[BOUQUINS] Sebastian Fitzek – Le Chasseur De Regards

S. Fitzek - Le Chasseur De RegardsEt hop encore un titre qui vient bouleverser mon programme de lecture, il faut bien avouer que j’étais resté sur une grande question sans réponse concernant la suite éventuelle du Voleur De Regards. Du coup quand j’ai vu Le Chasseur De Regards de Sebastian Fitzek j’ai d’abord cru à une erreur sur le titre, mais que nenni c’est bien la fameuse suite…
[ALERTE SPOILERS… Ne pas lire ce qui suit si vous comptez lire Le Voleur De Regards] Alexander Zorbach est contraint de jouer au sinistre contre la montre imposé par Le Voleur de Regards s’il veut sauver la vie de son fils. De son côté Alina Gregoriev est contacté par le commissaire Stoya afin de l’aider à prouver que le Docteur Suker est un dangereux psychopathe… [FIN D’ALERTE SPOILERS]
Encore une chronique qui va s’accoucher dans la douleur, je dois en dire le moins possible tout en restituant au mieux mon ressenti. Le coup de WAOW ! c’est déjà fait, va falloir faire preuve d’inventivité…
Le moins que l’on puisse dire c’est que l’auteur commence très fort, dès les premiers chapitres on se prend un monumental direct dans la gueule. Surpriiise ! Et la suite ne faiblit pas d’un iota jusqu’au chapitre 17 qui nous balance un bel uppercut juste sous le menton. KOOO ! Et dire qu’on est à moins d’un tiers du bouquin, pas sûr que les nerfs et le palpitant tiennent le coup à ce rythme là. A partir de là il vaut mieux passer en mode punchingball, on encaisse les rebondissements multiples d’une intrigue qui file à tombeau ouvert sans nous laisser le moindre répit pour reprendre nos  esprits entre deux rebondissements.
Vous l’aurez compris au niveau de(s) l’intrigue(s) c’est un sans faute, machiavélique à souhait. Côté personnage on retrouve Alexander et Alina mais aussi Stoya et Scholle (toujours aussi con), les deux flics de service. Toujours l’omniprésence du Voleur de Regards sauf que cette fois il est physiquement présent. Et un autre pervers tout aussi sadique. Quel lien entre les deux affaires ? Vous le saurez en lisant ce bouquin (mais il faudra être patient avant de découvrir le fin mot de l’histoire).
Le mot de la fin : noir c’est noir… mais putain que c’est bon !
En préambule au récit Sebastian Fitzek indique que ce roman peut se lire indépendamment du Voleur De Regards mais que ce serait dommage ; je ne peux que vous recommander de les prendre dans l’ordre histoire d’avoir toutes les cartes en main. Dans ce même Avertissement l’auteur indique que Le Chasseur De Regards est le second opus d’une saga qui comptera plusieurs tomes mais que lui même ne sait pas combien de volumes composeront ladite saga. Pour ma part s’ils sont tous de cet acabit j’en redemande encore et encore !
Dans ma chronique consacrée au Voleur De Regards j’indiquais que l’auteur n’avait rien écrit depuis 2010, j’ai simplement été victime d’une page Wikipedia pas à jour. Il tient le rythme d’un roman par an, le dernier datant de 2013 ; les trois titres non encore disponibles en français ne semblent pas faire partie de cette saga (d’après les quatrième de couv’ en allemand donc à prendre avec des pincettes vu que je ne parle un traitre mot de cette langue).

