[BOUQUINS] Grégoire Lacroix – Jazz Band : Eros Héros Sept

G. Lacroix - Jazz BandImpossible (ou presque) pour moi de résister au catalogue de Flamant Noir, j’y ai découvert tellement de perles que chaque nouveau titre titille ma curiosité. C’est donc sans hésitation que je me suis jeté sur leur dernier bébé, Jazz Band, de Grégoire Lacroix.
Jazz Band est un agent du SORG (Service Opérationnel des Renseignements Généraux). Son arme : une guitare Gibson qui lui permet d’infiltrer incognito les clubs de jazz. Son atout : une intelligence et un esprit d’analyse hors du commun. Ses faiblesses : aucune, bien entendu ! C’est à lui que l’on fait appel dans les situations les plus désespérées…
Vu comme ça l’intrigue pourrait ressembler à n’importe quel (ou presque) scénario d’espionnage pour romans de gare (je hais ce terme puant d’élitisme mais je l’emploi fort à propos… et fort modestement) ; mais il ne faut pas se fier aux apparences. Jazz Band est à James Bond ce que le Canada Dry est à la bière ! On est davantage dans la parodie que dans l’imitation.
Le personnage de Jazz Band vaut à lui seul le détour. Autoproclamé surdoué et convaincu d’avoir un charme irrésistible, il pourrait être la parfaite tête à claque mais les clichés sont poussés si loin qu’il en devient pathétiquement risible. Rassurez-vous c’est l’effet recherché.
Notre cher JB prend aussi un malin plaisir à rabaisser ses interlocuteurs. Il faut dire que son adjoint, Duglantier, qu’il surnomme Dugu alors que Dugland lui conviendrait mieux, ne brille ni par sa perspicacité, ni par son enthousiasme face au boulot. Même le ras des pâquerettes ça lui passe largement au-dessus !
JB, puisqu’il s’agit d’un récit à la première personne, nous raconte deux affaires sur lesquelles il a dû intervenir. Exit James Bond, welcome Austin Powers ! On quitte le monde des possibles pour la quatrième dimension tellement l’improbable est de rigueur.
Je vous laisse juger par vous même. Affaire n°1 : retrouver le Professeur Dhozone, inventeur de la couche du même nom, qui a été enlevé. Affaire n°2 : neutraliser Intersecte, un groupe criminel qui compte unifier toutes les sectes du monde sous une seule enseigne. Avouez que c’est du lourd…
Si je me limitais à ces seuls aspects, très second degré, du roman je passerai (et vous aussi, que j’espère pourtant bien convaincre) de l’essentiel. Le fond n’est qu’un prétexte pour mettre en avant la forme : le style narratif du bouquin. Ami(e)s de la langue française vous allez vous régaler, l’auteur multiplie les jeux de mots en tout genre (calembours, contrepèteries, déconstructions/reconstructions…). Au final on obtient un phrasé qui semble issu d’un croisement linguistique entre Sacha Guitry, Frédéric Dard et Raymond Devos.
J’avoue que pour ma part j’aurai apprécié que la forme soit mise au service d’un fond un peu plus conséquent. Un bémol modéré par l’épaisseur du bouquin, un peu moins de 300 pages ; un bon format pour apprécier les bons mots sans que le jeu ne devienne lassant. J’espère que ma note ne paraîtra pas trop sévère, mais à force de nous habituer à du très haut de gamme on devient exigeant quand on pioche dans le catalogue de Flamant Noir.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Mallock – Le Principe De Parcimonie

