[BOUQUINS] Sophie Hénaff – Rester Groupés

S. Hénaff - Rester groupésUne nouvelle rubrique placée sous le signe des retrouvailles puisqu’il s’agit de Rester Groupés, second roman de Sophie Hénaff. Et seconde enquête de sa très atypique Brigade Capestan.
Capestan et son équipe sont appelés sur une scène crime par le divisionnaire Buron. La victime : Serge Rufus, un cador de l’antigang et accessoirement père de l’ex-mari de Capestan. Sur place la BRI et la Crim’ prennent déjà leurs marques, la collaboration entre les trois équipes s’annonce compliqué ; mais il faut plus que ça pour décourager la Brigade Capestan…
On retrouve tous les ingrédients qui ont fait le succès de Poulets Grillés, le premier roman de Sophie Hénaff. A commencer bien entendu par la fameuse brigade qui est sensée regrouper des flics tout juste bons pour une mise au placard. Leurs méthodes sont certes atypiques, voire excentriques, mais ensemble ils progressent sans qu’aucun obstacle ne leur paraisse infranchissable. Sauf que cette fois Anne Capestan va se retrouver impliquée personnellement, l’enquête exige en effet qu’elle reprenne contact avec son ex-mari. L’occasion de découvrir une nouvelle facette du personnage, une dimension plus sentimentale qui ne la rend que plus attachante.
Dans sa grande magnanimité, le divisionnaire Buron leur a même affecté un nouveau collègue, Henri Saint-Lô, tout juste sorti d’HP et toujours persuadé d’être un mousquetaire au service du roi. En plus de Pilote, le petit roquet d’Eva Rosière, la brigade animale se voit aussi renforcée d’un nouveau membre, Ratafia, un rat-policier dressé par Merlot.
Vous l’aurez compris Sophie Hénaff joue toujours à fond la carte de l’humour et de la dérision pour faire évoluer la brigade de flic la plus atypique de France… et plus si affinités ! Mais ce second degré parfaitement assumé ne se fait pas au détriment de l’intrigue, l’auteure nous prouve, une fois de plus, qu’elle maîtrise toutes les ficelles du genre.
Certes pas aussi éprouvant qu’un roman d’Olivier Norek ou de Maxime Chattam, Rester Groupés est un polar qui brille surtout par son ton décalé et pétillant ; l’enquête à proprement parler nous réserve bien quelques surprises mais ne vous attendez pas à avoir les nerfs en pelote… ici ce sont les zygomatiques qui sont sollicités.
J’aurai tendance à dire que Sophie Hénaff a inventé le polar feel good, une bouffée d’air frais bienvenue et appréciable entre deux thrillers purs et durs, sans couper totalement le cordon avec le milieu policier… Au vu de l’épilogue il ne fait aucun doute que la Brigade Capestan est appelée à revenir, je serai moi aussi fidèle au poste.

MON VERDICT
jd4

Explication sur ma note de 4/5.
Si je lui ai accordé un 4 et non un 5, comme pour Poulets Grillés, c’est uniquement parce que l’effet de surprise lié à la découverte de la Brigade Capestan n’est plus au rendez-vous.
Il n’en reste pas moins que j’ai beaucoup aimé ce second roman, je pense que ma chronique est là pour vous le prouver.