[BOUQUINS] Jeff Abbott – Last Minute

J. Abbott - Last MinuteChose promise, chose due : Sam Capra is back ! Pas question en effet de différer la lecture de Last Minute de Jeff Abbott, je veux (et j’espère les avoir) les réponses aux nombreuses questions restées sans réponse à la fin d’Adrénaline.
[ALERTE SPOILERS N°1… Ne lisez pas les lignes qui suivent si vous n’avez pas lu et comptez lire Adrénaline] Sous couvert de la Table Ronde, Sam Capra est désormais gérant d’un bar à cocktail. Avec les moyens mis à sa disposition par son nouvel employeur, il continue de chercher son fils en échange de quelques opérations contre l’organisation criminelle des Neuf Soleils. Quand il apprend que la tête de Mila est mise à prix, il décide de lui venir en aide, mais difficile d’aider quelqu’un qui refuse votre aide… [FIN D’ALERTE SPOILERS N°1]
Dans Adrénaline nous avions le droit à une intrigue unique déjà bien ficelée, histoire de corser la chose Jeff Abbott nous propose de suivre trois intrigues. D’une part la quête de Sam (toujours écrite à la première personne), de l’autre le périple d’un jeune hacker qui cherche à sauver sa peau, et enfin le cas de Mila. Les deux premières ne tarderont pas à se télescoper comme on pouvait s’y attendre. Quant à la troisième, elle est aussi indépendante et discrète que son personnage central et vient s’incruster çà et là.
Ce qui m’amène tout naturellement à parler des personnages (oui je sais c’est plat comme transition). On retrouve bien entendu les deux principaux personnages principaux déjà croisés dans Adrénaline, à savoir Sam (toujours aussi indestructible) et Mila (il faudra se montrer patient mais on finit par en apprendre un peu plus sur elle et c’est du lourd) mais aussi quelques personnages secondaires (dont August, l’ami et ancien collègue de Sam et un autre plus inattendu dont je tairai le nom). Au rayon des nouveaux venus on trouve Léonie qui assistera, contrainte et forcée, Sam dans la mission que lui a confié Anna Tremaine. Tient donc mais qui est Anna Tremaine ? Disons qu’elle est du côté obscur de la Force.
On retrouve une intrigue rondement menée, découpés en chapitres courts mais percutants. Un rythme imposé sans temps morts ni fioritures. Ce second opus est tout aussi prenant que son ainé, la fin mettra votre palpitant et vos nerfs à rude épreuve. J’adooore (non désolé je ne kiffe pas, j’ai passé l’âge) !
Bon alors qu’en est-il du fils de Sam,des Neufs Soleils et de Mila ? Faudra-t-il lire le troisième opus (ou plus si affinité) pour avoir le fin mot de l’histoire ? Je serai muet comme une tombe de carpe sur ces questions, et sur tout le reste d’ailleurs… Une chose est certaine je lirai avec plaisir le troisième volet des aventures de Sam Capra et, si les jongleries avec mon Stock à Lire Numérique le permettent, il n’est pas impossible que je me plonge dans ses autres bouquins.
[ALERTE SPOILERS N°2… Bis repetita] A la lecture de la quatrième de couv’ des Editions J’Ai Lu on est en droit de se demander si le gars a vraiment lu le bouquin, trois erreurs en seulement quelques lignes c’est fort quand même. D’une part l’intrigue ne démarre pas quand le fils de Sam se fait enlever puisqu’il est toujours à sa recherche au moment du deal proposé par Tremaine. D’autre part le gamin n’est pas détenu par le cartel des Cinq Soleils mais par les Neufs Soleils, organisation criminelle certes mais jamais désignée comme un cartel. Enfin Sam doit éliminer une seule et unique cible un étudiant hacker et non un étudiant et un hacker. [FIN D’ALERTE SPOILERS N°2]

[BOUQUINS] Jeff Abbott – Adrénaline

J. Abbott - AdrénalinePar curiosité (ça fait déjà quelques temps que cet auteur me fait de l’oeil) je me suis offert le dernier Jeff Abbott, Last Minute et là, Ô rage, Ô désespoir, je découvre que c’est le second volet d’une série consacrée au personnage de Sam Capra. Coup de bol j’ai justement le premier opus qui traîne depuis un bail dans mon Stock à Lire Numérique, commençons par le début donc avec Adrénaline de Jeff Abbott.
Sam Capra travaille pour le bureau londonien de la CIA. Un matin sa femme, enceinte leur premier enfant, l’appelle et l’implore de quitter le bureau immédiatement. A peine est-il arrivé dans la rue qu’une explosion détruit les locaux de l’Agence et Lucy est enlevée sous ses yeux. Unique survivant de l’explosion, il fait office de coupable idéal pour la CIA. Sam Capra va devoir se battre pour rétablir la vérité, mais aussi et surtout pour sa femme et son enfant…
Et bin voilà, veni, vidi, vici comme dirait le grand Julot. Un auteur de plus à suivre de près. Jeff Abbott nous propose une intrigue qui oscille entre le romand d’espionnage et le thriller plus classique mais qui tient globalement la route. Un titre largement mérité tant le rythme est soutenu de la première à la dernière page avec des rebondissements à la pelle.
Les personnages sont bien travaillés même si parfois Sam Capra fait un peu penser à l’archétype du héros 100% américain WASP, un dur à cuire limite indestructible. Ce n’est pas le premier et certainement pas le dernier, ça doit rassurer le lecteur américain de savoir qu’ils sont toujours les plus forts… Pour ma part j’avoue avoir plutôt eu un faible pour le personnage de Mila, une nana déterminée, implacable et pleine de mystères ; nul doute qu’on devrait la retrouver dans le(s) prochain(s) volet(s) de la saga Sam Capra.
Et oui on peut bel et bien parler de saga puisqu’à ce jour l’auteur a déjà consacré trois romans et une nouvelle à son héros. En France les Editions J’ai Lu proposent les deux premiers roman, on devrait avoir le droit à la série complète il faut juste se montrer patient.
Et justement c’est là que le bât blesse, la fin de ce premier opus laisse planer un paquet de questions du coup on referme le bouquin un tantinet frustré. Pas le choix pour la suite de mon programme littéraire, j’attaque directement avec Last Minute…

