venus tout aussi haut en couleurs, dont Lillemor, une voyante qui va semer la zizanie et mettre en péril l’unité de nos héros, ou encore Jorgen et Tompa, des bikers tout en muscles au QI de moule avariée.
Des personnages mis au service d’une intrigue totalement déjantée, riche en rebondissements (mais en stress) et en situations qui vont du cocasse à l’absurde.
L’auteure profite de son intrigue et de diverses situations pour dénoncer les dysfonctionnements d’une société de plus en plus égoïste qui privilégie les riches et les puissants sans se soucier des plus démunis. Facile ? Peut être, mais ça ne coûte rien de le rappeler.
Sans être transcendant voilà un bouquin qui détend les zygomatiques avec des héros forts sympathiques, si jamais le Gang des Dentiers devait reprendre du service alors je serai fidèle au poste.
Catégorie : Coups de coeur
[BRD] Kingsman – Services Secrets
Rien de tel qu’une pause cinéphile pour égayer notre weekend, au menu du jour le film Kingsman – Services Secrets, réalisés par Matthew Vaughn et adapté d’un comics signé Dave Gibbons et Mark Millar.
Les Kingsman forment un réseau d’espionnage international indépendant de tout gouvernement. Suite à la perte d’un de leurs agents une campagne de recrutement est organisé, chaque responsable exécutif doit proposer un candidat. Le choix de Harry Hart (Colin Firth) se porte sur Eggsy Unwin (Taron Egerton), le fils d’un agent tué en mission quelques années plus tôt…
Ce n’est pas la première fois que Matthew Vaughn s’attaque à l’adaptation d’un comics co-signé par Mark Millar, le duo a déjà travaillé ensemble sur Kick-Ass. Pas de super héros ici mais plutôt des super espions, par contre on retrouve le même ton décalé dans la façon d’aborder le sujet (on est loin du James Bond façon Daniel Craig).
Le film nous propose d’alterner entre la formation des candidats (dont un seul sera retenu) et l’enquête des Kingsman concernant les affaires de Richmond Valentine (Samuel L. Jackson), un milliardaire un peu trop philanthrope pour être honnête.
On retrouve dans l’univers de Valentine le côté totalement décalé et décomplexé du film, son plan est totalement improbable mais dans le contexte ça passe comme une lettre à la poste. Et encore je vous laisse découvrir son bras droit, Gazelle, une nana pleines de ressources ; je dirai simplement que si Oscar Pistorius avait eu les mêmes prothèses il aurait pu se passer de flingue pour éliminer sa nana…
Si les agents du Kingsman reçoivent un entraînement intensif ils peuvent aussi compter sur une impressionnante panoplie de gadgets pour leur faciliter la tâche. Gadgets hautement improbables mais on s’en fout, Matthew Vaughn nous vend et produit déjanté et assumé ; et on en redemande.
De l’action, de l’humour et surtout une bonne dose de second degré, il faut croire que la recette fonctionne au vu du succès public et critique (et je ne vous parle pas gros sous). De fait Matthew Vaughn travaille déjà sur une suite, même s’il avoue que pour le moment rien n’est finalisé je ne serai pas surpris que davantage d’infos « fuitent » rapidement…
Une dernière chose avant de clore ce post, ne partez pas avant la fin du générique !
♥♥♥♥
[TV NEWS] American Horror Story – Freak Show
Avec un peu de retard nous avons enfin pu nous plonger dans la quatrième saison de American Horror Story, avec comme toile de fond un Freak Show (une foire aux monstres en français) et Ryan Murphy et Brad Falchuck aux manettes.
Jupiter (Floride), 1952. Les siamoises Bette et Dot (Sarah Paulson) rejoignent la troupe de « monstres » de Miss Elsa (Jessica Lange) ; elles se sentent enfin au milieu d’une vraie famille et ont un véritable succès auprès du public. Miss Elsa, qui supporte mal que l’on puisse lui voler la vedette, va tout mettre en oeuvre pour les écarter. Au même moment un tueur en série sème la panique en ville…
Décidément AHS s’impose comme une série majeure du moment, plutôt que d’user et abuser d’une trame vue et revue, elle se renouvelle saison après saison ; si les thèmes peuvent paraître classiques, la façon dont ils sont abordés leur offre une énième jeunesse. Proposée par FX aux Etats-Unis c’est Ciné+ Frissons qui assure la diffusion en France, comme les précédentes saison celle-ci se découpe en 13 épisodes de 45 minutes.
