[BOUQUINS] Naomi Novik – Déracinée

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N. Novik - Déracinée
Titre : Déracinée
Auteur : Naomi Novik
Editeur : Pygmalion
Parution : 2017
Origine : USA (2015)
505 pages

De quoi ça cause ?

La vallée vit sous la protection du Dragon, un puissant sorcier qui habite dans une tour isolée. En contrepartie, tous les dix ans le Dragon choisit une jeune fille de 17 ans qui deviendra son apprentie.

Le jour du choix approche et pour tout le monde il ne fait aucun doute que l’élue sera la jeune et brillante Kasia. Agniezka, sa meilleure amie, maudit le sorcier qui va les séparer durant une décennie.

Mais quand le Dragon arrive, rien ne se passe comme prévu…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce qu’il a été l’heureux élu d’un Book Club que je fréquente assidûment.

Ma chronique

J’ai abordé ce roman avec un mélange de curiosité et d’appréhension, craignant une fantasy très orientée young adult, mais rassuré par son impressionnant palmarès (prix Nebula 2015, prix Locus 2016 et finaliste du prix Hugo pour ne citer qu’eux). Au final j’ai été plutôt agréablement surpris et je ne regrette pas de m’être laissé tenter.

Certes l’intrigue n’est pas aussi complexe que celle du Trône De Fer, mais elle tient la route et parvient à accrocher le lecteur (pas immédiatement pour ma part, mais dès la fin du premier chapitre, j’avais envie d’en savoir plus).

La fantasy médiévale pure et dure est parsemée d’éléments qui semblent issus du folklore d’Europe de l’Est. La magie y est omniprésente au point d’être la clé de voûte du récit, pour ma part ce choix de l’auteure ne m’a nullement dérangé.

Pour moi l’une des grandes forces du bouquin est son style narratif, l’auteure s’exprime à la première personne, nous faisant vivre l’intrigue par le vécu et le ressenti d’Agniezka. Et ladite Agniezka apparaît, de prime abord, comme l’antihéros par excellence.

Le second point fort du roman tient justement dans ses personnages et leurs relations. Au premier plan l’on retrouve bien entendu Agniezka et le Dragon, deux caractères diamétralement opposés qui vont pourtant devoir apprendre à se connaître et à cohabiter. Sans oublier Kasia, écartée pour un temps, mais qui reviendra sur le devant de la scène pour jouer un rôle essentiel dans le déroulement de l’intrigue.

Et bien entendu il y a le Bois, ce lieu maléfique qui corrompt tous les êtres vivants qui ont le malheur de l’approcher de trop près. Un Bois qui semble s’étendre inexorablement malgré les efforts du Dragon pour le contenir. Pour le combattre, nos héros vont devoir le comprendre, découvrir les sombres secrets qu’il cache encore.

Naomi Novik gère parfaitement le rythme de son intrigue, ça commence lentement puis ça gagne en intensité au fil des chapitres, pour terminer par des batailles épiques que tout amateur de fantasy attend avec impatience.

Je me suis lancé sans conviction, je quitte cette lecture agréablement surpris. Après tout c’est bien la finalité d’un Book Club de nous pousser à sortir de notre zone de confort et se laisser par des titres que nous n’aurions sans doute pas lus de notre propre chef. Mission accomplie donc, au point que je me demande si je ne vais m’intéresser à la saga Téméraire, de la même auteure.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Donato Carrisi – Tenebra Roma

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Titre : Tenebra Roma
Série : Marcus & Sandra – Tome 3
Auteur : Donato Carrisi
Éditeur : Calmann-Lévy
Parution : 2017
Origine : Italie
304 pages

De quoi ça cause ?

Une violente tempête s’abat sur Rome, par sécurité les autorités décident de couper l’alimentation électrique de la ville pour une durée de 24 heures. Black-out total et couvre-feu imposé aux habitants. Les ténèbres offrent un terrain propice à ceux qui veulent laisser libre cours à leurs instincts les plus primaires…

C’est dans ce contexte que Marcus, le pénitencier du Tribunal des Âmes, et Sandra, la photographe de la police scientifique, vont de nouveau faire équipe pour identifier et neutraliser un tueur en série. Sauf que ledit tueur semble toujours avoir une longueur d’avance sur les enquêteurs…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Donato Carrisi et qu’il ne m’a jamais réellement déçu (même s’il y a des titres que j’ai moins aimé que d’autres).

L’occasion de retrouver Marcus et Sandra après un Tribunal Des Âmes moyennement apprécié et un très bon Malefico. Autant dire que je plaçais beaucoup d’espoir dans ce troisième opus…

Ma chronique

En guise d’introduction à cette chronique, je laisse la parole à Donato Carrisi :

« Un proverbe employé dans le monde entier mais dont on ignore l’origine dit que « Rome ne s’est pas faite en un jour ». Toutefois, j’ai découvert qu’il en faut moins que cela pour la détruire. »

Dans ce nouvel opus, l’auteur envisage donc la destruction de Rome, mais comment y parvenir tout en restant crédible ? C’est un de ses amis, le professeur Masimo Parisi, qui lui apportera la réponse :

« C’est simple, tu fais pleuvoir sans cesse pendant deux jours et tu fais couper une centrale électrique : en quelques heures, ce sera le chaos. »

Plongez l’humanité dans les ténèbres et privez-la de toute forme de technologie et vous obtiendrez l’Apocalypse 2.0. Voilà le décor est posé. Histoire de pimenter le tout, ajoutez-y une bande d’illuminés sous influence et un tueur en série aussi implacable qu’insaisissable.