[BOUQUINS] Guillaume Musso – Central Park

G. Musso - Central ParkJ’ai pris mon temps pour me familiariser avec l’univers littéraire de Guillaume Musso mais depuis que j’ai lu 7 Ans Après je suis tombé sous le charme, pas encore eu le temps de découvrir ses précédents titres mais je ne rate aucun de ses bouquins. C’est donc tout naturellement que son dernier opus, Central Park, a intégré mon Stock à Lire Numérique dès sa sortie (sans même prendre connaissance du pitch).
Alice et Gabriel ne se connaissent pas et pourtant ils émergent sur un banc au coeur de Central Park, menottés ensembles et incapables d’expliquer leur présence à Manhattan. La veille au soir elle faisait la fête avec des copines sur les Champs Elysées, lui jouait du jazz dans un pub de Dublin. Ensemble ils vont essayer de comprendre le pourquoi du comment de cette situation…
Si je devais vous faire part de mon ressenti en un mot (oui rien qu’un… mission impossible pour les pipelettes) je dirai simplement WAOW ! (en majuscules et avec le point d’exclamation siou-plê). Ouais je sais que c’est vachement parlant comme mot… Rassurez vous ce ne sera pas le mot de la fin, les mots qui suivent vont me permettre d’étayer quelque peu mon WAOW !
Avec ce roman Guillaume Musso signe un véritable petit bijou du thriller. Certes ce n’est pas aussi stressant que du Chattam ou du Grangé mais je vous garanti que ça mérite le détour. L’intrigue est originale, soignée (bichonnée même), rythmée (l’essentiel de l’histoire se déroule sur 24 heures) riche en rebondissements et surprises en tout genre (j’ai été baladé de la première à la dernière page). L’auteur vous plonge dans son histoire dès les premières lignes et je vous promets que vous ne pourrez pas lâcher le bouquin avant la fin. Lu sur deux jours mais sans le taf je l’aurai avalé en une journée.
La recette maintes fois éprouvée du duo improbable fonctionne une fois de plus. Le personnage de Gabriel est de loin le plus attachant des deux, Alice est du genre tête à claques, son passé douloureux (expliqué par quelques flashbacks glissés dans l’intrigue) ne suffit pas à justifier son comportement autoritaire et quasiment déshumanisé.
Je ne perdrais pas mon temps, ni le votre, à dire que c’est bien écrit, l’auteur n’a plus à faire ses preuves quoi que puissent en penser ses détracteurs. J’avais trouvé Demain mieux ficelé que 7 Ans Après, avec Central Park il monte encore d’un cran (voire de dix crans d’un coup) et toujours en innovant. Le cru Musso 2014 est digne d’un véritable grand cru AOC, du coup j’ai hâte de découvrir la cuvée 2015.
Donc voilà le pourquoi du comment de mon WAOW ! initial, sur le cul qu’il m’a laissé l’ami Guillaume. Bluffé, sonné, j’en passe et des meilleures… Un sans faute qui tient parfaitement la route qui plus est.

