Estelle Tharreau – Point De Fuite

Alors qu’une tempête se déchaîne, un criminel tente d’échapper à la police et à son complice. Une réceptionniste dépose une étrange valise dans une chambre d’hôtel où un petit garçon est enfermé. Une femme guette l’arrivée du père de son enfant, et un steward désespéré attend d’embarquer pour un vol ultime.

Tous approchent du point de non-retour qui fera basculer leur existence.

Estelle Tharreau fait partie des auteurs historiques des éditions Taurnada, elle a largement prouvé qu’elle maîtrisait les codes de la littérature policière. Le duo fait partie de mes incontournables depuis déjà quelques temps.

Point De Fuite est le neuvième roman d’Estelle Tharreau que je découvre. À chaque lecture, ou presque, je ressors bluffé par la qualité de ses intrigues policières. L’auteure maîtrise parfaitement les codes du thriller et n’hésite jamais à les bousculer, voire à les détourner lorsque cela sert son histoire. Une audace qui fait aujourd’hui partie de sa signature.

Pour ce nouveau roman, Estelle Tharreau choisit un décor aussi original qu’efficace : un immense aéroport international dont le nom ne sera jamais révélé. Les patronymes des personnages laissent supposer une localisation occidentale, probablement européenne, mais rien ne vient jamais le confirmer. Ce choix d’anonymat confère au récit une portée presque universelle : cet aéroport pourrait être n’importe lequel de ces gigantesques hubs où transitent quotidiennement des dizaines de milliers de voyageurs.

Le décor est exploité avec une remarquable intelligence. Derrière les halls d’embarquement se cache un véritable labyrinthe composé de couloirs de service, de locaux techniques, d’hôtels, de salles d’attente et de zones interdites au public. Au sommet de cet ensemble trône la tour de contrôle, véritable centre névralgique de cette cité miniature qui ne dort jamais. Un univers où se croisent passagers, personnels navigants, agents de sécurité, techniciens, employés de maintenance et tous ceux qui œuvrent dans l’ombre au bon fonctionnement de cette gigantesque mécanique.

Puis survient l’élément déclencheur. Une violente tempête de neige paralyse totalement l’aéroport, coupant ses occupants du reste du monde. Les avions restent cloués au sol, les sorties deviennent impossibles et chacun se retrouve prisonnier de ce huis clos imposé par les éléments. Les choses sérieuses peuvent alors commencer.

L’intrigue se concentre sur une poignée de personnages soigneusement choisis, au premier rang desquels Victor, un criminel notoire en cavale après l’échec sanglant de son dernier coup. Traqué à la fois par les forces de l’ordre et par un ancien complice bien décidé à se venger, il entraîne le lecteur dans une chasse à l’homme où chaque minute compte, la météo venant sans cesse compliquer la situation.

Dans un premier temps, il est pourtant difficile de comprendre la place qu’occupent les autres protagonistes. Comme souvent chez Estelle Tharreau, rien n’est laissé au hasard. Avec une maîtrise remarquable de la construction narrative, elle orchestre les trajectoires de chacun avec la précision d’un chef d’orchestre. Peu à peu, les liens invisibles qui unissent ces personnages apparaissent, révélant un tableau d’ensemble bien plus complexe qu’il n’y paraissait.

Seul Gauthier Pendanx, steward profondément meurtri par la vie, semble évoluer en marge de cette mécanique parfaitement huilée. Son histoire paraît d’abord indépendante de l’intrigue principale. Pourtant, sa présence n’a rien de gratuite : elle apporte une dimension profondément humaine au récit et incarne une solitude ainsi qu’un désespoir qui contrastent avec l’agitation permanente de l’aéroport.

L’aéroport lui-même devient un personnage à part entière. Son architecture, ses espaces clos, ses itinéraires cachés influencent constamment les déplacements des protagonistes et participent pleinement à la tension. Quant à la tempête, elle dépasse largement le simple rôle de toile de fond : elle agit comme une force supérieure qui maintient chacun captif, suspendant le temps jusqu’à ce qu’elle décide enfin de relâcher son emprise.

Estelle Tharreau signe ici un thriller psychologique prenant, construit comme un huis clos particulièrement oppressant. Sa plume, toujours aussi directe et sans fioritures, privilégie des chapitres courts qui impriment un rythme soutenu à la lecture. L’auteure s’amuse également avec la temporalité, tordant parfois l’arc chronologique ou multipliant les écrans de fumée afin de retarder les révélations.

Certes, quelques situations paraîtront sans doute un peu invraisemblables aux lecteurs les plus exigeants. Mais elles ne nuisent jamais réellement au plaisir de lecture tant elles s’intègrent à une intrigue solidement construite et remarquablement maîtrisée.

Avec Point De Fuite, Estelle Tharreau livre un thriller noir, tendu et efficace, mais aussi un roman profondément humain où les blessures, les regrets et les choix des personnages comptent autant que le suspense. Une nouvelle démonstration de son savoir-faire qui confirme, une fois encore, qu’elle compte parmi les auteures françaises les plus talentueuses du thriller psychologique.

David Coulon – Le Murmure Des Victimes

Une maison isolée.
Emma, huit ans, a trouvé refuge dans une chaleureuse famille d’accueil, loin de ses parents toxiques. Mais, la nuit, elle entend un monstre rôder derrière les murs, un murmure étouffé que les adultes mettent sur le compte de son imagination.

Une nuit, un drame éclate non loin : un homme assassine sa compagne dans un accès de violence atroce. Poursuivi et acculé par les forces de l’ordre, il se réfugie dans la maison où vit la petite fille, à l’insu de ses occupants. Traqué, il s’y cache, devenant prisonnier invisible de la bâtisse.

