[BOUQUINS] Niklas Natt och Dag – 1793

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N. Natt och Dag - 1793
Titre : 1793
Auteur : Niklas Natt och Dag
Éditeur : Sonatine
Parution : 2019
Origine : Suède (2017)
448 pages

De quoi ça cause ?

Automne 1793. Mickel Cardell, vétéran de guerre revenu du front avec un bras en moins, extrait des eaux boueuses d’un lac de Stockholm un cadavre atrocement mutilé.

L’enquête est confiée à Cecil Winge, un homme de loi réputé pour sa droiture atteint d’une tuberculose au stade terminal. Pour espérer mener à bien son enquête, il va devoir convaincre Mickel Cardell de lui prêter main-forte…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Est-ce encore besoin de poser cette question quand l’éditeur est Sonatine ? Tout simplement parce qu’il le vaut bien comme dirait l’autre…

Parce que ce roman illustre parfaitement la richesse et la diversité du catalogue de l’éditeur. Certes c’est un polar, genre de prédilection de Sonatine, mais un polar qui vous invite à découvrir la Suède en cette fin de XVIIIe siècle…

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Si vous me dites « littérature nordique », je pense instinctivement littérature policière (incluant les romans noirs et les thrillers) ; je sais que c’est plutôt réducteur, d’autant que j’ai lu des auteurs scandinaves qui ne font dans le polar (je pense notamment à Jonas Jonasson et Fredrik Backman, qui sont plus habitués à jouer avec nos zygomatiques qu’avec nos nerfs)… mais c’est comme ça, on va dire que c’est l’effet Millénium (loin de moi l’idée de prétendre que Stieg Larson a été un précurseur du polar nordique).

Je ne sais pas vous, mais personnellement j’aurai été bien incapable de vous faire un topo, même sommaire, sur le contexte historique de la Suède en 1793. Un choix qui ne doit pourtant rien au hasard comme nous l’explique Niklas Natt och Dag dans sa postface (et comme nous le constaterons à la lecture du roman).

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je ne peux que m’incliner devant le monumental travail de documentation que doit demander la rédaction d’un roman historique, il faut à la fois rester fidèle à l’Histoire et accepter de prendre quelques libertés avec la réalité afin de coller aux besoins de la fiction. A ce titre l’auteur tire formidablement son épingle du jeu, en combinant des personnages et des faits ayant existé et d’autres, issus de son imagination ; dès les premières pages, on est en totale immersion dans le Stockholm au crépuscule du XVIIIe siècle.

Malgré la présence d’une carte (très belle, soit dit en passant) de Stockholm au début du roman, il faut un peu de temps pour prendre ses marques (il faut dire que les différents quartiers de la ville portent des noms à coucher dehors pour le lecteur non scandinave). Cela ne nuit en rien au plaisir de la lecture, il n’est d’ailleurs pas indispensable de chercher à se repérer pour apprécier pleinement ce bouquin.

Une intrigue portée par deux enquêteurs que tout oppose, mais qui s’avéreront complémentaires (une recette qui a maintes fois prouvé son efficacité) ; Mickel Cardell se laisse guider par la force et l’instinct alors que chez Cecil Winge est plutôt commandé par l’esprit et la réflexion. Deux fortes personnalités qui se dévoileront et s’affirmeront au fil des chapitres.

D’autres personnages sont appelés à jouer un rôle essentiel dans la résolution de l’énigme à laquelle sont confrontés Winge et Cardell ; toutefois je préfère ne pas approfondir ce sujet. Le plaisir de la découverte n’en sera que plus grand (même si parfois éprouvant).

L’intrigue est parfaitement maîtrisée par l’auteur, il mène le lecteur là où il veut le mener et au rythme qu’il a choisi de lui imposer. Le roman s’articule en quatre parties, la dernière étant la suite directe de la première ; les deux autres étant des flashbacks dont le rapport avec l’enquête ne saute pas tout de suite aux yeux… Laissez vous guider par Niklas Natt och Dag, la traversée sera parfois houleuse, mais rien n’est laissé au hasard.

Un voyage dans le temps et dans l’espace fortement teinté de noir (pour l’ambiance générale du récit) et de rouge (pour le sang versé). Forcément on n’en sort pas totalement indemne, ça secoue un peu, mais il faut bien se l’avouer, c’est ce que nous recherchons avec ce genre de roman.

Pour l’auteur le challenge (loin d’être gagné d’avance pour un lecteur un tantinet hermétique à l’Histoire comme moi) est remporté haut la main. Immersion totale dans l’intrigue, j’ai rarement autant regretté de ne pas avoir plus de temps libre à consacrer à une lecture.

Un coup double (coup de cœur et coup de poing) amplement mérité !

MON VERDICT
Coup double

[BOUQUINS] Edmonde Permingeat – Sans Mon Ombre

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E. Permingeat - Sans Mon Ombre
Titre : Sans Mon Ombre
Auteur : Edmonde Permingeat
Éditeur : L’Archipel
Parution : 2019
Origine : France
440 pages

De quoi ça cause ?

Lors d’une dispute Alice, tue accidentellement sa sœur jumelle, Célia. Alice, qui a toujours pris ombrage de sa sœur, fait disparaître le corps et décide de prendre sa place.

