[BOUQUINS] Philippe Pratx – Le Soir, Lilith

P. Pratx - Le soir, LilithAu menu du jour un roman lu à la demande de son auteur, Philippe Pratx. Une chronique tardive sachant que j’ai reçu ce roman, Le Soir, Lilith, depuis plus d’un an ! Si, comme le dit l’adage, « Patience est mère de toutes les vertus« , alors Monsieur Pratx doit être vachement vertueux… en tout cas il aura été vachement patient et je l’en remercie.
1964. Le narrateur est contacté par une journaliste qui souhaiterait écrire un article en hommage à Lilith Hevesi, star montante du cinéma muet des années 20, décédée quarante ans plus tôt. Le narrateur ayant été un proche de Lilith, son aide serait précieuse à la journaliste…
Vu comme ça et si vous me lisez depuis quelque temps déjà, vous vous demandez peut être pourquoi je me suis lancé dans ce bouquin. Rassurez-vous je me suis longtemps (très longtemps) posé la même question avant de me lancer. Et je me suis lancé sans conviction, uniquement afin de respecter mon engagement à le lire.
Incontestablement l’auteur est un amoureux de la langue française au vocabulaire riche et maître dans l’art de la sémantique et de la métaphore. Le hic c’est que personnellement je ne suis pas fan des tournures trop alambiquées qui nuisent (et là encore ça n’engage que moi) à la fluidité du récit. Trop de style finit par tuer le style, si à la fin d’une phrase j’ai besoin de revenir au début pour en saisir le sens alors il y a peu de chance pour que l’alchimie se fasse.
La construction même du récit est quelque peu déconcertante, outre les échanges entre le narrateur et la journaliste, on trouve extraits de la biographie de Lilith que le narrateur est en train d’écrire, des morceaux des carnets d’écriture de Lilith, des extraits de scénarios de films, des lettres… comme piochés au hasard, en dépit de toute chronologie, dans une malle contenant un tas de paperasses que le narrateur aurait devant lui. Plus d’une fois j’ai eu le sentiment de naviguer à l’aveugle au milieu d’un èpais brouillard.
Et tout ça pour aller où ? J’avoue sans complexe m’être posé la question plus d’une fois. Le bouquin est tout simplement inclassable ; ça aurait pu être un atout mais faute de réelle trame romanesque ce mélange des genres (ou ce non genre) finit par se retourner contre lui. Et pourtant j’ai persévéré, non par masochisme littéraire, mais parce que, presque malgré moi, j’avais envie de connaître le fin mot de l’histoire… en espérant qu’il y en ait un !
Et donc au final ? Il faut attendre le douzième (et dernier) chapitre pour que les pièces du puzzle s’assemblent enfin. Ca commence par une révélation qui ne surprendra qu’à moitié le lecteur ; la suite par contre sera nettement plus inattendue. Dommage que tout le roman n’ait pas été conçu comme ce dernier chapitre ! Au moins on referme le bouquin avec une impression plutôt positive…

MON VERDICT
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Philippe Pratx reconnait volontiers que son roman est destiné à un public élitiste : « Amateurs d’«easy reading» s’abstenir. Mon écriture est exigeante. »
Je ne peux que plussoyer ! Ce qui m’amène à me poser la question suivante : Pourquoi moi ? Non que je considère son offre comme une punition, au contraire je remercie Philippe pour sa confiance. Mais en parcourant les différentes lectures chroniquées dans mon blog il me paraît évident que je suis certes éclectique mais aussi que je ne place pas la barre de mes exigences à des sommets vertigineux. Dans tous les cas je préfère l’intensité du récit ou encore le rythme de l’intrigue que le style. Est-ce que cela fait de moi un « easy reader » ? Si oui, je l’assume pleinement.
Désolé Philippe de ne pouvoir proposer une chronique plus élogieuse mais je ne dérogerai pas à ma philosophie qui consiste à écrire avec le coeur et les tripes.

Petit bémol adressé aux Editions L’Harmattan. Pour votre offre numérique vous devriez privilégier le format epub plutôt que le pdf ; le pdf c’était avant. Lire en pdf aujourd’hui c’est un peu comme regarder Avatar sur un vieux téléviseur en noir et blanc… on pige l’essentiel mais ça manque cruellement d’éclat !
Merci à Philippe de m’avoir fait parvenir son roman au format epub. Même si j’ai dû m’imposer un gros travail de retouche via Sigil, l’effort mérite d’être remercié.

[BOUQUINS] Céline Barré – Quel Pétrin !

