[BOUQUINS] Glendon Swarthout – Le Tireur

G. Swarthout - Le TireurAu menu de cette chronique, une première pour moi : un western. En l’occurrence mon choix s’est porté sur Le Tireur de Glendon Swarthout.
El Paso, 1901. J.B. Books est le dernier des tireurs encore en vie, mais plus pour longtemps, un cancer le ronge inexorablement. Il décide alors de vivre ses derniers jours dans une tranquille pension de famille tenue par Mme Rogers, une veuve qui élève seule son fils, Gillom. Alors que Books n’aspire qu’à ce qu’on lui foute la paix, il devra pourtant composer avec les vautours qui chercheront à profiter de sa mort pour s’engraisser à son insu…
Publié en version originale en 1975, puis en français chez Gallimard la même année (sous le titre Une Gâchette), c’est sur l’édition/traduction Gallmeister parue en 2012 que j’ai jeté mon dévolu.
Comme je le disais en introduction de ce post, c’est la première fois que je lis un western… mais je sais d’ores et déjà que ce ne sera pas la dernière fois. Pas de vol à main armée, ni d’attaque de diligence, pas de méchants indiens non plus et pourtant je peux vous assurer que c’est un western pur jus que vous aurez entre les mains. Un western à la croisée de deux époques, la conquête de l’Ouest et ses héros appartiennent au passé tandis que le vingtième siècle et ses changements bouleversent peu à peu le quotidien de tout à chacun.
Le roman  est porté par son personnage principal, John Bernard Books. Un héros qui mène sa vie selon un principe des plus simples : « Je refuse qu’on porte la main sur moi. Je refuse qu’on me trompe. Je ne supporte pas d’être insulté. Je n’inflige rien de tout cela à autrui. J’attends la même chose des autres. » Certes il a expédié ad patres bon nombre de ses semblables mais jamais il n’a été à l’origine d’un affrontement. Ce qui ne l’empêche pas de ne pas trouver sa place dans ce nouveau monde qui se profile, Le shérif Thibido ne manquera d’ailleurs pas de le lui rappeler sans détours : « Où est votre place dans cette marche du progrès ? Nulle part. Votre place est au musée. Pour être plus précis, Books, vous appartenez à une autre époque, complètement révolue. »
Un homme bouffé par la maladie mais bel et bien décidé à rester droit dans ses bottes jusqu’à son dernier souffle. Ce n’est certainement pas lui qui s’adaptera aux autres mais bel et bien aux autres de s’adapter à lui ; à ce titre on assiste au fil des page à l’évolution de sa relation avec sa logeuse Mme Rogers. Un homme déterminé à partir comme il a vécu : la tête haute.
Concernant ladite logeuse, Madame Rogers, il ne faut pas se fier aux apparences, c’est un petit bout de femme au caractère bien trempé, contrairement à ce que l’on pourrait penser de prime abord. Dommage qu’elle traîne un boulet comme Gillom, son bon à rien de fils.
Un western profondément humain,servi par un roman court mais intense.

MON VERDICTjd4d

Pour la petite histoire le roman a été adapté pour le cinéma dès 1976 par Don Siegel sous le titre, Le Dernier Des Géants, avec dans le rôle de J.B. Books, John Wayne qui incarnera pour l’occasion son dernier grand rôle, un rôle qu’il est à même de comprendre dans toute sa splendeur, étant lui même atteint d’un cancer au moment du tournage.

