[TV News] Game Of Thrones – Saison 5

GoT - Saison 5Il nous aura fallu deux soirées pour visionner la cinquième saison de Game Of Thrones.
Tyrion, régicide et parricide, est en route vers Meereen où il espère convaincre Daenerys qu’il peut lui être utile dans sa conquête de Westeros. De son côté Daenerys doit faire face à un ennemi invisible, les Fils de la Harpie, qui multiplie les attaques contre ses troupes.
A Westeros justement, Stannis et ses troupes quittent le Mur, le roi autoproclamé est bien déterminé à marcher sur Winterfell afin d’affirmer son emprise sur le Nord. Après le départ des armées de Stannis, Jon Snow réalise plus que jamais que les effectifs de la Garde de Nuit ne pourront contenir un assaut des Marcheurs Blancs. Il doit impérativement trouver un moyen de renforcer les rangs…
Voilà grosso modo ce qui nous attend au fil de cette cinquième saison, et encore je fais volontairement l’impasse sur d’autres niveaux de l’intrigue. D’une part parce que, comme d’hab, elle est beaucoup trop dense pour être résumée en quelques lignes. D’autre part afin de préserver l’effet de surprise.
Ayant lu le cinquième opus du Trône De Fer il y a peu, j’ai été frappé par les différences de plus en plus marquées entre le roman et la série TV. Différences qui concernent même parfois des personnages phares de l’histoire. Le fait est qu’à partir de la prochaine saison les lecteurs n’auront plus d’éléments de comparaison, ils découvriront a posteriori les différentes évolutions enre la série TV et le roman.
Vous le savez sans doute, GRR Martin n’est pas tendre avec ses personnages, bon nombre d’entre eux connaissent un destin aussi funeste que brutal. Dans la série des rescapés se voient trucidés, pas des personnages majeurs (quoique… mais je ne donnerai aucun nom). D’autres sont confrontés à un destin plus cruel dans la série que dans le roman, je pense notamment à Sansa Stark.
Par bien des aspects cette cinquième saison m’a donné l’impression d’être une version light du roman, l’idée étant sans doute de privilégier le rythme (même si certains absents me laissent perplexes). Au niveau rythme le pari est amplement réussi, les dix épisodes s’enchaînent sans le moindre temps mort.
De nouvelles têtes apparaissent, quasiment toutes en provenance de Dorne. L’occasion de découvrir que Myrcella, la fille de Cersei et Jaime, a bien grandi et que sa nouvelle vie à Dorne semble lui réussir. Mais surtout de faire la connaissances des Aspics des sables, trois des filles de Oberyn Martell, qui souhaitent venger la mort de leur père.
Cette cinquième saison aura aussi été source d’un instant plaisir sadique, dans les derniers épisodes, un personnage hautement nuisible subit une humiliation qui fait plaisir à voir… même si elle ne revêt aucun caractère définitif (genre décapitation ou autre joyeuseté morbide).
[Attention spoiler…] Quelques scènes de cette cinquième saison ont fait polémique, notamment le final qui voit Jon Snow tué par ses frères jurés. J’ai un peu de mal à comprendre les raisons de tout ce remue-ménage, la scène étant présente, quasiment à l’identique, dans le roman. Alors mort de chez mort ou temporairement mort ? Telle est la question… Et à l’heure d’aujourd’hui, seul GRR Martin semble en mesure d’y répondre, envers et contres toutes les théories qui circulent çà et là. [Fin de l’Alerte spoiler…]

Anonyme – Le Pape, Le Kid Et L’Iroquois

Anonyme - Le Pape, le Kid et l'IroquoisEt hop encore un invité surprise au programme de mon Challenge retrouvailles, ou plutôt deux invités surprises et de taille… Il s’agit en effet de la rencontre, forcément explosive, entre le Bourbon Kid et l’Iroquois que nous narre notre Anonyme préféré dans Le Pape, Le Kid Et L’Iroquois.
Le Pape doit participer à une soirée de gala organisée par la section ultra secrètes des Opérations fantômes, une menace de mort à l’encontre du souverain pontife signée par l’Iroquois risque fort de ternir la fête. Le Bourbon Kid et une équipe de chasseurs de primes vont tout faire pour contrecarrer les plans de l’Iroquois. Et pendant ce temps là, une bande de malfaiteurs projette aussi de gâcher la petite sauterie pontificale…
J’attendais beaucoup, trop sans doute, de la rencontre entre le Bourbon Kid et l’Iroquois, mais au final je pose le bouquin avec un sentiment mitigé, même si la balance penche davantage vers le positif.
Commençons par la distribution des mauvais points. Autant Le Livre Sans Nom était novateur, autant les romans suivants ont complété la saga en se contentant de surfer sur la vague sans grande originalité. Avec Psycho Killer l’auteur changeait de contexte et pouvait donc laisser libre cours à son imagination débridée. La rencontre des deux univers est juste un brin too much, ça frôle parfois la parodie.
Mon plus grand regret reste le traitement réservé au Bourbon Kid, on le découvre membre des Dead Hunters sans un mot d’explication sur le pourquoi du comment. Qui plus est, tout au long de l’intrigue il est laissé en arrière plan et ses interventions ressemblent à des caricatures de lui même.
Du côté des bons points j’ai apprécié de retrouver les personnages des deux univers, Rodeo Rex et Elvis du côté du Bourbon Kid, Jasmine, Bébé et Jack Munson pour l’Iroquois. Les nouveaux visages sont tout aussi hauts en couleurs, chez les méchants de service vous croiserez Mozart, le Dr Jekyll et Frankenstein… que du lourd ! Sans oublier le pape, qui est l’un des enjeux de ce roman.
L’intrigue est, sans surprise, aussi décalée que déjantée, bourrée d’action mais aussi ponctuée d’un humour bien grinçant, servi par des répliques cinglantes qui font mouche à tous les coups. Bref, malgré un arrière goût de déjà-vu, c’est toujours aussi jouissif à lire. Fidèle à son habitude, l’auteur multiplie les clins d’oeil au cinéma.
Je terminerai cette chronique en précisant que notre Anonyme préféré mérite pleinement son nom, sa véritable identité est toujours un mystère… Bien des noms ont circulé sur le Net, de Quentin Tarantino à David Bowie, mais le mystère reste entier…