Comment ne pas sombrer dans la folie alors qu’il croit peu à peu percevoir des râles et des griffures la nuit ? Emma a-t-elle raison ? Une bête est-elle tapie dans l’ombre ? Mais pourquoi seule la petite fille et lui semblent-ils l’entendre ?

Les monstres existent-ils ?
Vivent-ils chez nous ?
Dans nos maisons ?

Il n’aura fallu que deux romans (Trouble Passager et Demain Disparue) à David Coulon pour que je considère comme une plume majeure de la littérature noire francophone. De fait, il m’était impossible de passer à côté de ce bouquin.

D’entrée de jeu, on fait connaissance avec le trio 100 % féminin qui portera une grande partie de ce récit. Emma est une fillette de huit ans victime des abus de ses parents, aujourd’hui emprisonnés. Elle est confiée à ses tutrices, Audrey et Naïma, un couple installé dans une maison isolée, au cœur des forêts du Morvan. Tout pourrait aller pour le mieux si la petite n’était pas intimement convaincue qu’un « monstre » hante le grenier situé juste au-dessus de sa chambre.

La touche masculine du récit est apportée par Joachim, le frère d’Audrey. Après avoir tué sa compagne, il est activement recherché par la police. Sans autre solution, il décide de se réfugier – à l’insu de leur plein gré – chez sa sœur et Naïma. Une décision d’autant plus risquée qu’il sait parfaitement que les deux femmes nourrissent une haine farouche envers les hommes coupables de violences conjugales. C’est à travers son regard, ses pensées et ses interrogations que le lecteur vivra une large partie de l’intrigue.

Il y a pourtant un quatrième acteur qui viendra compléter ce tableau… même s’il se serait volontiers passé du rôle qu’il est appelé à jouer. Une vérité glaçante que Joachim découvrira avec effroi.

Tous les ingrédients sont désormais réunis pour que David Coulon prenne les commandes d’un thriller psychologique en quasi huis clos dont il devient très difficile de décrocher une fois les premières pages tournées.

La maison d’Audrey et Naïma, dans laquelle se déroule l’essentiel de l’intrigue, devient presque un personnage à part entière. Isolée au milieu de la forêt, elle dégage d’abord une impression de refuge, de cocon protecteur. Pour les deux femmes, ce n’est pas seulement leur nid d’amour : c’est aussi le lieu où elles ont tenté de se reconstruire après des drames personnels directement liés aux violences faites aux femmes. Accueillir Emma apparaît alors comme une évidence, une manière d’offrir à cette enfant meurtrie la possibilité de retrouver un semblant d’innocence.

Mais derrière cette façade rassurante se cache une réalité beaucoup plus sombre. La reconstruction d’Audrey et Naïma a emprunté un chemin bien moins avouable, et la maison finit par révéler une facette aussi inquiétante que fascinante.

Psychologue de profession, David Coulon place naturellement l’humain au cœur de son intrigue. Plus qu’une simple mécanique de thriller, Le Murmure Des Victimes est avant tout une plongée dans les traumatismes, la culpabilité et les mécanismes psychologiques qui façonnent les personnages. Il oppose avec beaucoup de justesse l’innocence d’Emma à la culpabilité de Joachim, une culpabilité constamment atténuée par le déni dans lequel celui-ci tente de se réfugier.

À travers Emma, l’auteur dénonce la maltraitance infantile et les cicatrices invisibles qu’elle laisse derrière elle. Avec Joachim, mais aussi Audrey et Naïma, il s’attaque à un autre fléau : les violences faites aux femmes et les féminicides, tout en pointant du doigt les limites, voire les défaillances, des institutions censées protéger les victimes.

Le roman pousse également le lecteur à s’interroger sur sa propre perception de la monstruosité. Qu’est-ce qu’un véritable monstre ? À partir de quel moment bascule-t-on de l’humain vers l’inhumain ? Si condamner les actes des parents d’Emma ou ceux de Joachim ne souffre d’aucune hésitation, David Coulon introduit un autre cas de figure, bien plus dérangeant moralement. Et je dois reconnaître qu’une fois le livre refermé, je n’ai pas été capable de me prononcer aussi catégoriquement. Une preuve supplémentaire que le roman dépasse largement le simple thriller pour explorer des zones grises où les certitudes vacillent.

Pour mieux captiver son lecteur, David Coulon adopte un style volontairement épuré, précis et efficace. Les chapitres sont courts, les phrases vont à l’essentiel et l’introspection occupe une place importante sans jamais alourdir le récit. Ce rythme particulièrement maîtrisé entretient une tension constante qui ne cesse de monter en puissance jusqu’à un dénouement aussi surprenant que percutant.

Avec Le Murmure Des Victimes, David Coulon signe un thriller psychologique sombre, oppressant et profondément humain. En abordant des sujets particulièrement sensibles sans jamais tomber dans le sensationnalisme, il confirme une nouvelle fois son talent pour explorer les parts les plus obscures de l’âme humaine. Une lecture aussi prenante que dérangeante, qui pousse autant à tourner les pages qu’à réfléchir longtemps après les avoir refermées.

Jacques Expert & Philippe Balland – Je Suis Amélie Lenglet

La petite Amélie Lenglet a été enlevée à l’âge de sept ans. Une affaire non résolue qui a bouleversé la France. Dix ans plus tard, une jeune fille réapparaît soudainement. Elle dit avoir réussi à fuir ses ravisseurs après des années de séquestration. Un miracle pour ses parents, qui n’ont jamais perdu espoir.