[BOUQUINS] Shane Kuhn – Guide De Survie En Milieu Hostile

S. Kuhn - Guide De Survie En Milieu HostileAh que voilà un bouquin qui a tout pour me plaire, entre nous ça a été le coup de foudre ! Une couv’ qui me cause, un titre prometteur, un pitch alléchant, un auteur inconnu (normal c’est son premier roman, d’où une certaine curiosité) et… Sonatine ! Et voilà comment ce Guide De Survie En Milieu Hostile signé Shane Kuhn s’est retrouvé dans mon Stock à Lire Numérique et a rapidement atteint le sommet…
John Lago est un parfait stagiaire, indispensable mais invisible. L’idéal pour gagner la confiance de ses supérieurs afin de pouvoir les éliminer en toute discrétion. Ah oui John Lago n’est pas un stagiaire comme les autres, c’est aussi un redoutable tueur à gages et occasionnellement l’auteur de ce Guide De Survie A L’Usage Des Jeunes Stagiaires. Un manuel du parfait stagiaire-tueur destiné à ses pairs…
C’est donc ce Guide de Survie que vous aurez entre les mains tout au long de votre lecture. Un manuel écrit à la première personne dans lequel l’auteur partage sa propre expérience et notamment les détails de sa dernière mission avant de devenir un jeune retraité (forcément un stagiaire trop âgé ça attire l’attention) jouissant d’une belle prime de départ. Toutefois ce n’est pas un exemplaire de RH Inc., l’employeur de ses stagiaires-tueurs, qui vous a été remis mais une copie obtenue par le FBI (d’où quelques annotations çà et là). Voilà pour ce qui est de la mise en immersion.
Comme vous pouvez vous en douter (du moins je l’espère) ce fameux guide est à prendre au second degré, l’auteur joue la carte de l’humour, un humour souvent teinté de noir forcément (avec parfois une pointe de cynisme) mais perso j’adore. Sa description de la vie de stagiaire dans une grande entreprise est criante de vérité dans sa totale inhumanité (exagérée ? pas sûr).
Mais rassurez vous l’humour n’empêche nullement l’auteur de vous livrer un thriller qui tient la route. La dernière affaire de Lago sera tout sauf une promenade de santé. Les rebondissements s’enchainent pour notre plus grand plaisir. Nul doute que le final vous surprendra.
En plongeant dans les méandres de l’esprit d’un tueur en série implacable on apprend à aimer un personnage qui aurait pourtant tout pour être détestable ; au fil de la lecture et de l’évolution de l’intrigue il s’humanise et ça ne le rend que plus attachant. Les autres personnages sont survolés, ils servent surtout de décorum au personnage principal.
Pour un premier roman l’auteur réussi un tour de force en parvenant à renouveler un genre qui a pourtant été maintes fois tourné et retourné dans tous les sens. Une fois de plus Sonatine confirme que son catalogue regorge de pépites, même si perso j’aurai conservé une traduction plus ou moins littérale du titre original The Intern’s Handbook (qui pourrait devenir Guide De Survie A L’Usage Des Jeunes Stagiaires, le titre du manuel rédigé par le narrateur).
Cerise sur le gâteau, le cinéphile amateur que je suis s’est régalé des nombreuses références au cinéma et aux séries TV.

[BOUQUINS] Jo Nesbo – Police

J. Nesbo - PoliceEn général j’ai une idée assez précise des quatre ou cinq prochains bouquins que je vais lire et même de l’ordre de mes futures lectures, mais il arrive que des invités surprises viennent bouleverser mon programme. Deuxième du genre, coup sur coup, et on reste en Scandinavie mais direction la Norvège cette fois. Impossible pour moi de ne pas donner la priorité à la dixième enquête de Harry Hole, Police de Jo Nesbo. Déjà en temps normal un nouveau Harry Hole aurait une place privilégiée mais plus encore celui-là, compte tenu de la fin du précédent, Fantôme.
ALERTE SPOILERS… Si vous n’avez pas lu Fantôme mais comptez le lire n’allez pas plus loin dans la lecture de cette chronique, impossible de vous parler de ce bouquin sans révéler partiellement la fin du précédent opus.
Un ancien policier d’Oslo est sauvagement assassiné sur les lieux d’un crime jamais élucidé le jour anniversaire du crime. Un crime dont la victime avait la charge. La police est sur les dents, l’enquête piétine. Quand un second cadavre de flic est retrouvé dans les mêmes circonstances, le doute n’est plus permis, un tueur en série prend la police pour cible. Et pendant ce temps là le fin limier de la police norvégienne, Harry Hole, est aux abonnés absents. Est-ce le mystérieux patient qui végète entre la vie et la mort sur un lit d’hôpital sous protection policière ?
Je me demandais comment l’auteur allait faire pour faire revenir son flic préféré (et aussi le mien par la même occasion) et soyez assuré que je ne vous révélerai rien. Sachez juste que ça ne choque pas, ça reste en raccord avec la fin de Fantôme. Si vous avez des doutez relisez la fin, quand on quitte Hole son coeur bat encore, faiblement d’accord mais il n’est pas encore mort.
Mais ce retournement de situation appelle d’autres questionnements. Où est Hole ? Dans quel état ? Reprendra-t-il du service ? Les pourris que sont Bellman et Skoyen seront-ils démasqués ? Autant de questions auxquelles je ne répondrais pas d’avantage. Nada, plus un mot sur Harry Hole.
Ah si tiens encore un mot (ou plutôt une phrase). Si Harry Hole a un don évident pour se faire des ennemis hauts placés, il peut aussi compter sur des alliés indéfectibles (Beate Lonn, Bjorn Holm, Katrine Bratt, Gunnar Hagen et Stale Aune) qui ne lâcheront pas l’affaire.
C’est à partir de là que les choses se compliquent, je dois chroniquer un bouquin, et donc forcément aborder son intrigue sans rien révéler, pas même le soupçon d’un indice. Autant dire qu’il va falloir que je cause pour ne rien dire tout en vous donnant envie de lire le roman.
Si ça peut vous rassurer (et éventuellement vous convaincre) Jo Nesbo s’impose comme un grand nom du thriller, et pas seulement du thriller à la sauce nordique. Sans surprise il maîtrise à la perfection son intrigue (voire ses intrigues), attendez vous donc à quelques rebondissements inattendus, le palpitant sera mis à rude épreuve (voir le dernier chapitre dont je ne dirai rien) parfois, avec même des pointes de colère. Plus que jamais il parvient à imposer l’omniprésence de Harry Hole même en son absence. Surtout en son absence devrai-je dire, c’est quand il n’est pas là qu’on ressent le plus sa présence, à moins que ce soit le besoin de sa présence. Hole absent ? Ne tirez de conclusions trop hâtives pour autant… à moins que… bah faites comme vous voulez.
Bon alors, et maintenant ? Baisser de rideau pour Harry Hole ou nouveau départ ? Une fois de plus je me ferai un plaisir de ne rien dire. Sinon que ce bouquin mérite vraiment  le détour, Jo Nesbo est au sommet de son art !
Si vous trouvez frustrant de lire une chronique quasiment vide je peux vous assurer que c’est encore plus frustrant de ne pas pouvoir s’attarder longuement sur un bouquin qui est une totale réussite mais je prends sur moi dans l’intérêt des futurs lecteurs.

