[BOUQUINS] Pierre Gaulon – La Brûlure Des Anges

AU MENU DU JOUR

P. Gaulon - La brûlure des anges

Titre : La Brûlure Des Anges
Auteur : Pierre Gaulon
Editeur : Fleur Sauvage
Parution : 2017
Origine : France
237 pages

De quoi ça cause ?

Alors qu’elle rentre d’une soirée, Louise est agressée par trois individus qui tentent de la violer. Un inconnu neutralise ses agresseurs et disparaît aussi vite qu’il est arrivé. La jeune femme n’aura de cesse de retrouver son mystérieux ange gardien. C’est alors qu’elle est contactée par Quentin, un jeune journaliste au chômage, qui est lui aussi sur la piste de son sauveteur…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

L’éditeur : Fleur Sauvage
J’ai décidé de me pencher sérieusement sur le catalogue de ce modeste éditeur qui, jusqu’à ce jour, ne m’a réservé que de belles découvertes.

La couv’ : j’ai été intrigué par cette paire d’ailes rafistolées.
Associée au titre et au pitch, on obtient le trio gagnant pour achever de me convaincre de tenter l’aventure.

Ma chronique

Une fois de plus j’ai été bluffé par la ligne éditoriale de Fleur Sauvage, le roman de Pierre Gaulon s’inscrit dans la continuité des titres que j’ai déjà eu l’occasion de lire. Un thriller noir avec un soupçon (vraiment à minima) de fantastique servi par une intrigue maîtrisée du début à la fin.

L’intrigue tourne bien entendu autour de l’enquête de Louise et Quentin pour identifier et retrouver le fameux ange-gardien (même si Quentin ne partage pas forcément la même vision idyllique sur le personnage). Les deux jeunes l’ignorent encore, mais l’histoire ne démarre pas avec l’agression de Louise, il faut remonter vingt ans plus tôt (en 1996), pour en découvrir l’origine (au fil des chapitres, des flashbacks lèvent progressivement le voile du passé).

Pierre Gaulon saura vous faire douter, remettre en question vos certitudes avant de retourner complètement la situation. Vous comprendrez aisément que je ne souhaite pas m’étendre sur la question, je dirai juste que je n’ai rien vu venir.
L’auteur parvient aussi à insuffler une réelle personnalité à ses personnages, il nous plonge dans leur peau et nous fait vivre leurs émotions et leur ressenti. Il faut dire que Louise et Quentin ont des caractères plutôt affirmés, l’une marquée par sa récente agression, l’autre encore hanté par un lourd passif.

Concernant le mystérieux ange-gardien, j’avoue que j’ai rapidement fait le rapprochement entre les événements de 1996 et ceux de 2016. De fait j’ai fortement soupçonné son identité assez rapidement. Ce qui ne m’a en rien gâché le plaisir de la lecture, et surtout ne m’a pas épargné la surprise du twist final.

Un bémol ? Grrr, la fin ne rétablit pas la vérité… il n’y a qu’un personnage qui la connaisse et il/elle ne peut rien dire sans se compromettre. Mais bon c’est aussi une triste réalité dans la vraie vie, la vérité ne triomphe pas toujours face aux certitudes de la police et des médias…

MON VERDICT

Aparté technique

Si Fleur Sauvage joue pleinement le jeu du numérique force est de constater que techniquement parlant il y a encore des progrès à faire… Mais comme le dit fort justement le proverbe : c’est en forgeant que l’on devient forgeron. Aussi j’essaie de faire dans la critique constructive.

Voici quelques défauts repérés :

Présence de lignes vides en fin de chapitre, parfois c’est juste une ou deux lignes, mais d’autres fois on se retrouve avec plusieurs dizaines de lignes vides.

Multiplication de styles redondants ou très semblables, après un nettoyage rapide la feuille de style CSS (et du code) compte encore 195 lignes (elle en comptait 775 à l’origine). Et encore, je suis sûr que l’on peut creuser et optimiser davantage la feuille de style.