L’enquête ne permet ni de retrouver les kidnappeurs ni d’établir sa réelle identité. Peu importe, pour ses parents, il s’agit bien de leur enfant. La famille réunie tente de renouer avec le bonheur du quotidien quand quelques semaines plus tard surgit une seconde jeune fille affirmant : « Je suis Amélie Lenglet. » Et donnant, elle aussi, des détails troublants de vérité sur son enfance avant son enlèvement.

Laquelle des deux est la « vraie » Amélie ? Même les parents ne sont pas d’accord…

Parce que je suis un grand fan de Jacques Expert, l’occasion de le découvrir dans un contexte inhabituel, puisque ce roman a été écrit à quatre mains avec la complicité de Philippe Balland – j’avoue sans complexe que je ne connaissais pas du tout cet auteur.

Le pitch est plutôt accrocheur, je pars confiant !

Au risque d’enfoncer une porte ouverte, je ne crois pas qu’il existe d’épreuve plus atroce pour des parents que la disparition de leur enfant. Pas de corps pour permettre un deuil, pas de certitude non plus : seulement cette infime lueur d’espoir, tenace et douloureuse, que l’enfant soit encore en vie et qu’il se manifeste un jour.

C’est précisément le cauchemar qu’ont vécu les Lenglet. Leur fille Amélie a été enlevée à l’âge de sept ans. Dix ans plus tard, une adolescente affirme avoir échappé à ses ravisseurs et être Amélie Lenglet. Le choc est immense. Si le père est immédiatement convaincu qu’il s’agit de sa fille, la justice, elle, doit se prononcer avant de confier officiellement la jeune fille au couple.

L’enquête est confiée à l’équipe de la major Desjeunes, épaulée par le professeur Meignan, un expert psychiatre appelé en renfort. Très vite, le doute s’installe : celle qui prétend être Amélie n’a aucun souvenir de ses années passées auprès de ses parents. Une amnésie qui peut certes s’expliquer médicalement, mais qui complique sérieusement les choses. Comment être sûr ? Comment trancher entre science, intuition et désir viscéral d’y croire ? Finalement, c’est l’absolue certitude de M. Lenglet – presque une foi aveugle – qui va peser dans la balance et conduire à une décision favorable aux parents.

Tout est bien qui finit bien ? Que nenni. Ce serait bien trop simple… et surtout bien moins intéressant.

Une seconde jeune fille surgit alors et affirme, elle aussi, être Amélie Lenglet. Cette fois, les éléments troublants s’accumulent : souvenirs précis de l’enfance, détails intimes du quotidien familial, description minutieuse du lieu de détention et des ravisseurs. Là où M. Lenglet rejette catégoriquement cette nouvelle venue, persuadé qu’il s’agit d’une imposture, Mme Lenglet, elle, sent au plus profond d’elle-même que cette jeune fille est leur véritable enfant.

Alors qui dit la vérité ? Qui ment ? Qui manipule qui — et dans quel but ?

C’est tout l’enjeu de ce roman, et l’écheveau que la major Desjeunes et le professeur Meignan vont tenter de démêler, en espérant approcher une vérité qui ne cesse de se dérober. De leur côté, Jacques Expert et Philippe Balland disposent là d’un terrain de jeu idéal pour malmener leurs lecteurs. Attendez vous à douter en permanence. Chaque fois que vous pensez tenir le bon bout, un nouvel élément vient balayer vos certitudes. Quant au final, il vous tombe dessus comme un véritable tsunami.

À force d’ajouter des couches à une intrigue déjà très dense, le récit frôle parfois le too much. Certaines situations forcent un peu la crédibilité et demandent au lecteur une certaine indulgence. Pour ma part, j’ai choisi de me laisser porter par l’histoire, de jouer le jeu jusqu’au bout. Tant pis si, par moments, le réalisme prend du plomb dans l’aile : j’ai décidé d’être bon public jusqu’au clap de fin.

Du côté des personnages, en revanche, je dois avouer ne pas avoir ressenti d’empathie particulière. Ni pour la major Desjeunes, ni pour les deux adolescentes. Cette distance émotionnelle ne m’a toutefois pas empêché d’apprécier pleinement la mécanique du récit, redoutablement efficace, et la manière dont les auteurs exploitent les failles humaines — le besoin de croire, la culpabilité, la peur de se tromper.

Je Suis Amélie Lenglet est donc un thriller psychologique efficace, manipulateur à souhait, qui joue avec les nerfs du lecteur et l’entraîne dans une spirale de doutes jusqu’à son dénouement brutal. Un roman imparfait, parfois excessif, mais suffisamment prenant pour qu’on tourne les pages sans se poser trop de questions…

[BOUQUINS] Freida McFadden – La Femme De Ménage

Chaque jour, Millie fait le ménage dans la belle maison des Winchester, une riche famille new-yorkaise. Elle récupère aussi leur fille à l’école et prépare les repas avant d’aller se coucher dans sa chambre, au grenier. Pour la jeune femme, ce nouveau travail est une chance inespérée. L’occasion de repartir de zéro.

Mais, sous des dehors respectables, sa patronne se montre de plus en plus instable et toxique. Et puis il y a aussi cette rumeur dérangeante qui court dans le quartier : madame Winchester aurait tenté de noyer sa fille il y a quelques années. Heureusement, le gentil et séduisant monsieur Winchester est là pour rendre la situation supportable.