Au niveau du casting on retrouve des acteurs et actrices ayant participé aux saisons précédentes, outre Jessica Lange et Sarah Paulson on peut citer entre autres Kathy Bates (qui incarne une très touchante femme à barbe), Evan Peters (un homme homard plus impulsif que réfléchi), Angela Basset (une femme à trois seins au caractère en acier trempé), Emma Roberts (une fausse voyante) et Denis O’Hare (un escroc manipulateur et amoral). Si je devais décerner une palme d’interprétation parmi les habitués de la série j’opterai sans hésitation pour Sarah Paulson qui incarne deux soeurs aux caractères diamétralement opposés mais condamnées à habiter le même corps.
Bien entendu il faudra aussi compter avec son lot de nouveaux venus, notamment Mat Fraser (un homme poisson au grand coeur), Michael Chicklis (un monsieur Muscle pas très futé et complexé) ou encore Finn Wittrock (adulte pourri gâté surprotégé par sa mère, mais surtout un tantinet psychopathe). Sans hésitation c’est à ce dernier qu’irait ma palme d’interprétation des nouveaux, le parfait psychopathe et psychotique, fou mais loin d’être con.
La série alternant avec les genres il n’y a aucun élément fantastique dans cette saison, toutefois il est difficile de la caser dans un genre en particulier, je dirai thriller psychologique si vraiment je devais choisir. Une intrigue qui frôle la perfection, des acteurs convaincants et convaincus (qu’ils soient attachants ou détestables… attention toutefois à ne pas trop vous attacher, syndrome GRR Martin inside), des décors sobres mais efficaces… rien à redire cette quatrième saison répond à toutes nos attentes.
Et en parlant d’attente je terminerai ce post en précisant, si besoin est, que j’attends avec impatience la cinquième saison, baptisée Hotel et qui devrait renouer avec le fantastique. Cinquième saison qui, pour la première fois, n’inclura pas Jessica Lange au casting.
[BOUQUINS] Sophie Hénaff – Poulets Grillés
Au menu du jour une chronique coup de foudre (ce qui n’implique pas obligatoirement un coup de coeur), la couv’ du bouquin m’a de suite tapé dans l’oeil, le titre m’a fait sourire et le pitch a achevé le travail. Il est temps pour moi de vous livrer mes impressions sur Poulets Grillés, premier roman de Sophie Hénaff.
Six mois après sa mise à pied, la commissaire Anne Capestan est réintégrée au 36, mieux on lui confie une brigade à gérer. Forcément ça sent le coup foireux, en effet ladite brigade est composée de tous les « rebuts » de la Crim’, des indésirables que l’on veut isoler dans un placard. Mais Capestan est bien décidée à relever le défi et à prouver à sa hiérarchie que sa brigade ne va pas se la couler douce. Reste à motiver ses troupes…
L’auteure nous offre un polar plein de bonne humeur servi par une écriture fraîche et pétillante, un style auquel j’ai tout de suite adhéré. Si Sophie Hénaff mise beaucoup sur l’humour et ses personnages elle n’en néglige pas pour autant l’aspect polar ; son intrigue tient parfaitement la route et ne manque pas de surprises. Sans révolutionner le roman policier, l’auteure fait preuve d’une belle maîtrise des règles du genre.
Comme je l’ai dit plus haut le bouquin repose aussi et surtout sur sa galerie de flics atypiques à commencer par Anne Capestan, flic efficace un tantinet sanguine et retorse à toute forme d’autorité. C’est d’ailleurs son tempérament impulsif qui lui a valu une mise à pied et sa promotion/placard.
Quant au reste de l’équipe je vous laisse le plaisir de la découvrir par vous même, en guise de mise en bouche voilà comment Buron, le divisionnaire, la présente à Capestan :
« — Très bien, Capestan, je vous résume la chose : on nettoie la police pour faire briller les statistiques. Les alcoolos, les brutes, les dépressifs, les flemmards et j’en passe, tout ce qui encombre nos services mais qu’on ne peut pas virer, on le rassemble dans une brigade et on l’oublie dans un coin. Sous votre commandement. En septembre. »
Et plus loin, toujours lors de l’échange entre Buron et Capestan :
« — Agent Santi, en congé maladie depuis quatre ans, capitaine Merlot, alcoolique…
— Alcoolique ? Il va y avoir du monde dans cette brigade…
Buron referma le dossier et le lui tendit.