[BOUQUINS] Ellen Urbani – Landfall

E. Urbani - LandfallIl aura fallu un Book Club pour qu’enfin je me décide à extraire ce Landfall des tréfonds de mon Stock à Lire Numérique. Et pourtant ça faisait quelque temps déjà que le roman d’Ellen Urbani avait rejoint ledit stock, mais je reviendrai plus tard sur le sujet.
Un matin de septembre 2005, Rose fait route vers La Nouvelle-Orléans avec sa mère, Gertrude. Elles vont porter secours aux sinistrés de Katrina. Mais sur la route, leur voiture quitte la chaussée et percute une jeune fille. Cette inconnue, tuée sur le coup, seule et sans le moindre papier d’identité, ne tarde pas à obséder Rose, unique rescapée après l’accident…
De Gallmeister je connais surtout les bouquins de type nature writing mais je n’ai aucun a priori contre l’éditeur, d’autant je n’ai jamais été déçu par les titres que j’ai lu. Et pourtant je n’aurai de prime abord pas accordé un regard à Landfall. Un titre abstrait voire abscons, une auteure dont je n’avais jamais entendu parler et surtout une couv’ qui tire sur le rose fuchsia. De quoi mettre tous mes signaux d’alarme en alerte maximale !
Mais alors comment a-t-il atterri dans mon Stock à Lire Numérique me demanderez-vous ? Ca a commencé par un billet élogieux d’une fée nommée Stelphique, créature bloguesque je suis depuis déjà un moment avec plaisir. Puis il y a eu le coup de coeur d’une certaine Belette Cannibale dont je suis un fidèle suiveur. Enfin le roman a été l’heureux élu du Book Club de juin 2016 (je n’en dirai pas plus, vous connaissez la règle n°1 : on ne parle du Fight Club). Et voilà comment j’en suis arrivé à le lire.
Alors, heureux ? Et comment ! Totalement sous le charme de ce bouquin. C’est la deuxième fois ce mois-ci (après Les Maraudeurs) que je m’aventure dans l’après Katrina et à chaque fois j’en sors complètement boulversifié ! Un roman plein d’humanité qui parvient à éviter tout sentimentalisme mièvre pour nous prendre aux tripes et au coeur ; à ce titre l’écriture est d’une incroyable justesse.
J’avoue sans complexe que dans les premières pages j’ai été plutôt sceptique, ne comprenant pas vraiment où l’auteure voulait nous emmener. Mais rapidement on se prend au jeu, on est sous le charme de ses deux jeunes filles finalement pas si différentes que ça (si ce n’est que l’une est morte alors que l’autre respire la santé… on va pas pinailler pour un détail aussi insignifiant).
Au fil des chapitres on alterne entre Rose et Rosy (la jeune victime). On découvre peu à peu leur parcours réciproque au sein de deux univers diamétralement opposés. Deux jeunes filles qui partagent comme point commun le fait d’avoir été élevées par des mères célibataires, de fait on partage aussi les relations mères-filles unissant Rose/Gertrude et Rosy/Cilla. Quatre personnages haut en couleurs et deux relations différentes.
Tout n’a pas été rose pour Rosy, avant, pendant et après Katrina, elle a dû, avec puis sans Cilla, traverser des heures sombres, puis l’enfer. Difficile de rester de marbre face au courage et à la détermination dont elle fait preuve, on lui pardonnera aisément d’avoir envie baisser les bras dans les moments les plus difficiles. Il faut dire aussi que la description des conditions de survie au coeur et après l’ouragan sont d’un réalisme glaçant, pas surprenant venant d’une auteure ayant une spécialisation dans les traumatismes liés à la survie (en plus de deux années au sein des Peace Corps).

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Tom Cooper – Les Maraudeurs

T. Cooper - Les MaraudeursBorn on the Bayou chantait John Fogerty (oublions la très quelconque reprise de Francis Cabrel, Né dans le Bayou) ; une mélodie plutôt joyeuse emplie de nostalgie. Tout le contraire du Bayou qui sert de toile de fond au roman de Tom Cooper, Les Maraudeurs. L’hymne du Bayou ressemblerait davantage à Noir c’est noir. A la décharge de ses habitants notre bayou s’est pris de plein fouet l’ouragan Katrina en aôut 2005, une catastrophe naturelle qui a laissé des cicatrices indélébiles dans le décor mais aussi dans les coeurs et les âmes (1 577 morts en Louisiane). En avril 2010, la Lousiane est le premier état américain touché par la marée noire suite à l’explosion de Deepwater Horizon, la plate-forme pétrolière exploitée par BP ; une catastrophe économique sans précédent pour le premier état producteur de crevettes aux USA (sans parler des conséquences écologiques et environnementales).
À Jeanette, en Louisiane, on survit tant bien que mal grâce à la pêche, de génération en génération, mais depuis le passage de l’ouragan Katrina rien n’est plus pareil. Et quand la marée noire vient polluer les côtes, les habitants sont de nouveau confrontés au pire…
Le bouquin est construit selon le principe des PoV (Point of View) popularisé par Le Trône De Fer ; chaque chapitre se concentre sur un personnage phare de l’intrigue. Par ordre d’apparition, nous ferons connaissance avec :
– Les frères Toup, des jumeaux, charmants agriculteurs, un tantinet psychopathes qui vivent de la culture à grande échelle de cannabis qu’ils font pousser dans les marais.
– Lindquist, un pêcheur manchot qui passe le peu de temps libre dont il dispose à courir après le supposé trésor du flibustier Jean Lafitte ; quand il n’est pas défoncé par l’alcool et les médocs.
– Wes Trench, un ado résigné à vivoter de la pêche à la crevettes, mais déterminé à prendre ses distances avec son père acariâtre.
– Cosgrove & Hanson, deux losers bien déterminés à devenir riches, de préférence en faisant le minimum d’efforts… Et tant pis si leur business n’est pas franchement légal.
– Grimes, mandaté par la BP suite à la marée noire afin de convaincre les habitants d’accepter un règlement à l’amiable via une indemnisation minable.
C’est quasiment par hasard que ces personnages vont se croiser, se lier d’amitié, se détester ou même se traquer. La tension monte crescendo dans la moiteur hostile du Bayou.
Pour un premier roman, Tom Cooper signe une oeuvre magistrale, une fois que vous aurez plongé dans le Bayou en compagnie de ses personnages, déglingués et malmenés, vous ne pourrez plus lâcher le bouquin. Non que ce soit un condensé d’action, mais juste par vous serez possédé par le Bayou et ses habitants ; vous aurez de partager ses tranches de vie, que vous aimiez ou que vous détestiez le personnage auquel le chapitre est dédié. Les lecteurs du Trône De Fer comprendront sans mal ce que je veux dire par là, pour les autres je vous invite à vous lancer dans cette expérience.
Un roman qui par son ambiance n’est pas sans me rappeler la recueil Chiennes De Vie de Frank Bill, un bouquin qui m’avait bien pris aux tripes lors de sa lecture. Si ces tranches de vie, qu’elles se déroulent dans l’Indiana ou en Louisiane, sont pour nous des histoires fictives, il ne faut pas perdre de vue que pour certains elles sont le reflet de leur triste réalité. C’est sans doute cet ancrage dans le monde réel qui rend ce type de bouquin particulièrement percutant. Un régal à lire mais on garde un arrière goût de bile dans la gorge. Bravo et merci monsieur Cooper.