C. Barré - Quel Pétrin !Au programme de cette chronique, une lecture faite à la demande de l’auteure, en l’occurrence Céline Barrè et son premier roman Quel Pétrin !.
A Tresville sur mer on attend beaucoup de la voie de contournement. Cette petite ville remplie d’énergumènes aux tempéraments bien marqués semble endormie sur ses lauriers. Menés tambour battant par Jocelyne, une boulangère entêtée, ils vont tenter de se souder afin de faire face à la pire organisation criminelle qui soit : l’Etat français ! (Présentation de l’auteure, sur le site du roman).
Avant d’aller plus loin je vous invite vivement à consulter le site sus-mentionné, vous découvrirez notamment à quel point l’accouchement de ce premier roman fut long et douloureux… Mais je tiens à rassurer Céline, ce parcours du combattant valait la peine, le bébé est adorable !
D’entrée de jeu le lecteur ne peut qu’être séduit par la plume de l’auteure, un style soigné sans être alambiqué, servi par une écriture pleine de ressources. Un régal pour les yeux et l’esprit !
Mais comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, un style parfait au service d’une intrigue pourrie n’empêchera pas le naufrage (alors que le contraire peut parfois être vrai). Sauf que présentement l’intrigue est loin d’être pourrie, on vibre avec Tresville-sur-mer (cherchez pas c’est un lieu fictif… mais ça pourrait aussi bien être du côté de chez vous, ou même de chez moi), un bled paumé du Cotentin où l’on ne risque pas de s’ennuyer tant il s’en passe des choses (et pas des moindres).
Il faut bien avouer que les Tresvillois(es) sont plutôt hauts en couleurs et ont un caractère bien trempé. Les personnages sont soignés, ni tout blanc, ni tout noir, parfois attachants, parfois horripilants (même Jocelyne, notre vaillante boulangère). Avec eux l’ambiance est garantie, qu’elle soit joyeuse ou morose, au fil des événements qui rythment leur quotidien.
Ma chère Céline je vous demande par avance de m’excuser cette comparaison mais je serai tenté de vous placer au même niveau qu’un certain Gilles Legardinier. Vous nous offrez un condensé de bonne humeur qui fait chaud au coeur et à l’âme. Vous parvenez même, en l’espace de ces quelques pages à jouer sur divers registre de l’humour, passant allègrement du second degré à la satire sociale, du burlesque au vaudeville, abordant parfois même des sujets graves avec une bonne dose de légèreté afin de dédramatiser les choses. Quant au lecteur il alterne entre sourires et fous rires.
Je tiens préciser que j’ai rédigé cette chronique en totale impartialité. Si je me montre plus tolérant avec les auteurs auto-édités c’est uniquement sur les aspects techniques du roman (et surtout du fichier epub), en l’occurrence même là je ne trouve rien à redire…
Je terminerai cette chronique sur quatre mots : vivement la saison deux !

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Bernard Werber – Le Sixième Sommeil

B. Werber - Le Sixième SommeilEncore un incontournable de cette rentrée littéraire 2015 au programme avec Le Sixième Sommeil, le dernier roman de Bernard Werber. Un titre one-shot pour changer (le précédent était Le Miroir De Cassandre et il date déjà de 2009).
Quand Caroline Klein, scientifique avant-gardiste spécialisée dans le sommeil, disparaît du jour au lendemain, son fils, Jacques, cherche à comprendre le pourquoi du comment. Une partie des réponses à ses questions se trouvent dans le sommeil et plus particulièrement dans le monde des rêves…
Je ne vous apprendrais rien en vous disant que bon nombre d’écrivains français ont un incroyable talent qui n’a rien a envier à celui de leurs confrères d’outre-Atlantique ou d’outre-Manche. En matière d’imagination et d’imaginaire je place toutefois Bernard Werber sur le haut du podium, il a le don formidable de combiner des éléments du monde réel avec de la pure fiction, le tout sur fond de vulgarisation scientifique. Une fois de plus le résultat fait mouche, non seulement on se régale de l’intrigue imaginée par l’auteur, mais en plus on s’instruit en s’amusant. Il donne ainsi tout son sens au terme science-fiction.
J’ai ainsi appris un paquet de trucs sur le sommeil, au lieu de m’endormir ça a éveillé ma curiosité et du coup j’ai creusé la question sur Internet… c’est ça le second effet Werber ! Au risque d’enfoncer une porte ouverte je trouve hallucinant de chercher à dompter l’espace alors que notre propre cerveau est un territoire encore méconnu et un formidable outil sous exploité par la quasi totalité de l’espèce humaine.
J’ai aussi voyagé en Malaisie à la découverte des surprenants Sénoïs (avec là encore un habile mélange entre la réalité et la légende). Un voyage marqué par les ravages environnementaux liés à la culture intensive des palmiers à huile, mais aussi par la corruption qui touche tous les niveaux de l’administration et du pouvoir et les travers de l’industrie touristique à outrance.
L’intrigue est captivante, là encore aucun risque d’endormissement, de nombreuses surprises sont au rendez-vous, ponctuées çà et là par quelques touches d’humour et juste ce qu’il faut d’émotion. Le bouquin se lit avec fluidité, on un bon potentiel de page-turner.
Les personnages sont richement travaillés avec un tas de personnalités différentes. Mention spéciale à Franckie, un ancien légionnaire reconverti en reporter freelance depuis qu’il est devenu cataleptique. L’auteur nous offre même un sympathique clin d’oeil à ses confrères de la Ligue de l’Imaginaire, on croise en effet un certain Dr Eric Giacometti et un privé nommé Franck Thilliez.
Un roman à la hauteur de ce que j’attendais et espérais de Bernard Werber. Généralement je ne prête que peu d’attention à la couverture des bouquins (plus encore depuis que je suis passé au numérique) mais je trouve celle-ci très belle.