[BOUQUINS] Stephen King – Carnets Noirs

S. King - Carnets noirsUn nouveau roman de Stephen King est toujours un événement très attendu par ses nombreux, qui plus est quand celui-ci est présenté comme la suite du très convaincant, Mr Mercedes. Mes lectures en cours m’ont empêché de me ruer dessus dès son achat, mais c’est désormais chose faite et je peux vous livrer mes impressions sur Carnets Noirs, second opus de la trilogie Bill Hodges.
1978. Morris Bellamy abat froidement John Rothstein, un écrivain à succès à la retraite. Son mobile : il n’ pas du tout aimé ce que Rosthein a fait de son personnage fétiche, Jimmy Gold. Avec ses deux complices ils embarquent le contenu du coffre-fort de l’écrivain, de l’argent et des manuscrits inédits.
2009. Peter Saubers, un adolescent dont les parents doivent faire face à de grosses difficultés financières et ne cessent de se disputer, trouve par hasard l’argent et les manuscrits. l’argent lui apparaît comme une manne pour sortir ses parents du gouffre.
Cette suite n’en est pas vraiment une puisqu’elle commence plus de trente ans avant que le Tueur à la Mercedes ne fasse un carnage à la foire de l’emploi du City Center. Puis les événements se télescopent (le père de Peter sera grièvement blessé au City Center). Tout cela fait l’objet de la première partie du roman. Les seconde et troisième partie se passent après que Brady Harstfield ait été neutralisé.
Pas vraiment une suite mais si vous souhaitez lire la trilogie je vous recommande de la prendre dans l’ordre de parution, de nombreux éléments décisifs de Mr Mercedes sont révélés dans ce second opus, le lire avant son aîné gâcherait sérieusement l’effet de surprise (voire même le plaisir, tout simplement). Sinon vous avez toujours l’option de lire Carnets Noirs en faisant l’impasse sur Mr Mercedes (ce qui serait un gâchis selon moi, mais c’est vous qui voyez).
On retrouve bien entendu Bill Hodges, devenu détective privé, qui va devoir prendre les choses en main afin de découvrir, à la demande de Tina, la petite soeur de Peter, ce qui semble tant inquiéter son frère. Il pourra (et c’est plutôt une bonne surprise pour les lecteurs de Mr Mercedes) compter sur l’aide ses complices, Holly, embauchée en tant qu’assistante de Bill, et Jerome, de retour à la maison pour les vacances d’été. Un trio atypique toujours aussi efficace que complémentaire.
Parmi les nouveaux venus j’ai beaucoup aimé Peter et Tina, les enfants Saubers. Pour faire face aux coups durs ils ont développé une relation quasi fusionnelle, à tour de rôle (Peter plus souvent que Tina, grand frère oblige) ils se protègent et se couvrent. Par moments ils apparaissent même plus matures que leurs parents, trop empêtrés dans leurs propres emmerdes pour faire réellement attention à leurs enfants.
Par contre je n’ai pas ressenti la moindre once d’empathie pour le personnage de Morris Bellamy. Au mieux j’ai été indifférent à ce qui pouvait lui arriver, au pire (le plus souvent) j’ai pris un malin plaisir à le détester chaque fois un peu plus que la précédente.
Comme d’hab le King maîtrise à la perfection son intrigue, il fait prendre la sauce lentement mais sûrement, puis nous impose un rythme de plus en plus soutenu. Une fois que vous aurez entamé la troisième et dernière partie, il vous sera impossible de refermer le bouquin avant d’en avoir lu le dernier mot.
La relation entre l’écrivain et le monde qui l’entoure a été au centre de nombreux romans de Stephen King. Qu’il s’agisse de l’écrivain en proie à une fan un tantinet psychotique (Misery), de l’écrivain face à sa création (La Part Des Ténèbres), l’écrivain face au blocage de la page blanche (Sac D’Os) ou encore l’écrivain et son inspiration (Histoire De Lisey). Le postulat de départ est un peu le même que pour Misery (un fan, Morris Bellamy, reproche à un auteur, John Rothstein, le sort réservé à un de ses personnages récurrents), mais les deux récits n’ont que ça en commun, vous l’aurez compris Carnets Noirs prend une toute autre direction dans le développement de son intrigue.
Inutile de vous dire qu’il me tarde de retrouver Bill Hodges. D’une part parce que Stephen King nous offre des thrillers mâtinés de noir de très haut de gamme. De l’autre du fait de la possible orientation (confrontation ?) de cet ultime opus… ce n’est que supposition de ma part et de toutes façons je ne dirai rien de plus.

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

Morceaux choisis

L’une des révélations les plus électrisantes dans une vie de lecteur, c’est de découvrir qu’on est un lecteur – pas seulement capable de lire (ce que Morris savait déjà), mais amoureux de la lecture. Éperdument. Raide dingue. Le premier livre qui donne cette impression ne s’oublie jamais et chacune de ses pages semble apporter une nouvelle révélation, une révélation qui brûle et qui enivre : Oui ! C’est ça ! Oui ! Je l’avais vu aussi ! Et, bien sûr : C’est exactement ce que je pense ! C’est ce que je RESSENS !

Un bon romancier ne guide pas ses personnages, il les suit. Un bon romancier ne crée pas les événements de son histoire, il les regarde se dérouler et ensuite il les écrit. Un bon romancier finit par réaliser qu’il est secrétaire, et non pas Dieu.