MON VERDICT
jd5Coup double

[BOUQUINS] Gillian Anderson & Jeff Rovin – Visions De Feu

G. Anderson & J. Rovin - Earthend 1C’est curieux mais pas franchement convaincu que je me suis lancé dans Visions De Feu, premier opus de la trilogie Earthend, signé à quatre mains par Gillian Anderson et Jeff Rovin.
Alors que la tension monte dangereusement entre l’Inde et le Pakistan autour du Cachemire, le Dr Caitlin O’Hara est appelé au chevet de la fille de l’ambassadeur Pawar, Maanik. Témoin d’une tentative d’assassinat contre son père, la jeune fille a des absences de plus en plus fréquentes. Caitlin O’Hara réfute rapidement le stress post traumatique, mais pour aider Maanik elle va devoir renoncer à toutes ses certitudes…
Au final la surprise fut plutôt bonne même si ce n’est certainement LE livre de l’année, l’intrigue est maîtrisée, ça commence en douceur (mais sans longueurs) pour gagner progressivement en intensité et en rythme. Mes doutes initiaux ont été rapidement balayés et j’ai pu profiter pleinement du roman.
Un thriller ésotérique fortement imprégné de fantastique (les tomes suivants devraient l’être encore davantage), laissez au vestiaire la part cartésienne de votre esprit et laissez vous guider par les auteurs. La ballade vaut le détour.
J’ai bien aimé le personnage de Caitlin, une femme ordinaire confrontée à une situation extraordinaire, une scientifique confrontée à une réalité qui défie toute logique et rigueur scientifique. Docteur en psychologie spécialisée dans les enfants et adolescents en difficulté, elle s’investit pleinement dans un boulot au service des autres. Idem dans sa vie personnelle, séparée de son ex, elle élève seule un petit garçon sourd ; une relation fusionnelle unit la mère et son fils.
Dommage que les autres personnages paraissent un peu fades au vu de l’attention portée à Caitlin. Je pense notamment à Ben, ami et complice de Caitlin, qui va se retrouver impliqué jusqu’au cou dans ce dossier. Il aurait mérité une personnalité un peu moins floue.
Puisque j’en suis aux bémols autant continuer sur ma lancée. J’ai trouvé que plusieurs dialogues manquaient de naturel ; mais c’est peut être juste une question de ressenti personnel. En tout état de cause ce n’est pas comme ça que je réagirai face à la même situation.
Ceci dit, et je le répète, le bouquin mérite que l’on s’y attarde. Le style sans fioritures permet de plonger en totale immersion dans le récit. De par sa construction l’intrigue transforme vite le roman en un véritable page-turner tant l’envie de connaître la suite se fait pressante.
Une mise en bouche réussie qui me donne envie de découvrir le second opus, Rêves De Glace. Beaucoup de questions restent en effet en suspend ; notamment concernant le mystérieux Groupe. J’espère juste que le troisième et dernier tome ne tardera pas trop à sortir et à être traduit.
Pour conclure, et faire taire les mauvaises langues, Gillian Anderson n’a pas fait office de prête nom dans la conception de la trilogie, elle s’y est investie à fond et a activement participé à sa rédaction. Une collaboration efficace et réussie.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Chuck Palahniuk – Orgasme

