J’ai profité de mon challenge SF pour faire connaissance avec l’univers littéraire de Dan Simmons en inscrivant deux titres de l’auteur au programme, l’incontournable (parait-il) Echiquier Du Mal et un titre plus récent, Flashback. C’est sur ce dernier que j’ai jeté mon dévolu en premier.
2035. Dans une Amérique ravagée (à plus d’un titre), Nick Bottom, un ex-flic, détective minable et accro au flashback, cette drogue qui permet de revivre les souvenirs de son choix, est embauché par M. Nakamura, un milliardaire japonais très puissant. Sa mission : retrouver celui qui a assassiné Keigo, le fils de M. Nakamura, six ans plus tôt. Pour y parvenir il va devoir reprendre toute l’enquête à zéro, à la fois dans le présent mais aussi dans le passé, à l’aide du flashback…
Avant d’aller plus loin dans cette chronique je vais revenir sur la polémique qui a entouré ce bouquin lors de sa sortie, non pas que ce soit un sujet captivant mais il semblerait que ce soit plus ou moins un passage obligé. Pour faire simple on va se résumer à « je me fous des opinions politiques de Dan Simmons ». L’Amérique qu’il nous décrit dans ce roman et les idées soulevées ou émises par certains personnages ne sont pour moi que le décorum d’une oeuvre de fiction de type distopyque, le reste je m’en bats les coucougnettes, « cela ne nous regarde pas » comme diraient les autres.
De prime abord le personnage de Nick Bottom apparait comme un minable drogué sans le moindre sens de l’honneur, égoïste tendance nombriliste, champion du monde de l’auto-apitoiement. Le gendre idéal, non ? J’aurai pu le prendre illico en grippe mais le gars est aussi un fin cinéphile, de nombreuses références cinématographiques égayent ses sombres pensées. Du coup j’ai décidé de lui donner sa chance. Une seconde chance méritée puisque le flic (toujours tourmenté) va peu à peu reprendre le dessus.
A vrai dire il n’y a pas que Nick Bottom qui soit tourmenté, le monde de Flashback, et notamment les Etats-Unis, ne tourne plus très rond. Quand ce ne sont pas les guerres entre nations qui déciment les survivants, les guerres civiles prennent le relai, puis éventuellement les guerres des gangs ou toute autre forme de violence devenue ordinaire. Un monde où il ne fait clairement pas bon de vivre.
Je n’ai aucun élément de comparaison me permettant de situer ce titre par rapport aux autres romans de Dan Simmons mais indéniablement l’auteur a un talent narratif assez exceptionnel, servi par un style extrêmement riche, on est presque instantanément scotché à son récit et on ne lâche plus le morceau avant d’avoir parcouru, en totale immersion, une intrigue rondement menée. Pour tout vous dire j’ai été tellement absorbé par ce bouquin que je serai tenté de le qualifier de thriller d’anticipation ; le cadre et la technologie sont résolument futuristes mais le rythme imposé et les rebondissements sont dignes d’un thriller.
Au début du roman l’intrigue est divisée en deux parties, à Denver on suit l’enquête de Nick Bottom tandis que dans un Los Angeles aux portes de la guerre civile on découvre les errances pseudo-rebelles de son propre fils, Val, conneries dans lesquels il finira par attirer son grand père maternel, Leonard. De fait le chapitrage permet d’identifier le personnage central du chapitre, ceux qui commencent par 1 (les plus nombreux) sont vus sous l’angle de Nick, le 2 identifie le point de vue de Val et le 3 celui de Leonard. Pendant la plus grande partie du roman les deux intrigues sont parfaitement distinctes, elles ne fusionneront que dans les derniers chapitres.
Inutile de préciser que je compte bien poursuivre mon exploration de l’univers littéraire de Dan Simmons, d’abord avec L’Echiquier Du Mal puis avec d’autres titres isolés avant de me lancer dans Les Cantos D’Hyperion (9 tomes).
Étiquette : Littérature américaine
[BOUQUINS] Jonathan Maberry – Apocalypse Zombie
Retour parmi les morts-vivants pour ma prochaine chronique avec Apocalypse Zombie de Jonathan Maberry. Second et dernier titre estampillé young adult inscrit au programme de mon challenge zombies, une dernière douceur avant d’attaquer du brut de décoffrage.
