[BOUQUINS] Olivier Norek – Surtensions

O. Norek - SurtensionsDepuis que j’ai acheté Surtensions, le dernier roman d’Olivier Norek et troisième enquête littéraire du Groupe Coste, j’ai le palpitant qui s’affole ; rarement j’aurai autant brûlé d’impatience et d’excitation dans l’attente de lire un bouquin, je crois que même Stephen King (excusez du peu Monsieur Norek) ne m’a jamais fait un tel effet.
Tandis que le Groupe Coste enquête sur un enlèvement avec demande de rançon ; un groupe de braqueurs met tout en oeuvre pour faire sortir, légalement, l’un des leurs, incarcéré au centre pénitentiaire de Marveil. Les deux affaires vont se télescoper et ne laisseront personne indemne…
Dès le prologue Olivier Norek nous colle une pression monstre :
La psy faisait nerveusement tournoyer son stylo entre ses doigts. Il était évident que l’homme en face d’elle l’intimidait.
– Vous savez au moins pourquoi vous êtes là ?
– Parce que j’ai tué deux personnes. Vous craignez que ça devienne une habitude ?
– Vous n’en avez tué qu’une. En légitime défense qui plus est. Pour le second cas…
Sec et impatient, l’homme ne la laissa pas terminer.
– Un membre de mon équipe est mort. C’est ma responsabilité. Ça revient au même.
Ceux qui connaissent la série auront compris sans l’ombre d’un doute que c’est Victor Coste qui s’adresse à un psy… les autres le découvriront quelques lignes plus tard. Donc à peine la première page lue on sait que Victor Coste va dézinguer un méchant mais aussi et surtout que le Groupe Coste va payer le prix fort dans cette enquête.
Et les choses se confirment au fur et à mesure que l’intrigue se déroule, le Groupe Coste va être malmené de toutes parts, l’équipe va devoir rester plus soudée que jamais pour traverser la tempête qui s’abat sur le SDPJ 93. Mais malheureusement ils ne pourront empêcher l’inévitable, et nous on reste sur le cul, une larmiche à l’oeil et le palpitant au bord de l’explosion !
On retrouve une intrigue ancrée dans la dure réalité du 9-3 et dans la dure réalité de la vie de flic dans ce merdier qui n’attend qu’une étincelle pour s’embraser. Plus encore que dans les deux précédents opus l’aspect humain est mis en avant. Et pas seulement au sein du Groupe Coste.
Ici pas de flics sauce série TV, pas de flics infaillibles, pas de solutions miracles, pas de réponse à tout… les enquêtes ne se résolvent pas qu’à grand renfort de fusillades, des flics profondément humains, avec leurs forces et leurs faiblesses, leurs doutes aussi… et leurs erreurs parfois.
La grande force d’Olivier Norek est de ne pas sombrer dans la facilité manichéenne, en face du Groupe Coste il n’y a pas que des méchants tout en noirceur, perversité et autres défauts rédhibitoires ; eux aussi sont empreints d’humanité. Parfois même les pires fils de pute ne se trouvent pas toujours là où on pense les trouver.
Au fil des pages Olivier Norek en profite pour pointer du doigts les travers de la société française. Qu’il s’agisse d’un système carcéral qui apporte plus de problèmes que de solutions : « Un centre pénitentiaire n’est efficace que s’il reconstitue une société carcérale juste, avait-il dit. Sans prédateurs, sans proies, dans une parfaite équité, sans privilèges ni passe-droits, sans nécessité de violence, sans jalousie de ce que l’autre pourrait avoir de plus ou de mieux. La force devenant inutile, il ne reste plus qu’à vivre ensemble, en bonne société. Malheureusement, il n’existe pas d’endroit plus dangereux, inégal et injuste que la prison. Et au lieu de ressortir équilibré ou cadré, les détenus en sortent plus violents, désabusés, perdus et agressifs, sans aucun projet de réinsertion. Plus venimeux en sorte. La prison comme une école du crime. » Ou des vicissitudes du système judiciaire : « Si un avocat découvre une preuve qui accuse son client, il n’a aucune obligation de la fournir aux policiers. Pour toute autre personne, ce serait de la complicité, mais pour eux, c’est le fameux droit à la défense. » Mais il faut faire avec les défauts et les failles du système, accepter que parfois une affaire considérée comme résolue ne le soit pas les conditions les plus justes pour les victimes… pour la Justice, en tant qu’entité et non en tant que système perverti.
De nouveau Olivier Norek nous file un magistral uppercut en pleine poire, on reste KO debout mais on en redemande, encore et encore. Inutile de préciser que dans ces conditions j’attends avec impatience son prochain roman ; les paris sont ouverts : retour du Groupe Coste ou nouveau départ ? Dans les deux cas je suis preneur, même si j’espère bien retrouver Victor Coste et son équipe de choc.

MON VERDICT
jd5Coup double

Aparté n° 1
Cerise sur le gâteau, dans ses remerciements l’auteur cite de nombreux blogs, ça m’a fait plaisir de me trouver ainsi nommé mais aussi d’y retrouver certains blog-potes et groupes FB que je fréquente.

