[BOUQUINS] David S. Khara – Atomes Crochus

D. S. Khara - Atomes crochusAu menu du jour, Atomes Crochus, le dernier roman de David S. Khara qui est sorti directement en poche et numérique chez J’ai Lu.
Un banal accrochage sur le parking de l’aéroport de Dallas fait que Janet Livingstone-Pierce et Enzo Meazza ratent leur avion pour Paris. Et leur sauve ainsi la vie. En effet à peine l’avion a-t-il décollé qu’il explose en plein vol. Un peu plus tard, alors qu’ils quittent l’hôpital, on tente de les abattre, cette fois plus de doute possible, ce sont bien eux qui sont visés. Pas le temps de se poser de questions, ils doivent se mettre à l’abri…
Un thriller fort sympathique et extrêmement addictif, une fois que vous y aurez goûté vous ne pourrez plus le lâcher avant d’avoir le fin mot de l’histoire. L’intrigue est rondement menée sur un rythme soutenu, si les nombreux rebondissements ne sont pas tous surprenants ils sauront toutefois tenir le lecteur en haleine.
Un thriller qui doit beaucoup à ses personnages et leurs relations. D’une part grâce au duo improbable formé par Janet (agent de l’AIEA qui rentre de mission) et Enzo (un escroc tout juste sorti de prison), leur rencontre est avant tout due au hasard et le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est pas vraiment le grand amour entre eux… mais ils vont rapidement se retrouver contraints de faire équipe, et apprendre à se connaître, si leurs poursuivants leur en laisse le temps.
D’autre part les personnages secondaires ne sont pas là uniquement pour faire joli, ils sont traités avec le même soin. A commencer par Andrew Bryniarsky, l’agent du FBI à qui Enzo s’est livré et confessé, persuadé que celui qui fut autrefois son ami lui cache encore bien des choses. Sans oublier le truculent Jeb Cates, l’archétype du flic texan tel qu’on l’imagine. Et Stéphanie Shark, jeune agent du FBI qui va se retrouver, presque malgré elle, embringuée dans sa première enquête sur le terrain.
Même le duo de tueur en deviendrait presque sympathique s’il n’était pas aussi impitoyable. Quant au méchant de service, il fait partie de ceux que l’on adorera détester, il faut dire qu’à aucun moment l’auteur ne cherche à nous le rendre sympathique… bien au contraire, à chaque apparition on a envie de lui coller une bastos dans le bide et le regarder agoniser jusqu’à son dernier souffle.
Un roman qui a pour toile de fond le monde l’argent et du pouvoir, mais aussi de la corruption, qu’il s’agisse de placements financiers ou de sécurité nucléaire, tous les coups sont permis, même les plus bas, surtout les plus bas !
Un roman efficace, même s’il ne révolutionne en rien les règles du genre, il n’en reste pas moins une sympathique découverte. Un regret ? Oui, le fait de ne pouvoir en parler plus longuement au risque de gâcher le plaisir de la découverte.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Ian Manook – La Mort Nomade

I. Manook - La Mort NomadeDirection la Mongolie en compagnie de Ian Manook et son dernier opus en date, La Mort Nomade, ultimes (?) retrouvailles avec Yeruldelgger.
Depuis son éviction de la police, Yeruldelgger s’est retiré dans le désert de Gobi pour une retraite spirituelle. Après quatre mois de solitude et de méditation sa retraite va prendre un tour inattendu, au fil des rencontres inattendues et de scènes de crimes, Yeruldelgger va se retrouver, bien malgré lui, au centre de toutes les attentions…
Pour ce troisième rendez-vous avec Yeruldelgger, Ian Manook change le ton de son roman, ce qui semble un choix logique étant donné que son héros n’appartient plus aux forces de police et n’a donc aucune légitimité à mener une enquête… Un fait qu’il ne manque pas de souligner au fil des pages : « Je n’en sais rien, Guerleï, tu peux me croire. Je me fous de leur révolte comme je me fous de tes enquêtes. Je suis juste un vieil ex-flic qui cherche à se ressourcer en s’isolant dans une retraite spirituelle, putain de bordel de merde, c’est quand même pas si difficile à comprendre, ça !« .
Une retraite spirituelle qui sera d’abord perturbée par Tsetseg, une fière amazone venue lui demander de l’aider à retrouver sa fille disparue. Puis par Odval, une jeune femme dont l’amant vient d’être assassiné et dont la yourte à été incendiée. Cerise sur le gâteau, un intrépide gamin, Ganbold, lui annonce qu’il a découvert un charnier !
Quand enfin la petite troupe se met en route, ils croiseront une première scène de crime et le lieutenant Guerleï, une fliquette qui essaye tant bien que mal d’éviter que la situation ne dérape. Pour Yeruldelgger ce n’est que le début des emmerdes, au fil de la route il croisera d’autres scènes de crimes, et sa troupe grandira… jusqu’à ce qu’il se retrouve promu, à l’insu de son plein gré, au titre Delgger Khan, chef de file de la révolte nomade contre les compagnies minières. Pas de bol pour un type qui aspirait à un paisible et méditative retraite spirituelle ! Une situation que Guerleï résume plutôt bien : « Tu n’es pas un mauvais homme, Yeruldelgger, bien au contraire, mais tu es le plus productif, le plus créatif, le plus prolifique fouteur de bordel que je connaisse ! ».
Beaucoup de nouvelles rencontres donc au programme, avec, comme toujours, des personnages bien travaillés. Dans la petite troupe qui accompagne Yeruldelgger j’ai eu un faible pour Tsetesg, une femme pleine de ressources qui ne reculera devant rien pour retrouver sa fille. J’ai aussi beaucoup aimé les échanges entre Yeruldelgger et Guerleï.
L’aspect policier stricto sensu est géré directement à Oulan Bator par les Affaires Spéciales, plus précisément par son chef Bektet et son adjointe, Fifty. Confrontés à la corruption des uns et au silence complaisant ou effrayé des autres, ils auront bien du fil à retordre face à un ennemi aussi puissant qu’impitoyable (j’ai pris un réel plaisir à la détester dès sa première apparition).
Même si au final elle n’est qu’un pion utilisé pour asseoir le pouvoir du véritable ennemi des terres mongoles, les multinationales minières qui ravagent et empoisonnent le sol mongol en totale impunité, achetant, d’une façon ou d’une autre, le silence des autorités. Le portrait que dresse l’auteur de l’exploitation minière fait froid dans le dos, un pillage sans nom que l’auteur qualifie fort justement de viol écologique.
De fait l’intrigue nous fait voyager hors des frontières mongoles, il faut dire que l’ennemi en question est du genre tentaculaire. Nous aurons le droit à des détours par New-York (avec un duo de flics excellent), le Québec, l’Australie et la France (l’occasion de retrouver avec plaisir Zarzavadjian).
Alors clap de fin pour Yeruldelgger ? Tout laisse à supposer que oui, par contre ne comptez pas sur moi pour vous dire s’il aura enfin pu profiter de sa retraite spirituelle… Je quitte cette trilogie à regrets mais avec toutefois la certitude que le nom de Yeruldelgger mérite sa place au panthéon de la littérature policière française.
Que lui souhaiter de plus ? Partir à la conquête d’un public international, pourquoi pas ?