Certes ça passe quasiment inaperçu pour la plupart des lecteurs, mais ça alourdit inutilement le code. Et puis il y a toujours des maniaques qui vont mettre le nez là où ils n’ont rien à y faire…

Autre coquille récurrente : il reste des mots coupés dans le texte (ex : complète-ment au lieu de complètement).

[BOUQUINS] Mats Strandberg – Le Ferry

AU MENU DU JOUR

M.. Strandberg - Le Ferry

Titre : Le Ferry
Auteur : Mats Strandberg
Editeur : Bragelonne
Parution : 2017
Origine : Suède (2015)

De quoi ça cause ?

Le Baltic Charisma est un ferry qui assure régulièrement la liaison entre la Suède et la Finlande, une traversée de 24 heures, dont une nuit au cours de laquelle de nombreux passagers se permettent quasiment tous les excès. Mais cette nuit-là, la croisière va se transformer en cauchemar pour les mille deux cent passagers du ferry…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

La couv’ : ce couloir ensanglanté m’est instantanément apparu prometteur.

L’accroche : « La vague de terreur qui a balayé la Suède »
Je sais que parfois (souvent) c’est un piège à con ce truc, mais il n’empêche que ça fait encore son effet (ça doit être truc subliminal).

La quatrième de couv’ : une fois n’est pas coutume, elle est d’une remarquable sobriété.
Le mystère reste entier quant à la menace qui plane sur le ferry et ses passagers.

Ma chronique

Au vu de la couv’ sanguinolente et de la sobriété (bienvenue) de la quatrième, il me tardait de découvrir ce qui allait transformer une croisière plutôt routinière en un véritable bain de sang. Toutes les options restaient envisageables : tueur en série, terroristes, virus, bestiole(s) pas sympa(s) et affamée(s) ou tout autre genre de monstruosité. Pour ma part j’ai compris ce à quoi l’on aurait à faire dès la première rencontre avec ces « deux passagers comme il n’en est encore jamais monté à bord sont présents« .

Chroniquer ce bouquin a quelque chose de frustrant, il ne faut surtout pas se montrer trop loquace, au risque de lever le voile sur ce mystère. Et du coup ça va m’obliger à faire court…

Le roman se décline sous la forme de chapitres POV (Poinf of View). Chaque chapitre nous fait vivre l’intrigue du point de vue d’un personnage. Une forme narrative popularisée par la saga Le Trône De Fer de George R.R. Martin.

Les personnages sont nombreux, il faut le temps de se familiariser avec chacun histoire de les recadrer aisément. Mats Strandberg prend justement le soin de faire monter la pression lentement, de fait le lecteur n’est jamais embrouillé à se demander qui est qui ou qui fait quoi.

Je ne vais pas m’appesantir sur chacun, disons simplement qu’il y en a des sympathiques, des moins sympathiques et des franchement méprisables. Mais le plus souvent nul n’est tout blanc ou tout noir, un peu comme dans la vraie vie en fait.
J’ai un un faible pour Albin et Lo (même si au départ elle est un peu tête à claques, une ado quoi !), deux enfants confrontés à un monde d’adultes qui se délitait déjà avant même que les choses ne virent au cauchemar.

Comme indiqué plus haut, l’auteur opte pour un rythme de diesel. Il prend le temps de poser son cadre et ses personnages avant de répandre çà et là quelques gouttes d’hémoglobine. Loin d’être ennuyeuse, cette relative lenteur tendrait plutôt à faire monter l’angoisse, on attend avec une certaine appréhension le moment où la machine va s’emballer et où tout va aller de mal en pis. Parce qu’inévitablement, la situation ne peut que dégénérer et empirer.
Et effectivement quand la situation devient ingérable l’auteur change radicalement de rythme. Le bouquin devient hautement addictif, plus moyen de le lâcher avant de connaître le fin mot de l’histoire.