Elle ne tarde pas à découvrir que, au-delà des apparences, la vie de Célia était loin d’être idyllique. Mais Alice est déterminée à tout mettre en oeuvre afin que son rêve ne se transforme pas en cauchemar…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que les éditions de L’Archipel sont désormais partenaires de Net Galley.

Leur premier titre proposé étant un thriller psychologique, j’ai sauté sur l’occasion pour leur souhaiter la bienvenue.

Ma demande ayant été acceptée, il ne me restait plus qu’à me lancer à la découverte de ce roman.

Ma Chronique

Je remercie les éditions de L’Archipel et Net Galley qui ont répondu favorablement à ma sollicitation pour ce titre.

Le roman s’ouvre un meurtre, ou plus exactement violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner pour reprendre le terme juridique approprié. Un début plutôt classique pour un thriller, même si on connaît l’assassin (Alice), son mode opératoire (une rafale de claques dans la tronche) et son mobile (une jalousie maladive à l’encontre de sa sœur).

La suite logique des choses serait qu’il y ait enquête, et ben non. Pas vu, pas pris pour ainsi dire, et les amateurs du genre le savent mieux que personne : pas de bras, pas de chocolat… ah non, c’est pas ça ; voilà qui devrait être plus approprié : pas de corps, pas d’homicide ! Soit dit en passant cette dernière affirmation n’a strictement aucune valeur légale, c’est juste plus compliqué de prouver le crime en l’absence de cadavre.

Edmonde Permingeat nous offre donc un thriller qui n’a rien de policier, son credo avec ce roman c’est de tout miser sur l’aspect psychologique de l’intrigue. La force d’un thriller psychologique réside dans ses personnages, aucun droit à l’erreur sinon la sauce risque de ne pas prendre. Et l’auteure tire parfaitement son épingle du jeu dans ce domaine, la mayonnaise prend et s’avérera même succulente (n’allez pas vous imaginez que je bouffe de la mayo à la louche… rien que d’y penser ça me flanque la nausée).

Bien qu’écrit à la troisième personne, le roman vous invite à vivre l’intrigue à travers le personnage d’Alice. Une femme dotée d’une forte personnalité et d’un tempérament plutôt fougueux, elle s’efforce de mener une vie sans contraintes ni attaches et surtout sans jamais se soucier des autres. Une vie à l’opposée de celle que mène sa sœur, Célia, femme au foyer effacée qui s’occupe de ses deux filles. Et pourtant Alice ne peut s’empêcher de jalouser cette sœur qu’elle surnomme avec mépris l’autre ; l’accusant même de l’empêcher de s’épanouir pleinement tant elle lui fait de l’ombre.

Comme vous pouvez le constater, Alice n’est pas franchement une blanche colombe et l’auteure ne fait rien pour nous la rendre plus sympathique. Le fait qu’elle bute sa frangine dès les premières lignes du roman ne jouera pas franchement en sa faveur.

Donc notre chère Alice décide, une fois son sinistre forfait accompli, d’endosser la vie de Célia sans toutefois renoncer complètement à être elle-même. L’occasion pour elle de découvrir que, au-delà des apparences, sa sœur ne vivait pas une vie idyllique. Son quotidien était meublé de faux-semblants, non-dits, mensonges, tromperies, trahisons… une vérité insoupçonnable vue de l’extérieur !

Mais il en faut plus que ça pour que Alice renonce à son plan. Là où Célia courbait l’échine, elle va montrer les crocs… mais point trop n’en faut si elle ne veut pas prendre le risque de se trahir.

Il faut dire qu’elle est tombée au milieu d’un sacré panier de crabes vérolés ! Un mari qui la cocufie sans vergogne et prend un malin plaisir à la rabaisser et l’humilier. Une belle-mère et une belle-sœur qui sont de véritables langues de putes. On est loin de la famille formidable ! Et ce n’est guère plus reluisant du côté des amis…

Edmonde Permingeat nous livre une chronique familiale glauque à souhait, mais parfaitement maîtrisée. Le bouquin devient rapidement addictif, difficile en effet de lâcher prise avant de savoir comment tout ça va se terminer.

J’aurai aimé un final encore plus sombre, je trouve en effet que certains personnages s’en sortent bien mieux qu’ils ne le méritent. Un choix de l’auteure histoire de confirmer l’adage : bien mal acquis ne profite jamais. Une morale amorale en quelque sorte.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Brian Panowich – Comme Les Lions

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B. Panowich - Comme Les Lions
Titre : Comme Les Lions
Auteur : Brian Panowich
Éditeur : Actes Sud
Parution : 2019
Origine : USA (2018)
304 pages

De quoi ça cause ?

Extrait de la 4ème de couv’ :

Clayton Burroughs est le shérif d’une petite ville de Géorgie, un jeune papa et, contre toute attente, l’héritier présomptif du clan criminel le plus célèbre de Bull Mountain. Entre la paternité, son boulot et les séquelles d’un long conflit qui a coûté la vie à ses deux frères hors-la-loi, il fait ce qu’il peut pour survivre. Mais après avoir marché droit pendant des années, sur le fil ténu qui sépare le maintien de l’ordre et les agissements de sa famille, il doit finalement choisir.