J’aimerai apprendre à dompter mon sommeil comme le fait Jacques Klein, ne serait-ce que les cinq cycles avérés… pour le sixième on verra plus tard, les conditions d’accès ne me semblent pas encore idéales.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] S. Greem – Publicité Pour Adultes : Tome 1

Un bouquin découvert à la demande de son auteure qui souhaitait avoir un avis masculin sur sa prose, c’est avec plaisir que j’ai accepté de me prêter au jeu. Publicité Pour Adultes de S. Greem nous invite à découvrir les dessous d’une agence de pub branchée de la capitale.
Ian Riley, jeune cadre formaté par des années d’expérience dans le rigoureux secteur bancaire, accepte le poste de DRH au sein d’une prestigieuse agence de pub parisienne. C’est un monde nouveau qui s’ouvre à lui, un monde aux moeurs dissolues. S’il veut découvrir tous les rouages de l’agence, Ian va devoir s’adapter à son nouvel environnement…
Au cas où vous auriez encore un doute il s’agit bien de littérature pour adultes, à chacun ensuite de choisir entre érotisme et pornographie, la frontière est aussi mince que non objective à mon goût. Par contre je tiens à préciser qu’il ne s’agit pas d’une simple succession de scènes de cul diverses et variées, l’intrigue se construit autour d’un réel scénario dans lequel les relations (et je ne parle pas uniquement des enfilades et enculades) entre les différents personnages tiennent une place de premier choix.
L’auteure a prévu d’en faire une trilogie, chaque tome se découpant en trois épisodes (une trilogie en neuf morceaux donc). Sachez toutefois que le tome 1 (regroupant donc les 3 premiers épisodes) existe aussi en version papier (470 pages).

Episode 1.

S. Greem - Publicité pour adultes T1E1Ce premier volet fait donc office de mise en bouche (sans mauvais jeu de mots) qui nous ouvre les portes de l’agence Russell & Buzz et nous fait découvrir les différents protagonistes de l’histoire.
Quelques mots sur les autres protagonistes. En commençant par Emy Weaver, la responsable de l’agence qui passe plus de temps à se faire baiser qu’à faire vraiment tourner l’agence. Les « oursons en peluche« , Jérôme, Shirley, Patrick, Gabriel et Marco (pour ne citer qu’eux), adeptes des fiestas nocturnes où tous les abus sont permis. Et enfin, Terry, jeune et séduisante stagiaire qui garde ses distances avec les virées de ses collègues.
En dehors de l’agence l’entourage de Ian se compose exclusivement de Paul, son meilleur ami malgré leurs personnalités diamétralement opposées.
C’est bien écrit, agréable à lire. A peine ce volume refermé (après 7 chapitres et l’équivalent papier de 163 pages) que l’on a envie de se ruer sur la suite (c’est d’ailleurs ce que je vais faire) afin de suivre l’évolution des personnages (surtout celle de Ian… jusqu’où ira-t-il ? et en sortira-t-il indemne ?).
D’ores et déjà je peux affirmer que je ne regarderai plus jamais les ours en peluche de la même façon… S. Greem leur a volé leur douce innocence. Pour notre plus grand plaisir !

Episode 2.

S. Greem - Publicité pour adultes T1E2Cette suite regroupe les chapitres 8 à 12 (soit l’équivalent papier de 249 pages).
Les relations entre les personnages se précisent, l’intrigue prend une nouvelle dimension, plus strictement économique. Bref tout est fait pour que le lecteur ne se sente jamais dans la routine. Et ça fonctionne à merveille !
Ian essaye de combiner au mieux sa relation naissante avec Terry (qui refuse toujours de se mêler aux virées drogues / sexe / beuveries de ses collègues) et ces fameuse virées lors desquelles il s’autorise tous les excès. Un cocktail qui peut se révéler explosif s’il est mal maîtrisé
En parallèle il découvre aussi que l’on ne lui a pas dit toute la vérité quant aux conditions de son embauche et ses missions. La situation de l’agence n’est pas aussi brillante que sa façade le laisse supposer, tout comme les conditions de travail… ce qui n’est pas sans répercussions sur les choix des oursons. Bienvenue dans la réalité et son lot de désillusions !
La mise en bouche étant avalée il est temps de passer au plat de résistance. Les virées du premier épisode étaient déjà bien relevées, mais à côté de ce que Ian va découvrir au fil des pages c’était du petit lait ! Qu’il est loin le jeune DRH coincé et timide ! Le nouveau Ian s’avère être un excellent élève dans son apprentissage de la débauche. Et ce n’est pas nous, lecteurs, qui allons nous en plaindre.
Les scènes érotiques (et plus si affinités) sont parfaitement intégrées à l’intrigue, on fini même par s’habituer à la démesure. Une suite qui confirme la bonne impression laissée par le premier épisode. Inutile donc de préciser (trop tard, je suis en train de le faire, que je vais illico enchaîner sur le troisième épisode.