Sans oublier bien entendu un duo d’enquêteurs pour le moins atypique. Lui, c’est Marcus, un pénitencier du Tribunal des Âmes, son job ? Traquer le Mal sous toutes ses formes. Elle, c’est Sandra, une photographe de la police scientifique qui a demandé sa mutation afin de ne plus côtoyer de macchabées et autres scènes de crimes sordides.

Quelle est la nature de leur relation ? Une solide amitié, un grand respect réciproque, et peut être bien un petit quelque chose d’autre auquel ni l’un ni l’autre, pour diverses raisons, ne veulent trop y réfléchir.

Comme souvent l’intrigue démarre avec deux affaires distinctes, chacun suit sa propre voie, puis le lien entre les enquêtes devient évident et le duo se reforme. Pour notre plus grand plaisir.

Le moins que l’on puisse dire c’est que Donato Carrisi ne ménage pas ses personnages, qu’il s’agisse de les plonger au coeur de l’action ou de les confronter à la trahison, leur nuit romaine, au coeur des ténèbres, tiendra davantage du parcours du combattant que du parcours de santé.

Rome plongée dans les ténèbres nous donne l’occasion de découvrir la ville sous un autre jour (même si l’essentiel du roman se déroule sur une nuit), d’autant que l’auteur n’hésite pas à nous entraîner dans les profondeurs de la « ville éternelle ».

L’auteur fait de la ville de Rome et des ténèbres qui l’enveloppe des entités à part entière.

C’est rythmé, riche en rebondissements (dont une révélation finale à couper le souffle), il n’y a pas à dire Donato Carrisi sait y faire pour rendre son intrigue hautement addictive ; vous aurez bien du mal à lâcher ce roman une fois commencé.

Malgré d’indéniables qualités, il manque un petit je ne sais quoi pour que ce soit un véritable coup de coeur. J’ai passé un très bon moment de lecture mais ça n’a pas été l’extase tant espérée…

MON VERDICT

[BOUQUINS] Bernard Werber – Depuis L’Au-Delà

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B. Werber - Depuis l'au-delà

Titre : Depuis L’Au-Delà
Auteur : Bernard Werber
Editeur : Albin Michel
Parution : 2017
Origine : France
448 pages

De quoi ça cause ?

Pour Gabriel Wells, un écrivain à succès, cette nouvelle journée s’annonce plutôt bien ; jusqu’à ce qu’une médium, Lucy Filipini, rencontrée par hasard chez son médecin, lui annonce qu’il est mort.

Gabriel découvre rapidement qu’il a été assassiné, il parvient difficilement à convaincre Lucy de l’aider à identifier son meurtrier…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Bernard Werber, mais si sa production est inégale en terme de qualité, je n’ai jamais été réellement déçu par ses bouquins.

Qui plus est le pitch me paraissait prometteur…

Ma chronique

Avec son précédent roman, Demain Les Chats, j’ai trouvé que Bernard Werber s’était contenté du minimum syndical (tout en proposant une histoire bien ficelée), j’espérais donc beaucoup de ce nouvel opus. Et je n’ai pas été déçu !

J’ai bien aimé l’idée de cette enquête menée à la fois dans le monde des vivants et dans celui des morts (plus particulièrement celui des âmes errantes, ces morts qui refusent d’être réincarnés). Pour être exact, je devrais plutôt parler d’enquêtes au pluriel, pour convaincre Lucy de l’aider, Gabriel s’engage à lui rendre à son tour un précieux service.

Gabriel étant un écrivain de science-fiction et de romans policiers, l’auteur en profite pour pointer du doigt (en stigmatisant à l’extrême j’espère) l’opposition entre les auteurs de la « grande » littérature autoproclamée et ceux de la littérature de l’imaginaire. Comme ces prétendus « grands » auteurs sont aussi, bien souvent, critiques littéraires, on peut douter de la qualité de l’impartialité de leur jugement quand ils parlent de la littérature de l’imaginaire.

Les lecteurs assidus de Bernard Werber retrouveront avec plaisir un récit entrecoupé par des articles issus de l’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu d’Edmond Wells. Compte tenu des thèmes abordés dans le roman, bon nombre de ces articles sont en lien avec le spiritisme et la mort, mais aussi avec le monde du livre et de divers autres sujets en lien avec l’intrigue.

Globalement j’apprécie ces apartés didactiques, mais là je dois reconnaître qu’ils étaient un peu trop présents dans la dernière partie du roman, ça cassait un peu le rythme (à des moments cruciaux de l’intrigue qui plus est). Un petit bémol donc sur ce point.

Bernard Werber soigne son duo de choc, difficile de ne pas s’attacher à Gabriel et Lucy. Les personnages secondaires ne sont pas laissés en plan, qu’ils nous soient sympathiques ou antipathiques. Il faut dire aussi que, du côté des âmes errantes, Gabriel croisera du beau monde ; un auteur cher à une certaine Belette Cannibale Belge d’origine certifiée viendra même prêter main-forte à notre héros au cours de son enquête.

Si j’ai été surpris pas la conclusion de l’enquête sur la mort de Gabriel (j’étais parti sur une tout autre piste), j’ai trouvé la partie consacrée à Samy Daoudi très prévisible. Il n’en reste pas moins que l’ensemble du récit est très bien ficelé.

Ceux qui connaissent l’oeuvre de Bernard Werber, ne manqueront pas de trouver quelques similitudes entre Gabriel et lui même. Je vous laisse le plaisir de découvrir ces références en forme de caméos.

L’intrigue devient rapidement addictive, du coup on a bien du mal à lâcher le bouquin ; la « griffe Werber » y est pour beaucoup. Une écriture à la fois riche et abordable qui assure une grande fluidité dans la lecture du bouquin.