MON VERDICT
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Morceau choisi :

Les dessous de la traditions.
Comment des filles des steppes se retrouvent mères des steppes et finalement prostituées ?
Explication par Solongo.

La cause, c’est généralement un jeune idiot. Il peut avoir douze ans comme il peut en avoir vingt. Il voit cette gamine grandir pas loin de lui et quand son corps s’y prête, petit à petit, il la désire. Son corps la réclame, c’est ce que lui murmurent les vieux. Dans le campement, tout le monde le remarque et en rit sous cape, jusqu’à la nuit où il relève le feutre de la yourte pour se rouler à l’intérieur. Dans le silence et l’obscurité il se glisse sous la couverture de la gamine qui n’ose rien dire de peur de faire honte à ses parents. Alors elle se laisse faire sans rien comprendre et il la prend maladroitement, comme dans un jeu interdit qui le surprend. Quelquefois la gamine se surprend à aimer. Souvent elle a mal et pleure en silence. Puis il remballe son attirail, sans adieu, sans un mot, et roule sous le feutre pour rejoindre dehors dans la nuit des aînés qui l’attendent, le congratulent et l’emmènent boire à l’écart. À l’intérieur, la gamine ne dort plus et les parents non plus, mais personne ne parle. Par honte. Parce que si c’est douloureux pour le corps de la gamine comme pour le cœur des parents, c’est toléré par la tradition pour la fierté des garçons. Et quand par hasard un enfant naît, la honte est toujours là et la tradition veut que la gamine, devenue femme malgré elle et à cause des autres, aille vivre dans sa propre yourte un peu isolée du campement. Au plus loin du point d’eau, sur les pentes les plus pierreuses, à regarder son gamin grandir en espérant qu’il ne se glissera pas sous le feutre d’une yourte lui aussi. Ou en l’encourageant à le faire, au contraire. Par vengeance. Mais si l’enfant est une fille, malheur à celui qui essayera de se glisser dans la yourte. Les mères des steppes ne dorment jamais, pour ne pas laisser leurs filles en pleurs.