[BOUQUINS] Pierre Lemaitre – Trois Jours Et Une Vie

P. Lemaitre - Trois jours et une vieAprès le magistral (et fort justement goncourisé) Au Revoir Là-Haut, les lecteurs attendaient de pieds fermes Pierre Lemaitre. D’autant qu’avec ce roman l’auteur a prouvé qu’il pouvait faire autre chose que du thriller pur et dur, et le faire foutrement bien qui plus est. C’est donc confiant que j’ai ouvert Trois Jours Et Une Vie, son dernier opus.
Décembre 1999. La commune de Beauval est en émoi suite à la disparition de Rémi Desmedt, un petit garçon de six ans. Pour Antoine, douze ans, ce drame prend une tournure bien plus personnelle, il est en effet le seul à savoir que Rémi n’a pas seulement disparu, et pour cause…
Visuellement déjà le bouquin en jette, la couv’ est superbe avec son paysage forestier. Passons maintenant à la prise en main (façon de parler, ayant lu le bouquin en numérique), c’est léger, trés léger. A peine 240 pages ! Dites Monsieur Lemaitre, nous faire attendre 3 ans pour ça, c’est limite, non ?
Permettez-moi de répondre à la place de l’auteur. Que nenni les amis ! C’est léger mais ça envoie du lourd ! Ces 240 pages sont d’une rare intensité. Bien qu’écrit à la troisième personne, l’auteur nous fait vivre les événements via le personnage d’Antoine. Un adolescent effacé qui, dans un moment d’égarement, va commettre l’irréparable. Un drame qui ne cessera jamais de le hanter, un peur qui ne le quittera jamais. Une fois de plus le formidable talent de conteur de Pierre Lemaitre déploie toute son efficacité, on vit le récit en totale immersion. Les tripes vrillées et les nerfs en pelote… comme Antoine.
L’essentiel de l’intrigue se déroule en 1999, l’occasion pour l’auteur de mettre en avant des personnages d’adolescents, un groupes d’amis plus ou moins proches, tous concernés par la disparition de Rémi. Les adultes, bien que présents et jouant un rôle important, sont comme relégués en arrière plan. Pour que la sauce prenne il fallait donner une véritable profondeur à ces ados, Pierre Lemaitre le fait avec brio.
La seconde partie du récit nous expédie en 2011. On y retrouve nos adolescents devenus adultes, chacun ayant suivi sa propre voie. Des retrouvailles au cours d’une soirée, un écart de conduite lourd de conséquences. Décidément le sort s’acharne sur Antoine (qui ne se pose jamais en victime soit dit en passant).
La troisième et dernière partie, un unique chapitre, nous conduit en 2015. Une conclusion qui vous réserve une ultime surprise de taille.
Alors trop court ce roman ? Force est de constater que non. Tout a été dit et bien dit. Chapeau bas Monsieur Lemaitre, une fois de plus vous réussissez à nous surprendre, une fois de plus nous avons été sous le charme de votre plume.
Les maniaques du classement se demandent peut être à quel genre rattacher ce roman. Je vous souhaite bien du courage ! On est dans la littérature générale avec quelques touches bien noires et l’ensemble se lit comme un thriller.

MON VERDICT
jd4Coup de poing

[BOUQUINS] Jussi Adler-Olsen – Promesse

J. Adler-Olsen - PromesseDirection le Danemark pour ma chronique littéraire du jour, un terrain qui ne m’est pas totalement inconnu puisqu’il s’agit de se replonger au coeur du Département V pour leur sixième affaire, baptisée Promesse, avec bien entendu toujours Jussi Adler-Olsen aux commandes.
1997. Une jeune femme est retrouvée morte sur l’île de Bornholm, la police, après enquête, conclut à un accident de la route. Christian Habersaat, le policier municipal qui a découvert le corps, n’y croit pas ; il va se consacrer corps et âme à découvrir la vérité. 2014. Juste avant de se suicider Habersaat prend contact avec le Département V. Carl Morck et son équipe vont reprendre l’affaire à zéro…
C’est bien entendu avec plaisir que j’ai retrouvé Carl, Assad et Rose même si ce nouvel opus ne nous en apprend pas beaucoup plus sur leurs personnalités et leur parcours ; de même nous n’avancerons pas des masses dans l’affaire du pistolet à clous (les habitués comprendront).
Même si l’intrigue est bien menée et nous réserve quelques surprises je la situerai un tantinet en deçà des précédentes. Un indice majeur est livré prématurément, même s’il ne nous permet pas de tout comprendre en un claquement de droit, ça nous gâche un peu les révélations finales.
Même si j’ai commencé par deux bémols n’allez pas croire que je quitte ce roman avec une mauvaise impression. Ca reste un thriller de haut niveau parfaitement maîtrisé, qui plus est la griffe JAO nous garantit une grande fluidité de lecture. C’est juste le rythme qui est un peu plus lent que précédemment (jusqu’aux derniers chapitres le Département V n’est jamais menacé directement au fil de ses investigations).
Cette fois l’auteur confronte le Département V au vaste monde des médecines alternatives et autres disciplines plus ou moins ésotériques… Je n’en dirai pas davantage afin de ne pas risquer de dévoiler des éléments de l’enquête (mais si ceux-ci s’imposent et s’emboîtent assez logiquement et rapidement).
Même si j’ai trouvé cette sixième affaire un peu moins palpitante que les précédentes, je serai au rendez-vous pour le septième opus.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Bernard Werber – Le Sixième Sommeil