MON VERDICT
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[BRD] Avengers – L’Ere D’Ultron

av2ultrUne petite pause cinéphile bienvenue (et surtout très attendue) hier soir avec au programme Avengers – L’Ere D’Ultron de Joss Whedon.
Tony Stark (Robert Downey Jr) et Bruce Banner (Mark Ruffalo) travaillent en secret sur l’élaboration d’un programme d’Intelligence Artificielle destiné à riposter à tout nouvel assaut massif ennemi. Mais le projet leur échappe quand Ultron (James Spader), le module d’IA, échappe à leur contrôle et décrète que les pires ennemis de l’humanité sont les Avengers…
Commençons par enfoncer les portes ouvertes en énumérant quelques évidences. Etant un inconditionnel de l’univers Marvel j’ai trouvé que le film était une totale réussite. L’intrigue est prenante à souhait, bourrée d’action mais aussi de petites touches d’humour. Les effets sont bien entendus bluffant par leur qualité.
Les Avengers « traditionnels » verront leur rang se renforcer par Quicksilver (Aaron-Taylor Johnson) et Scarlet Witch (Elizabeth Olsen), puis, plus tard par La Vision (Paul Bettany). J’avoue avoir été intrigué par ce dernier personnage, j’ai hâte de le retrouver afin de suivre son évolution.
Alors que l’intrigue du premier volet se déroulait quasiment exclusivement à Manhattan, cette fois la traque d’Ultron amènera les Avengers à parcourir le monde. Une trouvaille sympathique qui évite tout sentiment de déjà-vu (je vous rassure le scénario vous réserve bien des surprises qui vous scotcheront à l’écran).
Le film a bénéficié d’un budget de 250 millions de dollars et le résultat se voit à l’écran, Disney réussit un joli jackpot puisqu’à ce jour le box office mondial affiche plus de 1.4 milliards de dollars.
Au départ ce second volet des Avengers devait clore la phase 2 des adaptations Marvel, finalement ce sera Ant Man qui fera de conclusion. Il n’en reste pas moins que l’on sent les prémices de la période Civil War avec les divergences de vues opposant Iron Man à Captain America.
Ca tombe bien puisque justement la phase 3 s’ouvrira en 2016 avec Captain America – Civil War. Une phase qui comptera des suites (Thor – Ragnarok et Les Gardiens De La Galaxie 2) mais aussi et surtout la présentation de nouveaux héros (dont l’intégration de Spiderman au sein des Avengers).
Phase trois qui devrait se clore avec Avengers – Infinity War, prévu en deux volets pour 2018 et 2019. A priori, au vu du final de ce second volet (sans parler des nouveaux personnages introduits par la phase 3), l’équipe des Avengers devrait être partiellement remaniée.
Quoi qu’il en soit je serai fidèle au rendez-vous…

Les habitués savent que Marvel offre un ou plusieurs séquences post-générique, cette fois vous n’aurez le droit qu’à une courte (mais bonne compte tenu de l’intervenant) séquence peu après le début du générique. Après silence radio, vous pouvez éteindre votre lecteur et éjecter le disque…. A moins de vouloir lire le générique dans son intégralité !