Aparté n°2
Comme dans tout bon roman policier il faut bien un mystère à résoudre. J’invite tous les lecteurs de l’édition numérique (je ne sais pas de quoi il retourne avec l’édition papier) à se pencher sur l’énigme du chapitre 72. Si vous regardez bien la mise en page on passe du chapitre 71 au chapitre 73, et pourtant il ne semble manquer aucun morceau…

[BOUQUINS] Guillaume Musso – La Fille De Brooklyn

G. Musso - La Fille de BrooklynFidèle à mes habitudes il n’était pas question pour moi de rater mon rendez-vous annuel avec Guillaume Musso ; surtout en sachant que Marc Levy avait placé la barre très haut pour ce classico littéraire version 2016. C’est donc plutôt enthousiaste que je me suis lancé dans la lecture de La Fille De Brooklyn, le résultat fut-il à la hauteur de mes espérances ?
A quelques jours de leur mariage, alors que Raphaël tanne sa fiancée, Anna, à propos de l’absence totale de secrets dans leur couple, elle finit par lui montrer une photo de trois corps calcinés en avouant froidement : « C’est moi qui ai fait ça ». Surpris et choqué par ce qu’il vient d’apprendre, Raphaël quitte la maison ; quand il revient plus tard, décidé à donne une chance à Anna de s’expliquer, la jeune femme a disparu. Avec son ami, Marc, un ex-flic, Raphaël va essayer de découvrir le passé d’Anna afin de la retrouver tout en protégeant son secret…
Je ne vous ferai pas languir plus longtemps avant de répondre à la question posée en intro de cette chronique. Pari réussi pour Guillaume Musso, qui nous offre une intrigue menée de bain de maître et pleine de rebondissements (quand y’en a plus, y’en a encore comme dirait la pub pour Paic). Sans surprise l’auteur sait y faire pour que l’on reste accroché à son récit, plus on avance dans le scénario, plus la lecture se fait fébrile.
Une enquête qui mènera nos enquêteurs en herbe, Raphaël et Marc, de la France aux Etats Unis. Un voyage dans le passé d’Anna pour essayer de comprendre le présent. Deux personnages aux caractères (et aux méthodes) opposés mais qui se complètent efficacement. Et bien sûr en toile de fond on n’en finit pas de se poser des questions sur le passé d’Anna. Alors Anna, ange ou démon ? Ne comptez pas sur moi pour répondre à cette question.
La sauce prend, le roman est efficace et hautement addictif, mais il manque un je-ne-sais-quoi qui ne provoque pas le feu d’artifices attendu, peut être un final US un peu rapide à mon goût. Une faiblesse partiellement rachetée par l’ultime chapitre.
De fait le classico Levy vs Musso version 2016, donne l’avantage à Marc Levy. Ces trois dernières années j’avais donné la balle de matcch à Guillaume Musso, voilà qui devrait rétablir l’équilibre. Quoi qu’il en soit je serai présent pour le classico 2017 !

MON VERDICT
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Et dire que tout démarre par une dispute plutôt classique :
– Je suis sérieux, Anna : je ne veux pas vivre dans le mensonge.
– Ça tombe bien : moi non plus. Mais ne pas vivre dans le mensonge ne signifie pas n’avoir aucun secret.
– Donc tu l’admets : tu as des secrets !
– Mais tout le monde a des secrets, Raphaël ! Et c’est très bien comme ça. Nos secrets nous définissent. Ils déterminent une partie de notre identité, de notre histoire, de notre mystère.
Sans vouloir faire dans la philosophie à deux balles, pour ma part je partage l’avis d’Anna, il est de secrets qui doivent le rester, ils font partie de nous et n’appartiennent qu’à nous, inutile de remuer la merde du passé. Vivons plutôt l’instant présent pour nous construire des lendemains qui chantent…

Pour la petite histoire la partie qui se déroule aux USA a lieu en pleine course à la Maison Blanche, avec notamment les primaires des républicains. Dans le roman les américains sont des gens sensés : Donald Trump n’est pas le grand favori !

