[BOUQUINS] Muriel Houri – Memories

À l’aube, une jeune femme vêtue d’une simple chemise de nuit est découverte gravement blessée au fond d’un fossé, le long d’une route de campagne.

Elle ne se souvient de rien, sauf d’un prénom : ÉMILIE.

Aucun signalement de disparition, aucun témoin. Son identité est un mystère. Cependant, la découverte d’un objet tranchant à ses côtés et de traces d’ADN relevées sur ses vêtements la plonge au cœur d’une affaire criminelle.

En attendant son procès, Émilie est détenue à l’hôpital psychiatrique et confiée au renommé Professeur Berthier. Malgré les éléments incriminants, le psychiatre refuse de croire en la culpabilité de sa patiente. Il implore alors l’aide d’Adam, un ami thérapeute, prêt à braver l’interdit pour contribuer à prouver son innocence.

Parce que ce roman signe le grand retour sur ma scène éditoriale des éditions Flamant Noir, une maison chère à mon cœur que je suis depuis ses débuts. Au terme d’une mise en repos pour des raisons personnelles et professionnelles, tel un Phénix le Flamant renaît de ses cendres.

Je remercie les éditions Flamant Noir et la plateforme Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Les éditions Flamant Noir font partie de ces maisons qui occupent une place à part dans mon cœur de lecteur, un éditeur certes modeste par la taille – au vu notamment des géants du monde de l’édition –, mais dont le catalogue regorge de pépites. Fidèle de la première heure, je ne peux que me réjouir du retour du Flamant sur la scène éditoriale.

C’est avec Muriel Houri et son roman Menace que j’ai découvert Flamant Noir, le coup de cœur fut immédiat et ne s’est jamais démenti au fil du temps. Un heureux hasard a justement voulu que ce soit à Muriel Houri que revienne le privilège de remettre le Flamant sur les rails.

Je vais commencer par évacuer un petit bémol de pure forme (comme ça ce sera fait, on pourra ensuite se consacrer pleinement à l’intrigue du roman), la version obtenue dans le cadre du partenariat avec Net Galley contient pas mal de coquilles résiduelles (sauts de lignes manquants, dialogues non identifiés par un tiret semi-cadratin et quelques fautes non corrigées). Rien de franchement rédhibitoire mais suffisant toutefois pour faire tiquer quand on tombe dessus (je n’ai malheureusement pas pris le temps de les lister pour les renvoyer à l’éditeur). J’espère qu’un ultime travail de relecture aura été fait avant la diffusion de la version commerciale du roman.

Pour ce troisième roman publié chez le même éditeur, l’auteure reste dans un registre qu’elle maîtrise sur le bout des doigts : le thriller psychologique.

Force est de reconnaître que dans un registre pareil l’amnésie offre un terrain de jeu aux possibilités quasiment infinies, nombre d’auteurs ont même brillamment exploités ce filon (à commencer par Robert Ludlum avec sa trilogie Jason Bourne, mais on peut aussi citer Franck Thilliez, Jean-Christophe Grangé, S.J. Watson, Dean Koontz, Sebastian Fitzek…).

Du coup j’en vois déjà certains se la jouer blasés, voire se la péter en clamant haut et fort que plus rien ne peut les étonner. Ne perdez pas de vue la sagesse populaire qui affirme que c’est dans les vieux pot que l’on fait les meilleures soupes (ou confitures), Muriel Houri le confirme avec ce roman.

Si elle ne ménage pas ses personnages – à commencer par cette pauvre Émilie –, les lecteurs peuvent aussi s’attendre à être malmenés, attendez-vous à quelques poussées d’adrénaline et à une surchauffe des neurones.

Il faut dire que le calvaire subit par Émilie ne peut laisser personne indifférent. Son témoignage à de quoi bouleverser même les plus endurcis, mais il entretient aussi quelques zones d’ombres… Des souvenirs qui ne veulent pas remonter à la surface ? peut-être… ou pas !

De son côté Adam, le thérapeute chargé de l’aider à renouer avec sa mémoire perdue, est lui-même un personnage en proie au doute, rongé par les souvenirs et ses démons intérieurs. Et si cette rencontre avec Émilie lui ouvrait les portes d’une paix intérieure qui lui fait tant défaut ?

Le parcours d’Adam et Émilie est entrecoupé de passages mettant en scène un troisième personnage, un être profondément malfaisant, cruel et sadique. Certes les parents ne valent guère mieux mais ça n’excuse pas tout… je serai même encore plus vindicatif en affirmant que ça ne saurait être une excuse : une déviance reste une déviance. Et en matière de déviance, l’auteure repousse les limites de l’imaginable.

Une intrigue oppressante à souhait, parfois même déroutante. Peut-être que certains détails dans le récit d’Émilie vous interpelleront par leur incohérence, contrairement à ce que vous pourriez croire de prime abord, ce n’est pas l’auteure qui est à blâmer. Le voile se lèvera complètement dans la dernière partie du récit. Et quel final en apothéose !!!

