Chose promise, chose due : Sam Capra is back ! Pas question en effet de différer la lecture de Last Minute de Jeff Abbott, je veux (et j’espère les avoir) les réponses aux nombreuses questions restées sans réponse à la fin d’Adrénaline.
[ALERTE SPOILERS N°1… Ne lisez pas les lignes qui suivent si vous n’avez pas lu et comptez lire Adrénaline] Sous couvert de la Table Ronde, Sam Capra est désormais gérant d’un bar à cocktail. Avec les moyens mis à sa disposition par son nouvel employeur, il continue de chercher son fils en échange de quelques opérations contre l’organisation criminelle des Neuf Soleils. Quand il apprend que la tête de Mila est mise à prix, il décide de lui venir en aide, mais difficile d’aider quelqu’un qui refuse votre aide… [FIN D’ALERTE SPOILERS N°1]
Dans Adrénaline nous avions le droit à une intrigue unique déjà bien ficelée, histoire de corser la chose Jeff Abbott nous propose de suivre trois intrigues. D’une part la quête de Sam (toujours écrite à la première personne), de l’autre le périple d’un jeune hacker qui cherche à sauver sa peau, et enfin le cas de Mila. Les deux premières ne tarderont pas à se télescoper comme on pouvait s’y attendre. Quant à la troisième, elle est aussi indépendante et discrète que son personnage central et vient s’incruster çà et là.
Ce qui m’amène tout naturellement à parler des personnages (oui je sais c’est plat comme transition). On retrouve bien entendu les deux principaux personnages principaux déjà croisés dans Adrénaline, à savoir Sam (toujours aussi indestructible) et Mila (il faudra se montrer patient mais on finit par en apprendre un peu plus sur elle et c’est du lourd) mais aussi quelques personnages secondaires (dont August, l’ami et ancien collègue de Sam et un autre plus inattendu dont je tairai le nom). Au rayon des nouveaux venus on trouve Léonie qui assistera, contrainte et forcée, Sam dans la mission que lui a confié Anna Tremaine. Tient donc mais qui est Anna Tremaine ? Disons qu’elle est du côté obscur de la Force.
On retrouve une intrigue rondement menée, découpés en chapitres courts mais percutants. Un rythme imposé sans temps morts ni fioritures. Ce second opus est tout aussi prenant que son ainé, la fin mettra votre palpitant et vos nerfs à rude épreuve. J’adooore (non désolé je ne kiffe pas, j’ai passé l’âge) !
Bon alors qu’en est-il du fils de Sam,des Neufs Soleils et de Mila ? Faudra-t-il lire le troisième opus (ou plus si affinité) pour avoir le fin mot de l’histoire ? Je serai muet comme une tombe de carpe sur ces questions, et sur tout le reste d’ailleurs… Une chose est certaine je lirai avec plaisir le troisième volet des aventures de Sam Capra et, si les jongleries avec mon Stock à Lire Numérique le permettent, il n’est pas impossible que je me plonge dans ses autres bouquins.
[ALERTE SPOILERS N°2… Bis repetita] A la lecture de la quatrième de couv’ des Editions J’Ai Lu on est en droit de se demander si le gars a vraiment lu le bouquin, trois erreurs en seulement quelques lignes c’est fort quand même. D’une part l’intrigue ne démarre pas quand le fils de Sam se fait enlever puisqu’il est toujours à sa recherche au moment du deal proposé par Tremaine. D’autre part le gamin n’est pas détenu par le cartel des Cinq Soleils mais par les Neufs Soleils, organisation criminelle certes mais jamais désignée comme un cartel. Enfin Sam doit éliminer une seule et unique cible un étudiant hacker et non un étudiant et un hacker. [FIN D’ALERTE SPOILERS N°2]
Étiquette : Littérature américaine
[BOUQUINS] Jeff Abbott – Adrénaline
Par curiosité (ça fait déjà quelques temps que cet auteur me fait de l’oeil) je me suis offert le dernier Jeff Abbott, Last Minute et là, Ô rage, Ô désespoir, je découvre que c’est le second volet d’une série consacrée au personnage de Sam Capra. Coup de bol j’ai justement le premier opus qui traîne depuis un bail dans mon Stock à Lire Numérique, commençons par le début donc avec Adrénaline de Jeff Abbott.