— Je vous le laisse, vous l’étudierez tranquillement.
Elle le soupesa, il valait bien son Bottin de Paris.
— On est combien ? C’est la moitié de la police, votre « nettoyage » ? »
Les missions de la brigade : enquêter sur les affaires non résolues qui polluent les statistiques des autres brigades. Sauf que non seulement Capestan va devoir faire avec les présumés « tocards » de la Crim’ mais en plus il faudra composer avec un manque totale de moyens et de pouvoirs… On est bien loin de Cold Case ou du Département V :
« Ça, on est moins dans Cold Case que dans Case Cons, renchérit Merlot. »
Bref au final le coup de foudre s’est bien transformé en coup de coeur, coup de coeur accordé avec l’indulgence due à un premier roman. J’espère vivement que nous retrouverons Capestan et sa brigade pour de nouvelles aventures.
MON VERDICT


[BOUQUINS] Hugh Howey – Silo : Origines
Je poursuis mon Challenge retrouvailles en naviguant entre les genres, place donc à de la SF post-apocalyptique avec Silo : Origines, second volet de la trilogie de Hugh Howey même si, chronologiquement parlant, il se situe avant les événements décrits dans Silo.
2049. Dans quelques années le monde que nous connaissons n’existera plus, anéanti par la folie des hommes, par la soif de pouvoir de certains et par le fanatisme d’autres. Les survivants sont condamnés à une vie souterraine, à oublier et à ne jamais transmettre l’Histoire telle qu’elle s’est réellement passée…
Hugh Howey décompose son roman en trois parties qui vont du projet Silo aux événements décrits dans le bouquin précédent.
Dans L’Héritage, en 2049 le député Donald Keene rejoint le sénateur Thurman et son équipe sur un projet industriel novateur. Parallèlement on suit le réveil de Troy en 2110, il doit assurer la relève pour le commandement du Silo 1.
Dans L’Ordre, Donald Keene est réveillé en 2212 afin de rejoindre un petit groupe mené par Thurman afin de faire face, depuis le Silo 1, à une rébellion grandissante au sein du Silo 18. On alterne entre le Silo 1 via Donald et le Silo 18 via Mission, un jeune porteur qui a rejoint la rébellion.
Dans Le Pacte, Donald Keene est réveillé en 2345, on lui apprend alors qu’une habitante du Silo 18 vient de s’évanouir en pleine nature. Tout le monde, dans le Silo 1, est convaincu qu’il est Thurman. Parallèlement, on assiste, par le biais de Jimmy, un adolescent mis à l’abri par son père, à la chute du Silo 17, survenue en 2312.
Avec cette troisième histoire la boucle est bouclée, le lien est fait avec Silo, qui plus est ça nous permet aussi de mettre une date sur l’intrigue qui jusqu’alors se situait dans « un futur indéterminé ».
Si le précédent opus connaissait quelques baisses de régime, je peux affirmer qu’il n’en ai rien ici, aucun temps mort, le rythme va crescendo au fur et à mesure que l’intrigue s’étoffe. Pour tout vous dire ce bouquin se lit comme un thriller.
Dans ce second opus Hugh Howey ne se contente pas de nous révéler les origines du projet Silo, on découvre aussi le fonctionnement hiérarchique à deux vitesses (avec d’un côté les élites autoproclamées du Silo 1 et de l’autre les habitants des autres silos), mais aussi le futur prévu pour les silos et leurs résidents… Captivant mais glaçant !
Du coup je pense que je ne tarderai pas trop avant de me lancer dans l’ultime opus de la trilogie, Générations, il promet d’être encore plus intense à en croire la fin de ce tome.
MON VERDICT

[BOUQUINS] Marc Raabe – Incision
On ne peut pas vraiment dire que les écrivains allemands se bousculent dans mon Stock à Lire Numérique, du coup quand je suis tombé sur Incision de Marc Raabe ça a tout de suite titillé ma curiosité. Ajoutez à cela une couv’ très visuelle et un pitch plutôt alléchant, voilà qui me donne suffisamment de bonnes raisons pour me laisser tenter.