X-rated

C. Palahniuk - OrgasmeEt hop nouvelle escapade dans le sulfureux monde de la littérature érotique, et plutôt bien accompagné sur ce coup puisque l’auteur n’est autre que Chuck Palahniuk et son dernier roman, Orgasme. Tout un programme !
Penny Harrigan est stagiaire dans un cabinet d’avocats quand elle rencontre, dans des circonstances peu flatteuses pour elle, Linus Maxwell, un milliardaire qui vient de rompre avec sa dernière conquête. Contre toute attente il l’invite à dîner, de fil en aiguille leur relation se transforme en liaison. Avec lui elle va découvrir l’extase sexuelle, l’orgasme, sous ses multiples facettes…
Le moins que l’on puisse dire c’est que ce bouquin est pour le moins déconcertant, certes ça ne manque pas d’orgasmes mais ils sont traités comme des expériences scientifiques avec une rigueur totalement déshumanisée. Pas de place pour les sentiments, Penny devient la femme objet par excellence, un terrain d’expérimentation de sex-toys divers et variés. Pas franchement excitant tout ça. Et encore moins romantique.
A titre d’exemple voilà le genre de discours que peut tenir Maxwell : « Ne le prends pas mal, reprit-il à voix basse. Mais regarde-moi un peu ça. Tu as un vagin de compétition. Tes grandes lèvres sont parfaitement symétriques. Ton raphé est sublime. Le frein de ton clitoris et celui des petites lèvres… » Il semblait à court de mots. Il avait la main sur le cœur et poussait de longs soupirs. « D’un point de vue biologique, les hommes raffolent d’une telle homogénéité. Les proportions de tes parties génitales sont idéales. » Pour le commun des mortels ça se résumerait à un laconique : « J’adore ta chatte« …
De part son découpage aussi le bouquin est surprenant, mise en page minimaliste, aucun chapitrage, juste des sauts de lignes çà et là pour séparer les paragraphes. A force de passer de coq à l’âne on a parfois l’impression d’avoir sauté des pages, mais non. Les premières lignes vous mettront tout de suite dans le bain, Penny se fait violer en pleine audience au tribunal, dans l’indifférence générale. Ensuite flashback, on va peut être comprendre ce qui peut expliquer ce type de situation… ou pas.
A noter qu’en VO le titre est moins racoleur qu’en français, Beautiful You, tout simplement, en référence à la gamme de jouets sexuels que va diffuser Maxwell. De même la couverture est moins criarde… mais bon, le résultat est le même.
Il faut aborder le bouquin avec une bonne dose de second degré et le considérer comme une parodie poussée à l’extrême de la déferlante soft-porn spécial ménagère de moins de 50 ans qui fait la joie de ces dames, des libraires et des éditeurs. Franchement le sex-toy comme arme de domination massive ça le fait pas trop niveau crédibilité…
Grosso modo le bouquin se divise en trois parties. On commence par l’initiation de Penny, phase qui implique des expérimentations de plus en plus poussées en vue d’obtenir des orgasmes de plus en plus intenses. Puis il y a la commercialisation des produits Beautiful You et ses conséquences (un peu beaucoup too much). Enfin on assiste à la riposte de Penny qui va affronter son mentor sur son terrain de prédilection (déçu par cette dernière partie et la fin).
A travers son récit abracabrant Chuck Palahniuk nous livre aussi une satire au vitriol de la société de consommation dans laquelle la course au plaisir semble être l’unique raison d’être de certains. Une société qui rend les produits obsolètes prématurément à grand renfort de nouvelles versions, toujours plus performantes… et toujours plus chères que les précédentes.
Exciter la libido masculine a toujours été une stratégie marketing, et ce quel que soit le produit à promouvoir : « Pour vendre telle marque de bière, les médias n’avaient besoin que de montrer des corps féminins idéalisés, et les acheteurs masculins mordaient à l’hameçon. Si cette tactique vieille comme le monde donnait l’impression d’exploiter les femmes et de flatter bassement les appétits masculins, des observateurs avisés avaient vu combien l’esprit des hommes intelligents – leurs idées, leur capacité de concentration, de compréhension – était constamment anéanti par la simple vue d’une poitrine attirante ou de cuisses fermes et lisses. »
J’attendais beaucoup de cette incursion de Chuck Palahniuk dans la littérature érotique (ça reste un bouquin réservé à un public averti), si le style et bel et bien là, l’intrigue vire trop vite à la farce burlesque. Je n’ai que moyennement adhéré, l’orgasme littéraire ne fut pas au rendez-vous.

MON VERDICT
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Jim Thompson – Pottsville, 1280 Habitants