[BOUQUINS] Didier Fossey – Ad Unum

D. Fossey - Ad unumAvant d’entrer dans le vif du sujet je voudrais remercier les éditions Flamant Noir, et tout particulièrement Nathalie, qui m’a proposé de chroniquer un titre que j’attendais de pied ferme après de vaines recherches çà et là. Il s’agit en effet de Ad Unum de Didier Fossey, la seconde enquête du groupe Le Guenn. Et accessoirement le chaînon manquant entre Traque Sur Le Web et Burn-Out
Paris, février 2011. Un homme est retrouvé mort dans un box fracturé, pendu, les mains liées dans le dos par un serflex et l’inscription « Ad unum » gravée sur le front. Comme c’est la troisième victime exécutée selon le mode opératoire, l’affaire est confiée à Boris Le Guenn et son équipe. Ils vont devoir reprendre les trois affaires à zéro s’ils veulent mettre la main sur le tueur avant qu’il ne sévisse à nouveau…
Comme plus ou moins signalé en introduction Ad Unum est la deuxième enquête du Groupe Le Guenn, initialement publié en 2011 par Les 2 Encres, le roman était quasiment introuvable. Un grand merci à Didier Fossey et aux éditions Flamant Noir pour cette réédition (en attendant celle de Traque Sur Le Web).
C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai retrouvé Boris Le Guenn et son équipe de choc, une équipe plus soudée que jamais pour mettre fin aux agissements d’un ou plusieurs tueur(s) en série qui exécutent ceux que la justice a relaxés ou condamnés à des peines jugées trop légères.
D’entrée de jeu Didier Fossey donne le ton avec une scène d’ouverture qui nous place d’emblée au coeur de l’intrigue. On assiste au « procès » de la troisième victime (chapitre 1), puis à la découverte du corps (chapitre 2). Et nous voilà dans le grand bain avec l’entrée en scène de Boris Le Guenn (chapitre 3).
Une intrigue rondement menée, des chapitres courts et le style sans chichis de l’auteur permettent une immersion totale dans le récit et une lecture d’une grande fluidité. Outre le suivi de l’enquête et des personnages, certains flashbacks nous familiariserons avec le parcours de Mathias, avant qu’il ne devienne Le Latiniste, notre tueur en série.
Plus que jamais la dimension psychologique est au centre du récit, il faut dire que le Mathias n’est pas franchement stable à ce niveau. Autant il peut faire preuve d’une redoutable intelligence pour mener à bien son plan, autant il peut parfois littéralement péter une durite. C’est d’ailleurs ce trait de caractère qui m’a permis de le démasquer avant Le Guenn.
Une enquête policière pour le moins trépidante et haletante qui se déroulera sans sensationnalisme, ni surenchère en matière d’hémoglobine. Une fois de plus l’auteur place avant l’humain au centre de son récit, qu’il s’agisse des liens qui soudent le groupe Le Guenn ou de la vie de couple de Boris et Fred (leurs conjoints encaissent parfois difficilement les contraintes de la vie de flic). Ce qui ne l’empêchera pas de jouer parfois avec vos nerfs.
J’espérais avec ce second opus trouver un indice permettant d’identifier l’appel que reçoit Boris à la fin de Burn-Out mais il n’en est rien… le suspense reste à son comble, et la hâte de découvrir le prochain n’en est que plus grande.
Encore merci à Nathalie pour sa confiance, et tant que j’y suis un grand merci à l’auteur qui est, pour moi, un incontournable du polar français (avec Olivier Norek, ils occupent le top du top de mon classement personnel). Sans doute parce qu’ils savent parfaitement de quoi ils parlent pour l’avoir vécu.
Je constate pour ma part que je n’ai plus besoin de me référer aux notes de bas de pages pour identifier les différents acronymes utilisés dans le milieu policier (SARIJ, FAED, IML…) ; c’est grave docteur ?

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Bernard Werber – Demain Les Chats

B. Werber - Demain Les ChatsBernard Werber fait partie de mes incontournables, si en plus il met les chats à l’honneur dans son dernier roman, Demain Les Chats, tout est fait pour qu’il se retrouve au sommet de mon Stock à Lire Numérique, et ce malgré une rude concurrence dans la file d’attente (Stephen King, RJ Ellory, Donato Carrisi… entre autres).
Bastet mène sa paisible vie de chat avec son humaine dans un appartement de Montmartre, sa rencontre avec Pythagore, le chat de la voisine, va lui apporter un éclairage nouveau sur les liens qui unissent les chats et les humains. Plus que jamais Bastet est convaincue de la nécessité de communiquer avec les humains…
Si comme moi vous avez un chat et que vous aimez sa compagnie, vous avez certainement eu, plus d’une fois, la sensation qu’il vous considère comme son humain et non l’inverse (en aucun cas, il ne pourrait envisager d’être votre chat ou, pire encore, votre animal de compagnie… un statut bien trop dégradant pour sa noble personne). C’est en tout cas clairement la position de Bastet, la nouvelle héroïne de Bernard Werber.
Quand Pythagore va lui raconter l’évolution des relations entre les chats et les humains au fil des âges, elle sera tantôt confortée dans son idée, tantôt nettement plus dubitative. Il faut dire aussi que le chat ne fait pas les choses à moitié, il aura tour à tour été déifié puis diabolisé par les humains… Alors l’avenir de l’homme passe-t-il par le chat ?
Il faut bien reconnaître aussi que Bernard Werber ne place pas le genre humain dans la position la plus confortable qui soit. Son récit se situe en France dans un avenir incertain, le pays est déchiré par une déferlante d’attentats terroristes, on est aux portes de la guerre civile. L’ennemi n’est jamais nommé et ce n’est pas une nécessité : des barbus, fanatiques religieux, qui se regroupent sous un drapeau noir ; pas besoin de mettre un nom sur cette chose qui ne nous est que trop familière. La sagesse du chat est-elle la réponse à la connerie de l’humain ?
Si l’auteur prend (peut être) quelques libertés avec l’Histoire, nous ne lui en tiendrons pas rigueur, sa motivation est uniquement de mieux intégrer les faits à son intrigue. Un roman qui n’est certes pas destiné aux seuls ailurophiles (amoureux des chats, si, si ça s’appelle comme ça) mais clairement à un lectorat qui connaît et apprécie Bernard Werber. Ce n’est pas avec ce roman que l’auteur séduira un public plus large, on est clairement dans une histoire werberienne avec un style werberien.
Pour ma part je fais doublement partie du public visé, j’aime les chats et j’apprécie le travail de Bernard Werber. J’ai donc passé un agréable moment avec ce roman mais pour être totalement objectif je dirai que c’est un divertissement qui assure à peine plus que le minimum syndical, globalement ça aurait mérité un peu plus de densité pour emballer totalement le lecteur. Ca se lit vite et bien, aucun risque de surchauffe neuronale, le contrat est rempli mais il n’empêche qu’on a l’impression que l’auteur est resté dans sa zone de confort avec aucune prise de risque.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Gilles Legardinier – le Premier Miracle