Sam Capra travaille pour le bureau londonien de la CIA. Un matin sa femme, enceinte leur premier enfant, l’appelle et l’implore de quitter le bureau immédiatement. A peine est-il arrivé dans la rue qu’une explosion détruit les locaux de l’Agence et Lucy est enlevée sous ses yeux. Unique survivant de l’explosion, il fait office de coupable idéal pour la CIA. Sam Capra va devoir se battre pour rétablir la vérité, mais aussi et surtout pour sa femme et son enfant…
Et bin voilà, veni, vidi, vici comme dirait le grand Julot. Un auteur de plus à suivre de près. Jeff Abbott nous propose une intrigue qui oscille entre le romand d’espionnage et le thriller plus classique mais qui tient globalement la route. Un titre largement mérité tant le rythme est soutenu de la première à la dernière page avec des rebondissements à la pelle.
Les personnages sont bien travaillés même si parfois Sam Capra fait un peu penser à l’archétype du héros 100% américain WASP, un dur à cuire limite indestructible. Ce n’est pas le premier et certainement pas le dernier, ça doit rassurer le lecteur américain de savoir qu’ils sont toujours les plus forts… Pour ma part j’avoue avoir plutôt eu un faible pour le personnage de Mila, une nana déterminée, implacable et pleine de mystères ; nul doute qu’on devrait la retrouver dans le(s) prochain(s) volet(s) de la saga Sam Capra.
Et oui on peut bel et bien parler de saga puisqu’à ce jour l’auteur a déjà consacré trois romans et une nouvelle à son héros. En France les Editions J’ai Lu proposent les deux premiers roman, on devrait avoir le droit à la série complète il faut juste se montrer patient.
Et justement c’est là que le bât blesse, la fin de ce premier opus laisse planer un paquet de questions du coup on referme le bouquin un tantinet frustré. Pas le choix pour la suite de mon programme littéraire, j’attaque directement avec Last Minute…
[BOUQUINS] Shane Kuhn – Guide De Survie En Milieu Hostile
Ah que voilà un bouquin qui a tout pour me plaire, entre nous ça a été le coup de foudre ! Une couv’ qui me cause, un titre prometteur, un pitch alléchant, un auteur inconnu (normal c’est son premier roman, d’où une certaine curiosité) et… Sonatine ! Et voilà comment ce Guide De Survie En Milieu Hostile signé Shane Kuhn s’est retrouvé dans mon Stock à Lire Numérique et a rapidement atteint le sommet…
John Lago est un parfait stagiaire, indispensable mais invisible. L’idéal pour gagner la confiance de ses supérieurs afin de pouvoir les éliminer en toute discrétion. Ah oui John Lago n’est pas un stagiaire comme les autres, c’est aussi un redoutable tueur à gages et occasionnellement l’auteur de ce Guide De Survie A L’Usage Des Jeunes Stagiaires. Un manuel du parfait stagiaire-tueur destiné à ses pairs…
C’est donc ce Guide de Survie que vous aurez entre les mains tout au long de votre lecture. Un manuel écrit à la première personne dans lequel l’auteur partage sa propre expérience et notamment les détails de sa dernière mission avant de devenir un jeune retraité (forcément un stagiaire trop âgé ça attire l’attention) jouissant d’une belle prime de départ. Toutefois ce n’est pas un exemplaire de RH Inc., l’employeur de ses stagiaires-tueurs, qui vous a été remis mais une copie obtenue par le FBI (d’où quelques annotations çà et là). Voilà pour ce qui est de la mise en immersion.
Comme vous pouvez vous en douter (du moins je l’espère) ce fameux guide est à prendre au second degré, l’auteur joue la carte de l’humour, un humour souvent teinté de noir forcément (avec parfois une pointe de cynisme) mais perso j’adore. Sa description de la vie de stagiaire dans une grande entreprise est criante de vérité dans sa totale inhumanité (exagérée ? pas sûr).
Mais rassurez vous l’humour n’empêche nullement l’auteur de vous livrer un thriller qui tient la route. La dernière affaire de Lago sera tout sauf une promenade de santé. Les rebondissements s’enchainent pour notre plus grand plaisir. Nul doute que le final vous surprendra.
En plongeant dans les méandres de l’esprit d’un tueur en série implacable on apprend à aimer un personnage qui aurait pourtant tout pour être détestable ; au fil de la lecture et de l’évolution de l’intrigue il s’humanise et ça ne le rend que plus attachant. Les autres personnages sont survolés, ils servent surtout de décorum au personnage principal.
Pour un premier roman l’auteur réussi un tour de force en parvenant à renouveler un genre qui a pourtant été maintes fois tourné et retourné dans tous les sens. Une fois de plus Sonatine confirme que son catalogue regorge de pépites, même si perso j’aurai conservé une traduction plus ou moins littérale du titre original The Intern’s Handbook (qui pourrait devenir Guide De Survie A L’Usage Des Jeunes Stagiaires, le titre du manuel rédigé par le narrateur).
Cerise sur le gâteau, le cinéphile amateur que je suis s’est régalé des nombreuses références au cinéma et aux séries TV.