A son quinzième anniversaire Benny se doit de trouver un travail pour contribuer à la survie de leur communauté, une ville fortifiée peuplée de survivants à l’apocalypse zombie. C’est à contrecoeur qu’il finit par rejoindre son frère ainé, Tom, afin que ce dernier lui enseigne les rudiments du métier de chasseur de zombies. Une occasion pour les deux frères de combler le fossé qui les sépare et pour Benny d’apprendre beaucoup plus qu’un travail…
Si je m’inquiétais de trouver une certaine redondance dans les histoires de zombies force est de reconnaître que je faisais fausse route, les titres que j’ai lu pour le moment proposent tous une approche et une intrigue totalement différente (toujours sur fond d’épidémie d’origine virale de source incertaine). Et tant que je suis au rayon des préjugés je confirme que parfois la littérature young adult peut réserver de bonnes surprises.
Et oui je reconnais avoir passé un bon moment en compagnie de ce bouquin, ce n’était pourtant pas gagné d’avance, dans les premières pages Benny est franchement du genre tête à claques (le genre ado de 15 ans en quelque sorte, rebelle de pacotille et convaincu de tout savoir sur tout), heureusement qu’il change rapidement et murit confronté aux réalités de la vie.
La grande originalité de ce bouquin tient surtout au fait qu’ici les zombies sont presque accessoires, l’intrigue principale est ailleurs, qui plus est le zombie n’est pas présenté comme une créature foncièrement mauvaise mais d’avantage comme une victime, on ne tardera pas à découvrir que certains humains sont bien pire que les morts-vivants. Cela donne un caractère particulier à l’intrigue, ajoutez à cela qu’elle devient rapidement addictive et vous surprendra plus d’une fois et vous tenez entre les mains un bouquin dans lequel vous aurez plaisir à vous plonger.
L’autre force du roman réside dans ses personnages, tous sont bien travaillés et ont une véritable profondeur. Il y a bien entendu Benny et Tom, deux frères que tout semble opposer, mais aussi les copains de Benny : Chong, Morgie et Nix, la fille du groupe. Et de l’autre côté de la frontière entre le Bien et le Mal une poignée de chasseurs de primes pourris jusqu’à la moelle. Entre les deux une mystérieuse Fille Perdue…
Jonathan Maberry a écrit plus d’une vingtaine de bouquins dans différents genre (plus quelques BD pour Marvel), à ce jour seuls deux titres sont disponibles en français ; reste à espérer que le second volet de cette saga, annoncé pour 2014 en VO, fasse l’objet d’une future traduction. pour ma part je retrouverai avec plaisir cet univers post-apocalyptique qui nous réserve certainement encore bien des surprises.
[BOUQUINS] Joe Hill & Stephen King – Plein Gaz
Paré à embarquer pour un road trip aussi court qu’intense ? Attachez vos ceintures et plongez avec moi dans Plein Gaz, une nouvelle à quatre mains signée Joe Hill et Stephen King (le premier étant le rejeton du second, je les cite dans l’ordre figurant sur la couverture).
Une bande de motards en fuite est prise en chasse par un routeir au volant d’un puissant camion ; le type semble bien déterminé à les éliminer un à un… Leur seul espoir de survie : rouler plein gaz sans jamais ralentir !
Un camion fou, ne me dites pas que ça ne vous rappelle rien. Un mot en quatre lettres et un titre mythique : DUEL ! C’est quoi ça ? Je n’adresse plus jamais la parole à celui ou celle qui osera me poser la question. D’ailleurs pour éviter de me fâcher avec mon lectorat je vais lever le voile, Duel c’est d’abord une nouvelle de Richard Matheson (1971) et aussi et surtout le film qui révéla Steven Spielberg au grand public (la même année). Papa et fiston King ont donc décidé de rendre hommage à ce monument en le revisitant.
Dès le départ on note une différence majeure entre Duel et Plein Gaz, dans le premier la victime du camion fou est un pauvre type lambda qui n’a rien demandé à personne, dans le second une bande de motards qui sont tout sauf des enfants de coeur. Du coup forcément on a un peu plus de mal à les prendre en sympathie, de là à faire pencher la balance vers le routier exterminateur il n’y a qu’un pas, aisé à franchir.
Comme je l’ai précisé en intro de cette chronique, c’est court (moins de 100 pages) mais le titre est plus que justifié, l’intrigue est menée plein gaz par les auteurs. Inutile de préciser que c’est bien écrit (ils sont tous les deux des écrivains confirmés). Un brillant hommage qui se lit en moins d’une heure.