Mallock - Le Principe De ParcimonieLa perspective de retrouvailles avec Mallock (aussi bien l’auteur que son commissaire homonyme) est une quasi certitude de passer un bon moment de lecture. Faute à un emploi du temps qui m’a justement laissé trop peu de temps, j’ai tardé à me lancer dans ce cinquième opus des Chroniques Barbares, Le Principe De Parcimonie.
Afin d’inaugurer leurs nouvelles infrastructures, Mallock et son équipe se voit confier une affaire d’envergure : on a volé La Joconde ! Une opération sans faille qui laisse un blessé grave sur le marbre du Louvres. Rapidement un certain Ockham revendique le vol. Ce n’est que son premier forfait, narguant la police il va aller de plus en plus loin dans sa fureur criminelle…
Pour faire simple le Principe de Parcimonie (aussi appelé Rasoir d’Ockham) peut se résumer à un concept élémentaire : « Les entités ne doivent pas être multipliées par-delà ce qui est nécessaire« . Et c’est exactement ce qu’entend faire Ockham, nettoyer la société de ceux et celles qui la polluent inutilement… en les punissant par là où ils ont péché !
Certes on est dans la fiction mais je ne suis pas certain « que toute ressemblance avec des personnages existant soit purement forfuite » selon la formule d’usage. Un philobobosophe chevelu autoproclamé qui se prend pour un puits de sagesse ; ça ne vous rappelle rien ? Un indice, il adore les tartes à la crème… à moins que ce ne soient les tartes à la crème qui l’adorent. Entre tartes on se comprend !
Si dans ce cas précis le rapprochement saute aux yeux, d’autres victimes d’Ockham peuvent aisément se voir accoler un visage et un nom, ce ne sera pas forcément le même pour tout le monde mais en fouinant dans les tiroirs de la télé-poubelle ou des milieux pourritiques de tout bord vous trouverez votre bonheur. Malheureusement ces espèces ne sont pas en voie de disparition.
Mais je m’égare. N’allez surtout pas croire que je cautionne les actes d’Ockham, pour en arriver à de telles extrémités il faut vraiment avoir un problème au niveau des fusibles. Incontestablement Ockham est fou, un fou furieux qui ira crescendo entre chacun de ses forfaits. Et bien entendu c’est le branle-bas de combat au Fort Mallock, fou peut être, mais loin d’être con. Notre polichinelle sanguinaire ne laisse aucun indice exploitable dérrière lui, au contraire il semble jouer avec la police, et plus particulièrement avec Mallock (le commissaire) dans de macabres mises en scènes.
Sans surprise Mallock (l’auteur) nous entraîne dans une intrigue rondement menée, maîtrisée de A à Z et hautement addictive ; comme l’eau de la Seine la tension monte au fil des chapitres pour ne retomber que dans les dernières pages. Le palpitant et les nerfs seront mis à rude épreuve ; pour notre plus grand plaisir ! La dernière partie est une véritable course contre la montre.
Pourquoi diable est-ce que je vous parle de la Seine et de ses caprices ? En toile de fond de l’intrigue nous avons la crue centennale de la Seine (après l’inondation de 1910, le fleuve semble bien décidé à sortir de son lit histoire de venir lécher les pieds aux parisiens). Visionnaire le Mallock (l’auteur), le bouquin a été écrit en 2014, et en cette année 2016, du 7 au 18 mars, des exercices de simulation grandeur nature vont se dérouler afin de limiter l’impact d’une telle inondation (considérée par les experts comme un « risque majeur que la région sera un jour amenée à connaître« ).
Les lecteurs des précédentes Chroniques Barbares ne seront pas dépaysés par les différents acteurs croisés dans ce roman. Outre l’équipe du Fort, on retrouve Léon, Sigismond et Margot. Et puis bien entendu il y a Mallock himself, un tantinet moins mystique dans cette enquête ; il faut dire que Ockham ne lui laisse guère le temps de se livrer à de longues introspections. Moins gourmand aussi, la recette du jour m’a manqué ! heureusement sa verve et son cynisme habituel étaient bel et bien au rendez-vous.
Mais Mallock (l’auteur) c’est aussi et avant tout un style unique. Une richesse verbale et des tournures de phrase qui se lisent comme on écouterait une mélodie entêtante, obsédante. Les mots nous bercent, chantent à nos oreilles, même quand c’est pour nous infliger les pires horreurs, ça reste beau à lire, une poésie macabre sans la moindre fausse note. Juste sur le cul, une fois de plus ! Mallock vainqueur par KO technique.

MON VERDICT
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Morceau choisi (coupé pour éviter tout spoil et réordonné)

« Ils vous ont châtré, coupé la bite, mon cher commissaire. Avant, souvenez-vous, vous pratiquiez vous aussi le rasoir d’Ockham. Vous aussi, vous en avez coupé des têtes, ramené des scalps. Et puis, peu à peu, on vous a convaincu, commissaire, vaincu, interdit les coups de feu et les mises à mort. Les moutons crétins vous ont arraché les crocs un par un. En bon chien de chasse, vous ramenez maintenant la proie dans votre gueule jusqu’aux pieds de vos maîtres pour qu’ils festoient à votre place. Ne vous laissant que la seule fragrance du sang entre les dents.
C’est l’hypocrisie et la cupidité, la mode et la vanité qui construisent désormais le monde, et ceux que vous défendez, Mallock. Même nus avec des plumes dans le cul, le vrai et le juste n’intéressent plus personne. Tout est faux, tout est danger, leurre, baudruche, fumisterie, vulgarité, deuil et trompe-l’œil. Ne vous faites pas d’illusions, les messes caritatives, les senteurs humanitaires ou les nombreux remugles d’égalité ne sont que les effluves de nos dictatures modernes, commissaire. Et toi, commissaire, c’est eux que tu sers ? Mais qui est le fou dans cette histoire ? Qui est le traître ? Vous ou moi ? »

Le plus douloureux dans cette diatribe, c’était qu’elle correspondait à une vision de lui-même que Mallock redoutait. Celle d’un type aux ordres qui, un jour, ne servirait plus la vérité, ni même la justice, mais leurs grimaces : les lois.

