Nouvelle pause cinéphile placée sous le signe de la science-fiction mais cette fois en film et non en animé. Histoire de finir le weekend dans le bruit et la fureur on a opté pour Edge Of Tomorrow de Doug Liman.
Dans un futur proche la Terre est envahie par des extra-terrestres qui prennent rapidement l’ascendant sur les humains; Le commandant Bill Cage (Tom Cruise), un bureaucrate chargé de la communication marketing des forces armées, se retrouve en première ligne comme simple soldat dans une opération militaire de la dernière chance. Faute d’entraînement adéquat, il est tué dès le début des combats. Il reprend connaissance la veille de la bataille qui lui a coûté la vie. Condamné à revivre (et mourir) encore et encore cet ultime assaut. Aidé par le sergent Rita Vrataski (Emily Blunt), il va améliorer son entrainement, jour après jour, mort après mort, ensemble ils vont élaborer une riposte face l’envahisseur…
L’accroche : « Vivre. Mourir. Recommencer. » est parfaitement adaptée au film et résume bien la trame, l’idée étant de recommencer en faisant mieux que les fois précédentes. Le film n’est pas aussi bourrin que l’on pourrait s’y attendre, les scènes d’action sont contrebalancées par un humour omniprésent et servent une intrigue plutôt bien ficelée.
Visuellement le film est une totale réussite (c’est aussi pour ça que e privilégie la SF et le fantastique en blu-ray). Les scènes de combat sont bluffantes, e pense notamment au débarquement sur les plages normandes (non pas celui de 1944).
Les personnages principaux, incarnés par Tom Cruise et Emily Blunt, sont parfaitement travaillés et complémentaires. Je me contrefous de savoir que Tom Cruise soit adepte de la scientologie, il pourrait vénérer Flamby que a ne m’empêcherait pas d’aller voir ses films, du moment qu’ils m’offrent ce que je recherche (donc ni une histoire de la scientologie, ni une biographie de Flamby); Du divertissement, de l’éclate, du fun… Et avec Edge Of Tomorrow j’ai eu tout ça et bien plus.
Pour une première incursion dans le monde de la science fiction, Doug Liman réussit à frapper un grand coup ; même si aux Etats-Unis le film ne rentrera pas dans ses frais (un peu plus de 100 millions de recettes pour un budget de 178 millions), une situation largement comblée par le box office mondial (pas loin de 370 millions).
Pour l’anecdote le film est adapté d’un roman japonais de 2004 signé Hiroshi Sakurazaka. Roman qui sera d’abord adapté en manga par les créateurs de Death Note (un des rares mangas, peut être même le seul, que j’ai lu et apprécié).
On pourrait accuser le film de surfer sur la mode de l’exosquelette, mode trés largement popularisée par la série des Iron Man, que l’on retrouvera, pour ne citer que les films les plus récents, dans Pacific Rim ou encore Elyseum, sauf que le fameux exosquelette est bel et bien présent dans le roman d’origine.
Étiquette : science-fiction
[BOUQUINS] Bernard Werber – La Voix De La Terre
Ah que voilà un titre que je ne comptais pas laisser prendre la poussière (virtuelle) dans mon Stock à Lire Numérique, il faut dire que La Voix De La Terre de Bernard Werber vient clore sa trilogie, Troisième Humanité.
Dix ans ont passé depuis que les Emachs (MH pour Micro-Humains) ont été reconnus par les Grands et qu’ils vivent dans une nation souveraine, Microland. Quand un astéroïde géocroiseur géant menace d’entrer en collision avec la Terre, tous les espoirs de l’humanité reposent sur un équipage Emach chargé de le détruire. Mais la mission ne se passera pas comme prévu. Les conséquences seront désastreuses, d’un côté comme de l’autre…
Le moins que l’on puisse dire c’est que Bernard Werber clôt sa trilogie en une apothéose explosive. Cet ultime opus est plus sombre et plus violent que les précédents mais la situation le justifie, rien n’est gratuit.
Comme dans les précédents nous vivons l’intrigue du point de vue des personnages et de la Terre, soit dit en passant dans ce troisième volet elle tient un rôle de premier plan nettement plus actif que dans les deux autres. Les chapitres sont entrecoupés par des articles de l’incontournable ESRA. Les thématiques abordées sont en rapport plus ou moins direct avec l’intrigue. Parfois sérieux, parfois drôles, mais toujours instructifs. L’auteur pourrait faire sien l’adage : apprendre en s’amusant. On retrouve aussi les flash infos réguliers.