En bonus nous avons le droit au premier chapitre du nouveau roman de Joe Hill, Nosfera2. Je n’ai jamais rien lu de lui mais cette mise en bouche (ainsi que quelques errances sur le web) m’a donné envie d’en savoir plus sur son travail.
Je sais que cette chronique est un peu courte mais d’un autre côté je ne me vois pas parler d’une nouvelle avec autant d’intensité que d’un roman. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai tendance à zapper ou à grouper les posts dédiés aux nouvelles ; mais impossible de passer sous silence un titre signé Stephen King !
[BOUQUINS] Max Brooks – Guide De Survie En Territoire Zombie
Quel idiot je fais, commencer un challenge zombies sans apprendre le b.a.-ba sur ces charmantes bestioles est une erreur monumentale ; heureusement il n’est jamais trop tard pour rectifier le tir. C’est désormais chose faite avec Le Guide De Survie En Territoire Zombie de Max Brooks.
Comme son nom l’indique ce n’est pas un roman que vous aurez entre les mains mais bel et bien un guide de survie (avec quelques illustrations assez sommaires). Après une rapide présentation des aptitudes et comportements du zombie, l’auteur vous apprend comment leur survivre et comment les combattre. S’il y a bien quelques traits d’humour, le bouquin n’est en rien comique ; c’est d’ailleurs assez amusant de voir le sérieux avec lequel l’auteur traite d’une hypothèse hautement improbable (perso je ne crois pas le moins du monde à une hypothétique attaque zombie).
L’auteur s’intéresse ici à la vision contemporaine du zombie, à savoir le résultat d’une attaque virale (le virus étant ici appelé Solanum). Sans doute le résultat d’expérimentations militaires ratées… Adeptes des zombies made in 70’s ou 80’s passez votre chemin, ici point de morts-vivants qui s’extirpent de leur tombes (au contraire, selon l’auteur cette hypothèse est totalement impossible).
Entre les chapitres survie et chasse on retrouve quelques redondances mais rien de bien méchant, j’avoue avoir un faible pour les deux dernières parties ; Vivre dans un monde envahi par les zombies, une sorte de condensé de tout ce qui a été dit précédemment et Epidémies recensées, un inventaire des attaques supposées ou avérées de zombies au fil des âges (de -60000 avant JC à nos jours).
Contrairement à ce que j’annonce en intro la lecture de ce guide de survie est loin d’être indispensable avant d’aborder la « mode » zombie, toutefois elle n’est pas non plus inintéressante, ça permet de voir qu’aujourd’hui la vision du zombie semble s’être plus ou moins harmonisée (voire rationalisée) que ce soit au cinéma, à la TV ou dans la littérature.
Comme je l’ai déjà signalé lors de ma chronique du film World War Z, l’éditeur Orbit propose désormais une Intégrale Z qui regroupe le roman WWZ, le Guide de Survie et quatre nouvelles inédites… Un bon moyen de tout avoir sous la main en un seul volume.
[BOUQUINS] Madeleine Roux – Un Blog Trop Mortel
Histoire de commencer en douceur et pour ménager ma grande sensibilité, j’ai opté pour un premier titre zombie pioché dans la littérature jeunesse (mais pas trop), avec Un Blog Trop Mortel de Madeleine Roux.
Septembre 2009. Des hordes de zombies attaquent les humains, les tuant ou pire, les transformant. Allison, une étudiante, se réfugie avec cinq autres rescapés dans la réserve de la boutique où elle travaillait. Elle se lance alors dans l’écriture d’un blog, ce qui était à la base un appel au secours va peu à peu devenir le récit du quotidien des rescapés pour leur survie…
Commençons par la genèse du bouquin, au départ Madeleine Roux, s’est lancée dans une blog-fiction (Allison Hewitt Is Trapped), les premiers chapitres (et certains commentaires de visiteurs qui ont joué le jeu) correspondent mot pour mot au blog originel. La popularité et le style de l’auteure a fini par attirer l’attention d’un éditeur qui a suggéré à Madeleine Roux d’en faire un roman, roman finalement publié en 2011. Un peu frustrant pour les visiteurs du blog qui devront se payer le bouquin pour connaître la fin (et découvrir des posts inédits), mais on ne peut pas blâmer l’auteure d’avoir accepté la proposition…
Le bouquin se présente en effet comme un blog, chaque chapitre correspond à un post d’Allison avec les commentaires des visiteurs. La sauce prend tout de suite, on croirait vraiment lire le blog d’une étudiante en fac, bien écrit mais sans fioritures inutiles qui viendraient alourdir le style (et de fait nuire à la crédibilité du blog).
