[BOUQUINS] Henri Loevenbruck & Fabrice Mazza – Sérum : Saison 1

H. Loevenbruck & F. Mazza - Sérum S1Ca fait un moment que les six épisodes de la première saison de Sérum, roman-feuilleton/série TV signé Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza, squattent mon Stock à Lire Numérique. Il aura fallu profiter d’une escapade à France Loisirs pour que je m’offre l’intégrale de la saison 1 en en seul volume, et que je me lance dans sa lecture.
Le détective Lola Gallagher enquête sur une tentative de meurtre mais la victime est totalement amnésique suite aux blessures reçues. Lola va alors faire appel aux services du Dr Arthur Draken, un psychologue et hypnothérapeute qui a mis au point un plan de traitement très personnel et non approuvé par la profession, toutefois il garantit à Lola d’obtenir des résultats grâce à son fameux sérum…
Les auteurs ont fait le pari de proposer un feuilleton numérique diffusé au rythme d’un épisode par mois sur une période de six mois par saison (l’ensemble devant compter six saisons). Au niveau de l’écriture le challenge est largement remporté, c’est rythmé à souhait, plein der rebondissements et autres cliffhangers ; on se croirait devant un épisode de 24 Heures Chrono.
L’intrigue se densifie au fil des pages et avec l’apparition de nouveaux personnages, la banale tentative d’assassinat cachant un commplot d’envergure international. On n’en finit pas de se demander quelle est la finalité du fameux complot et surtout qui en est à l’origine. Franchement je ne regrette pas d’avoir attendu l’intégrale de cette première saison avant de m’y plonger, ça évite la frustration liée à l’attente.
Histoire de renforcer la ressemblance avec une série TV les auteurs vous invitent à écouter la bande son du roman (composée par Henri Loevenbruck), il suffit de scanner un flashcode via son smartphone ou sa tablette pour être redirigé vers le morceau concerné. Vous pouvez aussi écouter la bande son et partager d’autres interactivités en vous connectant au site Serum Online. Dommage toutefois d’avoir fait le choix d’un site en flash sachant que ce support n’est plus compatible avec les tablettes Androïd.
Les personnages sont suffisamment soignés pour être crédibles et offrir au lecteur des personnalités diverses. Qu’il s’agisse de Lola, excellente détective quoique un peu tête brûlée ou de Draken, le psy cynique qui n’hésite pas à franchir la ligne blanche pour faire avancer les choses. Les personnages plus secondaires sont nombreux mais tout aussi bien travaillés (je pense notamment à Philip Detroit, le collègue fouineur, et accessoirement amant, de Lola mais aussi à Sam Loomis, un agent du FBI pour le moins atypique). Bref je ne vous ferai pas le tour du casting, il y a un paquet de monde et tous mérite le détour.
Henri Loevenbruck a commencé par la fantasy jeunesse (avec La Moïra et Gallica) avant de se lancer dans le thriller (j’ai été bluffé par L’Apothicaire et la trilogie Arie Mackenzie squatte mon Stock à Lire Numérique depuis un bail). Fabrice Mazza quant à lui est tombé dans la marmite des énigmes quand il était petit, depuis il propose à ses lecteurs de se triturer les méninges pour résoudre des énigmes en tout genre (Le Grand Livre Des Enigmes ou encore Pas De Panique C’Est Logique).
Vous vous demandez peut être si toutes les questions que vous serez amenés à vous poser trouveront leur réponse dans cette première saison ; sur ce point je veux bien lever le voile vu que la réponse s’impose d’elle même : c’est NON (sinon quel intérêt de prévoir cinq saisons de plus ?) ; au contraire vous refermez le bouquin avec encore plus de questions ! Par contre là où le bât blesse c’est que depuis novembre 2012, date de sortie du dernier épisode de la première saison, c’est le silence radio absolu. Ca peut refroidir les futurs lecteurs, moi même si je m’étais penché sur la question avant de me lancer j’aurai sans doute été moins enthousiaste.