Pour inaugurer son grand retour Flamant Noir ne pouvait rêver meilleur ambassadeur que ce roman. Reste à espérer que ce soit le premier d’une longue lignée petits flamants tout aussi prometteurs… Sur ce point j’ai une confiance absolue en Nathalie, nul doute qu’elle saura nous régaler et nous surprendre.

[BOUQUINS] Tarn Richardson – Les Ressuscités

1917. Les temps n’ont jamais été plus sombres. La guerre déchire le continent européen. En Russie, les premiers brasiers de la révolution s’enflamment ; du côté de l’Ukraine, ce sont des flammes bien réelles qui dévorent les églises consacrées aux archanges. Et il semblerait que loups-garous et inquisiteurs déchus fassent concorde pour former une nouvelle armée. L’Apocalypse se profile. Le Vatican est dévoré à son tour par des luttes intestines. D’obscurs secrets dissimulés dans ses caves depuis la nuit des temps refont surface. Pire encore, les Prophétesses sont assaillies de visions annonçant l’ascension imminente de l’Antéchrist.

Une seule personne semble susceptible de s’opposer aux forces du mal qui triomphent de tous côtés : l’inquisiteur Poldek Tacit. Mais depuis sa disparition sur le plateau du Karst, deux ans auparavant, personne n’est parvenu à lui mettre la main dessus. Or les secondes deviennent précieuses, quand on approche la fin des temps.

C’te question, j’te jure ! Parce que c’est la conclusion de la trilogie La Main Noire, ultime Opportunité pour Poldek Tacit et ses amis de contrecarrer les plans maléfiques de leurs ennemis.

Je remercie les éditions Sonatine et la plateforme Net Galley pour leur confiance renouvelée.

À la fin du précédent opus notre inquisiteur préféré était avalé par les eaux tumultueuses de l’Isonzo après une chute vertigineuse. Il n’y a pas dire, Poldek Tacit a un véritable don quand il s’agit de se retrouver dans des situations inconfortables.

Pas le temps de pleurer leur ami disparu pour Isabella, Henry et Sandrine. Le combat continue, plus âpre que jamais. Ne pouvant se battre que sur un front, c’est le cardinal et ses loups qu’ils traquent. Pendant ce temps la Main Noire étend inexorablement son emprise sur le Vatican.

Comme dans les précédents opus Tarn Richardson combine avec brio la grande Histoire (je salue au passage le formidable travail de documentation de l’auteur) et la fiction. Ainsi l’épidémie de grippe espagnole qui s’est abattue sur le monde en 1918 trouve ici une explication qui ne figure pas dans les livres d’Histoire. Soit dit en passant d’ailleurs que nos fameux manuels tendent à minimiser – voire à ignorer purement et simplement – le rôle pourtant décisif de cette épidémie dans la fin du conflit.

Ce troisième et dernier opus lève donc le voile sur l’identité de l’Antéchrist, au vu de la haute considération que j’ai pour les hommes d’église dans leur ensemble, je n’ai pas été surpris outre mesure par cette révélation. Compte tenu de la position de notre gugusse au sein du Vatican, il va sans dire que le Saint Siège va subir les affres d’un vent réformateur et corrupteur.

Pour livrer son ultime combat, Poldek Tacit apparaîtra plus torturé que jamais. Tiraillé entre son amour pour Isabella et sa « destinée » (ou plus exactement celle que d’autres ont choisi pour lui), il va devoir se battre contre ses démons intérieurs et ces voix qui le tourmentent. Par moments il en apparaîtrait presque fragile, mais ne vous fiez pas aux apparences : ça reste Poldek et le gars ne fait pas vraiment dans la dentelle quand il s’agit de régler un problème.

Une conclusion en apothéose pour une trilogie qui n’en méritait pas moins. De loin le tome le plus sombre de la série mais bon quand un Antéchrist est de la partie on ne peut pas vraiment s’attendre à autre chose. Ce n’est pas à grand renfort de Pater Noster ou d’Ave Maria qu’on va le renvoyer dans ses 22 mètres ! Un bon coup de latte dans les burnes est parfois plus persuasif qu’une giclée d’eau bénite dans la tronche.

Comme dans le précédent tome, au fil des pages les alliances se font et se défont, quitte à défier parfois l’ordre naturel (spirituel ?) des choses. Il faut toutefois bien reconnaître qu’il n’y a pas d’énormes révélations lors de cette ultime confrontation.

« Petite » nouveauté du présent opus, certains personnages vont être amenés à voyager hors des frontières européennes pour mener à bien leur plan.

Une trilogie plutôt audacieuse et originale qui tire bien son épingle du jeu malgré quelques longueurs et redondances. Pour ma part Tarn Richardson fait désormais partie des auteurs à suivre de près (son prochain titre devrait être une revisite de l’histoire de Jack L’Eventeur, titre temporaire : Ripped).

Pour info en version originale une nouvelle – préquelle de la trilogie –, The Hunted, est disponible à titre gratuit. Juste pour boucler la boucle ce serait sympa que Sonatine nous la mette aussi à disposition.