B. Werber - Le Sixième SommeilEncore un incontournable de cette rentrée littéraire 2015 au programme avec Le Sixième Sommeil, le dernier roman de Bernard Werber. Un titre one-shot pour changer (le précédent était Le Miroir De Cassandre et il date déjà de 2009).
Quand Caroline Klein, scientifique avant-gardiste spécialisée dans le sommeil, disparaît du jour au lendemain, son fils, Jacques, cherche à comprendre le pourquoi du comment. Une partie des réponses à ses questions se trouvent dans le sommeil et plus particulièrement dans le monde des rêves…
Je ne vous apprendrais rien en vous disant que bon nombre d’écrivains français ont un incroyable talent qui n’a rien a envier à celui de leurs confrères d’outre-Atlantique ou d’outre-Manche. En matière d’imagination et d’imaginaire je place toutefois Bernard Werber sur le haut du podium, il a le don formidable de combiner des éléments du monde réel avec de la pure fiction, le tout sur fond de vulgarisation scientifique. Une fois de plus le résultat fait mouche, non seulement on se régale de l’intrigue imaginée par l’auteur, mais en plus on s’instruit en s’amusant. Il donne ainsi tout son sens au terme science-fiction.
J’ai ainsi appris un paquet de trucs sur le sommeil, au lieu de m’endormir ça a éveillé ma curiosité et du coup j’ai creusé la question sur Internet… c’est ça le second effet Werber ! Au risque d’enfoncer une porte ouverte je trouve hallucinant de chercher à dompter l’espace alors que notre propre cerveau est un territoire encore méconnu et un formidable outil sous exploité par la quasi totalité de l’espèce humaine.
J’ai aussi voyagé en Malaisie à la découverte des surprenants Sénoïs (avec là encore un habile mélange entre la réalité et la légende). Un voyage marqué par les ravages environnementaux liés à la culture intensive des palmiers à huile, mais aussi par la corruption qui touche tous les niveaux de l’administration et du pouvoir et les travers de l’industrie touristique à outrance.
L’intrigue est captivante, là encore aucun risque d’endormissement, de nombreuses surprises sont au rendez-vous, ponctuées çà et là par quelques touches d’humour et juste ce qu’il faut d’émotion. Le bouquin se lit avec fluidité, on un bon potentiel de page-turner.
Les personnages sont richement travaillés avec un tas de personnalités différentes. Mention spéciale à Franckie, un ancien légionnaire reconverti en reporter freelance depuis qu’il est devenu cataleptique. L’auteur nous offre même un sympathique clin d’oeil à ses confrères de la Ligue de l’Imaginaire, on croise en effet un certain Dr Eric Giacometti et un privé nommé Franck Thilliez.
Un roman à la hauteur de ce que j’attendais et espérais de Bernard Werber. Généralement je ne prête que peu d’attention à la couverture des bouquins (plus encore depuis que je suis passé au numérique) mais je trouve celle-ci très belle.

J’aimerai apprendre à dompter mon sommeil comme le fait Jacques Klein, ne serait-ce que les cinq cycles avérés… pour le sixième on verra plus tard, les conditions d’accès ne me semblent pas encore idéales.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Stephen King – Revival

skrevIncroyable mais vrai… J’ai réussi à patienter 7 jours après son achat (le temps de finir ma lecture en cours, heureusement fort addictive) avant de me plonger dans Revival, la seconde cuvée 2015 de Stephen King. Une volonté de fer qui ne cesse de m’étonner… d’autant que je n’ai pas été aidé par certains vils tentateurs ! N’est-ce pas Yvan ?
Jamie Morton n’est qu’un gamin de six ans quand il fait la connaissance du révérend Jacobs. Un drame les séparera, puis les chemins chaotiques du destin les fera se croiser à nouveau. Dès lors plus rien ne sera jamais comme avant pour Jamie Morton…
D’entrée de jeu le King annonce la couleur en dédiant son récit à Mary Shelley, Bram Stoker et H.P. Lovecraft… pour ne citer que les trois premiers noms d’une longue liste. Forcément il y a de quoi baver, bien davantage encore que ce brave Cujo au summum de ses crises enragées !
On découvre un récit à la première qui s’étale du début des années 60 à nos jours, un chassé croisé entre les chemins de Jamie Morton (le narrateur) et de Charles Jacobs au fil de leurs rencontres. A vrai dire au départ on se demande bien où l’auteur veut nous amener ; mais on se docilement laisse entraîner par les talents de conteur du King… et la promesse annoncée par une phrase de Jamie : « Quand je pense à Charles Jacobs – mon cinquième emploi, mon élément perturbateur, ma némésis –, je ne peux supporter de croire que sa présence dans ma vie ait eu quoi que ce soit à voir avec le destin. Cela voudrait dire que toutes ces choses terribles – ces horreurs – devaient arriver. »
Le moins que l’on puisse dire c’est que le King prend son temps dans son bouquin, si vous espérez de brusques poussées d’adrénaline alors passez votre chemin. Il faut quasiment attendre la seconde partie du bouquin pour voir un soupçon de fantastique pointer le bout de son nez. Et longtemps l’aspect fantastique du récit ne sera que la toile de fond.
Et pourtant à aucun moment je n’ai eu envie de refermer le bouquin pour passer à autre chose. D’une part parce que cette simple idée me semble totalement inconcevable pour l’inconditionnel du King que je suis. Mais aussi et surtout parce que l’auteur parvient à maintenir notre intérêt en éveil par quelques trouvailles bien senties. A ce titre le Terrible Sermon du Révérend Jacobs est un moment d’anthologie, pour l’indécrottable athée que je suis ce fut presque jouissif de découvrir ces phrases sorties de la bouche d’un cul-bénit en soutane ! Je n’en dirai pas plus sur le sujet afin de laisser intact le plaisir de la découverte.
Comme souvent avec le King on retrouve certaines références à ses romans précédents, ici c’est Joyland qui est mis en avant. Et ça tombe plutôt bien parce qu’on y retrouve la même ambiance et plus ou moins la même architecture dans le récit (bien que les deux intrigues soient radicalement différentes).
A ceux et celles (si si, il y en a… j’en connais même certains) qui ont refermé ce bouquin avant la fin, je ne peux que vous recommander de tenter l’expérience ultérieurement et de persévérer encore et encore (ce n’est pas non plus un calvaire) jusqu’au final grandiose (je m’attendais à un truc du genre mais j’ai quand même été bluffé).
Athée de mon état je suis convaincu qu’après ma mort il ne restera que mes cendres à foutre à la poubelle. La vie après la mort ce n’est pas vraiment ma tasse de thé, pas plus que les notions de paradis et d’enfer. En tout cas l’après-mort que nous propose de découvrir le King dans son roman ne donne vraiment pas envie de faire le grand saut !
Parmi les auteurs cités dans sa dédicace le King mentionne Robert Bloch, dans le roman il est souvent fait état de Ludwig Prinn et de son grimoire De Vermiis Mysteriis, tous deux créés de toute pièce par Bloch (le grimoire est d’ailleurs aussi cité par Lovecraft et fait partie intégrante du Mythe de Cthulhu). Un bel hommage à ses aînés et muses.
Dédicace qui a aussi éveillé ma curiosité à propos du roman, Le Grand Dieu Pan, de Arthur Machen ; bouquin qui aurait hanté la vie de Stephen King. Il va falloir que je me penche sérieusement (et rapidement) sur la question…