♥♥♥♥♥

[BOUQUINS] Barry Lancet – Japantown

B. Lancet - JapantownJe reste dans l’exotisme mais nettement plus contemporain avec Japantown de Barry Lancet, un thriller publié chez Bragelonne qui se déroule entre San Francisco et Tokyo.
Jim Brodie, antiquaire et détective privé, est appelé sur un scène de crime; Sur place, cinq morts, trois adultes et deux enfants, massacré à l’arme automatique. Pas de témoin, pas d’indice, hormis un kanji qui renvoie Brodie cinq ans en arrière. Le même kanji avait été trouvé sur les lieux de l’incendie dans lequel sa femme a péri ; à l’époque la police avait conclu à un accident. Ce mystérieux kanji pourrait bien relancer l’affaire, au moins pour Brodie…
Barry Lancet signe là son premier roman et introduit le personnage de Jim Brodie, qui sera aussi le héros de son second roman Tokyo Kill. Comme son personnage, l’auteur a vécu au Japon et a épousé une japonaise qui n’a, heureusement, pas connu le même sort que la femme de Jim Brodie. De fait il a eu le temps de s’imprégner de la culture et de l’Histoire du pays du soleil levant, ce que l’on ressent pleinement à la lecture de ce roman.
Toutefois ne vous attendez à une promenade zen dans les rues de San Francisco et de Tokyo ; attachez votre ceinture ça va secouer ! Dès les premières pages l’auteur affiche la couleur, il vous plonge au coeur de l’action et ça va aller crescendo sans une minute de répit. Une intrigue menée à toute berzingue et truffée de rebondissements, rien à redire Barry Lancet maîtrise les bases qui permettent de concocter un thriller haut de gamme.
Outre l’intrigue ce bouquin repose aussi sur les épaules de Jim Brodie. Curieux mélange d’antiquaire spécialisé dans l’art asiatique et de détective privé, occasionnellement appelé comme consultant pour le SFPD. Il élève seul sa fille de six ans, sa seule famille. Un type posé à qui il vaut mieux ne pas chercher de noises, le bonhomme étant adepte des arts martiaux (karaté, judo et taekwondo… avec un soupçon de combat de rue) et excellent tireur. Présenté comme ça on serait tenté de supposer que nous sommes en présence d’un énième détective indestructible dont raffole la littérature policière américaine ; que nenni ! Brodie est bien plus complexe et surtout profondément humain.
D’autre part Brodie n’est pas du genre à foncer tête baissée seule contre tous, il a bien conscience d’être encore novice en matière d’enquêtes sur le terrain. A San Franciso il peut compter sur le soutien du SFPD, et notamment celui du lieutenant Renna qui, au fil du temps, est devenu un véritable ami. A Tokyo, c’est toute l’équipe de Brodie Security qui assurera ses arrières ; d’autant qu’il fait équipe avec Noda, détective en chef de l’agence tokyoïte.
L’enquête va pousser Brodie à se frotter à Soga, une organisation criminelle de grande envergure qui forme et utilise des la crème de la crème des tueurs, pour le compte de richissimes clients ou pour protéger son anonymat. Organisation heureusement fictive…
Un thriller parfaitement maîtrisé, passionnant et hautement addictif. Il ne fait aucun doute que je lirai Tokyo Kill prochainement et que j’aurai plaisir à retrouver Jim Brodie.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Jessie Burton – Miniaturiste

Une lecture faite dans des conditions un peu particulières, en hommage à une personne qui fréquentait certains mêmes lieux de perdition littéraire que moi et brutalement décédée le mois dernier. Nous ne nous connaissions pas mais je prenais un réel plaisir à lire ses messages plein de retenue et de pertinence (une bouffée d’air frais quand l’ambiance est plombée par des trolls et des polémiques à deux balles). Elle avait posté une critique dithyrambique de ce livre sur le forum, et aujourd’hui il est au programme du Book Club de septembre 2015. Repose en paix Ariel.