G. Legardinier - Le Premier MiracleDepuis que j’ai « découvert » Gilles Legardinier avec Demain J’Arrête (en 2011), j’attends, tout les ans avec la même impatience, son nouveau roman… un rendez-vous feel good incontournable ! Enfin, la chose vient grossir les rangs de mon Stock à Lire Numérique, son titre : Le Premier Miracle. Avant même de l’ouvrir on a le droit à de nombreuses surprises ; d’une part point de chat sur la couv’ (à force c’est devenu la marque de fabrique du feel good façon Legardinier), normal en fait puisque point non plus de feel good au menu, le roman se présente comme « un miracle de suspense et d’humour » (je suis confiant, j’avais été conquis par Nous Etions Les Hommes, son dernier thriller en date), enfin l’auteur a quitté Fleuve pour rejoindre Flammarion (pour pouvoir bénéficier davantage plus de liberté nous explique-t-il à la fin du roman, dans son habituel mot aux lecteurs). Et puisque nous sommes (presque) en aparté Gilles, je vais commencer par répondre à votre question : « Accepterez-vous de me prendre la main les yeux fermés pour que je vous emmène ?« . OUI !!! Sans la moindre hésitation.
Ben Horwood, un historien au British Museum est brusquement tiré de ses vacances en France par Karen Holt, agent secret d’une agence encore plus secrète. C’est presque à l’insu de son plein gré qu’il se retrouve enrôlé dans une enquête sur une série de vols ayant pour objet soit des artefacts plus ou moins à vocation ésotérique, soit du matériel scientifique très haut de gamme. En essayant de découvrir le fil rouge qui relie ces différents vols, Ben et Karen sont loin de se douter qu’ils s’engagent dans une affaire qui dépassera de loin tout ce qu’ils pouvaient imaginer…
Après cette longue introduction et une présentation bavarde mais pas trop, il est temps pour moi d’entrer dans le vif du sujet. Avec ce roman Gilles Legardinier s’essaye au thriller ésotérique, le résultat est un mix entre la tétralogie Robert Langdon de Dan Brown et le diptyque Le Premier Jour / La Première Nuit de Marc Levy. Ca mérite quelques explications, n’est-il pas ?
Pour être crédible c’est un genre qui nécessite un énorme travail de documentation et de recherche, mais pas que… Il faut aussi savoir faire en sorte que les faits avérés, les théories non démontrées et les éléments purement fictionnels, s’imbriquent pour donner un tout cohérent. Ca c’est pour le côté Dan Brown (j’aurai sans doute pu citer un autre auteur spécialisé dans ce genre mais il s’avère que c’est le seul dont j’ai lu plus d’un roman). Sur ce coup Gilles Legardinier remporte haut la main son challenge, son intrigue est bien ficelée et ne manquera pas de vous surprendre. Avec en prime quelques moments de tension propres au genre.
Et Marc Levy alors ? Deux éléments essentiels que l’on retrouve aussi chez Gilles Legardinier. D’une part la place primordiale de l’humain dans son intrigue, pour se faire rien de tel qu’un duo improbable, dans le genre on peut difficilement trouver plus dissemblables que Ben et Karen. D’autre part, malgré une intrigue des plus périlleuses, l’humour reste omniprésent durant tout le récit (les joutes verbales opposant, gentiment, Ben et Karen sont excellentes).
Ces deux aspects sont parfaitement dosés, ajoutez-y un soupçon de romance et vous obtiendrez un roman captivant à plus d’un titre… et instructif. J’aime ces romans qui donnent envie d’aller fouiner sur Internet pour aller plus loin dans le contexte, quel qu’il soit : historique, géographique, artistique, symbolique…
Avec ce Premier Miracle Gilles Legardinier démontre qu’il peut encore surprendre ses lecteurs, ceux qui le connaissaient pour ses thrillers retrouveront avec plaisir une intrigue rythmée à souhait, quant aux amateurs de feel good, nul doute qu’ils suivront avec plaisir cette aventure pleine d’humanité et d’humour. Cerise sur le gâteau, ce récit vous fera voyager aux quatre coins du monde, avec à la clé des découvertes pour le moins étonnantes. Pour ma part ce fut une belle surprise, je partais confiant, je suis arrivé conquis ! Et donc un coup coeur aussi légitime que mérité.

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

PS : il y aurait beaucoup à dire sur ce roman mais je reste volontairement dans le vague afin de laisser intact le plaisir des nombreuses découvertes qui vous attendent au fil des pages.

