[BOUQUINS] Dan Simmons – Terreur

D. Simmons - TerreurJ’ai bien conscience que mon Stock à Lire Numérique est un véritable puits sans fond dont je ne viendrai sans doute jamais à bout. Je sais tout aussi pertinemment que, de fait, je passerai à certains de nombreux titres qui auraient pourtant mérité que je m’y attarde. Heureusement, de temps en temps, un certain Book Club (que certain(e)s jugeraient sans doute mal famé) permet à un de ces titres oubliés de sortir de la masse. Ce fut le cas ce mois-ci avec le roman Terreur de Dan Simmons.
Mai 1845, l’expédition Franklin (du nom de son commandant : John Franklin), composée du HMS Erebus (commandé par James Fitzjames) et du HMS Terror (sous le commandement de Francis Crozier), soit 138 officiers et matelots, quitte l’Angleterre pour explorer les iles arctiques et découvrir le fameux passage Nord-Ouest reliant l’océan Atlantique à l’océan Pacifique. Suite à un mauvais choix stratégique, les navires se retrouvent coincés dans les glaces au cours de l’hiver 1846. Un hiver qui n’en finit pas de durer. Outre une nature des plus hostiles et des conditions de survie de plus en plus difficiles, les marins vont devoir affronter une autre menace, une créature aussi mystérieuse qu’impitoyable qui va s’acharner à les détruire…
Un peu long comme mise en bouche, mais il me semblait important de replacer le contexte avant d’entrer dans le vif du sujet. Important, parce que dans ce roman Dan Simmons combine Histoire et fiction. L’expédition Franklin a en effet bel et bien existé, sa disparition reste à ce jour encore sujette à de nombreuses questions. John Franklin, Francis Crozier et James Fitzjames, entre autres, ont eux aussi été des personnages réels (disparus, comme le reste de l’équipage).
Si en vous lançant dans ce bouquin vous attendez (espérez ?) un page-turner, il y a de fortes chances que vous déchantiez rapidement. En effet dans la première partie il faut parfois s’accrocher pour y voir clair dans les différents sauts chronologiques d’un chapitre à l’autre ; j’ai aussi rencontré quelques longueurs dont je me serai volontiers passé. Bin oui, dans cette première partie moi aussi j’ai dû ramer et lutter pour m’en sortir ! Mais je ne peux que vous encourager à vous accrocher (quitte à survoler en diagonale certains passages), la suite le mérite largement.
Il faut attendre 1848 pour que les choses se décantent vraiment, mais une fois que l’intrigue passe le turbo le rythme est assuré quasiment jusqu’au clap de fin malgré quelques redondances (notamment dans l’énumération des victimes qui revient çà et là).
Au fil des pages le lecteur prendra conscience que dans cette intrigue il n’y a pas qu’un monstre, peut être réalisera-t-il même que la créature n’est peut être pas pire que certains humains ; pas toujours dans la cruauté, mais incontestablement dans les motivations.
Il faut attendre les derniers chapitres pour comprendre la nature de la bestiole et le pourquoi du comment de ses agissements. Jusqu’à la fin de son récit, Dan Simmons ne manquera pas de vous surprendre.
Pour la petite histoire au moment de la sortie du roman (2007) le mystère entourant l’expédition Franklin était d’autant plus intense que les épaves n’avaient pas été retrouvées ; il faudra attendre 2014 pour que l’Erebus soit localisé et identifié, et 2016 pour qu’il en soit de même avec le Terror.
SI vous souhaitez en savoir plus sur l’expédition Franklin, outre les sites cités en remerciements et le traducteur, je vous invite à consulter la page Wikipédia consacrée à l’expédition ainsi que celle du site Parcs Canada. Pas de méchante bestiole à l’horizon mais vous pourrez ainsi constater à quel point Dan Simmons a habilement combiné la réalité historique et la fiction.
Les fans pourront retrouver prochainement (courant 2017), une adaptation du roman en série télé, The Terror, diffusée par AMC (The Walking Dead) sur une saison de 10 épisodes de 60 minutes chacun. A l’heure qu’il est peu d’infos filtrent mais avec Ridley Scott à la production on peut être confiant quant au résultat.

