Chose promise, chose due : Sam Capra is back ! Pas question en effet de différer la lecture de Last Minute de Jeff Abbott, je veux (et j’espère les avoir) les réponses aux nombreuses questions restées sans réponse à la fin d’Adrénaline.
[ALERTE SPOILERS N°1… Ne lisez pas les lignes qui suivent si vous n’avez pas lu et comptez lire Adrénaline] Sous couvert de la Table Ronde, Sam Capra est désormais gérant d’un bar à cocktail. Avec les moyens mis à sa disposition par son nouvel employeur, il continue de chercher son fils en échange de quelques opérations contre l’organisation criminelle des Neuf Soleils. Quand il apprend que la tête de Mila est mise à prix, il décide de lui venir en aide, mais difficile d’aider quelqu’un qui refuse votre aide… [FIN D’ALERTE SPOILERS N°1]
Dans Adrénaline nous avions le droit à une intrigue unique déjà bien ficelée, histoire de corser la chose Jeff Abbott nous propose de suivre trois intrigues. D’une part la quête de Sam (toujours écrite à la première personne), de l’autre le périple d’un jeune hacker qui cherche à sauver sa peau, et enfin le cas de Mila. Les deux premières ne tarderont pas à se télescoper comme on pouvait s’y attendre. Quant à la troisième, elle est aussi indépendante et discrète que son personnage central et vient s’incruster çà et là.
Ce qui m’amène tout naturellement à parler des personnages (oui je sais c’est plat comme transition). On retrouve bien entendu les deux principaux personnages principaux déjà croisés dans Adrénaline, à savoir Sam (toujours aussi indestructible) et Mila (il faudra se montrer patient mais on finit par en apprendre un peu plus sur elle et c’est du lourd) mais aussi quelques personnages secondaires (dont August, l’ami et ancien collègue de Sam et un autre plus inattendu dont je tairai le nom). Au rayon des nouveaux venus on trouve Léonie qui assistera, contrainte et forcée, Sam dans la mission que lui a confié Anna Tremaine. Tient donc mais qui est Anna Tremaine ? Disons qu’elle est du côté obscur de la Force.
On retrouve une intrigue rondement menée, découpés en chapitres courts mais percutants. Un rythme imposé sans temps morts ni fioritures. Ce second opus est tout aussi prenant que son ainé, la fin mettra votre palpitant et vos nerfs à rude épreuve. J’adooore (non désolé je ne kiffe pas, j’ai passé l’âge) !
Bon alors qu’en est-il du fils de Sam,des Neufs Soleils et de Mila ? Faudra-t-il lire le troisième opus (ou plus si affinité) pour avoir le fin mot de l’histoire ? Je serai muet comme une tombe de carpe sur ces questions, et sur tout le reste d’ailleurs… Une chose est certaine je lirai avec plaisir le troisième volet des aventures de Sam Capra et, si les jongleries avec mon Stock à Lire Numérique le permettent, il n’est pas impossible que je me plonge dans ses autres bouquins.
[ALERTE SPOILERS N°2… Bis repetita] A la lecture de la quatrième de couv’ des Editions J’Ai Lu on est en droit de se demander si le gars a vraiment lu le bouquin, trois erreurs en seulement quelques lignes c’est fort quand même. D’une part l’intrigue ne démarre pas quand le fils de Sam se fait enlever puisqu’il est toujours à sa recherche au moment du deal proposé par Tremaine. D’autre part le gamin n’est pas détenu par le cartel des Cinq Soleils mais par les Neufs Soleils, organisation criminelle certes mais jamais désignée comme un cartel. Enfin Sam doit éliminer une seule et unique cible un étudiant hacker et non un étudiant et un hacker. [FIN D’ALERTE SPOILERS N°2]
Catégorie : Coups de coeur
[JEUX FLASH] 2048
2048, kezaco ? Juste le jeu Flash (et gratuit) qui fait le buzz depuis sa sortie en mars 2014, les joueurs se multiplient aussi bien sur PC que sur smartphone et tablettes.