Mais le danger se tapit parfois sous des apparences trompeuses. Et lorsque Millie découvre que la porte de sa chambre mansardée ne ferme que de l’extérieur, il est peut-être déjà trop tard…

Si vous n’avez jamais entendu parler du « phénomène littéraire » qu’est supposé être ce bouquin, c’est que vous avez passé ces dernières années à l’isolement (volontaire ou non, cela ne nous regarde pas)… ou sur une autre planète (là en revanche, j’avoue que ça pique ma curiosité).

Bref, il était grand temps que je me confronte à cette fameuse femme de ménage et que je me fasse ma propre idée sur son cas.

Dès le prologue Freida McFadden nous plonge au cœur du drame, il s’est passé quelque chose de grave chez les Winchester et la narratrice a bien conscience d’être dans le pétrin.

Retour trois mois en arrière, quand la jeune Millie Calloway, en liberté conditionnelle après avoir purgé une peine de dix années de prison, se fait embaucher comme femme de ménage chez les Winchester. Pour elle ce job est une aubaine inespérée, pour le garder elle est prête à supporter les sautes d’humeur et les contradictions de sa patronne, Nina Winchester. Même les caprices de sa gamine, Cecelia, l’archétype de la gosse pourrie gâtée, ne la feront pas flancher.

Pendant toute la première partie du roman (un peu plus de la moitié du bouquin), Millie partage avec les lecteurs son expérience chez les Winchester. Un quotidien fait de confrontations répétées avec la maîtresse de maison. Intéressant mais pas transcendant, on se demande où Freida McFadden compte nous mener.

Petit bémol dans cette première partie sur les réflexions répétées de Millie sur la beauté du ténébreux paysagiste ou celle du discret maître des lieux. OK, elle sort de taule mais là on a l’impression que si elle se fourre un œuf entier dans son intimité, il sort cuit dur en quelques secondes.

Les cartes sont totalement rebattues dans la seconde partie du roman et un changement majeur au niveau du narrateur (ou de la narratrice, allez savoir). On découvre une vérité que l’on était loin d’imaginer et certaines interrogations trouvent leur réponse.

Finalement ce qui s’annonçait comme un thriller psychologique assez fade révèle toutes ses saveurs. De révélations en révélations, on en prend plein les mirettes… et ce quasiment jusqu’à la dernière page (mention spéciale pour la dernière phrase d’Evelyn Winchester). Force est de constater que la réputation qui précédait le bouquin n’est pas surfaite.

Que les choses soient claires, ce n’est pas de la grande littérature, ni le thriller de la mort qui tue, mais il n’en reste pas moins suffisamment bien pensé et construit pour faire son effet. Ce revirement de situation dans la seconde partie m’a hameçonné, à partir de là je n’ai plus pu lâcher le bouquin.

Mission accomplie pour Freida McFadden, elle peut ajouter une nouvelle victime à son tableau de chasse. Il est plus que probable que je me lancerai dans les autres tomes de la série, et ce sans trop tarder (il faut battre le fer tant qu’il est chaud).

[BOUQUINS] Estelle Tharreau – L’Alpha & L’Oméga

Cédric est l’enfant non désiré de Nadège Solignac, tueuse en série.

Au fil du temps, il découvre son passé familial et tente de grandir sous l’ombre meurtrière de sa mère.

Mais un tel monstre peut-il aimer ? Peut-on seulement lui survivre ?

La principale raison tient à la maison Taurnada. Je leur suis d’une fidélité indéfectible, j’essaye de ne passer à côté d’aucun de leurs titres… Même si dans le cas présent je poste cette chronique avec un retard assumé.

Si l’auteure, Estelle Tharreau, ne m’a jamais déçu (bien au contraire), j’avoue que j’ai éprouvé un plaisir malsain à l’idée de retrouver le personnage de Nadège Solignac. Un sacré spécimen tout en noirceur et totalement dénué d’empathie, que l’on avait découvert dans Mon Ombre Assassine.

Je remercie chaleureusement les éditions Taurnada et la plateforme Net Galley pour leur confiance renouvelée. Je profite aussi de cette chronique pour m’excuser auprès de Joël pour le retard pris dans mes lectures. J’ai en effet de nombreux titres des éditions Taurnada en attente, je m’engage à tous les lire et chroniquer chacun d’entre eux… en revanche je ne peux m’engager sur un délai pour ces retours.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je vous recommande vivement de lire Mon Ombre Assassine avant de vous lancer dans ce roman. Vous aurez ainsi en main toutes les clés de « l’Affaire Solignac », un atout indéniable pour comprendre et apprécier pleinement tous les tenants et les aboutissants de L’Alpha & L’Oméga. Si vous comptez suivre ce conseil, je vous invite à ne pas aller plus loin dans la lecture de cette chronique.

Alpha : première lettre de l’alphabet grec, dans une meute (ou dans un groupe) désigne le(s) leader(s).
Oméga : dernière lettre de l’alphabet grec, dans une meute désigne les individus se situant au bas de la hiérarchie. L’oméga pourra servir de souffre-douleur au reste de la meute, mais il est aussi possible qu’il joue un rôle de médiateur afin de faire baisser les tensions et éviter les hostilités.

C’est avec un réel plaisir que j’ai retrouvé le personnage de Nadège Solignac, tueuse en série implacable dont la noirceur d’âme n’a d’égale que son absence d’empathie. Bien que déclarée innocente par la justice, elle est mise au ban de la société par la rumeur. Mais elle s’en fout, du moment qu’elle peut mener sa vie comme elle l’entend et poursuivre ses « petites affaires ».