Lorsqu’un clan rival fait une première incursion dans le territoire Burroughs, laissant dans son sillage une série de cadavres et un parfum de peur, Clayton est de nouveau entraîné dans la vie qu’il voulait à tout prix quitter…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce qu’avec Bull Mountain, l’auteur nous proposait un premier roman d’une rare intensité. Impossible de résister à l’appel d’un nouveau séjour sur la montagne la plus mal famée de Géorgie !

Ma Chronique

Dans ses remerciements Brian Panowich nous explique que la rédaction d’un second roman est un exercice particulièrement difficile ; je suppose que c’est d’autant plus vrai quand le roman précédent a bénéficié d’un accueil critique et public des plus enthousiastes. Non seulement l’auteur est passé de l’ombre à la lumière, mais il est surtout attendu au tournant, et il le sait ; du coup ça lui fout une pression supplémentaire.

Avec Bull Mountain la barre était haute, très haute ! Mais pas totalement infranchissable du fait de quelques erreurs de jeunesse. Comme Les Lions parvient-il à égaler, voire à dépasser son aîné ?

Difficile de répondre de façon catégorique tant les deux romans sont différents dans le traitement de l’intrigue. S’il est encore question d’héritage familial (et de famille au sens étendu du terme), la famille n’est plus au cœur de l’intrigue, en tout cas pas avec la même intensité dramatique que ce fut le cas à la lecture de Bull Mountain (il faut dire que la confrontation entre Clayton et son frère prenait une dimension quasiment biblique).

Même si l’intrigue de ce second roman peut sembler plus classique, la plume de l’auteur n’a pas perdu en efficacité quand il s’agit d’exposer la noirceur de l’âme humaine. En la matière le clan Viner n’a pas grand-chose à envier aux Burroughs…

Le roman s’ouvre et se ferme sur un flashback, un final brillant qui permet de voir toute l’intrigue sous un jour nouveau (et totalement inattendu pour ma part). Dès les premières pages l’auteur annonce la couleur, noir c’est noir. Au fil des chapitres il n’apportera que de rares touches de clarté au milieu des ténèbres ambiantes ; et encore, faut-il vraiment se fier aux apparences ?

Un second opus donne la part belle (le terme n’est pas forcément très judicieux au vu de ce qu’elles subissent) aux personnages féminins. Après tout, c’est bien connu que chez les lions ce sont les femelles qui se tapent tout le sale boulot !

Une fois de plus le roman est porté par ses personnages, qu’il s’agisse de ceux que l’on connaît déjà et que l’on redécouvre sous un autre jour, ou des nouveaux venus qui veulent imposer leur griffe au récit. Un poker menteur où le moindre faux pas se paye au prix fort !

Brian Panowich ne vous laissera pas le temps de profiter des paysages, le rythme imposé est soutenu, sans le moindre temps mort ; il se passe toujours quelque chose sur cette maudite colline. Pour cette seconde excursion, vous avez intérêt à avoir le cœur bien accroché, la balade ne sera pas un long fleuve tranquille.

Voilà pourquoi je vous disais plus haut que j’étais incapable de trancher par une réponse catégorique ; si Comme Les Lions n’a sans doute pas la même intensité dramatique que son aîné, il vous propose toutefois une intrigue parfaitement maîtrisée, réglée comme du papier à musique. Une mélodie noire sans la moindre fausse note qui a tout pour séduire, même les plus exigeants.

MON VERDICT
Coup de poing

[BOUQUINS] Anthony Neil Smith – Lune Noire

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A. Neil Smith - Lune Noire
Titre : Lune Noire
Auteur : Anthony Neil Smith
Éditeur : Sonatine
Parution : 2019
Origine : USA (2008)
304 pages

De quoi ça cause ?

Billy Laffite est adjoint au shérif du comté de Yellow Medicine. Il a une vision très personnelle de la loi et n’hésite pas à franchir la ligne jaune pour arriver à ses fins.

Quand son amie, Drew, lui demande d’aider son petit copain, une petite frappe notoire qui s’est une fois de plus mis dans la merde, il n’hésite pas avant de prendre les choses en mains, bien décidé à gérer la question à sa manière.

Billy Laffite ne le sait pas encore, mais il vient de mettre les pieds dans une mécanique qui le dépasse largement. Quand les premiers cadavres font leur apparition, il est déjà trop tard pour faire machine arrière…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine, comme d’hab.

Avant même la parution du bouquin, j’avais flashé sur sa couv’.

Parce que j’adore les flics borderline (et plus si affinités).

Ma Chronique

Je remercie les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre… oups on rembobine, me suis trompé de bande !

Au commencement (comprendre au début du présent bouquin), on fait connaissance avec Billy Laffite alors qu’il est détenu par le FBI. On apprend assez rapidement que Laffite n’est pas franchement du genre incorruptible, loin s’en faut ! Du coup on a envie de comprendre comment il est arrivé là…

Vous vous demandez peut-être si je ne suis pas en train de vous faire un bis repetita de ma chronique de Corruption, le roman de Don Winslow, qui fut mon coup de cœur 2018. Que nenni ! Je reconnais volontiers que les deux romans débutent de façon assez similaire, mais Anthony Neil Smith s’engage rapidement sur une voie radicalement différente de celle empruntée par Don Winslow.

Si vous aimez les romans noirs bien noirs (humour compris) ? Vous en avez marre de ces héros qui pensent et lavent plus blanc que blanc ? Vous voulez un héros bad ass pur jus ? Alors incontestablement Lune Noire est le bouquin qu’il vous faut !