[BOUQUINS] Steve Cuzor – Le Combat D’Henry Fleming

Henry Fleming, un jeune fermier de 18 ans, a quitté sa mère pour s’engager dans l’armée nordiste. Mais au fur et à mesure que le temps passe sans qu’il ne combatte ni n’aperçoive un seul rebelle sudiste, la motivation d’Henry s’effiloche. Jusqu’au jour où arrive la nouvelle que la bataille est pour bientôt… Cette fois, Henry n’a d’autre choix que de se poser clairement la question : aura-t-il le courage de participer à la grande boucherie des marées humaines se percutant ? Il trouvera la réponse au cœur des détonations de la bataille, mais aussi du dialogue mené avec lui-même dans l’intimité de son âme tourmentée…

Je remercie les éditions Dupuis et la plateforme Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Le présent roman graphique est une adaptation du roman de Stephen Crane, L’Insigne Rouge Du Courage, publié en 1895. Une œuvre considérée comme majeure dans la littérature américaine. Elle connaîtra plusieurs traductions en français entre 1911 (Mercure de France) et 2019 (Gallmeister). Elle fera aussi l’objet d’une adaptation au cinéma sous le titre La Charge Victorieuse de John Huston (1951).

Henry Fleming s’engage dans l’armée nordiste alors qu’il vient d’avoir 18 ans. Un jeune homme insouciant qui veut défendre les valeurs de son pays et rêve de gloire, une recrue parmi tant d’autres… Mais la réalité est tout autre, son régiment ne s’engage sur aucune bataille, l’ennui et la désillusion le gagne peu à peu. Jusqu’à ce jour du printemps 1863 où les troupes sont enfin appelées à aller se frotter aux rebelles sudistes.

Bien que rien n’indique clairement de quelle campagne il s’agit, les dates d’engagement et le fait que le régiment d’Henry Fleming soit situé sur les rives de la rivière Rappahannock font pencher la balance vers la bataille de Chancellorsville qui se déroula du 1er au 6 mai 1863.

Le roman se concentre sur le personnage d’Henry Fleming, sur le champ de bataille le jeune soldat découvre une réalité bien loin des idéaux qu’il avait imaginés. Entre manœuvres inutiles, voire dangereuses, incompétence de l’état-major qui n’hésite pas à sacrifier les troupes et dureté des combats, il sera sans cesse tiraillé entre résignation, désillusion, lâcheté et courage.

Si les scènes de combat sont bel et bien présente au fil des pages, l’auteur priorise l’impact de la guerre sur la psyché de l’humain. Son personnage n’a rien d’un héros invincible, c’est une jeune recrue lambda qui va se retrouver confrontée à une situation qui dépasse l’entendement… et forcément face à l’horreur et à l’incompréhension ça cogite dur dans sa tête.

Au niveau du graphisme Steve Cuzor opte pour des planches en bichromie noircies à l’encre de chine et joue énormément avec les ombres. Contre toute attente (je craignais des planches trop sombres), le rendu est des plus convaincants, que ce soit dans les décors ou les expressions des personnages, le résultat est criant de vérité.

Le roman se décompose en dix actes qui ne correspondent pas forcément à différentes phases de l’intrigue. Peut-être un choix scénaristique visant à souligner l’incohérence de cette guerre fratricide qui restera malgré tout fondatrice des États-Unis tels qu’on les connaît aujourd’hui.

La grande force de ce roman demeure son intemporalité, je suis en effet convaincu qu’aujourd’hui encore, le soldat lambda envoyé au front pour la première fois, qu’il sorte d’une école militaire ou soit engagé volontaire, doit se poser bien des questions au moment où éclatent les hostilités.

Pour la petite histoire l’insigne rouge du courage (red badge of courage en version originale) fait référence à une blessure de guerre.

[BOUQUINS] David Coulon – Demain Disparue

Pourquoi Lif et Romuald ont-ils accepté cette invitation à dîner ?
Leur couple bat de l’aile, le village dans lequel ils doivent aller est complètement isolé et une effroyable tempête menace.
Mais une promesse est une promesse, il faut sauver les apparences.

Cependant, à peine arrivés, les événements étranges se succèdent : Qu’arrive-t-il à Marie, l’amie de toujours de Lif ? Elle ne la reconnaît plus. Qui sont ces deux adolescents également présents au dîner ? Et pour quelles raisons leurs amis ont tant insisté pour les voir ce soir ? Ce soir en particulier…

Très vite, Lif n’a plus qu’un seul objectif : fuir cette maison où la peur règne en maître.
D’autant qu’elle n’est pas seule, elle doit également protéger l’enfant qu’elle porte dans son ventre.

Parce que David Coulon m’avait agréablement surpris et déconcerté avec son roman Trouble Passager.

Force est de reconnaître que le pitch du présent roman avait tout pour titiller ma curiosité.

Je remercie les éditions Fayard et la plateforme Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Si le bouquin commence de façon assez classique (un couple en instance de séparation accepte une invitation à diner chez des amis qui habite un village tranquille), David Coulon donne rapidement à son récit une tournure pour le moins inattendue.