Naturellement je ne porte pas le genre humain en très haute estime, ce n’est pas ce bouquin qui me fera changer d’idée sur le sujet. L’humain grand format se montre souvent très très con. On pourrait résumer la chose par une phrase prononcée par Emma 666 dans le livre : « là où il y a des humains, il y a de la violence« . Si je devais choisir mon camps je me rangerai sans hésitation du côté des Emachs.
Au niveau des personnages on retrouve les récurrents des précédents opus, la situation de certaines évolué (au début du roman David et Aurore se séparent). L’auteur nous propose aussi d’en découvrir de nouveaux. Pour être tout à fait franc j’ai été déçu par la nouvelle personnalité d’Aurore, une vraie tête à claques totalement antipathique, même si son combat est juste.
La palme du ridicule est remportée haut la main par les enfants de David et Aurore qui sont prénommés Quetzalcoalt, Osiris et Ishtar… Certes des prénoms hautement symboliques mais franchement lourds à porter !
Bref une lecture fort sympathique rendue fluide par le style de son auteur. Une intrigue bien ficelée et hautement addictive. Peut être le plus abouti de la trilogie.
[BRD] Albator – Le Corsaire De L’Espace
Nostalgie quand tu nous tiens… C’est un peu ce qui pourrait justifier le fait que j’ai jeté mon dévolu sur le Blu-Ray d’Albator. Curieux de voir ce que ça pourrait donner avec les moyens disponibles de nos jours. A priori un sérieux coup de jeune, voire un total ravalement de façade !
Dans un futur lointain la Confédération Gaia protège la Terre comme un sanctuaire afin d’éviter un retour massif des colons de l’espace déçus par leur expérience. Un seul homme ose se dresser contre ce diktat, Albator. Le corsaire est l’ennemi public n°1 de la Confédération. Pour le neutraliser elle envoie un jeune agent, Yama, infiltrer son équipage…
Petit rappel pour les plus jeunes… Albator est l’origine un personnage de manga né en 1969 sous les crayons de Leiji Matsumoto, il devra toutefois attendre 1977 pour percer avec les BD Capitaine Harlock. En France c’est à Dorothée que l’on doit la découverte, au début des années 80, du capitaine Albator à travers deux séries animées, Albator 78 et Albator 84 (préquel de la série 78).
Le dessin animé surfe sur la vague space opera popularisée par Star Wars, il sera précédé par Goldorak et suivi par bien d’autres tels Ulysse 31 ou Capitaine Flam. Toutefois il se distingue de ses semblables par une ambiance beaucoup plus sombre et une intrigue plus mature.
Chronologiquement le film se situe entre les deux séries animées. Si vous espériez croiser des Sylvidres alors vous serez déçu mais croyez moi la déception ne durera qu’un temps. De la série phare, Albator 78, vous ne retrouverez que l’extra-terrestre Miimé, Kei (la seule femme humaine de l’équipage) et le piaf du capitaine.
La première bonne surprise est visuelle, les studios de Toei Animation ont fait un véritable travail d’orfévre, ne négligeant aucun détail, personnages comme décors, pour rendre l’univers du film bluffant. Comme je le disais plus haut c’est un véritable ravalement de façade, mais dans le respect de l’original.
L’intrigue est elle aussi particulièrement soignée, sombre à souhait (au même titre que son chef d’équipage qui est encore plus taciturne que dans le dessin animé). Le film devrait séduire la Génération Albator tout en gagnant le coeur d’un nouveau public.Pour ma part j’ai été totalement scotché !
[BOUQUINS] Josh Malerman – Bird Box
Il est rare que j’achète un bouquin uniquement au vu des critiques quasi unanimes qu’il reçoit des lecteurs, et pourtant force est de reconnaître qu’en m’offrant Bird Box de Josh Malerman, je ne savais pas vraiment dans quoi je mettais les pieds (responsable initiale du craquage : Cajou).