J. Thompson - Pottsville, 1280 habitantsCa fait un bail que je connais, de nom et de réputation, le roman Pop. 1280 (titre en VO) de Jim Thompson et ça fait certainement tout aussi longtemps qu’il me fait de l’oeil. Seulement voilà le public français devait jusqu’à présent se contenter d’une traduction tronquée (pour être poli) disponible dans la collection Série Noire sous le titre 1275 Âmes. Il aura fallu attendre 2016 (soit 50 ans après la traduction SN) pour bénéficier enfin d’une traduction intégrale de ce titre considéré comme un chef d’oeuvre du roman noir, c’est Rivages qui a repris le flambeau et nous le propose sous le titre Pottsville, 1280 Habitants.
Nick Corey, shérif du comté de Pottsville, est un gars plutôt effacé et passif, ne surtout pas faire de vague semble être sa devise. Seulement voila, à force de se la couler douce sa réélection au poste de shérif pourrait bien être compromise. Comme il ne sait rien faire d’autre Nick décide de prendre les choses en main et de faire le grand ménage…
Alors là le moins que je puisse dire c’est que ce bouquin aura su me surprendre, je m’attendais à du noir certes mais pas à la sauce humour noir. Une surprise d’autant plus agréable qu’elle est totalement maîtrisée et assumée. Jim Thompson nous fait sourire, et même rire, avec un récit délicieusement amoral, une farce aussi cruelle que drôle.
Nick Corey est la parfaite illustration du dicton « Il faut se méfier de l’eau qui dort« . Sous ses airs de benêt inoffensif dont la sempiternelle rengaine semble être « Ce que je devais faire, j’ai décidé que j’en savais rien.« , se cache un redoutable calculateur… même si parfois la situation lui échappe, il ne tarde pas à trouver un moyen de retomber sur ses pattes.
A sa décharge Nick vit avec une épouse acariâtre qui lui a mis la corde au cou de la façon la plus déloyale qui soit. Cerise sur le gâteau il doit aussi supporter son beau frère, un espèce de dégénéré consanguin qui profite de ses escapades nocturnes pour jouer les voyeurs. Avec une telle paire de branques à la maison on comprend qu’il ressente le besoin d’aller trouver le réconfort entre d’autres paires de bras… et de cuisses. Même si courir plusieurs lièvres à la fois peut parfois s’avérer casse gueule : « Depuis toujours, je me montre aussi aimable et aussi poli qu’on peut l’être. Ce que je crois, c’est que si un type est gentil avec tout le monde, eh bien, les gens seront gentils avec lui aussi. Mais ça ne marche pas comme ça à tous les coups. La plupart du temps, apparemment, je me retrouve dans le pétrin, comme en ce moment. Et je ne sais vraiment pas comment en sortir. »
Bien qu’écrit en 1964, l’auteur situe son intrigue au début des années 20, hormis quelques détails techniques le récit est totalement intemporel ; il pourrait parfaitement se dérouler de nos jours au fin fond de la cambrousse. Sur ce point je tire mon chapeau à Jean-Paul Gratias qui a complètement remanié la traduction du roman, le bouquin (270 pages dans sa version papier) se lit quasiment d’une traite avec la même jubilation.

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

A propos de la traduction.

D’autres ont déjà abordé le sujet avec pertinence, je ne m’aventurerai donc pas sur ce terrain. Pour ceux et celles que ça intéresse je vous indique deux liens très instructifs :
– Le blog de Cannibal Lecteur et un article fort bien construit sur le sujet.
– Un article paru dans L’Express en octobre 2012

Si après ça vous avez encore des doutes voici deux exemples concrets extraits des versions 1966 et 2016 du roman de Jim Thompson.

Chapitre 1 – Texte remanié

Traduction 1966 – Marcel Duhamel
Eh ben, mes enfants, je devrais l’avoir belle. Être peinard, ce qui s’appelle. Tel que vous me voyez, je suis le shérif en chef du canton de Potts, et je me fais pas loin de deux mille dollars par an — sans compter les petits à-côtés. En plus, je suis logé à l’œil au premier étage de l’immeuble du tribunal, et il faudrait être bougrement difficile pour pas se contenter de ça: il y a même une salle de bains, ce qui fait que j’ai pas à me laver dans une lessiveuse ni à patauger jusqu’au fond du jardin pour aller aux cabinets, ce qui est le cas de la plupart des habitants de ce pays. Moi, mon paradis, je peux dire que je l’ai sur terre. Un vrai filon, que je tiens là, et pourquoi je continuerais pas à faire ma pelote, du moment que je m’occupe de mes oignons et que je prends bien garde de n’arrêter personne, à moins que je puisse pas faire autrement — et encore, à condition que ça ne mène pas loin !

Traduction 2016 – Jean-Paul Gratias
Tout compte fait, voyez-vous, je devrais m’estimer heureux, pratiquement aussi heureux qu’on peut l’être. Rendez-vous compte : en tant que shérif en chef du Comté de Potts, je touche presque deux mille dollars par an – sans parler des à-côtés que je peux récolter par-ci par-là. En plus, j’ai droit à un logement gratuit dans le bâtiment du tribunal, à l’étage, et dans le genre on ne peut pas rêver mieux ; il y a même une salle de bains, si bien que je ne suis pas obligé de me laver dans un baquet à lessive ni de sortir de chez moi pour aller aux cabinets, comme la plupart des gens de la ville. On pourrait dire, je crois bien, que pour ma part j’ai déjà gagné mon paradis sur terre. J’ai décroché la timbale, et je devrais pouvoir la garder – en tant que shérif du Comté de Potts – aussi longtemps que je m’occuperai de mes affaires, et que j’éviterai d’arrêter qui que ce soit, sauf si je ne peux pas faire autrement et qu’il s’agit de gens sans importance.