[BOUQUINS] Erik Emptaz – La Malédiction De La Méduse

eelmdlmSi je vous dis la Méduse, à quoi pensez vous ? Une saloperie de bestiole qui pique les innocents baigneurs. Oui, mais encore, avec un M majuscule ? Une créature mythologique dont il ne fait pas bon de croiser le regard. OK, un petit dernier pour la route ? Le Radeau de la Méduse, un célèbre tableau de Géricault ! Bingo ! Un tableau qui a visiblement inspiré Erik Emptaz, avec La Malédiction De La Méduse il nous conte l’Histoire du naufrage, du radeau et du tableau…
17 juin 1816, la frégate La Méduse quitte le port de Rochefort pour rejoindre le Sénégal. Le 2 juillet, elle s’échoue sur un banc de sable pourtant bien connu des marins. Trois jours plus tard, faute de place dans les canots de sauvetage, 150 naufragés s’entassent sur un radeau de fortune en espérant ainsi gagner les côtes…
Si le tableau est mondialement connu, l’Histoire de la Méduse l’est moins… et quand on voit le nombre de cafouillages, lâchetés et autres ratés on peut comprendre que les manuels d’Histoire ne se vantent pas de cet épisode qui a de quoi faire honte à l’histoire navale française. Pour nous faire vivre le naufrage et la survie à bord du radeau l’auteur nous place dans la peau de Jean Baptiste Savigny, assistant chirurgien à bord de la Méduse et surtout rescapé du radeau, qui co-signera un livre témoignage accablant.
Je suppose que, pour les besoins de son roman, Erik Emptaz fait cohabiter les faits historiques avérés avec quelques improvisations qui donnent plus de poids et plus de vie au récit. Je ne suis en général pas fan des romans historiques mais force est de constater que j’ai pris beaucoup de plaisir à parcourir ces quelques pages.
Le moins que l’on puisse dire c’est que d’entrée de jeu Savigny ne sent pas ce voyage pour lequel il a signé par dépit amoureux et quelque peu imbibé : « Funeste idée que celle d’affubler une frégate d’un symbole si peu aimable ! L’évocation de ce monstre mythologique à la chevelure infestée de serpents ne me plaît guère. Et il ne me paraît pas du meilleur augure : on dit que cette créature transformait quiconque la regardait en pierre ! Quant à la version gélatineuse et urticante de l’animal qui s’échoue mollement sur les rivages, sacré modèle pour un bateau ! J’espère qu’il est solide, au moins !« .
De ce drame je retiendrai surtout que les pertes humaines et matérielles sont avant tout le fait de l’incompétence chronique du commandant de bord, Hughes de Chaumareys, un parvenu doublé d’un alcoolique chronique. Après le naufrage, l’auteur prêtera ces mots sans appel à un des marins : « La Méduse s’est échouée sur un haut-fond, le banc d’Arguin qui est indiqué sur toutes les cartes marines comme une zone à éviter. Et que pour planter un bateau ainsi : « Faut vraiment être une bourrique qu’a la cataracte ou un borgne des deux yeux ! »« .
Plus que les conditions de survie rudimentaires (genre Koh Lanta à la puissance 1000) c’est la connerie humaine qui aura fait le plus de victimes sur le radeau. Entre la vinasse qui coule à flot, les bastonnades en tout genre et le désespoir les occasions de tirer sa révérence avant l’heure ne manquaient pas. Le périple des rescapés aura duré deux semaines, un délai de privation qui ne justifie en rien que seuls un dixième d’entre eux aient été encore en vie au moment où ils ont été sauvés (sur les 15 survivants, 5 mourront avant d’atteindre les côtes). A croire que le genre humain trouve plus de réconfort à s’entre-tuer plutôt qu’à s’entraider…
Un roman relativement court (moins de 300 pages) qui se lit comme un récit d’aventures, on en viendrait presque à oublier que les horreurs décrites ont été bien réelles. Après cette lecture il est clair que je ne regarderai plus le tableau de Géricault du même oeil ; de fait quand on peut mettre un nom sur les personnages représentés et que l’on sait ce qu’ils ont vécu l’oeuvre prend une toute autre dimension.

MON VERDICT
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Impossible de clore cette chronique sans en dernier coup d’oeil sur le tableau de Géricault.
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[BOUQUINS] Martin Rouz – Qu’Importe La Hauteur Du Saut…