[BOUQUINS] Caryl Férey – Condor

C. Férey - CondorDécidément ce mois de mars est riche en sorties littéraires, difficile de suivre de rythme et, à défaut, de choisir quel titre privilégier par rapport aux autres. J’ai opté pour une excursion exotique en compagnie de Caryl Férey et son dernier roman, Condor. Nul doute que cette escapade chilienne ne sera pas de tout repos…
Des enfants meurent dans l’indifférence générale à La Victoria, faubourg très pauvre de la banlieue de Santiago. Gabriela Wenchwn, une jeune Mapuche, vidéaste amateure, contacte Esteban Roz-Tagle, avocat spécialisé dans les causes désespérées, afin qu’il vienne en aide aux familles endeuillées. Au cours de leur enquête ils vont rapidement s’apercevoir que leurs recherches et questions dérangent en haut lieu…
Quatre ans après Mapuche, Caryl Férey reste en Amérique du Sud, mais direction le Chili pour sa nouvelle intrigue. Un pays encore lourdement marqué par les années Pinochet, une dictature hyper répressive qui s’est faite au détriment du peuple chilien mais avec la bénédiction (voire la collaboration) des Etats Unis et de l’Europe. Un régime totalitaire en grande partie amnistié dans un simulacre de pardon national… Un terrain propice pour l’auteur qui ne manquera pas de rappeler les grandes lignes (et certains détails oubliés) de l’histoire contemporaine du Chili.
Difficile de trouver un duo plus atypique que celui formé par Gabriela et Esteban. Une jeune Mapuche qui a décidé de couper les liens avec ses racines pour tenter sa chance en ville et se retrouve dans l’un des faubourgs les plus miséreux de Santiago. Un avocat issu d’une richissime famille, révolté contre son milieu et ses origines dont l’aisance lui parait injustement acquise. Deux personnages aux personnalités bien marquées et une rencontre qui ne manquera pas de faire des étincelles.
Les autres personnages ne sont pas pour autant négligés, tous sont travaillés en profondeur. Il faut dire que le contexte permet à l’auteur de puiser dans des origines diverses et variées parmi les plus contrastées, notamment entre anciens opposants/victimes du régime Pinochet et anciens chefs de file/tortionnaires de la dictature.
Fidèle à son habitude l’auteur propose une intrigue richement documentée, intense et pleine de rebondissements. Une intrigue qui carbure à l’adrénaline et ne vous laissera pas un moment de répit. Une fois que vous aurez plongé le nez dans le bouquin, vous ne le lâcherez qu’à regrets.
La plume de Caryl Férey fait mouche sans jamais faillir, acérée, avec une pointe de vitriol en option, elle n’hésite pas à taper là où ça fait mal, sans concession, aucune. Une plume engagée certes, mais pour la bonne cause, ou plutôt contre la mauvaise cause, voire la pire des causes.
El Condor pasa… et ne devrait laisser personne indifférent. L’intrigue vous prend aux tripes pour ne plus vous lâcher jusqu’au clap de fin, et quelle fin ! Redoutablement efficace, on en redemande, encore et encore ; même (surtout) si ce n’est pas de tout repos nerveusement parlant.

MON VERDICT
jd5Coup double

Morceaux choisis

Extermination d’opposants politiques sans jugements ni procès : le concept avait été mis au point par les militaires français en Algérie avant que Washington ne généralise la méthode en Amérique du Sud. Avec l’aide d’agents de la CIA, Pinochet et ses généraux avaient, sous le nom de Plan Condor, étendu l’opération criminelle et secrète non seulement au Chili mais dans les dictatures voisines – Uruguay, Brésil, Argentine, Paraguay, Bolivie –, puis ils avaient poursuivi la traque dans le monde entier.
Soixante mille morts : une hécatombe intercontinentale, silencieuse. On retrouvait des opposants réfugiés en Europe empoisonnés, suicidés, accidentés de la route ou froidement abattus lors d’attentats jamais revendiqués ou alors par des organisations fantoches.

Les militaires ayant piétiné cent fois le droit international, Pinochet avait modifié la Constitution pour graver dans le marbre les rouages du système économique et politique (une Constitution en l’état immodifiable) et s’octroyer une amnistie en se réservant un poste à vie au Sénat, où les lois se faisaient. La mort du vieux Général au début des années 2000 n’y changea rien. Manque de courage civil, complicité passive, on parlait bien de mémoire mais tout participait à tordre les faits, à commencer par les manuels scolaires où le coup d’État contre Allende était dans le meilleur des cas traité en quelques pages, voire pas du tout…

La probité du vieux Général ? Possédant une simple voiture le jour du coup d’État, il avait vécu dans un bunker doré, détournant des millions de dollars sans jamais répondre d’aucun de ses crimes, du sang jusque sur les dents.

Les lits électrifiés où on attachait les gens comme elle, les électrodes dans le vagin et le rectum qui les convulsaient de douleur, leurs hurlements de terreur sous les yeux de leurs frères ou maris qu’on forçait à regarder, les baignoires où on les étouffait, les viols, les viols collectifs, les viols par des bergers allemands, ceux qu’on jetait des hélicoptères attachés à des rails de chemin de fer pour éviter qu’ils ne remontent à la surface, le cadavre d’un enfant retrouvé trente ans plus tard avec douze balles dans le corps, les sévices qu’il fallait « interpréter dans le contexte », tous ces mensonges avalés maelstrom, tourbillon, pourriture, Allende autopsiant les enfants le cœur brisé, le même acculé au suicide dans la Moneda en flammes, Víctor Jara supplicié, quarante ans et autant d’impacts de balles dans la peau, un massacre riant pour des bourreaux qui savaient à peine lire, Catalina la petite pute rouge qui avant de devenir une rose en avait pris pour son grade : les larmes qui avaient coulé ce jour-là à la Villa Grimaldi coulaient toujours.