Chapitre 2 – Texte coupé

Traduction 1966 – Marcel Duhamel
Je finis de manger et je vais à la toilette des hommes. Comme elle est occupée, je vais à celle du wagon suivant. Là, je me lave les mains et la figure à l’évier, après quoi je retourne à ma place. Et voilà qu’en retraversant le wagon, je repère Amy Mason.

Traduction 2016 – Jean-Paul Gratias
Je finis de manger et je me rends aux toilettes pour hommes. Je me lave les mains et le visage au lavabo, et je salue d’un signe de tête le type qui est assis sur la banquette recouverte de cuir.
(S’en suit un échange entre Nick et le type en question, jusqu’à ce que Nick, tiraillé par son envie de pisser ne prenne la tangente. Un passage qui permet de comprendre à quel point Nick ne veut surtout pas faire de vague)
Je m’engouffre dans l’autre wagon pour me soulager – et croyez-moi, c’est un sacré soulagement. C’est en reprenant le couloir dans l’autre sens, à la recherche d’une place libre pour ne pas retomber sur le type en costume à carreaux, que je repère Amy Mason.

[BOUQUINS] Stephen King – Carnets Noirs

S. King - Carnets noirsUn nouveau roman de Stephen King est toujours un événement très attendu par ses nombreux, qui plus est quand celui-ci est présenté comme la suite du très convaincant, Mr Mercedes. Mes lectures en cours m’ont empêché de me ruer dessus dès son achat, mais c’est désormais chose faite et je peux vous livrer mes impressions sur Carnets Noirs, second opus de la trilogie Bill Hodges.
1978. Morris Bellamy abat froidement John Rothstein, un écrivain à succès à la retraite. Son mobile : il n’ pas du tout aimé ce que Rosthein a fait de son personnage fétiche, Jimmy Gold. Avec ses deux complices ils embarquent le contenu du coffre-fort de l’écrivain, de l’argent et des manuscrits inédits.
2009. Peter Saubers, un adolescent dont les parents doivent faire face à de grosses difficultés financières et ne cessent de se disputer, trouve par hasard l’argent et les manuscrits. l’argent lui apparaît comme une manne pour sortir ses parents du gouffre.
Cette suite n’en est pas vraiment une puisqu’elle commence plus de trente ans avant que le Tueur à la Mercedes ne fasse un carnage à la foire de l’emploi du City Center. Puis les événements se télescopent (le père de Peter sera grièvement blessé au City Center). Tout cela fait l’objet de la première partie du roman. Les seconde et troisième partie se passent après que Brady Harstfield ait été neutralisé.
Pas vraiment une suite mais si vous souhaitez lire la trilogie je vous recommande de la prendre dans l’ordre de parution, de nombreux éléments décisifs de Mr Mercedes sont révélés dans ce second opus, le lire avant son aîné gâcherait sérieusement l’effet de surprise (voire même le plaisir, tout simplement). Sinon vous avez toujours l’option de lire Carnets Noirs en faisant l’impasse sur Mr Mercedes (ce qui serait un gâchis selon moi, mais c’est vous qui voyez).
On retrouve bien entendu Bill Hodges, devenu détective privé, qui va devoir prendre les choses en main afin de découvrir, à la demande de Tina, la petite soeur de Peter, ce qui semble tant inquiéter son frère. Il pourra (et c’est plutôt une bonne surprise pour les lecteurs de Mr Mercedes) compter sur l’aide ses complices, Holly, embauchée en tant qu’assistante de Bill, et Jerome, de retour à la maison pour les vacances d’été. Un trio atypique toujours aussi efficace que complémentaire.
Parmi les nouveaux venus j’ai beaucoup aimé Peter et Tina, les enfants Saubers. Pour faire face aux coups durs ils ont développé une relation quasi fusionnelle, à tour de rôle (Peter plus souvent que Tina, grand frère oblige) ils se protègent et se couvrent. Par moments ils apparaissent même plus matures que leurs parents, trop empêtrés dans leurs propres emmerdes pour faire réellement attention à leurs enfants.
Par contre je n’ai pas ressenti la moindre once d’empathie pour le personnage de Morris Bellamy. Au mieux j’ai été indifférent à ce qui pouvait lui arriver, au pire (le plus souvent) j’ai pris un malin plaisir à le détester chaque fois un peu plus que la précédente.
Comme d’hab le King maîtrise à la perfection son intrigue, il fait prendre la sauce lentement mais sûrement, puis nous impose un rythme de plus en plus soutenu. Une fois que vous aurez entamé la troisième et dernière partie, il vous sera impossible de refermer le bouquin avant d’en avoir lu le dernier mot.
La relation entre l’écrivain et le monde qui l’entoure a été au centre de nombreux romans de Stephen King. Qu’il s’agisse de l’écrivain en proie à une fan un tantinet psychotique (Misery), de l’écrivain face à sa création (La Part Des Ténèbres), l’écrivain face au blocage de la page blanche (Sac D’Os) ou encore l’écrivain et son inspiration (Histoire De Lisey). Le postulat de départ est un peu le même que pour Misery (un fan, Morris Bellamy, reproche à un auteur, John Rothstein, le sort réservé à un de ses personnages récurrents), mais les deux récits n’ont que ça en commun, vous l’aurez compris Carnets Noirs prend une toute autre direction dans le développement de son intrigue.
Inutile de vous dire qu’il me tarde de retrouver Bill Hodges. D’une part parce que Stephen King nous offre des thrillers mâtinés de noir de très haut de gamme. De l’autre du fait de la possible orientation (confrontation ?) de cet ultime opus… ce n’est que supposition de ma part et de toutes façons je ne dirai rien de plus.