Episode 3.

S. Greem - Publicité pour adultes T1E3Cet ultime épisode clôt le tome 1 de la trilogie avec les chapitres 13 à 18 (soit l’équivalent papier de 169 pages).
Ce troisième épisode est moins « déluré » que les précédents, après l’insouciance festive c’est l’heure de la douche froide pour les oursons en peluche. Face à la situation catastrophique de l’agence, ils vont devoir s’adapter… tant pis si leur réponse n’est pas très légale ! Ils pourront toujours compter sur le soutien de Ian. Même si lui aussi est confronté à l’incompétence flagrante de sa hiérarchie et à dilemme personnel qui pourrait bien mettre en péril sa relation avec Terry.
Un tome qui se concentre sur l’aspect professionnel de la vie de l’agence. Une immersion dans le réel qui donne une autre dimension à l’intrigue.
Le temps d’un chapitre on fait aussi connaissance avec les parents (divorcés) de Ian, des gens aisés qui vivent à Zurich. Ian est nettement plus proche de sa mère que de son père, il faut dire aussi que c’est lui qui les a abandonné pour aller se faire astiquer le goupillon ailleurs.
Du fait de la situation du couple, Terry est assez peu présente dans cet épisode… mais elle est omniprésente dans l’esprit de Ian. On découvre d’ailleurs que elle non plus n’a pas été totalement honnête avec Ian, mais je ne dévoilerai pas son secret.
Le lecteur aura lui aussi le droit à une douche froide, le dernier chapitre nous laisse en état de KO technique. Vite, vite, la suite !

L’auteure, Sara Greem, est elle même issue du milieu de la pub ; si elle avoue ne pas s’être inspiré de sa propre expérience pour écrire son roman, elle affirme que de telles situations existent bel et bien dans le milieu. A vrai dire cela ne me surprend guère, pour se faire une place dans le monde du travail il vaut mieux être un ourson qu’un Bisounours.

J’ai pris énormément de plaisir à lire ce bouquin, son intrigue est tellement bien ficelé que j’en ai oublié que je lisais un récit érotique. Ceci dit ça reste un livre à ne pas mettre entre toutes les mains… ce n’est pas Oui-Oui au bureau !
J’attends avec impatience de découvrir le tome 2.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Gilles Legardinier – Quelqu’Un Pour Qui Trembler

G. Legardinier - Qulqu'un pour qui tremblerDepuis Demain J’Arrête ! j’attends fébrilement ma dose d’humour mitonné à la façon Gilles Legardinier, le cru 2015 s’appelle Quelqu’un Pour Qui Trembler, et j’ai hâte de prendre mon shoot quotidien de bonne humeur.
Quand Thomas apprend qu’il a une fille de 20 ans en France, il quitte le village indien dans lequel il officiait comme médecin volontaire. Mais comment approcher cette jeune femme qu’il ne connait pas et qui ignore sans doute tout de lui ? Pour apprendre à la connaître, il va accepter le poste de directeur d’une modeste maison de retraite située dans la même ville…
Gilles Legardinier à inventé le concept de l’OLIG (Objet Littéraire d’Intérêt Général), ses romans humoristiques devraient être remboursés par la Sécurité Sociale tant ils mettent du baume au coeur. Au terme d’une rude bataille contre moi-même, j’ai opté pour la lecture de quelques chapitres le matin au saut du lit (et éventuellement dans le bain)… Rien de tel pour démarrer la journée avec une pêche d’enfer (et accessoirement faire durer le plaisir) !
D’ores et déjà je peux confirmer que la cuvée 2015 ne déroge pas à la règle, c’est bel et bien un condensé d’émotions et de bonne humeur. Les sourires et fous rires sont au rendez-vous. Gilles Legardinier place la barre très haut quand il s’agit de mettre ses personnages dans les situations les plus tordues (voire même foireuses). Et on redemande !
Comme à l’accoutumée l’auteur apporte beaucoup de soins à ses personnages. Thomas, après 20 ans passés sur le terrain humanitaire est totalement déconnecté des réalités du quoitidien de la France d’aujourd’hui. Ses échanges avec Pauline, l’infirmière de la maison de retraite, une femme pleine de bonne humeur et doté d’un sens de la répartie implaccable, sont parfois à mourir de rire.
Sans oublier les pensionnaires de ladite maisons de retraite, six petits vieux et petites vieilles au caractère bien trempé et aux personnalités très différentes. Six papys et mamies qui se chamaillent parfois mais sont soudés par une solide amitié. Et bien entendu il y a Emma, la fille de Thomas, Romain, son mec et d’autres encore…
Là encore les relations et interactions entre les personnages donnent souvent lieu à de grands moments de poilade. A ce titre la visite de la maison de retraite par une inspectrice des services sociaux est un morceau d’anthologie.
Grâce à un style épuré et direct Gilles Legardinier nous offre un récit plein d’humanité qui se lit tout seul. En l’occurrence pour moi le plus dur fut de résister à la tentation de lire quelques pages de plus avant de me préparer pour aller bosser.