Le concept est on ne peut plus simple : un carré 4×4, des chiffres aléatoires multiples de deux (2, 4, 8) à faire glisser à l’horizontale ou à la verticale, chaque fois que deux cases de valeurs identiques sont cote à cote vous pouvez les faire fusionner en une seule qui prendra leur somme comme valeur (2+2 = 4, 4+4 = 8, 8+8 = 16… jusqu’à 1024+1024 = 2048). Le but ultime est de parvenir à cette case 2048 avant que la grille ne soit bloquée (chaque mouvement génère un nouveau chiffre aléatoire entre 2, 4 et 8).
Facile non ? Pas sûr non… Il faudra quelques parties pour vous familiariser avec la chose mais faites gaffe ça devient rapidement hautement addictif (et chronophage) ! Pour le moment je n’ai pas dépassé la case 512.
Dommage qu’il n’y ait pas un système d’inscription qui permette de suivre nos scores.
Pour jouer sur PC, cliquez ici
Une version autorun pour ceux qui penseraient que c’est impossible d’arriver à la fin.
Et dire que son concepteur, Gabriel Cirulli, 19 ans, et déjà responsable de plus de 7,5 millions d’accros ! Comme quoi les jeux les plus simples sont souvent les plus efficaces… Faute de PC je m’occupe avec ça et Avengers Alliance pour Android (via Playdom).
[BOUQUINS] Jeff Abbott – Adrénaline
Par curiosité (ça fait déjà quelques temps que cet auteur me fait de l’oeil) je me suis offert le dernier Jeff Abbott, Last Minute et là, Ô rage, Ô désespoir, je découvre que c’est le second volet d’une série consacrée au personnage de Sam Capra. Coup de bol j’ai justement le premier opus qui traîne depuis un bail dans mon Stock à Lire Numérique, commençons par le début donc avec Adrénaline de Jeff Abbott.
Sam Capra travaille pour le bureau londonien de la CIA. Un matin sa femme, enceinte leur premier enfant, l’appelle et l’implore de quitter le bureau immédiatement. A peine est-il arrivé dans la rue qu’une explosion détruit les locaux de l’Agence et Lucy est enlevée sous ses yeux. Unique survivant de l’explosion, il fait office de coupable idéal pour la CIA. Sam Capra va devoir se battre pour rétablir la vérité, mais aussi et surtout pour sa femme et son enfant…
Et bin voilà, veni, vidi, vici comme dirait le grand Julot. Un auteur de plus à suivre de près. Jeff Abbott nous propose une intrigue qui oscille entre le romand d’espionnage et le thriller plus classique mais qui tient globalement la route. Un titre largement mérité tant le rythme est soutenu de la première à la dernière page avec des rebondissements à la pelle.
Les personnages sont bien travaillés même si parfois Sam Capra fait un peu penser à l’archétype du héros 100% américain WASP, un dur à cuire limite indestructible. Ce n’est pas le premier et certainement pas le dernier, ça doit rassurer le lecteur américain de savoir qu’ils sont toujours les plus forts… Pour ma part j’avoue avoir plutôt eu un faible pour le personnage de Mila, une nana déterminée, implacable et pleine de mystères ; nul doute qu’on devrait la retrouver dans le(s) prochain(s) volet(s) de la saga Sam Capra.
Et oui on peut bel et bien parler de saga puisqu’à ce jour l’auteur a déjà consacré trois romans et une nouvelle à son héros. En France les Editions J’ai Lu proposent les deux premiers roman, on devrait avoir le droit à la série complète il faut juste se montrer patient.
Et justement c’est là que le bât blesse, la fin de ce premier opus laisse planer un paquet de questions du coup on referme le bouquin un tantinet frustré. Pas le choix pour la suite de mon programme littéraire, j’attaque directement avec Last Minute…
[BOUQUINS] Guillaume Musso – Central Park
J’ai pris mon temps pour me familiariser avec l’univers littéraire de Guillaume Musso mais depuis que j’ai lu 7 Ans Après je suis tombé sous le charme, pas encore eu le temps de découvrir ses précédents titres mais je ne rate aucun de ses bouquins. C’est donc tout naturellement que son dernier opus, Central Park, a intégré mon Stock à Lire Numérique dès sa sortie (sans même prendre connaissance du pitch).