[BOUQUINS] Stephen King – Carnets Noirs

S. King - Carnets noirsUn nouveau roman de Stephen King est toujours un événement très attendu par ses nombreux, qui plus est quand celui-ci est présenté comme la suite du très convaincant, Mr Mercedes. Mes lectures en cours m’ont empêché de me ruer dessus dès son achat, mais c’est désormais chose faite et je peux vous livrer mes impressions sur Carnets Noirs, second opus de la trilogie Bill Hodges.
1978. Morris Bellamy abat froidement John Rothstein, un écrivain à succès à la retraite. Son mobile : il n’ pas du tout aimé ce que Rosthein a fait de son personnage fétiche, Jimmy Gold. Avec ses deux complices ils embarquent le contenu du coffre-fort de l’écrivain, de l’argent et des manuscrits inédits.
2009. Peter Saubers, un adolescent dont les parents doivent faire face à de grosses difficultés financières et ne cessent de se disputer, trouve par hasard l’argent et les manuscrits. l’argent lui apparaît comme une manne pour sortir ses parents du gouffre.
Cette suite n’en est pas vraiment une puisqu’elle commence plus de trente ans avant que le Tueur à la Mercedes ne fasse un carnage à la foire de l’emploi du City Center. Puis les événements se télescopent (le père de Peter sera grièvement blessé au City Center). Tout cela fait l’objet de la première partie du roman. Les seconde et troisième partie se passent après que Brady Harstfield ait été neutralisé.
Pas vraiment une suite mais si vous souhaitez lire la trilogie je vous recommande de la prendre dans l’ordre de parution, de nombreux éléments décisifs de Mr Mercedes sont révélés dans ce second opus, le lire avant son aîné gâcherait sérieusement l’effet de surprise (voire même le plaisir, tout simplement). Sinon vous avez toujours l’option de lire Carnets Noirs en faisant l’impasse sur Mr Mercedes (ce qui serait un gâchis selon moi, mais c’est vous qui voyez).
On retrouve bien entendu Bill Hodges, devenu détective privé, qui va devoir prendre les choses en main afin de découvrir, à la demande de Tina, la petite soeur de Peter, ce qui semble tant inquiéter son frère. Il pourra (et c’est plutôt une bonne surprise pour les lecteurs de Mr Mercedes) compter sur l’aide ses complices, Holly, embauchée en tant qu’assistante de Bill, et Jerome, de retour à la maison pour les vacances d’été. Un trio atypique toujours aussi efficace que complémentaire.
Parmi les nouveaux venus j’ai beaucoup aimé Peter et Tina, les enfants Saubers. Pour faire face aux coups durs ils ont développé une relation quasi fusionnelle, à tour de rôle (Peter plus souvent que Tina, grand frère oblige) ils se protègent et se couvrent. Par moments ils apparaissent même plus matures que leurs parents, trop empêtrés dans leurs propres emmerdes pour faire réellement attention à leurs enfants.
Par contre je n’ai pas ressenti la moindre once d’empathie pour le personnage de Morris Bellamy. Au mieux j’ai été indifférent à ce qui pouvait lui arriver, au pire (le plus souvent) j’ai pris un malin plaisir à le détester chaque fois un peu plus que la précédente.
Comme d’hab le King maîtrise à la perfection son intrigue, il fait prendre la sauce lentement mais sûrement, puis nous impose un rythme de plus en plus soutenu. Une fois que vous aurez entamé la troisième et dernière partie, il vous sera impossible de refermer le bouquin avant d’en avoir lu le dernier mot.
La relation entre l’écrivain et le monde qui l’entoure a été au centre de nombreux romans de Stephen King. Qu’il s’agisse de l’écrivain en proie à une fan un tantinet psychotique (Misery), de l’écrivain face à sa création (La Part Des Ténèbres), l’écrivain face au blocage de la page blanche (Sac D’Os) ou encore l’écrivain et son inspiration (Histoire De Lisey). Le postulat de départ est un peu le même que pour Misery (un fan, Morris Bellamy, reproche à un auteur, John Rothstein, le sort réservé à un de ses personnages récurrents), mais les deux récits n’ont que ça en commun, vous l’aurez compris Carnets Noirs prend une toute autre direction dans le développement de son intrigue.
Inutile de vous dire qu’il me tarde de retrouver Bill Hodges. D’une part parce que Stephen King nous offre des thrillers mâtinés de noir de très haut de gamme. De l’autre du fait de la possible orientation (confrontation ?) de cet ultime opus… ce n’est que supposition de ma part et de toutes façons je ne dirai rien de plus.

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

Morceaux choisis

L’une des révélations les plus électrisantes dans une vie de lecteur, c’est de découvrir qu’on est un lecteur – pas seulement capable de lire (ce que Morris savait déjà), mais amoureux de la lecture. Éperdument. Raide dingue. Le premier livre qui donne cette impression ne s’oublie jamais et chacune de ses pages semble apporter une nouvelle révélation, une révélation qui brûle et qui enivre : Oui ! C’est ça ! Oui ! Je l’avais vu aussi ! Et, bien sûr : C’est exactement ce que je pense ! C’est ce que je RESSENS !