J. Burton - MiniaturisteBon je sais que c’est le genre d’intro qui plombe l’ambiance mais j’y tenais absolument, donc voilà qui est fait. Et maintenant place à ma chronique de Miniaturiste de Jessie Burton. Serai-je aussi enthousiaste que Ariel ? Je vous promets par contre une critique rédigée et notée en totale impartialité.
Amsterdam, novembre 1686. Nella Oortman quitte sa campagne pour la capitale afin d’y rejoindre son époux, Johannes Brandt, un riche commerçant. A son arrivée l’accueil est glacial, la maison semble sans âme et, cerise sur le gâteau, Johannes n’a même pas daigné se libérer pour l’accueillir. Quelques jours plus tard son époux lui offre une maison de poupée, exacte réplique de leur grande demeure…
Si vous me lisez depuis déjà quelques temps vous aurez compris que ce n’est pas vraiment mon style habituel de lecture… franchement quelle idée saugrenue d’aller se balader dans un Amsterdam du XVIIème siècle ! Et je reconnais sans la moindre honte que je m’y suis aventuré presque à reculons, mais dès les premières pages mes appréhensions se sont envolées. D’une part grâce au style de l’auteure qui signe là un premier roman pour le moins original mais surtout d’une lecture aisée et agréable. Mais aussi et surtout l’auteure sait s’y prendre pour tenir son lecteur en haleine, pas par une intrigue dopée à l’adrénaline, loin s’en faut, elle mise plutôt sur une ambiance pesante qui dégage une impression de mal être (sensation renforcée par les silences qui répondent aux questions de Nella). Bref on sent bien qu’il y a anguille sous roche dans cette piaule et dans cette famille… Et bien entendu on crève d’envie de connaître le(s) fin(s) mot(s) de l’histoire.
On sent que l’auteure a dû faire un sacré travail de documentation pour restituer avec un tel réalisme la société et les moeurs amstellodamois du XVIIème siècle. On y découvre une société engoncée dans les carcans du calvinisme, puante de puritanisme et d’hypocrisie ; parfois ça frôle même la crétinerie la plus crasse. A vous de juger : « Arnoud confirme que les biscuits en forme d’hommes et de femmes, de garçons et de filles ont été bannis des commerces, en même temps qu’on fermait les échoppes des vendeurs de poupées sur le Vijzeldam. Ça aurait un rapport avec les catholiques, dit-il, une histoire de fausses idoles et de supériorité de l’invisible sur le tangible. »
Johannes portera un jugement sans appel sur Amsterdam qu’il qualifie de « cage invisible, dont les barreaux sont faits d’une hypocrisie meurtrière » et la mentalité de ses habitants qu’il résume ainsi : « Le comportement de chacun est observé en permanence. Et toute cette bigoterie – les voisins qui surveillent leurs voisins, tressant des cordes pour tous nous ligoter ! »
Une société qui n’a pas une très haute opinion de la gente féminine à en croire certains propos : « Certaines peuvent travailler, s’écrie Marin. Elles s’éreintent à la tâche et ne sont payées que la moitié de ce que gagnerait un homme. Les femmes ne peuvent rien posséder, elles ne peuvent faire de procès. La seule chose dont on nous croit capables, c’est de produire des enfants, qui ensuite deviennent la propriété de notre mari. »
Heureusement l’intrigue ne repose pas uniquement sur cette ambiance pesante, lentement mais sûrement l’auteure lève le voile sur certains secrets de la famille Brandt ; chaque révélation semble les précipiter vers une succession de drames que l’on devine inévitables sans réussir toutefois à les cerner avec précision (il faut dire que le prologue, qui se déroule en janvier 1687, commence par un enterrement… ça aide à supposer que les choses vont mal tourner).
Jessie Burton s’attache aussi à soigner la présentation et la personnalité de ses personnages. Bien entendu elle donne la primeur à Nella, qui débarque en jeune fille fragile et perdue dans un contexte d’indifférence, voire de mépris, à son égard ; mais qui, peu à peu et par la force des choses, va devoir s’affirmer pour éviter le naufrage. Elle résume assez bien sa propre situation : « Parfois, dans cette maison, je vois des filets de lumière, comme si on me donnait quelque chose. D’autres jours, l’ignorance me plonge dans l’obscurité la plus totale. »
Les autres occupants de la maison, Johannes, sa soeur, Marin et les deux domestiques (qui sont bien plus que cela), Cornelia et Otto, vont eux aussi se dévoiler petit à petit. Mais le personnage le plus énigmatique reste bien entendu la mystérieuse miniaturiste ; les questions ne manquent pas la concernant. Mais je ne vous dirai pas si on a toutes les réponses en fin de lecture…
C’est pas franchement convaincu que j’ai ouvert ce livre et pourtant je le referme avec un air béat figé sur la tronche. J’ai été happé par l’histoire et les personnages sans ressentir le moindre ennui, au contraire il a même un côté sacrément addictif. Et surtout, quitte à me répéter, j’ai été sous le charme de l’écriture de l’auteur ; un grand merci à Dominique Letellier pour la qualité de sa traduction.
Pour un premier roman, Jessie Burton, du haut de son jeune âge (elle est née en 1982), réussit un impressionnant tour de force qui devrait séduire même les plus réfractaires aux fictions historiques, cette chronique en est la preuve !
La genèse de ce roman aussi captivant que atypique mérite que l’on s’y attarde, c’est lors d’une visite au Rijksmuseum d’Amsterdam que Jessie Burton est tombée en admiration devant la maison de poupées de Petronella Oortman. Dès lors elle a décidé de lui consacrer un récit qu’elle mettra quatre années à finaliser, une fiction créée de toute pièce autour du personnage de Petronella Oortman.

MON VERDICT
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Je vous invite à cliquer sur la photo ci-dessous pour découvrir ladite maison de poupées… le travail de finition est impressionnant !

Petronella Oortman dollhouse

Pour la voir avec encore plus détails je vous invite à visiter le site du Rijksmuseum.