M. Rouz - Qu'importe la hauteur du saut...Au menu du jour un titre auto-édité, lu et chroniqué à la demande de son auteur. De fait avant de commencer je tiens à remercier Martin Rouz pour la confiance qu’il a placé en moi en me confiant son bébé, Qu’Importe La Hauteur Du Saut (Pourvu Que Le Parachute S’Ouvre).
Yohann est informaticien au sein d’un grand groupe de BTP, son quotidien se voit bouleversé lorsqu’il croise Christine, l’épouse du PDG, homme d’affaire sans scrupules et proche de l’Elysée. Au même moment, Marion, son ex avec qui il vient de renouer, journaliste de renom, enquête sur une prétendue attaque terroriste contre l’ambassade de France à Tripoli…
Chers concitoyens et concitoyennes, vous le savez peut être déjà mais la France n’est pas le pays des Bisounours. Nos politiciens, de tout bord, ne sont pas d’innocents chérubins bienveillants se souciant avant de protéger l’intérêt des français. Trop souvent le pouvoir politique et le pouvoir économique sont, soit entre les mêmes mains, soit très étroitement liés… Bref, il y a quelque chose de pourri au Royaume de France, je ne vous apprends rien !
Bienvenue dans les coulisses du pouvoir et du CAC40 ! Un monde merveilleux où cohabitent politiciens corrompus et hommes d’affaires véreux. Chantages, magouilles, comptes off-shore, escroqueries, menaces et mensonges sont les outils de travail de ces braves gens. Au pire, quand la vérité menace d’éclater au grand jour, on fait appel à d’ex-barbouzes reconverties dans la sécurité privée histoire de faire le ménage. Si après quelques paires de baffes bien senties l’indésirable ne se décide pas à rentrer dans les rangs alors on lui offre une sortie façon regrettable accident… Et sincères condoléances à la famille !
Meuh non j’déconne, on est en plein délire complotiste… Certes ce roman est une fiction et ne se revendique pas autrement soit dit en passant. Mais si vous pensez réellement que la République a les mains propres alors c’est que vous des peaux de saucisson plein les yeux… ou que vous êtes un incorrigible Bisounours (celui avec les coeurs sur le poitrail).
Pour son premier roman Martin Rouz (voir son site officiel) nous offre une intrigue qui mixe habilement les ingrédients des romans policier, d’espionnage économique (et plus si affinités), de complot politique. Et même un soupçon de romance. Un cocktail explosif qui se lit tout seul, l’auteur ne nous impose pas de gymnastique stylistique afin de pas nuire au rythme de son récit. Les descriptions sont sommaires mais suffisantes pour se mettre dans le bain, la priorité est donnée aux dialogues pour rendre l’ensemble plus « vivant ».
Les personnages de Yohann et Marion sont bien travaillés, des personnalités diamétralement opposées, tout autant que leurs méthodes d’investigations, mais deux individus complémentaires. Les (nombreux) personages secondaires ne sont pas laissés pour compte, tous ont bénéficié d’un traitement similaire visant à leur créer leur propre personnalité.
Même si l’on peut relever çà et là quelques invraisemblances l’intrigue reste fluide, il manque peut être un soupçon de tension nerveuse (à moins que je ne sois blasé par mes habitudes de lecture). Il n’en reste pas moins que l’auteur a réussi son pari, son roman mérite amplement de trouver une place dans les rayonnages de vos libraires.

MON VERDICT
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Dédicace spéciale Bisounours
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[BOUQUINS] Claire Favan – Serre-Moi Fort

C. Favan - Serre-moi fortJe poursuis mon petit bonhomme de chemin en compagnie de la Bête Noire, l’occasion pour moi de découvrir l’univers littéraire de Claire Favan, son dernier roman, Serre-Moi Fort est en effet le cinquième titre de la collection.
Août 1994. Nick Hoffman, un adolescent discret, est livré à lui même, complètement délaissé par ses parents depuis que sa soeur a mystérieusement disparu. Mai 2014. Un charnier a été découvert dans une grotte en Alabama, le lieutenant Adam Gibson est chargé de l’enquête…
Quel lien entre ces deux intrigues me direz-vous ? Et bien ne comptez pas sur moi pour répondre à cette question. Ce que je peux vous dire par contre c’est que le bouquin se divise en trois parties. La première partie se déroule donc en 1994, du point de vue de Nick Hoffman. La seconde partie nous plonge en 2014, du point de vue d’Adam Gibson. Et la troisième partie alors ? Elle se déroule en 2015 et fait le lien entre les deux précédentes.
Claire Favan nous offre un thriller qui vous prend aux tripes dès les premières pages, elle ne ménagera ni vos nerfs, ni votre palpitant au fil des chapitres. Une écriture sans concession mise au service d’une intrigue implacable, insoutenable parfois, mais c’est pour la bonne cause. Noir c’est noir… Il n’y a plus d’espoir !
Si le roman ne vous laisse guère le temps de souffler tant il est hautement addictif, l’auteure laisse aussi la part belle à la psychologie de ses personnages. La dernière partie est à ce titre un duel psychologique d’une rare intensité. Là encore cet aspect du récit est totalement maîtrisé.
Avec ce titre La Bête Noire renoue avec le thriller très haut de gamme, j’ai retrouvé les mêmes sensations malsaines que lorsque je lisais Tu Tueras Le Père de Sandrone Dazieri. Même punition : un doublé coup de coeur, coup de poing !
Vous l’aurez sans doute deviné au vu de mon enthousiasme, ce bouquin m’a aussi donné envie de prolonger ma découverte de l’univers littéraire de Claire Favan, si tous ces bouquins sont bons ça promet de longues heures de lecture… et de stress !