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

[BOUQUINS] Armelle Carbonel – Criminal Loft

A. Carbonel - Criminal LoftC’est un peu par hasard que je suis tombé sur Criminal Loft d’Armelle Carbonel, en croisant sur Internet une majorité de critiques positives (et quelques déçus), comme le pitch me paraissait plutôt alléchant alors je me suis laissé tenter.
Ils sont huit condamnés à mort. Six hommes et deux femmes choisis pour participer au plus extrême des jeux de télé-réalité : Criminal Loft. Un jeu qui se déroule dans l’enceinte d’un ancien sanatorium réputé pour être hanté : Waverly Hills. Un seul gagnant choisi par le public, pour lui la liberté à la clé. Pour les autres, retour dans le couloir de la mort… ou pire !
Etant plutôt phobique des différents concepts de télé-réalité qui polluent nos programmes TV, j’étais curieux de voir ce que ça pouvait donner en poussant l’idée (le vice ?) à l’extrême. Pour moi le plus gros écueil était la surenchère, l’idée étant tout de même de préserver un minimum de crédibilité. Armelle Carbonel relève brillamment ce premier challenge, même si je doute fort qu’un tel programme puisse exister un jour.
L’auteure aurait pu créer son intrigue dans un cadre complètement fictif, au lieu de ça elle le place dans un ancien sanatorium bien réel et à la réputation sulfureuse (voir la page Wikipedia dédiée à Waverly Hills). Quelque part ça renforce la sensation de malaise diffus qui entoure le récit.
Une sensation de malaise essentiellement due au récit à la première personne. C’est John T., un des condamnés sélectionnés pour participer au jeu, qui nous offre sa vision des faits. Et comme le gars est dénuée de la moindre empathie mais d’un ego surdimensionné à tendance narcissique. Pas vraiment le profil type du gendre idéal ? Au fil des chapitres on se demande si le gus est complètement paranoïaque ou s’il est le plus lucide du lot…
Les « charmants » compagnons de jeu de John ne sont pas des anges (de la télé réalité ?), loin s’en faut ! On est plus proche de la lie de l’humanité que de son élite ! Outre l’imposant réseau de caméra qui les tient à l’oeil, deux gardiens sont chargés d’assurer la sécurité sur le site du sanatorium. Et bien sûr nous avons aussi le droit à la mystérieuse Voix, la créature de l’ombre qui tire les ficelles. Les relations entre les différents protagonistes, entre complicité, complot et manipulation, tiennent une place de choix dans l’évolution de l’intrigue.
L’auteure nous propose un huis-clos plutôt bien ficelé, oppressant de part le cadre du récit et la nature du narrateur. De fait le narrateur impose à l’intrigue une dimension psychologique non négligeable (on ne sort pas indemne d’un voyage dans l’esprit tordu d’un psychopathe).
J’ai passé un moment agréable en lisant ce bouquin, dommage toutefois que certains éléments du final n’aient été un peu prévisibles, pas forcément dans les détails mais au moins dans les grandes lignes. Un thriller convaincant mais pas totalement irréprochable donc…

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Jean-Christophe Grangé – Lontano