Alice et Gabriel ne se connaissent pas et pourtant ils émergent sur un banc au coeur de Central Park, menottés ensembles et incapables d’expliquer leur présence à Manhattan. La veille au soir elle faisait la fête avec des copines sur les Champs Elysées, lui jouait du jazz dans un pub de Dublin. Ensemble ils vont essayer de comprendre le pourquoi du comment de cette situation…
Si je devais vous faire part de mon ressenti en un mot (oui rien qu’un… mission impossible pour les pipelettes) je dirai simplement WAOW ! (en majuscules et avec le point d’exclamation siou-plê). Ouais je sais que c’est vachement parlant comme mot… Rassurez vous ce ne sera pas le mot de la fin, les mots qui suivent vont me permettre d’étayer quelque peu mon WAOW !
Avec ce roman Guillaume Musso signe un véritable petit bijou du thriller. Certes ce n’est pas aussi stressant que du Chattam ou du Grangé mais je vous garanti que ça mérite le détour. L’intrigue est originale, soignée (bichonnée même), rythmée (l’essentiel de l’histoire se déroule sur 24 heures) riche en rebondissements et surprises en tout genre (j’ai été baladé de la première à la dernière page). L’auteur vous plonge dans son histoire dès les premières lignes et je vous promets que vous ne pourrez pas lâcher le bouquin avant la fin. Lu sur deux jours mais sans le taf je l’aurai avalé en une journée.
La recette maintes fois éprouvée du duo improbable fonctionne une fois de plus. Le personnage de Gabriel est de loin le plus attachant des deux, Alice est du genre tête à claques, son passé douloureux (expliqué par quelques flashbacks glissés dans l’intrigue) ne suffit pas à justifier son comportement autoritaire et quasiment déshumanisé.
Je ne perdrais pas mon temps, ni le votre, à dire que c’est bien écrit, l’auteur n’a plus à faire ses preuves quoi que puissent en penser ses détracteurs. J’avais trouvé Demain mieux ficelé que 7 Ans Après, avec Central Park il monte encore d’un cran (voire de dix crans d’un coup) et toujours en innovant. Le cru Musso 2014 est digne d’un véritable grand cru AOC, du coup j’ai hâte de découvrir la cuvée 2015.
Donc voilà le pourquoi du comment de mon WAOW ! initial, sur le cul qu’il m’a laissé l’ami Guillaume. Bluffé, sonné, j’en passe et des meilleures… Un sans faute qui tient parfaitement la route qui plus est.
[BOUQUINS] Shane Kuhn – Guide De Survie En Milieu Hostile
Ah que voilà un bouquin qui a tout pour me plaire, entre nous ça a été le coup de foudre ! Une couv’ qui me cause, un titre prometteur, un pitch alléchant, un auteur inconnu (normal c’est son premier roman, d’où une certaine curiosité) et… Sonatine ! Et voilà comment ce Guide De Survie En Milieu Hostile signé Shane Kuhn s’est retrouvé dans mon Stock à Lire Numérique et a rapidement atteint le sommet…
John Lago est un parfait stagiaire, indispensable mais invisible. L’idéal pour gagner la confiance de ses supérieurs afin de pouvoir les éliminer en toute discrétion. Ah oui John Lago n’est pas un stagiaire comme les autres, c’est aussi un redoutable tueur à gages et occasionnellement l’auteur de ce Guide De Survie A L’Usage Des Jeunes Stagiaires. Un manuel du parfait stagiaire-tueur destiné à ses pairs…
C’est donc ce Guide de Survie que vous aurez entre les mains tout au long de votre lecture. Un manuel écrit à la première personne dans lequel l’auteur partage sa propre expérience et notamment les détails de sa dernière mission avant de devenir un jeune retraité (forcément un stagiaire trop âgé ça attire l’attention) jouissant d’une belle prime de départ. Toutefois ce n’est pas un exemplaire de RH Inc., l’employeur de ses stagiaires-tueurs, qui vous a été remis mais une copie obtenue par le FBI (d’où quelques annotations çà et là). Voilà pour ce qui est de la mise en immersion.