[BOUQUINS] George R.R. Martin – Le Trône De Fer : Intégrale 5

GRR Martin - Le Trône De Fer 5J’avais misé sur un Challenge retrouvailles 100% numérique mais finalement il faudra compter avec un hôte papier : Le Trône De Fer : Intégrale 5 de George R.R. Martin. A vrai dire j’ai lu ce bouquin en alternance entre la version papier (80%) et la version numérique (20%) ; ce n’est donc qu’une entorse partielle à mon projet initial.
Sur le Mur Jon Snow doit composer avec les armées de Stannis et les prisonniers sauvageons. Devant la menace de l’arrivée des Autres et d’une possible nouvelle attaque sauvageonne, le commandant de la Garde de Nuit va tout faire pour grossir les rangs de ses troupes et fortifier leurs positions. Tyrion, en fuite, navigue vers les Cités Libres où il espère rencontrer Daenerys Targaryen. Mais à Meereen la situation est compliquée pour Daenerys, elle doit faire face à de nombreux ennemis, à l’intérieur de la ville, comme à l’extérieur…
Ce cinquième opus de l’intégrale regroupe les volumes 13 à 15 de la série, soit, Le Bûcher D’un Roi, Les Dragons De Meereen et Une Danse Avec Les Dragons. Il ne s’inscrit pas complètement comme une suite directe du volume précédent ; la majeure partie du récit se déroule en parallèle des événements décrits dans l’Intégrale 4, se concentrant sur Le Mur et les Cités Libres (les grands absents du précédent opus). Il faut attendre les derniers chapitres pour connaître la suite directe de l’intrigue.
Ce cinquième volume se caractérise aussi par un changement de traducteur, Patrick Marcel succède ainsi à Jean Sola. Le style de Patrick Marcel serait plus proche de l’original… p’t’êt’ bin qu’oui, p’t’êt’ bin qu’non, une chose est certaine je préfère la traduction de Jean Sola, mais je pense que c’est surtout une question d’habitude.
Même si la majeure partie de bouquin se concentre uniquement sur le Mur et Meereen cela n’empêche pas l’auteur de nous proposer une intrigue toujours aussi dense et riche en rebondissements (et complots divers et variés). Par contre nous ne croisons que peu de nouveaux visages, du moins pas parmi les personnages jouant un rôle décisif dans le déroulement de l’intrigue.
Par contre au niveau des disparitions attendez vous à un choc au moins aussi violent que le fut la mort de Ned Stark à la fin du premier opus. Un personnage majeur de la saga va connaître une fin brutale (Il ne sentit jamais le quatrième poignard. Rien que le froid…) dans les derniers chapitres du bouquin. Je n’en dirai pas plus mais ça a déjà fait un tel buzz sur le Net (même Barrack Obama s’en est indigné) que peu de monde doit encore ignorer l’identité du mort.
C’est toujours aussi jouissif (et parfois rageant) à lire même si le dénouement semble encore lointain. On avance (lentement) souvent mais parfois on recule… Bref on n’en finit pas de se poser des questions, mais ça n’a rien de frustrant, loin s’en faut.
La frustration viendrait plutôt de l’attente pour connaître la suite ; d’autant plus que globalement, à la fin de ce volume, de nombreux personnages se retrouvent soit en fâcheuse posture, soit à un tournant décisif de leur parcours. Le sixième opus devrait sortir courant 2016 aux Etats-Unis, on peut espérer les trois volumes en français entre 2017 et 2018, quant à l’intégrale J’ai Lu faudrait plutôt compter sur l’horizon 2020. Quant à l’ultime (je l’espère vivement) opus on peut se livrer au même type de calcul en misant sur une sortie américaine entre 2021 et 2022…
Mais je crois que le plus frustrant reste de savoir que la série TV prendra naturellement de l’avance sur les romans. Le tournage de la saison 6 devrait débuter prochainement, à raison d’une saison annuelle pour un total de 9 saisons, le clap de fin devrait être pour 2018 avec une diffusion en France en 2019. Il est vrai que la série prend quelques libertés avec les romans, mais étant donné que GRR Martin a déjà indiqué aux showrunners les grandes lignes du scénario, il ne devrait pas y avoir de différences majeures quant à l’évolution de l’intrigue.
Je m’étais engagé à lire ce cinquième opus avant de visionner la cinquième saison de la série (qui repose bien au chaud sur mon disque dur depuis déjà un moment), je vais donc pouvoir m’y mettre très prochainement. Par contre pour les saisons suivantes je doute fort de prendre le même engagement…

MON VERDICT
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[BOUQUINS] David Lagercrantz – Millénium 4 – Ce Qui Ne Me Tue Pas