Un roman à réserver aux lecteurs qui ont le coeur bien accroché, l’hémoglobine coule à flots et l’auteur ne lésine pas sur certaines descriptions ; tout ce qu’il faut pour faire un bon récit horrifique à huis clos, les amateurs du genre apprécieront… les autres passeront leur chemin… ou vomiront leur quatre-heures et leur minuit aussi (merci à Renaud, à qui j’emprunte sans vergogne cette expression).

Un petit bémol pour finir, sur la forme davantage que sur le fond. J’ai parfois rencontré quelques lourdeurs dans le style et une typographie un peu anarchique. Je ne sais pas si la faute en incombe à l’auteur ou à la traductrice. Rien de franchement rédhibitoire, mais suffisant pour faire tiquer le maniaque que je suis.

MON VERDICT

Nouvelle maquette à venir…

J’ai décidé de revoir la maquette (jusqu’alors très basique) de mes chroniques littéraires.
Voilà grosso modo à quoi ça devrait ressembler désormais.

Au menu du jour

Titre : (lien vers le bouquin sur Babelio)
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Parution :
Origine :

De quoi ça cause ?

Un pitch maison ou la quatrième de couv’.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Ici je vais énumérer les raisons qui m’ont poussées à choisir ce livre.
On va essayer de rester raisonnable et se limiter à un maximum de 5 raisons…

Ma Chronique

Tout est dit dans le titre. Pas de changement majeur au menu si ce n’est que je compte aérer le bloc texte en séparant les différents paragraphes par une ligne à vide.

MON VERDICT

Aucun changement à ce niveau. Mes bouteilles de Jack seront fidèles au poste.

[TV News] L’Arme Fatale

L'arme fataleJe reconnais volontiers que quand j’ai entendu dire que la Fox avait pour projet de reprendre L’Arme Fatale au format série TV, j’ai été plus que sceptique quant au résultat. La saga de quatre films réalisée par Richard Donner entre 1987 et 1998 a en effet inscrit son nom dans le livre d’or du cinéma. Il fallait une sacrée dose d’audace pour se lancer dans un reboot télévisuel… Et plus encore pour prendre le relais de Mel Gibson (Martin Riggs) et Danny Glover (Richard Murtaugh).
Est-il besoin vraiment de revenir sur le pitch ? Bon allez, juste pour le plaisir… Après une longue période d’arrêt suite à un infarctus, l’inspecteur Murtaugh (Damon Wayans) reprend enfin du service. Et découvre qu’on lui a affecté un nouvel associé, l’inspecteur Riggs (Clayne Crawford), une tête brûlée à tendance suicidaire depuis que sa femme a trouvé la mort dans un accident de la route.
Comme vous pouvez le constater on reste en terrain connu, et c’est justement là le coup de maître de Matthew Miller, le showrunner de la série, faire du neuf avec du vieux. Conserver la trame générale de l’évolution des personnages, mais en les intégrant dans un nouvel environnement, un environnement qui colle davantage à la réalité du moment.
On retrouve les mêmes personnages secondaires, certes avec des noms et des interprètes différents, mais dans la même. Ainsi le capitaine de la police se prénomme désormais Brooks Avery (Kevin Rham), et la psy qui suit Riggs est le Dr Maureen Cahill (Jordana Brewster). Cerise sur le gâteau, même le rôle de l’agent Lorna Cole (Rene Russo) trouve son équivalent en la personne de l’agent Karen Palmer (Hilarie Burton).
Le format série TV permet de confronter notre duo à un plus grand nombre d’enquêtes, plus ou moins liées à la trame de l’intrigue principale. Des enquêtes rythmées par le même mix réussi entre action et humour (en plus bien entendu de l’évolution de la relation Murtaugh/Riggs).
Malgré un sentiment de déjà-vu évident, on en arrive rapidement à faire abstraction des films, le but étant de profiter simplement et pleinement de la version télévisée de L’Arme Fatale, et, osons l’avouer,elle fonctionne tout aussi bien que la version ciné (sans toutefois nous la faire totalement oublier, disons que l’on accepte sans mal la cohabitation des deux formats).
Cette première saison, diffusée en France par TF1, se décline en 18 épisodes de 42 minutes chacun. Une seconde saison a d’ores et déjà été annoncée, il me tarde de la découvrir, d’autant plus que cette fois on sera en terrain 100% inédit.
Non, décidément Murtaugh, tu n’es pas « trop vieux pour toutes ces conneries !« .