Au final c’est plutôt une agréable surprise, peut être pas un must du genre mais ça se lit tout seul, c’est suffisamment prenant pour nous donner envie d’aller toujours plus loin dans la lecture du blog. Dommage que le bouquin soit desservi par un titre français vraiment naze (en VO il porte le même nom que le blog) et une couv’ pas franchement alléchante. Le contenu n’est pas franchement jeunesse, je dirai plutôt ado (à partir de 13/14 ans). Certaines scènes sont bien gore (normal on est en pays zombie), l’ambiance oppressante et angoissante et bien rendue. Quelques touches de légèreté bienvenues avec l’humour d’Allison, parfois même dans les pires situations.
Premier roman de Madeleine Roux qui en a depuis publié deux autres, le dernier, Asylum, ayant fait un joli carton, espérons que l’éditeur (Fleuve Noir, qui inaugure sa collection Territoires avec ce titre) nous les fasse découvrir prochainement. Pour un coup d’essai on peut dire que c’est bigrement bien ficelé.
[BOUQUINS] Stephen King – Docteur Sleep
Est-il besoin de signaler que je trépignais d’impatience à l’idée de me plonger dans le dernier Stephen King, Docteur Sleep, depuis le temps qu’il me faisait de l’oeil du haut de mon Stock à Lire Numérique il fallait bien que je finisse par craquer ! Qui plus est, histoire d’attiser encore plus ma curiosité, le bouquin est présenté comme la suite de Shining.
Danny Torrance, devenu adulte, chasse ses vieux démons avec un autre démon qui a pourtant contribué au naufrage son père : l’alcool. De petits boulots en petits boulots, de cuites en cuites, il débarque un jour à Frazier, un trou perdu du New Hampshire, bien décidé à essayer de se poser. Une douzaine d’années plus tard, débarrassé de son vice et maître de son Don, Dan rencontre Abra, une fillette de 12 ans elle aussi dotée de pouvoirs mystérieux mais traquée par le Noeud Vrai, des immortels qui veulent absorber son énergie jusqu’à la tuer…
Ma première réaction, à l’annonce de la sortie du bouquin et avant même sa parution en VF, aura été un peu désabusée. J’me suis dis qui si même Stephen King tombait dans la « facilité » de la suite (même 36 ans après Shining) alors on est bien mal barré, mais d’un autre côté, le King étant le King, il saurait certainement nous surprendre. Et puis merde c’est le King, je ne peux décemment pas passer à côté d’un de ses bouquins !
Après de longs (10% du bouquin) mais utiles préliminaires (c’est le traducteur qui appelle ça comme ça, pas moi bande de pervers(es)) qui retracent le parcours chaotique de Danny depuis les événements de l’Overlook (lire Shining n’est pas impératif mais il serait dommage, pour ceux qui ne l’ont pas encore lu, de passer à côté d’un grand cru de Stephen King) on entre de plain pied dans une intrigue divisée en quatre parties (la chose fait quand même 600 pages).
Inutile de vous préciser que c’est superbement écrit et que les personnages sont travaillés en profondeur, merde on parle du King pas de BHL ! Bref ça se lit tout seul alors penchons nous plutôt sur l’intrigue à proprement parler.
Dans les premiers chapitres l’on suit donc l’évolution de Danny Torrance au fil des ans, avec ses hauts et ses bas. Ensuite en parallèle on assiste à celle de la naissance à ses douze ans, et quelques chapitres consacrés au Noeud Vrai (de vraies têtes de noeuds c’est indiscutable). Ce n’est que plus tard que ces trois destinées vont se croiser et s’affronter : Dan et Abra d’un côté, le Noeud Vrai de l’autre. Je sais que (exceptionnellement) mon pitch avance loin dans l’histoire mais c’est aussi le cas de la quatrième de couv’ et honnêtement je ne vois pas comment faire autrement sans laisser de côté toute la partie concernant Abra. Le décor et les personnages sont ainsi plantés.