MON VERDICT
jd5Coup double

[BOUQUINS] Marc Levy – L’Horizon A L’Envers

M. Levy - L'horizon à l'enversFidèle (totalement assumé) de la première heure, il m’était impossible de ne pas me ruer sur le dernier Marc Levy, L’Horizon A L’Envers.
Hope, étudiante en neuroscience rencontre Josh et Luke, deux étudiants dans la même matière, sur le campus. Le courant passe tout de suite entre les trois jeunes gens. Tant et si bien que Josh et Luke finissent par avouer à leur nouvelle amie qu’ils travaillent, en contrepartie du financement de leur études, pour une grosse structure de recherche scientifique privée. D’abord réticente Hope se laisse convaincre de les rejoindre sur un projet particulièrement ambitieux…
A la fermeture de ce bouquin un seul mot m’est venu à la bouche : Enfin ! Pas dans le sens enfin c’est fini, ce fut un calvaire à lire. Mon enfin m’est venu pour deux raisons. D’abord dans le sens enfin Marc Levy nous revient avec un très grand cru (ces derniers titres étaient agréables mais pas transcendants), digne de figurer dans son top 5. Ensuite parce qu’enfin j’ai eu mon premier vrai coup de coeur de l’année 2016.
J’ai pourtant eu un instant de flottement. Totalement emballé par la première partie, j’ai senti que le soufflé menaçait de s’effondrer avec la seconde partie, mais rapidement l’auteur relance sa mécanique implacable et le coup de coeur revient au galop. Rien de vraiment imprévisible dans le dénouement mais c’est bien amené, du coup ça passe comme une lettre à la poste.
L’intrigue s’articule autour de thèmes chers à l’auteur, l’amitié, l’amour, les relations familiales mais elle aborde aussi des sujets plus « sérieux », voire philosophique, du genre jusqu’où peut on aller au nom du progrès scientifique ? Quelles sont les limites morales et / ou humaines à poser au progrès ?
Des thèmes portés et/ou remis en question par le personnage de Hope. C’est en effet la seule qui porte tous les thèmes sur ses épaules, d’abord via son amitié avec Luke puis et Josh, puis son histoire d’amour, passionnée et fusionnelle, avec ce dernier. Ensuite par la relation, toute aussi fusionnelle, mais dans le respect de leur indépendance réciproque, qu’elle entretient avec son père. Enfin elle est celle qui, tour à tour, tempère les ardeurs scientifiques du trio, ou s’engage à fond avec ses complices..
Durant tout le roman j’ai trouvé le personnage de Luke quelque peu ambigü, un ressenti que ne fait que confirmer et renforcer la seconde partie du roman.
Ces deux dernières années le duel littéraire opposant Marc Levy à Guillaume Musso voyait ce dernier remporter la manche haut la main ; qu’en sera-t-il en 2016 ? Réponse fin mars avec La Fille De Brooklyn, le prochain Musso. Un pitch prometteur, un bon accueil critique de ses pairs… Un duel au sommet en prévision! Et ce n’est pas nous, lecteurs, qui nous en plaindrons…

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

Jérémy Fel – Les Loups A Leur Porte

J. Fel - Les loups à leur porteUn titre découvert un peu au hasard de mes pérégrinations webesques, devant l’enthousiasme des lecteurs (et notamment d’une certaine Belette Cannibale endémique à la Belgique) je me suis donc laissé tenter par Les Loups A Leur Porte de Jérémy Fel.
Difficile, voire impossible de vous proposer un pitch quelconque tant la construction du roman est déconcertante. Rassurez j’ai été déconcerté (et occasionnellement surpris) dans le bon sens du terme, le moins que l’on puisse c’est que pour un premier roman Jérémy Fel n’a pas fait le choix de la simplicité en optant pour ce que j’appellerai un roman de nouvelles.
Roman de nouvelles ? Ca y est il a fumé la moquette le Lord !!! Et bin non, je suis toujours non fumeur, alcoolémie au niveau zéro et à peu près sain d’esprit (faut le dire vite). En lisant les deux premiers chapitres je me dis que j’ai entre les mains un recueil de nouvelles tant il n’y a aucun lien entre les deux récits. Avec le troisième chapitre un semblant de lien (ténu, vachement ténu même) pointe son museau. Au fil des chapitres, du temps (de la fin des années 70 à nos jours) et de l’espace (des Etats-Unis à la France), on découvre des personnages, des liens et tout se met progressivement en place. Chapeau bas Monsieur Fel, vous avez réussi un coup de maître !
Etrange que les éditions Rivages ait inscrit ce titre dans leur collection littérature générale, il a en effet tous les atouts pour figurer chez Rivages Noir. Peut être une option marketing visant à séduire un public plus large. Globalement l’intrigue distille un sentiment de malaise, certains chapitres sont d’une dureté et d’une noirceur incontestable. Âmes sensibles s’abstenir mais vous passeriez alors à côté d’une perle rare.
Une fois que l’esprit s’est adapté à ce choix narratif hors norme, l’intrigue prend une tout autre dimension, on essaye (vainement) de trouver les liens avant que l’auteur ne nous les dévoile. Un bouquin qui de déconcertant devient rapidement hautement addictif. Cerise sur le gâteau, l’auteur adopte un style qui tend à fluidifier la lecture.
Je peux aisément concevoir que la sauce ne prenne pas auprès de certains lecteurs ; pour ma part je me suis lancé sans réelle conviction et j’en ressors aux anges. C’est une lecture qui exige un réel investissement personnel, aussi bien en terme de temps (laissez le bouquin 3 mois sur la table de chevet avant de le reprendre et vous serez largué) que de réflexion. Pour un premier roman Jérémy Fel place la barre haute, très haute…