[BOUQUINS] Un DSK (Doublé Stephen King) au programme
Comme vous le savez sans doute le chroniquage de nouvelles ce n’est pas ma tasse de thé, mais quand la chose est signée Stephen King ça change la donne. Si en plus je tombe sur deux titres disponibles exclusivement en numérique, c’est l’occasion rêvée de vous offrir un tir groupé.
Albin Michel (Mars 2014) – 3.99 €
Une nouvelle livrée en primeur aux fans français et allemands en remerciement de leur fidélité.
Qu’est-ce qui a bien pu pousser George Hallas, comptable jusqu’alors sans histoires, à flinguer devant témoins un gamin ? Condamné à mort, il ne s’est jamais expliqué sur les raisons de son acte. A quelques jours de son exécution il fait appel à son avocat, Leonard Bradley, afin de lui confier sa confession. Une confession qui va au-delà de tout ce que pouvait imaginer l’avocat…
Avec cette courte nouvelle (112 pages) Stephen King confirme qu’il est un exceptionnel conteur. Le sort de George Hallas est prévisible (ce qui ne l’empêche pas d’être l’une des scènes les plus intenses du roman), la « surprise » finale aussi, mais cela ne nuit en rien à notre envie d’en savoir plus sur le cheminement de George Hallas. Un récit relativement classique mais rondement mené.
Si l’univers carcéral n’est pas totalement étranger à Stephen King, je pense notamment à la nouvelle Rita Hayworth Et La Rédemption De Shawshank (extraite du recueil Différentes Saisons) ou encore au roman-feuilleton La Ligne Verte, dans cette nouvelle il ne sert que de toile de fond au récit, l’essentiel se déroule à l’extérieur. Qu’importe, l’auteur décrit ce milieu avec une précision glaciale.
Alors folie ou possession (ou un truc du genre) ? A la lecture de cette nouvelle on est bien entendu tenté de croire en la version de George Hallas, mais mettez-vous à la place de Leonard Bradley, si un tueur d’enfant vous livrait une telle confession, le croiriez-vous sur parole ?
En bonus on le droit à un extrait du prochain roman de Stephen King, Joyland (sortie en mai 2014), un roman publié directement au format poche aux Etats-Unis, mais comme d’hab, les éditeurs français ne ratent pas une occasion de traire les vaches à lait que nous sommes… En attendant l’extrait lu me laisse perplexe, pas assez long pour se faire une idée de la chose, en encore moins pour me faire bavé d’impatience ; mais c’est Stephen King, donc je craquerai. C’est gravé dans le marbre !
Un Visage Dans La Foule (co-écrit avec Stewart O’Nan)
Bragelonne (Mars 2014) – 2.99€
Au tour d’une nouvelle écrite à quatre mains, en collaboration avec Stewart O’Nan, de passer au grill.
Depuis la mort de son épouse Dean Evers n’a plus que la TV et ses matchs de baseball pour compagnie nocturne. Rien à redire jusqu’à ce qu’il se mette à apercevoir, chaque soir, un visage connu dans la foule des spectateurs. Jamais le même, mais tous ont deux points communs : ils sont morts et surtout ils lui renvoient son passé en pleine gueule…
Une histoire courte (44 pages) sur fond de baseball (un peu indigeste pour le profane que je suis) qui gagne en profondeur au fil des pages. A travers un récit plein d’humanité (bien que fortement teinté de fantastique) les auteurs mettent leur personnage face à ses responsabilités et surtout face à ses erreurs passées. Facile de lui jeter la pierre mais qui peut prétendre être blanc comme neige ?
Petit bémol au niveau de la mise en page plutôt minimaliste (quelques sauts de ligne histoire d’aérer le texte auraient été un plus appréciable), dommage, d’autant plus que Bragelonne n’est pas novice en matière de numérique.
Quelques mots purement anecdotiques pour conclure. Stewart O’Nan est un inconditionnel de Stephen King, c’est lui qui lui aurai envie de se lancer dans l’écriture. Non seulement il lui a dédié son roman The Speed Queen (1997) mais en plus le King est un des personnages principaux du récit. En 2004, tous deux fans de baseball, ils co-écrivent un essai (Faithfull) consacré aux Red Sox de Boston. Cette nouvelle est leur première collaboration sur une oeuvre de fiction.
A la base j’avais prévu un triplé du King mais malheureusement la nouvelle inédite A La Dure (incluse dans la version poche du recueil Nuit Noire, Etoiles Mortes), pourtant annoncée en numérique à la même date que le bouquin (le 12 mars) a été repoussée à une date ultérieure. A défaut d’info plus précise quant à l’ultérioté de la chose je me suis contenté d’un duo royal.