[BOUQUINS] Rita Falk – Choucroute Maudite

R. Falk - Choucroute MauditeAprès la monumentale claque que fut la lecture du roman de Cédric Cham, il me fallait un peu de légèreté histoire de retrouver mon air. Et ça tombe bien parce que justement un autre éditeur me fait de l’oeil depuis quelques temps, il s’agit des éditions Mirobole. Le hasard faisant bien les choses il se trouve que leur catalogue propose quelques titres plutôt légers. Mon choix s’est porté sur Choucroute Maudite de l’auteure allemande Rita Falk.
Franz Eberhofer est policier dans le petit village de Niederkaltenkirchen, perdu au fin fond de la Bavière. Un quotidien peinard qui termine invariablement au troquet su coin le temps d’écluser quelques bières. Alors que l’aîné des frères Neuhofer meurt écrasé par la chute d’un container, Franz se pose des questions sur ce malencontreux accident. Il faut dire qu’en l’espace de quelques semaines la famille Neuhofer joue vraiment de malchance, le père s’électrocute en bricolant et la mère va se pendre en pleine forêt à quatre heures du matin. Et maintenant, il ne reste que le cadet, Hans…
Oubliez les polars hyper rigoureux qui vous mettent les nerfs en pelote, l’auteure vise plutôt vos zygomatiques avec son enquêteur hors norme : Franz Eberhofer. A noter que le roman est le premier d’une série qui compte déjà 8 titres en Allemagne, il y a fort à parier que les suivants seront prochainement traduits et disponibles chez le même éditeur.
Rita Falk opte pour un récit à la première personne en donnant la parole à Franz Eberhofer qui s’adresse au lecteur comme à un voisin de troquet à qui il raconterait son enquête entre deux chopes. Et on se prend rapidement au jeu, même si parfois on se demande qui est ce drôle d’hurluberlu qui ne manquera pas de vous surprendre.
On pourrait penser que la vie à Niederkaltenkirchen (à tes souhaits) est un long fleuve tranquille et c’est généralement le cas, sauf pour Franz qui est convaincu d’être sur importante affaire criminelle. Ce qui ne l’empêche pas de finir ses journées chez Wolfi, le troquet du village, avant de rentrer rejoindre le Papa et la Mémé et se régaler des « petits » plats de cette dernière (la cuisine bavaroise a l’air fort appétissante, mais un tantinet bourrative. Quelques idées recettes figurent en annexe du roman). Et bien entendu, avant d’aller se coucher, il ne peut échapper à une promenade en forêt (toujours le même itinéraire) en compagnie de Louis II, son chien.
J’ai beaucoup aimé la famille Eberhofer : le Papa, veuf inconsolable qui passe ses journées (et ses nuits) à écouter les Beatles à plein volume, et la Mémé, sourde comme un pot, en perpétuelle traque de promotions en tout genre. Et parfois il y a la visite du Leopold, le frère aîné, parti vivre à Munich afin d’ouvrir une librairie.
Si l’intrigue policière est abordée avec un second degré évident, il n’en reste pas moins que globalement elle tient la route. Plus d’une fois, on se demandera si Franz poursuit un vrai criminel ou court après un crime imaginaire…
Une découverte sympathique, quasiment lue d’une traite (256 pages coupées par une nuit de sommeil). C’est avec plaisir que je reviendrai à Niederkaltenkirchen écouter Frank me raconter de sa prochaine enquête.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Cédric Cham – Du Barbelé Sur Le Coeur