Comme vous pouvez vous en douter (du moins je l’espère) ce fameux guide est à prendre au second degré, l’auteur joue la carte de l’humour, un humour souvent teinté de noir forcément (avec parfois une pointe de cynisme) mais perso j’adore. Sa description de la vie de stagiaire dans une grande entreprise est criante de vérité dans sa totale inhumanité (exagérée ? pas sûr).
Mais rassurez vous l’humour n’empêche nullement l’auteur de vous livrer un thriller qui tient la route. La dernière affaire de Lago sera tout sauf une promenade de santé. Les rebondissements s’enchainent pour notre plus grand plaisir. Nul doute que le final vous surprendra.
En plongeant dans les méandres de l’esprit d’un tueur en série implacable on apprend à aimer un personnage qui aurait pourtant tout pour être détestable ; au fil de la lecture et de l’évolution de l’intrigue il s’humanise et ça ne le rend que plus attachant. Les autres personnages sont survolés, ils servent surtout de décorum au personnage principal.
Pour un premier roman l’auteur réussi un tour de force en parvenant à renouveler un genre qui a pourtant été maintes fois tourné et retourné dans tous les sens. Une fois de plus Sonatine confirme que son catalogue regorge de pépites, même si perso j’aurai conservé une traduction plus ou moins littérale du titre original The Intern’s Handbook (qui pourrait devenir Guide De Survie A L’Usage Des Jeunes Stagiaires, le titre du manuel rédigé par le narrateur).
Cerise sur le gâteau, le cinéphile amateur que je suis s’est régalé des nombreuses références au cinéma et aux séries TV.
[BOUQUINS] Cyril Massarotto – Le Petit Mensonge De Dieu
Après avoir longtemps (et vainement) espéré une sortie numérique j’ai fini par craquer pour le format papier du dernier roman de Cyril Massarotto, Le Petit Mensonge De Dieu, qui fait office de suite à Dieu Est Un Pote A Moi. Une suite qui ne s’imposait peut être pas, mais qui, six ans après le premier opus, avait intérêt à être à la hauteur de son brillant aïeul.
Au moment de sa mort le narrateur est surpris de découvrir que son meilleur ami, Dieu, lui a menti. Il y a bel et bien quelque chose après la mort et surtout il y a encore Dieu. Ce pieux mensonge n’entachera pas longtemps leur solide amitié, du coup Dieu va donc servir de guide à son pote dans le royaume de la mort…
Ceux et celles qui ont lu Dieu Est Un Pote A Moi ne seront pas surpris, on retrouve le même cocktail d’humour (beaucoup) et d’émotions (juste ce qu’il faut) aussi bien dans les dialogues entre nos deux comparses que dans les situations. Pour ma part la recette fonctionne toujours aussi bien même si l’effet de surprise est moindre dans cette suite.
Le personnage de Dieu est toujours aussi jouissif et farceur, franchement avec un Dieu comme ça je me convertis de suite, montre moi où on signe et je te confie mon âme mec. Quant au narrateur (toujours anonyme) on le retrouve avec son caractère de jeune homme, parfois un brin trop impulsif et colérique. Il fallait ce contraste pour que les retrouvailles fassent des étincelles et là encore l’auteur réussit son pari.
L’écriture et le style sont toujours aussi agréable, la lecture est d’une remarquable fluidité. On en revient même à regretter le moment (pourtant inévitable) où l’on doit se séparer du bouquin et abandonner nos deux potes (bin oui à force on se sent liés aux personnages) à leur destin.
Faut-il avoir lu Dieu Est Un Pote A Moi avant d’attaquer ce roman ? Ca ne s’impose pas mais c’est toujours dommage de passer à côté d’un tel concentré d’émotions et puis ça permet de mieux appréhender le lien qui unit le narrateur et Dieu.