MON VERDICT
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Morceaux choisis

L’une des révélations les plus électrisantes dans une vie de lecteur, c’est de découvrir qu’on est un lecteur – pas seulement capable de lire (ce que Morris savait déjà), mais amoureux de la lecture. Éperdument. Raide dingue. Le premier livre qui donne cette impression ne s’oublie jamais et chacune de ses pages semble apporter une nouvelle révélation, une révélation qui brûle et qui enivre : Oui ! C’est ça ! Oui ! Je l’avais vu aussi ! Et, bien sûr : C’est exactement ce que je pense ! C’est ce que je RESSENS !

Un bon romancier ne guide pas ses personnages, il les suit. Un bon romancier ne crée pas les événements de son histoire, il les regarde se dérouler et ensuite il les écrit. Un bon romancier finit par réaliser qu’il est secrétaire, et non pas Dieu.

[BOUQUINS] Shannon Kirk – Méthode 15-33

S. Kirk - Méthode 15-33Il est des bouquins pour lesquels j’ai un coup de foudre immédiat, une envie de les lire qui s’impose comme une évidence. Méthode 15-33 de Shannon Kirk appartient à cette catégorie, à peine le pitch parcouru que je me suis dit : « celui là il est pour moi ». Restait à savoir si la ramage serait à la hauteur du plumage…
Une jeune fille de 17 ans, enceinte de sept mois, est enlevée puis séquestrée par des hommes qui veulent lui prendre son bébé. Les ravisseurs ignorent que leur victime n’a aucunement l’intention de se laisser faire ; elle va traiter son enlèvement comme un problème scientifique et tout mettre en oeuvre pour les sauver, elle et son bébé…
Une énième histoire de kidnapping, c’est du lu et relu me direz vous, même du point de vue de la victime. Et bien non ! Shannon Kirk nous prouve avec brio que l’on peut encore faire du neuf avec du vieux, que les règles du genre peuvent être étirées, triturées et restructurées pour nous offrir une intrigue 100% originale.
Certes l’intrigue est narrée à la première personne, du point de vue de la victime. Sauf que ladite victime n’est pas une gamine terrorisée et soumise, mais une véritable surdouée dotée d’un brillant esprit scientifique et analytique. Et surtout capable de fermer les portes à toutes ses émotions afin de traiter sa situation avec juste ce qu’il faut de détachement pour préparer un plan implacable.
J’ai adoré ce manque total d’empathie du personnage principal ; la froideur de ses analyses et de ses réactions sont un véritable un régal à lire. Je brûlais d’impatience de découvrir le traitement (la fameuse méthode 15-33) qu’elle réservait à ses ravisseurs.
Cerise sur le gâteau, l’auteure nous offre un second axe narratif. Toujours écrit à la première personne mais cette fois à travers le personnage de Roger Liu, un agent du FBI qui enquête sur la disparition d’une adolescente avec sa partenaire, Lola. Un duo d’enquêteurs hors norme qui mérite aussi le détour.
Pour son premier roman, l’auteure propose une intrigue hautement addictive qui ne manquera pas de jouer avec vos nerfs (forcément les choses ne se passeront pas exactement comme prévu… sinon ça ne serait pas marrant). Un récit totalement maîtrisé, de la première à la dernière ligne. Je m’attendais à du lourd, j’ai eu du très lourd. Sans la moindre hésitation je lui attribue un coup de coeur.