Du Werber 100% werberien mais qui tendrait à se situer sur le haut du panier.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Julien Capron – Mise A Jour

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J. Capron - Mise à Jour

Titre : Mise A Jour
Auteur : Julien Capron
Editeur : Seuil
Parution : 2017
Origine : France
224 pages

De quoi ça cause ?

Léandre Batz est journaliste d’investigation en mal d’inspiration. Quand l’actrice Olivia Muller lui confie que sa demande d’adoption a été rejetée parce que sa nOte est mauvaise il sent qu’il tient quelque chose. Pourquoi une actrice comme Olivia ne bénéficie pas d’une meilleure évaluation ? Qu’est-ce qui se cache derrière ces nOtes et le tout-puissant réseau social eVal ?

Une enquête qui va pousser Léandre à se confronter à son frère, Robin, le créateur et PDG d’eVal.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

C’est clairement la couv’ qui a attiré mon attention, cet oeil qui semble vous fixer avait quelque chose d’intrigant. Le pitch m’a semblé prometteur, comme 1+1 font 2, il était évident que je craquerais.

Ma chronique

D’entrée de jeu vous pouvez ignorer la mention Thriller sur la couv’, ce n’est ni un thriller, ni même un roman policier. Certes il y a enquête, mais uniquement journalistique et sans scène de crime sordide.

Bon alors kezaco Mise A Jour ? Une arnaque ? Un mensonge ? Si le terme thriller est effectivement usurpé, tout n’est pas non plus à jeter ; pour tout vous dire je me suis rapidement pris au jeu et j’ai avalé le bouquin quasiment d’une traite.

J’ai adhéré à la construction plutôt originale du roman. Un chapitrage très sommaire, au fil des pages les divers intervenants semblent s’adresser directement aux lecteurs, comme si c’était nous qui menions cette investigation autour d’eVal et de la nOte.

Un choix narratif qui fait mouche, mais qui a aussi son revers. Les personnages paraissent superficiels, leur personnalité n’étant que peu travaillée. Concrètement c’est peu comme dans la vraie vie, tu ne sais d’eux que ce qu’ils veulent bien te dire, ou ce que les autres te disent… à toi de te démerder avec ça pour te faire une idée.

Le principe de la nOte est on ne peut plus sommaire, tu notes un individu, un spectacle, un établissement, un article… par un code couleur basique (Vert : Bon – Orange : Moyen – Rouge : Mauvais), l’appli eVal calcule ensuite une moyenne en nuançant la couleur (de très clair à très foncé). Aucun commentaire justifiant ton évaluation, un simple clic est le tour est joué.

Je rappelle la hiérarchie sur eVal ? La plupart des gens sont orangeclairs ou vertclairs. Au-dessus de vertclair, on est une star ; au-dessous d’orangeclair, on entre dans les premiers cercles de l’enfer. Je dirai : orange pour un type qui empêche son voisinage de dormir depuis deux mois ; orangefoncé pour un P-DG qui vient de déménager son usine pendant la nuit en laissant quatre cents ouvriers sur le carreau ; rouge pour un politique qui vient de tomber pour corruption ; rougeclair pour un serial killer ; rougefoncé pour un serial killer djihadiste qui fait collection d’artefacts nazis.

Une investigation qui permet à l’auteur d’aborder les dérives du numérique et le rapport de l’individu au monde virtuel (en pointant du doigt les réseaux sociaux, cela va de soi). Les analyses et points de vue s’intègrent parfaitement au récit.

Par contre j’ai été moins absorbé par les digressions sur le théâtre et le métier de comédien. Pour tout vous dire, j’y ai même trouvé quelques longueurs (ce milieu ne m’attirant pas du tout, je partage là un ressenti 100% personnel).

Mise A Jour est annoncé comme le premier tome « d’une série aux marges de l’anticipation », je serai au rendez-vous pour la suite. Le roman n’est pas parfait mais suffisamment réussi pour me donner l’envie de retrouver Léandre, Sixt et les autres.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Julie Armen – Opération Borodine

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J. Armen - Opération Borodine
Titre : Opération Borodine – La 23e République
Auteur : Julie Armen
Editeur : Le Clot Perret (auto-édition)
Parution : 2017
Origine : France
356 pages

De quoi ça cause ?

Face à une vague d’attentats sans précédent, les autorités françaises accordent de plus en plus de place à l’Islam dans les instituions et le quotidien des Français. Suite à un énorme mensonge d’État, le président nomme un islamiste soi-disant modéré comme Premier ministre et ministre de l’Intérieur, celui par qui la paix entre les communautés doit arriver.

Avec la bénédiction du pouvoir en place et la soumission des Français (au nom du « vivre ensemble »), l’Islam s’impose peu à peu. D’abord modéré puis de plus en plus radical. Plus rien ne semble pouvoir empêcher la France de devenir un Califat régi par la charia.

La résistance s’organise, mais la répression est brutale. Un groupe de résistants pacifistes prépare pourtant une opération d’envergure avec l’aide d’un allié inattendu : la Russie…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce qu’il a été numérisé par ChrisEbouquin et qu’elle m’a fort aimablement demandé si j’étais intéressé par la découverte. Le pitch ayant immédiatement fait mouche j’ai accepté sans hésitation.

Parce que c’est un roman autoédité et que force est de constater que cette année je n’ai accordé que peu de place à l’auto-édition dans mon blog. Les journées ne faisant que 24 heures, et parce qu’il faut bien dormir (et malheureusement bosser), il faut faire avec… et faire des choix.

Ma chronique

Après L’Appel Du Néant je reste donc en immersion dans l’islamisme, sauf que, quand Maxime Chattam ancre son roman dans la réalité et l’actualité, Julie Armen, avec son Opération Borodine, nous propose une dystopie des plus cauchemardesque. Une vison d’avenir improbable, mais qui n’en reste pas moins glaçante.