Pour ma part j’ai pris ce bouquin sans l’ombre d’une hésitation, je savais que je serai sous le charme et je n’ai pas été déçu par le résultat. Toutefois force est de reconnaitre que si je n’avais pas lu Dieu Est Un Pote A Moi je serai passé à côté de cette suite, la couverture m’incitant plus à prendre mes jambes à mon cou qu’à me pencher sur la question…
Mon principal bémol, qui n’en est pas vraiment un, est de n’avoir pu trouver ce bouquin au format numérique, je ne pense pas que ce soit un choix de l’éditeur (je viens d’acheter le dernier Musso chez XO Editions) mais plutôt une volonté de l’auteur. Sans pour crainte du grand méchant pirate… Ceci ne m’empêchera pas de continuer à explorer l’univers littéraire de Cyril Massarotto.
[BOUQUINS] Jo Nesbo – Police
En général j’ai une idée assez précise des quatre ou cinq prochains bouquins que je vais lire et même de l’ordre de mes futures lectures, mais il arrive que des invités surprises viennent bouleverser mon programme. Deuxième du genre, coup sur coup, et on reste en Scandinavie mais direction la Norvège cette fois. Impossible pour moi de ne pas donner la priorité à la dixième enquête de Harry Hole, Police de Jo Nesbo. Déjà en temps normal un nouveau Harry Hole aurait une place privilégiée mais plus encore celui-là, compte tenu de la fin du précédent, Fantôme.
ALERTE SPOILERS… Si vous n’avez pas lu Fantôme mais comptez le lire n’allez pas plus loin dans la lecture de cette chronique, impossible de vous parler de ce bouquin sans révéler partiellement la fin du précédent opus.
Un ancien policier d’Oslo est sauvagement assassiné sur les lieux d’un crime jamais élucidé le jour anniversaire du crime. Un crime dont la victime avait la charge. La police est sur les dents, l’enquête piétine. Quand un second cadavre de flic est retrouvé dans les mêmes circonstances, le doute n’est plus permis, un tueur en série prend la police pour cible. Et pendant ce temps là le fin limier de la police norvégienne, Harry Hole, est aux abonnés absents. Est-ce le mystérieux patient qui végète entre la vie et la mort sur un lit d’hôpital sous protection policière ?
Je me demandais comment l’auteur allait faire pour faire revenir son flic préféré (et aussi le mien par la même occasion) et soyez assuré que je ne vous révélerai rien. Sachez juste que ça ne choque pas, ça reste en raccord avec la fin de Fantôme. Si vous avez des doutez relisez la fin, quand on quitte Hole son coeur bat encore, faiblement d’accord mais il n’est pas encore mort.
Mais ce retournement de situation appelle d’autres questionnements. Où est Hole ? Dans quel état ? Reprendra-t-il du service ? Les pourris que sont Bellman et Skoyen seront-ils démasqués ? Autant de questions auxquelles je ne répondrais pas d’avantage. Nada, plus un mot sur Harry Hole.
Ah si tiens encore un mot (ou plutôt une phrase). Si Harry Hole a un don évident pour se faire des ennemis hauts placés, il peut aussi compter sur des alliés indéfectibles (Beate Lonn, Bjorn Holm, Katrine Bratt, Gunnar Hagen et Stale Aune) qui ne lâcheront pas l’affaire.
C’est à partir de là que les choses se compliquent, je dois chroniquer un bouquin, et donc forcément aborder son intrigue sans rien révéler, pas même le soupçon d’un indice. Autant dire qu’il va falloir que je cause pour ne rien dire tout en vous donnant envie de lire le roman.
Si ça peut vous rassurer (et éventuellement vous convaincre) Jo Nesbo s’impose comme un grand nom du thriller, et pas seulement du thriller à la sauce nordique. Sans surprise il maîtrise à la perfection son intrigue (voire ses intrigues), attendez vous donc à quelques rebondissements inattendus, le palpitant sera mis à rude épreuve (voir le dernier chapitre dont je ne dirai rien) parfois, avec même des pointes de colère. Plus que jamais il parvient à imposer l’omniprésence de Harry Hole même en son absence. Surtout en son absence devrai-je dire, c’est quand il n’est pas là qu’on ressent le plus sa présence, à moins que ce soit le besoin de sa présence. Hole absent ? Ne tirez de conclusions trop hâtives pour autant… à moins que… bah faites comme vous voulez.