[BOUQUINS] Mallock – Les Larmes De Pancrace

Mallock - Les Larmes De PancraceJe ne peux résister plus longtemps à l’envie de me plonger dans la lecture de la nouvelle enquête de l’incomparable Mallock, ou plutôt des Mallock avec l’auteur d’un côté et son commissaire homonyme de l’autre. La chose s’appelle Les Larmes De Pancrace et, bien entendu, est signée Mallock.
Jean de Renom, nobliaux et viticulteur de la région bordelaise est assassiné à l’entrée de son château alors qu’il rentrait d’un voyage à Paris. Les soupçons se portent immédiatement sur Camille, son épouse. Tout l’accuse en effet. Mais Mallock, appelé à la rescousse par son ami, Gilles Guédrout, commissaire à Bordeaux, chargé de l’affaire et proche du couple de Renom. Mallock creuse deux autres pistes pour tenter de comprendre les dessous de l’affaire : une affaire criminelle datant d’il y a une trentaine d’année et une ancienne malédiction prononcée par le dernier des Templiers sept siècles plus tôt…
La première surprise est de découvrir un Mallock (le flic) en vacances, et vous savez quoi ? Un Mallock en vacances ça ressemble à n’importe quel quidam vacancier. Exit le gros ours mal léché. Gaffe m’sieur Mallock faudrait pas sombrer dans la guimauve (un vrai gosse avec les gerbilles du juge… jouissif !). Mais heureusement il ne perd rien de sa verve, de son intelligence et de son cynisme quant il s’implique dans l’enquête. Tout comme l’auteur ne perd pas la richesse caractéristique de sa plume. Pour notre plus grand plaisir !
J’me disais : je les attends au tournant les Mallock, ils m’ont un peu trop facilement emballé lors de notre première rencontre ; cette fois je vais me tenir sur mes gardes. Mais voilà le Mallock (l’auteur) est un fourbe doublé d’un génie (si si n’ayons pas peur des mots), dès les premières pages nos bonnes résolutions tombent à l’eau, on entre en transe littéraire, on fusionne avec le roman. Comme dans Le Cimetière Des Hirondelles le fourbe nous livre un(e) coupable tout(e) désigné(e), à Mallock (le flic) de deviner le pourquoi du comment de la chose et de démêler l’écheveau ; qui plus est présentement la personne qui semble tirer les ficelles saute aux yeux, telle l’absence de nez au milieu de la figure (avouez que ça se remarque mieux que la présence d’un nez). Coupable connu(e), marionnettiste identifié(e) ; alors quoi ? The end ? Que nenni ! Une certitude ne constitue en rien une preuve à charge. Et c’est là que le génie intervient, Mallock (l’auteur) réussi à nous étonner et même à nous surprendre en nous offrant une intrigue originale (délicieusement vicelarde), riche en rebondissements et en personnages toujours aussi mitonnés aux petits oignons avec amour. Car voyez vous, s’il est évident que Mallock (l’auteur) aime Mallock (le flic), il ne dédaigne pas pour autant ses autres protagonistes, récurrents (l’équipe du Fort) ou nouveaux venus, tous ont le droit à un travail de fond soigné.
En guise de cerise sur le gâteau, Mallock (l’auteur) nous offre un voyage dans le passé avec le périple du dernier des Templiers, l’occasion de revenir rapidement sur l’histoire douloureuse du Temple (un Ordre au service de Dieu, trahi et exterminé sur ordre de la Papauté). Curieusement, bien que viscéralement athée depuis la nuit des temps et peut être même au-delà, j’ai toujours éprouvé un vif intérêt pour ces moines-guerriers et leur Ordre (rassurez-vous je ne fais pas partie de ces mystiques qui cherchent le fameux trésor du Temple).
Difficile d’ignorer l’autre invité l’honneur : le vin. Etant d’avantage consommateur occasionnel que connaisseur je reconnais humblement que le milieu viticole reste une zone d’ombre dans ma culture générale. J’ai pris plaisir à découvrir certaines facettes de cet univers (impitoyaaable) en compagnie des Mallock ; nul doute qu’eux savent apprécier à sa juste valeur la dive bouteille.
Sous le charme, subjugué même. Je déclare forfait… Les Mallock m’ont vaincu par KO ! Un style incomparable associé à une intrigue sans fausse note et parfaitement ficelée, l’alchimie façon Mallock ne peut laisser personne indifférent. De nouveau bluffé, sur le cul le Lord même si j’avais deviné certains aspects de l’énigme. Merci les Mallock, j’en redemande !
D’ailleurs M’sieur Mallock (l’auteur), j’peux vous poser une petite question ? Nous, lecteurs numériques, avons-nous espoir de trouver un jour les deux premières enquêtes du commissaire Mallock au format epub ? Allez quoi, ce serait sympa…