Histoire de vous plonger au cœur de l’action Anthony Neil Smith opte pour un récit à la première personne, vous voilà dans la peau de Billy Laffite. Un costume qui peut parfois piquer aux entournures, plus encore que l’horrible pull en laine miteux offert par mamie à Noël dernier !

Passe encore que Billy soit roublard, menteur, fonceur, magouilleur, queutard, un poil alcoolo, un brin suicidaire… j’en passe et des meilleurs ! Il est aussi et surtout doté d’un tempérament sanguin qui va systématiquement privilégier l’instinct à la réflexion ; pour le meilleur (parfois) ou pour le pire (souvent)…

Le genre de gars que l’on serait tenté de prendre en grippe d’entrée de jeu ; eh bien non ! Je n’irai pas jusqu’à dire qu’à force de voir les choses à sa manière ou fini par adopter sa façon de faire et de penser, mais il n’en reste pas moins que l’auteur sait y faire pour nous rendre son antihéros sympathique et attachant (même si parfois on a envie de lui foutre des baffes).

Tout comme je n’irai pas jusqu’à dire qu’il est foncièrement bon dans le fond (ou alors il faut creuser longtemps) mais il n’en reste pas moins qu’il a un grand cœur. La preuve ? C’est en voulant aider une amie (avec, il est vrai, une arrière-pensée lubrique) qu’il se retrouve impliqué dans une affaire de sûreté nationale et de terrorisme.

Face à lui, l’agent fédéral Franklin Rome, convaincu plus que de raison (à ce stade c’est même maniaco-obsessionnel) que Laffite est en lien direct avec ce réseau terroriste. Sûr de son bon droit Rome va tout mettre en oeuvre pour obtenir des aveux.

Le bouquin ne se limite pas une confrontation entre Laffite et Rome, il est bien plus dense que cela et fait intervenir de nombreux autres acteurs. C’est volontairement que je passe sous silence le cœur même de l’intrigue et le rôle de ces autres personnages. C’est un roman qui mérite d’être effeuillé progressivement afin d’en savourer chaque instant… laissons au seul lecteur la seule jouissance de le déflorer à son rythme.

Quand je suis arrivé à la fin du roman mon premier réflexe a été de me dire : « Ah bin merde alors, c’est déjà fini« . Il faut dire que ce final sonne un peu comme le top départ d’un second round. Et second round il y aura bel et bien puisque Sonatine va nous proposer de retrouver Billy Laffite en septembre avec le roman Bête Noire. Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, un troisième tome est déjà disponible en VO ; on peut légitimement espérer le voir figurer dans le prochain catalogue de l’éditeur.

Avec ce roman Sonatine ose, une fois de plus, proposer un titre qui sort des sentiers battus, et c’est justement pour ça que l’on aime cette maison d’édition.

MON VERDICT
Coup de poing

[TV NEWS] American Horror Story – Apocalypse

AU PROGRAMME DU JOUR

American Horror Story - Apocalypse
Titre : American Horror Story – Apocalypse
Saison : 8
Création : Ryan Murphy & Brad Falchuk
Production : 20th Century Fox
Distribution : FX
Diffusion : Canal+
Origine : USA
Format : 10 épisodes de 42 minutes

Casting

Sarah Paulson : Wilhemina Venable / Cordelia Goode
Cody Fern : Michael Langdon
Kathy Bates : Miriam Meade
Billie Lourd : Mallory
Emma Roberts : Madison
Evan Peters : Mr Gallant / Jeff Pfister

Le pitch

Alors que l’apocalypse nucléaire a ravagé la Terre, des survivants, triés sur le volet, sont répartis en petits groupes dans plusieurs abris appartenant à la puissante et mystérieuse Coopérative.

L’abri n°3 est dirigé d’une main de fer par Wilhemina Venable et Miriam Meade. Leur autorité pourrait toutefois être remise en cause par l’arrivée de Michael Langdon ; un émissaire de la Coopérative chargé de sélectionner les survivants appelés à rejoindre le Sanctuaire qui sera l’ultime refuge des rescapés de l’Apocalypse…

Ma chronique

J’espérais beaucoup de cette huitième saison d’American Horror Story ; après une sixième saison (Roanoke) insipide et une septième (Cult) à peine plus convaincante, il était plus que temps que AHS retrouve tout son panache.

Au fil des saisons la série alterne entre les intrigues fortement teintées de fantastique et celles plus ancrées dans le réel. Place au fantastique donc pour cette huitième saison, et un programme pour le moins prometteur puisqu’il est question de l’Apocalypse.

Point de zombies ou de méchants aliens à l’origine de la fin de l’humanité, la connerie du genre humain se suffit a elle-même quand il s’agit de nuire à l’espèce. Ils ont donc appuyé sur le bouton rouge, ils ont tout fait péter, la série peut commencer…

Si la série commence bel et bien par l’Apocalypse annoncée, nous aurons le droit à une rétrospective des événements antérieurs et notamment la confrontation entre Michael Langdon, l’Antéchrist, et ses alliés sorciers et les sorcières de Cordelia Goode.