C. Cham - Du Barbelé Sur Le CoeurDésirant étendre mon exploration du catalogue de l’éditeur Fleur Sauvage (jusqu’alors je n’avais lu qu’une seule de leur auteure, Armelle Carbonnel), j’ai longuement hésité entre plusieurs titres qui me faisaient de l’oeil (I’ll be back… aucun doute là-dessus) avant de jeter mon dévolu sur Du Barbelé Sur Le Coeur de Cédric Cham.
Dris sort de prison après cinq années de détention pour trafic de stupéfiants, il est bien déterminé à rentrer dans le droit chemin et gagner sa vie honnêtement. Serge est en liberté surveillée après avoir purgé une peine pour viol sur mineure, lui aussi ne compte pas y retourner, mais il entend bien profiter à fond de sa liberté retrouvée…
Deux anciens taulards, pas franchement des enfants de choeur… le pari de l’auteur est de nous faire ressentir une réelle empathie pour au moins l’un d’eux (impossible pour le second, c’est une merde irrécupérable). Un défi osé, mais relevé haut la main.
Si Dris n’est pas un saint (et ne se pose jamais en victime) il représente le visage humain de la population carcérale. Ces gars qui font des conneries pour un tas de mauvaises raisons (il le reconnaît lui-même : « Ainsi, il tapa dans les stups. Non par goût, car en dehors de quelques joints fumés avec les potes, il ne consommait pas. Mais par calcul. Le bizness rapportait gros et finalement les risques n’étaient pas plus importants.« ), qui en paient le prix par un séjour plus ou moins long derrière les barreaux, mais qui une fois libérés se décarcassent vraiment pour s’en sortir. Ces gars sur qui le destin semble s’acharner à leur jouer des mauvais tours et leur foutre les bâtons dans les roues…
Serge lui est la face la plus obscure de cette même population carcérale : « Un putain de trappeur. Un enculé de pointeur. Une sous merde dans la chaîne alimentaire carcérale. » ! Des raclures qui ne méritent pas que le contribuable paie des impôts pour les envoyer en taule. Plutôt leur couper les couilles et les leur faire bouffer avant de leur coller un coup de surin dans le bide et de les laisser crever dans le caniveau… Au lieu de ça on leur offre des aménagements de peine, des aides en tout genre pour les réinsérer…
Je n’ai pas été surpris d’apprendre que Cédric Cham travaillait dans l’administration pénitentiaire, on sent qu’il maîtrise le jargon et les procédures. Et bien entendu cela contribue grandement à ancrer son roman dans la réalité.
Un polar noir, très noir, mais aussi tristement réaliste et sociétal. Un roman qui vous prendra instantanément aux tripes et vous les vrillera jusqu’à la toute dernière page. Et quand vous le lâcherez enfin ce sera quasiment KO debout. Un coup de poing dans la gueule magistral, superbement écrit (la plume de l’auteur est sans concession, percutante et bouleversante à la fois) et incontestablement un coup de coeur. Un sans-faute du début à la fin (et putain de fin ! KO debout, j’vous dis).
Je m’attendais à du lourd de par certaines critiques très enthousiastes lues sur Babelio et la blogosphère, notamment celle de Loley, on peut dire que j’ai été généreusement servi. Un grand merci à Cédric Cham et à Fleur Sauvage, pour ce moment d’intense lecture. Nul doute que d’autres occasions de mettre en avant cette maison d’édition se présenteront très vite. Quant à l’auteur, j’ai d’ores et déjà son premier roman, La Promesse, en stock.