[BOUQUINS] Emma Healey – L’Oubli

E. Healey - L'OubliUn titre découvert au hasard d’une visite sur le site des éditions Sonatine (un premier point positif) au menu du jour. L’Oubli, premier roman de l’auteure britannique Emma Healey. La couv’ très sobre a tout de suite capté mon regard, enfin la quatrième de couv’ a fini de me convaincre.
Maud, une octogénaire atteinte de la maladie d’Alzheimer, est obligée de tout noter si elle ne veut pas perdre ses repères. Un de ses petits mots la tracasse, elle a en effet noté que son amie, Elizabeth, a disparu. Personne ne la prend au sérieux quand elle fait part de son inquiétude. C’est seule, avec sa mémoire et ses souvenirs qui se délitent, qu’elle va devoir trouver les réponses à ses questions, et d’autres réponses à des questions oubliées depuis longtemps…
Pour un premier roman la jeune (28 ans) anglaise réussit un véritable tour de force, une expérience de lecture unique en son genre, presque troublante et vraiment poignante. En effet l’auteure écrit son livre à la première personne afin de nous faire vivre son intrigue à travers le regard et l’esprit de Maud. Un esprit mis à mal par la maladie d’Alzheimer. Et c’est justement là que l’auteure brille, sa plume et son style sont plein de justesse et d’une redoutable efficacité. On vit pleinement les émotions et le trouble de Maud au fur et à mesure que son esprit s’enlise.
Plutôt osé de choisir comme personnage principal d’un thriller une octogénaire qui n’est plus en pleine possession de ses moyens. Les phases de lucidité alternent avec les trous noirs. C’est sans doute la fragilité du personnage qui nous le rend si attachant, ça et le talent de l’auteure qui nous plonge dans sa peau et dans sa tête.
Pour ce qui est de l’intrigue on a deux disparitions pour le prix d’une, celle d’Elisabeth, survenue de nos jours, et celle de Sukey, la soeur ainée de Maud, disparue en 1946. De fait on alterne en permanence entre le passé (les souvenirs de Maud semblent épargnés par la maladie) et le présent. Difficile d’imaginer que ces deux événements puissent être liés, mais d’un autre côté l’auteure laisse planer le doute au fil des pages. Avant de répondre à la question. L’autre grande question que l’on se pose concerne Elisabeth ; a-t-elle vraiment disparu ou est-ce que Maud se fait des idées ? Là encore vous aurez la réponse en temps et en heure.
N’attendez pas un thriller où ça canarde à tout va, à plus de 80 piges et avec Alzheimer comme copain de jeu ce n’est pas très prudent de manier le M16 ou le lance-roquettes. Ici on fait dans la subtilité, dans la psychologie ; et dans le genre c’est une totale réussite. Un sujet grave traité efficacement, plein d’émotions sans jamais sombrer dans le mélo, on s’autorise même parfois un sourire sans se vouloir moqueur.
Décidément Sonatine reste un éditeur plein de ressources, j’ai été scotché du début à la fin, certes les brusques montées d’adrénaline n’étaient pas au programme, mais il n’empêche que j’ai pris énormément de plaisir à parcourir ce roman aussi étonnant qu’original.

