[BOUQUINS] Sonja Delzongle – Quand La Neige Danse

S. Delzongle - Quand la neige danseSonja Delzongle m’avait forte impression avec Dust et son escapade kényane pour le moins originale, il me tardait de la retrouver afin de voir si mon enthousiasme resterait le même. C’est désormais chose faite après avoir lu Quand La Neige Danse, son dernier roman avec, cerise sur le gâteau, le retour de Hanah Baxter, sa très atypique profileuse.
Crystal Lake, en un mois quatre enfants ont déjà mystérieusement disparu et l’enquête n’avance pas. Un matin les parents recoivent un colis anonyme contenant chacun une poupée de porcelaine, copie conforme de leur fille. Joe Lasko, le père d’une fillette disparue, est contacté par Eva Sportis, la jeune femme du pays, devenue détective, souhaite aider à faire avancer l’enquête. Face au manque total d’indices, la jeune détective va faire appelle à son ancienne mentor, Hanah Baxter…
Le moins que l’on puisse c’est que pour son nouveau roman, Sonja Delzongle change totalement de registre. A la poussière et aux fortes chaleurs du Kenya, succèdent la neige et le soufle glacial de l’hiver de l’Illinois. Rassurez vous, il faut plus que quelques flocons pour figer la plume de l’auteure !
Plus encore que dans Dust, le climat et les conditions météo jouent un rôle primordial dans le déroulé de l’intrigue ; Sonja Delzongle réussit quasiment à faire de l’hiver un personnage à part entière de ce roman.
Au niveau des personnages (les vrais humains cette fois), l’auteure laisse aux habitants de Crystal Lake (Joe Lasko, Eva Sportis, les policiers chargés de l’affaire, les autres intervenants) le devant de la scène, Hanah Baxter reste en retrait sans jamais tirer la couverture à elle, mais sans jamais s’éclipser totalement non plus. De fait l’intrigue obéit à une dynamique propre à Crystal Lake, adaptée à la fois au contexte et à ses acteurs.
Une intrigue menée d’une main de maître avec un rythme qui monte crescendo et des révélations qui s’enchaînent. Le palpitant s’affole, les nerfs remontent à fleur de peau et les neurones carburent à tout va. Une fois que Sonja Delzongle vous aura ferré (et ça arrivera très vite), vous ne pourrez plus échapper à ses lignes, écrites sans concession certes, mais sans surenchère non plus.
Au final non seulement mon enthousiasme pour l’univers littéraire de l’auteure s’est confirmé, mais il est même monté de plusieurs crans. J’ai hâte de retrouver Hanah Baxter, car il ne fait aucun doute qu’elle est appelée à revenir sur le devant de la scène… du crime !
De fait je ne peux que renouveler mon doublé : coup de coeur, coup de poing ! Merci madame Delzongle.

MON VERDICT
jd5Coup double

[BOUQUINS] LS Hilton – Maestra

LS HIlton - MaestraC’est plutôt enthousiaste que je me suis rué sur le roman Maestra de LS Hilton, d’une part parce qu’il se présente comme un thriller érotique, et d’autre part parce qu’il figure au catalogue de la Bête Noire, une toute jeune collection de Robert Laffont qui ne m’a réservé quelques belles surprises littéraires.
Le jour Judith Rashleigh travaille dans une prestigieuse salle des ventes londonienne. Le soir elle devient Lauren et officie comme hôtesse dans un bar miteux. Son destin va changer quand un riche client va s’enticher d’elle…
Ah que voilà un bouquin qui me laisse sur un sentiment mitigé. Dire que je n’ai pas aimé serait un mensonge, il serait plus juste de dire que je m’attendais à autre chose, à quelque chose de plus rythmé surtout… de mieux, tout simplement. Il faut attendre la seconde moitié du roman pour que les choses se décantent enfin vraiment. Heureusement une fois que ça démarre le rythme reste constant.
Là où le bât blesse c’est justement qu’avant ça il faut se coltiner la première partie. Suivre la pauvre petite fille partie de rien et devenue pas grand chose… qui étale sa fortune (ou plutôt celle des autres) en se pavanant dans de la Haute Couture. Et vas-y que je te cite telle marque ici, puis telle autre là… Si ça fait rêver certain(e)s, moi ça m’a plutôt filé la nausée cet étalage façon m’as-tu-vu. Désolé mais le luxe n’est vraiment pas mon trip.
Donc pour apprécier les côtés thriller et roman noir il faudra se montrer patient ; quid de l’érotisme alors ? Il est bien présent et assumé, plutôt bien dosé, l’auteure évite les écueils de la surenchère. Le mélange des genres se fait sans heurts.
Ecrit à la première personne, le roman veut nous faire vivre l’intrigue via le personnage de Judith. Un regard qui ne manque ni de cynisme, ni d’humour mais insuffisant toutefois pour que je puisse éprouver la moindre empathie pour elle. Du coup forcément je suis peut être passé à côté de l’aspect immersion… Le style n’est pas désagréable, loin s’en faut, la lecture s’avère même plutôt fluide.
Maestra est le premier opus d’une trilogie. Malgré mon accueil mitigé je lirai la suite ; la seconde partie du roman, nettement plus rythmée et intense, a su resserrer les liens d’une confiance qui se délitait au fil des pages.