Une lecture qui m’a rappelé Guerilla de Laurent Obertone, certes les scénarios sont radicalement différents, mais il est intéressant de voir que dans les deux romans l’État est complice (plus encore chez Julie Armen, le pouvoir collaborant directement à cette islamisation de la nation), mais aussi que les auteurs insistent lourdement sur la soumission du peuple de France (au nom du fameux « vivre ensemble »).

Julie Armen nous plonge, dès les premières pages de son roman, dans une France qui va mal et qui a déjà fait de nombreuses concessions à l’islam. Une France en proie au terrorisme islamiste avec des attentats quasiment quotidiens. Bref, il y a vraiment quelque chose de pourri au royaume de France ! On serait tenté de se dire que ça pourrait difficilement aller plus mal, en réalité ce ne sont là que les prémices de la descente aux enfers que nous a concoctée l’auteure.

Au milieu du chaos, on va suivre trois femmes (Claire, Pauline, et Viane) et leur entourage, voisines et amies, qui organiseront plus ou moins activement un réseau de résistance pacifique sur fond de rapprochement avec la Russie qui fait figure de terre d’asile pour les « vrais » Français.

Et une quatrième, Fatima, qui va mener ses propres actions. Une façon pour l’auteure d’éviter les amalgames en soulignant bien la différence entre Islam et islamisme. Tous les musulmans ne sont (heureusement) pas des islamistes.

Si un tel scénario devait se produire en France je reste très sceptique sur une intervention russe en notre faveur, en tout cas pas avec quelqu’un comme Vladimir Poutine à la tête du pays… J’espère surtout qu’en de pareilles circonstances les Français seront nettement plus réactifs que dans le roman de Julie Armen. C’est quand même aux Français de défendre leur identité et leur pays.

Je craignais que l’aspect très russophile du roman ne me dérange, mais finalement ça s’intègre parfaitement à l’intrigue et du coup ça passe comme une lettre à la poste (même si je demeure sceptique sur un tel élan de générosité de la part de la Russie).

Une agréable découverte qui se lit quasiment d’une traite, la plume de Julie Armen assure une grande fluidité dans la lecture.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Maxime Chattam – L’Appel Du Néant

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M. Chattam - L'appel du néant

Titre : L’Appel Du Néant
Série : Ludivine Vancker – Tome 3
Auteur : Maxime Chattam
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2017
Origine : France
516 pages

De quoi ça cause ?

Pour Ludivine Vancker, lieutenant à la SR de Paris, les choses pourraient difficilement être pire. Elle reprend connaissance dans une petite cellule souterraine, poignets et chevilles entravées par des liens serflex. Pour elle il ne fait aucun doute qu’elle est à son tour victime d’un tueur que son équipe, appuyée par la DGSI, traque depuis plusieurs semaines…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Maxime Chattam, une valeur sûre du thriller français, mais pas que…

C’est aussi l’occasion de retrouver Ludivine Vancker et l’équipe de la SR Paris ; après un premier tome mitigé (La Conjuration Primitive) et un second nettement plus abouti (La Patience Du Diable), j’étais curieux de découvrir cette troisième enquête.

Ma chronique

Maxime Chattam est un auteur qui n’hésite pas à sortir de sa zone de confort, avec ce roman il confirme une fois de plus cette audace littéraire. Ce qui démarre comme un thriller relativement classique (un mort, une enquête, un autre mort…), débouche au final sur un technothriller (la DGSI dispose de moyens de surveillance électronique autrement plus évolués que ceux de la gendarmerie) visant à déjouer un complot terroriste d’envergure.

Avant d’aller plus avant dans cette chronique, je souhaiterai pousser une gueulante contre ceux et celles qui reprochent à Maxime Chattam d’avoir choisi la facilité en ciblant le terrorisme islamiste. Enlevez vos œillères et débouchez vous les esgourdes, aujourd’hui encore le terrorisme islamiste est une menace bien réelle, sans doute même la plus réelle qui soit (sinon la seule) et pas que pour la France. Donc non, choisir la piste de terrorisme islamiste n’est pas une facilité, c’est simplement accepter la réalité plutôt que de vivre dans le déni.

S’aventurant sur un terrain nouveau, l’auteur, fidèle à ses habitudes s’est documenté à fond sur le sujet. Et ça sent dans son roman, les habitués du genre ne seront sans doute pas rebutés par les nombreux aspects techniques abordés dans le bouquin, mais je peux comprendre que pour les autres ça représente un paquet d’information à intégrer. D’un autre côté ça contribue aussi à placer le lecteur dans la peau de Ludivine, qui est, elle aussi, novice en matière de lutte antiterroriste.

Maxime Chattam ne nous laisse guère le temps de souffler entre deux revirements de situation, un rythme qui va crescendo, surtout dans les derniers chapitres (le palpitant et l’adrénaline sont à leur niveau maximum). Même si au final cet Appel Du Néant est moins glauque et plus manichéen que ce à quoi l’auteur nous avait habitué. Après avoir lu les remerciements (ne surtout pas les lire avant d’avoir fini le bouquin) on comprend mieux le pourquoi du comment de ce choix, et finalement on ne peut qu’y adhérer.

J’ai apprécié de retrouver les équipes de la SR Paris, surtout après trois ans d’absence. On découvre une Ludivine plus apaisée, toujours aussi professionnelle, mais moins renfermée, plus ouverte à la vie et aux autres.

Le personnage de Marc Tallec, l’agent de la DGSI qui va participer à l’enquête de la SR, est un apport intéressant. Non seulement il donne à l’enquête une autre dimension (en faisant bénéficier la SR des moyens de la DGSI), mais aussi de par sa relation avec Ludivine (on voit venir le résultat comme le nez au milieu de la figure).