[BOUQUINS] Maxime Chattam – La Patience Du Diable

M. Chattam - La Patience Du DiableIl est des auteurs pour lesquels je n’hésite pas à bousculer les priorités de mon Stock à Lire Numérique, Maxime Chattam fait partie de ces privilégiés. C’est donc tout naturellement que son dernier opus, La Patience Du Diable, s’est retrouvé en tête de peloton, le temps de boucler la lecture en cours et hop.
Un go-fast intercepté dans lequel la drogue a été remplacée par des fragments de chair humaine soigneusement découpés. Deux ados sans histoire qui font un carnage dans un TGV avant de se donner la mort. Et si un fil reliait ces deux affaires ; et si ce n’était que le début d’une nouvelle déferlante criminelle. Ludivine Vancker, lieutenant à la SR de Paris, et son équipe vont de nouveau se retrouver en première ligne face au Mal…
On retrouve donc le personnage de Ludivine Vancker et quelques autres croisés dans La Conjuration Primitive, sans être à proprement parler une suite, la présente intrigue se déroule 18 mois après l’affaire *e. Si vous n’accrochez pas au personnage il faudra bien vous faire une raison, Maxime Chattam a d’ores et déjà fait savoir que Ludivine serait au centre de plusieurs romans, il n’exclut d’ailleurs pas que sa route puisse de nouveau croiser celle de Joshua Brolin (ça s’est déjà fait à la fin du précédent opus). Pour ma part, ça me fait d’avantage baver d’impatience que fuir la queue entre les pattes…
Une fois de plus l’auteur nous invite à visiter les ténèbres de l’âme humaine, et qui de mieux pour nous guider dans ce dédale obscur que le maître des lieux, Satan ? Mais non rassurez vous Maxime Chattam ne nous offre pas un délire mystico-religieux mettant en scène le Diable (si Dieu a le droit à une majuscule il me semble légitime que son alter ego malfaisant bénéficie du même privilège). Il nous plonge dans le satanisme avec son lot d’illuminés persuadés de servir leur Maître ; sauf que dans le cas présent les illuminés en question sont de dangereux psychopathes. Et si le fameux Maître existait vraiment (je parle là d’une existence physique comme vous et moi, et non d’un concept spirituel) ? Au fil des pages on en vient à se poser la question.
Le fait que Maxime Chattam maîtrise les ficelles du genre n’est pas un scoop. Il le prouve encore une fois avec une intrigue parfaitement maitrisée, rythmée, glauque, macabre (très fort le coup du boucher) et pleine de rebondissements. Une intrigue parsemée de nombreuses morts brutales. Je suis sidéré par l’imagination de l’auteur quand il s’agit d’exécuter ses personnages, simple quidam ou élément clé, nul n’est à l’abri de la plume faucheuse du maître du jeu, pervers à souhait. Bref on est ferré dès les premières pages, tendu comme un string jusqu’au dénouement.
Depuis La Conjuration Primitive le personnage de Ludivine s’est endurci mais aussi renfermé, désormais profileuse (formée par Mikelis), elle est littéralement obsédée par son travail. Malgré tout elle reste un personnage plutôt attachant, sans doute parce que sa cuirasse cache une grande sensibilité et une âme tourmentée. Quoi qu’il en soit j’aurai plaisir à la retrouver aussi longtemps que l’auteur nous le proposera.
Comme souvent dans les séries ayant un même personnage central les romans peuvent se lire indépendamment mais je conseille toutefois de respecter l’ordre de parution afin de conserver intact le plaisir de la découverte (certains épisodes de La Conjuration Primitive sont remis sur le tapis). Pas vraiment une suite mais ce roman s’inscrit bel et bien dans la continuité du précédent, Maxime Chattam poursuit son décryptage du Mal, un Mal amplifié par l’effet de masse et plus accessible dans le monde d’aujourd’hui.