Malorie élève seule ses deux jeunes enfants dans un monde hostile, ils ne sortent que quand c’est absolument nécessaire, et dans ces cas là ils doivent impérativement se couvrir les yeux d’un bandeau opaque. C’est dans ces conditions extrêmes que Malorie décide de prendre la fuite avec ses enfants…
L’auteur réussit dès les premières pages à imposer une ambiance pour le moins angoissante en n’identifiant pas clairement ce qui menace les survivants. Histoire de rendre les choses encore plus impersonnelles les enfants sont baptisés simplement Garçon et Fille. De fait on ressent le même trouble qu’en lisant La Route de Cormac McCarthy (on retrouve aussi comme point commun entre les deux romans la fuite vers un hypothétique avenir meilleur) ; vous avouerez que pour un premier roman c’est plutôt pas mal comme comparaison.
Les chapitres alternent entre les événements présents (quatre ans après le début de l’épidémie) et le parcours de Malorie, de l’apparition des premiers cas à la naissance des enfants alors que le « Problème » (un doux euphémisme pour désigner un truc qui a décimé la quasi totalité de l’humanité) est à son apogée.
La partie « actuelle » baigne dans une angoisse omniprésente, invisible mais palpable. Les flashbacks quant à eux vous font vivre la montée en puissance de cette angoisse.
L’auteur fait preuve d’une remarquable maîtrise quand il s’agit de jouer avec nos nerfs. Sa grande force, à travers ce roman, est de tout miser sur la suggestion, comme les personnages vous évoluerez dans l’intrigue en aveugle (c’est à peine si vous n’en viendrez pas à guetter le moindre bruit suspect). Un défi relevé haut la main, le sentiment de malaise ne vous quittera pas au fil des pages, au contraire il ne fera que s’insinuer en vous, encore et encore. Et c’est là le second tour de force de l’auteur, à aucun moment le soufflé ne retombe, une fois qu’il nous a ferré il ne nous lâche plus. Une fois que vous aurez ouvert ce livre vous serez condamné à ne plus le lâcher avant sa conclusion.
L’essentiel de l’intrigue repose sur Malorie, une mère courage prête à tout pour offrir un ailleurs meilleur à ses enfants. Par moments elle peut sembler dure, voire insensible, mais on se rend rapidement compte que c’est pour eux, pour leur survie, qu’elle se comporte ainsi. Puis il y a les enfants bien sûr, à quatre ans ils n’ont jamais rien connu d’autre que ce monde dans lequel ils ne peuvent compter que sur leur ouïe pour survivre.
Toute la partie concernant la traversée de la rivière nous propose un huis-clos à ciel ouvert particulièrement oppressant. ; ça peut sembler paradoxal mais pas tant que ça si l’on considère que les personnages sont enfermés dans les ténèbres.
Si je devais classer ce bouquin dans un genre prédéfini j’opterai pour la science-fiction du fait de l’aspect post-apocalyptique, mais il pourrait tout aussi bien trouver sa place au rayon des thrillers psychologiques (nul doute qu’il vous foutra les nerfs en pelote). A vrai dire le choix SF m’arrange pour l’inscrire comme invité surprise de mon challenge 100% science-fiction.
Si Josh Malerman n’exclut pas de proposer une suite à Bird Box, il reconnait aussi avoir d’autres projets en tête. Je suppose que tout se jouera selon son inspiration (et éventuellement la pression de son éditeur). Pour ma part j’estime qu’une suite ne s’impose pas, si toutefois elle devait voir le jour alors soyez assuré que je me jetterai dessus avec avidité. A vrai dire je compte bien surveiller les prochains bouquins de l’auteur, qu’ils soient ou non liés à Bird Box.
Si vous pensez avoir déjà tout vu / tout lu en matière de post-apocalyptique, je vous invite à vous plonger dans ce roman, il devrait fortement ébranler vos certitudes et surtout vous procurer une sensation de lecture assez unique en son genre.
Les studios Universal ont d’ores et déjà acheté les droits pour une adaptation au ciné, en l’état actuel des choses on sait juste que le scénario a été confié à Eric Heisserer (scénariste des remakes de Freddy et The Thing ou encore, dans un registre plus inspiré, du film Hours dont il est aussi réalisateur). J’espère retrouver dans le film, s’il voit le jour, la même tension psychologique plutôt que des effets visuels à gogo…
[TV News] Extant
La seconde série qui a connu sa conclusion provisoire cette semaine est Extant.