C’est le quatrième roman de Dan Simmons que je lis, après Collines Noires, L’Echiquier Du Mal et Flashback,à chaque fois la (bonne) surprise est au rendez-vous, aucun roman ne ressemble de près ou de loin aux autres mais, quel que soit le registre, l’auteur semble parfaitement à l’aise et déploie un formidable talent de conteur.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Neal Shusterman – La Faucheuse

N. Shusterman - la FaucheuseIl aura fallu un Book Club pour que je découvre le roman de Neal Shusterman, La Faucheuse. Premier opus d’une trilogie classée young adult (collection R de Robert Laffont).
Citra Terranova et Rowan Damisch sont deux adolescents qui ne se connaissent pas, mais qui ont pourtant rendez-vous le même jour, à la même heure, au même endroit… avec la même personne : Maître Faraday, un Faucheur. Ce dernier leur propose de les prendre comme apprenti, sachant toutefois que seul l’un d’entre eux pourra accéder au rang de Faucheur…
J’avoue sans complexe que j’ai tendance à fuir la littérature estampillée young adult, quels que soient l’éditeur et l’auteur. Mais bon face à l’engouement suscité par ce bouquin j’ai décidé de laisser mes réticences de côté et de céder à la curiosité. Et grand bien m’en a pris !
Contre toute attente j’ai tout de suite été happé par l’intrigue et les personnages, il faut dire que l’auteur sait s’y prendre pour ferrer ses lecteurs. Les rebondissements et autres revirements de situation ne manquent pas. Les chapitres sont courts, le style direct, on est immédiatement en immersion au coeur de l’intrigue. Franchement la lecture de ce bouquin fut une excellente surprise.
L’intrigue nous entraîne dans un futur indéterminé, la maladie et la mort ont été éradiquées, une intelligence artificielle assure une vie confortable à toute la population. Pour éviter tout risque de surpopulation, la Communauté des Faucheurs a été mise en place. Les Faucheurs doivent éliminer définitivement (ils préfèrent le mot glaner à tuer) un certain quota d’individus choisis selon leurs propres critères, mais en évitant, autant que possible, toute forme de discrimination. Une communauté régie par dix commandements, à la fois crainte et respectée de par les pouvoirs qui lui sont accordés.
Il ne faut que deux chapitres à Neal Shusterman pour poser les bases de son intrigue, dès le troisième Citra et Rowan seront confronté à un choix susceptible de changer à jamais leur vie. Ensuite l’auteur nous entraîne au sein de la Communauté des Faucheurs, on y découvre progressivement son fonctionnement. Mais aussi une communauté rongée par des tensions plus ou moins latentes entre Faucheurs et bien loin d’être aussi vertueuse qu’elle devrait l’être.
J’ai beaucoup aimé les personnages de Citra et Rowan, de prime abord tout les oppose, mais ils finiront rapidement par se serrer les coudes au fil de leur apprentissage. Je ne peux malheureusement guère m’étendre sur l’évolution des personnages, car cela m’obligerait à révéler un tournant décisif de l’intrigue.
Pour ceux qui seraient frileux à l’idée d’entamer une nouvelle série, sachez que ce tome se termine et peut se lire comme un one-shot. Même en l’absence de cliffhanger, je suis convaincu que, comme moi, il vous tardera de découvrir la suite… mais il vous faudra être patient, le tome 2 est annoncé en VO pour le dernier trimestre 2017.
Maintenant que je sais que le young adult peut réserver de belles surprises, il est peut-être tant que je sorte ma trilogie Kaleb des méandres de mon Stock à Lire Numérique. Le titre, signé Myra Eljundir a lui aussi publié dans la collection R, cerise sur le gâteau, l’auteure n’est autre que Ingrid Desjours.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Stephen King – Fin De Ronde