[BOUQUINS] Harry Crews – Nu Dans Le Jardin D’Eden
Tiens donc, mais que vient ce titre sorti de nulle part au coeur de mes chroniques ? Je clame mon innocence votre honneur, la coupable est une belette cannibale d’origine belge (si si ça existe). Elle a posté un post tentateur dans son blog et moi, pauvre victime innocente je suis tombé dans le piège de la tentation. Et voilà comment Harry Crews et son roman, Nu Dans Le Jardin D’Eden, se sont retrouvés d’abord entre mes mains puis dans ces modestes colonnes.
Au début des années 60 Garden Hills, la plus grande mine de phosphate du monde, était un Eldorado inespéré pour les habitants de la région mais le rêve a vite fait de se casser la gueule et les investisseurs de retirer leurs billes. Aujourd’hui Garden Hills se sont douze bicoques et une poignée d’habitants qui survivent tant bien que mal. Au sommet de la hiérarchie on trouve Fat Man, l’héritier fortuné qui fait vivoter tout le monde mais il n’y a pas grand chose à attendre de lui. De l’autre côté il y a Dolly, elle rêve de redonner à Garden Hills un nouvel essor grâce au tourisme et au cabaret. Rien ni personne ne pourra la faire renoncer à ses rêves de renouveau…
Vous l’aurez compris ce n’est ni une version érotique de la Bible (l’original l’est suffisamment comme ça), ni une partie de jambes en l’air dans le jardin de la voisine (ou du voisin puisqu’en Belgique il semblerait que le prénom Eden soit mixte. Pour ma part la seule Eden que je connaisse est Eden Capwell de Santa Barbara… Oui je sais c’est du lourd au niveau des références culturelles). Nope rien d’aussi léger ici puisqu’on plonge au coeur de la noirceur et de la misère d’une communauté oubliée de tous ou presque.
En plus de la chronique forte élogieuse de la tentatrice susnommée (non ce n’est pas une dissimulation de fellation) il faut dire que deux autres choses (non que je considère la Belette Cannibale comme une chose) ont contribué à me faire craquer. La première, aussi bête que cela puisse sembler, est l’éditeur : Sonatine, à l’heure d’aujourd’hui je n’ai jamais été déçu par son catalogue. La seconde tient d’avantage à ma curiosité personnelle, pourquoi un bouquin écrit en 1969 ne sort en français qu’en 2013 (l’année suivant la mort de son auteur) ? Et puis bon Harry Crews lui même fait ce qu’il faut pour attiser notre curiosité : « C’est le meilleur roman que j’aie écrit. Au moment où je l’ai terminé, je savais que jamais je ne ferais rien d’aussi bon. »
Paré pour une coloscopie dans le trou du cul du monde ? Le bled en question est aussi déglingué que paumé, noyé sous la poussière et la puanteur du phosphate. Pour ceux qui restent, victimes d’un rêve brisé, il subsiste l’espoir d’un retour à la prospérité, le retour du fils prodigue qui relancera la mine. A se demander s’ils y croient vraiment ou s’ils se rattachent à ce rêve pour éviter de crever la gueule ouverte, le nez dans leur misère. Pathétique me direz-vous ? Et bien non justement, et c’est là tout le talent d’Harry Crews, sous sa plume il donne à chacun de ses personnages une profondeur et une humanité presque palpable.
L’auteur nous plonge dans la vie de quelques uns de ces paumés abandonnés de tous, quelques flashbacks permettent de découvrir leur parcours. Fat Man et Dolly bien sûr, mais aussi des personnages secondaires comme Jester ou Iceman. Des rencontres émouvantes, des destinées hors normes, au fil des pages vous partagerez leurs émotions.
Si vous souhaitez de l’action passez votre chemin. Toutefois, même s’il ne passe pas grand chose de palpitant à Garden Hills, je peux vous promettre que vous ne vous ennuierez pas une minute en lisant ce bouquin. Bien qu’écrit (et bien écrit) en 1969, le récit est intemporel, il pourrait s’appliquer à n’importe quel bled qui subirait le même coup du sort de nos jours.
Le titre original Naked In Garden Hills (Nu Dans Garden Hills pour les anglophobes) trouve son explication dans le roman mais je ne vous en dirai pas plus. Lisez ce bouquin pour le savoir, vous ne regretterez pas cette expérience de lecture. C’est relativement court (235 pages) mais intense.