Bon alors, et maintenant ? Baisser de rideau pour Harry Hole ou nouveau départ ? Une fois de plus je me ferai un plaisir de ne rien dire. Sinon que ce bouquin mérite vraiment le détour, Jo Nesbo est au sommet de son art !
Si vous trouvez frustrant de lire une chronique quasiment vide je peux vous assurer que c’est encore plus frustrant de ne pas pouvoir s’attarder longuement sur un bouquin qui est une totale réussite mais je prends sur moi dans l’intérêt des futurs lecteurs.
[BOUQUINS] Negg – Le Souffle De La Liberté
Une chronique un peu spéciale puisque faite à la demande de l’auteur, ce n’est pas une première pour moi mais par contre c’est la première fois que l’auteur m’envoie son roman au format papier. Donc d’avance merci à Negg pour sa confiance, comme d’hab en de pareilles circonstances je tiens à préciser que je rédige cette chronique en totale impartialité. La chose s’appelle Le Souffle De La Liberté et est diffusé par ILV Edition au prix de 9,20€.
J’ai confié la partie la plus pénible à Abra : aller récupérer le bouquin à la poste. Place à la découverte, physiquement la chose est petite (101 x 151 mm) et pas très épaisse ; mais gaffe aux apparences la densité est au rendez-vous : 400 pages écrit en petit. Visuellement la couv’ est sobre (et sombre), l’accroche sympa mais c’est surtout la mention -18 qui attire mon regard. Qu’est ce donc ? Un bouquin à l’érotisme torride ou un thriller horrifique à faire blêmir Stephen King ? L’un comme l’autre ça ne me pose pas de problème particulier, il faut plus que ça pour me choquer…
Deux jeunes, Hilen et Elwynn, en cavale suite à un braquage de banque, envoient bien malgré eux leur voiture dans le décor. Les flics au cul ils prennent la fuite à pied. Ils se réfugient dans une grotte étrange, qui se révélera être une bijouterie victime d’un braquage fatal pour le patron. Ne pensant qu’à leur fuite ils s’engagent dans un couloir qui les propulse dans un autre monde…
La première chose qui frappe, hormis la petite taille de la police de caractère, est le style de l’auteur. A vrai dire j’ai un peu de mal à le définir, il n’est pas désagréable à lire mais malgré tout la lecture n’est pas aussi fluide que l’on le souhaiterait ; cela s’explique sans doute par quelques effets de style pas toujours maîtrisés.
Venons en au genre, en admettant que la chose puisse se cataloguer aisément, ça commence comme un polar classique jusqu’à ce qu’on tombe sur cette fameuse grotte bijouterie avec son macchabée. Là on peut sérieusement commencer à se demander dans quoi on s’engage, puis les protagonistes se retrouvent, un peu par hasard, dans un monde parallèle. Commence pour eux une aventure aussi peu commune que périlleuse…
Revenons un moment sur notre couple. Lui, Hilen, la trentaine, beau mec mais plus de matière première dans les poings que dans la tête. Elle, Elwynn, à peine quatorze ans, BCBG (beau cul, belle gueule) amoureuse de son bad boy. Pas la peine de revenir en arrière vous avez bien lu, 30 et 14 ans. Le gars (l’auteur) s’engage sur un terrain glissant (au vu de la loi Hilen est catalogué comme pédophile) ; essayons de faire fi de ce « détail » (pas simple, on nous le rappelle sans cesse). Voilà sans doute qui justifie l’interdiction aux moins de 18 ans, perso je pense que l’avertissement aurait dû être plus explicite. Et encore vous n’avez rien vu, attendez de croiser l’Intendante…
Quid de ce monde parallèle et de ses habitants ? A vrai dire il serait plus juste de parler de mondes parallèles, au pluriel, en effet chaque porte que le couple franchit ouvre sur un nouveau monde, avec son propre contexte et ses habitants. Certains décors et personnages doivent avoir été imaginés sous l’emprise de quelques substances pas très licites mais ça ne dérange pas plus que ; tant qu’à errer dans l’imaginaire autant jouer le jeu à fond les manettes.