[BOUQUINS] Terry Hayes – Je Suis Pilgrim

T. Hayes - Je Suis PilgrimL’accueil unanimement enthousiaste reçu par ce bouquin a suffi à titiller ma curiosité, il était grand temps que je plonge mon nez dans c’te chose et m’en fasse ma propre idée. Ah oui, j’allais oublier, la chose en question s’appelle Je Suis Pilgrim et est signée Terry Hayes.
Pilgrim est le nom de code d’un ancien responsable de La Division, une agence de renseignement ultra secrète, aujourd’hui jeune retraité. Expert en criminologie et en médecine légale, il a écrit un ouvrage de référence sur le sujet. Appelé sur une scène de crime il ne tarde pas à apprendre que l’assassin, une femme, s’est inspirée de son livre pour commettre le crime parfait. Commence alors une traque dont il ne soupçonne ni l’ampleur, ni les enjeux…
Pas de mise en bouche, on entre directement dans le vif du sujet, à savoir une scène de crime particulièrement sordide. On peut alors légitimement s’attendre à une chasse à l’homme (ou plutôt à la femme) et tout ce qui va avec, que nenni ! Trop classique ! Au lieu de ça le narrateur, Pilgrim himself, nous fait partager ses souvenirs, ses missions au sein de La Division, et en freelance. Je suppose que vous vous demandez si Terry Hayes n’aurait pas fumé la moquette. Que nenni de nouveau ! Le gars sait exactement ce qu’il fait et nous mène là où il veut par le bout du nez. Non seulement les souvenirs de Pilgrim sont passionnants (et peuplés de grandes figures du terrorisme contemporain, tels que les sympathiques Mollah Omar et Ben Laden) mais en plus ils sont plus ou moins liés à cette fameuse scène de crime et au reste. Comment ? Et puis quoi encore ? Rien de rien, je ne dirai rien. Si ce n’est que l’auteur sait y faire pour rendre son bouquin hautement addictif !
Au niveau des personnages on suit un parallèle un tantinet manichéen entre la progression de Pilgrim (incarnation du Bien) et celle du Sarrasin (son alter égo du côté obscur). Deux hommes déterminés à arriver à leurs fins, on se doute que la rencontre sera explosive…
Plus les pages défilent et plus la chasse à l’homme se transforme en course contre la montre, tandis que le scénario apocalyptique imaginé par le Sarrasin se met en branle. Et nous brave lecteur égaré on pourrait presque sentir la tension devenir palpable, nos nerfs seront mis à rude épreuve ! Un pur régal !
Le bouquin est relativement épais (600 pages bien remplies) mais le découpage en chapitres courts et percutants (en plus d’une intrigue sans temps mort) permet une lecture fluide. Le page turner par excellence, on a toujours envie d’en savoir plus et on ne lâche le bouquin qu’à regrets (si je l’avais lu pendant mes congés je suis certain que j’en serai venu à bout en deux jours).
Terry Hayes,anglo-australien (il a la double nationalité), signe là un premier roman parfaitement maîtrisé. Il faut dire que notre homme sait manier la plume puisqu’il est aussi scénariste (et accessoirement producteur) pour le cinéma (on lui doit notamment les scénarios de Mad Max 2, Calme Blanc, Payback et From Hell pour ne citer que les blockbusters) et pour la télévision. C’est difficile à expliquer mais son roman se lit comme on pourrait voir un thriller au cinéma, pas de chichis ou de baratin inutiles, un style trés visuel pour happer directement le spectateur/lecteur. Ca peut plaire ou déplaire, pour ma part je vote pour un sans faute (hormis quelques fautes de la part du traducteur qui semble avoir certaines lacunes orthographiques et grammaticales).
Je ne suis pas un adepte des classements, mais incontestablement Je Suis Pilgrim restera pour moi un must de cette année littéraire 2014.

– Edit du 6 juin 2014 –
Après un échange aussi courtois qu’intéressant avec Sophie Bastide-Foltz, la traductrice du bouquin, je tiens à faire deux choses :
– Remercier les traducteurs et traductrices, c’est grâce à leur travail et à leur passion que l’on peut s’évader aussi souvent dans les pages d’un livre
– Renvoyer la faute sur les relecteurs et correcteurs, c’est leur boulot de corriger les éventuelles coquilles.
J’espère avoir bientôt l’occasion de laisser une professionnelle vous parler de son métier.

[BOUQUINS] Bernard Minier – Glacé

B. Minier - GlacéIl aura fallu un Book Club pour que je me lance enfin dans un roman de Bernard Minier, ses trois titres tournant autour du personnage de Martin Servaz autant commencer par le début. Place donc à ma chronique de Glacé.
Le commandant Martin Servaz de la SRPJ de Toulouse est appelé sur une scène de crime peu ordinaire. En effet la « victime » est un jeune pur-sang appartenant à un influent homme d’affaire de la région. Le cheval a été décapité, sa carcasse dépecée exhibée, à 2000 mètres d’altitude, sur le portique du téléphérique d’une centrale hydroélectrique appartenant au propriétaire…
Avant d’aller plus loin je tiens à préciser que ma présentation n’aborde qu’un aspect de l’intrigue. En parallèle à l’enquête de Servaz, on suit l’arrivée de Diane Berg, nouvellement embauchée comme psychologue au centre psychiatrique pénitentiaire du Dr Wargnier, un établissement proche de la scène de crime. Du coup forcément on peut supposer que tôt ou tard ces deux intrigues vont se télescoper.
Je vous rassure l’intrigue ne va pas tourner uniquement autour d’un canasson mort, l’auteur s’en sert comme d’une mise en bouche annonciatrice d’une affaire bien plus complexe que l’on pourrait le supposer. Bernard Minier sait y faire pour nous tenir en haleine, son arme n’est pas l’action mais plutôt l’ambiance et la tension psychologique. Il mène sa barque à son rythme, brouille parfois les pistes et ménage les imprévus.
L’autre force de l’auteur réside dans ses personnages, à commencer par Martin Servaz. La quarantaine, un brin hypocondriaque, empâté, maladroit et très mauvais tireur ; ce n’est pas vraiment un clone de l’inspecteur Harry, du coup on s’identifie plus facilement à lui et ses faiblesses nous le rendent encore plus sympathique. Le personnage le plus intrigant et le plus difficile à cerner est incontestablement Julian Hirtmann.
Le cadre, les Pyrénées au coeur de l’hiver, neige et brume, blanc et glacé, joue aussi beaucoup dans l’ambiance que l’auteur nous impose.
Ce qui m’a le plus frappé dans ce bouquin est le portrait sans concession, et visiblement bien documenté, de la prise en charge psychiatrique en France. Ca fait froid dans le dos.
Pour un premier roman l’auteur réussi un coup de maître, j’aurai beaucoup de plaisir à retrouver ses personnages dans les romans suivants, surtout s’ils sont du même gabarit que celui ci.
Petit bémol qui n’est peut être pas du fait de l’auteur, l’usage abusif des tirets demi-cadratins, notamment dans les dialogues, alors que de simples virgules auraient été plus adaptées d’un point de vue typographique. Idem avec une multiplication pas forcément souhaitable des mots en majuscules, là encore c’est surtout dans les dialogues que le bât blesse.