[BOUQUINS] Glenn Cooper – Le Livre Des Prophéties
Comme je vous l’ai dit précédemment j’avais un duel au sommet pour élire ma prochaine lecture, qui de Glenn Cooper ou de Mallock allait remporter la palme ? Et finalement c’est Glenn Cooper qui sortira le premier de mon Stock à Lire Numérique. Un choix strictement personnel, basé sur aucun critère qualitatif ; c’est juste que j’attends cet ultime opus de la trilogie Will Piper depuis plus longtemps que la suite des enquêtes de Mallock. Place donc au Livre Des Prophéties.
2026. A quelques mois du 9 février 2027, date présumée de la « fin des temps », de nouvelles cartes postales de l’Apocalypse mettent le FBI sur les dents. Les cibles visées sont toutes sino-américaines, Pékin crie à la provocation et menace les Etats-Unis de représailles économiques. Nancy Piper dirige l’enquête au sein du FBI. Quand Phillip, leur fils, disparaît, Will Piper sort de sa retraite pour le retrouver et comprendre les raisons de sa soudaine fugue…
Ce roman fait donc suite au Livre Des Morts et au Livre Des Âmes, si les deux précédents se déroulaient pour l’essentiel dans le présent cet ultime chapitre se situe résolument dans l’avenir. Même si chacun de ces titres peut se lire indépendamment je trouve dommage de ne pas attaquer la série dans l’ordre. Si vous avez le début, ou si vous avez la mémoire qui flanche, l’auteur nous offre une piqûre de rappel dès les premières pages ; un habile résumé des faits qui s’intègre parfaitement au récit.
L’intrigue se déroulant en 2026 je pourrai presque inclure ce titre dans mon challenge SF, mais l’aspect science-fiction reste plus que minimaliste (quelques innovations technologiques tout à fait crédibles). Pour l’essentiel on est embarqué au coeur d’une enquête policière (même si Will Piper n’est plus au FBI) avec quelques flashbacks plus ou moins historiques (comme d’hab on croise quelques personnages célèbres dans des situations totalement fictives). Un cocktail original mais parfaitement maîtrisé par Glenn Cooper, ce qui ne surprendra pas les habitués de l’univers de Will Piper.
Quelques mots sur l’intrigue pour commencer. D’ores et déjà je peux rassurer ceux qui pourraient craindre un risque de redondance à force d’exploiter le filon de la bibliothèque et ses fameux parchemins, l’auteur réussit encore à innover et même à nous surprendre. Contrairement à ce que pourrait laisser penser ma présentation l’affaire des cartes postales passe rapidement en arrière plan, l’intrigue s’offre une dimension internationale d’importance avec les tensions entre les Etats-Unis et la Chine, mais aussi avec un retour de Will Piper en Angleterre (une grande partie du Livre Des Âmes se déroulait déjà sur les terres anglaises) et une découverte des plus surprenantes à propos de l’Horizon (ne me demandez pas quoi je serai muet comme une tombe de carpe).
Au niveau des personnages c’est bien entendu Will Piper qui occupe le devant de la scène. Un Will Piper de 64 ans, retraité du FBI, qui a à peine eu le temps de se rétablir d’un infarctus, avant de replonger dans le feu de l’action. Heureusement le poids des années n’a en rien altéré la vivacité d’esprit (ni son côté bourru et asocial) de Will, forcément à son âge il vaut mieux compter sur ses neurones que sur ses muscles pour se sortir d’un merdier.
On découvre le personnage de Philip Piper, le fils de Will et Nancy. Devenu adolescent et totalement impliqué dans la présente affaire il occupe de fait une part importante dans l’intrigue. En digne héritier de ses parents le gamin réfléchit vite et bien. Au fil du récit on voit évoluer la relation qu’il entretient avec son père.
Je ne m’étendrai pas d’avantage sur les autres personnages qui interviendront, de façon plus ou moins déterminante, sur le déroulement de l’intrigue afin de laisser intact le plaisir de la découverte aux futurs lecteurs (pourtant je vous assure que ce n’est pas l’envie qui me manque d’en prendre certains comme défouloir).
J’avais reproché (et je campe sur ma position) aux deux premiers opus une intrigue parfois trop prévisible même si le second se situait un cran au dessus de son aîné. La tendance se confirme avec ce troisième et dernier volume, l’auteur mène sa petite affaire à un rythme effréné qui va crescendo, les rebondissements se succèdent, bref, impossible de lâcher le bouquin une fois que vous serez plongé dedans. Gleen Cooper réussit littéralement à nous prendre en otage, pour notre plus grand plaisir.