S. King - Fin de RondeAu menu du jour, l’ultime opus (snifff…) de la trilogie Bill Hodges, Fin De Ronde, avec toujours (et heureusement) Stephen King aux manettes.
Bill et Holly sont appelés par Pete, l’ancien coéquipier de Bill, sur une scène de crime en apparence anodine : une mère a tué sa fille, lourdement handicapée après l’attaque du City Center par Mr Mercedes, avant de mettre fin à ses jours. En fouinant au-delà des apparences, Bill et Holly en arrivent à imaginer le plus improbable des scénarios : Brady Hartsfield, Mr Mercedes, pourrait être impliqué dans cette affaire… Sauf que Brady est plongé dans un coma profond et irréversible depuis que Holly lui a fracassé le crâne.
Vous connaissez certainement l’expression : « Chassez le naturel, il revient au galop« , c’est un peu l’impression que m’a faite cette Fin De Ronde. Si pour les deux précédents opus Stephen King s’était cantonné au thriller sans y intégrer le moindre élément fantastique, la donne change pour ce troisième et dernier volume : le fantastique fait désormais partie intégrante de l’intrigue, j’irai même jusqu’à dire que c’est la dominante de ce récit.
Si comme moi vous avez aimé (+++) Mr Mercedes et Carnets Noirs, les deux premiers tomes de la trilogie, vous attendiez très certainement un final en apothéose. Peut être que ce virage vers le fantastique vous aura surpris, même si, force est de le reconnaître, la fin de Carnets Noirs annonçait de façon assez évidente ce genre de revirement. Il faut dire que l’auteur de disposait pas vraiment d’autre recours pour proposer à ses lecteurs l’ultime confrontation entre Bill Hodges et Brady Hartsfield.
Alors, ça passe ou ça casse ? Heu… on parle de Stephen King les gars (et les filles) ; le seul, l’unique : LE KING ! Le maître absolu de la littérature fantastique. Vous l’aurez compris, je valide sans la moindre hésitation, ça passe haut la main. Sans doute parce que l’auteur aborde des thèmes qui trouveront certainement un écho en vous : le rapport aux nouvelles technologies, l’impact des réseaux sociaux… Avec en toile de fond, un thème bien plus sombre (qui je l’espère n’éveillera aucun écho en vous) mais tristement réel et intemporel: le suicide.
Adeptes de Candy Crush, Fruit Ninja et autres Minecraft, tremblez dans vos logis… vous ne regarderez plus votre smartphone, votre tablette ou votre ordi (rayez les mentions inutiles) de la même façon après avoir lu Fin De Ronde ! Non j’déconne, enfin je crois…
J’ai pris beaucoup de plaisir à retrouver Bill et Holly, avec leurs forces et leurs faiblesses, qui ne vont pas forcément en s’améliorant, les années s’écoulant inexorablement. On ne peut qu’éprouver une immense sympathie pour ce duo d’enquêteurs hors norme mais empreint d’une profonde humanité et d’une détermination sans faille.
Un plaisir certes plus sadique à retrouver Brady, plus pervers et manipulateur que jamais, et donc de fait, plus dangereux que jamais. Vous l’aurez compris, cette ultime confrontation se jouera dans un contexte totalement différent que la précédente.
C’est Stephen King donc forcément le plaisir de la lecture était là, l’intrigue est maîtrisée de la première à la dernière page, tout comme les personnages. Mais il n’empêche que j’ai refermé ce bouquin avec une infime pointe de déception, j’aurai aimé que Stephen King reste dans le thriller mâtiné de noir jusqu’au bout. Même si, comme je l’ai dit plus haut, j’ai bien conscience qu’il n’avait pas vraiment d’autre approche à disposition. Il n’en reste pas moins que vous aurez entre les mains un bouquin totalement addictif de qualité supérieure.
Si ce n’est déjà fait (ou en cours), je ne peux que vous conseiller de lire les trois volumes de cette trilogie dans l’ordre. Ils peuvent certes être lus indépendamment les uns des autres mais l’ensemble perdrait alors énormément de saveur. Un peu comme si vous mangiez une poignée de fromage râpé, puis une bonne cuillère de sauce bolognaise et enfin une assiette de pâtes. Ca se mange mais ça ne vaut pas un bon plat de pâtes à la bolognaise !

MON VERDICT

Note aux traductrices.

Merci pour votre travail qui nous permet de profiter pleinement de romans non francophones. Que ce soit du fait de la barrière de la langue ou simplement par manque de motivation, les lecteurs francophones vous doivent beaucoup et ne vous remercieront sans doute jamais assez.
Mais (bin oui, ce serait pas marrant autrement), par pitié, épargnez-nous « la Wifi » ! Ca pique les yeux d’autant que le Larousse le définit clairement comme un nom masculin invariable et adopte l’orthographe anglo-saxonne wi-fi. Wikipedia de son côté confirme le genre masculin mais accepte les orthographes Wi-Fi ou wifi.

[BOUQUINS] Gillian Anderson & Jeff Rovin – Rêves De Glace

G. Anderson & J. Rovin - Rêves de glaceAu menu du jour le second opus de la trilogie Earthend écrite par Gillian Anderson et Jeff Rovin, Rêves De Glace. Un choix motivé par la sortie, dans les jours à venir, du troisième et dernier volume.
Caitlin O’Hara ne comprend toujours pas ce qui la lie à l’ancienne cité de Galderkhaan, mais quand Jacob commence à se comporter étrangement, comme possédé par un esprit galderkhaani, elle sait qu’elle doit trouver rapidement des réponses à ses questions…
J’ai abordé cette trilogie sans grande conviction, plus par curiosité qu’autre chose, mais au final le premier opus, Visions De Feu, a su faire vibrer les bonnes cordes de ma sensibilité littéraire. Il me tardait donc de découvrir la suite, d’autant que beaucoup de questions restaient sans réponse.
J’avoue sans complexe avoir trouvé le début de ce second tome un tantinet poussif, alors que dans le précédent Caitlin O’Hara acceptait plutôt bien et (trop ?) facilement ce çà quoi elle était confrontée, ici elle est en proie à beaucoup de questionnements et de longues phases d’introspection.
« Elle était une scientifique dans l’âme, qui ne tirait ses conclusions qu’au terme d’une série de vérifications rationnelles. À présent, elle devait se forcer à s’aventurer en terrain inconnu sans cartes ni guide auxquels se raccrocher. »
Que les auteurs consacrent quelques pages aux états d’âme de Caitlin n’est pas un problème, au contraire ça renforce même la crédibilité du personnage, mais point trop n’en faut. Au bout d’un certain temps ça devient redondant, voire même soporifique (pour rester poli).
Heureusement Mikel Jasso, l’agent de terrain de l’Explorers Group, vient sortir le lecteur de sa torpeur avant que la léthargie ne le gagne. Il s’en est fallu de peu ! Il faut dire que pour Mikel le temps n’est pas aux questions mais à l’action, il est à l’origine d’une découverte majeure dont il est encore loin de mesurer toutes les implications.
Une fois que le récit se décante le rythme est maintenu sans faiblir ; même Caitlin, mue par l’urgence face à la menace qui pèse sur Jacob, va prendre activement part à l’intrigue. L’intrigue se focalise donc tour à tour sur ses trois acteurs majeurs, Caitlin et Mikel, mais aussi Flora Davies, la directrice du Groupe. Décidément pas de bol pour Ben, qui est, une fois encore, laissé en retrait.
Une intrigue qui peut parfois sembler complexe, notamment quand ça concerne Galderkhaan, mais une lecture attentive, avec une pause de temps en temps, quand vous entez que vous lâchez prise, et vous vous laisserez guider par les auteurs.
Est-il besoin de préciser qu’une fois ce second opus refermé vous n’aurez qu’une hâte : vous plonger dans le troisième et dernier volume de la saga ? Il faut dire que la fin nous laisse clairement sur notre faim quant à la suite des événements.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Amy Gentry – Les Filles Des Autres