Les choses vont toutefois se compliquer quand elle va mettre au monde un fils. Comme toute mère bien attentionnée, la première question qui lui vient à l’esprit et de savoir s’il doit vivre ou si elle doit s’en débarrasser. Ne parvenant pas à trancher, elle opte pour une solution à la Nadège Solignac, s’il survit à sa mise à l’épreuve alors soit, sinon… bin tant pis.

Dès lors le roman va s’articuler autour de trois points de vue, celui de Nadège bien entendu, celui de Cédric, son fils, et – dans une moindre mesure – celui de Julien (le frère de Nadège). Estelle Tharreau nous invite à suivre une intrigue qui va s’étaler sur plusieurs années. Fidèle à son habitude, elle décortique avec intelligence la personnalité de chacun, nous offrant un thriller psychologique d’une rare intensité.

Alpha & Oméga. Nadège & Cédric. Mais la hiérarchie n’est pas figée dans le marbre… Avec l’éducation que lui a prodigué Nadège, il est plus que probable que Cédric se verrait bien devenir l’Alpha… Mais quand ? Et à quel prix ?

L’auteure nous tient en haleine sans tomber dans la facilité de la surenchère, tout se joue en finesse dans une implacable guerre des nerfs. On découvre de nouveaux pans de la face cachée de la très respectable famille Solignac, avec une ultime révélation qui ne manquera pas de vous laisser sur le cul.

Plus le temps passe, plus le lecteur réalise que Cédric est bien le fils de sa mère… pour le meilleur et pour le pire. Une fois de plus, Estelle Tharreau nous offre un roman coup de poing parfaitement orchestré, de la première à la dernière page.

[BOUQUINS] Muriel Houri – Memories

À l’aube, une jeune femme vêtue d’une simple chemise de nuit est découverte gravement blessée au fond d’un fossé, le long d’une route de campagne.

Elle ne se souvient de rien, sauf d’un prénom : ÉMILIE.

Aucun signalement de disparition, aucun témoin. Son identité est un mystère. Cependant, la découverte d’un objet tranchant à ses côtés et de traces d’ADN relevées sur ses vêtements la plonge au cœur d’une affaire criminelle.

En attendant son procès, Émilie est détenue à l’hôpital psychiatrique et confiée au renommé Professeur Berthier. Malgré les éléments incriminants, le psychiatre refuse de croire en la culpabilité de sa patiente. Il implore alors l’aide d’Adam, un ami thérapeute, prêt à braver l’interdit pour contribuer à prouver son innocence.

Parce que ce roman signe le grand retour sur ma scène éditoriale des éditions Flamant Noir, une maison chère à mon cœur que je suis depuis ses débuts. Au terme d’une mise en repos pour des raisons personnelles et professionnelles, tel un Phénix le Flamant renaît de ses cendres.

Je remercie les éditions Flamant Noir et la plateforme Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Les éditions Flamant Noir font partie de ces maisons qui occupent une place à part dans mon cœur de lecteur, un éditeur certes modeste par la taille – au vu notamment des géants du monde de l’édition –, mais dont le catalogue regorge de pépites. Fidèle de la première heure, je ne peux que me réjouir du retour du Flamant sur la scène éditoriale.

C’est avec Muriel Houri et son roman Menace que j’ai découvert Flamant Noir, le coup de cœur fut immédiat et ne s’est jamais démenti au fil du temps. Un heureux hasard a justement voulu que ce soit à Muriel Houri que revienne le privilège de remettre le Flamant sur les rails.

Je vais commencer par évacuer un petit bémol de pure forme (comme ça ce sera fait, on pourra ensuite se consacrer pleinement à l’intrigue du roman), la version obtenue dans le cadre du partenariat avec Net Galley contient pas mal de coquilles résiduelles (sauts de lignes manquants, dialogues non identifiés par un tiret semi-cadratin et quelques fautes non corrigées). Rien de franchement rédhibitoire mais suffisant toutefois pour faire tiquer quand on tombe dessus (je n’ai malheureusement pas pris le temps de les lister pour les renvoyer à l’éditeur). J’espère qu’un ultime travail de relecture aura été fait avant la diffusion de la version commerciale du roman.

Pour ce troisième roman publié chez le même éditeur, l’auteure reste dans un registre qu’elle maîtrise sur le bout des doigts : le thriller psychologique.

Force est de reconnaître que dans un registre pareil l’amnésie offre un terrain de jeu aux possibilités quasiment infinies, nombre d’auteurs ont même brillamment exploités ce filon (à commencer par Robert Ludlum avec sa trilogie Jason Bourne, mais on peut aussi citer Franck Thilliez, Jean-Christophe Grangé, S.J. Watson, Dean Koontz, Sebastian Fitzek…).

Du coup j’en vois déjà certains se la jouer blasés, voire se la péter en clamant haut et fort que plus rien ne peut les étonner. Ne perdez pas de vue la sagesse populaire qui affirme que c’est dans les vieux pot que l’on fait les meilleures soupes (ou confitures), Muriel Houri le confirme avec ce roman.

Si elle ne ménage pas ses personnages – à commencer par cette pauvre Émilie –, les lecteurs peuvent aussi s’attendre à être malmenés, attendez-vous à quelques poussées d’adrénaline et à une surchauffe des neurones.

Il faut dire que le calvaire subit par Émilie ne peut laisser personne indifférent. Son témoignage à de quoi bouleverser même les plus endurcis, mais il entretient aussi quelques zones d’ombres… Des souvenirs qui ne veulent pas remonter à la surface ? peut-être… ou pas !