MON VERDICT
jd2d

[BRD] Hunger Games – La Révolte (Parties 1 et 2)

Hunger Games - La Révolte
Bien que le second volet de la saga Hunger Games ne m’ait guère convaincu, je tenais tout de même à connaître le fin de l’histoire. Du coup nous nous sommes offert une pause cinéphile deux pour le prix d’une, ce troisième et dernier opus, La Révolte, étant divisé en deux parties, avec Francis Lawrence à la réalisation.
Katniss (Jennifer Lawrence) s’est réfugiée dans le District 13 après avoir détruit à jamais l’arène et les Jeux. Sous le commandement de la Présidente Coin (Julianne Moore), chef du district, et suivant les conseils de ses amis en qui elle a toute confiance, Katniss déploie ses ailes pour devenir le symbole de la rébellion. Elle va se battre pour sauver Peeta (Josh Hutcherson) et libérer le pays tout entier…
J’ai beaucoup de mal avec cette mode hollywoodienne de couper, désormais presque systématiquement, le dernier volet d’une saga en deux films. Certes parfois cela peut s’avérer utile, du fait de la richesse du contenu. Mais parfois ça pue tout simplement la stratégie marketing. Pas de bol ce film se classe clairement dans cette seconde catégorie, les deux films totalisent pas loin de 4h30 alors que trois heures auraient été largement suffisantes pour boucler l’affaire.
Attention, je ne dis pas que le film est mauvais, mais il traîne des longueurs et répétitions dont on se serait volontiers passé. L’ensemble aurait gagné en fluidité… et de fait en qualité. Au-delà de ce défaut ça reste un divertissement agréable, nettement plus convaincant que le second volet. La recette idéale de Hunger Games version cinéma :  le premier film avec la fin du second et on enchaîne sur un troisième film de trois heures. En deux fois trois heures l’affaire était pliée ! Au lieu de ça les quatre films totalisent plus de neuf heures…
Ce dernier opus ne mise pas que sur l’action et les effets spéciaux, il prend aussi une dimension politique avec l’affrontement entre les forces de Panem contrôlées par le Président Snow (Donald Sutherland) et la rébellion conduite par la Présidente Coin. Une guerre qui passe aussi par la propagande et donc les médias, les deux camps n’hésitent pas user et abuser d’images pour (dés)informer la population. Cette dimension politique apporte un peu de renouveau à une série qui s’essoufflait à grands coups de redondances. Mais là encore, ça pêche par excès, on retombe dans la facilité et la répétition.
C’est le dernier film dans lequel apparaît Phillip Seymour Hoffman, qui y incarne le concepteur Plutarch Heavensbee. L’acteur est en effet décédé au cours du tournage, plusieurs scènes ont dû être redéfinies en conséquence, soit en les réécrivant sans le personnage, soit en ayant recours à des effets numèrique. Force est de constater que le résultat est des plus convaincants, le spectateur n’y voit que du feu.
Bref un film divertissant mais qui ne devrait intéresser que les inconditionnels de la saga, ou les curieux qui souhaitaient malgré un avis mitigé, en connaître la fin. Les autres, vous pouvez passer votre chemin, vous ne ratez rien.