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Jean-Christophe Grangé – Lontano

JC Grangé - LontanoFichtre diantre, en voilà un qui a su se faire attendre ! Depuis Kaïken, sorti en 2012, c’était silence radio sur les ondes de Jean-Christophe Grangé. Autant dire que quand j’ai vu qu’il sortait un nouveau roman je me suis rué dessus. Il m’aura donc fallu le temps d’un weekend (pas à temps plein… j’ai aussi une vie à côté des livres) pour lire Lontano.
Erwan Morvan, commandant d’un groupe de la Crim’ au 36, est envoyè par son père, Grégoire, homme de l’ombre du ministère de l’Intérieur, sur une base aéronavale bretonne afin d’enquêter sur un bizutage qui aurait mal tourné. Erwan va rapidement se rendre compte que les apparences sont trompeuses, l’accident supposé s’avérera être un meurtre. Qui plus est le tueur pourrait bien constituer une menace directe pour le clan Morvan…
Commençons par répondre à la question qui taraude les fans de l’auteur : est-ce que ça valait le coup de poireauter 3 ans pour découvrir Lontano ? Sans hésitation ma réponse est un oui franc et massif, Kaïken m’avait rassuré quant au retour gagnant de Jean-Christophe Grangé, Lontano confirme et va même encore plus avant dans le thriller impeccablement maîtrisé.
Avant de vous parler de l’intrigue il me semble essentiel de vous parler des personnages et plus particulièrement du clan Morvan. L’auteur tisse tout son roman autour de cette famille pleine de secrets et de non dits.
Une famille dominée par le patriarche, Grégoire, flic puis barbouze, il n’a jamais vraiment décroché, agissant toujours dans l’ombre plus ou moins directement pour le compte des gouvernants (et pour le sien aussi au besoin). Un homme dur, au passé trouble et au présent pas très clair. Un mari violent et un père absent, craint par ses enfants. Malgré les coups et les brimades qu’il lui inflige, il pourra compter sur le soutien indéfectible de Maggie, son épouse, femme effacée, complice peut être pas aussi soumise qu’il n’y parait.
Le couple a trois enfants. Erwan, l’aîné, commandant à la BC du 36, marche dans les pas du paternel mais en empruntant moins de chemins de traverse. Eternel protecteur des deux plus jeunes face aux coups de colère du Vieux. Le second, Loïc, est un trader qui a réussi sa vie professionnelle mais complètement foiré sa vie privée à force de se poudrer les narines. Et Gaëlle, la cadette, qui rêve de devenir actrice mais fait plus office d’escort qu’autre chose.
Voilà pour le charmant portrait de famille. L’intrigue va justement ramener le Patriarche 40 ans en arrière. Lors d’une mission en Afrique, au terme d’une longue et éprouvante traque, il a neutralisé l’Homme-aux-Clous, un tueur en série qui s’inspirait des croyances locales pour sacrifier ses victimes. Aujourd’hui c’est au tour d’Erwan de traquer un tueur qui semble s’inspirer du même mode opératoire pour mutiler ses proies.
Comme à l’accoutumée l’auteur nous propose une intrigue richement documentée et particulièrement soignée. 800 pages durant on se fait balader de surprises en rebondissements, bien malin celui ou celle qui devinera le fin mot de l’histoire avant le clap de fin.
Clap de fin ? En fait non pas vraiment, pour la première fois l’auteur nous propose un récit divisé en deux parties. La suite étant annoncée pour le premier trimestre 2016. Je tiens toutefois à vous rassurer, l’intrigue abordée ici connaît sa conclusion ; c’est juste que le clan Morvan n’a pas encore livré tous ses sombres secrets…
Private joke pour terminer cette chronique, je vous livre les premières phrases du premier chapitre en guise de mise en bouche : « Hollande est un connard, une fiotte, une couille molle ! clamait Morvan. Bon dieu, mais quand est-ce qu’un président aura des burnes dans ce pays ? (…) Il a jamais été foutu de faire tourner le PS et on lui donne les clés du pays ? On s’attendait à quoi ? Les Français sont des sales cons, et en un sens, ils ont ce qu’ils méritent ! » Ce n’est pas moi que le dit… mais je n’en pense pas moins !