[BOUQUINS] Paul Clément – Creuse La Mort

P. Clément - Creuse la mortEncore un jeune auteur auto-édité qui m’aura poussé à chambouler mon programme de lecture. Le coupable n’est autre que Paul Clément qui vient de publier son second roman Creuse La Mort.
Fred est père et un mari comblé. Certes il ne s’épanouit pas vraiment au boulot mais ça fait bouillir la marmite. Un matin il découvre un trou dans son jardin, un trou qui ressemble étrangement à une tombe. Il a beau la reboucher, tous les matins la tombe le nargue à nouveau. Intrigué, puis effrayé, Fred est convaincu qu’une menace sérieuse plane sur sa famille, il va tout mettre en oeuvre pour protéger les siens…
Avec son premier roman, Les Décharnés, Paul Clément avait réussi le pari fou de proposer une histoire de zombie qui parvient à tirer son épingle du jeu dans un genre des plus fécond du moment. Pour son second roman il aurait pu rester dans sa zone de confort (les zombies, au cas où vous auriez perdu le fil), je suis même persuadé qu’il aurait pu nous surprendre de nouveau ; mais au lieu de céder à la facilité l’auteur a préféré tâter un terrain nouveau. Certes on reste dans le domaine du fantastique, mais je définirai son roman comme un thriller psycho-horrifique.
Psycho pour psychologique, car indéniablement la psychologie des personnages tient une place essentielle dans cette intrigue. Est-ce que Fred est le seul à percevoir cette menace ou, au contraire, est-ce qu’il sombre inexorablement dans la paranoïa et la folie ? Voilà une question que le lecteur se posera plus d’une fois au fil des chapitres.
Mais la psychologie intervient aussi dans les relations entre Fred et son entourage. A commencer par son épouse Renée, et leur petite fille, Emma ; toutes deux passeront par bien des états émotionnels face à un comportement pas toujours des plus rationnels de leur mari et père. Mais aussi avec Eric, le frère de René, policier de son état qui doute de plus en plus de l’équilibre mental de son beau frère. Enfin avec Pierrick, son patron, un gros blaireau macho et misogyne qui fera les frais de trop plein de rancoeur étouffée.
Horrifique parce que la réalité dépassera tout ce que l’on pouvait imaginer. Si les personnages étaient déjà malmenés avant que la vérité ne se révèle, les choses iront dès lors de mal en pis. Et croyez moi, paul Clément ne manque pas d’imagination quand il s’agit d’en faire baver ses personnages.
De part son ambiance Creuse La Mort m’a souvent fait penser à La Peau Sur Les Os de Richard Bachman (Stephen King pour ceux qui auraient passer les dernières décennies sur une autre planète). Certes les deux intrigues sont radicalement différentes mais on y retrouve la même tension psychologique. J’espère que Paul ne m’en voudra pas de le comparer au King.
Vous l’aurez compris ce second roman est une réussite à tous points de vue. J’espère vous avoir donné envie de découvrir ce qui se cache derrière les mystérieux fossoyeurs de Paul Clément. Pour ma part il va sans dire que je serai fidèle au poste pour le prochain roman.

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

[BOUQUINS] Frédéric Clémentz – Le 13e Cantique

F. Clémentz - Le 13e CantiqueAvec Le Serment Du Passeur, son premier roman, Frédéric Clémentz m’avait déjà fait forte impression, autant vous dire que je guettais avec impatience son second roman. Au point d’ailleurs de chambouler mon programme de lecture dès que l’auteur (que je remercie chaleureusement) me l’ait parvenir, me précisant que pour Le 13e Cantique il s’était vraiment donné à fond.
Cela fait deux mois que Maria et Lone attendent et espèrent le soir de L’Evénement, plus qu’une journée à patienter, demain elles pourront peut être enfin quitter PN1. Mais pour aller où ? Souvent on sait ce qu’on perd, mais l’incertitude plane sur ce qu’on gagne…
Vous proposer un pitch rapide de ce roman n’est pas un exercice facile, soit on prend le risque d’en dire trop et casser l’effet de surprise, soit on s’égare sur différentes pistes au risque de se montrer plus qu’évasif. Dans ces cas là je laisse la place au feeling, ne pas trop réfléchir, écrire comme ça me passe par la tête.
Pour un jeune auteur, auto-édité qui plus est, le cap du deuxième roman est bien souvent décisif pour la suite de sa carrière littéraire. Les plus frileux joueront la carte de la prudence en conservant un style proche de celui du premier roman (surtout si celui-ci a plutôt fait forte impression auprès de ses lecteurs), les plus audacieux n’hésiteront pas à se remettre en question ; c’est incontestablement à cette seconde catégorie qu’appartient Frédéric Clémentz. Le 13e Cantique n’a strictement rien à voir avec Le Serment, il explore une autre facette du thriller, ose une autre approche, et pimente même son intrigue d’un soupçon de fantastique.
L’auteur vous propose un thriller totalement original, tant par son intrigue à proprement parler que son approche de ladite intrigue. C’est un véritable roman gigogne que vous aurez entre les mains, un puzzle dont les pièces semblent sorties de boites différentes, sans rapport les unes avec les autres. Cà et là pourtant, au fil des pages, certaines pièces finissent par s’assembler tout naturellement mais il reste des zones d’ombre que l’on a du mal à combler. Frédéric ne laisse rien au hasard, toutes les questions trouveront leur réponse, tout finira par s’imbriquer comme une évidence.
Au fil des chapitres vous découvrirez l’histoire de Lone et de Maria, chacune racontant son parcours avec ses mots… et ses silences. On n’en finira pas de se triturer les méninges pour essayer de combler les vides laissés par les non-dits. Si elles ont suivi chacune un parcours différent avant de se trouver au PN1, il n’en reste pas moins une certaine cohérence. Mais quel rapport ont-elles avec Ricardo Bocqueda ou encore Raymond Segrettin ? Quel est le lien entre Ricardo et Raymond ? Les neurones n’ont pas fini de chauffer pour essayer de répondre à toutes ces questions. Et quand on découvre les réponses on n’a envie de se frapper le front en braillant : « Bon sang, mais c’est bien sûr ! ».
Même si on ne sait pas toujours où on va mettre les pieds, on y va au triple galop. J’ai littéralement dévoré les chapitres, totalement embarqué par l’intrigue et les personnages, et surtout crevant d’impatience de découvrir les fins mots des histoires.
A la fin de son roman l’auteur remercie ses lecteurs en ces termes :
« J’espère que ce thriller vous a emmené loin, très loin le temps d’une histoire.
Cette histoire vous a sans doute bousculé, dérouté, dérangé peut-être.
Tant mieux.
Un livre, il faut aussi que ça cogne,que ça hurle, que ça se mette en danger.
Et bien sûr que ça caresse, que ça tutoie la beauté, que ça s’installe dans le cœur. »
Pour répondre à tes espoirs :
– Oh que oui, tu m’as emmené très très loin. Parfois si loin que je ne savais plus vraiment où j’étais, mais je t’ai suivi aveuglément. Et tu as répondu à toutes mes attentes, et bien au-delà.
– Oui tu as réussi à me bousculer et à me dérouter, plus d’une fois même ! Dérangé ? Jamais, je t’ai fait confiance, comme tu m’as fait confiance.
– Oui ton bouquin cogne, gueule et se met en danger. Tu écris avec les tripes, le coeur et l’âme et ça se ressent dans chacune des phrases que tu couches sur le papier. Et lecteur passionné ne peut qu’aimer lire un auteur passionné.
– Et oui ça nous chauffe le coeur… après coup, avec un peu de recul. Pendant on serait amené à penser que l’espoir n’a pas sa place dans ton intrigue, mais la fin laisse percer une lueur. Du moins c’est ce que j’ai envie de croire. Le second effet Kiss Cool !
Merci pour ce bouquin, tu as transformé l’essai haut la main. Je t’attends de pied ferme pour le prochain… En attendant c’est avec grand plaisir que je te décerne un nouveau coup double.