JC Grangé - LontanoFichtre diantre, en voilà un qui a su se faire attendre ! Depuis Kaïken, sorti en 2012, c’était silence radio sur les ondes de Jean-Christophe Grangé. Autant dire que quand j’ai vu qu’il sortait un nouveau roman je me suis rué dessus. Il m’aura donc fallu le temps d’un weekend (pas à temps plein… j’ai aussi une vie à côté des livres) pour lire Lontano.
Erwan Morvan, commandant d’un groupe de la Crim’ au 36, est envoyè par son père, Grégoire, homme de l’ombre du ministère de l’Intérieur, sur une base aéronavale bretonne afin d’enquêter sur un bizutage qui aurait mal tourné. Erwan va rapidement se rendre compte que les apparences sont trompeuses, l’accident supposé s’avérera être un meurtre. Qui plus est le tueur pourrait bien constituer une menace directe pour le clan Morvan…
Commençons par répondre à la question qui taraude les fans de l’auteur : est-ce que ça valait le coup de poireauter 3 ans pour découvrir Lontano ? Sans hésitation ma réponse est un oui franc et massif, Kaïken m’avait rassuré quant au retour gagnant de Jean-Christophe Grangé, Lontano confirme et va même encore plus avant dans le thriller impeccablement maîtrisé.
Avant de vous parler de l’intrigue il me semble essentiel de vous parler des personnages et plus particulièrement du clan Morvan. L’auteur tisse tout son roman autour de cette famille pleine de secrets et de non dits.
Une famille dominée par le patriarche, Grégoire, flic puis barbouze, il n’a jamais vraiment décroché, agissant toujours dans l’ombre plus ou moins directement pour le compte des gouvernants (et pour le sien aussi au besoin). Un homme dur, au passé trouble et au présent pas très clair. Un mari violent et un père absent, craint par ses enfants. Malgré les coups et les brimades qu’il lui inflige, il pourra compter sur le soutien indéfectible de Maggie, son épouse, femme effacée, complice peut être pas aussi soumise qu’il n’y parait.
Le couple a trois enfants. Erwan, l’aîné, commandant à la BC du 36, marche dans les pas du paternel mais en empruntant moins de chemins de traverse. Eternel protecteur des deux plus jeunes face aux coups de colère du Vieux. Le second, Loïc, est un trader qui a réussi sa vie professionnelle mais complètement foiré sa vie privée à force de se poudrer les narines. Et Gaëlle, la cadette, qui rêve de devenir actrice mais fait plus office d’escort qu’autre chose.
Voilà pour le charmant portrait de famille. L’intrigue va justement ramener le Patriarche 40 ans en arrière. Lors d’une mission en Afrique, au terme d’une longue et éprouvante traque, il a neutralisé l’Homme-aux-Clous, un tueur en série qui s’inspirait des croyances locales pour sacrifier ses victimes. Aujourd’hui c’est au tour d’Erwan de traquer un tueur qui semble s’inspirer du même mode opératoire pour mutiler ses proies.
Comme à l’accoutumée l’auteur nous propose une intrigue richement documentée et particulièrement soignée. 800 pages durant on se fait balader de surprises en rebondissements, bien malin celui ou celle qui devinera le fin mot de l’histoire avant le clap de fin.
Clap de fin ? En fait non pas vraiment, pour la première fois l’auteur nous propose un récit divisé en deux parties. La suite étant annoncée pour le premier trimestre 2016. Je tiens toutefois à vous rassurer, l’intrigue abordée ici connaît sa conclusion ; c’est juste que le clan Morvan n’a pas encore livré tous ses sombres secrets…
Private joke pour terminer cette chronique, je vous livre les premières phrases du premier chapitre en guise de mise en bouche : « Hollande est un connard, une fiotte, une couille molle ! clamait Morvan. Bon dieu, mais quand est-ce qu’un président aura des burnes dans ce pays ? (…) Il a jamais été foutu de faire tourner le PS et on lui donne les clés du pays ? On s’attendait à quoi ? Les Français sont des sales cons, et en un sens, ils ont ce qu’ils méritent ! » Ce n’est pas moi que le dit… mais je n’en pense pas moins !

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Didier Fossey – Tr@que Sur Le Web

D. Fossey - Tr@que sur le WebEncore un invité surprise au programme de mon Challenge retrouvailles, il faut dire que je suis tombé sur ce bouquin par le plus grand des hasards. Je parle de Tr@que Sur Le Web de Didier Fossey, la première enquête littéraire du Commissaire Le Guenn. Je savais que les éditions Flamant Noir avaient prévu de rééditer les deux premiers romans mettant en scène Boris Le Guenn, du coup je prenais mon mal en patience… jusqu’à cette trouvaille inespérée !
Boris Le Guenn, commandant au 36 Quai des Orfèvres, est appelé sur une scène de crime. Une femme a été égorgée, puis mutilée. D’autres meurtres suivant le même mode opératoire sont commis, le tueur en série ne laisse aucune trace exploitable, la police n’a pas le moindre indice. L’enquête s’annonce difficile pour Le Guenn et son équipe…
J’ai découvert Didier Fossey et Boris Le Guenn à travers l’excellentissime Burn Out, quelques rapides recherches m’ont appris que c’était en fait la troisième enquête littéraire du commandant Le Guenn. Malheureusement pas moyen de mettre la main sur les deux premières, parues aux éditions Les 2 Encres, jusqu’à cette visite inopinée chez un bouquiniste de la place (l’unique bouquiniste présent à Nouméa et en Nouvelle-Calédonie).
Immédiatement on sent que l’auteur connaît et maîtrise son sujet (et pour cause il a passé 31 ans au sein des forces de police, dont 18 à la BAC parisienne), le réalisme est aussi saisissant que séduisant. Les flics ne sont pas infaillibles, comme vous et moi (je suppose) ils sont humains et commettent des erreurs. Les enquêtes ne se résolvent pas en deux temps et trois mouvements, et surtout à coup de flingue !
J’ai apprécié de retrouver Le Guenn et son équipe, avec une émotion toute particulière pour Guillaume avant son burn out. Boris Le Guenn c’est un peu la force tranquille, le chef d’équipe paternaliste avec son groupe. Il peut compter sur Fred Belvet, son bras droit, pour le seconder, l’une des deux femmes du Groupe Homicide. Ces deux là sont complémentaires, comme chaque membre de l’équipe.
Il n’y a pas que les personnages qui sont soignés dans ce bouquin. En plus d’être rudement bien maîtrisée, l’intrigue est riche en surprises et rebondissements. Il faut dire que le tueur est particulièrement retors et ne laisse rien de côté. Vous êtes ferré dès les premières pages, et impossible de lâcher l’affaire avant de connaître le fin mot de l’histoire.
Pour un premier roman Didier Fossey place la barre très haut, ayant lu le dernier en date je peux confirmer qu’il tient bon la barre et maintient son cap… pour notre plus grand plaisir !
Je n’ai plus qu’à prendre mon mal en patience avant de pouvoir lire Ad Unum, la seconde intervention du groupe Le Guenn. Condamné à attendre la réédition chez Flamant Noir (à l’occasion j’achèterai les deux bouquins en numérique), à moins d’un nouveau méga coup de bol…