MON VERDICT
jd4Coup de poing

[BOUQUINS] S. Greem – Publicité Pour Adultes : Tome 2

Le retour des oursons de la pub ! Si vous me suivez attentivement vous aurez compris que je vais vous proposer ma chronique du tome 2 de Publicité Pour Adultes de S. Greem. De nouveau je tiens à remercier l’auteure pour la confiance qu’elle place en moi en m’envoyant ces trois nouveaux épisodes.
Pour rappel il s’agit de littérature érotique mais servie par une intrigue soignée qui bénéficie d’une réelle profondeur. S. Greem dorlote ses oursons défoncés et pervers même s’ils doivent traverser bien des épreuves pour s’épanouir. Un juste mélange d’érotisme, de romance, d’intrigue sur fond économique, de magouilles diverses et variées et de défonce. Wait Teddy Bear, I’ll come with you again !
Comme pour ma chronique du premier tome je vous livre mes réactions épisode par épisode (pour rappel chaque tome de la trilogie est composé de trois épisodes) ; c’est d’ailleurs pour cette raison que j’attendais d’avoir l’intégralité du tome 2 avant de me lancer.

Alerte spoilers : si vous n’avez pas encore lu le tome 1, passez votre chemin. Je suis obligé de dévoiler la fin du tome précédent pour chroniquer celui-ci.

Episode 4

S. Greem - Publicité pour adultes : Ep4Ce premier épisode du tome deux (et donc le quatrième de la série… vous me suivez ?) nous propose de découvrir les trois premier chapitres du roman, soit l’équivalent papier de 189 pages. L’épisode démarre quelques minutes après la fin du précédent.
Après sa rupture avec Terry, Ian se tranche les veines. Heureusement que Paul, son ami d’enfance, arrive à temps pour appeler les secours. En convalescence, Ian sait qu’il doit comprendre la nature du conflit entre son père et celui de Terry s’il veut sauver leur couple…
Un épisode plus soft (mais non dépourvu de piment quand même) qui lance Ian (version plus tourmentée que jamais)et ses oursons vers un nouveau départ. Pas de grandes révélations au menu mais les choses devraient se préciser au vu de ce qui se prépare.
J’avoue avoir pour Ian un ressenti mitigé, globalement je l’apprécie mais parfois il peut se comporter comme un parfait connard, surtout avec la douce Terry. Alors qu’elle se confie à lui, il se réfugie derrière son sempiternel et hypocrite « du temps au temps« .
Même dans sa relation avec Terry il fait parfois (souvent) preuve d’un égoïsme démesuré, ne consentant pas la moindre concession. Je cite Terry : « Pourquoi est-ce que mon opinion ne compte jamais ? répliqua-t-elle face à mon air déterminé. Il y a la drogue, la douleur, puis les gars de l’agence. Que devrais-je encore supporter ? »
Si la situation des personnages évolue on ne croise aucun nouveau venu, on n’apprécie plus encore ceux que l’on appréciait avant (les oursons) et l’on déteste encore davantage ceux que l’on détestait avant (Emy et Conival en tête de lice). Bref une superbe ouverture qui donne envie d’aller plus loin !

Episode 5

S. Greem - Publicité pour adultes 2.2Ce cinquième épisode vous plongera dans les chapitres 4 à 7 du second tome, soit l’équivalent papier de 201 pages.
Ian s’investit à fond chez X//MARKS, il faut dire que les oursons croulent rapidement sous les clients appâtés par leur première campagne qui fut un succès monstre. Dans le même Ian apprend une terrible vérité concernant la mort d’Helen, et l’implication de son père et surtout de Conrad Russel dans ce drame…
On apprend enfin les circonstances du drame qui ont coûté la vie à Helen et brisé Ian, et l’on découvre avec lui (et avec la même stupeur) ce qui se cache derrière ce drame. est-ce que l’on absous Ian pour ses multiples travers ? Non, définitivement non ! Et je ne suis pas le seul à le penser.
Paul, son ami d’enfance, porte sur lui un jugement sans appel : « Ah oui, j’ai oublié que tu l’as initiée. Mais t’es vraiment qu’un sale égoïste parce que cette fille n’est pas comme ça. T’as pensé à elle ? »
Terry essaye de lui ouvrir les yeux : « Pour moi, l’amour ce n’est pas ça. J’ai besoin de douceur, pas de douleur. »
Et même le Dr Liu, son mentor, le mets en garde contre lui même : « N’oublie pas Ian, celui qui est maître de lui-même est plus grand que celui qui est maître du monde.  »
Si les oursons sont toujours autant adeptes de la défonce sous toutes ses formes, Ian essaye de réprimer ses pulsions pour se consacrer pleinement à Terry. Mais comme le dit le dicton : Chassez le naturel… ! La partie n’est pas gagné d’avance.
Un épisode qui pourrait poser les prémices d’une nouvelle relation entre Ian et son père. Là encore toutes les cartes sont entre les mains de Ian… à moins que son paternel ne lui ait pas encore tout dit.
Complètement absorbé par l’intensité récit on oublie rapidement que l’on tient entre les mains un récit érotique, et même les scènes de cul s’intègrent parfaitement au récit. Toujours autant sous le charme, je vais rapidement me plonger dans la suite…