MON VERDICT
Coup double

[BOUQUINS] Winston Groom – Only

W. Groom - OnlyLes livres se suivent et ne se ressemblent pas. Au menu du jour, Only de Winston Groom, un titre qui est arrivé dans mon Stock à Lire Numérique un peu par hasard. Un roman que je ne cherchais pas vu qu’avant de mettre la main dessus j’ignorais jusqu’à son existence, mais qui a su faire vibrer la bonne corde sensible (l’amour des animaux) et me convaincre ainsi de me laisser tenter.
C’est une panne d’essence qui vaudra à George et Alice Martin de se rendre dans cette ferme et de tomber sous le charme d’un chiot bobtail qu’ils finiront par acheter… lui sauvant sans le savoir la vie, la mère et le reste de la portée périra empoisonné par la maladresse du fermier. Only, c’est le nom qu’ils lui donneront, va changer la vie de ce jeune couple de banlieusards…
Si je vous dis Winston Groom, ça ne vous parle pas forcément, par contre si je vous dis Forrest Gump il y a de fortes chances que ça vous éveille quelque chose en vous. Avant d’être un film de Robert Zemeckis avec Tom Hanks dans le rôle-titre, Forrest Gump a été un roman signé Winston Groom. De quoi finir de balayer mes ultimes hésitations face à ce roman.
Le roman est relativement court (192 pages dans sa version papier) et se lit quasiment d’une traite. L’écriture et le style de l’auteur y sont pour beaucoup, il sait choisir les mots justes pour aller droit au coeur (j’en profite pour saluer le bon boulot du traducteur, Pierre Szczeciner, soit dit en passant).
L’auteur vous propose ni plus, ni moins, que d’entrer dans la peau d’un chien, mais pas n’importe quel chien ! Only n’en manque pas (de chien), ni de caractère soit dit entre nous (quand il ne veut pas faire quelque chose, nul ne le fera changer d’avis). D’un autre côté il faut bien s’affirmer pour essayer de comprendre les humains (et accessoirement se faire comprendre par eux).
Grosso modo (et surtout sans vouloir spoiler inutilement) le bouquin se divise en deux parties, dans un premier temps vous suivrez le quotidien d’Only chez les Martin, jusqu’au jour où notre cher cabot décidera d’aller voir ailleurs. Un ailleurs qui ne sera pas toujours de tout repos pour un chien habitué à son confort…
De la littérature feel good à quatre pattes qui fait mouche ; en suivant le périple d’Only vous passerez par toute la gamme des émotions. Et c’est sans doute avec une pointe de regrets que vous refermerez ce roman et quitterez ce chien pas tout à fait comme les autres.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Daniel Keyes – Des Fleurs Pour Algernon (audio)

D. Keyes - Des Fleurs Pour AlgernonCa fait déjà quelques temps que l’idée de tenter l’audiobook me titille mais à chaque fois que l’occasion s’est présentée j’ai trouvé un prétexte bidon pour me dérober. Il fallait LE titre qui fasse TILT pour me décider à franchir enfin le cap. Et bin voilà ce titre est enfin arrivé, et c’est de nouveau à un certain Book Club mal famé que je le dois, il s’agit de la nouvelle Des Fleurs Pour Algernon de Daniel Keyes.
Comme ça fait la troisième chronique que je consacre à ce titre (quand on aime, on ne compte pas), je vais donc me dispenser de vous en présenter le pitch.
Pourquoi la nouvelle plutôt que le roman ? Deux raisons à cela. La première, d’ordre strictement commercial, étant que seule cette version existe à la vente ; elle est proposée par Audiolib avec le texte lu par Grégory Gadebois (qui a déjà interprété le rôle de Charlie Gordon au théâtre et au cinéma). Seconde raison, la durée de la lecture, à peine 90 minutes, je peux donc me la faire d’une traite (si la sauce prend… mais là-dessus je suis confiant compte tenu de la qualité du texte).
On se cale confortablement dans le canapé, le casque audio vissé sur la tête et let’s play ! D’entrée je me suis laissé porter par la voix de Grégory Gadebois. La justesse du ton et des intonations fait que l’on vraiment l’impression d’avoir Charlie Gordon en fasse de soi, en train de nous raconter son histoire. Et comme je suis un gars bien élevé, je l’ai écouté sans l’interrompre, jusqu’à ce qu’il nous quitte.
Je craignais que les émotions ne passent moins bien à l’écoute, mais je me trompais, une fois acteur la qualité de la lecture fait que ça nous va droit au coeur. J’ai beau connaître la fin, je n’ai peu m’empêcher d’avoir un pincement au coeur au fur et à mesure que Charlie prend conscience de son déclin.
Pour une première expérience audio, je dois avouer que j’ai été bluffé. Sans toutefois être totalement converti à l’audiobook, rien ne remplace le plaisir de la lecture. Mais j’y reviendrai sans doute pour des textes courts, ou des bouquins que j’ai envie de découvrir sans forcément avoir envie de les lire.
A noter qu’il existe une version audio du roman lue par un bénévole, d’une durée de presque dix heures. J’ai commencé à l’écouter, le lecteur (donneur de voix) s’en sort bien, le ton est juste et évolue en fonction de la situation de Charlie Gordon. Chapeau bas à ces lecteurs bénévoles qui enregistrent des livres audio, non seulement il faut lire de façon intelligible mais aussi trouver le bon ton au bon moment (en l’occurrence dans ce roman c’est essentiel).