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Sophie Hénaff – Poulets Grillés

S. Hénaff - Poulets GrillésAu menu du jour une chronique coup de foudre (ce qui n’implique pas obligatoirement un coup de coeur), la couv’ du bouquin m’a de suite tapé dans l’oeil, le titre m’a fait sourire et le pitch a achevé le travail. Il est temps pour moi de vous livrer mes impressions sur Poulets Grillés, premier roman de Sophie Hénaff.
Six mois après sa mise à pied, la commissaire Anne Capestan est réintégrée au 36, mieux on lui confie une brigade à gérer. Forcément ça sent le coup foireux, en effet ladite brigade est composée de tous les « rebuts » de la Crim’, des indésirables que l’on veut isoler dans un placard. Mais Capestan est bien décidée à relever le défi et à prouver à sa hiérarchie que sa brigade ne va pas se la couler douce. Reste à motiver ses troupes…
L’auteure nous offre un polar plein de bonne humeur servi par une écriture fraîche et pétillante, un style auquel j’ai tout de suite adhéré. Si Sophie Hénaff mise beaucoup sur l’humour et ses personnages elle n’en néglige pas pour autant l’aspect polar ; son intrigue tient parfaitement la route et ne manque pas de surprises. Sans révolutionner le roman policier, l’auteure fait preuve d’une belle maîtrise des règles du genre.
Comme je l’ai dit plus haut le bouquin repose aussi et surtout sur sa galerie de flics atypiques à commencer par Anne Capestan, flic efficace un tantinet sanguine et retorse à toute forme d’autorité. C’est d’ailleurs son tempérament impulsif qui lui a valu une mise à pied et sa promotion/placard.
Quant au reste de l’équipe je vous laisse le plaisir de la découvrir par vous même, en guise de mise en bouche voilà comment Buron, le divisionnaire, la présente à Capestan :
« — Très bien, Capestan, je vous résume la chose : on nettoie la police pour faire briller les statistiques. Les alcoolos, les brutes, les dépressifs, les flemmards et j’en passe, tout ce qui encombre nos services mais qu’on ne peut pas virer, on le rassemble dans une brigade et on l’oublie dans un coin. Sous votre commandement. En septembre. »
Et plus loin, toujours lors de l’échange entre Buron et Capestan :
« — Agent Santi, en congé maladie depuis quatre ans, capitaine Merlot, alcoolique…
— Alcoolique ? Il va y avoir du monde dans cette brigade…
Buron referma le dossier et le lui tendit.
— Je vous le laisse, vous l’étudierez tranquillement.
Elle le soupesa, il valait bien son Bottin de Paris.
— On est combien ? C’est la moitié de la police, votre « nettoyage » ? »
Les missions de la brigade : enquêter sur les affaires non résolues qui polluent les statistiques des autres brigades. Sauf que non seulement Capestan va devoir faire avec les présumés « tocards » de la Crim’ mais en plus il faudra composer avec un manque totale de moyens et de pouvoirs… On est bien loin de Cold Case ou du Département V :
« Ça, on est moins dans Cold Case que dans Case Cons, renchérit Merlot. »
Bref au final le coup de foudre s’est bien transformé en coup de coeur, coup de coeur accordé avec l’indulgence due à un premier roman. J’espère vivement que nous retrouverons Capestan et sa brigade pour de nouvelles aventures.