De son côté Adam, le thérapeute chargé de l’aider à renouer avec sa mémoire perdue, est lui-même un personnage en proie au doute, rongé par les souvenirs et ses démons intérieurs. Et si cette rencontre avec Émilie lui ouvrait les portes d’une paix intérieure qui lui fait tant défaut ?

Le parcours d’Adam et Émilie est entrecoupé de passages mettant en scène un troisième personnage, un être profondément malfaisant, cruel et sadique. Certes les parents ne valent guère mieux mais ça n’excuse pas tout… je serai même encore plus vindicatif en affirmant que ça ne saurait être une excuse : une déviance reste une déviance. Et en matière de déviance, l’auteure repousse les limites de l’imaginable.

Une intrigue oppressante à souhait, parfois même déroutante. Peut-être que certains détails dans le récit d’Émilie vous interpelleront par leur incohérence, contrairement à ce que vous pourriez croire de prime abord, ce n’est pas l’auteure qui est à blâmer. Le voile se lèvera complètement dans la dernière partie du récit. Et quel final en apothéose !!!

Pour inaugurer son grand retour Flamant Noir ne pouvait rêver meilleur ambassadeur que ce roman. Reste à espérer que ce soit le premier d’une longue lignée petits flamants tout aussi prometteurs… Sur ce point j’ai une confiance absolue en Nathalie, nul doute qu’elle saura nous régaler et nous surprendre.

[BOUQUINS] David Belo – Mon Ami Charly

Après un traumatisme, deux adolescents de 14 ans, Charly et Bastien, inventent le BINGO : une philosophie permettant d’anticiper, d’extrapoler et de déjouer les dangers de la vie.

Toujours en place trente ans plus tard, le BINGO promet des vacances d’été paisibles au mont Corbier pour Bastien et sa famille.

Mais lorsque l’énigmatique Chloé, meilleure amie de sa fille, se joint à l’escapade, le BINGO semble caduc.

Bastien panique et la montagne se métamorphose en théâtre des enfers.

Certaines choses sont imprévisibles.

Parce que c’est Taurnada, ce qui est déjà un gage de qualité en soi. Et parce que c’est l’occasion de découvrir un nouvel auteur qui a rejoint leur écurie.

Je remercie les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée.

Avec Mon Ami Charly David Belo signe un thriller psychologique qui prendra un malin plaisir à jouer avec vos nerfs et vos certitudes. Pour un résultat optimum, l’auteur va aussi jouer avec la trame chronologique, multipliant les flashbacks et des visions alternatives de ce que nous tenions alors pour acquis.

Vous allez faire connaissance avec Bastien, marié à la femme qu’il aime depuis l’adolescence et père de deux enfants ; un homme comblé pourrait-on dire. Mais aussi un véritable névrosé de l’anticipation à tout prix, typiquement le gars qui me ferait péter une durite en quelques minutes si j’avais le malheur de le connaître.

On découvrira bien vite les raisons de la névrose de Bastien, et comment il a été amené, avec l’aide son ami Charly, à créer le BINGO. Un « outil » censé les préserver de toute mauvaise surprise ou imprévu.

Inutile vous dire que pour un gars qui veut tout prévoir et anticiper, apprendre à la dernière minute que la meilleure amie de sa fille va les accompagner lors de leurs vacances à la montagne est tout sauf une bonne nouvelle. Trop d’inconnues à envisager pour ce phobique de l’imprévu.

Une grande partie de l’intrigue repose sur la relation entre Bastien et Charly, pour ma part j’ai rapidement compris qu’il y avait un truc pas net dans l’affaire, j’avais échafaudé une première hypothèse bien vite balayée par le déroulé du récit. Je me suis alors laissé porter par l’intrigue avec ce sentiment persistant qu’il y avait un bug quelque part, j’étais toutefois à mille lieues d’imaginer la surprise que nous réservait David Belo.

Bien que n’ayant eu aucune empathie pour les personnages de Bastien – son côté névrosé obsessionnel a définitivement été rédhibitoire – et de Charly – là c’est purement viscéral, je ne le sentais pas –, cela ne m’a nullement empêché d’apprécier l’intrigue machiavélique tissée par l’auteur.

Force est de reconnaître que David Belo s’attache à travailler en profondeur la personnalité et la psychologie de ses personnages ainsi que leurs liens. Même les personnages qui pourraient passer pour « secondaires » bénéficient d’une attention particulière afin que rien ne soit laissé au hasard dans le déroulé de son intrigue.

Le récit à la première personne nous plonge dans les méandres de l’esprit tourmenté de Bastien, pas toujours facile de démêler le vrai du faux. Un doute semé intentionnellement par l’auteur qui contribue à embrouiller les neurones – déjà rudement éprouvés – des lecteurs.

Incontestablement le véritable tour de force de l’auteur tient dans la troisième et dernière partie de son récit. C’est un pari pour le moins audacieux de balayer d’un simple revers de la main tout ce que nous pensions alors savoir. Cela aurait pu être un écueil fatal pour David Belo, mais il sait contourner l’obstacle pour que son brusque revirement de situation s’intègre parfaitement à l’intrigue.

Même si parfois le roman peut parfois paraître un tantinet déconcertant, je le referme totalement conquis et satisfait. Aucun doute, David Belo ne détonne pas dans le catalogue des éditions Taurnada.

[BOUQUINS] Guillaume Musso – Quelqu’un D’Autre

Côte d’Azur – Printemps 2023.
Au large de Cannes, un yacht dérive entre les îles de Lérins. À son bord repose Oriana Di Pietro, éditrice italienne et héritière d’une célèbre famille milanaise. Agressée sauvagement, elle succombera après dix jours de coma.