[BOUQUINS] Glenn Cooper – Le Livre Des Prophéties

G. Cooper - Le Livre Des ProphétiesComme je vous l’ai dit précédemment j’avais un duel au sommet pour élire ma prochaine lecture, qui de Glenn Cooper ou de Mallock allait remporter la palme ? Et finalement c’est Glenn Cooper qui sortira le premier de mon Stock à Lire Numérique. Un choix strictement personnel, basé sur aucun critère qualitatif ; c’est juste que j’attends cet ultime opus de la trilogie Will Piper depuis plus longtemps que la suite des enquêtes de Mallock. Place donc au Livre Des Prophéties.
2026. A quelques mois du 9 février 2027, date présumée de la « fin des temps », de nouvelles cartes postales de l’Apocalypse mettent le FBI sur les dents. Les cibles visées sont toutes sino-américaines, Pékin crie à la provocation et menace les Etats-Unis de représailles économiques. Nancy Piper dirige l’enquête au sein du FBI. Quand Phillip, leur fils, disparaît, Will Piper sort de sa retraite pour le retrouver et comprendre les raisons de sa soudaine fugue…
Ce roman fait donc suite au Livre Des Morts et au Livre Des Âmes, si les deux précédents se déroulaient pour l’essentiel dans le présent cet ultime chapitre se situe résolument dans l’avenir. Même si chacun de ces titres peut se lire indépendamment je trouve dommage de ne pas attaquer la série dans l’ordre. Si vous avez le début, ou si vous avez la mémoire qui flanche, l’auteur nous offre une piqûre de rappel dès les premières pages ; un habile résumé des faits qui s’intègre parfaitement au récit.
L’intrigue se déroulant en 2026 je pourrai presque inclure ce titre dans mon challenge SF, mais l’aspect science-fiction reste plus que minimaliste (quelques innovations technologiques tout à fait crédibles). Pour l’essentiel on est embarqué au coeur d’une enquête policière (même si Will Piper n’est plus au FBI) avec quelques flashbacks plus ou moins historiques (comme d’hab on croise quelques personnages célèbres dans des situations totalement fictives). Un cocktail original mais parfaitement maîtrisé par Glenn Cooper, ce qui ne surprendra pas les habitués de l’univers de Will Piper.
Quelques mots sur l’intrigue pour commencer. D’ores et déjà je peux rassurer ceux qui pourraient craindre un risque de redondance à force d’exploiter le filon de la bibliothèque et ses fameux parchemins, l’auteur réussit encore à innover et même à nous surprendre. Contrairement à ce que pourrait laisser penser ma présentation l’affaire des cartes postales passe rapidement en arrière plan, l’intrigue s’offre une dimension internationale d’importance avec les tensions entre les Etats-Unis et la Chine, mais aussi avec un retour de Will Piper en Angleterre (une grande partie du Livre Des Âmes se déroulait déjà sur les terres anglaises) et une découverte des plus surprenantes à propos de l’Horizon (ne me demandez pas quoi je serai muet comme une tombe de carpe).
Au niveau des personnages c’est bien entendu Will Piper qui occupe le devant de la scène. Un Will Piper de 64 ans, retraité du FBI, qui a à peine eu le temps de se rétablir d’un infarctus, avant de replonger dans le feu de l’action. Heureusement le poids des années n’a en rien altéré la vivacité d’esprit (ni son côté bourru et asocial) de Will, forcément à son âge il vaut mieux compter sur ses neurones que sur ses muscles pour se sortir d’un merdier.
On découvre le personnage de Philip Piper, le fils de Will et Nancy. Devenu adolescent et totalement impliqué dans la présente affaire il occupe de fait une part importante dans l’intrigue. En digne héritier de ses parents le gamin réfléchit vite et bien. Au fil du récit on voit évoluer la relation qu’il entretient avec son père.
Je ne m’étendrai pas d’avantage sur les autres personnages qui interviendront, de façon plus ou moins déterminante, sur le déroulement de l’intrigue afin de laisser intact le plaisir de la découverte aux futurs lecteurs (pourtant je vous assure que ce n’est pas l’envie qui me manque d’en prendre certains comme défouloir).
J’avais reproché (et je campe sur ma position) aux deux premiers opus une intrigue parfois trop prévisible même si le second se situait un cran au dessus de son aîné. La tendance se confirme avec ce troisième et dernier volume, l’auteur mène sa petite affaire à un rythme effréné qui va crescendo, les rebondissements se succèdent, bref, impossible de lâcher le bouquin une fois que vous serez plongé dedans. Gleen Cooper réussit littéralement à nous prendre en otage, pour notre plus grand plaisir.
Maintenant que la saga Will Piper semble terminée je vais pouvoir me pencher sur les autres titres de l’auteur, ça tombe ils squattent eux aussi mon Stock à Lire Numérique ; toute la question est de savoir quand est-ce que je trouverai un moment pour ça, j’ai déjà plus ou moins programmé mes futures lectures, de quoi m’occuper un certain temps…