L’intrigue est d’une incroyable diversité, avant que Dan et Abra n’unissent leurs efforts contre les têtes de noeuds (des méchants que vous adorerez détester, Rose, leur chef, plus que tout autre), on assiste au combat de Dan contre l’alcoolisme (avec l’aide des AA), puis à ses efforts pour dompter le Don et le mettre au service des autres (d’où le titre du roman). Sans doute moins stressante que Shining je peux vous assurer que cette nouvelle histoire du King vous prendra rapidement aux tripes, une fois happé pour le bouquin vous ne pourrez plus le lâcher.
Comme souvent Stephen King réussit quelque chose qui ne ressemble à aucun autre de ses romans, pour un résultat qui frôle atteint l’excellence (c’est simple pour moi c’est un sans faute), une fois de plus il est au sommet de son art. J’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver Dan Torrance (surtout sa version apaisée) et j’ai adoré le personnage d’Abra qui combine à merveille la fragilité de son âge et la force de son Don.
Deux versions, l’epub commercial d’origine et une version corrigée par un amateur passionné qui a annoté les principales modifs qu’il a effectué. Le résultat est assez impressionnant, il faut croire que Albin Michel (qui publie aussi les VF de Tom Clancy) paie ses traducteurs au lance-pierre ou les recrute en Ouzbékistan.
[BOUQUINS] Tom Clancy – Cybermenace
Encore une sortie que je guettais avec avidité, non seulement parce que je suis un inconditionnel de la saga Jack Ryan mais aussi du fait du décès récent de son auteur, Tom Clancy. Retour au Campus et à la Maison Blanche avec Cybermenace.
Réélu à la Maison Blanche, Jack Ryan va devoir faire face aux ambitions territoriales de la Chine. L’ennemi mise non seulement sur une intervention militaire sur le terrain mais aussi et surtout sur des attaques informatiques visant à paralyser les USA. Rien ne semble pouvoir échapper à la vigilance des hackers chinois mobilisés pour « défendre » leur pays, même le Campus, organisation ultra secrète, est pris dans leur ligne de mire…
Tom Clancy nous avait habitué à des pavés mais cette fois il s’est montré plus raisonnable en proposant un titre un peu moins épais que ses prédécesseurs (720 pages tout de même) et décliné en un seul volume (contre 2 volumes pour Ligne De Mire qui comptait à peine 70 pages de plus). Mais gageons que ce n’est pas la taille quantité qui compte mais bel et bien la qualité… Je vous rassure tout de suite la qualité est bel et bien au rendez-vous avec une intrigue toujours aussi efficacement menée et richement documentée. Croyez moi Tom Clancy réussira, une fois de plus, à vous surprendre mais aussi à mettre votre palpitant à rude épreuve.
Je ne sais pas si tout ce qui concerne les capacités de cyberguerre de la Chine est véridique mais si tel est le cas ça fait vraiment froid dans le dos, une organisation comme le Vaisseau Fantôme devrait être la cible prioritaire de tous les services secrets du monde si elle existait véritablement. Le pire c’est que, connaissant le degré de précision de Tom Clancy, si ce n’est pas tout à fait exact ça doit quand même vachement se rapprocher de la réalité… C’est d’autant plus inquiétant que les autres nations semblent avoir plusieurs trains de retard en matière de sécurité informatique et de hacking offensif.
Avant-dernier périple de la saga, le dernier, Command Authority sort aux States début décembre, avec un peu de chance on devrait l’avoir en français courant d’année prochaine. La véritable question qui me turlupine est de savoir comment cela va se terminer ; généralement les titres de la saga clôturent l’intrigue en cours, de quoi se montrer plutôt confiant…
Et puisque j’ai abordé la question de la traduction (notez l’effet de transition, du grand art), sur les trois derniers opus de la saga j’ai relevé quelques bourdes du traducteur qui ne sont pas vraiment anodines (en plus de coquilles diverses et variées) :
– Mort Ou Vif : Jack Jr appelle son cousin, Dominic Caruso, Brian qui est le prénom de son jumeau, cela survient à un moment de l’intrigue ou la confusion est totalement impossible.
– Ligne De Mire : l’hélicoptère russe Kamov-50 surnommé Black Shark devient un Black Hawk, surnom du Sikorsky UH-60 qui est un hélicoptère de combat américain.