Et puis il y a le mystérieux « Djinn » (pas comme le célèbre futal, mais plutôt comme la créature du folklore moyen oriental), un surnom qui sied à merveille au personnage. Dès sa première apparition, on devine qu’il va jouer un rôle phare dans l’intrigue, mais de l’autre côté de la barrière.

Comme à chaque fois que l’auteur s’aventure hors de sa zone de confort (le thriller pur et dur), il y a ceux qui le suivent en totale confiance, et ceux qui se sentent trahis. Une fois de plus je fais partie du premier groupe, et une fois de plus je n’ai pas regretté mon choix.

Je reconnais volontiers que le roman n’est pas exempt de défauts, notamment par de nombreux aspects trop prévisibles (à se demander même comment les enquêteurs ont pu se laisser berner), mais je le referme avec une impression plutôt bonne. Ce n’est pas le meilleur de Maxime Chattam, il aurait sans doute pu être plus abouti, mais globalement le contrat est rempli.

Si vous vous demandez d’où vient ce titre, vous aurez l’explication à la fin du roman, avec une analogie plutôt bien trouvée.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Olivier Norek – Entre Deux Mondes

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O. Norek - Entre Deux Mondes

Titre : Entre Deux Mondes
Auteur : Olivier Norek
Editeur : Michel Lafon
Parution : 2017
Origine : France
413 pages

De quoi ça cause ?

Adam, un ex-policier ayant rejoint les forces rebelles de l’Armée Syrienne Libre, fuit la Syrie pour se réfugier à Calais, dans la Jungle des migrants. Il espère y retrouver sa femme et sa fille, parties une semaine plus tôt.
Bastien est un flic nouvellement muté à Calais à la tête de la BSU. Il y découvre des collègues désabusés, notamment une équipe de la BAC avec qui il va sympathiser.
Les deux hommes n’auraient jamais dû se croiser, et pourtant le destin va les réunir…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Olivier Norek et que sa trilogie consacrée au Groupe Coste m’avait littéralement scotché.
J’espérais retrouver Victor Coste et son équipe ; mais comment rester de marbre face à une réception unanimement dithyrambique ? Surtout quand je vois mes blog-potes aussi enthousiastes !

Ma chronique

Force est de reconnaître que, vue de Nouméa, la question des migrants est très abstraite. Pour ma part je m’en tiens à ce les médias veulent bien nous dire, ça me suffit pour me convaincre qu’il est difficile d’avoir un avis tranché sur le sujet.

Écrire un roman sur le sujet peut rapidement s’avérer casse-gueule tant le nombre d’écueils à éviter est important. Et très franchement, il fallait un auteur en qui j’ai une confiance absolue pour me convaincre d’aller au-delà de mes appréhensions.

Le ton est donné dès les premières pages, on sait d’ores et déjà que Olivier Norek ne nous ménagera pas et qu’on va en prendre plein la gueule.

Il faut dire que Olivier Norek a payé de sa personne pour nous offrir un récit qui colle à la réalité du terrain. Un récit surtout sans parti pris ni raccourci facile, un récit où l’humain est mis en avant. Et vous le savez aussi bien que moi (sauf si vous pensez que le monde extérieur est le pays des Bisounours), l’humain est capable du pire (souvent), mais aussi du meilleur (parfois).

Plus que jamais l’auteur apporte un soin particulier à ses personnages, les principaux comme les secondaires. Et il faut bien ça si on veut les comprendre et comprendre le regard qu’ils portent sur les événements. Mais aussi et surtout si on veut vivre pleinement leurs émotions !

Il y a Adam et Bastien, les deux piliers de l’intrigue. Avec Adam on plonge au coeur de la Jungle, on va même directement se frotter à ce qu’elle abrite de plus immonde. Avec Bastien c’est un regard extérieur qui est porté sur la Jungle, un regard idéaliste qui va évoluer au contact de la réalité.

La réalité se sont ses collègues qui vont la lui faire découvrir, d’abord via Erika son adjointe, puis au contact de Passaro, le chef de la BAC et son équipe, qu’il accompagnera sur diverses opérations de terrain.

Au niveau des personnages, mon coup de coeur va incontestablement à Kilani, un gamin soudanais muet que Adam sauvera de l’enfer avant de le prendre sous sa protection. C’est avec Kilani que vous vivrez les émotions les plus intenses, nul doute que son parcours tirera des larmes mêmes aux lecteurs les plus coriaces (ou les plus blasés).

C’est pas une baffe dans la gueule que vous assène Olivier Norek avec ce roman, mais bel et bien des uppercuts en série qui vous laisseront KO debout après vous avoir vrillé les nerfs, les tripes et le coeur. Plus d’une fois, j’ai dû arrêter ma lecture pour laisser la tension et l’adrénaline retrouver un niveau acceptable.

Je peux d’ores et déjà affirmer que Entre Deux Mondes sera mon méga coup de coeur de l’année 2017. Les mots me manquent pour définir mon ressenti après avoir refermé ce bouquin, alors je dirai simplement le premier qui m’est venu à l’esprit : monumental !

Ceci dit Monsieur Norek, pas de conneries, on veut retrouver le Groupe Coste !

MON VERDICT
Coup double

[BOUQUINS] Sara Greem – Hérodias & Le Guerrier Au Linceul

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S. Greem - Hérodias & le guerrier au linceul

Titre : Hérodias & Le Guerrier Au Linceul
Série : Epopées Avaloniennes – T01
Auteur : Sara Greem
Editeur : Éditions du 38
Parution : 2017
Origine : France
394 pages

De quoi ça cause ?