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

[BOUQUINS] Poppy Z. Brite – Le Corps Exquis

pzblceIl est des titres que j’ai envie de découvrir sans réelle conviction, juste histoire de vérifier s’ils sont à la hauteur de leur réputation sulfureuse. Le Corps Exquis de Poppy Z. Brite appartenait à cette catégorie, désormais je peux partager mes impressions de lecture.
Andrew Compton est britannique, tueur en série, homo et nécrophile. Jay Byrne est américain, tueur en série, homo et nécrophage. Leur rencontre, dans les bas fonds de la Nouvelle-Orléans, va être aussi passionnée que sanguinolante…
Qu’est ce qu’il y a dans ce pitch susceptible de me faire vibrer ? A part le fait qu’il s’agisse d’une histoire de tueurs en série, rien. Rien de rien ! J’assume totalement mon hétérosexualité donc une histoire d’amour entre deux mecs pervers (et Dieu sait qu’ils ne manquent pas de perversité), au mieux je passe mon tour, au pire ça me laisse de marbre. Baiser ou bouffer les morts ? Merci mais je crois que je vais passer mon tour. Courage mon gars, faut pas mourir idiot !
C’est donc pas franchement convaincu que je me suis lancé… et c’est toujours aussi peu convaincu que j’ai refermé ce bouquin (sans toutefois avoir renoncé en cours de route).
Malsain ce bouquin ? Même pas. Juste ultra gore et trash, souvent plus qu’il n’eut été nécessaire, à se demander si l’auteur(e) ne se complaît pas dans la surenchère. Il faut plus que ça pour me choquer mais le trop plein de descriptions finit par se faire au détriment du rythme et de l’intrigue.
Intrigue ? Hmouais faut le dire vite… Pour qu’il y ait intrigue il faudrait un minimum de suspense, en l’occurrence on flirte avec un taux zéro niveau adrénaline. A part peut être sur la fin, et encore ça manque tellement de crédibilité que ça en devient pathétique.
Bon alors quid des personnages ? Andrew et Jay sont de purs produits psychotiques qui accumulent les clichés du genre, résultat des courses on atteint là encore un taux zéro, mais niveau crédibilité cette fois. Et les autres ? D’un côté on a Luke, homo baroudeur séropositif qui vomit son hétérophobie sur une radio pirate. De l’autre Tran, un jeune viet homo, ex-amant de Luke, rejeté par sa famille qui vivote tant bien que mal… Tout un programme ! Ah oui, au cas où vous ne le sauriez pas, la Nouvelle-Orléans semble peuplée à 99% par des homos. Hé hé, que voilà une info qui ne figure pas dans le guide du routard !
Est-il nécessaire de vous dire que le côté romantique / érotique / pornographique (rayez les mentions inutiles) ne m’a aucunement convaincu ? Là encore encéphalogramme (et accessoirement bandogramme) plat… Je suis (sans surprise) définitivement hermétique au gay porn.
Ajoutez à tout ça un style très quelconque, vous aurez alors un bilan exhaustif de mon ressenti. Une lecture sans grand intérêt, parfois même chiante… S’il évite le zéro pointé c’est uniquement par sa noirceur et son amoralité, mais ce n’est pas suffisant pour lui accorder la moyenne.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Stephen King & Joe Hill – Dans Les Hautes Herbes

skjhdlhhJe reste dans le format court même si la nouvelle n’est pas mon genre de prédilection (loin s’en faut), mais bon difficile de dire non à un inédit de Stephen King, co-écrit avec Joe Hill, Dans Les Hautes Herbes a été publiée en 2012 mais reste inédite en Français, un grand merci donc à Mikoto Eikichi qui nous offre une fan trad maison… en attendant une éventuelle traduction officielle.
Cal et Becky sont frère et soeur. Alors qu’ils sont en route pour aller habiter chez leur tante ils entendent un appel au secours d’un enfant. Les cris répétés viennent d’un champs de hautes herbes. Sans la moindre hésitation les deux jeunes s’aventurent dans le champs…
Un frère et une soeur, on reste dans le thème de 13 à Table. Si on considère ce récit comme notre treizième convive et le digestif alors autant vous dire de suite que c’est quelque chose de vachement fort, un truc qui arrache la gueule et vous fout le feu aux tripes. Le King et son fiston nous offrent en effet un récit bien trash et glauque… donc jouissif pour les amateurs !
Les fans du King se souviennent (ou se souviendront) sûrement de la nouvelle, Les Enfants Du Maïs paru dans le recueil Danse Macabre (1978, ça ne nous rajeunit pas). Même s’il y a certaines similitudes, Dans Les Hautes Herbes est bien plus qu’une simple resucée de son aînée ; elle propose en effet sa propre originalité (au vu de la qualité du récit on pourrait presque dire sa propre identité) et une ambiance bien plus glauque. L’intrigue, parfaitement maîtrisée, vous prendra aux tripes mais vous ne pourrez plus lâcher votre liseuse avant de connaître le fin mot de l’histoire.
Sans être irréprochables la traduction et la mise en page sont correctes, à aucun moment la lecture pique les yeux. Les plus maniaques (dont je suis) corrigeront via Sigil les coquilles et imperfections croisées çà et là. Je renouvelle donc mes remerciements à ceux qui nous permettent de découvrir cet inédit écrit à quatre mains. Une pièce de choix !

MON VERDICT
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