Après plus d’un an passé dans une mission spatiale en solo, Molly Woods (Halle Berry) rentre sur Terre rejoindre son mari, John (Goran Visnjic) et leur « fils » Ethan (Pierce Gagnon) qui est en fait un automate programmé pour être autonome et acquérir des comportements humains. Peu de temps après son retour, Molly apprend qu’elle est enceinte et que le bébé aurait été conçu pendant son séjour dans l’espace…
Je dois reconnaître que cette série de Mickey Fisher pour CBS a su tout de suite capter ma curiosité ; je suppose que le fait que Steven Spielberg (via sa société Amblin Entertainment) en soit producteur n’y est pas totalement étranger. Et puis un peu de science-fiction pour égayer le weekend ça ne peut pas faire de mal.
L’intrigue est plutôt bien ficelée et s’étoffe au fil des épisodes, jusqu’à en devenir parfois un peu brouillon, mais globalement elle parvient à susciter notre intérêt et surtout à nous donner envie d’en savoir plus sur le pourquoi du comment de la chose.
J’ai eu un peu le même ressenti au niveau du jeu des acteurs, globalement convaincant mais par moment on a l’impression qu’ils surjouent alors que ça ne s’impose pas.
La série, proposée par M6 en France, se décline sous le format relativement classique de 13 épisodes de 42 minutes. Elle a été renouvelée pour une seconde saison donc le tournage devrait débuter en 2015. Pas certain que cette seconde saison s’imposait même s’il reste des blancs à combler pour que l’ensemble devienne cohérent.
Au programme des prochaines semaines :
– Une découverte à creuser : Ray Donovan (Canal+)
– Une fin de série définitive : Neighbors – Saison 2 (Comédie+)
– Une nouveauté : Agents of SHIELD (Serieclub)
– Une saison 2 qui commence : Under The Dome (M6)
[BOUQUINS] Daniel O’Malley – The Rook
Après le tsunami interne provoqué par Reflex j’avais besoin d’un peu de légéreté histoire de faire baisser la pression ; le hasard faisant bien les choses (à ce qu’il parait) les éditions Super 8 proposent un titre qui semble parfait pour ce genre de chose. La chose en question nous vient d’Australie, l’auteur, Dan O’Malley, signe avec The Rook, son premier roman.
Myfanwy Thomas se réveille dans un parc, totalement amnésique et entourée de cadavres. Prévoyante, son ancien moi lui a laissé des instructions écrites pour lui parler d’elle et de son rôle phare au sein de la Checquy, une organisation secrète qui regroupe des agents dotés de pouvoirs surnaturels chargés de protéger les iles Britanniques des forces occultes. Mifanwy va devoir réapprendre sa vie et vite, car le temps presse, un haut responsable de la Checquy est un traître…
Imaginez ce que pourrait donner un mix habile entre les Avengers, Fringe et… Johnny English, impossible me direz-vous. Et pourtant Daniel O’Malley l’a fait, et l’a bien fait qui plus est ! Comme vous pouvez vous en douter le résultat de ce cocktail explosif est totalement déjanté, mais traité avec intelligence, un OLNI qui se lit avec délice.
Si vous aimez ranger vos bouquins dans des cases bien définies, oubliez The Rook ! Il est la parfaite illustration de la littérature SFFF (Science Fiction, Fantasy et Fantastique) puisqu’il mélange ces trois genres avec un soupçon d’espionnage et un max d’humour. D’ailleurs je pourrais l’inscrire comme invité surprise à mon challenge SF (ah bin voilà c’est fait).
Oubliez tout ce que vous croyez savoir sur les super-héros, ceux de la Checquy ont des pouvoirs que Marvel n’aurait jamais pu imaginer. Certains sont plus orientés vers l’attaque, alors que d’autres privilégient la défense ; enfin il y en a quelques uns qui sont d’une inutilité absolue.
Avec Myfanwy (comme Tiffany mais avec un M à la place du T) vous aurez le droit à deux personnages pour le prix d’un. D’une part via les notes laissées par l’ancienne Myfanwy, d’autre part en suivant l’actuelle Myfanwy. Et vous pouvez me croire ce sont bel deux personnalités radicalement différentes qui ont habitées ce même corps.
Myfanwy peut, d’un simple contact, prendre le contrôle de sa cible, un contrôle absolu (le corps, les organes, le système nerveux…). Soyez assurés que ce n’est pas le personnage le plus surprenant de la Checquy, vous aurez le droit à une galerie de portraits et de personnalités aussi originaux que barrés.