A. Gentry - Les Filles Des AutresBien déterminé à rattraper le retard accumulé avec les sorties de la collection La Bête Noire, je me lance à la découverte de leur dernier opus, Les Filles Des Autres, premier roman de l’américaine Amy Gentry.
Julie Whitaker, 13 ans, est kidnappée en pleine nuit dans la maison familiale, sous le regard impuissant et terrifié de sa jeune soeur, Jane. L’enquête de police s’enlise, la famille se résigne à accepter l’indicible. Huit ans plus tard, alors que les Whitaker préparent un repas en famille, une jeune fille se présente à leur porte. Pour eux il ne fait aucun doute qu’il s’agit de Julie. Sauf peut être pour Anna, la mère, qui relève quelques zones d’ombres dans le récit de Julie. Suffisamment pour que le doute s’installe…
Voilà clairement un bouquin, qui, s’il n’avait pas été estampillé Bête Noire, n’aurait sans pas retenu mon attention. Auteure inconnue (normal c’est son premier roman), un pitch intéressant mais somme toute assez classique mais surtout une couv’ très moyenne, pour ne pas dire franchement moche (mais qui prend tout son sens une fois que vous aurez refermé le bouquin).
J’en vois déjà (oui toi là-bas, au fond à droite) qui soupirent d’un air blasé en marmonnant : « pfft et vas-y pour une énième chronique de thriller psychologique ». Hé bin oui, encore un thriller psychologique, j’aime ça et j’assume, et pis merde c’est chez moi ici, j’fais c’que j’veux ! Plus sérieusement je vais tenter de vous convaincre qu’il est encore possible de surprendre les lecteurs dans un genre pourtant maintes fois exploité et remanié…
Comme je le disais l’intrigue ne brille pas vraiment par son originalité : « Julie disparaît, Julie réapparaît ; mais est-ce vraiment Julie ? » Et pourtant de part sa construction je peux vous assurer que vous allez être happé par ce bouquin, s’il parvient à vous ferrer vous ne lâcherez plus avant de connaître le fin mot de l’histoire. Et d’ici là vous n’en finirez pas de vous poser des questions, parfois vous aurez des certitudes, puis le doute reprendra ses droits. Et peu à peu les différentes pièces du puzzle se mettent en place.
Un récit construit à deux tons (qui vient d’imiter une sirène de police ? Dehors !). On suit l’intrigue présente, racontée à la première personne par Anna, la mère de famille en proie au doute quant à l’identité de sa « fille ». Un récit entrecoupé par des flashbacks présentés par ordre antéchronologique (du plus récent au plus ancien), des flashbacks dont Anna ignore tout et dont je ne dirai rien afin de laisser intact le plaisir de la découverte (un mot de trop et c’est tout l’effet de surprise qui s’effondre).
Amy Gentry excelle à fouiner dans les profondeurs de l’esprit d’Anna, en creusant le présent elle exhumera un passé qu’elle aurait peut être souhaité ne jamais connaître. Une femme pleine de détermination, quitte à se retrouver seule contre tous, à découvrir la vérité, même si celle-ci risque de détruire sa famille déjà fragilisée.
La couv’ annonce « un roman à suspense », rien à redire sur ce point, le suspense est bel et bien présent et entretenu quasiment jusqu’à la dernière page.
J’espère que ces quelques lignes vous donneront envie de découvrir ce bouquin, pour un premier roman l’auteure place la barre très haut. Certes pas totalement exempt de défaut (j’ai trouvé le manque d’implication de la police peu convaincant au vu de l’enchaînement des événements) mais il mérite amplement sa place au sein d’une collection telle que la Bête Noire.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Lee Martin – Cet Eté-Là