MON VERDICT
jd5Coup double

[BOUQUINS] Sara Greem – Publicité Pour Adultes : Tome 3

S. Greem - Publicité Pour Adultes : Tome 3Aaah que voilà un bouquin que j’attendais, frétillant d’impatience, il me tardait en effet de connaître la suite et fin des aventures de Ian, Terry et leurs redoutables oursons en peluche de la pub ; Sara Greem comblera-t-elle toutes mes attentes ? Réponse tout de suite avec ma chronique de Publicité Pour Adultes : Tome 3.
Professionnellement l’avenir semble radieux pour l’agence X//MARKS, même le procès qui l’oppose à Russell & Buzz ne devrait pas mettre en péril la survie de l’agence. Paradoxalement, Ian et Terry ne doivent pas baisser la garde, la menace de Conrad Russell est plus présente que jamais dans leur esprit. Mais ils pourront compter sur le soutien indéfectible des ourson en peluche de la pub, de Paul et Eva et des parents de Ian…
J’ai déjà eu l’occasion de vous signaler, lors de mes précédentes chroniques, que cette trilogie était bien plus qu’une banale escapade érotique dans le monde de la pub ; on est bel est bien en présence d’une intrigue solide, pleine de surprises et d’une grande richesse. Cet ultime opus va encore plus loin en ce sens, l’érotisme est moins présent et beaucoup plus soft (mais pas trop… quand même !), même la stratégie marketing mise en place par Ian et ses oursons passe au second plan (la machine est rodée, vogue la galère) ; cette fois Sara nous propose une intrigue digne d’un thriller, et d’ailleurs le rythme imposé est nettement plus intense que dans les deux précédents opus, les ultimes chapitres devraient même mettre vos nerfs à rude épreuve.
Le voile se lèvera peu à peu sur toutes les questions restées en suspens, nul doute que certaines de ces révélations ne manqueront pas de vous surprendre. Quoiqu’il en soit les pièces du puzzle s’imbriquent avec naturel au fil des pages, consolidant ainsi une intrigue déjà parfaitement maîtrisée.
J’ai retrouvé les personnages comme s’il s’agissait d’une bande de potes perdus de vue depuis quelques mois, le plaisir est toujours intact, voire même encore plus intense. En effet j’ai apprécié de retrouver un Ian plus apaisé, déterminé à faire la paix avec lui même et avec son père (même si la route promet d’être longue et tout sauf tranquille). Déjà dans le tome précédent nous avions vu Terry gagner en assurance, la tendance se confirme et s’accentue même ici ; elle n’hésite plus à s’imposer et fait preuve d’une grande force face à l’adversité. Et bien entendu il y a les inévitables oursons en peluche de la pub, égaux à eux même (et parfois même encore plus trash qu’à l’accoutumée) pour notre plus grand plaisir (vous pouvez compter sur eux pour mettre de l’ambiance en toutes circonstances… et à faire front ensemble si l’on se prend à l’un d’eux).
De nouveaux personnages feront aussi leur apparition et seront appelés à jouer un rôle primordial dans le déroulement de l’intrigue, je pense notamment à Ronald, rencontré lors du mariage (et quel mariage d’anthologie !) de Shirley.
Si vous avez aimé les deux premiers opus, vous ne pourrez qu’adorer ce final en apothéose. Si vous ne connaissez pas cette série je vous invite à la découvrir au plus vite. Que les plus prudes ne se laissent pas intimider par l’étiquette érotique, il y a tellement plus à découvrir dans ce roman (ceci dit ça reste tout de même réservé à un public averti).
Encore merci à Sara pour sa confiance et sa persévérance. Je me doute bien que l’accouchement a parfois dû être difficile (les trois tomes représentent tout de même pas loin de 1400 pages), mais quel joli bébé à l’arrivée. J’espère sincèrement que Publicité Pour Adultes aura le droit à toute la reconnaissance qu’il mérite.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Elen Brig Koridwen – Les Trois Sages