L’auteur pourrait se contenter de jouer à fond la carte de l’absurde au détriment de son intrigue mais, comme je l’ai indiqué plus haut, il a placé la barre un cran plus haut en misant sur des situations et dialogues complètement loufoques, tout en entretenant une intrigue aussi solide que prenante. Un exercice d’équilibriste parfaitement maîtrisé qui détend les zygomatiques tout en jouant avec nos nerfs.
Daniel O’Malley est d’origine australienne, il a grandi et fait ses études aux Etats-Unis avant de retourner vivre en Australie. Pour son premier roman, il a choisi de situer son intrigue en Angleterre mais la Belgique y tient aussi une place de premier choix, place que je vous laisse découvrir.
Publié en 2012 en Australie, le bouquin a été bien accueilli par la critique et le public, il se verra d’ailleurs récompensé du Aurealis Award (un prix littéraire australien dédié à la SFFF) du meilleur roman de SF la même année.
Pour info le titre original, The Rook, conservé dans la version française, désigne la tour dans un jeu d’échec, ce qui correspond aussi au grade de Mifanwy au sein de la Checquy. L’auteur travaille déjà sur une suite, de son propre aveu le bébé est sur la bonne voie, même s’il se refuse à annoncer une date de publication. Quoi qu’il en soit je l’attends avec impatience, c’est avec un immense plaisir que je replongerai au coeur de la Checquy et de ses intrigues hors normes.
Peut être trouverez-vous étrange mon enthousiasme manifeste pour ce bouquin comparé au temps que j’ai mis pour le lire (10 jours) ; la faute n’est pas inhérente au roman (que j’ai adoré, je confirme, encore et encore) mais à un emploi du temps professionnel particulièrement chargé. Après une journée de 10 heures (et plus si affinités), je suis plus attiré par la bouteille de Jack Daniel’s que par ma liseuse.
[BRD] Hunger Games – L’Embrasement
Le premier film m’ayant convaincu je me suis naturellement laissé tenter par ce second opus, Hunger Games – L’Embrasement, réalisé par Francis Lawrence.
Pour les districts Katniss (Jennifer Lawrence) est devenue un symbole de la résistance au grand dam du Capitol et du Président Snow (Donald Sutherland) qui entend mater par la force toute rébellion. Le Capitol décide alors d’organiser une édition spéciale des Hunger Games, les tributs seront sélectionnées parmi les vainqueurs des précédents jeux. Katniss, désignée d’office pour le District 12, retrouve Peeta (Josh Hutcherson) qui s’est porté volontaire…
Je ne saurai exactement dire pourquoi mais cette fois la sauce a eu du mal à prendre. Le personnage de Katniss semble longtemps avoir le cul entre deux chaises du coup on aurait tendance à lui suggérer de se sortir les doigts du cul justement plutôt que de courber l’échine. Les jeux en soi ont un arrière goût de déjà-vu et les multiples pièges de l’arène sont franchement too much…Heureusement on évite le naufrage grâce à la rébellion naissante et aussi grâce à l’acteur Philip Seymour Hoffman qui incarne le Haut Juge Heavensbee.
Si les 2h20 du premier film étaient passées comme une lettre à la poste les 2h26 de ce second opus ont parfois été dures à avaler. Le film n’est pas pour autant mauvais, ça reste plutôt bien ficelé et divertissant mais j’en attendais d’avantage ; il fait plutôt office de mise en bouche en vue du troisième et dernier volet (qui se déclinera en deux films, en espérant qu’ils auront de quoi tenir la longueur plutôt que de faire du remplissage).
Ce sentiment mitigé m’a donné envie de me rabattre sur les bouquins de Suzanne Collins afin de constater si je retrouve cette même pointe de déception, mais vous savez ce que c’est quand on a une PàL aux profondeurs insondables…
[BOUQUINS] Hugh Howey – Silo
Retour à mon challenge SF avec un invité surprise, du pur jus SF cette fois, promis juré. Un titre à côté duquel je serai certainement passé sans un regard si je n’avais pas été intrigué par la quantité de critiques élogieuses qui foisonnent sur le Net. Place donc à ma chronique de Silo de Hugh Howey, premier volume d’une trilogie annoncée.