D. LMagercrantz - Millénium 4Et hop encore un invité surprise au menu de mon Challenge retrouvailles, ou plutôt devrai-je dire deux invités puisqu’il s’agit de renouer avec Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander, sous la plume de David Lagercranz, qui signe ce Millénium 4 : Ce Qui Ne Me Tue Pas.
Plus le temps passe et plus Mikael Blomkvist se remet en question et notamment sa participation à la revue Millénium. D’autant qu’un grand groupe media a investi dans le journal et compte lui appliquer une politique qui dénaturerait l’esprit même de Millénium…
Avant de démarrer cette chronique il me semble capital de préciser que cette intrigue n’est pas celle du manuscrit du tome 4 prévu par Stieg Larsson, ledit manuscrit est la propriété de sa veuve et le contenu est connu d’elle seule. David Lagercranz reprend donc les personnages créés par Stieg Larsson et les confronte à une intrigue imaginée par lui… Un pari foutrement osé !
Je ne m’étalerai pas sur la stupide question polémique « Faut-il lire ou ne pas lire Millénium 4 ?« , chacun fait en son âme et conscience mais ne pas le lire uniquement pour répondre à une consigne de boycott n’est, à mon avis, pas une preuve d’intelligence supérieure (ça c’est la version politiquement correcte, je vous laisse deviner le fond de ma pensée).
Visuellement la couv’ reste bien dans l’esprit de la trilogie de Stieg Larsson, le titre par contre est nettement plus quelconque que les précédents ; mais bon ce sont là des points de détail. Il est maintenant temps d’entrer dans le vif du sujet.
La première surprise vient du style de David Lagercrantz, au plutôt devrai-je dire de l’absence de style, il s’intéresse au fond de son intrigue plus qu’à la forme. Du coup son écrit a quelque chose d’impersonnel alors que chez Stieg Larsson on sentait une écriture qui venait du coeur et des tripes (ce qui n’empêchait pas certaines lourdeurs stylistiques). On s’y fait mais la transition est surprenante !
Un récit moins engagé aussi, il faut dire que parfois la pensée hautement socialisante de Stieg Larsson avait parfois tendance à la stigmatisation abusive. David Lagercrantz concentre son récit sur ses personnages, son intrigue et les thèmes abordés, sans chercher à faire le procès des supposés travers la société suédoise (il y en a certainement qui sont bien réels).
Là encore dans le traitement des différents thèmes abordés (intelligence artificielle, autisme, respect de la vie privée sur internet, espionnage industriel…) on sent que l’auteur a fait un gros travail de recherche, par contre il aurait pu se montrer plus concis dans la restitution et l’intégration des éléments techniques dans son intrigue. En clair le déballage technique est parfois assommant (trop de didactique tue l’intérêt) !
Au niveau des bonnes surprises on trouve le duo constitué par Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander, l’auteur est resté plus ou moins fidèle à l’esprit que leur avait insufflé Stieg Larsson. A ce titre on s’inscrit, fort heureusement, clairement dans la continuité avec cependant quelques évolutions (sans doute peuvent elles se justifier par les années qui ont passées). Nul doute que ça a dû demander à David Lagercrantz un sacré boulot pour s’approprier les personnages sans les dénaturer.
On trouve aussi d’autres personnages déjà croisés dans la trilogie de Stieg Larsson, je citerai notamment Erika Berger, la rédactrice en chef de Millénium et amante de coeur de Mikael, Jan Bublanski et sa collègue Sonja Modig, mais aussi Zalachenko, absent mais pourtant omniprésent.
Bien entendu vous croiserez aussi bon nombre de nouveaux personnages dont le plus marquant restera certainement August, un petit garçon autiste savant qui développera une relation particulière avec Lisbeth. Sans oublier le méchant de service, le mystérieux (?) Thanos dont je ne dirai rien afin de laisser la surprise (relative) faire son effet.
L’intrigue est intéressante et bien menée mais n’apporte rien de franchement nouveau au genre, à croire que l’auteur a voulu jouer la sécurité en restant dans les jalons posés par son prédécesseur. Classique certes, mais ça n’empêche pas quelques belles trouvailles çà et là. Dommage quand on sait que l’une des grandes forces de la trilogie de Stieg Larsson est son côté novateur.
L’intrigue est abordée sous plusieurs points de vue (pas uniquement Mikael et Lisbeth) ce qui en soi est plutôt une bonne chose. Par contre le rythme imposé peut surprendre, ici tout se joue en quelques jours (dans les précédents opus les enquêtes s’étalaient sur plusieurs mois). Le point positif évident est que la lecture n’en est que plus prenante. En contrepartie, si on ne maîtrise pas parfaitement les règles de l’art (et c’est le cas de David Lagercrantz qui signe là son premier roman), certains raccourcis ne sont guère crédibles et certains aspects de l’intrigue sont rapidement prévisibles (surtout quand on a lu la trilogie de Stieg Larsson).
Pour ma part j’ai trouvé que l’ensemble tenait bien la route malgré les bémols exprimés plus haut, si le bouquin n’avait pas été estampillé Millénium je lui aurai sans hésitation un point plus. Aussi agréable soit il à lire on ne retrouve pas la griffe (ou peut être devrai-je dire l’âme) de la trilogie de Stieg Larsson.
Un nouveau départ pour Millénium ? La fin laisse peu de place au doute quant à l’éventualité d’une (?) suite : « Rien n’était fini. Lisbeth avait juste blessé le gibier. Ce n’était pas suffisant, loin de là« . De même qu’il ne fait aucun doute que ce quatrième tome bénéficiera largement des attentes et de la curiosité du public (sans parler du tapage médiatique autour de sa sortie) mais les éventuelles suites n’auront pas cette même opportunité marketing. Pas sûr que le public suive si l’auteur (en espérant que les suites ne passent pas de mains en mains) n’insuffle pas une étincelle de vie à son écriture.
Je terminerai en invitant les sceptiques (allez Nath, un p’tit pas vers ce tome 4…) à se forger leur propre opinion en lisant le bouquin. C’est bien plus constructif que de se borner à lire les avis des uns et des autres, positifs ou négatifs, critiques professionnels ou simples lecteurs. Comme dirait l’autre (Dirty Harry en l’occurrence) : « les avis c’est comme les trous du cul, tout le monde en a un« . Tant qu’à me fier à un trou de balle j’aime autant que ce soit le mien.

MON VERDICT
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Vous prendrez bien une p’tite mousse ?