Dès les premières pages l’auteur parvient à imposer une ambiance oppressante alors que le cœur de l’intrigue n’est pas encore réellement enclenché, par sa narration même des événements anodins deviennent de potentielles sources d’angoisse. Les choses iront crescendo jusqu’à devenir franchement anxiogène une fois que David Coulon aura entraîné Lif dans les méandres de son scénario machiavélique.

Bien qu’il soit question de dérèglement climatique dans ce roman, je ne le qualifierai pas pour autant d’engagé… pour le bien de la cause écologiste. En effet l’auteur fait des défenseurs de la planète de véritables psychopathes qui défendent un écoterrorisme extrême et destructeur.

En toute franchise je dois avouer que David Coulon m’a scotché avec ce roman, je ne m’attendais pas du tout à ce que le récit prenne une telle tournure. Le bougre sait y faire pour jouer avec les nerfs et les certitudes de ses lecteurs – ce qui implique de malmener ses personnages – mais aussi et surtout pour rendre son roman totalement addictif. On est sur le fil du rasoir quasiment de la première à la dernière page… et on en redemande.

Le récit est certes porté par le personnage de Lif, mais ce sont Joris, Ludmilla et leurs pairs qui rendent le roman franchement anxiogène. Un pari aussi osé que casse-gueule que de miser sur des adolescents comme vecteurs du cauchemar qui attend Lif. David Coulon relève haut la main le défi.

Si je devais chercher le petit bémol (genre caillou dans la chaussure du marathonien) du roman, je signalerais quelques redondances qui deviennent parfois pénibles quand elles ne sont pas franchement inutiles (franchement, on s’en bat les couilles de la façon dont il faut prononcer Roro).

Certains pointeront sans doute du doigt l’invraisemblance du scénario imaginé par l’auteur, pour ma part j’ai envie de dire que cela fait partie de la magie de la fiction : accepter l’improbable et finir par y croire. Là encore je tire mon chapeau à l’auteur… même si certains passages sont peut-être un tantinet too much.

Un sans-faute absolu jusqu’à la dernière partie du récit, celle qui doit essayer d’expliquer l’inexplicable. On avait déjà plus ou moins compris le pourquoi du comment des motivations de Joris et Ludmilla, ceux-ci n’étant pas avares d’explications. Le problème tient surtout dans la chute soudaine de tension, alors que l’on était tenu hors d’haleine – à la limite même de l’asphyxie –, l’appel d’air est un peu trop brutal.

Demain Disparue est incontestablement un roman qui ne rentre pas dans une case prédéfinie, au vu de la dimension humaine omniprésente on pourrait parler de thriller psychologique, mais difficile toutefois de laisser de côté l’aspect anticipation, voire post-apocalyptique. Pour ma part je me contenterai de dire que c’est un roman audacieux maîtrisé de bout en bout, l’auteur nous mène à la baguette et on le suit presque malgré nous quitte à être parfois quelque peu déstabilisé et souvent fortement bousculé.

[BOUQUINS] Harry Grey – Il Était Une Fois En Amérique

New York, années 1920. Noodles traîne dans le Lower East Side avec sa bande : Patsy, Cockeye, Max et Dominick. Simples gamins des rues, ils gravissent peu à peu les échelons d’une mafia qui s’organise en Syndicat du crime. Leur temps est celui de la Prohibition, de l’opium et des gangsters juifs et italiens qui s’apprêtent à refaçonner à tout jamais le visage de l’Amérique.

Parce que je souhaitais découvrir le roman qui a inspiré Sergio Leone pour son ultime et cultissime film, Il Était Une Fois En Amérique sorti en 1984.

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et la plateforme Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Si je vous dis Il Était Une Fois En Amérique vous penserez certainement à l’inoubliable film de Sergio Leone avec Robert De Niro (David « Noodles » Aaronson), James Wood (Max Bercovicz), James Hayden (Patrick « Patsy » Goldberg) et William Forsythe (Philip « Cockeye » Stein) dans le rôle des quatre truands de l’East Side. Un incontournable parmi les grands films de gangsters.

Le film est une (très) libre adaptation de l’autobiographie romancée de Harry Grey, The Hoods, parue en 1952. Le bouquin aurait été écrit alors que l’auteur purgeait une peine de prison à Sing-Sing. Difficile, voire impossible, de faire la part entre la réalité brute, la réalité plus ou moins volontairement embellie et la fiction dans le récit de Noodles. Harry Grey ne pourra jamais éclairer notre lanterne, ce dernier est en effet décédé en octobre 1980.

Le bouquin s’ouvre sur une préface de Sergio Leone dans laquelle il expose les raisons qui l’ont poussé à réaliser Il Était Une Fois En Amérique, et notamment son attachement au personnage de David « Noodles » Aaronson.

Le récit à proprement parler débute un peu avant la Première Guerre Mondiale, Noodles et ses amis, Max, Patsy et Cockeye, sont des gamins issus de familles pauvres établies dans le Lower East Side. Ils rêvent de faire fortune, et pour eux la voie la plus évidente est celle du crime.