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

[BOUQUINS] Henri Loevenbruck – Le Syndrome Copernic

H. Loevenbruck - Le syndrome CopernicComme annoncé je retrouve donc avec plaisir Henri Loevenbruck pour découvrir son thriller Le Syndrome Copernic. Un titre à lire dans le cadre d’un Book Club même si je suis légèrement en retard sur ce coup.
Vigo Ravel est schizophrène et amnésique. Du moins c’est ce qu’il pensait jusqu’à ce que les voix dans la tête ne lui sauvent la vie en le poussant à quitter une tour du quartier de la Défense juste avant qu’elle ne soit détruite par un attentat terroriste. Dès lors Vigo se met à douter, d’autant que les événements étranges se multiplient autour de lui… à moins que tout cela n’existe que dans sa tête.
Le moins que l’on puisse dire c’est que l’auteur nous propose un thriller hors normes, certes il respecte les règles du genre mais il n’hésite pas à les modeler afin qu’elles collent à son intrigue. Intrigue que l’on vit à la première personne à travers le regard et les perceptions de Vigo Ravel… le moins que l’on puisse dire c’est que le voyage ne sera pas du tout repos ! Parfois les pensées de Vigo tendent à partir en vrille, non seulement il a fumé la moquette mais il a aussi bouffé le seau de colle qui va avec… Et pourtant difficile pour autant d’affirmer que Vigo clapote du couvercle.
Henri Loevenbruck nous plonge en totale immersion dans son personnage. Une fois de plus son talent de conteur fait le reste, au fil des pages on devient Vigo, on pense comme Vigo : « Je doutais tellement de moi, et autrui me faisait si peur !« . Le doute. Tel est le maître mot qui pourrait définir les perceptions de Vigo, il doute de lui, il doute des autres, il doute de la réalités de certaines situations, de certains faits… Bref sa vie est un sempiternel questionnement.
Heureusement il ne sera pas tout seul dans sa quête de la vérité (à moins qu’il ne s’agisse, une fois de plus, d’un délire schizo-paranoïde). Je n’en dirai pas plus quant aux alliés qui croiseront son chemin, autant laisser intacte la surprise et la découverte.
L’intrigue compte un soupçon de fantastique (et encore, difficile d’en être absolument sûr) mais reste résolument orientée thriller, le prologue nous met d’office l’eau à la bouche… et on n’en finit plus de baver (la fusillade dans les sous-sols est stressante à souhait). Comme Vigo nous ne manquerons pas de nous poser des questions au fil des 88 chapitres (un chiffre qui ne doit rien au hasard).
Vous l’aurez sans doute compris l’auteur ne mise pas tout sur l’action et le rythme, la psychologie des personnages est primordiale… Avec un héros schizo (ou pas) ça semble inévitable. Et sur ce terrain aussi il maîtrise totalement son sujet.
Pour faire simple j’ai de nouveau été bluffé par le talent de conteur de Henri Loevenbruck même si le bouquin ne m’a pas pris aux tripes comme Nous Rêvions Juste De Liberté. Je le place tout de même dans le haut de gamme de la catégorie thriller.
Mon idée première était de laisser Henri Loevenbruck en stand-by en attendant la seconde saison de Sérum, annoncée pour le début 2016, mais le hasard a voulu que je tombe sur la quatrième de couv’ de son premier thriller, Le Testament Des Siècles, qui figure aussi dans mon Stock à Lire Numérique. Le personnage principal est Damien Louvel que l’on croise dans Le Syndrome Copernic, comme il y est vaguement fait mention d’un passé trouble et douloureux, il n’en fallait pas moins pour titiller ma curiosité ; il est donc plus que probable que je retrouve Henri Loevenbruck plus tôt que prévu…

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Henri Loevenbruck – Nous Rêvions Juste De Liberté