Maintenant que la saga Will Piper semble terminée je vais pouvoir me pencher sur les autres titres de l’auteur, ça tombe ils squattent eux aussi mon Stock à Lire Numérique ; toute la question est de savoir quand est-ce que je trouverai un moment pour ça, j’ai déjà plus ou moins programmé mes futures lectures, de quoi m’occuper un certain temps…
[BOUQUINS] Joe Hill – Nosfera2
Comme je l’avais indiqué lors de ma chronique de la nouvelle Plein Gaz j’étais curieux de découvrir l’univers littéraire de Joe Hill, fils de l’illustre Stephen King. Pour se faire j’avais deux options, présentes dans mon Stock à Lire Numérique, soit me plonger dans son premier titre, Fantômes, un recueil de nouvelles, soit commencer par son dernier roman, Nosfera2 (NOS4A2 en VO, dans les deux cas prononcez Nosferatu). Comme vous pouvez le constater j’ai retenu la seconde option.
Il suffit à la jeune Vic McQueen d’enfourcher son vélo et de traverser le vieux pont couvert (le Raccourci) non loin de chez elle pour se retrouver à l’endroit auquel elle pensait avant de s’engager dans le tunnel. Quant à Charlie Manx, il embarque les enfants à bord de sa Rolls rutilante et les dépose au pays où c’est tous les jours Noël, Christmasland ; mais là-bas le bonheur se paie au prix fort. Quel est le lien Vic et de Charlie ?
Le prologue nous ramène à 2008 et nous met tout de suite dans le bain, attachez vos ceintures, âmes sensibles s’abstenir. Ensuite l’auteur nous offre un voyage dans le temps, entre 1986 et 2012, afin de suivre les parcours (parfois tumultueux) de Vic et de Charlie (et notamment leur première rencontre). La dernière partie (un peu moins de la moitié du bouquin) nous renvoie dans le présent, quelques jours de juillet 2012 ou tout, ou presque, va se jouer.
Si Joe Hill a décidé de prendre un nom de plume c’est pour éviter de se retrouver cataloguer au simple rang de fils de, un secret rapidement éventé face au succès quasi immédiat de ses écrits. Je peux vous assurer que l’auteur est le digne fils (successeur ?) de son père, d’autant qu’il officie lui aussi dans le fantastique horrifique et maîtrise déjà parfaitement toutes les ficelles du genre. A vrai dire par moment j’en arrivais presque à oublier que je ne lisais pas un titre de Stephen King mais bel et bien de son rejeton.
L’auteur nous offre un intrigue partagée entre le réel et l’imaginaire, mais Christmasland (que l’on ne découvre que dans les dernières pages du roman) est loin de ressembler au Pays des Bisounours, ce serait un peu comme si, sous des airs de fête, vous attiriez les gamins dans la gueule du Croque Mitaine. Et dans ce rôle le personnage de Charlie Manx est un cocktail de perversité déshumanisée et de folie. En face de lui Vic est loin d’incarner l’innocence, elle a connu un parcours plutôt agité et n’a pas toujours su faire les bons choix. Pour ma part j’ai un faible pour le personnage de Lou, un geek obèse qui vous fera craquer dès sa première apparition.
Une intrigue parfaitement menée, avec quelques moments de tension palpable qui mettront vos nerfs à rude épreuve. Des personnages bien travaillés, qu’il s’agisse des personnages principaux ou de ceux qui joueront un rôle plus secondaire (mais déterminant). L’auteur privilégie l’ambiance et le rythme aux envolées lyriques, le fantastique est revendiqué et assumé mais le rythme imposé est digne des meilleurs thrillers.
En bonus les pages de titre des différentes parties du bouquin sont superbement illustrées par Gabriel Rodriguez, d’autres illustrations viennent enrichir le roman (dont un dessin d’enfant qui dégage une aura malsaine superbement rendue).
Le traducteur est passé à côté d’un clin d’oeil au dernier roman de Stephen King, Docteur Sleep, en traduisant The True Knot par l’Echeveau au lieu du Noeud Vrai. Je ne sais pas si c’est volontaire ou juste maladroit mais en tout cas, avec une telle tournure, la phrase ne sonne plus comme un hommage à son illustre paternel : « Je connais aussi l’Écheveau, qui parcourt les routes et œuvre plus ou moins dans la même branche que moi. Je leur fiche la paix et réciproquement. » Pour l’anecdote en VO le roman de Joe Hill a été publié avant celui de Stephen King.
Après le père et le fils, il va maintenant falloir que je me penche sur l’univers littéraire de la mère, Tabitha King. Je n’en ai entendu que du bien et pourtant je n’ai jamais trouvé l’opportunité de plonger le nez dans un de ses romans, une lacune à réparer au plus vite ! Quant à Joe Hill, nul doute qu’il reviendra errer dans les colonnes de mon blog.