[BOUQUINS] Jussi Adler-Olsen – Selfies

J. Adler-Olsen - Selfies« Oh mon Dieu, Oh mon Dieu, je suis en retard ! » pourrais-je sans mentir affirmer en paraphrasant un célèbre lapin blanc (cf Alice Au Pays Des Merveilles), sauf que pour ma part il ne s’agit pas d’un quelconque rendez-vous imaginaire, mais de la lutte inégale qui m’oppose à mon Stock à Lire Numérique. De nombreux auteurs et romans font les frais de ce retard, ce qui explique pourquoi j’ai attendu trois longs mois avant de me lancer dans le septième opus du Département V de Jussi Adler-Olsen, Selfies.
Alors que le Département V est menacé de fermeture pour d’obscures raisons statistiques et budgétaires (raisons que Carl Morck conteste vertement), le comportement de Rose est de plus en plus chaotique et imprévisible. Carl et Assad vont donc devoir enquêter seuls sur un possible lien entre un crime commis douze ans plus tôt et un crime survenu il y a trois semaines et encore en cours d’investigation…
Le tome précédent, Promesse, ne m’avait pas totalement convaincu, j’attendais donc beaucoup de cette septième enquête du Département V. Le résultat fut-il à la hauteur de mes attentes ? La réponse est malheureusement non, sans la moindre hésitation.
Je ne dis pas que le roman est nul, loin s’en faut ; c’est même un bon polar, efficace et parfaitement maîtrisé, mais je ne retrouve pas l’éclat qui faisait des cinq premières enquêtes de véritables coups de coeur.
Il faut bien reconnaître que l’enquête sur laquelle planche le Département V manque cruellement de profondeur par rapport aux précédentes. Sans doute aussi parce que Carl, Assad et Gordon passent beaucoup (trop ?) de temps à enquêter sur le passé de Rose afin de comprendre les raisons de son pétage de plombs.
Ah Rose, cette chère Rose ! On peut dire que plus d’une fois, dans les tomes précédents, j’ai eu envie de lui coller des claques face à ses sautes d’humeur imprévisibles. Il faudra attendre le sixième opus pour avoir un début de réponse permettant d’expliquer le pourquoi du comment de son comportement pour le moins imprévisible, de fait elle était remontée d’un cran dans mon estime. Mais ce n’était que la partie visible de l’iceberg, dans ce tome nous découvrons ce qu’elle a dû subir dans son enfance et sa jeunesse. Et surtout nous plonger au coeur même de l’esprit tourmenté de Rose. Je ne dirai rien de plus mais sachez que j’ai revu mon jugement la concernant, j’en suis même venu à me faire du souci pour elle.
Mais voilà, à force de centrer l’essentiel du roman sur le cas d’un seul personnage les autres en pâtissent forcément un peu (beaucoup ?). A commencer par l’enquête sur l’affaire du pistolet à clous qui est totalement oubliée alors que les choses tendaient à se décanter. J’ai trouvé Carl nettement moins cynique que par le passé, même s’il a encore le don de taper sur les nerfs de sa hiérarchie. Quant à Assad, il a miraculeusement fait des progrès en danois (même si parfois il y a quelques ratés) sans que l’on sache le pourquoi du comment de la chose.
Parallèlement à l’enquête du Département V, une assistante sociale se lance dans une croisade contre les parasites sociaux, déterminée à les éliminer une bonne fois pour toutes. Le lien entre les deux affaires apparaît rapidement aussi visible que le nez au milieu de la figure, mais ça ne suffit pas à donner au roman un second souffle qui lui aurait fait le plus grand bien.
Avant de poursuivre permettez-moi de m’étendre sur cette notion de parasite social. Ne sont pas visés les honnêtes gens qui bénéficient d’aides sociales et se démènent pour essayer d’améliorer leur sort. En l’occurrence il s’agit de nanas superficielles qui usent et abusent des aides sociales pour se pomponner, acheter des fringues et autres conneries du genre… sans faire le moindre effort en vue de réintégrer le système. Dans le cas du présent roman, je dois avouer que plus d’une fois j’ai eu des envies de meurtres concernant les trois greluches visées par Anne-Line Svendsen (l’assistance sociale psychopathe) ; je n’irai pas jusqu’à lui donner raison, mais il s’en faut de peu…
Un septième tome en demi-teinte (comme le précédent) mais cela ne m’empêchera pas d’être fidèle au poste pour les suivants. D’une part parce que ça reste tout de même du polar haut de gamme, et d’autre part parce que l’équipe du Département V fait pleinement partie de ma famille littéraire, du coup je ne compte pas les abandonner avant d’avoir le fin mot de l’histoire.