Cordelia Goode ? Mais si souvenez-vous, Coven, la troisième saison d’AHS. Les sorcières (et leurs interprètes cela va de soi) reprennent donc service pour tenter de contrecarrer les plans de l’Antéchrist. Au fil des épisodes vous aurez aussi le droit à un bref retour à l’Hotel (saison 5) et même un retour aux sources (saison 1) avec un passage à Murder House (et par la même occasion on retrouve Jessica Lange dans le rôle de Constance).

La plupart des acteurs historiques reprennent d’ailleurs du service dans cette huitième saison, certains interprétant même plusieurs rôles ; mais cela ne ferme pas pour autant la porte à de nouveaux venus, puisque c’est la première apparition de Cody Fern (qui interprète Michael Langdon) dans la série.

Pour ma part j’estime que cette huitième saison est plutôt réussie, bien plus aboutie (cela n’engage que moi) en tout cas que les deux précédentes.

Mais l’Apocalypse façon AHS n’est toutefois pas exempte de défauts ; à commencer par un Antéchrist qui semble endosser le costume un peu à l’insu de son plein gré, en perpétuelle recherche d’un mode d’emploi, genre Apocalypse pour les Nuls, que lui aurait laissé son infernal paternel.

De même j’aurai préféré davantage d’épisodes se consacrant au côté post-apocalyptique de l’intrigue (quitte à en rajouter deux ou trois à la série, l’intrigue pré apocalyptique étant quant à elle parfaitement traitée) ; comme dirait l’autre : vous pouviez pas les faire un p’tit peu plus long ?

Il n’en reste pas moins que cette huitième saison est plutôt encourageante pour la suite, AHS ayant été renouvelée pour deux saisons à ce jour. Comme d’hab très peu d’infos filtrent autour de la prochaine saison, si des noms sont cités pour figurer au casting, le thème de la saison reste quant à lui secret.

♥♥♥♥

[BOUQUINS] Sophie Hénaff – Art Et Décès

AU MENU DU JOUR

S. Hénaff - art et Décès
Titre : Art Et Décès
Série : La Brigade Capestan – Tome 3
Auteur : Sophie Hénaff
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2019
Origine : France
320 pages

De quoi ça cause ?

Anne Capestan s’est mise en disponibilité afin de goûter pleinement aux joies de la maternité. Toutefois quand son amie et collègue, Eva Rosière, en disponibilité le temps d’un tournage, se retrouve accusée de meurtre, elle n’hésite pas à interrompre, de façon plus ou moins officielle, son congé parental…

Sa gamine sous le bras, Anne Capestan réintègre sa brigade et prend les choses en mains. Pas facile toutefois de combiner efficacement son rôle de mère et celui d’enquêtrice. Les Poulets Grillés investissent le plateau de tournage qui est aussi la scène de crime…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est le troisième roman mettant en scène la Brigade Capestan et que j’avais vraiment apprécié les deux précédents, Poulets Grillés et Rester Groupés.

Ma Chronique

C’est avec plaisir que j’ai retrouvé l’équipe la plus barrée de la Crim’ parisienne (et plus si affinités) ; j’espérais bien retrouver tous les ingrédients qui m’avaient séduit dans les deux précédents opus, à commencer par un ton franchement décalé parfaitement assumé.

Le bouquin s’ouvre sur l’accouchement d’Anne Capestan et d’entrée de jeu Sophie Hénaff me rassure : sérieux s’abstenir !

Capestan sentit monter une nouvelle vague, elle ferma les yeux, verrouilla les mâchoires. La contraction planta ses griffes et actionna les vérins, propulsant le feu dans tous les membres. Paul, le nez penché sur ses pieds, marmonna :
– Qu’est-ce qu’elles me font mal ces pompes.
Au prix d’un effort immense, Capestan desserra les dents :
– Paul, je t’aime tu sais, mais je te jure que si tu me parles encore UNE fois de tes chaussures…

Ceux et celles ayant déjà eu affaire à la fine équipe des Poulets Grillés ne seront pas dépaysés ; pour les autres je ne saurai que trop vous recommander de lire d’abord Poulets Grillés, puis Rester Groupés avant de vous lancer dans ce roman. Ceci dit ça ne s’impose pas, ce bouquin peut tout à fait être lu indépendamment des précédents… j’dis ça, j’dis rien.

Je disais donc que les habitués s’aventureront en terrain connu. C’est plutôt positif dans le sens où la bonne humeur reste de rigueur tout au long du bouquin, avec une équipe d’enquêteurs aux personnalités et aux méthodes pour le moins originales. Le revers de la médaille étant l’absence relative de surprise ; la seule nouveauté par rapport aux précédents romans étant de voir Anne Capestan s’investir dans son rôle de mère. Ce qui donne lieu à quelques scènes fort réjouissantes, mais cela ne nous empêche pas de rester quelque peu sur notre faim.

Nos Poulets Grillés vont donc se retrouver à mener l’enquête dans un monde qui a de quoi faire rêver (sur le papier en tout cas) puisqu’ils vont se retrouver en plein tournage d’un film. L’occasion de découvrir la face cachée (réelle ou supposée) du cinéma, derrière le strass et les paillettes, mais sauront-ils résister à l’appel des feux de la rampe ?

Il n’en reste pas moins que même si l’intrigue strictement policière est plutôt bien menée, elle reste relativement linéaire et manque de piquant. Là encore on a l’impression que tout est mis en oeuvre pour que la maternité de Capestan éclipse tout le reste.