Hérodias aurait de quoi être la plus heureuse des novates d’Avalon, elle a en effet été choisie par la grande prêtresse Viviane afin d’être la prochaine promise du Dieu Cerf, Cernunnos. A l’issue de sa nuit de noces elle sera alors intronisée prêtresse d’Avalon et intégrera le prestigieux Conseil des Anciennes auprès de Viviane, Morgane et Dana.

Mais une menace plane sur les traditions celtes, sur le continent les chrétiens mènent une intense et brutale campagne de conversion à la religion du Dieu unique. Les rumeurs de leurs exactions sèment le doute chez les habitants de l’île d’Avalon. Enfin, les brumes magiques qui protègent Avalon semblent se dissiper inexorablement.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sara Greem, en plus d’être une auteure que j’apprécie elle est une amie de coeur, donc je ne pouvais lui refuser cette chronique. Et puis je suis curieux de voir comment on passe de la littérature érotique à la fantasy / mythologie.

Et justement ça tombe bien, le monde celte m’a toujours attiré (peut-être un sursaut de mes origines bretonnes). Une passion qui a commencé avec la légende arthurienne avant de s’étendre à tout ce qui touche aux traditions celtiques.

Ma chronique

Sara Greem m’avait fort agréablement surpris avec sa très aboutie trilogie Publicité Pour Adultes, un récit érotique construit autour d’une réelle intrigue avec des personnages complexes plutôt que de se contenter d’une simple succession de scènes de cul. Du coup, dès que j’ai appris qu’elle se lançait dans une trilogie fantasy avec en toile de fond le monde Celte, j’ai eu le curiositomètre qui a grimpé à son maximum.

Forcément quand Sara m’a proposé de découvrir, en avant-première, le premier tome de ses Épopées Avaloniennes je n’ai pas hésité avant d’accepter et de bouleverser mon programme de lecture (malgré tout, du fait d’un emploi du temps professionnel particulièrement lourd, je n’ai pas réussi à rédiger cette chronique avant la publication du roman). Je commencerai donc par remercier du fond du coeur Sara pour son amitié et sa confiance renouvelée.

La transmission des us et coutumes des peuples celtes a été exclusivement orale, il est donc difficile aujourd’hui (surtout pour un profane comme moi) de faire le tri entre la réalité historique, la légende et les théories plus ou moins pertinentes entourant l’univers celtique.

Le cas de l’Avalon, théâtre du présent roman, illustre parfaitement cette difficulté. Il y a ceux qui clament haut et fort que cette île n’a jamais existé, elle ne serait donc qu’un lieu légendaire. Certains affirment toutefois que l’île existerait encore de nos jours et serait située soit au large des côtes bretonnes, soit au large du Royaume-Uni (avec, dans chacune des hypothèses, diverses localisations avancées). Pour d’autres l’île aurait tout simplement disparu, à l’instar de l’Atlantide. Et pour les plus rêveurs, Avalon serait, aujourd’hui encore, le berceau d’un savoir ancestral réservé à une poignée d’initiés et protégé par des brumes magiques.

Hérodias & Le Guerrier Au Linceul est bel et bien une oeuvre de fiction, mais une fiction qui repose sur certains faits historiques et sur d’autres faisant partie des légendes celtiques. Il me semble toutefois important de préciser qu’en matière de druidisme, Sara Greem sait de quoi elle parle, ayant elle-même été initiée à ce savoir.

Il serait peut-être temps d’entrer dans le vif du sujet et donc de partager avec vous mes impressions de lecture de ce roman, non ?

La première belle surprise est visuelle, je trouve que cette couv’ est superbe et donne bien le ton du récit qui va suivre. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup… France Gall, si tu me lis, je te salue et t’offre un paquet de sucettes à l’anis. Tout ça pour dire que, sans être essentiel, ça demeure une sympathique mise en bouche (non je ne parle pas des sucettes à l’anis d’Annie, mais de la couverture du bouquin… faut suivre, bon sang !).

Je craignais un début un peu poussif, le temps de planter le décor et le contexte. Sur ce second point, l’auteure nous livre un rapide rappel historique et le tour est joué. Pour le reste je me suis laissé embarquer dès les premières phrases, je me suis retrouvé en totale immersion dans le récit quasiment sans m’en rendre compte.

L’écriture est d’une extrême fluidité et résolument moderne, la lecture est donc aussi aisée qu’agréable, on vit au rythme des événements. Événements qui ne tarderont pas à gagner en intensité et iront crescendo jusqu’à la fin du roman.

Qui dit fantasy dit magie, et donc magie vous aurez. Une magie qui puise tout naturellement ses sources dans la mythologie celtique ; mais pas que… à la fin de ce tome nous ne savons pas grand-chose des mystérieux et maléfiques mages noirs d’Azgor, alliés des tyranniques chrétiens (fallait bien que je place une pique anticléricale).

J’ai beaucoup aimé le personnage d’Hérodias, partagée entre son attachement à sa foi et son envie de prendre les armes contre les chrétiens. J’ai aussi un faible pour son côté impertinent et rebelle, allez savoir pourquoi…

Le fameux Guerrier au Linceul est Kai, un seigneur chinois venu se venger des chrétiens. Un combattant hors pair d’un calme olympien (la zénitude incarnée) que Hérodias sauvera d’une mort annoncée. Un personnage entouré de nombreux non-dits.

Hérodias et les habitants d’Avalon pourront aussi compter sur le soutien d’Adalrik, un chef de guerre viking venu avec ses hommes prêter main-forte au peuple celte. Un combattant tout en muscle, un tantinet impétueux peut-être.

Un trio de choc issu de trois cultures différentes, mais uni pour combattre un ennemi commun. Les autres personnages ne sont pas en reste, tous bénéficient d’un soin particulier, je pense notamment à Lena la fidèle amie d’Hérodias, mais aussi à Hermès, un corbeau particulièrement futé qui va adopter Hérodias.