L. Martin - Cet été-làComme vous le savez sans doute mon Stock à Lire Numérique à tendance à connaître une croissance exponentielle, du coup quand vient l’heure de choisir sa prochaine lecture c’est toujours un déchirement, et forcément on oublie certains titres et certains éditeurs. Comme ça faisait un moment que je ne m’étais pas penché sur le catalogue de Sonatine j’ai décidé de rectifier le tir avec Cet Eté-Là de Lee Martin.
Trente ans plus tôt, dans une petite bourgade de l’Indiana. La jeune Katie Mackey, 9 ans, disparaît alors qu’elle était sortie faire une course à vélo. Même si la police a rapidement interpellé un suspect, la disparition de Katie reste un mystère. Aujourd’hui, en recoupant les faits et divers témoignages, la vérité va peut être enfin éclater…
Un faits divers, des témoignages, des faits (connus ou reconstitués) et de fil en aiguille la vérité qui refait surface. J’aime beaucoup ce concept de roman choral qui permet au lecteur de jouer les apprentis journalistes (ou apprentis détectives selon ses ambitions). Une forme (et un fond) qui n’est pas sans me rappeler le roman Qui ? de Jacques Expert, construit sur le même principe et déjà publié par Sonatine.
La principale difficulté, pour l’auteur qui veut se lancer dans ce genre de roman, consiste à affecter un style distinct à chacun des intervenants afin que l’on puisse les identifier sans forcément avoir besoin de se référer au nom du chapitre. C’est malheureusement là que le bât blesse avec Cet Eté-Là, et ce sera certainement mon seul reproche, le style (efficace et concis) est trop uniforme, on a du mal à s’identifier aux personnages, un peu comme si c’était une seule et même personne qui nous relatait les événements…
Bon ça c’est fait. Une fois n’est pas coutume j’ai commencé par souligner le point négatif, sans doute parce que je tiens à tempérer mon reproche. En effet l’attribution d’un style propre à chaque intervenant eut été un plus plutôt qu’un point réellement négatif. Cela ne m’a nullement empêché de prendre beaucoup de plaisir à lire ce bouquin et de me sentir en totale immersion dans l’intrigue.
Les principaux intervenants sont au nombre de trois : M. Dees, un enseignant solitaire qui donnait des cours d’été à Katie, Gilley, le frère aîné de Katie et Clare, une veuve qui a par la suite épousé le principal suspect du crime. Chacun se livre au lecteur, s’adressant directement à lui, comme s’il était dans votre salon, évoquant non seulement ses souvenirs mais aussi ses états d’âmes. A ce titre on peut souligner un gros travail de l’auteur sur la psychologie de ses personnages, ce qui vient en partie contrebalancer l’absence de style personnalisé.
L’intrigue est bien construite même si l’on ne peut pas vraiment dire que l’on ait le droit à d’énormes surprises au fil des révélations ; on supposait beaucoup sans toutefois avoir une idée précise du déroulement des événements. Ca n’en reste pas moins un récit addictif qui se lit quasiment d’une traite (malheureusement les obligations professionnelles et personnelles ne permettent pas toujours ce genre d’immersion intégrale). Nul doute qu’au fil des pages vous serez projeté à Tower Hills dans les années 70, nul doute que vous aussi aurez envie de comprendre ce qui est arrivé à Katie…

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Jean Hegland – Dans La Forêt