Un bon romancier ne guide pas ses personnages, il les suit. Un bon romancier ne crée pas les événements de son histoire, il les regarde se dérouler et ensuite il les écrit. Un bon romancier finit par réaliser qu’il est secrétaire, et non pas Dieu.

[BOUQUINS] Mallock – Le Principe De Parcimonie

Mallock - Le Principe De ParcimonieLa perspective de retrouvailles avec Mallock (aussi bien l’auteur que son commissaire homonyme) est une quasi certitude de passer un bon moment de lecture. Faute à un emploi du temps qui m’a justement laissé trop peu de temps, j’ai tardé à me lancer dans ce cinquième opus des Chroniques Barbares, Le Principe De Parcimonie.
Afin d’inaugurer leurs nouvelles infrastructures, Mallock et son équipe se voit confier une affaire d’envergure : on a volé La Joconde ! Une opération sans faille qui laisse un blessé grave sur le marbre du Louvres. Rapidement un certain Ockham revendique le vol. Ce n’est que son premier forfait, narguant la police il va aller de plus en plus loin dans sa fureur criminelle…
Pour faire simple le Principe de Parcimonie (aussi appelé Rasoir d’Ockham) peut se résumer à un concept élémentaire : « Les entités ne doivent pas être multipliées par-delà ce qui est nécessaire« . Et c’est exactement ce qu’entend faire Ockham, nettoyer la société de ceux et celles qui la polluent inutilement… en les punissant par là où ils ont péché !
Certes on est dans la fiction mais je ne suis pas certain « que toute ressemblance avec des personnages existant soit purement forfuite » selon la formule d’usage. Un philobobosophe chevelu autoproclamé qui se prend pour un puits de sagesse ; ça ne vous rappelle rien ? Un indice, il adore les tartes à la crème… à moins que ce ne soient les tartes à la crème qui l’adorent. Entre tartes on se comprend !
Si dans ce cas précis le rapprochement saute aux yeux, d’autres victimes d’Ockham peuvent aisément se voir accoler un visage et un nom, ce ne sera pas forcément le même pour tout le monde mais en fouinant dans les tiroirs de la télé-poubelle ou des milieux pourritiques de tout bord vous trouverez votre bonheur. Malheureusement ces espèces ne sont pas en voie de disparition.
Mais je m’égare. N’allez surtout pas croire que je cautionne les actes d’Ockham, pour en arriver à de telles extrémités il faut vraiment avoir un problème au niveau des fusibles. Incontestablement Ockham est fou, un fou furieux qui ira crescendo entre chacun de ses forfaits. Et bien entendu c’est le branle-bas de combat au Fort Mallock, fou peut être, mais loin d’être con. Notre polichinelle sanguinaire ne laisse aucun indice exploitable dérrière lui, au contraire il semble jouer avec la police, et plus particulièrement avec Mallock (le commissaire) dans de macabres mises en scènes.
Sans surprise Mallock (l’auteur) nous entraîne dans une intrigue rondement menée, maîtrisée de A à Z et hautement addictive ; comme l’eau de la Seine la tension monte au fil des chapitres pour ne retomber que dans les dernières pages. Le palpitant et les nerfs seront mis à rude épreuve ; pour notre plus grand plaisir ! La dernière partie est une véritable course contre la montre.
Pourquoi diable est-ce que je vous parle de la Seine et de ses caprices ? En toile de fond de l’intrigue nous avons la crue centennale de la Seine (après l’inondation de 1910, le fleuve semble bien décidé à sortir de son lit histoire de venir lécher les pieds aux parisiens). Visionnaire le Mallock (l’auteur), le bouquin a été écrit en 2014, et en cette année 2016, du 7 au 18 mars, des exercices de simulation grandeur nature vont se dérouler afin de limiter l’impact d’une telle inondation (considérée par les experts comme un « risque majeur que la région sera un jour amenée à connaître« ).
Les lecteurs des précédentes Chroniques Barbares ne seront pas dépaysés par les différents acteurs croisés dans ce roman. Outre l’équipe du Fort, on retrouve Léon, Sigismond et Margot. Et puis bien entendu il y a Mallock himself, un tantinet moins mystique dans cette enquête ; il faut dire que Ockham ne lui laisse guère le temps de se livrer à de longues introspections. Moins gourmand aussi, la recette du jour m’a manqué ! heureusement sa verve et son cynisme habituel étaient bel et bien au rendez-vous.
Mais Mallock (l’auteur) c’est aussi et avant tout un style unique. Une richesse verbale et des tournures de phrase qui se lisent comme on écouterait une mélodie entêtante, obsédante. Les mots nous bercent, chantent à nos oreilles, même quand c’est pour nous infliger les pires horreurs, ça reste beau à lire, une poésie macabre sans la moindre fausse note. Juste sur le cul, une fois de plus ! Mallock vainqueur par KO technique.