♥♥♥

[BOUQUINS] Hervé Commère – Ce Qu’Il Nous Faut C’est Un Mort

H. Commère - Ce qu'il nous faut c'est un mortJe continue tant bien que mal d’endiguer le flot des sorties littéraires de ces derniers mois, mais difficile de résister face à un tel tsunami de titres, tous plus tentants les uns que les autres. Pire encore, comment choisir l’heureux élu qui quittera mon Stock Numérique à Lire ? Plutôt que chercher à bâtir un algorithme complexe on va faire comme d’hab, y aller au feeling. Et c’est ainsi que Ce Qu’Il Nous Faut C’est Un Mort de Hervé Commère a pu éviter la noyade dans les tréfonds des livres oubliés…
12 juillet 1998. La France est championne du monde (youpi) et la fête bat son plein dans tout le pays. Cette soirée là le destin de plusieurs personnes va basculer et se trouver lié. Toutes se retrouveront à Vrainville, un petit village normand, dix-huit ans plus tard. La crise menace les Ateliers Cybelle qui font vivre le village, leur fermeture serait catastrophique pour Vrainville…
Avec son précédent roman, Imagine Le Reste, Hervé Commère m’avait fait forte impression pour de multiples raisons, la principale étant la qualité de son écriture. C’est un régal pour les yeux et l’esprit de lire une plume aussi talentueuse.
Oubliez toute idée de comparer ce roman avec le précédent, ça reviendrait à comparer une clé à molette avec un scalpel (une appendicite opérée à la clé à la molette ça ne doit pas être beau à voir). Si Imagine Le Reste était déjà inclassable, celui-ci l’est encore davantage ; c’est définitivement un OLNI (Objet Littéraire Non Identifié).
Un roman noir paradoxalement porteur d’un message d’espoir même quand la situation semble désespérée, un roman social qui jette un oeil sans concession sur une génération désabusée de n’avoir connu que la Crise, sur d’autres prêts à tout pour leur profit personnel, quitte à écraser et couler les autres. Si seulement ce contexte relevait de la fiction… C’est malheureusement le triste reflet de notre société actuelle. Un roman engagé certes mais porteur d’aucun message politique. Quoi qu’il en soit c’est un roman qui vous prend tout de suite au coeur et aux tripes et ne vous lâchera plus.
Si j’ai parlé plus haut de l’écriture de Hervé Commère ce n’est pas totalement anodin. Dans ce roman sa plume et son style semblent sublimés, une écriture pleine d’humanité qui va droit au coeur des lecteurs. On a souvent l’impression d’être autour d’une table avec l’auteur qui nous raconterait une histoire en s’adressant à nous directement… rien qu’à nous, en tête à tête. J’ai lu de nombreux auteurs ayant un incroyable talent narratif mais Hervé Commère à ce petit truc en plus qui fait la différence. même sans le connaître, même sans l’écouter, on a l’impression d’écouter un pote.
Les personnages principaux (ceux de 1998 que l’on retrouve en 2016) sont nombreux mais à aucun moment on ne s’y perd, on commence par faire leur connaissance dans leur contexte personnel, puis peu à peu les destins se croisent avec plus ou moins d’affinités. Des relations se tissent, d’autres s’éffilochent inéxorablement. Vous en aimerez certains, vous en détesterez certainement d’autres ; une chose est sûre vous apprendrez à les connaître… pour le meilleur et pour le pire !
Les personnages secondaires ne sont pas pour autant laissés pour compte, l’auteur les travaille avec le même soin et ne les cantonne pas à jouer les seconds couteaux ; souvent l’intrigue avancera (parfois de façon inattendue) sous leur impulsion (volontaire ou non).
Si vous vous demandez ce que signifie le titre, soyez patient, là encore rien n’est laissé au hasard. Vous aurez votre réponse en temps et en heure.
C’est peut être la première fois que j’ai entre les mains un roman aussi « vivant », au sens propre du terme. Ca peut paraître complètement con comme ressenti mais pendant quelques jours j’ai eu l’impression de vivre à Vrainville, de partager les craintes des villageois et de me battre avec eux.
Merci Monsieur Commère, merci pour cette lecture qui restera longtemps présente dans mon coeur. Et vivement le prochain (non mais, faut pas non plus se reposer sur ses lauriers) !

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

[BRD] Les Huit Salopards

Les 8 SalopardsPetite escapade cinéphile hier soir en compagnie de Quentin Tarantino et son huitième film, intitulé, comme par hasard, Les Huit Salopards.
Alors que le chasseur de primes John Ruth (Kurt Russel) fait route vers Red Rock, où il conduit sa prisonnière Daisy Domergue (Jennifer Jason Leigh) se faire pendre. Sur leur route, ils rencontrent le Major Marquis Warren (Samuel L. Jackson), un ancien soldat devenu chasseur de primes, et Chris Mannix (Walton Goggins), le nouveau shérif de Red Rock. Surpris par le blizzard, ils trouvent refuge dans une auberge au milieu des montagnes, où quatre autres personnes attendent une météo plus clémente…
J’avoue avoir été surpris de découvrir que Quentin Tarantino misait à nouveau sur le western pour son nouveau film, avec l’excellentissime Django Unchained il avait la barre haut… très haut. Très rapidement on réalise que les deux films ne jouent pas dans le même registre. Django Unchained propose une version à la fois classique et moderne du western haut de gamme ; tout est fait pour que le film devienne un blockbuster (pari réussi Monsieur Tarantino). Les Huit Salopards jouent davantage la carte du vintage et se revendique comme un hommage au western spaghetti des années 60/70. Forcément le budget n’est pas le même (respectivement 100 et 44 millions de dollars) et forcément ça se voit à l’écran (et c’est d’ailleurs le but recherché)… ça peut être déconcertant pour le spectateur qui ne s’attendait pas forcément à ce pied de nez.
Pour la bande-son, Quentin Tarantino fait appel au compositeur Ennio Morricone. Bien que mondialement connu pour avoir composé d’inoubliables musique de westerns devenus des classiques, il ne s’était plus frotté au genre depuis 1981. Un retour aux sources réussi qui accentue encore cette ambiance propre au western spaghetti.
Le film est découpé en cinq chapitres. Le réalisateur prend son temps pour poser le décor et les personnages ; sans doute un peu trop de temps vu qu’il lui faut quand même une bonne heure avant d’entrer dans le vif du sujet. Surpris par le rythme imposé je ne me suis pourtant jamais ennuyé, les échanges, sans concession, parfois même surréaliste, entre les personnages incarnés par Samuel L. Jackson, Kurt Russel et Walton Goggins suffisent à maintenir l’attention du spectateur (toujours aussi déconcerté soit dit en passant).
Avec l’arrivée à l’auberge le film prend une toute autre tournure, on sent qu’il s’y passe un truc louche sans vraiment réussir à mettre le doigt dessus, l’ambiance se fait plus pesante, plus suspicieuse. Démarre alors un huis-clos qui nous tiendra en haleine pendant près de deux heures. Un pari osé mais réussi grâce au talent des acteurs, tous les acteurs se donnent à fond dans leur rôle. La tension monte crescendo, on devine aisément qu’il suffirait d’un rien pour que les flingues parlent (enfin).
Et quand ça démarre plus rien n’arrête le réalisateur dans la démesure mais sans jamais se départir d’une bonne dose de second degré ; l’hémoglobine coule à flot mais ça ne choque pas outre mesure, ça colle avec ce que l’on vu jusque là.
Au vu des critiques mitigées que le film a reçu, je dirai que je me place dans la borne haute. J’ai passé un bon moment, divertissant et délicieusement rétro. Un film à prendre tel qu’il est, à ne surtout pas chercher à comparer avec Django Unchained. Visiblement la recette n’a pas trop mal fonctionné, à ce jour le film affiche en effet un box office mondial à plus de 155 millions de dollars.