J Hegland  - Dans la forêtVotre mission si vous l’acceptez : proposez-moi un roman qui combine un contexte post apocalyptique et un récit 100% fidèle à l’esprit nature writing cher à Gallmeister. Ah oui j’oubliais un dernier détail : l’ensemble doit tenir la route ! Pour son premier roman, Jean Hegland a décidé de relever ce pari un peu fou, c’est ce grain de folie qui m’a incité à me lancer à la découverte de Dans La Forêt.
Nell et Eva sont deux soeurs âgées de 17 et 18 ans. Le monde et la civilisation, tels qu’elles les ont connus se sont effondrés. Depuis la mort de leurs parents elles subsistent tant bien que mal dans la maison familiale, isolée au coeur de la forêt de Redwood (Californie). Mais comment organiser sa survie quand tous les repères connus sont devenus obsolètes ?
Quoi de plus naturel pour nous que d’appuyer sur un interrupteur pour avoir de la lumière ou tourner un robinet pour avoir de l’eau ? On ne prête même plus attention à ces gestes du quotidien, au confort moderne qui nous entoure et nous facilite grandement l’existence. Pas question d’y renoncer, ce sont des acquits ! En y réfléchissant bien, il n’y a là aucun acquis, si le modèle économique, sociétal et humain venait à s’effondrer l’interrupteur et le robinet ne fourniraient plus leurs précieuses énergies. Rapidement on se retrouverait livrés à nous mêmes pour assurer notre survie.
Le récit est volontairement intemporel, ça pourrait être demain, dans dix ans, cent ou mille, peut être même jamais. Il en va de même pour les circonstances de cet effondrement, il est vaguement question de guerres, d’émeutes, de crise économique et d’épidémies… peu de certitudes et beaucoup de rumeurs.
Le récit est à la première personne, c’est le journal de Nell que nous lisons. Elle y raconte leur quotidien et leur survie mais aussi des épisodes de leur vie d’avant, quand le monde tournait encore rond, quand leurs parents étaient encore en vie.
Nell et Eva avaient un avenir tout tracé, l’avenir qu’elles s’étaient choisi : Eva dansera dans le corps de ballet de San Francisco tandis que Nell entrerait à Harvard. Alors pour conjurer le sort, en attendant que les choses reviennent comme avant, Eva s’entraîne toute la journée dans son studio, au seul son d’un métronome et Nell lis inlassablement l’encyclopédie.
Au fil des pages, et du temps qui passe, on suit l’évolution de l’humeur des deux soeurs, il y a d’abord l’espoir d’un retour à la normale prochain, au fur et à mesure que celui-ci s’amenuise c’est l’abattement et la résignation qui s’installeront. A ce point il n’y a guère d’alternative, seules deux options primaires (pour ne pas dire primales) sont de mise : survivre ou mourir ! Se battre ou se laisser mourir !
Jean Hegland nous livre aussi une ode à la nature, certes elle peut parfois se montrer cruelle, mais si on apprend à l’apprivoiser elle peut se révèler d’une incroyable richesse et receler de nombreuses ressources qui viendront agrémenter le quotidien. A ce titre la forêt devient quasiment un personnage du roman plus qu’un simple lieu, un personnage qui évolue au fil des saisons.
Au-delà de l’aspect post-apocalyptique et nature writing, Dans La Forêt est aussi et surtout un véritable roman initiatique qui vous fera vivre un véritable tourbillon d’émotions ; vous partagerez les rires et les larmes de Nell et Eva. Merci à Gallmeister pour cette belle découverte, dire qu’il aura fallu attendre 21 ans pour découvrir ce titre en français (première publication aux USA en 1996).

MON VERDICT
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Morceau choisi

Je me souviens de m’être débarrassée d’habits déchirés, tachés ou qui n’étaient plus à la mode. Je me souviens d’avoir jeté de la nourriture – d’avoir raclé des monceaux de nourriture de nos assiettes dans le bac à compost – simplement parce qu’elle était demeurée intacte sur l’une de nos assiettes pendant toute la durée d’un repas. Comme je regrette ces corbeilles à papier pleines à ras bord, ces reliefs de plat. Je rêve d’enfourner des sachets entiers de raisins secs, de brûler douze bougies à la fois. Je rêve de me laisser aller, d’oublier, de ne me préoccuper de rien. Je veux vivre avec abandon, avec la grâce insouciante du consommateur au lieu de m’accrocher comme une vieille paysanne qui se tracasse pour des miettes.

[BOUQUINS] Lincoln Child – La Bête D’Alaska

L. Child - La Bête d'AlaskaPetit changement de dernière minute dans mon périple en compagnie de l’éditeur Ombres Noires, plutôt que de revenir à Michaël Mention pout cette ultime (mais temporaire) étape, j’ai privilégié la découverte en optant pour La Bête D’Alaska de Lincoln Child.
Au cours d’une expédition en Alaska, une équipe scientifique découvre une créature difficilement identifiable prise dans une gangue de glace. Les sponsors de l’expédition, une chaîne de télévision, décident d’exploiter le filon que représente une telle expédition en tournant un documentaire. L’arrivée des équipes de tournage dans l’ancienne base militaire va quelque peu bouleverser le quotidien des scientifiques…
C’est le premier roman de Lincoln Child que je lis, je ne savais donc pas vraiment à quoi m’attendre. L’intrigue faisant intervenir un personnage récurrent de l’auteur (Jeremy Logan, énigmologue de son état) j’ai supposé un thriller plus ou moins ésotérique façon Da Vinci Code. Et bien que nenni, point vraiment d’énigme ou de symbole à déchiffrer, en lieu et place l’auteur nous propose un thriller fantastique qui n’est pas sans rappeler le film The Thing de John Carpenter (1982).
Pour rester au chapitre des énigmes la série Jeremy Logan compte actuellement quatre titres, tous dispo en français. Bien que La Bête D’Alaska soit le dernier en terme du publication en français, il est le second de la série en version originale. Les tomes 1 et 3 ont été publié par Michel Lafon (respectivement en 2007 et 2013), c’est Ombres Noires qui prendra le relais en 2015 pour le quatrième opus, avant de nous proposer ce « chaînon manquant » en 2016.
Petite piqûre de rappel pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas The Thing, le film confronte une équipe scientifique isolée dans une station de recherche en Antarctique à un monstre surgelé qui a décidé de sortir de son long sommeil cryogénique.
Remplacez l’Antarctique par l’Alaska et vous obtenez le même cadre aussi isolé que inhospitalier. Saupoudrez le tout de quelques humains qui font autant de cibles potentielles. Lâchez une méchante bestiole au milieu de tout ce petit monde. The show must go on !
Force est de reconnaître que dans ce second volet de ses aventures notre énigmologue se fait voler la vedette par les chercheurs (Evan Marshall fait davantage office de personnage central de l’intrigue) mais aussi par les militaires et l’équipe de tournage. Sans doute le climat qui ne lui convient pas…
A défaut d’être totalement novatrice l’intrigue reste maîtrisée et suffisamment addictive pour que l’on ait envie d’en savoir plus et de connaître le fin mot de l’histoire. La galerie de personnages offre des personnalités diverses et variées, certains vous seront sympathiques, d’autres un peu moins et d’autres carrément exécrables. Là encore on a ce qu’il faut pour nous donner envie d’aller toujours plus en avant dans le récit.
Enfin l’auteur profite de son intrigue, et de son cadre, pour nous sensibiliser au réchauffement climatique. Confortablement vautrés dans nos canapés le concept peut nous sembler très théoriques, d’autres subissent rudement cette triste réalité. D’autres thèmes scientifiques et humains sont abordés avec plus ou moins de profondeur.
Un bon moment de lecture sans pour autant être indispensable. Suffisant toutefois pour me donner envie d’aller plus avant dans l’univers littéraire de Lincoln Child (en solo ou en duo avec Douglas Preston) et de m’intéresser de plus près au cas Jeremy Logan.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Elizabeth George – L’Etrange Talent De Janet Shore