La vie de Gabriel bascule quand sa compagne Liz Anders, une journaliste free lance de renom, l’appelle à la rescousse. Sur place Liz est introuvable, par contre la police est là pour un meurtre dont Gabriel devient le principal suspect. Pour lui, et pour Liz, le cauchemar ne fait que commencer…
Pour un premier roman l’auteur manie plutôt habilement les règles du genre. Près un prologue qui nous met l’eau à la bouche sans toutefois en dire trop, on plonge au coeur de l’intrigue, vingt neuf ans plus tard. Marc Raabe nous ferre en quelques pages, impossible ensuite de lâcher le bouquin avant de connaître le pourquoi du comment ; bien malin celui qui démêlera l’écheveau avant que l’auteur ne nous livre les réponses tant attendues.
Certaines situations peuvent parfois manquer de crédibilité mais finalement ces menus défauts se font vite oublier tant le rythme de l’intrigue nous tient en haleine. On se doute bien que la clé de l’énigme se trouve dans les événements mentionnés dans le prologue, mais il faudra faire preuve de patience avant de voir les pièces du puzzle s’assembler.
Les personnages sont bien travaillés, je pense notamment à Gabriel qui, de prime abord, n’a pas toutes les cartes en main pour s’attirer la sympathie du lecteur mais on ne peut qu’adhérer à son combat pour découvrir la vérité et sauver celle qu’il aime. Le contraste entre les deux frères est saisissant, le jour et la nuit !
Un thriller efficace qui mettra vos nerfs à rude épreuve, une intrigue dure où l’action brute cohabite avec des aspects plus psychologiques, une atmosphère parfois glauque mais au final l’ensemble est moins trash que ce qu’aurait pu faire par exemple Maxime Chattam avec les mêmes ingrédients.
Des chapitres relativement courts et un style très direct permettent de se plonger au coeur de l’intrigue et surtout de maintenir, jusqu’au clap de fin, un rythme endiablé. Bref une belle découverte et une bonne surprise.
MON VERDICT

[BOUQUINS] L.C. Tyler – Mort Mystérieuse D’Un Respectable Banquier Anglais Dans La Bibliothèque D’Un Manoir Tudor Du Sussex
Comme tout challenge que se respecte (en tout cas chez votre humble serviteur), quelques imprévus viennent pimenter le programme. J’en ai déjà quelques uns en vue (des imprévus prévus en quelque sorte… cherchez pas). Je vais commencer par le petit dernier à avoir intégré mon Stock à Lire Numérique, Mort Mystérieuse D’Un Respectable Banquier Anglais Dans La Bibliothèque D’Un Manoir Tudor Du Sussex (c’est bon vous pouvez reprendre votre respiration) de LC Tyler. Troisième enquête du trés atypique duo Ethelred Tressider & Elsie Thirkettle.
Alors qu’Ethelred et Elsie sont invités à une réception, le mâitre des lieux, Robert Muntham, est retrouvé mort dans la bibliothèque, fermée de l’intérieur. La police conclut au suicide mais Ethelred et Elsie décide de creuser la piste du meurtre, auquel cas le coupable ne pourrait être que l’un des huit autres invités présents à la réception…
Intrigue classique type mystère en chambre close, en l’occurrence agrémentée d’une pointe de Cluedo, mais sous la plume de LC Tyler même le scénario le plus classique peut prendre des tournures pour le moins inattendues. Si l’auteur joue à fond la carte de l’humour, il ne néglige pas pour autant l’aspect policier de son intrigue, elle est juste un brin décalée (mais en rien déjantée). Mon allusion au Cluedo n’était pas totalement gratuite, L’agencement de Muntham Court est assez proche du plateau de jeu ; qui plus est l’auteur prend un malin plaisir à brouiller les pistes au fil des pages.
Les habitués retrouveront avec plaisir Ethelred, écrivain de romans policiers un peu maladroit (et limite benêt en présence d’une jolie femme) et Elsie, son agent littéraire, aussi délicate qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine et un sens de la répartie aiguisé. Quant à ceux qui ne les connaissent pas encore, je suis convaincu qu’ils tomberont rapidement sous le charme de ce duo de choc.