Bière citron NCJe ne prétends pas être un grand buveur de bière (je l’ai été, je ne compte plus les canettes écrasées qui s’entassent sur la table après une soirée avec des potes… mais ça c’était avant) mais je reconnais volontiers que le week-end, ou le soir après une journée de boulot, j’apprécie de siffler une ou deux binouzes bien fraîches (quelle que soit la saison).
En ce moment je suis à fond dans la bière aromatisée au citron, et tant qu’à faire je consomme local (un peu aussi contraint et forcé faute de choix). C’est Manta (une marque produite par Le Froid) qui a ouvert le bal en 2013 avec la Manta Citron. J’ai trouvé que l’amertume de la bière faisait bon ménage avec l’acidité du citron, et surtout le mélange ne s’est pas fait au détriment de l’alcool (en version classique comme en version citronnée la Manta se maintient à 5% d’alcool). Comme les autres bières de la marque Manta, elle ne se décline qu’en cannettes de 33 cl.
Number One (le leader de la bière locale, produite par la GBNC) a d’abord raté le coche avec sa Radler. Un mélange totalement insipide de bière et de citronnade. Heureusement depuis peu ils ont lancé la Number One Zest, une bière aux agrumes (citron, citron vert et mandarine), au goût légèrement plus acidulé que la Manta Citron. Au niveau alcool c’est kif-kif bourricot, la zest affiche aussi un classique 5%.
De fait dans le frigo c’est désormais la Zest qui se taile la part du lion. Autre avantage non négligeable, elle est disponible en bouteilles (à l’unité ou en pack de 8 x 33 cl) ou en canettes (à l’unité ou en pack de 6 x 33 cl).

Outre les bières 100% locales (Number One et Manta) on trouve aussi des bières brassées localement sous licence (Heineken pour la GBNC et Kronenbourg pour Le Froid) et des bières importées. En import on distingue celles qui sont distribuées sous franchise par Le Froid (Carlsberg et Grimbergen par exemple) ou la GBNC (Desperados et Affligem) des autres bières importées par les divers grossistes de la place. Malgré tout je peux vous assurer que le choix est nettement moins large que ce que l’on pourrait trouver en Métropole (et je ne vous parle même pas de la Belgique).

Il reste une ultime option pour consommer local : aller se faire une bouffe aux 3 Brasseurs et l’arroser de leur bière distillée sur place. Un régal (d’autant plus que l’on y bouffe plutôt bien).

[BOUQUINS] Brandon Sanderson – Elantris

B. Sanderson - ElantrisComme vous le savez peut être il m’arrive de participer à des Book Club (ou lectures communes en français), à vrai dire j’anime même la rubrique sur un forum dédié aux livres et à la littérature ; chaque mois on vote pour un genre puis pour un titre parmi ceux proposés par les participants. Bref, tout ça pour vous dire que l’heureux élu du mois d’août fut le roman Elantris de Robert Sanderson.
Sarène, princesse du Téod, arrive dans la cité de Kaë afin d’y épouser Raoden, prince d’Arélon. Sauf qu’à son arrivée on lui annonce que le prince vient de mourir suite à une maladie fulgurante. Sarène refuse de croire en la version officielle et décide de mener sa propre enquête. Et si la réponse se trouvait à Elantris, jadis cité mystique, aujourd’hui maudite…
Avant de commencer ma chronique à proprement parler je vais essayer de poser le contexte ne quelques lignes. Les provinces d’Opélon tombent une à une sous le joug du fanatisme religieux et de la tyrannie impériale de Fjorden ; seule Arélon résiste encore à l’invasion. D’où l’idée de ce mariage princier qui forgerait par la même occase une alliance avec la province du Téod, capitale de Sycla… Comme vous pouvez fort justement le supposer complots politiques et religieux seront de la partie !
Plutôt que de nous assommer de notions géopolitiques et religieuses propres à l’univers qu’il a créé, Brandon Sanderson prend son temps pour les exposer tout en les intégrant directement à son intrigue. De fait je reconnais volontiers que le début du roman est lent mais il n’est en rien indigeste ; ce qui est plutôt un point positif.
Considérez ce bouquin comme un moteur turbo diesel. Dans la première partie il lui faut un temps de chauffe avant de monter en régime progressivement. La seconde partie se déroule à plein régime. Quant à la troisième, le turbo s’enclenche…
L’intrigue se construit du point de trois personnages qui alternent au fil des chapitres :
– Le prince héritier Raoden, frappé par la malédiction du Shaod et contraint à l’exil éternel au coeur d’Elantris. Prisonnier de son état mais bien décidé à ne pas baisser les bras, ni à se résigner à son sort.
– La princesse Sarène qui reste liée à Arélon malgré le « décès » de son époux. Déterminée à protéger Arélon des menaces (externes et internes) qui planent sur la province.
– Le grand prêtre Hrathen, un fjordell arrivé à Kaë le même jour que Sarène. Sa mission est de convertir Arélon à la foi déréthie par tous les moyens.
Je profite de l’occasion pour signaler que les personnages sont traités avec une réelle profondeur, chacun ayant sa propre personnalité et ses propres objectifs (avérés ou secrets). Il en va de même avec les nombreux personnages secondaires. De fait le monde d’Elantris semble prendre vie sous nos yeux pendant la lecture du roman… et je vous garanti que cette escapade ne sera pas de tout repos !
L’intrigue en elle même est suffisamment riche en surprises pour tenir le lecteur en haleine (et même jouer avec ses nerfs dans les dernières pages), certes pas aussi complexe que certaines dans sagas mais il me semble logique de ne pas pouvoir faire, en un seul volume, autant que des séries de dix tomes, voire plus (en inconditionnel du Trône de Fer je sais de quoi je parle) ! Cerise sur le gâteau, l’auteur se permet quelques touches d’humour bienvenues.
Pas de créatures imaginaires, toutes les races présentes semblent humanoïdes et n’avoir comme signe distinctifs que ceux propre à l’humain (couleur de la peau, langue…). La magie est bien présente quant à elle, d’accord elle n’est pas au top de sa forme mais qui sait, peut être n’est-ce que temporaire.
L’auteur a visiblement pris le parti de proposer un roman fantasy destiné davantage aux profanes qu’aux adeptes chevronnés du genre. Son écriture répond à la même exigence, il va droit au but sans s’appesantir sur de trop longues descriptions aussi bien des personnages que des lieux. Toutefois ne vous fiez pas aux apparences, le récit est peut être moins manichéen qu’il ne le laisse paraître de prime abord.
Pour un premier roman je trouve qu’il s’en sort plus qu’honorablement. D’autant qu’il sort des sentiers battus en proposant un univers totalement original (mention spéciale aux aons) alors qu’il aurait pu se contenter de s’inspirer des classiques de l’heroic fantasy sauce Tolkien ou AD&D. Une bonne introduction à la fantasy pour les curieux.
Depuis des années Brandon Sanderson répète qu’il n’exclut pas d’écrire une suite à Elantris, avant de reconnaître sur la lancée qu’il n’en a, à ce jour, pas encore couché la moindre ligne… Pour souligner mon propos j’ajouterai que le roman fête, cette année, ses dix ans (en VO, la VF est sortie en 2009 chez Orbit, puis en poche en 2011). Et pourtant il est vrai qu’il y aurait matière pour une suite…