[BOUQUINS] Mallock – Les Visages De Dieu

Mallock - Les Visages De DieuJe ferai mon deuil d’une intégrale Mallock dans ma bibliothèque numérique, mais pas question par contre de faire l’impasse sur les débuts littéraires des Mallock. J’ai donc commandé cette réédition chez Pocket de la première enquête littéraire de celui qui est en passe de devenir mon commissaire préféré, Les Visages De Dieu et je n’ai pu résister à l’envie de me plonger dans sa lecture à peine la chose réceptionnée.
Un tueur en série particulièrement barbare sévit dans Paris, l’enquête piétine tandis que les crimes s’enchaînent. Le dossier est confié au commissaire Mallock et à son équipe. Ils vont tout reprendre à zéro afin de mettre fin aux agissement du tueur, mais celui-ci a l’art de brouiller les pistes…
Je m’attendais à découvrir le premier coup d’éclat du grand Mallock mais en fait au début du roman il est déjà quasiment une légende du 36. Une légende déjà blessée par ses drames personnels. Bref on retrouve l’ours Mallock tel qu’on le connait déjà. Ma foi ce n’est pas pour me déplaire, c’est une valeur sure !
Du coup si on retrouve notre Mallock tel qu’on l’a quitté (ou presque), rien d’étonnant  ce que les habitués soient aussi de la partie, qu’il s’agisse de son équipe du Fort (impliquée dès le départ dans l’affaire du Maquilleur) ou de ses amis, Mordome, le légiste, Léon, le libraire et bien entendu Margot, sa dame de coeur.
Sans surprise on retrouve aussi la plume affutée et fleurie de Mallock, l’auteur. C’est toujours un régal de le lire, d’autant que, une fois de plus, il nous offre une intrigue pas piquée des hannetons avec un tueur en série particulièrement retors. Et cette fois pas de coupable désigné, au contraire l’objectif premier de la Mallock Team est d’identifier leur adversaire.
Une fois de plus Mallock  nous offre un thriller haut de gamme, peut être pas aussi immersif que les deux derniers mais ça reste du lourd. Je ne epux pas vraiment expliquer ce ressenti alors je dirai simplement que notre ami Mallock est comme un grand cru classé, il se bonifie avec le temps.
Pour l’anecdote cette édition, parue chez Pocket en février 2014, est la troisième édition du roman, une version finale remaniée et complétée (plus du double de page par rapport à la première édition parue en 1999). Initialement il s’agissait de la seconde Chronique Barbare de Mallock mais visiblement l’auteur a décidé de modifier le cours des choses à l’occasion de cette réédition. La première Chronique Barbare, Le Massacre Des Innocents, se retrouvera donc chronologiquement décalée en seconde position (sortie prévue chez Pocket en octobre 2014 ; j’y serai !). Compliqué n’est-il point ? J’ai totale confiance en l’auteur pour que ce remaniement (non ministériel) passe comme une lettre à la poste (dans le cas contraire je ne manquerai pas de râler).
Dites m’sieur Mallock, est-ce-qu’un jour vous nous ferez partager les permiers pas de Mallock au 36 ? Ou au moins la ou les affaires qui lui ont permis d’atteindre la norotiété qu’on lui connait ? Notamment cette fameuse affaire du NAP qui a expédié notre ours préféré de l’autre côté de l’Atlantique…