Malgré ces quelques bémols j’ai passé un agréable moment avec ce bouquin, prétendre le contraire serait un mensonge éhonté. Sophie Hénaff a su, une fois de plus, me faire rire et sourire, mais globalement il m’a manqué un p’tit truc en plus pour que je sois totalement sous le charme.

MON VERDICT

[BOUQUINS] John Wainwright – Une Confession

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J. Wainwright - Une confession
Titre : Une Confession
Auteur : John Wainwright
Éditeur : Sonatine
Parution : 2019
Origine : USA (1984)
272 pages

De quoi ça cause ?

Source : 4ème de couverture

À cinquante ans, John Duxbury est secrètement déçu par son existence. Son travail est devenu une routine, son mariage sombre dans la grisaille, il ne sait plus comment être heureux.

Bientôt, c’est un drame qui s’abat sur lui. Alors qu’il est en vacances avec sa femme, Maude, celle-ci fait une chute mortelle. Quelques temps plus tard, un homme se présente au commissariat. Il a été témoin des faits et prétend que c’est John qui a poussé sa femme dans le vide. L’inspecteur Harker, chargé de l’enquête, s’engage à corps perdu dans la recherche de la vérité, jusqu’à l’ultime face-à-face.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine serait une réponse qui se suffirait à elle-même.

Parce que John Wainwright est l’auteur de A Table ! et que Claude Miller s’est inspiré de ce roman pour réaliser l’excellent Garde A Vue ; une inoubliable confrontation verbale et psychologique entre Lino Ventura (le flic) et Michel Serrault (le suspect) sur des dialogues de Michel Audiard. Culte !

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée. J’espérais proposer une chronique en avant-première, mais mon emploi du temps professionnel m’a privé de cette opportunité.

Le bouquin s’articule autour d’une alternance de chapitres passant d’une version des faits (un accident ?) à l’autre (un meurtre ?). John Duxbury affirme que la mort de sa femme est accidentelle et nous expose ses vues dans son journal intime. Pour Harry Harker, l’inspecteur chargé de démêler le vrai du faux dans cette affaire, les choses ne sont pas simples ; pour se faire sa propre idée, il va décortiquer les faits et poser des questions à qui de droit, sans forcément y mettre les formes.

Et toi ami lecteur qui vas tu croire ? Tout semble en effet indiquer que John Duxbury n’est pas un mauvais bougre alors que le côté pitbull de Harker n’encourage pas vraiment à l’empathie. Mais force est de reconnaître que c’est un aussi sacré bon enquêteur qui ne prend pas sa tâche à la légère, pas question de lâcher le morceau avant d’être sûr de son fait ! Du coup le lecteur hésite et doute au fil des chapitres, on sent que la confrontation finale ne sera pas une promenade de santé ; et sur ce coup John Wainwright tient toutes ses promesses et va même au-delà. Bien malin celui ou celle qui pourra dire en toute honnêteté « Je le savais » ou « J’en étais sûr » au moment où la vérité sera révélée.

Et dire que le public français aura dû attendre 35 ans pour découvrir cette pépite ! Mais après tout peut-être sommes-nous, avec le recul, plus à même d’apprécier pleinement l’ambiance délicieusement eighties qui se dégage du roman. Mais ne vous fiez pas aux apparences, John Wainwright saura mettre vos nerfs à rude épreuve au fil des pages.

Un roman porté par ses personnages plus que par son intrigue à proprement parler, peu d’action, mais une dimension psychologique juste énorme et superbement maîtrisée par l’auteur. Je serai tenté de définir ce roman comme un polar noir minimaliste, minimaliste étant alors à prendre comme un compliment. Il démontre en effet qu’une intrigue relativement simple, sans déployer une débauche de séquences-chocs, mais portée par des personnages forts peut faire mouche avec autant de force qu’un thriller sanguinolent.

John Wainwright a été un auteur des plus prolifiques avec plus de 83 romans à son actif, seule une petite douzaine d’entre eux ont bénéficié d’une traduction en français. Du coup je me demande combien de pépites du genre sont encore méconnues du public francophone.

Un roman est relativement court (moins de 300 pages), découpé en quatorze parties qui vont à l’essentiel ; une écriture riche qui n’use pas de figures de style inutilement pompeuses. Bref, tout est fait pour assurer une lecture fluide et agréable.

MON VERDICT

[BRD] Bohemian Rhapsody

À L’AFFICHE DU JOUR

Bohemian Rhapsody

Titre : Bohemian Rhapsody
Réalisation : Bryan Singer
Production : GK Films
Distribution : 20th Century Fox
Origine : USA (2018)
Durée : 2h15

Casting

Rami Malek : Freddie Mercury
Gwilym Lee : Brian May
Lucy Boynton : Mary Austin
Ben Hardy : Roger Taylor
Joseph Mazzello : John Deacon

Le pitch

1970. Farrokh ‘Freddie’ Bulsara devient le nouveau chanteur du groupe Smile aux côtés de Brian May (guitariste), Roger Taylor (batteur) et John Deacon (bassiste). Farrokh va désormais se faire appeler Freddie Mercury et le groupe deviendra Queen. Ils ignorent encore qu’ils viennent d’entrer dans la légende…

Ma chronique

Je ne suis généralement pas un grand fan des biopics, mais pour un film consacré à Freddie Mercury et au groupe Queen je veux bien faire une exception et me laisser tenter.