Episode 6

Publicité pour Adultes 2.3Ce sixième épisode clôt le second tome de Publicité Pour Adultes avec les chapitres 8 à 12, soit l’équivalent papier de 172 pages. Au vu de la fin de l’épisode précédent inutile de préciser que j’avais hâte de découvrir la suite…
Tout semble enfin sourire à Ian. Terry vient s’installer chez lui, cerise sur le gâteau elle semble avoir pris goût aux plaisirs du BDSM et va rejoindre les rangs de X//MARKS. L’agence est en pleine effervescence malgré les menaces de procès intenté par Russel & Buzz…
La grande révélation de cet épisode concerne Thomas Riley, le père de Ian. D’une part on découvre enfin pourquoi Terry paraît aussi attaché à lui. Et la fin nous réserve une (semi) surprise de taille. Sur ce coup une fois de plus on a envie de choper Ian par le colbac et de lui coller des claques jusqu’à lui décrocher la tête. Je vous laisse découvrir pourquoi tant de haine…
De nouveau j’ai été happé par le récit et c’est à regret que j’ai vu apparaître le mot FIN. Une fin de tome moins stressante toutefois que celle du premier opus. Maintenant je n’ai qu’une hâte, découvrir la suite (et fin) mais je suis d’ores et déjà certain que Sara sera à la hauteur de toutes nos espérances, laissons lui juste le temps de nous mitonner un final en apothéose… Du temps au temps comme dirait l’autre.

D’ailleurs je laisse le mot de la fin à Ian, qui mieux que lui pourrait nous parler des oursons de la pub ?
« Ce qui me plaisait, c’était les entendre rire aux éclats lorsqu’ils entrechoquaient leurs bouteilles. Ou encore de les voir vivre pleinement leur vie. Sans tabous. Dans un monde dur et féroce où le travail prend tellement de place, les oursons en peluche se comportaient comme des adolescents orphelins. Terry avait tort lorsqu’elle disait qu’ils avaient choisi la futilité. La futilité est un luxe réservé aux adultes. Les oursons, eux, vibraient au rythme des sensations fortes et de l’amour facile. Ils jouaient au chat et à la souris avec une société qui condamnait l’anormal et le spontané. Mais ils jouaient aussi à ce même jeu avec eux-mêmes. Repoussant les limites de l’acceptable et de l’accepté. Les oursons en peluche, eux, connaissaient la loyauté et la fidélité. Envers chaque membre du clan ou envers une idée qui germait dans leurs têtes.  Ils se soutenaient et se protégeaient mutuellement. Mais ce qui me plaisait par-dessus tout, c’était les enseignements qu’ils m’avaient prodigués. L’amitié et les partages. La spontanéité et la liberté. Oui, j’étais leur gardien. Et je me sentais mieux en me l’avouant à moi-même. »

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Muriel Houri – Jeux, Tue, Ils