[BOUQUINS] Jussi Adler-Olsen – Dossier 64

J. Adler-Olsen - Dossier 64Il est des titres comme ça qui, du moment qu’ils débarquent dans mon Stock à Lire Numérique, se trouvent propulsés en tête des priorités de lectures futures. Ce fut le cas de ce fameux Dossier 64 signé Jussi Adler-Olsen, l’auteur danois nous livre là la quatrième enquête de son désormais fameux Département V.
Sous l’impulsion de Rose, la secrétaire du Département V, Carl Morck et son « équipe » se penchent sur la disparition mystérieuse, en 1987, de Rita Nielsen, tenancière d’un bordel supposée suicidée. Rapidement ils vont découvrir que trois autres disparitions non élucidées sont survenues à quelques jours d’intervalles. Carl, Assad et Rose vont devoir trouver le lien entre ces quatre dossiers s’ils veulent espérer résoudre l’affaire…
Comme dans les précédentes enquêtes du Département V on navigue entre le passé (les déboires de Nete Hermasen, le fameux dossier 64, et sa vengeance contre ceux qu’elle juge responsable) et le présent (non seulement l’enquête du département mais aussi de nouvelles révélations concernant l’affaire qui a coûté la vie à Anker et cloué au lit Hardy). L’auteur nous propose une intrigue dense et pleine de surprises (jusqu’au final en apothéose), une enquête qui mènera le Département V dans des milieux particulièrement nauséabonds.
Cette nouvelle affaire est aussi l’occasion pour l’auteur d’étoffer les personnalités de ses personnages, pour Carl l’évolution se fait essentiellement dans son quotidien tandis que sa relation avec Mona se fait plus « officielle », par contre concernant Assad et Rose on en apprend d’avantage sur eux au cours de cette enquête dans laquelle ils sont particulièrement impliqués.
Au niveau des seconds couteaux, on peut difficilement reprocher à Nete Hermasen son désir de vengeance, ce petit bout de femme est des plus attachantes du coup on aurait tendance à fermer les yeux sur ses actes. Il en va tout autrement de Curt Wad, personnage puant que l’on se plaira à détester tout au long du roman, on en viendrait même à lui souhaiter le pire, mais surtout que ça dure longtemps.
Ce quatrième opus ne dépare pas dans la série, outre son intrigue en béton il est parsemé de touches d’humour, souvent lors des échanges (parfois houleux) entre Carl et ses deux assistants pour le moins atypiques. Résultat des courses, on est, une fois de plus, conquis par Jussi Adler-Olsen, qui confirme, si des doutes persistaient, qu’il compte désormais parmi les grands noms du polar nordique.
Que les inconditionnels du Département V se rassurent l’auteur n’en a pas encore fini avec nos trois lascars, un cinquième roman est déjà paru au Danemark, on peut légitimement espérer voir une traduction française en courant d’année prochaine… Et c’est tant mieux parce qu’il reste encore bien des questions en suspens.