[BOUQUINS] Sebastian Fitzek – Le Chasseur De Regards

S. Fitzek - Le Chasseur De RegardsEt hop encore un titre qui vient bouleverser mon programme de lecture, il faut bien avouer que j’étais resté sur une grande question sans réponse concernant la suite éventuelle du Voleur De Regards. Du coup quand j’ai vu Le Chasseur De Regards de Sebastian Fitzek j’ai d’abord cru à une erreur sur le titre, mais que nenni c’est bien la fameuse suite…
[ALERTE SPOILERS… Ne pas lire ce qui suit si vous comptez lire Le Voleur De Regards] Alexander Zorbach est contraint de jouer au sinistre contre la montre imposé par Le Voleur de Regards s’il veut sauver la vie de son fils. De son côté Alina Gregoriev est contacté par le commissaire Stoya afin de l’aider à prouver que le Docteur Suker est un dangereux psychopathe… [FIN D’ALERTE SPOILERS]
Encore une chronique qui va s’accoucher dans la douleur, je dois en dire le moins possible tout en restituant au mieux mon ressenti. Le coup de WAOW ! c’est déjà fait, va falloir faire preuve d’inventivité…
Le moins que l’on puisse dire c’est que l’auteur commence très fort, dès les premiers chapitres on se prend un monumental direct dans la gueule. Surpriiise ! Et la suite ne faiblit pas d’un iota jusqu’au chapitre 17 qui nous balance un bel uppercut juste sous le menton. KOOO ! Et dire qu’on est à moins d’un tiers du bouquin, pas sûr que les nerfs et le palpitant tiennent le coup à ce rythme là. A partir de là il vaut mieux passer en mode punchingball, on encaisse les rebondissements multiples d’une intrigue qui file à tombeau ouvert sans nous laisser le moindre répit pour reprendre nos  esprits entre deux rebondissements.
Vous l’aurez compris au niveau de(s) l’intrigue(s) c’est un sans faute, machiavélique à souhait. Côté personnage on retrouve Alexander et Alina mais aussi Stoya et Scholle (toujours aussi con), les deux flics de service. Toujours l’omniprésence du Voleur de Regards sauf que cette fois il est physiquement présent. Et un autre pervers tout aussi sadique. Quel lien entre les deux affaires ? Vous le saurez en lisant ce bouquin (mais il faudra être patient avant de découvrir le fin mot de l’histoire).
Le mot de la fin : noir c’est noir… mais putain que c’est bon !
En préambule au récit Sebastian Fitzek indique que ce roman peut se lire indépendamment du Voleur De Regards mais que ce serait dommage ; je ne peux que vous recommander de les prendre dans l’ordre histoire d’avoir toutes les cartes en main. Dans ce même Avertissement l’auteur indique que Le Chasseur De Regards est le second opus d’une saga qui comptera plusieurs tomes mais que lui même ne sait pas combien de volumes composeront ladite saga. Pour ma part s’ils sont tous de cet acabit j’en redemande encore et encore !
Dans ma chronique consacrée au Voleur De Regards j’indiquais que l’auteur n’avait rien écrit depuis 2010, j’ai simplement été victime d’une page Wikipedia pas à jour. Il tient le rythme d’un roman par an, le dernier datant de 2013 ; les trois titres non encore disponibles en français ne semblent pas faire partie de cette saga (d’après les quatrième de couv’ en allemand donc à prendre avec des pincettes vu que je ne parle un traitre mot de cette langue).