♥♥♥½

[BOUQUINS] Karine Giebel – De Force

K. Giebel - De ForceJe n’ai pas eu à me forcer pour me lancer dans le dernier roman en date de Karine Giebel, De Force. Par contre le lâcher avant d’avoir le fin mot de l’histoire relève du tour de force.
Alors qu’elle promène son chien, Maud Reynier est agressée par un inconnu. Elle est secourue par Luc Garnier, un garde du corps qui passait dans le coin. Rapidement l’agresseur revient à la charge, devant la menace qui pèse sur sa fille, Armand Reynier, chirurgien de renom, embauche Luc afin de la protéger…
Comme ça, de prime abord, vous seriez tenter de lâcher, sur un ton blasé : « Hmouais bof, rien de neuf sous le soleil ! » Et bien sachez que vous vous fourrez bien profond le doigt dans l’oeil (ou ailleurs… chacun fait ce qu’il veut avec ses doigts après tout) ; Karine Giebel arrive à faire du neuf avec du vieux, à nous surprendre encore et encore sur une base d’apparence éculée.
Pour détourner le slogan publicitaire d’une grande chaîne de supermarchés je dirai qu’il se passe toujours quelque chose chez les Reynier ! Le père, la fille, la belle-mère, la gouvernante, le jardinier… et même le garde du corps ont tous des casseroles collées aux basques, des secrets et tourments plus ou moins lourds à porter. Ami lecteur, si tu entres dans ce bouquin tu en perdras ton lapin (je ne pratique toujours pas le latin… mais bon, je n’ai pas de lapin non plus, à part peut être dans le frigo) plus d’une fois. Tu n’as pas fini de t’arracher les cheveux pour démêler cet écheveau.
Ajoutez à cela un agresseur qui semble toujours avoir un coup d’avance sur sa victime. En parlant de victime, qui est la cible au juste, Maud ou Armand ? Et qui est le mystérieux complice qui lui permet justement de conserver cette avance ? Tant qu’on est dans le questionnement, qui est mort dans le prologue ? Vous l’aurez compris vous n’en finirez pas de vous poser des questions.
Et surtout ne comptez pas sur l’auteure pour vous aider à y voir plus clair. Au contraire, cette petite perverse prend un malin plaisir à brouiller les pistes. Bref si vous entrez dans ce bouquin, vous serez pris dans les mailles d’un filet dont vous ne pourrez sortir avant d’avoir lu la dernière page. Si Karine Giebel est perverse, elle n’est pas pour autant sadique, toutes les réponses arriveront en temps et en heure. Bon sang mais c’est bien sûr !
Un peu plus de 500 pages (dans sa version papier) qui se lisent avec une remarquable fluidité, rythmé, intelligemment construit, vous aurez les nerfs à vif et les neurones en ébullition, mais qu’est-ce que c’est bon ! Quitte à me répéter Karine Giebel réussira, une fois de plus, à surprendre… même ses lecteurs les plus blasés.
Pas franchement un huis-clos mais il en ressort une impression toute aussi oppressante. De nouveau Karine Giebel mise beaucoup sur la psychologie de ses personnages, et une fois de plus la recette fonctionne à la perfection.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Olivier Norek – Surtensions