Dans un futur apocalyptique indéterminé les rescapés vivent dans d’immenses bunkers souterrains. Les seules images qu’ils reçoivent de l’extérieur sont celles, inhospitalières et floues, transmises par d’anciennes caméras de surveillance. Cependant certains doutent de la réalité de ces images, pour eux, comme pour les dissidents, une seule alternative : la sortie. Un aller simple vers la mort ou vers l’inconnu ?
La genése du bouquin mérite que l’on s’y attarde un moment avant d’entrer dans le vif du sujet. En 2011, Hugh Howey met en ligne une nouvelle qui pose les bases de ce qui deviendra Silo, le roman. L’accueil est enthousiaste, les internautes réclament une suite à l’auteur. Bon prince celui-ci s’exécute et se lance dans l’écriture de quatre nouveaux épisodes. Les cinq épisodes sont compilés dans un roman, divisé en cinq parties, qui deviendra rapidement un best seller international. Best-seller qui aujourd’hui se décline aussi sous la forme d’un Comics et dont les droits d’adaptation pour le cinéma seraient en cours de discussion.
Vous l’aurez compris on est clairement dans la dystopie post-apocalyptique, un semblant de société formatée régie par une autorité toute puissante (un maire et un shérif… à moins que le vrai pouvoir ne soit ailleurs) qui impose sa vision des choses. Toute remise en cause du système vaudra au coupable l’exclusion du silo, synonyme de mort. Un schéma classique du genre me direz-vous. Certes (même les survivants « souterrains » ne sont pas vraiment un scoop) mais l’auteur réussit à faire du neuf avec du vieux, on trouve une réelle originalité dans ce récit (tant dans sa construction que dans son intrigue).
En fait on est à mi-chemin entre le roman et le recueil de nouvelles, chaque partie suit un ordre chronologique ayant pour fil rouge le fameux silo et certains personnages sont récurrents d’un texte à l’autre (atttention à ne pas trop vous attacher, l’auteur souffre du syndrome de GRR Martin), les deux premiers épisodes peuvent sembler indépendants mais restent solidement ancrés à l’ensemble. Au final on est bel et bien en présence d’un roman, un peu à l’image d’un roman-feuilleton.
Le premier épisode place la barre très haut en répondant du même coup à la question concernant la survie à l’extérieur. Le second est certes moins rythmé du point de vue action mais il pose les bases de l’organisation et du fonctionnement du silo. Les trois suivants repassent à la vitesse supérieure et proposent une histoire continue, ça file même crescendo au fil des pages. La tension est palpable et les rebondissements sont légion.
Le silo ? Un énorme cylindre de 144 étages reliés par un escalier métallique en colimaçon. Trois parties (bas, milieu et haut) qui représentent trois niveaux de hiérarchie, du plus anodin au plus puissant. Bien que l’on soit résolument dans un monde futuriste ne vous attendez à découvrir un foisonnement de haute technologie révolutionnaire, pour tout dire c’est presque le contraire, hormis la conception même du silo la technologie semble avoir fait un bond en arrière de plusieurs années.
Les personnages s’étoffent au fil des épisodes, j’ai eu coup de coeur pour Juliette mais j’ai pris tout autant de plaisir à détester Bernard, tout comme j’ai souvent maudit la passivité de Lukas. La preuve que l’auteur parvient à vous prendre dans les mailles de son filet. Il réussit à nous offrir un bouquin de SF qui a la même intensité qu’un thriller et la même noirceur qu’un roman noir ; un régal !
La question du pourquoi et du comment du silo est à peine abordée, comme souvent dans la dystopie, les informations sont délivrées au compte goutte et ne suffisent pas à répondre à toutes les questions que l’on serait amené à se poser. Mais rassurez-vous, le second opus de la trilogie, Origines, déjà disponible (et dans mon Stock à Lire Numérique), est une préquelle qui devrait combler les vides.
En commençant ce premier opus (après avoir longuement hésité entre l’ordre chronologique et l’ordre de parution), je me suis demandé si j’aurai envie d’enchaîner directement sur le suivant (ou le précédent selon l’option choisie plus haut). Peut être pas tout de suite histoire de continuer à varier les plaisirs mais très rapidement, je peux vous le garantir au vu du plaisir que j’ai eu à parcourir ce premier volume.
