AU MENU DU JOUR
Titre : 1991
Scénario : Franck Thilliez adapté par Luc Brunschwig
Dessin : Michel Montheillet
Couleurs : Cyril Saint-Blancat & Bonaventure
Éditeur : Phileas
Parution : 2025
Origine : France
120 pages
De quoi ça cause ?
En 1991, Franck Sharko n’est qu’un bleu, fraîchement débarqué du Nord au mythique 36, quai des Orfèvres.
Très vite confronté à la réalité du métier, il se voit relégué aux archives, tentant d’apporter un regard neuf sur l’affaire non résolue des « Disparues du sud parisien » : trois femmes enlevées et tuées à coups de couteau.
Mais l’arrivée d’un homme ayant reçu la photo d’une femme attachée à un lit, la tête couverte d’un sac en papier, va relancer la « cold-case ».
Franck n’hésite pas longtemps pour se rendre à l’adresse mentionnée à l’arrière de la photo…
Ma chronique
Bien que je sois un grand fan de Franck Thilliez, je n’ai encore jamais lu les romans mettant en scène son célèbre duo d’enquêteurs, Sharko et Hennebelle. C’est donc totalement vierge de toute référence que j’aborde cette adaptation en roman graphique de 1991, qui nous fait vivre la toute première enquête de Franck Sharko.
Côté intrigue, rien à redire : le contrat est parfaitement rempli. Les auteurs nous entraînent dans un jeu de piste macabre orchestré par un tueur particulièrement méthodique, qui semble constamment avoir un coup d’avance sur les enquêteurs. Le suspense reste intact jusqu’aux dernières planches, les révélations se succèdent au rythme des indices savamment disséminés par le meurtrier et des déductions des policiers. L’ensemble est rythmé et suffisamment bien construit pour maintenir l’intérêt du lecteur d’un bout à l’autre.
Graphiquement, on reste dans un registre assez classique, mais particulièrement soigné. Le trait, précis et expressif, permet d’identifier facilement les nombreux personnages tout en retranscrivant efficacement leurs émotions. La palette de couleurs, dominée par des tons froids et sombres, accompagne parfaitement l’ambiance oppressante du récit et renforce la noirceur de l’ensemble.
L’histoire est d’ailleurs particulièrement sombre et ne recule pas devant quelques scènes assez gore. Rien de vraiment étonnant lorsqu’on connaît la réputation de Franck Thilliez, qui n’a jamais été adepte des intrigues aseptisées. Plus l’enquête progresse, plus elle dévoile une facette troublante, voire franchement dérangeante, qui dépasse largement ce que les premiers événements laissaient imaginer.
Les auteurs cherchent également à mettre en avant la dimension humaine de leurs personnages, et notamment celle de Sharko, encore jeune enquêteur confronté à une affaire hors norme. L’intention est louable et fonctionne plutôt bien, même si le format du roman graphique impose forcément quelques raccourcis. Certains aspects psychologiques auraient sans doute gagné à être davantage développés, comme ils le sont probablement dans le roman original.
Finalement, 1991 est un polar noir, tendu et particulièrement efficace, qui se dévore d’une seule traite – un des grands atouts du format graphique. Le cadre temporel, avec cette plongée dans le début des années 1990, apporte une touche rétro plutôt agréable, notamment grâce à l’absence des technologies actuelles qui oblige les enquêteurs à travailler différemment. Mon seul véritable regret concerne la fin qui aurait mérité quelques pages supplémentaires pour laisser pleinement retomber la tension accumulée tout au long du récit.
MON VERDICT
d
