Bohemian Rhapsody nous propose donc de suivre l’histoire de Queen et de son chanteur emblématique de leurs débuts, dans les années 70, au concert Live Aid de Wembley en 1985.

Dommage de pas avoir prolongé le voyage dans le temps d’une année afin de clore le film sur la dernière performance live du groupe Queen, le fabuleux Live at Wembley de 1986 ; concert dans lequel Freddie Mercury donnera le meilleur de lui même (sans doute bien conscient, du fait de sa maladie, que l’occasion ne se représenterait sans doute jamais).

Incarner un personnage tel que Freddie Mercury doit être un sacré challenge pour un acteur, d’autant plus qu’il sera attendu au tournant par les nombreux fans du chanteur et du groupe. Rami Malek est tout simplement bluffant dans le rôle de Freddie Mercury, tant au niveau de la ressemblance physique que du jeu de scène (une interprétation d’autant plus ardue qu’il doit composer avec des prothèses dentaires un peu envahissantes). Une performance saluée par la critique et récompensée par de nombreux prix dont, les plus fameux de la profession, un Oscar et un Golden Globe.

Que l’on apprécie ou non le personnage, force est de reconnaître que non seulement il avait une voix exceptionnelle, mais aussi un indéniable charisme ; de fait Freddie Mercury était un show-man hors pair et le groupe Queen restera à jamais dans la légende du rock.

Si le caractère bien trempé de Freddie Mercury lui a permis d’imposer, avec le soutien des autres membres du groupe, des choix osés (mais payants) aux maisons de disque ; il pouvait aussi s’avérer particulièrement irritant lorsqu’il part dans des délires égocentriques.

Il semblerait que le film prenne certaines libertés avec la réalité (notamment en termes de chronologie), essentiellement pour assurer la fluidité du récit (et aussi peut être sublimer ladite réalité). Seuls les fans inconditionnels les plus rigoureux (pour rester poli) s’en offusqueront.

Impossible de ne pas parler d’un film sur Freddie Mercury et le groupe Queen sans faire état de la bande-son. La musique de Queen et les interprétations des différents titres phares du groupe sont tout simplement magistrales. Fermez les yeux et vous entendrez Queen sur scène. Ouvrez les yeux, et vous verrez Queen sur scène.

Pour l’anecdote les séquences chantées ne sont pas jouées en playback avec la voix de Freddie Mercury ; elles sont bel et bien interprétées par un chanteur, Marc Martel, un québécois dont le timbre vocal est proche de celui de Freddie Mercury.

Pour finir cette chronique sur une métaphore douteuse, je dirai que si Queen était la quintessence de la bière, Queen sans Freddie Mercury est une bière sans alcool et Freddie Mercury en solo guère plus qu’un panaché. Tout ça pour dire que la magie de Queen fonctionne grâce à la fusion entre le chanteur et les musiciens. Une magie qui ne s’achèvera pas le 24 novembre 1991 avec la mort de Freddie Mercury ; la légende prendra le relais parce qu’après tout The Show Must Go On

♥♥♥♥♥

[BOUQUINS] Stephen King – Laurie

S. King - Laurie

Une nouvelle inédite de Stephen King est un petit plaisir qui ne se refuse pas…

Oui, mais non…

En mai 2018, quelques jours avant la parution de son dernier roman, Stephen King annonçait :

« Je poste une toute nouvelle histoire courte, si vous voulez la lire, songez-y comme à une mise en bouche pour le plat principal, The Outsider, à venir la semaine prochaine. L’histoire est gratuite. Lisez, imprimez, partagez, peu importe. Amusez-vous !»

En France, il faudra attendre février 2019, après la parution de L’Outsider donc, pour que la nouvelle soit accessible dans la langue de Molière ; Albin Michel précisant :

« Voici une nouvelle inédite et gratuite de Stephen King pour replonger dans l’univers de L’Outsider !»

Ajoutez à cela une couv’ qui rappelle fortement l’univers de L’Outsider et l’arnaque marketing est complète et quasiment imparable !

Notez la subtile différence entre l’annonce de Stephen King et celle d’Albin Michel, quand l’auteur vous offre une mise en bouche en attendant la parution de son roman, l’éditeur français promet carrément que le lecteur retrouvera l’univers de L’Outsider. Et à ce niveau c’est quand même le summum de la mauvaise foi, d’où arnaque marketing ; la gratuité n’excuse pas tout !

Pour le lecteur qui s’attend à retrouver l’univers ou l’ambiance du roman, la douche froide est assurée et la déception bien compréhensible. On lui promet qu’il va déguster du caviar beluga premier choix et au final il se retrouve avec des œufs de lump premier prix !

P’t’être bin qu’oui, p’t’être bin que non…

Pour apprécier pleinement le cadeau de Stephen King il faut faire abstraction de tout ce que vous venez de lire et ne retenir que l’annonce de l’auteur :

« Je poste une toute nouvelle histoire courte, si vous voulez la lire, songez-y comme à une mise en bouche pour le plat principal, The Outsider, à venir la semaine prochaine. L’histoire est gratuite. Lisez, imprimez, partagez, peu importe. Amusez-vous !»