MON VERDICT

[BRD] Alibi.com

alibi.comRien de tel pour bien terminer un week-end qu’une pause cinéphile placée sous le signe du rire, pour cela nous avons opté pour Alibi.com, réalisé par Philippe Lacheau.
Greg (Philippe Lacheau) est à la tête de la société alibi.com, avec ses complices, Augustin (Julien Arruti) et Mehdi (Tarek Boudali), il fournit des alibis bidon mais béton à ses clients, essentiellement des époux et épouses volages. Quand sa nouvelle copine, Flo (Elodie Fontan), lui présente ses parents (Didier Bourdon et Nathalie Baye), Greg découvre que beau-papa l’a récemment contacté afin qu’il le couvre lors d’une escapade adultérine…
Après les deux volets de Babysitting, la Bande à Fifi se retrouve pour un troisième long métrage, sauf que cette fois Philippe Lacheau est seul derrière la caméra. Changement de registre pour la fine équipe (heureusement, le second Babysitting étant bien en deçà de son aîné) qui renonce au found footage (le vrai faux film qui permet de revivre les événements passés) pour un tournage plus traditionnel.
De nouveau Philippe Lacheau réunit de jeunes acteurs et des acteurs confirmés, et de nouveau la sauce prend plutôt bien. Cerise sur le gâteau nous avons le droit à de nombreux caméos (Kad Merad, Joey Starr, La Fouine, Michéle Laroque…) tout au long du film.
Un film parfait pour se dérider les zygomatiques sans prise de tête, certes l’humour n’est pas toujours des plus raffinés, mais il fait mouche. J’assume parfaitement mes sourires, mes rires et même mes franches rigolades durant le film. Ne serait-ce que pour ça, j’estime que le contrat est rempli… et bien rempli.
Le comique repose davantage sur les situations et les quiproquos, souvent improbables et/ou rocambolesques, que sur les dialogues ; le rire est spontané, on s’éclate durant le visionnage autant que les acteurs semblent s’être éclatés durant le tournage.
Comme dans Babysitting les seconds rôles ne sont pas laissés pour compte, ils s’intègrent pleinement au scénario et contribuent largement à de nombreux effets comiques. A ce titre j’adresse une mention spéciale à Medi Sadoun qui interprète Garcia, un gitan au tempérament de feu.
Greg est notamment fan de Jean-Luc Lahaye et de Jean-Claude Van Damme (Femme que j’aime est sa chanson préférée et Bloodsport, le « meilleur film de tous les temps »). De fait les clins d’oeils aux années 80 ne manquent pas, ça mériterait presque un second visionnage, juste pour essayer de tous les repérer.

♥♥♥♥