O. Norek - SurtensionsDepuis que j’ai acheté Surtensions, le dernier roman d’Olivier Norek et troisième enquête littéraire du Groupe Coste, j’ai le palpitant qui s’affole ; rarement j’aurai autant brûlé d’impatience et d’excitation dans l’attente de lire un bouquin, je crois que même Stephen King (excusez du peu Monsieur Norek) ne m’a jamais fait un tel effet.
Tandis que le Groupe Coste enquête sur un enlèvement avec demande de rançon ; un groupe de braqueurs met tout en oeuvre pour faire sortir, légalement, l’un des leurs, incarcéré au centre pénitentiaire de Marveil. Les deux affaires vont se télescoper et ne laisseront personne indemne…
Dès le prologue Olivier Norek nous colle une pression monstre :
La psy faisait nerveusement tournoyer son stylo entre ses doigts. Il était évident que l’homme en face d’elle l’intimidait.
– Vous savez au moins pourquoi vous êtes là ?
– Parce que j’ai tué deux personnes. Vous craignez que ça devienne une habitude ?
– Vous n’en avez tué qu’une. En légitime défense qui plus est. Pour le second cas…
Sec et impatient, l’homme ne la laissa pas terminer.
– Un membre de mon équipe est mort. C’est ma responsabilité. Ça revient au même.
Ceux qui connaissent la série auront compris sans l’ombre d’un doute que c’est Victor Coste qui s’adresse à un psy… les autres le découvriront quelques lignes plus tard. Donc à peine la première page lue on sait que Victor Coste va dézinguer un méchant mais aussi et surtout que le Groupe Coste va payer le prix fort dans cette enquête.
Et les choses se confirment au fur et à mesure que l’intrigue se déroule, le Groupe Coste va être malmené de toutes parts, l’équipe va devoir rester plus soudée que jamais pour traverser la tempête qui s’abat sur le SDPJ 93. Mais malheureusement ils ne pourront empêcher l’inévitable, et nous on reste sur le cul, une larmiche à l’oeil et le palpitant au bord de l’explosion !
On retrouve une intrigue ancrée dans la dure réalité du 9-3 et dans la dure réalité de la vie de flic dans ce merdier qui n’attend qu’une étincelle pour s’embraser. Plus encore que dans les deux précédents opus l’aspect humain est mis en avant. Et pas seulement au sein du Groupe Coste.
Ici pas de flics sauce série TV, pas de flics infaillibles, pas de solutions miracles, pas de réponse à tout… les enquêtes ne se résolvent pas qu’à grand renfort de fusillades, des flics profondément humains, avec leurs forces et leurs faiblesses, leurs doutes aussi… et leurs erreurs parfois.
La grande force d’Olivier Norek est de ne pas sombrer dans la facilité manichéenne, en face du Groupe Coste il n’y a pas que des méchants tout en noirceur, perversité et autres défauts rédhibitoires ; eux aussi sont empreints d’humanité. Parfois même les pires fils de pute ne se trouvent pas toujours là où on pense les trouver.
Au fil des pages Olivier Norek en profite pour pointer du doigts les travers de la société française. Qu’il s’agisse d’un système carcéral qui apporte plus de problèmes que de solutions : « Un centre pénitentiaire n’est efficace que s’il reconstitue une société carcérale juste, avait-il dit. Sans prédateurs, sans proies, dans une parfaite équité, sans privilèges ni passe-droits, sans nécessité de violence, sans jalousie de ce que l’autre pourrait avoir de plus ou de mieux. La force devenant inutile, il ne reste plus qu’à vivre ensemble, en bonne société. Malheureusement, il n’existe pas d’endroit plus dangereux, inégal et injuste que la prison. Et au lieu de ressortir équilibré ou cadré, les détenus en sortent plus violents, désabusés, perdus et agressifs, sans aucun projet de réinsertion. Plus venimeux en sorte. La prison comme une école du crime. » Ou des vicissitudes du système judiciaire : « Si un avocat découvre une preuve qui accuse son client, il n’a aucune obligation de la fournir aux policiers. Pour toute autre personne, ce serait de la complicité, mais pour eux, c’est le fameux droit à la défense. » Mais il faut faire avec les défauts et les failles du système, accepter que parfois une affaire considérée comme résolue ne le soit pas les conditions les plus justes pour les victimes… pour la Justice, en tant qu’entité et non en tant que système perverti.
De nouveau Olivier Norek nous file un magistral uppercut en pleine poire, on reste KO debout mais on en redemande, encore et encore. Inutile de préciser que dans ces conditions j’attends avec impatience son prochain roman ; les paris sont ouverts : retour du Groupe Coste ou nouveau départ ? Dans les deux cas je suis preneur, même si j’espère bien retrouver Victor Coste et son équipe de choc.

MON VERDICT
jd5Coup double

Aparté n° 1
Cerise sur le gâteau, dans ses remerciements l’auteur cite de nombreux blogs, ça m’a fait plaisir de me trouver ainsi nommé mais aussi d’y retrouver certains blog-potes et groupes FB que je fréquente.