De quoi ça cause d’abord ?

Lloyd est un veuf inconsolable depuis le décès de sa femme. Pour l’aider à surmonter son deuil, sa sœur Beth lui rend visite et lui offre un adorable chiot baptisé Laurie dont il ne veut pas.

Mais avec le temps, un lien se crée entre l’homme et l’animal…

Le petit truc en plus.

Stephen King a rédigé cette nouvelle en hommage à Vixen, la chienne corgi de son épouse, décédée au printemps 2018.

Et finalement c’est oui…

Certes il n’y a aucun élément fantastique dans cette nouvelle de 41 pages mais si vous aimez les animaux elle ne devrait pas vous laisser indifférent. L’auteur y décrit admirablement la relation qui se noue (et évolue) entre l’homme et l’animal. Ne serait-ce que pour la justesse du récit je vote oui sans hésitation.

À une époque où la maltraitance animale fait encore trop souvent la une, où des crevures abandonnent au bord d’un route leur animal de compagnie pour pouvoir partir en vacances peinard (que ces salopards s’étouffent avec leur chipos cramées et leur rosé de grande surface), il n’est pas inutile de rappeler que la grande majorité des propriétaires aiment et respectent leur(s) compagnon(s) à quatre pattes (ça marche aussi pour les oiseaux, les serpents, les poissons et autres NAC).

Un autre petit truc en plus…

Au hasard d’une promenade, Lloyd et Laurie croiseront la route d’une autre bestiole nettement moins avenante… mais 100% naturelle et d’origine terrienne.

[BOUQUINS] Gaëlle Perrin-Guillet – Haut le Choeur

AU MENU DU JOUR

G. Perrin-Guillet - Haut Le Choeur
Titre : Haut Le Chœur
Auteur : Gaëlle Perrin-Guillet
Éditeur : Rouge Sang (2013)
Édition révisée : Taurnada (2019)
Origine : France
244 pages

De quoi ça cause ?

Source : 4ème de couverture.

« Quand je sortirai, tu seras la première prévenue… Je saurai te retrouver. »

Depuis qu’Éloane Frezet, la tueuse en série la plus abjecte de ces dernières années, a prononcé ces mots, Alix Flament vit dans l’angoisse que la criminelle sanguinaire s’évade de prison…

Alors, quand la journaliste reçoit un coup de téléphone d’Éloane en pleine nuit, elle comprend que la meurtrière va honorer sa promesse…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que les éditions Taurnada font partie de ces éditeurs que je suis avec assiduité, tout particulièrement leurs thrillers de la collection Au tourbillon des mots ; des titres qui m’ont déjà valu quelques belles découvertes et, cerise sur le gâteau, ne m’ont jamais déçu.

Joël, l’éditeur, m’ayant gentiment proposé de me faire parvenir un SP en échange d’une chronique, je me suis empressé d’accepter son offre.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée.

Publié initialement aux éditions Rouge Sang en 2013 et récompensé du prix Dora Suarez en 2014, Haut Le Chœur est aujourd’hui quasiment introuvable. Gaëlle Perrin-Guillet et Taurnada lui offrent une seconde jeunesse avec cette réédition entièrement revue et corrigée.

Une fois de plus Taurnada nous propose de découvrir un thriller original et mené tambour battant sans le moindre temps mort. Un roman court, mais intense… et brutal ! Il faut dire que certaines mises à mort sont particulièrement perverses (sans parler des précédentes victimes des tueurs, dont la seule mention suffit à faire froid dans le dos).

Au fil des chapitres (courts et percutants), Gaëlle Perrin-Guillet passe d’un personnage à l’autre pour nous faire vivre l’intrigue de son point de vue plutôt que de se focaliser sur un personnage central. Si cette approche apporte une réelle dynamique au récit et à son déroulé, elle empêche toutefois de vraiment s’attacher aux personnages. Construire un thriller en misant avant tout sur le rythme est un choix plutôt cohérent ; et sur ce point l’auteure réussit un véritable coup de maître.

Outre Alix Flament et Éloane Frezet le lecteur devra aussi compter sur l’équipe d’enquêteurs dirigée par Gautier Ruiz et Stéphane Noisel, mais aussi sur Camille Vivier, une jeune profileuse chargée d’assister la police et Flavien Bernet, le mari d’Alix, légiste de son état en charge des autopsies des victimes de Frezet.

Dans le monde des crimes en série la parité n’est pas de mise ; la gent masculine est en effet beaucoup plus représentée que leurs homologues féminins. Force est de constater que chez Taurnada la tueuse en série a le vent en poupe, en effet le précédent roman lu, Mon Ombre Assassine, mettait déjà en scène une tueuse en série… Quoi qu’il en soit, s’agissant de Nadège Solignac ou d’Éloane Frezet, elles n’ont pas à rougir de leur parcours meurtrier ni de leur degré de perversité malsaine.

Pour faire avancer leur enquête, les flics doivent comprendre la nature de l’oeuvre de la tueuse, et de son mentor avant elle. Pour ma part je dois avouer que le titre du roman, associé à la couverture, m’a tout de suite mis sur la voie. Je tiens à préciser que cela ne m’a nullement empêché de profiter pleinement de cette lecture.

MON VERDICT