EBK - Les Trois Sages (EELA 1)Nouveau détour dans le monde de l’auto-édition au menu de cette chronique avec Les Trois Sages, premier opus de la saga Elie Et L’Apocalypse écrite par Elen Brig Koridwen.
Le jour de son neuvième anniversaire, Elie, une petite fille surdouée, apprend qu’elle est le futur Messie. Aidée par une Escorte pour le moins atypique, elle doit se rendre au Château des Transes où elle suivra une formation en vue de la préparer à son destin hors du commun. Un voyage qui ne sera pas de tout repos, nombreux sont les ennemis du futur Messie et ils ne reculeront devant rien pour l’éliminer…
C’est via Facebook que j’ai fait la connaissance d’Elen, une auteure indépendante (par choix) très prolifique qui n’hésite pas à toucher à des genres divers et variés dans ses romans et nouvelles. Après avoir lu un premier Aperibook (Une Proie Sans Défense) qui m’a totalement emballé, j’ai décidé de m’attaquer à du lourd avec sa saga Elie Et L’Apocalypse (EELA pour les intimes). Elen m’a d’abord fait parvenir le tome 1 (qui regroupe les trois premiers livres de la saga), j’ai été immédiatement sous le charme de l’intrigue et des personnages, craignant le manque j’ai sollicité l’auteure afin de pouvoir disposer de la première intégrale (qui comprend neuf livres de neuf chapitres chacun) ; un grand merci à Elen pour sa réponse rapide et positive.
EELA s’annonce comme une saga difficile à caser dans un genre préformaté. On y trouve pêle-mêle des éléments de science-fiction (le roman se déroule en 2025 et met en oeuvre des technologies bien plus avancées que ce que nous connaissons aujourd’hui), de fantasy (le Château des Transes, bien que physiquement situé en Bretagne, est un monde à part où cohabitent sciences, religions, spiritualités et ésotérisme) ; urban fantasy donc ? Oui certes, mais l’on est aussi souvent proche du thriller ésotérique (de part l’intrigue en elle même, ou/et le rythme imposé).
Comme vous pouvez le constater les thèmes abordés sont vastes mais rassurez-vous les explications et démonstrations ne sont jamais assommantes, elles s’intègrent parfaitement à l’histoire et sont exposées de façon à ne pas décourager le profane. Je ne sais pas si tout est rigoureusement exact (les quelques recherches que j’ai fait sur Internet tendraient à abonder en ce sens) mais, à l’image des romans de Dan Brown, c’est suffisamment cohérent pour être convaincant et contribuer à enrichir une intrigue déjà dense. Cerise sur le gâteau, on trouve de nombreuses touches d’humour, même dans les moments les plus intenses, idéal pour reprendre son souffle entre deux rebondissements. Deuxième cerise sur le gâteau, on trouve au fil des pages de nombreux clins d’oeils cinématographiques ou littéraires, souvent amenés avec humour (pour rejoindre la première cerise).
Difficile de se montrer exhaustif en parlant de ce roman, il est d’une telle richesse et d’une telle variété que l’on ne peut que se montrer réducteur dans notre approche. Ne soyez pas intimidés quand je parle d’une intrigue dense, riche ou encore intense, tout est parfaitement organisé, jamais je n’ai été embrouillé ; laissez vous guider par l’intrigue et ça passera comme une lettre à la poste.
Je craignais de ne pas adhérer au personnage d’Elie (les gamins et moi, ça fait deux) mais j’ai été immédiatement sous le charme (en tout bien tout honneur). Un savant mélange de candeur enfantine et de maturité, de force et de fragilité. Appelée à remplir une destinée hors du commun, elle bénéficiera d’une formation tout aussi exceptionnelle.
La fameuse Escorte mérite aussi le détour. J’ai eu un faible pour Pat, un ado un peu marginal, ami d’enfance d’Elie. Suivront par ordre d’apparition, Algénor Salbuthard et sa disciple Agatha Throughview(membres de Ceux Qui Peuvent, un groupe de puissants clairvoyants), Ahiyam Benanania, soeur Caïus (respectivement rabbin et nonne, pour le moins atypiques) et Emma (jeune fugueuse croisée en chemin). Escorte complétée par la suite de Vaast Van Voornaam (pasteur protestant) et Abd-an-Nour El Nakyi (sage soufi). Difficile de trouver un groupe plus disparate… mais aussi l’assurance d’échanges aussi hauts en couleurs que leurs intervenants.
Pour en finir avec les « gentils », Elie rencontrera au Château des Transes les Trois Sages, Oliver Green (qui lui enseignera l’art du franc-jardinage), Fulcanie Montserrat (qui lui révélera les secrets de l’alchimie) et Michel Moussardant (spécialiste des sciences plus ésotériques). Là encore des personnages qui ne manqueront pas de surprendre le lecteur.
Parmi ceux bien déterminés à éliminer la jeune Élue, on trouve Al-Moumit (une secte terroriste islamiste dirigée par Abdul-Iblis), Aura (des intégristes chrétiens dotés de pouvoirs psychiques, dirigés par Eposthim Deville) et Les Veilleurs du Châle Sacré (des terroristes israélites, dirigés par Zéev Ra).
Comme vous pouvez le constater, chez les forces du Bien comme chez les Forces du Mal, on retrouve les trois grandes religions monothéistes (Christianisme, Judaïsme, Islamisme). Aucun prosélytisme, ni militantisme au fil des pages, bien au contraire l’idée serait plutôt de condamner les extrémismes fanatiques de tout bord et de favoriser l’avènement d’une religion hors dogmes. Mais, et quitte à me répéter, cette histoire est trop riche pour ne se limiter qu’à une approche unique.
C’est avec un immense plaisir que lui attribue la note maximale de 5 Jack et un coup de coeur amplement mérité.
Un projet pour le moins ambitieux cette saga, cette première intégrale fait tout de même plus de 800 pages (qui se boivent comme du petit lait), deux autres volumes (chacun étant composé de neuf livres de neuf chapitres) devraient suivre. Mais après une pareille mise en bouche vous pouvez être assurés que je serai au rendez-vous, il me tarde de connaître la suite.