Qui a tué Oriana ?
Un homme et trois femmes livrent leur version de l’histoire : Adrien, le mari de la victime, pianiste de jazz séduisant et mystérieux ; l’insaisissable Adèle, sa jeune maîtresse ; Justine, la policière locale chargée de l’enquête et Oriana enfin, à travers le récit bouleversant des dernières semaines de sa vie.
Personne ne ment.
Mais personne n’est d’accord sur la vérité…

Parce que c’est Guillaume Musso et qu’il fait partie de mes auteurs incontournables, d’autant plus qu’il s’est fait désirer pour ce nouveau roman (occupé sur d’autres projets, dont l’excellente adaptation en roman graphique de La Vie Secrète Des Écrivains).

Pour tout vous dire, il a même grillé la priorité à Stephen King dans mon Stock à Lire Numérique ! Peu d’auteurs peuvent se targuer d’un tel exploit…

Retour sur les côtes méditerranéennes pour le nouveau roman de Guillaume Musso. Semblerait que les terres françaises l’inspirent davantage ces dernières années.

La première partie s’ouvre sur l’agression d’Oriana Di Pietro, suivront différents articles de presse relatant l’évolution de l’affaire jusqu’au décès de la victime une dizaine de jours plus tard. Cette première partie se clôt sur un ultime rebondissement, plus d’un an après les faits qui pourrait bien constituer un tournant décisif dans l’avancée de l’enquête.

Le temps d’une garde à vue le lecteur découvrira le déroulé des évènements ayant conduit au drame selon trois protagonistes. Avec Oriana Di Pietro nous verrons défiler les dix-huit derniers mois de son existence et la mise en place d’un plan un brin insensé afin d’assurer un avenir des plus radieux pour son mari et ses deux enfants. Adrien Delaunay, propulsé suspect n°1 par un revirement de l’enquête, va nous livrer sa propre version des faits. Enfin Adèle Keller, la mystérieuse maîtresse d’Adrien, aura, elle aussi, sa propre vérité à partager.

Au fil des interrogatoires, des indices et des découvertes, Justine Taillandier, la policière en charge de l’affaire va devoir démêler le vrai du faux afin d’essayer d’avoir une vision la plus objective possible de la vérité. Problème : si les différents sons de cloche ne s’accordent pas toujours, aucun ne semble totalement dissonant…

Et voilà ami lecteur, tu as mordu à l’hameçon. C’est foutu, tu auras bien du mal à lâcher prise avant d’avoir le fin mot de l’histoire. C’est en tout cas ce qui s’est passé avec moi, commencé un matin juste pour voir… Je n’ai pas pu lâcher l’affaire de connaître toute la vérité et rien que la vérité. Une lecture dévorée en une journée !

Au fil des pages Guillaume Musso nous balade au rythme de ses revirements de situation, coupable ou innocent le mari ? Parfois vous serez-convaincu qu’il a tout manigancé, d’autres fois vous aurez l’absolue certitude qu’il est lui aussi une victime dans cette histoire. Je peux juste vous assurer que le final dépassera tout ce que vous avez pu imaginer !

Certains diront que c’est un peu tiré par les cheveux, pour ma part je trouve que cela s’accorde parfaitement à l’intrigue, à tel point que l’on aurait presque envie de revenir en arrière afin de découvrir les indices que l’auteur a disséminé çà et là.

Je n’entrerai pas dans les détails afin de ne pas spoiler la fin mais vérification faite les explications données à Justine Taillandier sont tout à fait plausibles d’un point de vue purement « technique » (le terme n’est pas forcément le plus adapté, mais si j’employais une formule plus juste je lâcherai un indice majeur).

Il n’y a pas que le personnage d’Adrien Delaunay qui suscitera des sentiments contradictoires au fur et à mesure de la lecture. Ce sont quasiment tous les acteurs de cette intrigue qui souffleront le chaud et le froid.

Un micro bémol sur la toute fin du roman (après la résolution du meurtre d’Oriana) qui ne s’imposait pas vraiment. D’un autre côté ce serait malhonnête de prétendre que ça gâche tout le reste.

Une fois de plus Guillaume Musso a fait mouche en osant jouer avec les codes du thriller. Il manque toutefois un soupçon d’adrénaline pour égaler les maîtres du genre (même si je doute fort que ce soit l’objectif que vise l’auteur).

[BOUQUINS] Magali Collet & Isabelle Villain – In Vino Veritas

AU MENU DU JOUR


Titre : In Vino Veritas
Auteur : Magali Collet & Isabelle Villain
Éditeur : Taurnada
Parution : 2023
Origine : France
252 pages

De quoi ça cause ?

Une galériste, spécialiste de l’art aborigène, est tuée lors d’un vernissage. Les soupçons se portent immédiatement sur Mathias, son époux qui est aussi gendarme.

Augustin, le frère ainé de Mathias, après des années en totale rupture avec sa famille, décide de tout mettre en œuvre pour prouver l’innocence de son frère…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Taurnada et l’occasion de découvrir un roman écrit par deux auteures que j’apprécie énormément.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée.

Magali Collet et Isabelle Villain, deux auteures phare de la maison Taurnada, ont accepté de se livrer à l’exercice du roman à quatre mains, et le moins que l’on puisse c’est que le résultat est des plus concluant.