Quelques années plus tard, la Prohibition leur offrira un terrain de jeu à la hauteur de leurs ambitions. Peu à peu ils graviront les échelons du crime organisé jusqu’à se faire une place parmi les plus grands du Milieu.

La plume de Harry Grey nous plonge en totale immersion dans les États-Unis soumis à la Prohibition, c’est d’un réalisme bluffant malgré un style plutôt minimaliste (chapeau bas à la traductrice, Caroline Nicolas).

Le roman est avant tout l’histoire d’une amitié indéfectible entre nos quatre héros qui se connaissent depuis l’enfance et se sont fait la promesse de gravir les échelons ensemble. Nous les suivrons au rythme de petits larcins qui deviendront rapidement des braquages de plus en plus audacieux. Au sein de la Coalition (une organisation criminelle qui entend fédérer les différents gangs de New York), ils seront parfois amenés à se salir les mains dans des opérations plus expéditives et plus sanglantes.

L’auteur décortique avec précision les liens entre le crime organisé et les milieux d’apparence plus honorable (police, justice ou encore politique), corruption, manipulation, usage de faux, intimidation… tout y passe pour asseoir son pouvoir et s’assurer d’être quasiment intouchable en cas de pépin. On y découvre aussi l’implication du crime organisé dans la montée en force et l’organisation des syndicats, véritable contre-pouvoir des employeurs.

Bien que le récit soit censé se dérouler pour l’essentiel entre les années 20 et 30 et ait été écrit en 1952, l’attitude et les propos de Noodles et ses amis sur les femmes sont d’un machisme parfois à peine supportable. Dans le même ordre d’idée, je vais passer sous silence leur approche de l’homosexualité.

Globalement j’ai trouvé ce roman totalement addictif et bien construit. Une lecture qui aura eu pour effet secondaire de me donner l’envie de revoir la trilogie du temps de Sergio Leone – Il Était Une Fois Dans L’Ouest (1968), Il Était Une Fois La Révolution (1971) et Il Était Une Fois En Amérique (1984). Trois excellents films sublimés par les bandes originales d’Ennio Morricone.

[BOUQUINS] Thomas Perry – The Old Man

Ancien agent du Renseignement militaire américain, Dan Chase a été envoyé en Libye au début des années 1980. Sa mission : fournir 20 millions de dollars à un chef de guerre hostile à Kadhafi. Mais l’opération a mal tourné.

Trente-cinq ans ont passé. Chase vit en solitaire dans le Vermont avec ses deux chiens. Jusqu’au jour où son ancienne vie le rattrape.

Pour échapper à ceux qui veulent l’abattre, Chase se lance dans une longue cavale à travers les États-Unis et le Canada. Avant de comprendre qu’il n’a d’autre choix que de solder les comptes du passé…

C’est la couv’ qui a d’abord attiré mon attention, ce type de deux accompagné par deux gros chiens ça a titillé ma curiosité. Le pitch a fait le reste du job.

Je remercie chaleureusement les éditions L’Archipel et la plateforme Net Galley pour leur confiance renouvelée.

J’avoue très honnêtement que je n’avais jamais entendu parler de Thomas Perry avant de découvrir ce roman. Le gars n’en est pourtant pas à son coup d’essai puisque The Old Man est son vingt-troisième roman, dont plusieurs ont été traduits en français par diverses maisons d’édition (Presses de la Cité, Albin Michel, Fayard…).

Pour être totalement honnête je ne sais pas si ce roman aurait fait l’objet d’une traduction s’il n’avait fait l’objet d’une adaptation en série TV pour la chaîne FX en 2022 avec Jeff Bridges dans le rôle-titre. En France la diffusion est assurée par Disney+ à compter de septembre 2022.

N’allez surtout pas croire que je dis ça parce que le bouquin est sans intérêt, loin de là. Je l’ai trouvé captivant de bout en bout.

L’auteur nous fait vivre une chasse à l’homme haletante, d’abord du point de vue du fugitif, puis de ceux qui le traquent. On aurait pu craindre une certaine redondance, passant des épisodes de répit (durant lesquels Dan Chase s’installe dans sa nouvelle identité tout en préparant une éventuelle fuite) et ceux de traque, mais il n’en est rien. Tout est bien ficelé et rondement mené pour nous tenir en haleine.

On apprend progressivement le pourquoi du comment de cette chasse à l’homme, difficile alors de ne pas prendre fait et cause pour le fugitif ! Et puis un gars qui accorde autant d’attention à ses chiens ne peut qu’être un chic type.

Il faut dire que Thomas Perry fait tout pour rendre son personnage attachant, malgré un côté calculateur, voire manipulateur… mais comme dans tout roman d’espionnage, difficile de savoir exactement qui manipule qui.

Ne vous fiez pas à son âge, le bonhomme est parfaitement rôdé (passage par les Forces Spéciales et expérience de terrain obligent) pour déjouer les plans de ses poursuivants et éventuellement neutraliser ceux qui viennent se frotter à lui d’un peu trop prés.