  • Edit du 16 septembre 2016.
    Suite à une précision apportée par Elen, la saga s’annonce encore plus ambitieuse que je ne le pensais. En effet ce ne sont pas deux volumes qui suivront mais sept (oui, oui : 7), soit un total de 81 livres ! GRR Martin et son Trône de Fer fait soudain figure de petit joueur. Ceci dit je souhaite à Elen de connaître le même succès que GRRM.
  • Edit du 22 septembre 2016.
    Ci-dessous, la nouvelle couverture du roman.
    eela1

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

Elen milite activement pour l’auto-édition, entre autres choses elle assure la promotion de nombreux auteurs indépendants (en plus de continuer son propre travail d’écriture). Je tenais à saluer son courage et sa combativité, je ne peux que vous inviter à consulter son blog et sa page Facebook (elle y anime aussi de nombreux groupes).
A ceux et celles qui considèrent l’auto-édition comme de la littérature de seconde zone, je voudrai demander de faire un effort d’ouverture d’esprit et de tolérance. D’une part parce que le travail de ces auteurs méritent doublement le respect (non seulement ils assurent l’écriture de leur bouquin, mais aussi toutes les étapes intermédiaires jusqu’à la mise en vente du produit fini, et même après). D’autre part j’ai eu l’occasion de lire des récits de très bonne qualité ; EELA n’est pas une exception, certains romans que j’aie lus (et chroniqués ici) sont largement supérieurs à certains titres publiés par les cadors de l’édition.

[BOUQUINS] Paul Clément – Les Décharnés : Une Lueur Au Crépuscule

P. Clément - Les DécharnésComme ça faisait un bail que je ne m’étais pas offert une escapade à Zombieland j’ai décidé de renouer avec le doux fumet de la chair avariée, mais attention je fais dans le zombie 100% made in France avec Les Décharnés : Une Lueur Au Crépuscule, premier roman de son auteur, Paul Clément.
Patrick un agriculteur bourru et solitaire prend une bière sur sa terrasse le jour où l’humanité s’est effondrée sous ses yeux. Sortie d’un embouteillage sur la route non loin de sa propriété, une horde de zombies attaque tout ce qui bouge, grossissant ainsi les rangs des morts vivants. Patrick s’enferme alors chez lui, bien décidé à s’isoler le temps qu’il faudra, sourd aux appels à l’aide des survivants apeurés. Et pourtant il ne pourra rester insensible face à la détresse d’Emma, une gamine dont la mère vient d’être tuée…
Ce qui fait du bien en lisant ce bouquin c’est que l’on sent la passion, on sait rien qu’en le lisant qu’il a été écrit avec le coeur et les tripes. Oui, Paul Clément s’est donné à fond et l’on ne peut que s’en réjouir car son roman est une réussite.
Il faut dire que passionné l’auteur l’est indéniablement, limite obsédé même, par la culture zombie. Il est le fondateur et rédacteur en chef (sous le pseudo Squeletor) du site MyZombieCulture.com, une référence francophone en matière de culture Z.
La grande originalité de ce roman est de se dérouler en Provence, pour moi en tout cas c’est une première, une histoire de zombies 100% française. Hormis cette particularité géographique le roman suit les règles du genre, règles parfaitement connues et maîtrisées par son auteur comme vous pouvez le deviner.
La force de cette intrigue, afin qu’elle ne devienne pas une énième histoire de zombies noyée dans la masse, repose sur ses deux personnages principaux, un duo pour le moins improbable et atypique. Patrick, agriculteur vieillissant et bedonnant est un solitaire à tendance asocial, grincheux et bourru pourrait on ajouter histoire de compléter le tableau. Et pourtant au contact d’Emma, une gamine qui a tout perdu hormis sa candeur et son innocence, il va renouer avec une humanité qu’il avait enfoui au plus profond de son être. Au fil des pages nous assisterons à la transformation de Patrick tandis que sa relation avec Emma se forge. Une relation touchante qui apporte une touche d’humanité au milieu d’une réalité devenue hostile.
Mais n’allez pas croire que l’auteur donne dans la guimauve, le duo devra se plier aux rudes conditions de survie imposées par la situation. Les zombies sont fidèles à ce que l’on peut attendre d’eux, cons comme des manches mais affamés et dangereux… et bien entendus plus ou moins avariés. Sans forcer sur les descriptions l’auteur nous communique cette menace permanente qui plane sur ses deux héros.
Et les survivants alors ? J’aurai tendance à dire aux fans de The Walking Dead, souvenez-vous de Woodburry et du Sanctuaire… les vivants sont parfois bien plus dangereux que les zombies. Patrick et Emma en feront la triste expérience. Comme le dit fort justement Emma : « Il est pas comme les zombies, eux ils font pas exprès. »
Je terminerai en restant dans l’univers de The Walking Dead, si vous me suivez depuis déjà quelques temps vous savez que je suis un inconditionnel de la série TV, j’ai retrouvé dans Les Décharnés tout ce qui fait que je suis accro à TWD. Je l’ai lu avec autant de plaisir que quand je découvre une nouvelle saison de TWD, d’ailleurs il fera office de parfaite mise en bouche avant de me lancer dans la sixième saison.
Chapeau bas à Paul Clément qui, avec ce premier roman, s’impose d’ores et déjà comme un incontournable de la littérature zombie. Vivement le prochain (pour bientôt sauf erreur de ma part) !

MON VERDICT
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