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

[BOUQUINS] Jussi Adler-Olsen – L’Effet Papillon

J. Adler-Olsen - L'Effet PapillonLa prochaine étape de mon challenge retrouvailles m’a mené tout droit au Danemark en compagnie de Jussi Adler-Olsen ; l’occasion de retrouver (avec un réel plaisir) toute l’équipe du Département V pour leur cinquième enquête, L’Effet Papillon. Paré au décollage ? Bon bin c’est parti, alors.
Marco, un jeune gitan fuit les membres de son clan bien décidés à le faire taire. Pendant ce temps, au Département V, Carl et son duo de choc enquêtent (disons plutôt que Rose et Assad enquêtenjt pendant que Carl broie du noir), une fois n’est pas coutume, sur une affaire en cours. Jusqu’à ce que Rose ne découvre un avis de recherche qui l’intrigue…
Si je vous ai brièvement parlé de Marco dans ma présentation c’est bien évidemment parce que le fameux avis de recherche trouvé par Rose a un rapport direct avec la fuite du jeune gitan. Vous voulez savoir quel est ce lien ? Lisez ce bouquin alors. Mais avant n’oubliez pas de lire les quatre précédents, ce serait dommage de passer à côté, ils proposent tous des intrigues haut de gamme.
Bon comme j’ai commencé à vous causer de Marco autant continuer avant de revenir vers notre trio d’enquêteurs hors norme. De prime abord (et pour ne faire ni dans le politiquement correct, ni dans la langue de bois) il pourrait passer pour une simple racaille comme il en traîne trop dans nos rues. Mais rapidement on se rend compte qu’il est avant tout victime d’un système dont il aimerait se sortir, exploité par un oncle tyrannique qui mène le clan (et notamment sa meute de petites mains) d’une main de fer. Au fil des pages on s’attache à ce gamin débrouillard et loin d’être con, on suit avec un intérêt croissant son périple (passé et présent).
Quant à Carl Morck on peut aisément comprendre qu’il ne soit pas d’humeur. Son déplacement à Rotterdam, dans le cadre de son enquête personnelle, n’a rien donné. Le chef de la crim’ prend sa retraite et va être remplacé par son second, Lars Bjorn ; second que Carl ne peut pas blairer. Et pour finir Mona vient de le plaquer alors qu’il s’apprêtait à la demander en mariage… Tout va bien dans le meilleur des mondes !
Assad et Rose sont quant à eux égaux à eux mêmes. Le voile de mystère qui entoure Assad ne fait que s’épaissir mais le syrien gagne en efficacité au fil des romans. Reste juste à décrypter ses multiples métaphores et dictons à base de chameaux et de dromadaire… Carl résume parfaitement la situation en une pensée : « Si on rassemblait tous les chameaux et tous les dromadaires qu’Assad avait utilisés pour illustrer son propos depuis qu’il était entré au département V, le Sahara ne suffirait pas à les contenir. »
Rose aussi prend du galon en participant désormais activement aux enquêtes, mais avec la délicatesse d’un éléphant parkinsonien dans un magasin de porcelaine.
Le trio antagoniste fonctionne à merveille pour notre plus grand plaisir. Leurs échanges apportent juste ce qu’il faut d’humour pour détendre l’atmosphère quand l’ambiance se fait trop pesante. L’Effet Papillon reste un thriller, on attend donc une intrigue qui tienne la route au moins aussi bien que les quatre précédentes enquêtes du Département V ; un défi relevé haut la main par un Jussi Adler-Olsen qui ne cesse de nous surprendre et de se renouveler.
Du côté des méchants vous aurez toutes les raisons de haïr Zola, le chef de clan tyrannique mais il n’est qu’un pion qui fait dans son froc dès que le big boss claque des doigts. Ceux à qui profite le crime sont des cols blancs qui usent et abusent de corruption et autres magouilles pour s’en foutre plein les fouilles. L’occasion pour Jussi Adler-Olsen de pointer du doigts les dysfonctionnements de l’administration danoise (de quoi faire de l’ombre aux idées reçues qui affirment que les administrations scandinaves sont des modèles du genre à tout point de vue).
Cinquième opus des Enquêtes du Département V et cinquième coup de coeur. Vivement le prochain, alors !

Il m’est arrivé plus d’une fois, après une soirée bien (trop ?) arrosée de me réveiller avec le bouche pâteuse et une haleine à faire vomir un vautour ; je ne manque pas de métaphores pour signaler la chose mais j’avoue que celle utilisée par Carl m’a bien fait marrer : « Il se réveilla le matin avec l’impression d’avoir un hamster mort-né collé au palais« . Je me la note dans un coin du neurone pour la ressortir à l’occasion.

Pour l’anecdote et en guise de conclusion, Les Enquêtes Du Département V sont adaptées au cinéma depuis 2013, avec Mikkel Norgaard, un jeune réalisateur danois, aux commandes. Les deux premiers romans ont déjà été portés à l’écran, le troisième est en chantier. A ce jour les équipes ont signé pour quatre films (six romans sont parus au Danemark).