Une recette classique dans le registre du whodunit (un meurtre et la recherche du coupable) mais parfaitement exploitée par les auteures. Une jeune et brillante galériste est retrouvée morte au cours d’un vernissage, tous les soupçons convergent vers le mari, même si celui-ci est gendarme.

Une intrigue qui prend une tout autre dimension si vous la placez dans une famille de la haute bourgeoise qui jouit d’une certaine renommée dans le monde du vignoble bordelais. Une famille dans laquelle le patriarche est prêt à tout pour que son nom soit tenu à l’écart de toute forme de scandale. Une famille dans laquelle le « fils maudit » revient après plus de 20 ans d’exil volontaire. Comble de malchance, ce dernier pourrait bien être la meilleure chance de sauver les miches du fils prodige, soupçonné de meurtre.

Vous l’aurez compris, Magali Collet et Isabelle Villain mettent l’humain au centre de leur intrigue, une profonde dimension psychologique va se tisser au fil des relations entre les personnages, le tout sur fond de secrets de familles.

Le lecteur se retrouve prisonnier de l’écheveau que tisse les auteures, on voudrait bien croire que Mathias est innocent mais aucun autre coupable ne semble faire surface au fil des pages. Ce serait même plutôt le contraire… jusqu’à un final mais qui m’a littéralement laissé sur le cul. Machiavélique à souhait !!!

Parfois l’intrigue nous renvoie dans le passé à la découverte de quelques épisodes marquants dans la vie de la famille Clavery, mais aussi histoire de lever progressivement le voile sur le déroulé de la nuit du crime. Au fil des chapitres se révèle aussi la personnalité de la victime, Aurèlie n’avait de la blanche colombe que l’image qu’elle voulait bien faire passer aux yeux des autres.

Le bouquin s’avère rapidement addictif, plus moyen de le lâcher une fois que vous aurez été happé par l’implacable mécanique imaginée par les auteures.

Si l’art aborigène vous intéresse ou vous intrigue, je vous invite, comme le font les auteures à la fin du roman, à consulter le site de Stéphane Jacob : artsdaustralie.com. Vous y trouverez notamment la série de toiles Bush Leaves de Abie Loy Kemarre, dont il est question dans le roman. Il y a en effet quelque chose d’hypnotique dans ces fresques.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Chrystel Duchamp – L’Ile Des Souvenirs

AU MENU DU JOUR


Titre : L’Ile Des Souvenirs
Auteur : Chrystel Duchamp
Éditeur : L’Archipel
Parution : 2023
Origine : France
300 pages

De quoi ça cause ?

Quand Delphine se réveille dans un lieu inconnu, elle est menottée à un radiateur. Bientôt rejointe par une autre prisonnière, qu’elle connaît. L’une des deux ne survivra pas à l’horreur…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Chrystel Duchamp. J’ai lu deux autres romans de l’auteure et chacun m’avait fait forte impression donc aucune raison valable de ne pas se laisser à nouveau tenter.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions L’Archipel et la plateforme Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Chrystel Duchamp fait partie de ces rares auteur(e)s qui osent se remettre en question à chaque nouveau roman. Si elle demeure fidèle au thriller, aucun de ses titres ne ressemble aux précédents, aussi bien par les thématiques abordées que par leur construction. Un vrai régal pour les lecteurs !

Le présent roman se divise en quatre parties, chacune se concentrant sur un personnage central. Nous découvrirons ainsi tour à tour, Delphine (la première victime), Maelys (la seconde victime), Romain (l’enquêteur), Erwann (le profiler) et Jessica (la psychotraumatologue).

Les deux premières vont poser les bases (et surtout la scène de crime) d’une intrigue qui pourrait sembler relativement classique. Mais ne vous fiez pas aux apparences, surtout sous la plume acérée de Chrystel Duchamp.

Le moins que l’on puisse dire c’est que l’auteure n’a pas offert une mort brutale à sa victime, la pauvre a eu le temps d’appréhender sa fin dans une longue et douloureuse agonie.

À vrai dire le déroulé de l’intrigue tend vers une hypothèse que mon esprit tordu avait envisagée mais sans parvenir à donner corps à ma conclusion. L’auteure démêle lentement mais surement l’écheveau de l’amnésie post-traumatique de la survivante, ouvrant peu à peu la voie à une sinistre vérité.

Mais comme dirait l’autre « quand y’en a plus, y’en a encore », alors que tout semblait enfin clair comme de l’eau de roche, un putain d’écureuil va rebattre les cartes pour nous offrir un final encore plus sinistre, pervers et machiavélique. Quel coup de maître, chapeau bas miss Duchamp !

Un roman dans lequel la dimension psychologique joue un rôle essentiel, que ce soit dans la personnalité des deux jeunes femmes, dans leur(s) relation(s) ou dans le travail des enquêteurs qui vont tout déployer pour que la rescapée parvienne à passer outre son amnésie post-traumatique. L’auteure ne laisse rien au hasard dans la construction de son intrigue.

Même la couv’ ne doit rien au hasard puisqu’il s’agit de la réinterprétation d’un tableau qui jouera un rôle important dans le déroulé de l’intrigue.

Difficile de ne pas se laisser ferrer par un tel roman, plus difficile encore de le lâcher une fois que vous aurez mordu à l’hameçon.

Pour information Chrystel Duchamp est l’une des fondatrices du collectif Les Louves Du Polar qui réunit les auteures francophones de romans policiers et thriller. Je vous invite à consulter leur site internet ou leur page Facebook pour (re)découvrir une belle brochette de talents. Pub gratuite offerte avec le plus grand plaisir… Parce que vous le valez bien mesdames.

MON VERDICT