Aparté n°2
Comme dans tout bon roman policier il faut bien un mystère à résoudre. J’invite tous les lecteurs de l’édition numérique (je ne sais pas de quoi il retourne avec l’édition papier) à se pencher sur l’énigme du chapitre 72. Si vous regardez bien la mise en page on passe du chapitre 71 au chapitre 73, et pourtant il ne semble manquer aucun morceau…

[BOUQUINS] Guillaume Musso – La Fille De Brooklyn

G. Musso - La Fille de BrooklynFidèle à mes habitudes il n’était pas question pour moi de rater mon rendez-vous annuel avec Guillaume Musso ; surtout en sachant que Marc Levy avait placé la barre très haut pour ce classico littéraire version 2016. C’est donc plutôt enthousiaste que je me suis lancé dans la lecture de La Fille De Brooklyn, le résultat fut-il à la hauteur de mes espérances ?
A quelques jours de leur mariage, alors que Raphaël tanne sa fiancée, Anna, à propos de l’absence totale de secrets dans leur couple, elle finit par lui montrer une photo de trois corps calcinés en avouant froidement : « C’est moi qui ai fait ça ». Surpris et choqué par ce qu’il vient d’apprendre, Raphaël quitte la maison ; quand il revient plus tard, décidé à donne une chance à Anna de s’expliquer, la jeune femme a disparu. Avec son ami, Marc, un ex-flic, Raphaël va essayer de découvrir le passé d’Anna afin de la retrouver tout en protégeant son secret…
Je ne vous ferai pas languir plus longtemps avant de répondre à la question posée en intro de cette chronique. Pari réussi pour Guillaume Musso, qui nous offre une intrigue menée de bain de maître et pleine de rebondissements (quand y’en a plus, y’en a encore comme dirait la pub pour Paic). Sans surprise l’auteur sait y faire pour que l’on reste accroché à son récit, plus on avance dans le scénario, plus la lecture se fait fébrile.
Une enquête qui mènera nos enquêteurs en herbe, Raphaël et Marc, de la France aux Etats Unis. Un voyage dans le passé d’Anna pour essayer de comprendre le présent. Deux personnages aux caractères (et aux méthodes) opposés mais qui se complètent efficacement. Et bien sûr en toile de fond on n’en finit pas de se poser des questions sur le passé d’Anna. Alors Anna, ange ou démon ? Ne comptez pas sur moi pour répondre à cette question.
La sauce prend, le roman est efficace et hautement addictif, mais il manque un je-ne-sais-quoi qui ne provoque pas le feu d’artifices attendu, peut être un final US un peu rapide à mon goût. Une faiblesse partiellement rachetée par l’ultime chapitre.
De fait le classico Levy vs Musso version 2016, donne l’avantage à Marc Levy. Ces trois dernières années j’avais donné la balle de matcch à Guillaume Musso, voilà qui devrait rétablir l’équilibre. Quoi qu’il en soit je serai présent pour le classico 2017 !

MON VERDICT
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Et dire que tout démarre par une dispute plutôt classique :
– Je suis sérieux, Anna : je ne veux pas vivre dans le mensonge.
– Ça tombe bien : moi non plus. Mais ne pas vivre dans le mensonge ne signifie pas n’avoir aucun secret.
– Donc tu l’admets : tu as des secrets !
– Mais tout le monde a des secrets, Raphaël ! Et c’est très bien comme ça. Nos secrets nous définissent. Ils déterminent une partie de notre identité, de notre histoire, de notre mystère.
Sans vouloir faire dans la philosophie à deux balles, pour ma part je partage l’avis d’Anna, il est de secrets qui doivent le rester, ils font partie de nous et n’appartiennent qu’à nous, inutile de remuer la merde du passé. Vivons plutôt l’instant présent pour nous construire des lendemains qui chantent…

Pour la petite histoire la partie qui se déroule aux USA a lieu en pleine course à la Maison Blanche, avec notamment les primaires des républicains. Dans le roman les américains sont des gens sensés : Donald Trump n’est pas le grand favori !

[BOUQUINS] Caryl Férey – Condor

C. Férey - CondorDécidément ce mois de mars est riche en sorties littéraires, difficile de suivre de rythme et, à défaut, de choisir quel titre privilégier par rapport aux autres. J’ai opté pour une excursion exotique en compagnie de Caryl Férey et son dernier roman, Condor. Nul doute que cette escapade chilienne ne sera pas de tout repos…
Des enfants meurent dans l’indifférence générale à La Victoria, faubourg très pauvre de la banlieue de Santiago. Gabriela Wenchwn, une jeune Mapuche, vidéaste amateure, contacte Esteban Roz-Tagle, avocat spécialisé dans les causes désespérées, afin qu’il vienne en aide aux familles endeuillées. Au cours de leur enquête ils vont rapidement s’apercevoir que leurs recherches et questions dérangent en haut lieu…
Quatre ans après Mapuche, Caryl Férey reste en Amérique du Sud, mais direction le Chili pour sa nouvelle intrigue. Un pays encore lourdement marqué par les années Pinochet, une dictature hyper répressive qui s’est faite au détriment du peuple chilien mais avec la bénédiction (voire la collaboration) des Etats Unis et de l’Europe. Un régime totalitaire en grande partie amnistié dans un simulacre de pardon national… Un terrain propice pour l’auteur qui ne manquera pas de rappeler les grandes lignes (et certains détails oubliés) de l’histoire contemporaine du Chili.
Difficile de trouver un duo plus atypique que celui formé par Gabriela et Esteban. Une jeune Mapuche qui a décidé de couper les liens avec ses racines pour tenter sa chance en ville et se retrouve dans l’un des faubourgs les plus miséreux de Santiago. Un avocat issu d’une richissime famille, révolté contre son milieu et ses origines dont l’aisance lui parait injustement acquise. Deux personnages aux personnalités bien marquées et une rencontre qui ne manquera pas de faire des étincelles.
Les autres personnages ne sont pas pour autant négligés, tous sont travaillés en profondeur. Il faut dire que le contexte permet à l’auteur de puiser dans des origines diverses et variées parmi les plus contrastées, notamment entre anciens opposants/victimes du régime Pinochet et anciens chefs de file/tortionnaires de la dictature.
Fidèle à son habitude l’auteur propose une intrigue richement documentée, intense et pleine de rebondissements. Une intrigue qui carbure à l’adrénaline et ne vous laissera pas un moment de répit. Une fois que vous aurez plongé le nez dans le bouquin, vous ne le lâcherez qu’à regrets.
La plume de Caryl Férey fait mouche sans jamais faillir, acérée, avec une pointe de vitriol en option, elle n’hésite pas à taper là où ça fait mal, sans concession, aucune. Une plume engagée certes, mais pour la bonne cause, ou plutôt contre la mauvaise cause, voire la pire des causes.
El Condor pasa… et ne devrait laisser personne indifférent. L’intrigue vous prend aux tripes pour ne plus vous lâcher jusqu’au clap de fin, et quelle fin ! Redoutablement efficace, on en redemande, encore et encore ; même (surtout) si ce n’est pas de tout repos nerveusement parlant.