E. George - L'étrange talent de Janet ShoreD’Elizabeth George je ne connais que les enquêtes de Lynley (et encore, je n’en ai lu que 3), avant de m’attaquer au dernier opus j’ai décidé de sortir des sentiers battus et de m’offrir L’Etrange Talent De Janet Shore en guise de mise en bouche.
Enfant chétive et régulièrement malade, Janet Shore trouve le réconfort dans les livres. C’est ainsi qu’elle se découvre le don de se projeter dans les romans qu’elle lit et même de pouvoir interagir avec les personnages de l’histoire. Elle commettra toutefois une erreur : en parler à Monie, sa meilleure amie…
Ce qui surprend de prime abord est le nombre de pages (le poids d’une fichier numérique n’est pas forcément proportionnel au nombre de pages), tout juste 53. On est donc clairement dans le format nouvelle ; le prix (moins de 7 €) aurait dû me mettre sur la voie.
Deuxième surprise de taille, la forme. Le récit se présente en effet comme un conte (exit les enquêtes policières) mais aussi et surtout une ode à la littérature et aux livres. A vrai dire je me demande même comment il s’est retrouvé au catalogue d’Ombres Noires (comme le laisse supposer leur nom ils sont plutôt spécialisés dans le roman noir)…
Quel lecteur passionné n’envierait pas le don de Janet ? Imaginez le topo : « Janet était en vérité capable de se transporter dans la scène à proprement parler. Et pas en qualité d’observatrice passive, notez bien, mais en participant pleinement à l’histoire. » Une totale interaction avec vos héros préférés et la possibilité de changer le cours du récit !
Bien entendu il y a de nombreuses références littéraires au fil des pages, j’ai reconnu certains titres pour les avoir lus ou en avoir entendu parler, d’autres me sont passés largement au-dessus de la tête sans toutefois nuire à ma lecture du bouquin.
De temps à autres Janet se permet des commentaires pas toujours sympathiques (voire franchement grinçants) sur certains personnages de romans et sur certains titres qu’elle juge indignes de son don (50 Nuances De Grey par exemple mais aussi le Da Vinci Code).
Une courte escapade littéraire dans le monde des livres, fort sympathique et divertissante. Certes je m’attendais à quelque chose de plus sombre (éditeur oblige) mais, passé l’effet de surprise, j’ai apprécié ce moment de détente.

MON VERDICT
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Avec ce titre j’ouvre une série de lectures dédiées aux éditions Ombres Noires, suivront dans l’ordre :
Bienvenue A Cotton’s Warwick de Michaël Mention
Rouge Armé de Maxime Gillio
En Douce de Marin Ledun
Le Carnaval Des Hyènes de Michaël Mention (oui, encore lui)
J’aviserai ensuite selon les aléas de mon Stock à Lire Numérique… de nouveaux titres pourraient venir jouer les invités surprise.