H. Loevenbruck - Nous rêvions juste de libertéA force de lire ou entendre des critiques toutes plus enthousiastes les unes que les autres sur ce bouquin j’ai donc décidé de changer mon programme de lectures pour le propulser en pole position de mon Stock à Lire Numérique. A mon tour de vous livrer mes impressions sur le roman Nous Rêvions Juste De Liberté, dernier titre en date de Henri Loevenbruck.
Quand Hugo, un adolescent difficile, se retrouve scolarisé au collége privé catholique de Providence il ose à peine imaginer le calvaire que ça va être pour lui de se retrouver au milieu de ces gosses de riches pourris gâtés. Et pourtant c’est là qu’il va croiser les chemins de Freddy, Oscar et Alex, des ado comme lui, des mauvais garçons déracinés, commencera alors une longue et indéfectible amitié…
Henri Loevenbruck fait partie de ses auteurs qui forcent l’admiration, le gars parvient à donner corps et vie à ses récits, quel que soit le genre abordé (fantasy, thriller, roman historique…). Je n’ai aucune hésitation à affirmer que ce mec à une plume en or. Et ce n’est pas ce roman qui me fera mentir, au contraire il ne fait que renforcer mon admiration pour ce formidable talent de conteur.
Cette fois l’auteur se met dans la peau de Hugo pour nous conter son parcours, avec ses mots à lui ; rassurez-vous même si c’est plus parlé que littéraire ce n’est pas non plus du charabia à la sauce djeun’s qui veut se la jouer racaille. On a vraiment l’impression d’être en face du narrateur, de l’écouter sans oser l’interrompre. Bravo et merci Monsieur Loevenbruck !
Merci pour ce road trip exceptionnel en compagnie de Hugo et ses potes. Un long périple à moto à travers les USA, avec des rencontres (bonnes et mauvaises) et des choix (bons et mauvais) mais surtout riche en émotions en tout genre.
Merci pour cette ode à l’amitié et à la liberté. Merci aussi pour cette belle réflexion sur la Liberté ; qu’est-ce être libre ? Faire tout et n’importe quoi au mépris de tout et de tous ? Pour moi on est davantage dans le registre de l’anarchie là, le concept est sympa aussi mais il a ses limites. Croquer la vie à pleines dents en essayant de faire le moins de tort possible aux autres ? Ca me semble pas mal comme définition, on a jamais dit que c’était facile d’être libre…
Il est temps pour moi de répondre à la question que tout le monde (personne serait sans doute plus réaliste) se pose : est-ce que j’ai versé une larmiche en lisant ce bouquin ? J’aurai pu répondre non car j’ai tenu bon mais l’épilogue m’a achevé !
Les motos et les bikers te laissent de marbre ? Tu kiffes pas les bandes de jeunes ? Moi non plus, mais ça ne m’a nullement empêché d’adorer ce bouquin. Si je n’avais pas déjà publié mon Top 10 il y a fort parier qu’il en aurait fait partie.
Pour la petite histoire ces fameux 1% existent bel et bien et désignent en effet ces gangs de motards considérés comme des organisations criminelles ; les plus célèbres représentants sont les éternels rivaux Hells Angels et Bandidos. Pas vraiment des enfants de choeur !
Le hasard a voulu que je prévoyais de lire Le Syndrome Copernic du même auteur dans le cadre d’un book club, c’est partie remise ; ce ne sera pas ma prochaine lecture mais la suivante.

Morceaux choisis… Et c’est pas évident de choisir tant il y a de belles réflexions dans ce roman.

Plus le temps passe, plus j’ai l’impression de voir nos libertés s’abîmer, comme un buisson auquel on fait rien que de couper les branches, « pour son bien ». J’ai le sentiment que, chaque jour, une nouvelle loi sort du chapeau d’un magicien drôlement sadique pour réglementer encore un peu plus nos toutes petites vies et mettre des sens interdits partout sur nos chemins.

On peut être libres à plusieurs, j’ai dit. Moi, j’ai connu des solitudes qui ressemblaient vachement à des prisons.

(…) je pensais que la vie serait plus jamais la même, que je laisserais plus jamais passer une seule minute sans déguster la liberté, que plus jamais je laisserais rien ni personne m’emmerder, que plus jamais je ferais partie des 99 % de moutons.

La liberté, il y en a partout. Il faut juste avoir le courage de la prendre.

Dans la vie, je crois qu’il vaut mieux montrer ses vrais défauts que ses fausses qualités. Vaut mieux surprendre que décevoir.

Un jour, comme ça, pour me moquer un peu, j’ai dit à la Fouine qu’il avait quand même vachement changé d’avis sur la cocaïne et tous ses beaux discours, avec le temps, et alors il m’a répondu que c’était drôlement plus intelligent d’en vendre que d’en prendre, ce qui n’était pas loin d’être vrai.

Merci aussi à ces anciens « amis » devenus de bons gros patrons bien tristes, qui m’ont appris la saveur amère de la désillusion et de la trahison.

MON VERDICT
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