MON VERDICT
jd5Coup double

Morceaux choisis

Extermination d’opposants politiques sans jugements ni procès : le concept avait été mis au point par les militaires français en Algérie avant que Washington ne généralise la méthode en Amérique du Sud. Avec l’aide d’agents de la CIA, Pinochet et ses généraux avaient, sous le nom de Plan Condor, étendu l’opération criminelle et secrète non seulement au Chili mais dans les dictatures voisines – Uruguay, Brésil, Argentine, Paraguay, Bolivie –, puis ils avaient poursuivi la traque dans le monde entier.
Soixante mille morts : une hécatombe intercontinentale, silencieuse. On retrouvait des opposants réfugiés en Europe empoisonnés, suicidés, accidentés de la route ou froidement abattus lors d’attentats jamais revendiqués ou alors par des organisations fantoches.

Les militaires ayant piétiné cent fois le droit international, Pinochet avait modifié la Constitution pour graver dans le marbre les rouages du système économique et politique (une Constitution en l’état immodifiable) et s’octroyer une amnistie en se réservant un poste à vie au Sénat, où les lois se faisaient. La mort du vieux Général au début des années 2000 n’y changea rien. Manque de courage civil, complicité passive, on parlait bien de mémoire mais tout participait à tordre les faits, à commencer par les manuels scolaires où le coup d’État contre Allende était dans le meilleur des cas traité en quelques pages, voire pas du tout…

La probité du vieux Général ? Possédant une simple voiture le jour du coup d’État, il avait vécu dans un bunker doré, détournant des millions de dollars sans jamais répondre d’aucun de ses crimes, du sang jusque sur les dents.

Les lits électrifiés où on attachait les gens comme elle, les électrodes dans le vagin et le rectum qui les convulsaient de douleur, leurs hurlements de terreur sous les yeux de leurs frères ou maris qu’on forçait à regarder, les baignoires où on les étouffait, les viols, les viols collectifs, les viols par des bergers allemands, ceux qu’on jetait des hélicoptères attachés à des rails de chemin de fer pour éviter qu’ils ne remontent à la surface, le cadavre d’un enfant retrouvé trente ans plus tard avec douze balles dans le corps, les sévices qu’il fallait « interpréter dans le contexte », tous ces mensonges avalés maelstrom, tourbillon, pourriture, Allende autopsiant les enfants le cœur brisé, le même acculé au suicide dans la Moneda en flammes, Víctor Jara supplicié, quarante ans et autant d’impacts de balles dans la peau, un massacre riant pour des bourreaux qui savaient à peine lire, Catalina la petite pute rouge qui avant de devenir une rose en avait pris pour son grade : les larmes qui avaient coulé ce jour-là à la Villa Grimaldi coulaient toujours.

