[BOUQUINS] Christian Guillerme – Urbex Sed Lex

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C. Guillerme - Urbex sed lex
Titre : Urbex Sed Lex
Auteur : Christian Guillerme
Éditeur : Taurnada
Parution : 2020
Origine : France
248 pages

De quoi ça cause ?

Contre une belle somme d’argent, quatre jeunes passionnés d’urbex sont mis au défi de passer une nuit dans un sanatorium désaffecté. Ils vont relever le challenge, mais, une fois sur place, ils vont se rendre compte qu’ils ne sont pas seuls dans cet immense endroit abandonné… Et très vite comprendre qu’ils n’auraient jamais dû accepter cette proposition.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Taurnada, leur sélection thrillers réserve souvent de belles surprises.

Ma Chronique

L’urbex (pour urban exploration en anglais, et donc exploration urbaine en français) est une discipline qui a le vent en poupe depuis quelques années. Les urbexeurs explorent des lieux souvent laissés à l’abandon par l’homme (et de préférence interdits d’accès), soit dans le but d’y laisser leur marque, soit pour ramener de leurs excursions des photos, soit simplement pour le plaisir de braver l’interdit (et accessoirement le danger).

Vous l’aurez compris le titre du roman est une adaptation très libre de la locution latine « Dura lex, sed lex » (La loi est dure, mais c’est la loi), que l’on pourrait traduire par L’urbex c’est la loi ; mais c’est surtout la devise des quatre amis explorateurs urbains qui vont se retrouver au cœur d’un piège mortel. À leur décharge le défi était plus que tentant… et lucratif !

Dès le prologue Christian Guillerme nous plonge au cœur de l’action et annonce la couleur, sous sa plume l’urbex va rapidement se teinter de rouge sang.

Le roman est court (comme souvent avec les titres proposés par Taurnada), mais ne manque pas d’intensité dans son intrigue. Une intrigue que l’auteur fait progressivement monter en puissance ; et une fois que la chasse est lancée, le lecteur aura bien du mal à lâcher le bouquin !

Il faut dire que le cadre, un sanatorium désaffecté, est idéalement choisi pour contribuer à alourdir une atmosphère déjà pesante et à instiller une bonne dose d’angoisse dès la découverte de l’endroit.

Malgré quelques choix stylistiques douteux et des dialogues parfois peu crédibles, la lecture reste globalement fluide ; le côté addictif de l’intrigue fait même rapidement oublier ces petits défauts de pure forme.

L’écriture et le style sont très visuels, on a vraiment l’impression de vivre l’aventure avec nos quatre héros… et plus d’une fois on se surprendra à retenir notre souffle. Mais rien n’y fait, Christian Guillerme n’y va pas avec le dos de la cuillère quand il s’agit de malmener ses personnages.

Et pourtant ils sont sympas ces quatre potes (deux jeunes couples) liés par une amitié solide et une passion commune. Face à eux, des chasseurs / tueurs implacables, dénués de toute forme d’empathie, pour qui la mise à mort est devenue une course à l’adrénaline et un jeu.

Une fois de plus Taurnada frappe juste et fort avec un thriller court, mais efficace qui vous tiendra en haleine jusqu’à son dénouement.

À l’heure de clore cette chronique, je tiens à signaler que, même si la tentation fut grande, je n’ai fait aucune allusion douteuse et/ou grivoise à la marque Durex… et pourtant il y aurait matière (et je ne parle pas forcément de latex) à jouer avec les rimes.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Elizabeth Kay – Sept Mensonges

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E. Kay - Sept Mensonges

Titre : Sept Mensonges
Auteur : Elizabeth Kay
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2020
Origine : Angleterre
400 pages

De quoi ça cause ?

Jane et Marnie sont inséparables depuis l’enfance. Et si Jane avait été honnête depuis le début – si elle n’avait pas menti cette toute première fois –, alors peut-être que les choses auraient pu tourner autrement. Peut-être que le mari de sa meilleure amie serait encore en vie…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est La Bête Noire, en espérant que ce roman me fera oublier la déception que fut la lecture de La Seconde Épouse de Rebecca Fleet.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Robert Laffont et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Pour son premier roman, Elizabeth Kay (à ne pas confondre avec l’auteure homonyme de la trilogie jeunesse The Divide) joue la carte du thriller psychologique et prend pour toile de fond de son intrigue, une histoire d’amitié entre deux femmes, Jane et Marnie.

Le récit est la première personne, Jane raconte l’histoire de sa relation avec Marnie à un(e) confident(e) non identifié(e). Une relation construite autour de sept mensonges proférés par Jane, mensonges qui constituent les sept premiers chapitres du roman (à ce stade je tiens à féliciter les éditions Robert Laffont pour le visuel particulièrement bien travaillé de l’édition papier du roman).

Au fil des chapitres je me suis posé beaucoup de questions sur l’identité de l’interlocuteur (ou interlocutrice) de Jane, puis l’évidence s’est imposé quelques pages avant que l’auteure ne lève le voile à son tour. Je ne m’étendrais pas davantage sur la question afin d’éviter tout risque de spoiler malvenu.