Je connaissais l’éditeur Actes Sud essentiellement par le biais de sa collection Actes Noirs, dédiée au polar et au thriller et comprenant de nombreux auteurs nordiques dans son catalogue ; avec la collection Exofictions, dont Silo est le titre inaugural, l’éditeur ouvre brillamment et intelligemment ses portes à la SF.
Je ne sais pas si une curiosité typographique que j’ai relevé est propre à la version numérique ou si elle existe aussi dans le livre papier, parfois le tiret semi-cadratin (–) est utilisé en lieu et place des points de suspension (…) ; ça surprend un peu mais rien de rédhibitoire.
[BOUQUINS] Dan Simmons – L’Echiquier Du Mal
Ca fait un bail que je ne suis pas revenu faire un tour du côté de mon challenge SF (manque de temps et trop de livres qui me font de l’oeil), il est temps de pallier cette lacune avec L’Echiquier Du Mal de Dan Simmons. Roman que beaucoup considèrent comme étant son chef d’oeuvre.
Face à une série de meurtres inexpliqués à Charleston la police piétine. Aucun lien entre les victimes et une suspecte, Mélanie Fuller, semble s’être volatilisée dans la nature. Pour le shérif Rob Gentry c’est l’impasse. Jusqu’à ce qu’il rencontre Natalie Preston, la fille d’une victime, et Saul Laski, un psychiatre rescapé des Camps de la Mort, qui va leur faire des révélations étonnantes. Tous trois vont lancer à la poursuite de ces mystérieux « vampires psychiques », mais ils ne sont pas les seuls à rechercher Mélanie Fuller…
J’avais les trois livres qui composent L’Echiquier Du Mal depuis déjà quelques temps dans mon Stock à Lire Numérique, une fois de plus c’est France Loisirs qui aura déclenché l’étincelle qui m’a poussé à m’y plonger enfin en proposant une intégrale en un seul volume (1300 pages, papier fin et petite police de caractère… joli pavé).
Alors science fiction ou fantastique ? Pour ma part j’opterai plutôt pour la seconde option car Dan Simmons revisite un thème cher au fantastique : le vampire. Mais ne chipotons pas pour une simple question de genre, ce bouquin mérite bien mieux que de se retrouver le cul entre deux chaises genres (en fait on pourrait aussi ajouter un soupçon de thriller, une pointe horrifique avec un puissant arrière goût de roman noir).
L’auteur prend son temps pour poser son intrigue (quasiment tout le livre I), par moment il faut s’accrocher pour savoir où il veut en venir mais croyez moi ça en vaut largement la peine. Quand la machine se met en branle ça décoiffe, si le rythme n’est pas toujours haletant il distille une telle tension que l’on ne ressent aucun ennui. Au contraire, ces alternances dans le rythme deviennent rapidement un point fort.
J’ai mentionné plus haut que Dan Simmons revisitait le thème du vampire, n’allez pas croire qu’il est l’inventeur du vampire à la guimauve, ses « vampires psychiques » sont largement aussi malfaisants que Dracula et consorts. Ils prennent le contrôle de leurs victimes, leur faisant faire leur quatre volontés, s’en servant parfois comme arme contre leurs adversaires, et les abandonnent comme un vieux slip kangourou, le plus souvent en ayant pris soin d’orchestrer leur mort. Le point commun entre ces individus doués du Talent (le nom donné à leur don) : ils appartiennent tous à l’élite, de part leur fortune ou leur position dans la société (parfois même les deux) et semblent n’avoir aucun sens moral.
Je ne perdrais pas mon temps à vanter le style de Dan Simmons, enfoncer les portes ouvertes n’est pas vraiment ma tasse de thé… Je n’ai pas le recul nécessaire pour dire s’il s’agit ou non du chef d’oeuvre de l’auteur mais il est évident que c’est un bouquin qui flirte allègrement avec l’excellence (une intrigue originale, riche et totalement maîtrisée, des personnages soigneusement travaillés).
Entre autres récompenses littéraires L’Echiquier Du Mal compte à son actif le prix Bram Stoker du meilleur roman (1989) et le prix Locus du meilleur roman d’horreur (1990).
Si vous vous inquiétez de savoir si un bouquin écrit en 1989 n’a pas pris un coup de vieux avec les années, je vous rassure de suite, hormis quelques antiquités technologiques du XXème siècle (machine à écrire, téléphone à cadran, appareil photo argentique…) l’intrigue n’a pas besoin d’un lifting pour rester percutante.