MON VERDICT
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[BRD] Big Eyes

Big EyesLes jours se suivent et ne se ressemblent pas… Qu’il s’agisse de bouquins ou de films je suis plutôt éclectique et reste ouvert à tout. Petite pause cinéphile en compagnie de Tim Burton et son biopic consacré à Margaret Keane, Big Eyes.
Après son mariage avec Walter Keane (Christoph Waltz), Margaret (Amy Adams) envisage de vivre de sa peinture. Ses tableaux représentent tous des enfants aux grands yeux tristes. Son époux, se targuant d’une certaine renommée, la convainc de le laisser signer les toiles de son nom. La situation devient vite insoutenable pour Margaret, d’autant que Walter est de plus en plus odieux avec elle…
C’est la seconde fois que Tim Burton se lance dans un biopic, étant fan du travail de Margaret Keane (dont il s’est inspiré pour certains de ses films d’animation), il n’est pas étonnant qu’il se soit intéressé à ce qui est, aujourd’hui encore, considéré comme le plus gros scandale artistique (même si je reconnais volontiers n’en avoir jamais entendu parler). En guise de remerciement l’artiste lui offrira deux toiles inédites.
Comme toujours le visuel du film est soigné avec une reconstitution du San Francisco de la fin des années 50 / début des années 60. Toutefois le film repose davantage sur les épaules des acteurs qui interprètent merveilleusement le couple Keane.
Dans le coin droit, Margaret Keane, épouse soumise et passive (on a parfois de la secouer pour la sortir de sa docilité imbécile et sa grande naïveté), mais qui, malgré tout, aura de plus en plus de mal à supporter le poids du mensonge (il faut dire que le comportement odieux de son mari aide).
Dans le coin gauche, Walter Keane, aussi ambitieux que prétentieux, aussi grande gueule que menteur. Inébranlable dans son mensonge jusqu’au bout.
Le film prend quelques libertés avec la chronologie des faits entre le moment ou Margaret révèle la supercherie et le verdict. Dans le film les choses semblent s’enchaîner tout naturellement ; dans la réalité il faudra attendre 16 ans avant que la justice ne donne raison à Margaret (non seulement elle gagnera le droit de signer ses oeuvres de son propre nom, MDH Keane, mais bénéficiera aussi d’un dédommagement financier non négligeable).
Pas le meilleur de Tim Burton mais le film n’en demeure pas moins agréable à suivre grâce aux interprétations, dans des registres diamétralement opposés, d’Amy Adams et Christoph Waltz. Un bon moment de cinéma mais n’espérez pas un film inoubliable ; il manque un je ne sais quoi pour que la sauce prenne vraiment ; peut être la patte Tim Burton (le film reste classique dans son tournage, il aurait pu être signé par n’importe quel réalisateur pas trop mauvais)…

♥♥½