On retrouve un récit qui alterne entre les points de vue d’Ethelred et d’Elsie ; outre le changement de police de caractère, le ton employé permet aisément de distinguer les deux personnages. L’auteur adapte véritablement son écriture à ses narrateurs (les différences de point de vue et d’appréciation sont jubilatoires). Cà et là viennent se glisser des chapitres du roman sur lequel Ethelred travaille.
Je ne sais pas si le traducteur ou l’éditeur compte, à chaque nouveau roman de la série, le titre mais si tel est le cas il va falloir prévoir des couvertures plus grandes ! Un bouquin qui se lit tout seul et vous laisse le coeur léger et la tête vide… comme ça fait du bien parfois !
Petits bémols d’ordre purement techniques concernant la version numérique.
Bien que je sois un inconditionnel des éditions Sonatine force est de constater que si leurs ebooks sont de bonne qualité ils restent perfectibles ; ne serait-ce que par l’ajout d’une table des matières complète digne de ce nom. Je sais bien que c’est un détail mais il n’empêche que ça dérange les maniaques dans mon genre (la première chose que je fais après l’achat d’un titre Sonatine ou Super 8 est de mettre la TdM en conformité avec mes attentes via Sigil).
Je vous laisse juge de ce que ça donne en comparant les deux TdM (avant et après) :

J’ai par contre été vachement surpris par la lourdeur de certains codes, notamment dans les pages consacrées au prochain roman d’Ehtelred ; là encore ça ne change strictement en terme de lisibilité du bouquin, mais quand je vois un code pareil ça me colle des frissons… donc je corrige (toujours via Sigil).
A titre d’exemple je vous joint la même portion de texte, avant et après sa réécriture :


Ceci ne m’empêchera pas de rester fidèle à Sonatine, d’autant que leurs catalogue promets encore quelques belles surprises (avec une probable rencontre entre l’Iroquois et le Bourbon Kid… c’est de la balle ! Et du gros calibre !). Et puis j’espère bien y retrouver le prochain LC Tyler (à ce jour il reste encore deux enquêtes d’Ethelred et Elsie inédites en français).
MON VERDICT

[BOUQUINS] Romain Puértolas – La Petite Fille Qui Avait Avalé Une nuage Gros Comme La Tour Eiffel
Je poursuis mon programme (si on peut appeler ça comme ça étant donné que je n’ai pas vraiment de liste définie à l’avance, ni d’ordre établi) de lecture en alternant entre mon Challenge retrouvailles et le reste de mon Stock à Lire Numérique ; mon objectif premier étant de varier les plaisirs (et donc les genres) autant que faire se peut. Au menu du jour La Petite Fille Qui Avait Avalé Un Nuage Gros Comme La Tour Eiffel de Romain Puértolas.
Providence Dupois a enfin reçu les papiers d’adoption pour Zahera, une petite marocaine hospitalisée depuis toujours pour une mucoviscidose. La nouvelle mère n’a qu’une hâte, s’envoler pour le Maroc afin de rapatrier sa fille. Seulement voilà un volcan islandais a décidé au même moment de cracher un nuage de cendres qui interdit de vol tous les appareils. Rien n’empêchera Providence de rejoindre Zahera, quitte à se rendre là-bas en volant de ses propres « ailes »…
L’écriture de Romain Puértolas produit un effet magique sur les lecteurs (en tout cas sur moi) ; aussi improbables que soient ses récits, on se laisse bercer par la magie des mots, les talents de conteurs, l’authenticité et la sensibilité (à ne pas confondre avec la mièvrerie) de l’auteur. Ce sont des lectures qui font du bien au moral et vous donne le pep’s pour la journée.
Si vous avez été hermétique au voyage du fakir alors passez votre chemin, c’est un modèle de sérieux et de rigueur à côté du périple aérien de Providence ! Pour ma part j’ai lu ce livre comme un conte, ou plutôt une fable. Vous savez ce qu’on dit, il y a une part de vérité derrière chaque légende… la question est de savoir si la vérité est plus belle ou plus sombre que la légende.
Je n’ai donc pas été totalement surpris par le retournement final, même si je ne m’attendais pas forcément à ça. D’un autre côté l’auteur prévient ses lecteurs dès l’exergue en citant Boris Vian : « Cette histoire est entièrement vraie puisque je l’ai inventée d’un bout à l’autre. » (L’Ecume des Jours).