[BOUQUINS] Jeff Abbott – Last Minute

J. Abbott - Last MinuteChose promise, chose due : Sam Capra is back ! Pas question en effet de différer la lecture de Last Minute de Jeff Abbott, je veux (et j’espère les avoir) les réponses aux nombreuses questions restées sans réponse à la fin d’Adrénaline.
[ALERTE SPOILERS N°1… Ne lisez pas les lignes qui suivent si vous n’avez pas lu et comptez lire Adrénaline] Sous couvert de la Table Ronde, Sam Capra est désormais gérant d’un bar à cocktail. Avec les moyens mis à sa disposition par son nouvel employeur, il continue de chercher son fils en échange de quelques opérations contre l’organisation criminelle des Neuf Soleils. Quand il apprend que la tête de Mila est mise à prix, il décide de lui venir en aide, mais difficile d’aider quelqu’un qui refuse votre aide… [FIN D’ALERTE SPOILERS N°1]
Dans Adrénaline nous avions le droit à une intrigue unique déjà bien ficelée, histoire de corser la chose Jeff Abbott nous propose de suivre trois intrigues. D’une part la quête de Sam (toujours écrite à la première personne), de l’autre le périple d’un jeune hacker qui cherche à sauver sa peau, et enfin le cas de Mila. Les deux premières ne tarderont pas à se télescoper comme on pouvait s’y attendre. Quant à la troisième, elle est aussi indépendante et discrète que son personnage central et vient s’incruster çà et là.
Ce qui m’amène tout naturellement à parler des personnages (oui je sais c’est plat comme transition). On retrouve bien entendu les deux principaux personnages principaux déjà croisés dans Adrénaline, à savoir Sam (toujours aussi indestructible) et Mila (il faudra se montrer patient mais on finit par en apprendre un peu plus sur elle et c’est du lourd) mais aussi quelques personnages secondaires (dont August, l’ami et ancien collègue de Sam et un autre plus inattendu dont je tairai le nom). Au rayon des nouveaux venus on trouve Léonie qui assistera, contrainte et forcée, Sam dans la mission que lui a confié Anna Tremaine. Tient donc mais qui est Anna Tremaine ? Disons qu’elle est du côté obscur de la Force.
On retrouve une intrigue rondement menée, découpés en chapitres courts mais percutants. Un rythme imposé sans temps morts ni fioritures. Ce second opus est tout aussi prenant que son ainé, la fin mettra votre palpitant et vos nerfs à rude épreuve. J’adooore (non désolé je ne kiffe pas, j’ai passé l’âge) !
Bon alors qu’en est-il du fils de Sam,des Neufs Soleils et de Mila ? Faudra-t-il lire le troisième opus (ou plus si affinité) pour avoir le fin mot de l’histoire ? Je serai muet comme une tombe de carpe sur ces questions, et sur tout le reste d’ailleurs… Une chose est certaine je lirai avec plaisir le troisième volet des aventures de Sam Capra et, si les jongleries avec mon Stock à Lire Numérique le permettent, il n’est pas impossible que je me plonge dans ses autres bouquins.
[ALERTE SPOILERS N°2… Bis repetita] A la lecture de la quatrième de couv’ des Editions J’Ai Lu on est en droit de se demander si le gars a vraiment lu le bouquin, trois erreurs en seulement quelques lignes c’est fort quand même. D’une part l’intrigue ne démarre pas quand le fils de Sam se fait enlever puisqu’il est toujours à sa recherche au moment du deal proposé par Tremaine. D’autre part le gamin n’est pas détenu par le cartel des Cinq Soleils mais par les Neufs Soleils, organisation criminelle certes mais jamais désignée comme un cartel. Enfin Sam doit éliminer une seule et unique cible un étudiant hacker et non un étudiant et un hacker. [FIN D’ALERTE SPOILERS N°2]