MON VERDICT
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Morceau choisi (coupé pour éviter tout spoil et réordonné)

« Ils vous ont châtré, coupé la bite, mon cher commissaire. Avant, souvenez-vous, vous pratiquiez vous aussi le rasoir d’Ockham. Vous aussi, vous en avez coupé des têtes, ramené des scalps. Et puis, peu à peu, on vous a convaincu, commissaire, vaincu, interdit les coups de feu et les mises à mort. Les moutons crétins vous ont arraché les crocs un par un. En bon chien de chasse, vous ramenez maintenant la proie dans votre gueule jusqu’aux pieds de vos maîtres pour qu’ils festoient à votre place. Ne vous laissant que la seule fragrance du sang entre les dents.
C’est l’hypocrisie et la cupidité, la mode et la vanité qui construisent désormais le monde, et ceux que vous défendez, Mallock. Même nus avec des plumes dans le cul, le vrai et le juste n’intéressent plus personne. Tout est faux, tout est danger, leurre, baudruche, fumisterie, vulgarité, deuil et trompe-l’œil. Ne vous faites pas d’illusions, les messes caritatives, les senteurs humanitaires ou les nombreux remugles d’égalité ne sont que les effluves de nos dictatures modernes, commissaire. Et toi, commissaire, c’est eux que tu sers ? Mais qui est le fou dans cette histoire ? Qui est le traître ? Vous ou moi ? »

Le plus douloureux dans cette diatribe, c’était qu’elle correspondait à une vision de lui-même que Mallock redoutait. Celle d’un type aux ordres qui, un jour, ne servirait plus la vérité, ni même la justice, mais leurs grimaces : les lois.

[BOUQUINS] Martin Rouz – Qu’Importe La Hauteur Du Saut…

M. Rouz - Qu'importe la hauteur du saut...Au menu du jour un titre auto-édité, lu et chroniqué à la demande de son auteur. De fait avant de commencer je tiens à remercier Martin Rouz pour la confiance qu’il a placé en moi en me confiant son bébé, Qu’Importe La Hauteur Du Saut (Pourvu Que Le Parachute S’Ouvre).
Yohann est informaticien au sein d’un grand groupe de BTP, son quotidien se voit bouleversé lorsqu’il croise Christine, l’épouse du PDG, homme d’affaire sans scrupules et proche de l’Elysée. Au même moment, Marion, son ex avec qui il vient de renouer, journaliste de renom, enquête sur une prétendue attaque terroriste contre l’ambassade de France à Tripoli…
Chers concitoyens et concitoyennes, vous le savez peut être déjà mais la France n’est pas le pays des Bisounours. Nos politiciens, de tout bord, ne sont pas d’innocents chérubins bienveillants se souciant avant de protéger l’intérêt des français. Trop souvent le pouvoir politique et le pouvoir économique sont, soit entre les mêmes mains, soit très étroitement liés… Bref, il y a quelque chose de pourri au Royaume de France, je ne vous apprends rien !
Bienvenue dans les coulisses du pouvoir et du CAC40 ! Un monde merveilleux où cohabitent politiciens corrompus et hommes d’affaires véreux. Chantages, magouilles, comptes off-shore, escroqueries, menaces et mensonges sont les outils de travail de ces braves gens. Au pire, quand la vérité menace d’éclater au grand jour, on fait appel à d’ex-barbouzes reconverties dans la sécurité privée histoire de faire le ménage. Si après quelques paires de baffes bien senties l’indésirable ne se décide pas à rentrer dans les rangs alors on lui offre une sortie façon regrettable accident… Et sincères condoléances à la famille !
Meuh non j’déconne, on est en plein délire complotiste… Certes ce roman est une fiction et ne se revendique pas autrement soit dit en passant. Mais si vous pensez réellement que la République a les mains propres alors c’est que vous des peaux de saucisson plein les yeux… ou que vous êtes un incorrigible Bisounours (celui avec les coeurs sur le poitrail).
Pour son premier roman Martin Rouz (voir son site officiel) nous offre une intrigue qui mixe habilement les ingrédients des romans policier, d’espionnage économique (et plus si affinités), de complot politique. Et même un soupçon de romance. Un cocktail explosif qui se lit tout seul, l’auteur ne nous impose pas de gymnastique stylistique afin de pas nuire au rythme de son récit. Les descriptions sont sommaires mais suffisantes pour se mettre dans le bain, la priorité est donnée aux dialogues pour rendre l’ensemble plus « vivant ».
Les personnages de Yohann et Marion sont bien travaillés, des personnalités diamétralement opposées, tout autant que leurs méthodes d’investigations, mais deux individus complémentaires. Les (nombreux) personages secondaires ne sont pas laissés pour compte, tous ont bénéficié d’un traitement similaire visant à leur créer leur propre personnalité.
Même si l’on peut relever çà et là quelques invraisemblances l’intrigue reste fluide, il manque peut être un soupçon de tension nerveuse (à moins que je ne sois blasé par mes habitudes de lecture). Il n’en reste pas moins que l’auteur a réussi son pari, son roman mérite amplement de trouver une place dans les rayonnages de vos libraires.