Providence croisera des personnages hauts en couleurs (et parfois même des grands de ce monde) lors de son périple. Un périple plein de charme et d’émotions. L’auteur aborde des thèmes graves (dont la maladie, et plus particulièrement la maladie chez l’enfant) avec légèreté sans jamais tourner le sujet en dérision. A ce titre j’ai aussi craqué pour Zahera, une gamine de sept ans pleine de vie, d’espoirs et d’ambitions malgré la maladie qui lui ronge inexorablement les poumons.
L’absurdité des situations n’empêche nullement l’auteur de jouer la carte d’un humour tout en finesse et celle d’une sincérité qu redonnerait presque fois en l’être humain…
Un regret ? Oui, celui d’avoir refermé trop tôt ce bouquin qui fait chaud au coeur et à l’âme. Lu en une journée. Je terminerai cette chronique en trois mots Monsieur Puértolas : Vivement le prochain !
MON VERDICT

[BOUQUINS] Serge Brussolo – Le Suaire Ecarlate
Pour cette nouvelle étape de mon Challenge retrouvailles je continue à naviguer entre les genres, cette fois la fiction cotoie l’Histoire en compagnie de Serge Brussolo et Le Suaire Ecarlate, deuxième opus du Cycle de Wallah.
A la mort de la sorcière à l’origine du sort, le don de Wallah disparaît. Libérée de ses obligations d’assassin et protectrice du Baron de Ponserrat, elle rejoint le forain Bézélios. Eternel « honnête truand », Bézélios s’est mis dans l’idée de monter une arnaque religieuse. Un pari qui pourrait se révéler fatal s’il venait aux oreilles de l’inquisiteur Jome le Noir, l’homme d’église a en effet déclaré une guerre impitoyable aux trafiquants de fausses reliques…
Je ne suis pas particulièrement fan des romans historiques, ni même de la période du Moyen Age (une espérance vie qui ne dépasse guère les 30 ans et une Eglise toute puissante… pour moi ça ressemble plus à l’enfer qu’au paradis !) mais il est des auteurs, comme Jean Teulé ou Serge Brussolo, qui, par leur formidable talent de conteur, m’embarquent totalement dans leur récit, quel que soit le contexte.
Au fil des pages la fiction côtoie l’Histoire, on sent que l’auteur s’est bien documenté sur le Moyen-Âge, sans être trop didactique et sans lourdeur, il nous plonge au coeur de son intrigue, parsemant son récit de faits authentiques sur les us et coutumes de l’époque (une époque où l’ignorance populaire faisait les choux gras de l’Eglise).
Dans la première partie du récit Wallah donne un peu l’impression de subir les événements plutôt que d’en être l’actrice ; ça peut surprendre mais ça correspond plutôt bien à son état d’esprit du moment, elle est un peu larguée maintenant qu’elle se retrouve livrée à elle même. Mais elle se reprendra vite quand la troupe se retrouvera embarquées au coeur d’intrigues et complots visant à trouver un héritier légitime au trône de France (on est en pleine guerre de Cent Ans, la situation était pour le moins trouble).
Une intrigue menée sans temps mort, pleine de surprises et de belles trouvailles. Wallah y croisera, comme précédemment, des personnages hauts en couleur ; certains plutôt burlesques, d’autres au contraire qui font froid dans le dos. J’avoue avoir eu un faible pour Masaki, un samouraï maître des poisons plein de sagesse et de bon sens (une bouffée d’oxygène face à l’obscurantisme ambiant). Il pourrait sembler un tantinet déplacé dans le contexte mais grâce au talent de l’auteur sa présence s’intègre parfaitement à l’intrigue.
J’ai passé un trés agréable moment en compagnie de ce bouquin, je ne sais pas si l’auteur compte faire vivre d’autres aventures à Wallah, si tel était le cas je les suivrai avec plaisir. Quoi qu’il en soit ça ne fait que conforter mon envie de découvrir davantage l’univers littéraire de Serge Brussolo, d’autant que l’auteur est des plus prolifiques.