[BOUQUINS] Stephen King – Mile 81
Après Plein Gaz, co-écrit avec son fils, Joe Hill, Stephen King revient hanter les colonnes de ce blog avec une autre nouvelle, Mile 81. Un titre encore inédit en français mais traduit pour les fans impatients par un inconditionnel du King identifié par le pseudo JM24. Un « travail » que je ne peux que saluer étant justement du genre impatient et fan du King, raison de plus donc pour poster cette chronique.
Pete Simmons, 10 ans, décide d’aller explorer l’aire de repos désaffectée 81, et devenue repaire des lycéens en mal de conneries propres à leur âge. Il faut dire que George, son frère aîné, chargé de le surveiller, l’a laissé en plan pour rejoindre ses potes. Pour Pete, cette « aventure » sera l’occasion de prouver à son frère que lui aussi est assez « grand » pour rejoindre leur bande…
S’agissant d’une traduction amateur je ne tiendrai pas compte dans ma chronique des différentes erreurs (orthographe, grammaire, conjugaison, mise en page et typographie) rencontrées (et corrigés) en cours de lecture. Autant face à un travail de professionnel je peux me montrer intraitable, autant je ferme volontiers les yeux quand il s’agit d’un amateur passionné.
Que dire sans en dire trop ? Je pourrai presque ajouter cette nouvelle à mon challenge zombies ; pourquoi presque ? Heu… Comment dire ? En fait le zombie en question est une voiture, plus exactement une voiture qui semble avoir un goût très prononcé pour la chair humaine.
Vous me direz Stephen King a déjà joué la carte de la voiture pas sympathique. Il y a d’abord eu la Plymouth Fury de Christine (1983) avec un résultat qui aurait pu flirter avec l’excellence (l’auteur s’autorise même, dans cette nouvelle, un clin d’oeil au film de John Carpenter). Puis la Buick 8 de Roadmaster (2002), nettement moins convaincant. Cette fois c’est un Break non identifié (Ford ou Chevrolet) qui va tenter de mettre vos nerfs à rude épreuve en quelques pages.
Inutile de préciser que King maîtrise la nouvelle vu que c’est tout de même un habitué du genre, il y a du bon et du moins bon mais jamais de franche déception. Dans le cas présent l’auteur semble avoir pris un malin plaisir à revenir au genre qui l’a fait connaître : l’horreur. Et à ce niveau rien à redire, il n’a pas perdu la main. Dommage que globalement l’intrigue soit un peu pauvre et la fin trop simpliste. Ca se laisse lire, on se prend au jeu, mais ça ne laissera sûrement pas un souvenir impérissable. Et je doute fort qu’une traduction officielle puisse changer la donne…
[BOUQUINS] VM Zito – L’Homme Des Morts
Il m’aura fallu du temps mais j’ai enfin réussi à mettre la main sur L’Homme Des Morts de VM Zito. Pour les fans du genre il semblerait que ce soit un incontournable de la littérature zombie, du coup quoi de plus normal que de l’inscrire comme invité surprise à mon challenge zombies.
Depuis l’apocalypse zombie les USA sont coupés en deux, à l’Est les survivants sont regroupés dans la Zone Libre, un refuge sûr mais sous le joug d’un régime quasi dictatorial, tandis que l’Ouest, la Zone occupée, est abandonné aux morts. Marco a choisi de vivre parmi les morts, il traque et tue les zombies qu’on lui désigne, permettant à la famille et aux proches de faire leur deuil. Un jour il est contacté par le Ministère de la Sécurité Intérieure, sa mission est de localiser et éliminer un scientifique contaminé, aperçu pour la dernière fois dans une prison californienne. Marco ignore le pourquoi du comment de la mission mais il est loin de se douter que d’autres s’intéressent à sa cible…
Si l’idée du chasseur de zombies peut faire penser à Apocalypse Zombie c’est bien là le seul point commun à ces deux bouquins. VM Zito nous impose un roman beaucoup plus noir (genre noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir) et boosté à l’adrénaline pur jus. Aucun temps mort dans l’intrigue, l’auteur nous ferre dès les premières pages et ne nous lâche plus avant le clap de fin.
Outre les USA coupés en deux zones, une saine et l’autre infectée, séparées par le fleuve Mississippi, la touche d’originalité de ce bouquin tient au fait que seuls les Etats Unis aient été contaminés, dommage que l’auteur ne nous explique pas comment l’épidémie a pu être ainsi confinée (par contre on apprendra comment tout a commencé).
Au niveau des personnages le roman repose pour beaucoup sur Marco. Un chasseur de zombie en proie au paradoxe de son existence, il remplit ses contrats de renvoi avec une redoutable efficacité et pourtant il n’a jamais réussi à localiser la personne à qui il souhaite accorder un juste repos : Danielle, sa femme. Un personnage attachant, profondément humain, avec ses forces et faiblesses.