L’intrigue dose à merveille l’action (avec quelques scènes de batailles épiques), le quotidien des gens d’Avalon et même une histoire d’amour entre Hérodias et Kai. Amour impossible me direz-vous ? Allez donc savoir… Cerise sur le gâteau, le roman est ponctué de touches d’humour bienvenues pour faire baisser la tension.

Vous l’aurez compris j’ai adoré ce premier tome des Épopées Avaloniennes, il me tarde de découvrir la suite, beaucoup de questions restant sans réponse. Un second opus qui s’annonce d’ores et déjà magique, à plus d’un titre.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Anonyme – Bourbon Kid

AU MENU DU JOUR

Anonyme - Bourbon Kid

Titre : Bourbon Kid
Auteur : Anonyme
Editeur : Sonatine
Parution : 2017
Origine : USA (?)
456 pages

De quoi ça cause ?

Caïn, le premier meurtrier de l’histoire biblique, libère les quatre cavaliers de l’Apocalypse. Leur but : accéder au Cimetière du Diable afin d’ouvrir les portes de l’Enfer. Et accessoirement éliminer le Bourbon Kid.

Le Kid et les Dead Hunters deviennent les cibles de Caïn et des cavaliers. Face à des ennemis aussi démoniaques qu’impitoyables, le Kid et le Dead Hunters devront faire montre d’une détermination sans faille…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Quelle question ! Parce que c’est une nouvelle aventure du Bourbon Kid. Et donc la promesse d’une lecture aussi jouissive que déjantée

Ma chronique

Fan de la première, la lecture du Livre Sans Nom en 2011 fut une sacrée découverte et une méga claque. Crévindiou, mais qui est donc cet auteur qui ose tout et ne recule devant rien ? Bin on n’en sait rien en fait, le gars signe ses romans Anonyme. Petit saligaud ! Et aujourd’hui encore le mystère reste entier autour de l’identité de celui qui se cache derrière cet anonymat.

Pour ceux et celles qui l’ignoreraient encore l’univers du Bourbon Kid est pour le moins inhabituel… Un peu beaucoup déjanté, décalé, irrespectueux, irrévérencieux, hyper violent et plein de références en tout genre. Un cocktail explosif d’un humour parfois grinçant, souvent très très gras… mais quel plaisir pour les zygomatiques ! Même en plein coeur d’un carnage l’auteur réussit à placer un bon mot pour nous tirer un sourire (parfois sadique, je l’admets volontiers).

Le risque inhérent à toute saga littéraire, et peut-être plus encore dans un univers aussi atypique, est d’user et d’abuser des mêmes ficelles jusqu’au point de rupture. Effectivement Le Livre Sans Nom m’a surpris par son originalité totalement unique en son genre. Je n’ai jamais été déçu par les autres romans de la série (bien au contraire, je suis toujours aussi fan du Bourbon Kid), mais force est de reconnaître que l’effet de surprise a été nettement moins percutant.

Alors quid de ce Bourbon Kid ? Glop ou pas glop ? Top ou flop ? Je ne vous ferai pas languir plus longtemps : Glop glop et méga top ! Incontestablement un retour gagnant.

Plus que jamais notre Anonyme préféré ose tout et ne s’impose aucune limite. Cette fois il revisite allègrement l’histoire biblique en mettant en scène Caïn (le gars qui a buté son frangin, Abel, commettant ainsi le premier meurtre de l’histoire de l’humanité… version biblique cela va de soi) et les quatre cavaliers de l’Apocalypse (peu de gens le savent, mais dans ses jeunes années Jésus a été envoyé en Amérique afin de les combattre et de les neutraliser… et dire qu’il y en a qui pensent que l’Amérique a été découverte par Christophe Colomb ! Ah les cons !).

Fidèle à son habitude l’auteur multiplie les clins d’oeil à la pop culture, et puisque puiser dans l’histoire biblique ne semble pas lui suffire alors pourquoi ne pas aussi piocher dans la mythologie grecque. Mais je vous laisse découvrir tout ça, purement et simplement jouissif.

Contrairement à ce que pourrait laisser penser le titre du bouquin, l’intrigue ne se concentre pas sur le Bourbon Kid, toute l’équipe des Dead Hunters (Rodeo Rex, Elvis, Joey, Bébé et Jasmine) sera mise à contribution pour déjouer les plans de Caïn. Mais aussi l’inénarrable Sanchez (toujours aussi… heu… égal à lui même !), Flake et Beth viendront leur prêter main forte (pour diverses raisons et avec plus ou moins de bonne volonté). Quel plaisir de retrouver tout ce petit monde.

Si le Kid n’est pas forcément au coeur du récit, ses quelques apparitions seront pour le moins remarquées et remarquables. Nul doute que les habitants de Crimson County se souviendront longtemps de son passage dans leur paisible patelin… mais bon, fallait pas le faire chier !

Pour la première fois, j’ai senti le Kid et ses comparses en réel danger, plus d’une fois je me suis dit « Oh merde… pas lui ! » ou encore « Oh non… pas elle ! » ; ne vous étonnez donc pas si certains de vos personnages préférés ne se reléveront pas de leur confrontation avec Caïn et ses cavaliers de l’Apocalypse. Mais comme dirait l’autre : « Faut pas pleurer comme ça / Demain ou dans un mois / Tu n’y penseras plus. » (Merci à Daniel G. pour ce conseil plein de sagesse et de bon sens).