Les cent premières pages sont plutôt déconcertantes mais on finit par se prendre au jeu et ne plus se poser de questions, d’autant qu’au fil des chapitres le bouquin devient plus prenant et l’on a envie de connaître le fin mot de l’histoire. Et sur ce point (la fin) l’auteur réussit à nous surprendre avec un final grandiose.
A ne pas mettre entre toutes les mains (érotisme et violence sont de la partie) mais une découverte pas déplaisante en fin de compte. Par contre il y aurait un gros travail de relecture à faire, il reste de nombreuses fautes d’orthographes justes énormes, dommage parfois ça pique les yeux…
[BOUQUINS] Catharina Ingelman-Sundberg – Comment Braquer une Banque Sans Perdre Son Dentier
Un invité surprise qui, à peine arrivé dans mon Stock à Lire Numérique, s’est retrouvé au sommet, me regardant avec ses yeux de cocker. Franchement comment vouliez vous que je puisse résister à un titre pareil ? Jugez-en par vous même, Comment Braquer Une Banque Sans Perdre Son Dentier ? de Catharina Ingelman-Sundberg (un nom à rallonge qui va bien avec le titre).
Martha, Le Génie, Stina, Le Râteau et Anna-Greta sont cinq septuagénaires pensionnés à la maison de retraite Le Diamant. Afin de lutter contre les conditions drastiques de leur pension ils décident de devenir « les vieillards les plus emmerdants du monde« . De fil en aiguille ils envisagent même de faire un casse, non seulement dans le but de s’enrichir mais aussi pour se retrouver en prison, qui, selon eux, propose de meilleures conditions d’hébergement…
Rien que le titre m’aurait donné envie de craquer, ajoutez à cela une couv’ que je trouve très « parlante » et un pitch plutôt alléchant et voilà comment la chose est arrivée entre mes mains. Maintenant restait à savoir si le contenu serait à la hauteur…
Direction la Suède donc pour suivre notre équipée sauvage en déambulateur. Si un doute subsiste dans certains esprits autant lever le voile de suite : non ce bouquin n’est pas un thriller bourré d’adrénaline. L’auteure joue bel et bien la carte de l’humour (avec tout de même un soupçon de suspense) en nous invitant à suivre le périple improbable de nos papys et mamies qui vont découvrir que devenir un criminel est plus difficile qu’il n’y paraît. Et l’humour est bel et bien au rendez-vous, le bouquin ne vous tirera peut être pas de grands éclats de rire mais vous laisserez certainement échapper quelques sourires au fil des pages.
L’auteure soigne ses personnages, nos petits vieux ont chacun une personnalité bien affirmée, avec des forces mais aussi quelques faiblesses (ils n’ont plus 20 ans) ; ils sont la parfaite illustration de l’adage « l’union fait la force« . Ensemble rien ne peut leur résister, seuls ils redeviennent de frêles vieillards (ou presque).
Je m’attendais à une lecture divertissante et je n’ai pas été déçu, sans être transcendant le bouquin tient ses promesses. Une découverte que je ne regrette pas et qui apporte son lot de bonne humeur.
L’auteure réussi à aborder un sujet épineux (voire douloureux) avec humour et intelligence. J’ignore tout des conditions d’hébergement dans les maisons de retraite en Suède mais je suppose que là-bas, comme un peu partout soit dit en passant, ça ne doit pas être bien folichon. On ne peut pas vraiment dire que bosser 35 ans (et plus si affinités) de sa vie pour finir seul(e) dans un de ces mouroirs soit une perspective des plus engageante. On peut toujours espérer y échapper mais malheureusement le choix ne nous appartient pas toujours…
[BOUQUINS] Un DSK (Doublé Stephen King) au programme
Comme vous le savez sans doute le chroniquage de nouvelles ce n’est pas ma tasse de thé, mais quand la chose est signée Stephen King ça change la donne. Si en plus je tombe sur deux titres disponibles exclusivement en numérique, c’est l’occasion rêvée de vous offrir un tir groupé.
Albin Michel (Mars 2014) – 3.99 €
Une nouvelle livrée en primeur aux fans français et allemands en remerciement de leur fidélité.