MON VERDICT
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Dédicace spéciale Bisounours
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[BOUQUINS] Shannon Kirk – Méthode 15-33

S. Kirk - Méthode 15-33Il est des bouquins pour lesquels j’ai un coup de foudre immédiat, une envie de les lire qui s’impose comme une évidence. Méthode 15-33 de Shannon Kirk appartient à cette catégorie, à peine le pitch parcouru que je me suis dit : « celui là il est pour moi ». Restait à savoir si la ramage serait à la hauteur du plumage…
Une jeune fille de 17 ans, enceinte de sept mois, est enlevée puis séquestrée par des hommes qui veulent lui prendre son bébé. Les ravisseurs ignorent que leur victime n’a aucunement l’intention de se laisser faire ; elle va traiter son enlèvement comme un problème scientifique et tout mettre en oeuvre pour les sauver, elle et son bébé…
Une énième histoire de kidnapping, c’est du lu et relu me direz vous, même du point de vue de la victime. Et bien non ! Shannon Kirk nous prouve avec brio que l’on peut encore faire du neuf avec du vieux, que les règles du genre peuvent être étirées, triturées et restructurées pour nous offrir une intrigue 100% originale.
Certes l’intrigue est narrée à la première personne, du point de vue de la victime. Sauf que ladite victime n’est pas une gamine terrorisée et soumise, mais une véritable surdouée dotée d’un brillant esprit scientifique et analytique. Et surtout capable de fermer les portes à toutes ses émotions afin de traiter sa situation avec juste ce qu’il faut de détachement pour préparer un plan implacable.
J’ai adoré ce manque total d’empathie du personnage principal ; la froideur de ses analyses et de ses réactions sont un véritable un régal à lire. Je brûlais d’impatience de découvrir le traitement (la fameuse méthode 15-33) qu’elle réservait à ses ravisseurs.
Cerise sur le gâteau, l’auteure nous offre un second axe narratif. Toujours écrit à la première personne mais cette fois à travers le personnage de Roger Liu, un agent du FBI qui enquête sur la disparition d’une adolescente avec sa partenaire, Lola. Un duo d’enquêteurs hors norme qui mérite aussi le détour.
Pour son premier roman, l’auteure propose une intrigue hautement addictive qui ne manquera pas de jouer avec vos nerfs (forcément les choses ne se passeront pas exactement comme prévu… sinon ça ne serait pas marrant). Un récit totalement maîtrisé, de la première à la dernière ligne. Je m’attendais à du lourd, j’ai eu du très lourd. Sans la moindre hésitation je lui attribue un coup de coeur.

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

[BOUQUINS] Claire Favan – Serre-Moi Fort

C. Favan - Serre-moi fortJe poursuis mon petit bonhomme de chemin en compagnie de la Bête Noire, l’occasion pour moi de découvrir l’univers littéraire de Claire Favan, son dernier roman, Serre-Moi Fort est en effet le cinquième titre de la collection.
Août 1994. Nick Hoffman, un adolescent discret, est livré à lui même, complètement délaissé par ses parents depuis que sa soeur a mystérieusement disparu. Mai 2014. Un charnier a été découvert dans une grotte en Alabama, le lieutenant Adam Gibson est chargé de l’enquête…
Quel lien entre ces deux intrigues me direz-vous ? Et bien ne comptez pas sur moi pour répondre à cette question. Ce que je peux vous dire par contre c’est que le bouquin se divise en trois parties. La première partie se déroule donc en 1994, du point de vue de Nick Hoffman. La seconde partie nous plonge en 2014, du point de vue d’Adam Gibson. Et la troisième partie alors ? Elle se déroule en 2015 et fait le lien entre les deux précédentes.
Claire Favan nous offre un thriller qui vous prend aux tripes dès les premières pages, elle ne ménagera ni vos nerfs, ni votre palpitant au fil des chapitres. Une écriture sans concession mise au service d’une intrigue implacable, insoutenable parfois, mais c’est pour la bonne cause. Noir c’est noir… Il n’y a plus d’espoir !
Si le roman ne vous laisse guère le temps de souffler tant il est hautement addictif, l’auteure laisse aussi la part belle à la psychologie de ses personnages. La dernière partie est à ce titre un duel psychologique d’une rare intensité. Là encore cet aspect du récit est totalement maîtrisé.
Avec ce titre La Bête Noire renoue avec le thriller très haut de gamme, j’ai retrouvé les mêmes sensations malsaines que lorsque je lisais Tu Tueras Le Père de Sandrone Dazieri. Même punition : un doublé coup de coeur, coup de poing !
Vous l’aurez sans doute deviné au vu de mon enthousiasme, ce bouquin m’a aussi donné envie de prolonger ma découverte de l’univers littéraire de Claire Favan, si tous ces bouquins sont bons ça promet de longues heures de lecture… et de stress !