Si je m’écoutais, je serais intarissable sur ce bouquin, mais ce serait vraiment dommage de vous gâcher le plaisir de la découverte. Au cas où vous ne l’auriez pas compris, cet OLNI vaut vraiment le détour ! Vous pouvez pensez qu’en tant que fan de la saga je ne suis pas totalement impartial dans mon jugement (et vous n’auriez peut-être pas tort) ais je m’en fous, je persiste et signe !

Si vous ne connaissez pas cette série peut-être vous demandez-vous s’il est nécessaire de lire les précédents pour apprécier ce dernier (?) opus. Que nenni, mais ce serait dommage de s’en priver et surtout ce Bourbon Kid n’en sera que plus savoureux. Pour tout vous dire seule la trilogie constituée du Livre Sans Nom, L’Oeil De La Lune et du Livre De la Mort est à prendre dans l’ordre ; tous les autres peuvent se lire en one-shot.

Et maintenant ? Bin j’en sais rien, et bien malin celui ou celle qui saura répondre à cette interrogation. l’auteur termine une fois de plus son bouquin par un laconique : FIN (peut-être…).

MON VERDICT
Coup double

 

[BOUQUINS] Dan Brown – Origine

AU MENU DU JOUR

Titre : Origine
Série : Robert Langdon – T05
Auteur : Dan Brown
Editeur : JC Lattès
Parution : 2017
Origine : USA
576 pages

De quoi ça cause ?

Robert Langdon est invité au Guggenheim Museum de Bilbao afin d’assister à une conférence donnée par son ami Edmond Kirsch, un scientifique de génie. Kirsch, réputé aussi pour son athéisme militant, promet des révélations qui devraient changer notre perception du monde et réduire au silence les religions.

Kirsch est assassiné dès le début de sa conférence. Robert Langdon, aidé par Ambra VIlda, la conservatrice du musée, est plus que jamais déterminé à faire éclater la vérité et rendre publiques les révélations promises par son ami. Sauf qu’il n’a pas la moindre idée de ce que comptait révéler Kirsch…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est une nouvelle aventure de Robert Langdon, j’ai été emballé par les quatre romans précédents, pas de raison que la sauce ne prenne pas avec celui-ci.

Ma chronique

Dan Brown fait partie de ces auteurs dont certains se plaisent à dire qu’il use et abuse des mêmes ficelles, encore et encore. A ces critiques faciles, je répondrai simplement : et alors ! Pourquoi changer une recette qui marche ? Ses lecteurs réclament des thrillers plus ou moins ésotériques servis par de nombreuses références symboliques ; ça tombe bien, c’est exactement ce qu’il leur fournit.

Quant à ceux et celles qui parlent d’abattage, permettez-moi dans ce cas de vous rire franchement au nez. Dan Brown n’a signé aucun engagement à pondre un livre par an, au contraire, il prend son temps pour peaufiner ses intrigues. Entre son précédent roman, Inferno, et Origine, il s’est écoulé quatre ans.

Le hasard du calendrier a voulu que je lise ce roman, dont une grande partie de l’action se déroule à Barcelone et ses environs, alors que la Catalogne traverse une crise politique sans précédent. Je ne m’attarderai pas sur la question, ça regarde avant tout les Catalans et les Espagnols, il leur appartient de trouver un terrain d’entente.

Le choix de l’Espagne comme terrain de jeu pour cette nouvelle intrigue n’est pas un hasard, outre l’incroyable richesse architecturale de Barcelone (siège notamment de la fabuleuse et étonnante basilique de la Segrada Familia), c’est aussi un pays dans lequel la tradition chrétienne est fortement implantée à tous les niveaux décisionnels (jusqu’au coeur même du Palais Royal).

Et justement en se proposant de aux deux grandes questions existentielles qui sont d’une part « D’où venons-nous ? » et d’autre part « Où allons-nous ?« , l’auteur, par la voix d’Edmond Kirsch, oppose les visions religieuses (le créationnisme, encore défendu par les plus obscurantistes croyants, affirme que l’univers et l’humanité sont l’oeuvre de Dieu) et scientifiques (difficile aujourd’hui de remettre en question les théories de l’évolution démontrées par Darwin sans passer pour un sombre crétin). Vous l’aurez compris, entre ces deux visions mon coeur ne balance pas le moins du monde, je vote Darwin et ma sentence est irrévocable.

Comme d’habitude la lecture d’un roman de Dan Brown est une expérience interactive, je me réfère régulièrement à Internet afin de voir de visu telle ou telle oeuvre (peinture, sculpture ou encore architecture). Mais aussi pour satisfaire ma curiosité quant à certains points abordés dans le roman.

Les fidèles de Robert Langdon ne seront pas dépaysés, une intrigue richement documentée, pleine de symboles divers et variés que notre professeur préféré se fera un plaisir de nous expliquer ; avec son lot de rebondissements (à ce titre la révélation finale m’a laissé sur le cul… j’étais loin de m’imaginer un tel retournement de situation).

Une fois de plus la sauce a pris, je me suis laissé embarquer sans chercher à polémiquer sur la véracité ou non de tous les éléments abordés dans le roman… Je ne considère pas les écrits de Dan Brown comme parole d’évangile, c’est bel et bien une oeuvre de fiction que j’ai entre les mains, disons que ladite fiction est suffisamment réaliste pour être crédible.

A ce titre les réponses apportées par Edmond Kirsch à ces deux grandes questions existentielles me paraissent aussi crédibles que probables. Je n’en dirai toutefois pas davantage afin de laisser intact le plaisir de la découverte aux futurs lecteurs.

J’espère bien retrouver Robert Langdon dans de futurs romans de l’auteur, si tel devait être le cas alors je serai fidèle au poste. Et si Dan Brown venait à délaisser notre expert en décryptage symbolique, je le suivrais avec le même engouement (et un petit pincement au coeur, il faut bien l’avouer).

MON VERDICT