M. Houri - Jeux, tue, ilsCela faisait déjà quelque temps que je n’avais pas mis les éditions Flamant Noir à la une de ces chroniques, il faut croire que j’attendais le titre qui fasse tilt pour me lancer. Le second roman de Muriel Houri, Jeux, Tue, Ils m’a tout suite fait des appels du pied.
Alice et Julien, forment un jeune couple ravagé par la perte de leur fille, Sally. Quand elle apprend, par un message anonyme, que son mari la trompe avec une certaine Myriam, Alice, bien que bouleversée, décide de prendre sur elle. Quelque temps plus tard, un SMS anonyme, MYRIAM EST MORTE, donne le go d’un sinistre jeu de piste orchestré par un inconnu qui semble en savoir beaucoup sur Alice et ses proches…
Avec son précédent roman, Menace (aussi disponible chez Flamant Noir), Muriel Houri avait démontré qu’elle savait manier à la perfection toutes les ficelles du thriller psychologique. Autant dire qu’elle avait placé la barre haut et que son second opus serait attendu par des lecteurs plein d’espoir et d’attentes. Alors kezaco de ce nouveau roman ?
Nul doute que les lecteurs qui ont aimé Menace seront comblés par ce second roman. Avec Jeux, Tue, Ils l’auteure, tout en restant fidèle au thriller psychologique, donne une autre dimension à son roman. Ici pas de réelle menace sur les personnages, quoique… mais plutôt le poids des mensonges et des non-dits.
L’intrigue se noue essentiellement autour d’Alice, une jeune femme effacée qui a un mal de chien à surmonter la perte de sa fille. C’est presque malgré elle qu’elle va se retrouver impliquée dans un troublant jeu de piste destiné à lui faire découvrir la vérité sur son entourage.
L’entourage en question est essentiellement constitué de Julien, son mari, Martin, le frère de ce dernier et de Judith et Gilles, des amis du couple. Peu à peu on va découvrir les liens / relations qui unissent tout ce beau monde. Et Dieu qu’il y a beaucoup à découvrir en grattant la surface des apparences… Jusqu’au bout vous n’en finirez pas de vous poser des questions, nul doute non plus que le final ne manquera pas de vous surprendre.
Avec peu d’action et un rythme plutôt lent, Muriel Houri installe rapidement une grosse tension nerveuse, tension qui ne se relâchera pas avant d’avoir tourner la dernière page du roman. Et encore, même une fois le bouquin refermé vous n’aurez aucune certitude. Ca pourrait sembler frustrant mais pour ma part j’ai aimé cette pointe d’incertitude ; inutile de chercher à combler le vide, l’auteure ne dispense aucun indice permettant d’y répondre.
Cerise sur le gâteau, même si en numérique le visuel peut avoir moins d’importance, un soin particulier a été apporté à la couverture du roman. Un sans faute pour Muriel Houri et encore une pépite pour Flamant Noir.

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[BOUQUINS] Emmanuel Neuman – Dura Lex Sed Rollex

E. Neuman - Dura lex sed rollexJe reste dans le format court avec une lecture faite à la demande de son auteur, Dura Lex Sed Rollex d’Emmanuel Neuman.
Je laisse donc à l’auteur le soin de nous présenter son bébé : « Dura Lex Sed Rollex est un roman à la croisée de la satire politique, du récit d’anticipation et du drame amoureux. Dans un monde du futur en guerre, où le pouvoir est entre les mains d’IA névrosées, d’aliens excentriques et de dirigeants politiques dotés d’une conception assez élastique de l’intérêt général, il met en scène avec humour deux personnages principaux. Le premier est le président Olas Karzincsky. Dirigeant démocratiquement élu de la Confédération démocratique interplanétaire, digne continuateur d’une longue tradition de chefs d’Etat portés sans demi-mesure sur les plaisirs du sexe, il fait montre de plus d’ambition que de convictions, sans que cela semble déranger outre mesure les électeurs… Le second est le fantassin, Arb Umad, élément peu enthousiaste de la 1ère Division d’assaut orbital. Comme il le reconnaît lui-même, narcissisme et opportunisme sont les deux mamelles nourricières d’une existence dont son nombril est le centre exact. Du moins jusqu’à ce qu’il croise la belle Juliette sur sa route… Toute ressemblance avec des faits ou des personnages réels est bien entendu fortuite… »
Un peu long comme présentation, surtout pour un roman court ? Bin non justement, quitte à paraître un tantinet paradoxal, c’est difficile de faire court tant le bouquin revêt de multiples facettes. Mais avant tout c’est un concentré de bonne humeur à l’humour un peu barré… Tout ce que j’aime donc !
Dans le coin droit, le président Karcincsky (chapitres rédigés à la troisième personne), un chef d’état qui cultive l’incompétence avec une incroyable ferveur… pour vous dire même Sarkozy et Flamby passeraient pour des modèles de compétence et d’efficacité comparés à notre gugusse.
Dans le coin gauche, le fantassin Arb Umad (chapitres écrits à la première personne), troufion de son état qui n’a rien d’un héros, son credo serait plutôt la lose mais il se retrouve bien malgré lui embarqué aux premières lignes d’un conflit auquel il ne pige pas grand chose.
Au centre des éléments de contexte, qui, comme leur nom l’indique, nous informe de la situation et de son évolution.
Ajoutez à cela des extra-terrestres insectoïdes belliqueux (quoique ?) dont l’intelligence et la technologie dépassent largement celle de l’humanité… qui, fidèle à son habitude, est trop occupée à se foutre sur la gueule plutôt que d’aller de l’avant ! Des IA qui parfois auraient bien besoin de psychologues virtuels pour se remettre les idées en place.
Sous couvert d’humour l’auteur prend aussi un malin plaisir à jouer la carte de la satire politco-sociale, des piques qui peuvent s’adresser à toute la classe politique sans distinction d’étiquettes ou de partis. Bref un cocktail qui n’explosera que vos zygomatiques et qui s’ingurgite d’une traite. C’est à regret que l’on voit s’afficher le mot FIN.
Pour en savoir plus je vous invite à consulter le blog du livre.

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