Du côté des poursuivants j’ai bien aimé le personnage de Julian Carson, un « consultant » engagé par les agents du gouvernement pour les assister dans leur chasse à l’homme. Mais le jeune homme a oublié d’être bête, il ne va pas suivre aveuglément consignes de ses supérieurs mais essayer d’en apprendre plus sur le vieil homme.

Même si l’intrigue pourrait paraître cousue de fil blanc, elle vous réservera toutefois quelques surprises pour le moins inattendues (notamment concernant un personnage secondaire du roman).

Je ne m’épancherai pas davantage sur les personnages et l’intrigue car cela m’amènerait inévitablement à être un peu trop dissert et à donner un indice majeur sur la phrase suivante (suce pince…).

Si je me suis régalé quasiment de la première à la dernière page, j’ai toutefois un petit bémol sur le final du roman. Je ne peux malheureusement pas en dire plus, disons simplement que j’espérais autre chose.

[BOUQUINS] Bernard Petit – Le Nerf De La Guerre

Le Patron, un homme respecté au Maroc, a monté son business sur le commerce du cannabis. En lien avec les producteurs locaux, il achemine la marchandise vers l’Europe. Mais aujourd’hui plus qu’hier, il faut savoir être inventif pour passer sous les radars de la police. Et pour ça, il peut compter sur Youssef, son bras droit et fils spirituel, celui à qui il destine son empire. Un homme discret, mesuré, à qui l’argent ne fait pas tourner la tête. Tout le contraire de Junior.

Celui-ci a rejoint le réseau pour gérer, depuis Paris, les flux d’argent générés par le trafic. Le problème, c’est que Junior appartient à cette génération qui ne respecte pas les règles établies. Fougueux, impatient, il déborde d’idées et d’ambition. Quitte à mettre en péril le fragile équilibre de toute cette organisation. Pourtant, dans leur monde, les conflits sont toujours mortels…

Parce que le précédent (et premier) roman de Bernard Petit, La Traque, m’avait fait forte impression. On y retrouve la touche unique des polars écrits par des anciens de la maison.

Je remercie les éditions Fleuve et la plateforme Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Après un premier roman des plus aboutis et d’un réalisme bluffant, nous étions nombreux à attendre Bernard Petit au tournant du second roman. Force est de reconnaître que l’auteur relève haut la main le défi !

Jamais un roman ne m’a plongé au cœur du trafic de drogue avec autant de réalisme. Sous la plume hyper documentée de l’auteur, on découvre les méandres du trafic via ses différents acteurs. Un univers impitoyable où le moindre écart peut s’avérer mortel.

Pour tisser son intrigue Bernard Petit oppose deux visions du trafic de stupéfiant. Avec le sage Youssef d’un côté, qui préfère miser sur un réseau discret qui respecte les règles que le milieu a plus ou moins édictées au fil du temps. De l’autre se trouve le jeune et impétueux Junior, qui veut voir toujours plus grand et aller toujours plus loin, quitte à bafouer certaines de ces règles qu’il estime dépassées.

Tous les aspects du trafic sont abordés sans tabou dans ce roman. De l’acheminement à la revente en passant par le stockage et les divers montages financiers – de plus rudimentaire au plus élaboré – permettant à l’argent de passer sous les radars des autorités.

Bien entendu ces divers aspects plus ou moins techniques vont permettre au roman de se démarquer mais ce n’est pas non plus l’assurance d’avoir un bon thriller entre les mains. L’auteur nous concocte une intrigue largement à la hauteur de son important travail documentaire. Une intrigue qui m’a tenu en haleine quasiment de la première à la dernière page.

Une intrigue dans laquelle la police ne va intervenir que tardivement, mais le moins que l’on puisse dire c’est que leur apparition sera des plus remarquée. Les différents services impliqués vont unir leurs efforts pour mettre en place un plan particulièrement audacieux dans l’espoir de faire dérailler la mécanique parfaitement huilée qui leur fait face.

Les personnages sont particulièrement soignés, pas question de tomber dans le piège du manichéisme à deux balles où tout doit être noir ou blanc. Ici tout est nuancé, ainsi certains « méchants » vous apparaîtront comme plutôt sympathiques alors que d’autres demeureront de véritables pourritures sans foi ni loi.

Assez peu d’intervenants du côté des forces de l’ordre mais l’auteur en profite pour pointer du doigt des conditions de travail difficilement conciliables avec une vie sociale ou familiale. Un métier qui doit aussi composer avec un manque d’effectif et de moyens auquel viendront s’ajouter de nombreuses tracasseries administratives. Un métier qui va exiger beaucoup de ceux qui s’y engagent mais ne leur rendra pas grand-chose, surtout pas la reconnaissance.

Bernard Petit opte pour une approche très visuelle, sans fioriture. Il faut que ça claque comme un coup de feu et que ça fasse mouche instantanément. Un choix qui s’avérera payant, tant on aura du mal à lâcher le bouquin une fois qu’il nous aura ferré.

Pour l’anecdote, l’image de la couv’ renvoie à l’un des personnages du roman… et pas des moindres !

Avec ce roman l’auteur signe un sans faute captivant et fascinant de bout en bout. Je frétille déjà d’impatience dans l’attente du prochain roman de Bernard Petit.