– Cybermenace : encore quelques cafouillages dans les noms (Jack Jr devient John, Wei devient Wu) et les marques (la Sienna de chez Toyota devient une Ford).
Du coup quand je repère une bourde je me fie à une VO récupérée sur le Net pour vérifier, sans surprise ce n’est pas au niveau de Tom Clancy que ça coince…
[BOUQUINS] Anonyme – Psycho Killer
J’avais prévu de chroniquer mes prochaines lecture par ordre d’arrivée dans mon Stock à Lire Numérique mais un trublion, survenu plus tôt que prévu, a remis en question mon choix. J’ai en effet été totalement incapable de résister à Psycho Killer, le dernier bébé de l’Anonyme à qui l’on doit la tétralogie du Bourbon Kid.
B Movie Hell était une bourgade paisible jusqu’à ce qu’un type portant un masque en forme de crâne surmonté d’une crête rouge ne débarque et ne commence son carnage à grands coups de couperet. L’ex agent spécial Jack Munson reprend du service afin de mettre fin au carnage orchestré par celui que l’on surnomme l’Iroquois. Mais les apparences sont parfois trompeuses, l’ennemi n’est pas forcément là où on l’attend…
Ceux qui ont lu Le Livre Sans Nom n’auront pas manqué de noter certaines similitudes, rassurez vous les quelques ressemblances s’arrêtent là, Psycho Killer bénéficie d’une intrigue qui lui est propre et l’ambiance à B Movie Hell est très différente de celle de Santa Mondega. Premier point, et non des moindres, aucun signe de fantastique dans ce roman, on est dans le thriller pur et dur. Même si l’intrigue est contemporaine il flotte sur l’ensemble un petit air de western spaghetti.
Globalement le bouquin est moins déjanté que la saga du Bourbon Kid, mais je vous garanti que l’on ne s’ennuie pas un instant au fil des pages (le week end m’aura suffi pour dévorer le bouquin). L’intrigue nous réserve son lot de personnages hauts en couleurs, une histoire menée tambour battant avec de nombreux rebondissements. Un thriller original, très rock n roll, truffé de clins d’oeil cinématographiques divers et variés (de Halloween à Dirty Dancing). Notre Anonyme préféré réinvente le roman noir avec un résultat aussi efficace que jubilatoire, et on en redemande (je retrouverai avec plaisir certains personnages mais je ne sais pas si cela est d’actualité dans l’esprit de l’auteur).
J’aurai pu m’épancher plus longuement sur certains personnages (en commençant par l’Iroquois, mais Jack Munson mérite aussi le détour, ainsi que Silvio Mellencamp), ou sur certains aspects de l’intrigue mais je préfère vous laisser découvrir tout ça par vous même et vous faire votre propre opinion de la chose. Vous l’aurez compris, pour ma part j’ai adoré !
[BOUQUINS] Ron Carlson – Le Signal
Changement de registre pour cette nouvelle chronique littéraire, l’heureux élu est en effet Le Signal de Ron Carlson ; choisi par curiosité afin découvrir un autre éditeur publié par Gallmeister (éditeur de David Vann).
Bien que séparés Mack et Vonnie décident de partager leur ultime randonnée dans les montagnes du Wyoming, ce rituel qui a ponctué leur dix années de vie commune est pour eux une façon comme une autre de se quitter en bons termes. Mais pour Mack cette balade est aussi l’occasion de remonter la pente et de sauver le ranch où il a grandi et rencontré Vonnie, pour se faire il doit récupérer une balise GPS égarée lors d’un survol de la région…
Pour la petite histoire l’éditeur souhaite faire connaître le nature writing en France, un genre très populaire aux USA qui met l’accent sur les relations, pas toujours idéales, entre l’homme et la nature. Si vous avez lu Sukkwan Island ou Désolations vous aurez deviné que, chez David Vann, la nature est avant tout hostile pour quiconque s’y aventurerait sans préparation. Dans Le Signal Ron Carlson mais plutôt l’accent sur la beauté de la nature « sauvage ».
SI vous vous attendez à un thriller palpitant vous allez tomber de haut, il ne se passe pas grand chose, même le fameux signal n’est exploité que dans la dernière partie du bouquin. On suit simplement la randonnée de six jours de Mack et Vonnie avec quelques retours en arrière sur leur rencontre, leur vie commune et les raisons de leur séparation. Sur ce dernier point Mack a 100% des torts mais son errance est somme toute assez classique, les emmerdes s’accumulent jusqu’au moment où on pète une durite et où l’on fait la (ou les) connerie(s) de trop. Le truc qui peut arriver à tout le monde.