[BOUQUINS] Jeff Abbott – Adrénaline

J. Abbott - AdrénalinePar curiosité (ça fait déjà quelques temps que cet auteur me fait de l’oeil) je me suis offert le dernier Jeff Abbott, Last Minute et là, Ô rage, Ô désespoir, je découvre que c’est le second volet d’une série consacrée au personnage de Sam Capra. Coup de bol j’ai justement le premier opus qui traîne depuis un bail dans mon Stock à Lire Numérique, commençons par le début donc avec Adrénaline de Jeff Abbott.
Sam Capra travaille pour le bureau londonien de la CIA. Un matin sa femme, enceinte leur premier enfant, l’appelle et l’implore de quitter le bureau immédiatement. A peine est-il arrivé dans la rue qu’une explosion détruit les locaux de l’Agence et Lucy est enlevée sous ses yeux. Unique survivant de l’explosion, il fait office de coupable idéal pour la CIA. Sam Capra va devoir se battre pour rétablir la vérité, mais aussi et surtout pour sa femme et son enfant…
Et bin voilà, veni, vidi, vici comme dirait le grand Julot. Un auteur de plus à suivre de près. Jeff Abbott nous propose une intrigue qui oscille entre le romand d’espionnage et le thriller plus classique mais qui tient globalement la route. Un titre largement mérité tant le rythme est soutenu de la première à la dernière page avec des rebondissements à la pelle.
Les personnages sont bien travaillés même si parfois Sam Capra fait un peu penser à l’archétype du héros 100% américain WASP, un dur à cuire limite indestructible. Ce n’est pas le premier et certainement pas le dernier, ça doit rassurer le lecteur américain de savoir qu’ils sont toujours les plus forts… Pour ma part j’avoue avoir plutôt eu un faible pour le personnage de Mila, une nana déterminée, implacable et pleine de mystères ; nul doute qu’on devrait la retrouver dans le(s) prochain(s) volet(s) de la saga Sam Capra.
Et oui on peut bel et bien parler de saga puisqu’à ce jour l’auteur a déjà consacré trois romans et une nouvelle à son héros. En France les Editions J’ai Lu proposent les deux premiers roman, on devrait avoir le droit à la série complète il faut juste se montrer patient.
Et justement c’est là que le bât blesse, la fin de ce premier opus laisse planer un paquet de questions du coup on referme le bouquin un tantinet frustré. Pas le choix pour la suite de mon programme littéraire, j’attaque directement avec Last Minute

[BOUQUINS] Guillaume Musso – Central Park

G. Musso - Central ParkJ’ai pris mon temps pour me familiariser avec l’univers littéraire de Guillaume Musso mais depuis que j’ai lu 7 Ans Après je suis tombé sous le charme, pas encore eu le temps de découvrir ses précédents titres mais je ne rate aucun de ses bouquins. C’est donc tout naturellement que son dernier opus, Central Park, a intégré mon Stock à Lire Numérique dès sa sortie (sans même prendre connaissance du pitch).
Alice et Gabriel ne se connaissent pas et pourtant ils émergent sur un banc au coeur de Central Park, menottés ensembles et incapables d’expliquer leur présence à Manhattan. La veille au soir elle faisait la fête avec des copines sur les Champs Elysées, lui jouait du jazz dans un pub de Dublin. Ensemble ils vont essayer de comprendre le pourquoi du comment de cette situation…
Si je devais vous faire part de mon ressenti en un mot (oui rien qu’un… mission impossible pour les pipelettes) je dirai simplement WAOW ! (en majuscules et avec le point d’exclamation siou-plê). Ouais je sais que c’est vachement parlant comme mot… Rassurez vous ce ne sera pas le mot de la fin, les mots qui suivent vont me permettre d’étayer quelque peu mon WAOW !
Avec ce roman Guillaume Musso signe un véritable petit bijou du thriller. Certes ce n’est pas aussi stressant que du Chattam ou du Grangé mais je vous garanti que ça mérite le détour. L’intrigue est originale, soignée (bichonnée même), rythmée (l’essentiel de l’histoire se déroule sur 24 heures) riche en rebondissements et surprises en tout genre (j’ai été baladé de la première à la dernière page). L’auteur vous plonge dans son histoire dès les premières lignes et je vous promets que vous ne pourrez pas lâcher le bouquin avant la fin. Lu sur deux jours mais sans le taf je l’aurai avalé en une journée.
La recette maintes fois éprouvée du duo improbable fonctionne une fois de plus. Le personnage de Gabriel est de loin le plus attachant des deux, Alice est du genre tête à claques, son passé douloureux (expliqué par quelques flashbacks glissés dans l’intrigue) ne suffit pas à justifier son comportement autoritaire et quasiment déshumanisé.
Je ne perdrais pas mon temps, ni le votre, à dire que c’est bien écrit, l’auteur n’a plus à faire ses preuves quoi que puissent en penser ses détracteurs. J’avais trouvé Demain mieux ficelé que 7 Ans Après, avec Central Park il monte encore d’un cran (voire de dix crans d’un coup) et toujours en innovant. Le cru Musso 2014 est digne d’un véritable grand cru AOC, du coup j’ai hâte de découvrir la cuvée 2015.
Donc voilà le pourquoi du comment de mon WAOW ! initial, sur le cul qu’il m’a laissé l’ami Guillaume. Bluffé, sonné, j’en passe et des meilleures… Un sans faute qui tient parfaitement la route qui plus est.