[BOUQUINS] Loiseau & Rambaud – L’Énorme Enquête

Un garde forestier est retrouvé mort dans la rue, un couteau planté dans la poitrine. Mais la rigidité cadavérique a été tellement rapide que le corps n’est pas tombé au sol. Et, si le couteau, qui s’est plié sous l’impact, a traversé le torse de la victime en y faisant des détours, il n’a touché aucun organe vital. Une bien mystérieuse enquête s’annonce pour Commissaire et Inspecteur.

Je remercie les éditions Delcourt et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

D’emblée l’accroche des éditions Delcourt annonce la couleur : « Tous les éléments sont réunis pour une Énorme Enquête plongée dans l’absurde, dans la lignée des Nuls. » Et le moins que l’on puisse dire c’est que cette enquête ressemble effectivement davantage à La Cité De La Peur qu’à du polar pur jus façon Scorcese ou De Palma.

Adeptes d’intrigues tarabiscotées passez votre chemin, ici vous aurez surtout le droit à une succession de gags où l’improbable côtoie l’absurde, et ce aussi bien dans les situations que dans les dialogues. À commencer par les enquêteurs surnommés simplement Inspecteur et Commissaire (mais l’on croisera aussi FBI et bien sûr l’inévitable Tueur).

Autant je considère le film des Nuls, La Cité De La Peur, comme un joyau d’humour absurde et déjanté ; autant j’ai eu un peu plus de mal avec cette BD. Certes difficile de ne pas sourire devant l’imagination débridée de Lorrain Loiseau, mais force est de constater que l’ensemble manque cruellement de cohésion et de profondeur.

J’ai aussi eu du mal avec le dessin hyper simpliste de Yann Rambaud, notamment concernant le manque d’expressivité des personnages. Que le dessinateur joue sur les différentes teintes de gris n’a rien de rédhibitoire, en revanche j’aurai vraiment apprécié qu’il accorde plus de soins à ses personnages.

Nul doute que les auteurs ont dû s’éclater pour nous concocter cet album (jusqu’à la dernière page, ils jouent avec les codes). Merci à eux pour cet instant de bonne humeur mais je reste tout de même sur ma faim au niveau de l’intrigue épaisse comme une feuille de papier toilette bon marché.

[BOUQUINS] Bécu & Trifogli – Morpheus

Depuis l’apparition du virus Morpheus, l’humanité est condamnée au sommeil vingt heures par jour. Pour tenter de survivre à ce chaos, les principales capitales ont déclaré leur indépendance dans une Europe au bord de l’implosion.

A Prague, la mercenaire Juliette tente d’offrir une vie décente à sa fille en multipliant les missions périlleuses et en prenant des drogues pour rester éveillée. Sa rencontre avec le professeur Ivanov lui redonne l’espoir d’éradiquer le virus et de sauver sa fille.

Commence alors pour eux une course frénétique à travers le no-man’s land européen, avec plusieurs groupes armés à leurs trousses…

Je remercie Les Humanoïdes Associés et la plateforme Net Galley pour leur confiance.

Yann Bécu s’est inspiré de l’univers imaginé lors de l’écriture de son roman Les Bras De Morphée pour construire le scénario de Morpheus.

Dans ce monde post-apocalyptique le méchant virus n’a pas éradiqué l’humanité mais la condamne à de longues phases de sommeil (20 heures par jour). Les grandes capitales européennes ont déclaré leur indépendance et vivent quasiment en autarcie. Le reste de l’Europe est devenu un vaste no man’s land où la survie s’organise tant bien que mal.

L’histoire commence à Prague, on y rencontre Juliette, une jeune femme qui vit seule avec sa fille, Chloé, et leur bot Teacher. Pour gagner sa vie elle exerce le métier de chasseuse, une espèce de mercenaire officielle. Elle vient justement se voir confier une mission consistant à déjouer les plans de Trolls (des terroristes opposés au pouvoir et à la science).

C’est au cours de cette mission qu’elle va sauver la vie du Pr Yuri Ivanov, un scientifique qui travaille depuis des années sur la recherche d’un remède à Morpheus. Recherches qui étaient quasiment abouties avant l’attaque des Trolls et la destruction de ses échantillons d’ADN archas (des humains naturellement immunisés contre le virus). Juliette y voit l’opportunité de soigner sa fille, mais cela implique de se rendre à Berlin alors qu’il est formellement interdit de quitter sa cité d’origine.

L’intrigue est originale en sortant du cadre post-apocalyptique habituel, les personnages sont bien travaillés (pas toujours évident de restituer des traits de personnalité via le format graphique).

Si je devais y trouver un bémol, je pourrais, en pinaillant, reprocher à l’intrigue une certaine linéarité. Les jours se suivent et se ressemblent avec leur lot de mauvaises rencontres tandis que la relation entre Juliette et Yuri évolue.