[BOUQUINS] Mallock – Le Cimetière Des Hirondelles

Comme vous le savez sans doute mon Stock à Lire Numérique Mallock - Le Cimetière Des Hirondelles a de nettes tendances à la boulimie, pas toujours facile dans de pareils cas de choisir sa prochaine lecture. La tentation de se ruer sur une des dernières entrées est grande mais cela risque de plonger des titres plus anciens dans les bas-fonds de l’oubli. Et puis parfois il suffit d’une bonne surprise ou d’un imprévu pour motiver mon choix. Le fait que le sieur Mallock s’intéresse à mon modeste blog a fait remonter Le Cimetière Des Hirondelles au top de mes priorités de lecture, puisque l’auteur m’honore de sa visite la moindre des politesses est de chroniquer son dernier roman.
Le commissaire Amédée Mallock se rend à Saint Domingue afin de rapatrier Manuel Gemoni, un français accusé du meurtre d’un vieil homme au passé obscur, mais aussi et surtout le frère d’une collègue du commissaire. Si la culpabilité du jeune homme ne fait aucun doute, son mobile reste un mystère que Mallock devra éclaircir s’il veut lui éviter la prison. Le hic c’est que non seulement Manuel Gemoni est incapable d’expliquer de façon rationnelle son geste mais en plus il en fier…
Je suppose que même les moins attentifs auront remarqué que l’auteur et son héros portent le même nom, n’y voyez là rien d’autobiographique, c’est juste un choix de l’auteur afin de mieux s’imprégner de son personnage. Ce roman est d’ailleurs le troisième mettant en scène le commissaire Mallock (les deux autres sont introuvables ici, il va falloir ruser), on retrouve bien quelques allusions aux titres précédents mais rien qui n’empêche de jouir pleinement de cette lecture. Au contraire ça ne fait que nous donner envie de plonger dans les précédentes enquêtes et surtout en apprendre plus sur le douloureux passé de Mallock (le flic), quel sadique ce Mallock (l’auteur) ! Comme si nos PàL n’étaient pas assez chargées comme ça. Qui plus est le gars enfonce le clou en annonçant une nouvelle enquête de Mallock (Les Larmes De Pancrace), à paraitre prochainement.
Dès le départ l’enquête s’annonce inhabituelle pour Mallock, d’une part parce qu’il est seul sur un terrain inconnu qui obéit à ses propres us et coutumes, d’autre part parce qu’il tient le tueur mais n’a aucun mobile. De fait le roman commence comme un polar mais un polar qui cherche à tirer son épingle du jeu. Pour y parvenir son plus grand atout reste la plume de son auteur, un style riche et fleuri, souvent incisif, parfois drôle ou émouvant, mais surtout ne le répétez pas à Mallock, le bougre pourrait se fâcher ; c’est un pur délice à lire.
Durant toute la première partie on suit Mallock à la découverte de Saint Domingue et empêtré dans une enquête qui semble n’avoir ni queue ni tête, forcément il ne se passe pas grand chose mais à aucun moment on ne s’ennuie ; et soudain… PAN ! Un rebondissement pour le moins inattendu nous sort de notre douce torpeur et donne à l’affaire une dimension nouvelle. Quelques pages plus loin l’auteur nous offre même une puissante touche de spiritualité sur fond de chamanisme ; décidément on va de surprise en surprise. Pour notre plus grand plaisir.
Retour mouvementé en France. Hé ho, vous croyez tout de même pas que je vais tout vous dire, non ! Pour faire simple vous aurez le droit à une enquête teintée d’irrationnel/mysticisme/spiritualité/paranormal/fantastique (rayez les mentions inutiles selon votre ouverture d’esprit) qui ne manquera de vous surprendre par bien des aspects. Mais surtout qui vous rendra très rapidement accro, à peine fermerez vous le bouquin que vous serez saisi d’une irrépressible envie de le rouvrir pour reprendre sa lecture, encore et encore.
J’ai eu un véritable coup de coeur pour le personnage de Mallock, homme blessé qui cache ses douleurs passées sous des apparences d’ours mal léché taciturne, un flic fonceur et frondeur qui ne se laisse pas emmerder par les convenances. Et, pour ceux qui le connaissent, un ami et un collègue qui a un coeur en or. Un personnage tout en contrastes, comme je les aime.
Peut être vous demandez d’où sort ce titre bizarroïde. Lisez le bouquin et vous aurez la réponse à votre question. Rien n’est laissé au hasard.
Quel est le Mallock qui vient visiter mon blog ? Le flic ou l’auteur ? Ou encore un troisième homme ? Bin oui notre Mallock (auteur, Jean-Denis Bruet-Ferreol de son vrai nom) a plus d’une corde à son arc ; pour vous en convaincre je vous invite à jeter un oeil à son site officiel. Et tout cas, quel que soit mon visiteur, je l’en remercie et espère avoir réussi, par cette modeste chronique, à rendre un digne hommage à son talent d’auteur.
Nul doute que d’autres chroniques seront consacrées à ses romains, anciens et à venir… Oui Monsieur Mallock, maintenant que je vous tiens je ne vous lâche plus d’une semelle !