Qu’est-ce qui a bien pu pousser George Hallas, comptable jusqu’alors sans histoires, à flinguer devant témoins un gamin ? Condamné à mort, il ne s’est jamais expliqué sur les raisons de son acte. A quelques jours de son exécution il fait appel à son avocat, Leonard Bradley, afin de lui confier sa confession. Une confession qui va au-delà de tout ce que pouvait imaginer l’avocat…
Avec cette courte nouvelle (112 pages) Stephen King confirme qu’il est un exceptionnel conteur. Le sort de George Hallas est prévisible (ce qui ne l’empêche pas d’être l’une des scènes les plus intenses du roman), la « surprise » finale aussi, mais cela ne nuit en rien à notre envie d’en savoir plus sur le cheminement de George Hallas. Un récit relativement classique mais rondement mené.
Si l’univers carcéral n’est pas totalement étranger à Stephen King, je pense notamment à la nouvelle Rita Hayworth Et La Rédemption De Shawshank (extraite du recueil Différentes Saisons) ou encore au roman-feuilleton La Ligne Verte, dans cette nouvelle il ne sert que de toile de fond au récit, l’essentiel se déroule à l’extérieur. Qu’importe, l’auteur décrit ce milieu avec une précision glaciale.
Alors folie ou possession (ou un truc du genre) ? A la lecture de cette nouvelle on est bien entendu tenté de croire en la version de George Hallas, mais mettez-vous à la place de Leonard Bradley, si un tueur d’enfant vous livrait une telle confession, le croiriez-vous sur parole ?
En bonus on le droit à un extrait du prochain roman de Stephen King, Joyland (sortie en mai 2014), un roman publié directement au format poche aux Etats-Unis, mais comme d’hab, les éditeurs français ne ratent pas une occasion de traire les vaches à lait que nous sommes… En attendant l’extrait lu me laisse perplexe, pas assez long pour se faire une idée de la chose, en encore moins pour me faire bavé d’impatience ; mais c’est Stephen King, donc je craquerai. C’est gravé dans le marbre !
Un Visage Dans La Foule (co-écrit avec Stewart O’Nan)
Bragelonne (Mars 2014) – 2.99€
Au tour d’une nouvelle écrite à quatre mains, en collaboration avec Stewart O’Nan, de passer au grill.
Depuis la mort de son épouse Dean Evers n’a plus que la TV et ses matchs de baseball pour compagnie nocturne. Rien à redire jusqu’à ce qu’il se mette à apercevoir, chaque soir, un visage connu dans la foule des spectateurs. Jamais le même, mais tous ont deux points communs : ils sont morts et surtout ils lui renvoient son passé en pleine gueule…
Une histoire courte (44 pages) sur fond de baseball (un peu indigeste pour le profane que je suis) qui gagne en profondeur au fil des pages. A travers un récit plein d’humanité (bien que fortement teinté de fantastique) les auteurs mettent leur personnage face à ses responsabilités et surtout face à ses erreurs passées. Facile de lui jeter la pierre mais qui peut prétendre être blanc comme neige ?
Petit bémol au niveau de la mise en page plutôt minimaliste (quelques sauts de ligne histoire d’aérer le texte auraient été un plus appréciable), dommage, d’autant plus que Bragelonne n’est pas novice en matière de numérique.
Quelques mots purement anecdotiques pour conclure. Stewart O’Nan est un inconditionnel de Stephen King, c’est lui qui lui aurai envie de se lancer dans l’écriture. Non seulement il lui a dédié son roman The Speed Queen (1997) mais en plus le King est un des personnages principaux du récit. En 2004, tous deux fans de baseball, ils co-écrivent un essai (Faithfull) consacré aux Red Sox de Boston. Cette nouvelle est leur première collaboration sur une oeuvre de fiction.
A la base j’avais prévu un triplé du King mais malheureusement la nouvelle inédite A La Dure (incluse dans la version poche du recueil Nuit Noire, Etoiles Mortes), pourtant annoncée en numérique à la même date que le bouquin (le 12 mars) a été repoussée à une date ultérieure. A défaut d’info plus précise quant à l’ultérioté de la chose je me suis contenté d’un duo royal.