[BOUQUINS] Craig Clevenger – Le Contorsionniste

C. Clevenger - Le contorsionnisteUn titre découvert au hasard des propositions dans le cadre d’un Book Club. Auteur et éditeur inconnus, couv’ très quelconque ; rien pour retenir mon attention de prime abord. Par contre le pitch semble sympa, certaines critiques, et non des moindres (cf la revue de presse proposée sur le site de l’éditeur), ne tarissent pas d’éloges mais aussi et surtout des réactions enthousiastes de la part des lecteurs de ce fameux Book Club. Et voilà comment Le Contorsionniste de Craig Clevenger s’est retrouvé entre mes mains.
Daniel Fletcher se réveille dans un lit d’hôpital après une overdose médicamenteuse, comme toujours dans ces cas-là il va devoir passer un « entretien de routine » avec un psy afin de déterminer s’il s’agissait d’un surdosage accidentel ou d’un suicide. Daniel Fletcher n’existe pas, son vrai nom est John Vincent, un véritable caméléon capable de s’inventer et d’endosser en un tourne-main une nouvelle identité et les souvenirs qui vont avec…
C’est un scandale !!! Pourquoi a-t-il fallu 14 longues années pour que ce bouquin soit enfin disponible en français ? Et en plus c’est un éditeur modeste (Le Nouvel Attila) qui s’y colle. Un grand merci à eux et chapeau bas pour le travail accompli (je pense notamment au traducteur, Théophile Sersiron). Mesdames, messieurs, Le Contorsionniste a tout pour devenir un livre culte ; vous en doutez ? Lisez-le et on en reparlera.
Un roman totalement inclassable, à la fois thriller psychologique et roman noir, mais aussi bien plus que ça. Alternant humour et situations extrêmement tendues, l’auteur joue aussi bien avec nos émotions qu’avec nos nerfs. Un OLNI est ce qui définirait le mieux ce bouquin impossible à caser dans un genre prédéfini, et pour cause, il obéit à ses propres règles (un sacré tour de force pour un premier roman).
Ce n’est par hasard que j’ai employé le terme caméléon dans ma présentation du bouquin. Difficile en effet de ne pas penser à la série Le Caméléon dans laquelle le héros, Jarod, endosse une nouvelle identité/personnalité à chaque épisode. John Vincent est une sorte de Jarod puissance 10, il peaufine chaque changement d’identité jusque dans les moindres détails, à grand renfort de (faux) justificatifs.
Mais qui est exactement John Vincent et pourquoi ces multiples changements d’identité ? Ah que voilà une question que vous n’aurez de cesse de vous poser au fil des pages. Il faut dire que John (ah oui j’ai oublié de vous signaler que le bouquin était écrit à la première personne) aime tourner autour du pot quand il nous raconte son histoire. Mais n’allez surtout pas croire qu’il s’autorise ces nombreux flash-backs sans avoir une bonne raison de le faire. N’oubliez pas que notre gars ne laisse jamais rien au hasard. Les réponses viendront en temps et en heure, de fil en aiguille.
Si je peux vous donner un conseil, laissez-vous simplement guider par l’auteur et le récit de John, inutile de vous triturer les neurones pour essayer d’anticiper les explications du narrateur, dégustez simplement le parcours (chaotique) de John Vincent, à votre rythme.
Le rythme du récit en quant à lui plutôt lent, presque hypnotique (je dirai presque envoûtant) mais à aucun moment ennuyant, loin s’en faut l’auteur sait focaliser toute notre attention et notre vigilance sur son intrigue (totalement addictif comme bouquin). Aussi la brusque accélération dans les derniers chapitres nous prend quelque par surprise. Et que dire de l’ultime revirement ? Grandiose, tout simplement magistral.
Craig Clevenger profite de son récit et de son héros atypique pour se livrer à un réquisitoire à charge contre le processus d’évaluation psychiatrique et d’internement. Même les systèmes éducatifs et judiciaires en prennent pour leur grade au passage. Si vous avez encore des illusions sur la grandeur du Rêve Américain ce roman devrait achever de les balayer d’une pichenette.
J’ai salué le travail de traduction de Théophile Sersiron car je suppose qu’il n’a pas dû être simple de jongler avec un texte pareil. Chaque personnalité qu’endosse John à sa façon de se comporter et de parler. Changement de style lorsque John (Daniel Fletcher) fait face au psy qui tente de percer ses secrets (un face à face verbal, non verbal et psychologique), ou quand il nous raconte son histoire ou s’adresse au lecteur pour lui confier les secrets de son « talent ».
Une belle découverte (pour ne pas dire une révélation) de cette fin d’année 2016. Dommage que la sortie de ce roman ait été aussi peu médiatisée, j’espère que la blogosphère lui offrira toute la publicité qu’il mérite. Pour ma part je confluerai en empruntant à Michel Sardou ce refrain (Chanson Le Successeur) pour vanter le travail de l’auteur : « Et il est jeune, il est bon, il est beau. Quel talent, quelle leçon, quel salaud ! ».
Un grand merci à DP (il se reconnaîtra s’il passe dans le coin), Book-Clubber émérite mais discret, qui m’a fait découvrir ce formidable roman.

MON VERDICT
jd5Coup double