Le découpage irrégulier des différentes planches donne toutefois une réelle dynamique à l’intrigue. Ajoutez à cela le dessin très fin et soigné de Francesco Trifogli (aussi bien dans le traitement des décors que des personnages), associé à une mise en couleurs irréprochable d’Axel Gonzalbo et vous aurez une petite pépite, visuellement parlant.

Belle trouvaille aussi qu’est le traitement réservé aux bots, avec le temps (et les conséquences du virus), ils ont acquis une part d’humanité qui est parfaitement dosée pour interagir avec leurs interlocuteurs humains et entre eux.

Au niveau des surprises un peu moins agréables mais qui ouvrent toutefois de belles perspectives, ce roman graphique semble être le premier opus d’une série à venir. Dommage que rien ne l’indique sur la couv’ ou la page de titre, le lecteur le découvre en butant sur une fin des plus abruptes. Yapuka attendre la suite…

[BOUQUINS] Sonja Delzongle – Noir Comme L’Orage

Après une nuit d’orage, alors que la saison touristique commence à peine, des corps sont découverts sur l’île d’Oléron et ses alentours, attachés à des pieux métalliques plantés dans le sable face à l’océan, foudroyés. Sept dépouilles au total. Et des modes opératoires très proches.

Le capitaine Max Fontaine, en poste à la PJ de La Rochelle, va aussitôt être chargé de l’affaire. Sa priorité : trouver le lien qui unit les victimes pour espérer remonter jusqu’à leur assassin. Il ne se doute cependant pas de la douloureuse épreuve personnelle qu’il s’apprête à traverser, ni de la solitude, de l’impuissance et de la rage qui vont l’habiter durant cette enquête. Car de nombreux obstacles se dresseront sur sa route avant qu’il puisse accéder à la vérité.

Parce que c’est Sonja Delzongle, une belle et grande plume de la littérature noire.

J’ajouterai la magnifique couv’ illustrée par une photo de Dean Gill, un authentique chasseur d’orages (voir son site), qui capte d’emblée le regard.

Je remercie chaleureusement les éditions Fleuve et la plateforme Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Le moins que l’on puisse dire c’est que ça commence fort avec quatre scènes de crimes et sept victimes. Un point commun relie ces macabres mises en scène, l’arme du crime – nettement moins commune que le fameux point –, qui n’est autre que la foudre. Vous vous en doutez la coupable n’est pas Mère Nature…

C’est le capitaine Max Fontaine et son équipe qui vont hériter de cette délicate enquête. Une enquête qui s’annonce complexe au vu du peu d’indices à disposition des policiers… et de la mauvaise volonté de certains de leurs interlocuteurs.

Du fait de son parcours personnel, le personnage de Max avait a priori tout pour attirer l’empathie des lecteurs, mais sa tendance à l’autoapitoiement aura été rédhibitoire pour moi.

Heureusement que son adjoint, Thomas Bergerac, n’est pas affligé du même syndrome de Caliméro. J’ai beaucoup aimé ce personnage, gentil et dévoué, mais aussi un peu fonceur.

Le personnage le plus trouble et le plus complexe reste incontestablement celui de Bénédicte Saint-Roch.  En refermant le bouquin, le voile n’est pas complètement levé sur les multiples facettes de cette personnalité hors norme.

D’autres personnages du roman vous réserveront quelques surprises, parfois bonnes, souvent mauvaises, mais je ne vous en dirai pas plus.

Comme souvent avec Sonja Delzongle, la dimension humaine occupe une place de premier choix dans ce roman. le parcours de Max s’y prête fort bien, mais l’auteure va au-delà de cette différence. Il y sera aussi question d’amour, d’amitiés, de relations familiales (souvent compliquées), de tolérance (et d’intolérance). Et comme le monde n’est pas tout rose, elle saura, avec son talent habituel, disséquer les aspects les plus sombres de l’âme humaine.

Une seconde intrigue, sous la forme d’un double homicide, va venir se greffer à la trame principale du récit. Autant l’enquête autour des foudroyés vous tiendra en haleine jusqu’au clap de fin, autant ce double meurtre ne vous réservera aucune surprise (on devine d’entrée de jeu la personne qui se cache derrière ce crime… il faut dire l’auteure en fait une parfaite tête à claques).

Sonja Delzongle a décidé de situer son intrigue en 2025, ce n’est certes qu’un détail sans importance sur le déroulé des événements, mais je m’interroge tout de même sur ce choix. Pourquoi ne pas avoir situé son intrigue de nos jours ?

À la lecture du roman, on devine un gros travail de documentation préalable autour des orages et des différents phénomènes qui y sont liés (dont la foudre bien entendu). C’est parfois technique, mais ça reste parfaitement compréhensible pour le profane (que je suis, soit dit en passant).

Si l’intrigue principale est rondement menée, je dois toutefois avouer que la fin m’a un peu donné l’impression de tomber comme un cheveu sur la soupe. Sur le coup je suis resté plus que perplexe devant cet ultime revirement de situation.

C’est la principale raison pour laquelle je me suis donné quelques jours pour rédiger la présente chronique (en général je ne prends aucun recul, j’écris à chaud). Je ne voulais pas que ce bémol final vienne ternir mon ressenti global.