Petit bémol qui n’a rien à voir avec l’auteur et son intrigue, la version France Loisirs que j’ai lue comporte un paquet de lacunes au niveau relecture et correction. Erreurs que je n’ai pas retrouvées dans la version numérique (TAZ).
[BRD] Fringe – Saison 5
ALERTE SPOILERS… Si vous n’avez pas vu les saisons précédentes de Fringe passez votre chemin.
Malgré une chute d’audience au cours de la quatrième saison la FOX autorisera à JJ Abrams une cinquième saison de 13 épisodes histoire de boucler la boucle Fringe convenablement (le final décevant de Lost semble avoir porté ses fruits). Une saison que je traite à part car elle est très différente du reste de la série (un changement annoncé par l’épisode 19 de la saison 4).
2015. Les Observateurs, jusque là passifs, passent à l’action et prennent le contrôle de la Terre, la Résistance s’organise. 2036. Les Observateurs semblent avoir écrasé la Résistance, jusqu’à ce que l’agent Henrietta Bishop (Georgina Haig) libère Walter Bishop de sa prison d’ambre. Une première étape décisive vers un nouvel élan pour la Résistance ?
Comme vous pouvez le constater l’évolution entre cette cinquième saison et les précédentes est pour le moins brutale. Notre fine équipe (Peter, Astrid et Olivia vont aussi être libérés de l’ambre) va devoir prêter main forte à la Résistance pour dégager un envahisseur beaucoup plus puissant qu’eux.
La saison se présente un peu comme une chasse au trésor, chaque nouvelle trouvaille de l’équipe doit contribuer à un plan établi (et oublié depuis) par Walter. C’est aussi l’occasion de quelques clins d’oeil vers les saisons précédentes. Du fait du contexte le rythme imposé est plus soutenu et l’ambiance plus glauque (ce qui n’empêche pas quelques touches d’humour çà et là).
Concernant ledit contexte nous avons d’un côté les Observateurs et leurs alliés collabos (appelés les Loyalistes) et de l’autre la Résistance, un petit groupe d’humains qui refusent de se soumettre à l’oppresseur. Un contexte assez classique dans ce genre de situation, tout comme le sont les uniformes, véhicules et affiches de propagande.
Sans doute vous demandez vous comment on en arrivé là (en tout cas moi je me suis posé la question), et c’est là le seul bémol que j’émettrai, nous n’avons quasiment aucune explication à ce sujet. Même si on en apprend d’avantage sur l’origine des Observateurs, rien n’explique leur décision de passer à l’assaut.
De même l’équipe de choc constituée par Olivia, Peter, Walter et Astrid ne sont pas les seuls personnages que vous retrouverez ; rapidement on croisera Phillip Broyles et Nina Sharp, plus âgés et dans de nouvelles fonctions.
Chapeau bas à l’acteur John Noble qui incarne Walter Bishop, dans cette saison il change de personnalité au fil des épisodes tout en essayant de rester lui même. Une belle performance d’acteur. Et ce n’est pas la seule, le salaud de service est l’un des chefs des Observateurs, le capitaine Windmark, incarné par Michael Kopsa, qui joue admirablement un être totalement dépourvu d’émotions, je suis persuadé que vous adorerez le détester.
Quid de l’autre monde ? Les ponts sont définitivement coupés ? Sur ce point vous aurez le droit à quelques explications, mais je vous laisse le plaisir de les découvrir.
Petite explication concernant le titre, en anglais les fringe sciences désignent ce que l’on pourrait appeler les sciences marginales, des démarches plus ou moins scientifiques (même si non reconnues comme telles) pour essayer d’expliquer l’inexplicable.
Si de prime abord cette cinquième saison ne semblait pas s’imposer (il aurait suffit d’aménager quelque peu la saison précédente pour offrir une fin convenable à la série), il restait toutefois en suspend la question des Observateurs. Question résolue avec cette ultime saison. Un grand merci à FOX d’avoir permis de boucler totalement la boucle.
Il y aurait encore énormément de choses dire sur cette série compte tenu de la richesse de son univers, mais je vous laisse le plaisir de découvrir tout ça par vous même, pour les plus curieux il existe de nombreux fan-sites qui répondront toutes vos questions.