Dès le début de la mission il va se retrouver escorté par Wu, un agent de la sécurité intérieure chinoise qui se fait passer pour un soldat de l’UAR (Unité Anti Résurrection) afin de gagner la confiance de Marco. De loin le personnage le plus difficile à cerner, implacable quand il s’agit de lutter pour survivre, toutefois on le sent partagé entre sa mission et un certain attachement (pas seulement professionnel) à Marco.
Reprenant les ingrédients de la recette, maintes fois éprouvée, du duo improbable les échanges entre les deux hommes sont parfois hauts en couleur, et apportent çà et là une touche de légèreté histoire de détendre l’atmosphère. Bien entendu il faudra aussi compter avec de nombreux morts vivants affamés qui rêvent de s’offrir un Mc Marco ou/et des Wu Nuggets. Mais dans la Zone Occupée les morts ne sont peut être pas les ennemis les plus dangereux…
La fin me laisse sceptique (pas déçu, loin s’en faut) : suite ou pas suite ? Certes toute cette histoire semble cacher encore bien des secrets, mais d’un autre côté les choses se jouent à un niveau qui dépasse largement les compétences du Dr Marco.
Il semblerait que les tractations soient en cours en vue d’une adaptation cinéma de L’Homme Des Morts, le projet étant relativement nouveau peu d’informations filtrent. Pour éviter la classification R (pour Rated, équivalent à une interdiction aux moins de 18 ans en France) et toucher un public aussi large que possible (tout en restant, je l’espère vivement, réservé à un public averti), il faudra quelques coupes franches, certaines scènes sont franchement gore. D’un autre côté je suppose que l’auteur serait honoré de voir son roman devenir un film, après tout il le qualifie lui même d’hommage au cinéma de George R. Romero (et à Richard Matheson en littérature).
[BOUQUINS] Daniel Friedman – Ne Deviens Jamais Vieux
A contrario il est des livres pour lesquels je craque sans me poser la moindre question, Ne Deviens Jamais Vieux de Daniel Friedman fait partie de cette catégorie. Rien que le titre est une invitation à la lecture, la couverture est tout aussi craquante et la quatrième de couv’ plutôt alléchante. Ajoutez à cela que c’est Sonatine l’éditeur et voilà la cerise sur le gâteau (ou le gâteux en l’occurrence).
A quelques jours de ses 88 ans Buck Schatz est une ancienne gloire de la police de Memphis à la retraite. Son quotidien plus ou moins paisible et routinier est chamboulé quand il apprend que son tortionnaire pendant la Seconde Guerre Mondiale, Heinrich Ziegler serait vivant et aurait fui avec un trésor de guerre conséquent. Le hic c’est qu’il n’est pas le seul à le savoir et que l’or nazi semble susciter bien des convoitises, pas toujours bien intentionnées…
Une fois de plus Sonatine a su me surprendre et me séduire. Le personnage de Buck Schatz est des plus pittoresques, un vieux grincheux qui n’a pas sa langue dans sa poche et encore toute sa tête (même si parfois il semble en douter). Comme le bouquin est écrit à la première personne c’est lui qui nous guide tout au long de l’intrigue. Et le moins que l’on puisse dire c’est que la ballade ne sera pas de tout repos et parsemée de morts brutales. Buck est le plus souvent taciturne et bourru mais il lui arrive aussi d’être touchant (dans la complicité et la tendresse qu’il partage avec Rose, sa femme qui le supporte depuis 64 ans) et souvent drôle dans ses analyses (même si parfois c’est malgré lui). Un flic à l’ancienne complétement dépassé par la technologie actuelle. Mais il n’est pas facile de vouloir jouer les durs à cuire quand le corps ne suit plus. C’est ce mélange de force et de fragilité qui rend le personnage de Buck aussi attachant.
Daniel Friedman nous propose un polar qui révise avec intelligence et brio les règles du genre. On a tout de même droit à une intrigue pleine de rebondissements, on se prend vite au jeu à essayer de trouver les réponses avant Buck. Si au départ Buck semble se lancer dans l’affaire simplement pour égayer une routine un peu trop paisible pour l’homme d’action qu’il a été, il va rapidement ses réflexes (façon de parler) d’enquêteur pour démêler ce sac d’embrouilles. Un dernier baroud d’honneur avant de tirer sa révérence…
Pour un premier roman l’auteur réussi un véritable coup de maître, c’est plutôt prometteur pour la suite, en espérant que suite (ou plus exactement autres romans) il y ait. J’ai été scotché dès les premières phrases et je n’ai pas décroché avant le clap de fin et quelle fin ! Même si j’avais identifié l’assassin avec une quasi certitude mais plus au feeling qu’autre chose.