Pour être tout à fait clair les trois premiers jours et le début du quatrième sont une balade bucolique au coeur de paysages magnifiques. Au cours du quatrième jour les promeneurs font une mauvaise rencontre, le cinquième jour le signal apparait enfin, et le sixième jour est nettement plus mouvementé. Le bouquin est court (200 et quelques pages), bien écrit, il se lit d’une traite en quelques heures. Dommage que la fin, et l’intervention de Kent, soit un peu brouillonne (on ne pige pas vraiment le pourquoi du comment de sa réaction).
Sur le bandeau une critique du NY Times annonce « Un roman au suspense à couper le souffle » c’est à se demander si celui (ou celle) qui a écrit ce truc a lu le bouquin, ou alors il (ou elle) s’est gouré d’article. La critique du Washington Post (qui figure aussi sur le bandeau), « Le Signal vous emportera comme une avalanche« , est nettement plus appropriée, même si le rythme imposé par l’auteur est lent on se laisse toutefois entraîner par le récit.
Paru en 2009 Le Signal est le premier roman de Ron Carlson a être publié en français (en 2011), depuis Gallmeister à assuré la diffusion de son roman précédent Cinq Ciels (paru en 2007).
[BOUQUINS] Harlan Coben – Six Ans Déjà
J’étais resté sur une impression mitigée après la lecture de Ne T’Eloigne Pas de Harlan Coben, pour quelqu’un considéré comme l’un des grands noms du polar c’est pas franchement top comme première opinion. Du coup je n’ai pas hésité à me jeter sur son dernier roman, Six Ans Déjà, proposé, une fois de plus, en avant première par France Loisirs.
Il y a six ans Jake a assisté au mariage de Natalie, la femme de sa vie… avec un autre homme ! Quand il tombe sur l’avis de décès du mari il décide de se rendre à l’enterrement afin de lui présenter ses condoléances. Non seulement Natalie n’est pas aux funérailles mais le défunt était marié à une autre femme depuis plus de dix ans. Alors qu’il se lance à la recherche de Natalie, Jake va aller de surprise en surprise…
Je suis mal placé pour dire si ce bouquin se situe plutôt dans la borne haute des titres de Harlan Coben mais une chose est sure, il est nettement plus addictif que Ne T’Eloigne Pas. On est directement happé par l’intrigue et du coup on ne lâche le bouquin qu’à regret, avec une seule hâte, s’y replonger le plus rapidement possible. Franchement si j’avais commencé ce bouquin un jour où je ne bossais pas je crois bien que je l’aurai lu d’une traite.
Le récit, écrit à la première personne, nous fait vivre l’intrigue à travers le personnage de Jake et son enquête limite obsessionnelle pour retrouver la femme qu’il aime. Son parcours ne va pas être de tout repos et lui réservera bien des surprises (pas toujours agréables soit dit en passant… sinon ça serait pas marrant). L’auteur ne s’attarde pas éternellement sur les personnages, juste ce qu’il faut pour leur donner suffisamment de profondeur et de présence, du coup ça tend à renforcer l’impression d’urgence de cette course contre la montre ; on va à l’essentiel à un rythme imposé, pas question de flâner. Quant à l’intrigue pour ma part je n’ai rien vu venir, ce qui est d’autant plus jouissif, c’est tordu à souhait sans être tiré par les cheveux ou inutilement complexe à suivre.
Inutile de préciser que l’écriture et le style sont parfaitement maîtrisés, le gars n’en est pas vraiment à son coup d’essai (c’est là son vingt-quatrième roman). Cette fois c’est une certitude je vais continuer à explorer l’univers littéraire de Harlan Coben, je ne sais pas encore si je vais poursuivre dans les romans isolés ou attaquer sa série Bolitar mais attendez vous à le retrouver tôt ou tard dans le coin.
Je ne dois pas être le seul à avoir apprécié puisque d’ores et déjà un projet d’adaptation au cinéma est en cours, pour le moment la seule chose qui soit à peu prés certaine est que Hugh Jackman interprétera le rôle de Jake. A ma connaissance, après Ne Le Dis A Personne c’est seulement le second roman de l’auteur à être porté à l’écran.