[BRD] Star Wars – Le Réveil De La Force

sw7lrdlfSorti en fin d’année dernière au ciné, j’ai été fortement tenté de remettre les pieds dans un cinéma (la dernière fois c’était pour Titanic), mais finalement mon asociabilité chronique aura eu raison de ma curiosité. J’ai donc, fidèle à mes habitudes, attendu sagement la sortie en Blu-ray (tout en fuyant les spoilers) avant de visionner Star Wars – Le Réveil De La Force, réalisé par J.J. Abrams.
Trente ans après la victoire de l’Alliance Rebelle l’avenir reste incertain pour la Nouvelle République. Une nouvelle menace, le Premier Ordre, dirigé par le Suprême Leader Snoke (Andrew Serkis) et son acolyte Kylo Ren (Adam Driver), rallie les nostalgiques de l’Empire Galactique…
Bien que fan de la première heure de la saga Star Wars j’avoue que l’annonce de ce septième volet m’a laissé sceptique (voire pire si non affinités). D’une part je me demandais ce que pourrait donner l’univers Star Wars entre les mains de Disney ; je m’étais posé la même question lorsque Disney a racheté la licence Marvel, Avengers puis Les Gardiens De La Galaxie ont définitivement balayé mes doutes sur le devenir de nos super-héros préférés. Espérons qu’il en soit de même pour l’univers Star Wars
Quand le nom du réalisateur, J.J. Abrams, est tombé le doute s’est de nouveau immiscé dans mon esprit. Je ne peux pas dire que j’ai été totalement convaincu par sa reprise en main de Star Trek. D’un autre côté, et pour être tout à fait franc, je n’ai jamais aimé la saga Star Trek, donc il n’y avait pas de raison particulière pour que j’accroche à ces suites…
Enfin restait en suspens la question du scénario. Les inconditionnels de l’univers étendu Star Wars (les romans qui viennent prolonger l’histoire de la saga) sont bien placés pour savoir qu’il y a de quoi puiser des idées à foison, et surtout des scénarios de qualité (je pense notamment à La Croisade Noire du Jedi Fou de Timothy Zahn ou encore, quitte à prendre des distances avec la saga initiale, Le Nouvel Ordre Jedi). Mais que nenni, Disney annonce un scénario 100% original ! La douche froide… Bien qu’étant le premier déçu par ce choix je vais pourtant essayer de me faire l’avocat du diable, un tel choix aurait exigé, afin de rester crédible, de choisir de nouveaux acteurs pour incarner les personnages phares de la saga… Pas certains que les fans auraient apprécié de voir leurs héros changer de tronche… Sans parler du poids qui aurait pesé sur les épaules des acteurs chargés de donner une nouvelle jeunesse à Luke Skywalker, Han Solo et consorts…
Voilà pour le fond, il serait peut être dans de se plonger dans la forme, et de vous donner mes impressions après avoir visionné Le Réveil De La Force.
Certes l’intrigue est bien ficelée mais reste parfois assez (trop ?) proche de celle de l’Episode IV, Un Nouvel Espoir, jusqu’à certaines scènes qui semblent quasiment copier-coller d’un film à l’autre. Heureusement cette impression de déjà-vu reste diffuse, pour être tout à fait honnête avec vous, c’est surtout après avoir vu le film dans son intégralité que les ressemblances sautent aux yeux. A chaud la magie Star Wars fonctionne, on se prend aisément au jeu.
Au niveau des personnages, l’idée de combiner nouveaux héros et anciennes figures emblématiques de la saga (par ordre d’apparition, Han Solo, Chewbacca, Leia Organa et Luke Skywalker) plutôt bien trouvée. Je ne vous ferai pas un portrait détaillé des nouveaux venus mais ils s’intègrent plutôt bien à l’intrigue et donnent une seconde jeunesse à la saga. Au niveau des gentils, et donc futurs rebelles, on trouve Rey (Daisy Ridley), une jeune femme qui vivote en pillant des épaves et va se retrouver embringuée dans l’intrigue presque malgré elle, et Finn (John Boyega), un stormtrooper déserteur qui souhaite mettre le plus de distance possible entre le Premier Ordre et lui. Des personnages qui trouvent pleinement leur place dans l’intrigue mais méritent de s’étoffer. Gros coup de coeur par contre pour le droïde BB-8 ; je veux le même !
Au niveau des méchants de service, et donc les rangs du Premier Ordre, le Leader Suprême reste un entouré d’un voiie de mystère. Ses seconds se livrent à une bataille d’ego avec d’un côté le Général Hux (Domhnall Gleeson), militaire pur et dur adepte de la force brute, et de l’autre Kylo Ren, apprenti de Snoke et chef des Chevaliers de Ren. Au niveau du Premier Ordre le bât blesse, Hux est le parfait cliché du militaire aussi belliqueux qu’ambitieux, et Ren apparaît comme souvent comme un gamin gâté colérique. Ca manque cruellement de profondeur dans les rangs, espérons que les choses amélioreront dans les épisodes suivants (au moins du côté de Ren, je doute qu’un militaire borné soit une denrée récupérable).
Même si ça me donne l’impression d’enfoncer des portes ouvertes, je tiens à préciser que visuellement le film est irréprochable. Les décors et les effets spéciaux sont parfaitement maîtrisés, on retrouve de nombreux éléments qui contribuent à la richesse de l’univers Star Wars.
En conclusion (il était temps diront certains), j’ai passé un très bon moment devant ce septième volet de la saga Star Wars, mais j’en espérais davantage (quitte à me répéter, surtout en connaissant la richesse de l’univers étendu). Il n’y a pas eu d’enthousiasme débordant, ni de WAOW, bouche bée et les yeux en soucoupes… Ce qui ne m’empêchera pas d’être fidèle au rendez-vous pour les prochains films.

♥♥♥♥