Département V

Carl (Nikolaj Lie Kaas) & Assad (Fares Fares)

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

[BOUQUINS] Ian Manook – Les Temps Sauvages

I. Manook - Les Temps SauvagesRetour à mon Challenge retrouvailles, avec Les Temps Sauvages de Ian Manook, second roman consacré à Yeruldelgger. Attachez vos ceintures, décollage immédiat pour la Mongolie.
Tandis que Yeruldelgger s’efforcer de démonter le complot dont il est victime, son équipe enquête sur deux scènes de crimes aussi tordues qu’inexplicables. Plongé dans sa propre enquête Yeruldelgger tend à négliger son équipe. Et si ces trois affaires étaient liées ? Reste à découvrir le lien en question…
Avec Ian Manook on embarque sans escale pour la Mongolie avec des descriptions d’un réalisme à couper le souffle (qu’il s’agisse des paysages, de la culture, de la gastronomie ou de l’histoire). Un pays qui semble en perpétuel grand écart entre ses traditions et le XXIème siècle, un pays encore hanté par le joug soviétique, un pays où la liberté fait encore peur après des années de tyrannie communiste. Un pays où on se les gèle grave au coeur d’un hiver qui n’en finit pas (bienvenue à Westeros les gars), un pays dont la capitale vit sous une chape de pollution (selon un classement OMS, Oulan Bator est la seconde ville la plus polluée du monde). Dépaysement garanti sans toutefois donner forcément envie de se ruer sur le premier vol en partance pour la Mongolie !
Rassurez vous l’auteur propose bien plus qu’un guide touristique. Son intrigue, ou plutôt devrai-je dire ses intrigues, sont parfaitement maîtrisées. Plutôt que d’essayer de déchiffrer l’écheveau de son jeu de piste, laissez vous guider et apprèciez pleinement un récit d’une incroyable richesse. D’autant que les choses ne vont pas à aller en s’arrangeant, au contraire, plus on avance dans l’intrigue et plus ça se complexifie (sans jamais devenir brouillon, les neurones bouillonnent mais l’auteur, lui, garde le cap). Le truc voyez-vous c’est que dès le début on sent bien qu’il y a anguille sous roche, sauf que ladite anguille serait plutôt une murène aux dents effilées et au corps puissant.
L’une des forces de Ian Manook est de nous concocter des personnages finement ciselés dans du diamant brut. On retrouve un Yeruldelgger encore plus taciturne et grognon (voire franchement colèrique) que dans le précédent roman, à tel point qu’il se la joue en solo pendant une bonne partie du bouquin et n’hésite pas à basculer du côté obscur pour progresser. Bien entendu ses « femmes » sont aussi du voyage avec Oyun sa collègue et amie (qui occupe une place beaucoup plus importante dans ce second roman) et Solongo, sa compagne. D’autres personnages déjà croisés dans le premier roman refont surface mais je vous laisse découvrir de qui il s’agit et dans quelles circonstances ils interviennent dans l’intrigue.
Bien entendu le roman nous fait aussi découvrir bon nombre de nouveaux visages. J’ai eu un gros coup de coeur pour le duo Zarzavadjian / Soulniz qui enquête en France sur un trafic liè à l’intrigue mongole. Mais là encore je ne m’étendrai pas davantage, moins on en dévoile et meilleure sera la découverte.
Ce bouquin est une véritable ode à la (bonne) bouffe, que ce soit en Mongolie ou en France, les personnages s’en foutent plein la panse. On en baverait presque en lisant. Ceci dit j’avoue que mon coeur balance plutôt du côté de la cuisine française, certaines spécialités mongoles semblent appétissantes mais d’autres sont un peu trop exotiques à mon goût (décidément leur thé noir salé avec du beurre de yack rance et de la farine me laisse perplexe) !
Avec Yeruldelgger Ian Manook avait placé la barre très haut, Les Temps Sauvages réussissent à la monter d’un, voire plusieurs, crans. Ca va être un sacré challenge de tenir le cap, fallait pas nous habituer à l’excellence ! Compte tenu de la fin de ce second opus j’attends avec impatience la prochaine intrigue mongole concoctée par Ian Manook…

– Putain, Yeruldelgger, mais qu’est-ce que tu es devenu ? Regarde-toi ! Que de la haine, que de la colère, que de la violence. Je ne te reconnais plus, tu es devenu comme lui.
– Quoi, comme ce type qui a aidé Erdenbat à faire égorger Colette ?
– Non, comme lui, comme Erdenbat.
Il ne répondit pas tout de suite, aidant sans ménagement Sergueï trempé et transi à s’extraire de la bétonneuse.
– Tu as raison, mais c’est sans doute le prix à payer. Tu sais comment on arrête un incendie dans la taïga ? En brûlant une partie de la taïga loin devant la ligne de feu. Feu contre feu. C’est le prix pour arrêter Erdenbat, Oyun. L’addition est pour moi et je suis prêt à payer.
– Eh bien sans moi. Je trouve de quoi mettre ce type au sec et je l’embarque. C’est moi le flic ici. Toi je ne sais plus ce que tu es, alors tu fais ce que tu veux.

MON VERDICT

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