MON VERDICT
jd5Coup double

[BOUQUINS] Poppy Z. Brite – Le Corps Exquis

pzblceIl est des titres que j’ai envie de découvrir sans réelle conviction, juste histoire de vérifier s’ils sont à la hauteur de leur réputation sulfureuse. Le Corps Exquis de Poppy Z. Brite appartenait à cette catégorie, désormais je peux partager mes impressions de lecture.
Andrew Compton est britannique, tueur en série, homo et nécrophile. Jay Byrne est américain, tueur en série, homo et nécrophage. Leur rencontre, dans les bas fonds de la Nouvelle-Orléans, va être aussi passionnée que sanguinolante…
Qu’est ce qu’il y a dans ce pitch susceptible de me faire vibrer ? A part le fait qu’il s’agisse d’une histoire de tueurs en série, rien. Rien de rien ! J’assume totalement mon hétérosexualité donc une histoire d’amour entre deux mecs pervers (et Dieu sait qu’ils ne manquent pas de perversité), au mieux je passe mon tour, au pire ça me laisse de marbre. Baiser ou bouffer les morts ? Merci mais je crois que je vais passer mon tour. Courage mon gars, faut pas mourir idiot !
C’est donc pas franchement convaincu que je me suis lancé… et c’est toujours aussi peu convaincu que j’ai refermé ce bouquin (sans toutefois avoir renoncé en cours de route).
Malsain ce bouquin ? Même pas. Juste ultra gore et trash, souvent plus qu’il n’eut été nécessaire, à se demander si l’auteur(e) ne se complaît pas dans la surenchère. Il faut plus que ça pour me choquer mais le trop plein de descriptions finit par se faire au détriment du rythme et de l’intrigue.
Intrigue ? Hmouais faut le dire vite… Pour qu’il y ait intrigue il faudrait un minimum de suspense, en l’occurrence on flirte avec un taux zéro niveau adrénaline. A part peut être sur la fin, et encore ça manque tellement de crédibilité que ça en devient pathétique.
Bon alors quid des personnages ? Andrew et Jay sont de purs produits psychotiques qui accumulent les clichés du genre, résultat des courses on atteint là encore un taux zéro, mais niveau crédibilité cette fois. Et les autres ? D’un côté on a Luke, homo baroudeur séropositif qui vomit son hétérophobie sur une radio pirate. De l’autre Tran, un jeune viet homo, ex-amant de Luke, rejeté par sa famille qui vivote tant bien que mal… Tout un programme ! Ah oui, au cas où vous ne le sauriez pas, la Nouvelle-Orléans semble peuplée à 99% par des homos. Hé hé, que voilà une info qui ne figure pas dans le guide du routard !
Est-il nécessaire de vous dire que le côté romantique / érotique / pornographique (rayez les mentions inutiles) ne m’a aucunement convaincu ? Là encore encéphalogramme (et accessoirement bandogramme) plat… Je suis (sans surprise) définitivement hermétique au gay porn.
Ajoutez à tout ça un style très quelconque, vous aurez alors un bilan exhaustif de mon ressenti. Une lecture sans grand intérêt, parfois même chiante… S’il évite le zéro pointé c’est uniquement par sa noirceur et son amoralité, mais ce n’est pas suffisant pour lui accorder la moyenne.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Jussi Adler-Olsen – Promesse

J. Adler-Olsen - PromesseDirection le Danemark pour ma chronique littéraire du jour, un terrain qui ne m’est pas totalement inconnu puisqu’il s’agit de se replonger au coeur du Département V pour leur sixième affaire, baptisée Promesse, avec bien entendu toujours Jussi Adler-Olsen aux commandes.
1997. Une jeune femme est retrouvée morte sur l’île de Bornholm, la police, après enquête, conclut à un accident de la route. Christian Habersaat, le policier municipal qui a découvert le corps, n’y croit pas ; il va se consacrer corps et âme à découvrir la vérité. 2014. Juste avant de se suicider Habersaat prend contact avec le Département V. Carl Morck et son équipe vont reprendre l’affaire à zéro…
C’est bien entendu avec plaisir que j’ai retrouvé Carl, Assad et Rose même si ce nouvel opus ne nous en apprend pas beaucoup plus sur leurs personnalités et leur parcours ; de même nous n’avancerons pas des masses dans l’affaire du pistolet à clous (les habitués comprendront).
Même si l’intrigue est bien menée et nous réserve quelques surprises je la situerai un tantinet en deçà des précédentes. Un indice majeur est livré prématurément, même s’il ne nous permet pas de tout comprendre en un claquement de droit, ça nous gâche un peu les révélations finales.
Même si j’ai commencé par deux bémols n’allez pas croire que je quitte ce roman avec une mauvaise impression. Ca reste un thriller de haut niveau parfaitement maîtrisé, qui plus est la griffe JAO nous garantit une grande fluidité de lecture. C’est juste le rythme qui est un peu plus lent que précédemment (jusqu’aux derniers chapitres le Département V n’est jamais menacé directement au fil de ses investigations).
Cette fois l’auteur confronte le Département V au vaste monde des médecines alternatives et autres disciplines plus ou moins ésotériques… Je n’en dirai pas davantage afin de ne pas risquer de dévoiler des éléments de l’enquête (mais si ceux-ci s’imposent et s’emboîtent assez logiquement et rapidement).
Même si j’ai trouvé cette sixième affaire un peu moins palpitante que les précédentes, je serai au rendez-vous pour le septième opus.

MON VERDICT
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