Pour l’indécrottable athée que je suis, les quelques piques que Serge Brussolo adresse à l’Eglise sont plutôt jouissives, il le fait tantôt avec humour, tantôt de façon plus acerbe, selon le personnage qui s’exprime. Je vous livre trois exemples parmi tant d’autres :
« Les paroles de la Bible lui traversent l’esprit : Mangez, ceci est mon corps, buvez, ceci est mon sang. Elle s’est toujours étonnée de ce que les chrétiens ne s’offusquent jamais du caractère cannibale de ce commandement, eux qui n’hésitent nullement à accuser les autres religions de « pratiques abominables ». » (Wallah)
« Il y a beau temps qu’il a compris que les hommes d’Église ont besoin du Diable pour exister. Sans lui, ils ne sont rien. La menace diabolique autorise la prolifération des bûchers. C’est utile quand on veut se débarrasser de ses ennemis politiques… et confisquer leurs biens ! » (Arno)
« Vous n’avez guère l’esprit scientifique, vous, les Occidentaux. La religion tient lieu d’explication commode à tout ce que vous refusez d’étudier. » (Masaki)
MON VERDICT

[BOUQUINS] Edgar Cantero – Le Monde Caché D’Axton House
Ca faisait un moment que je ne vous avait pas fait une chronique d’un titre de Super 8, et pourtant je les achète systématiquement dès leur sortie (à ce jour c’est la première fois que je suis totalement accro à un éditeur). Parmi les titres en attente de lecture celui d’Edgar Cantero, Le Monde Caché D’Axton House, est de loin celui qui qui titillait le plus ma curiosité…
Suite au suicide d’un lointain cousin germain, A. hérite de son manoir en Virginie. Sans la moindre hésitation A. s’envole pour les USA en compagnie de son amie Niamh. Rapidement ils vont se rendre compte que la maison cache bien des secrets qu’ils comptent bien découvrir vaille que vaille…
Jamais un bouquin n’aura autant mérité le qualificatif d’OLNI (Objet Littéraire Non Identifié) que celui-ci, je vous promets une expérience de lecture unique et quasiment interactive. N’espérez pas une trame narrative rigoureuse, l’auteur nous propose un bric-à-brac d’extraits de journaux intimes et de bouquins, des comptes rendus d’enregistrements audio et video et autres joyeusetés incongrues (dont un relevé téléphonique et le certificat d’adoption d’un chien pour n’en citer que deux).
De prime abord c’est un tantinet déconcertant, mais si d’apparence l’assemblage semble n’avoir ni queue ni tête, il va rapidement s’avérer que chaque élément est sciemment disposé là où il doit se trouver pour créer un tout cohérent et totalement addictif. On se prend vite au jeu et l’on cherche en même temps que les personnages à résoudre les énigmes qui leur permettront d’avancer (je me suis éclaté à jouer les apprentis cryptographes mais je ne suis indécrottablement nul dans cette discipline).
Au niveau de ses personnages principaux, A. et Niamh, l’auteur ne perd pas son temps à leur donner une quelconque profondeur ; elle viendra naturellement, au fur et à mesure à travers leurs écrits et leurs échanges (on sourit avec eux, on enquête avec eux et parfois même on flippe avec eux). Quant aux autres personnages on les découvre tels que A. les perçoit. Là encore, placé dans le contexte, ce côté minimaliste ne choque pas et s’intègre parfaitement à l’ensemble.
La couv’ fait très cartoon dans son visuel, un choix plutôt judicieux puisque je suis persuadé que Tex Avery aurait été sous le charme d’un tel scénario. A vrai dire si je devais imaginer une transposition sur grand écran je trouve que l’animation rendrait plus justice au roman qu’un vrai film… mais bon adapter ça au cinéma en respectant son esprit me semble surtout totalement impossible !
Vous l’aurez compris j’ai été totalement conquis par cette expérience de lecture unique en son genre. Je tire mon chapeau à Edgar Cantero qui a dû bien s’éclater à créer un roman d’une incontestable originalité mais aussi sacrément se creuser les méninges pour s’assurer que le lecteur le suivra jusqu’au bout de cette improbable quête. Pour un premier roman, le jeune auteur américain (mais d’origine espagnole) place la barre très haut, espérons qu’il saura encore nous surprendre avec ses prochains romans…
C’est à regrets que je referme ce bouquin, il reste quelques questions sans réponses concernant Axton House mais quoi de plus normal, si le manoir ne conservait pas quelques secrets il perdrait une partie de son charme. Si vous vous lancez dans l’expérience Axton House attendez vous a bien des surprises, de la première à la dernière page !