Jane et Marnie se connaissent depuis l’enfance et leur amitié est littéralement fusionnelle. Mais Jane est un tantinet jalouse et possessive, de fait elle ne voit pas vraiment d’un bon œil l’arrivée de Charles dans la vie de Marnie ; et pourtant cela ne l’empêchera pas d’affirmer le contraire à son amie (premier mensonge).

Parce qu’en plus d’être totalement obsédée par son amitié avec Marnie, Jane va se rapidement se révéler être une menteuse pathologique… mais aussi une excellente actrice qui sait donner le change et se convaincre (et convaincre les autres) que SA vérité est LA vérité.

Elizabeth Kay prend son temps pour faire monter en sauce son intrigue, mais elle sait y faire de sorte que jamais le lecteur ne s’impatiente ou ne s’ennuie. Par contre, une fois que la mécanique est enclenchée (avec la mort de Charles), elle maintient la tension à son maximum.

J’ai beaucoup aimé la construction et la narration du roman qui s’articule sur le seul point de vue de Jane sur le déroulé des événements et une nette tendance à minimiser la portée de ses actes. Mais en contrepartie de la personnalité psychotique de son personnage, l’auteure met aussi en avant les aspects positifs de sa personnalité, qu’il s’agisse de l’attention qu’elle porte à sa mère malade, ou de sa relation avec sa sœur, elle aussi fragilisée par la vie.

Sans avoir eu envie de lui trouver des circonstances atténuantes, et moins encore de justifier ses actions, je dois toutefois avouer que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire la confession de Jane, elle se raconte sans fard, avec un détachement parfois glaçant. Ceci dit je n’en voudrais pas comme amie.

Mission accomplie pour La Bête Noire qui me réconcilie (même si je n’ai jamais été vraiment fâché) avec son catalogue après le raté de La Seconde Épouse. Quant à Elizabeth Kay, elle signe un premier roman totalement maîtrisé.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Joël Dicker – L’Énigme De La Chambre 622

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J. Dicker - L'énigme de la chambre 622

Titre : L’Énigme De La Chambre 622
Auteur : Joël Dicker
Éditeur : De Fallois
Parution : 2020
Origine : France
576 pages

De quoi ça cause ?

Alors qu’il profite de quelques jours de repos dans un palace du Verbier (Suisse), le narrateur/auteur, poussé par une voisine de chambrée dynamique et curieuse, va chercher à comprendre pourquoi il n’y a pas de chambre 622 dans leur hôtel.

Il ne faudra pas longtemps au pétillant duo pour découvrir qu’un meurtre a été commis dans cette fameuse chambre 622 trois ans plus tôt. Mais aussi et surtout que ce crime n’a jamais été élucidé…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Joël Dicker et que j’avais beaucoup aimé La Vérité Sur L’Affaire Harry Québert. Je n’ai pas encore eu l’occasion de lire ses deux romans suivants, plutôt que de les sortir des profondeurs de mon Stock à Lire Numérique, j’ai décidé de passer directement à son dernier titre.

Ma Chronique

Le temps d’un roman, Joël Dicker se met en scène – endossant le costume de narrateur / auteur – afin de résoudre la fameuse énigme de la chambre 622 ; à savoir un meurtre dont l’auteur n’a jamais été identifié.

Le roman s’articule autour de trois axes temporels, le présent qui nous fait vivre l’enquête du narrateur et de Scarlett (sa voisine de chambrée), un premier saut dans le passé de trois années afin de découvrir le déroulé des événements autour du meurtre et enfin un second saut en arrière de quinze années qui correspond à la période où tout a commencé et qui pose (plus ou moins) les jalons de l’intrigue à venir.

Si le bouquin n’est pas parfait, force est de reconnaître que l’auteur sait y faire pour entretenir le mystère autour de l’identité de la victime de la chambre 622. Au fil des chapitres le lecteur va sans doute se laisser aller à diverses hypothèses, et je reconnais bien volontiers avoir été pris de court en découvrant de qui il s’agissait.

Un début plutôt prometteur qui sera malheureusement sabordé par une suite un peu trop hasardeuse. Joël Dicker aurait sans doute dû méditer davantage sur la sentence de Montesquieu qui affirme que « le mieux est le mortel ennemi du bien ». À multiplier les revirements de situation et les rebondissements son intrigue perd toute crédibilité et vire même parfois à la farce burlesque.

Tout n’est pas non plus foireux dans l’aspect policier du roman, je pense notamment à l’identité du meurtrier qui devrait en surprendre plus d’un, même parmi les lecteurs les plus aguerris.

De quoi décevoir les amateurs de polars (dont je suis) mais je ne peux toutefois pas descendre en flèche le présent roman. Hormis le côté parfois grand guignolesque de l’énigme policière, j’ai pris beaucoup de plaisir à le lire. J’ai trouvé l’écriture de Joël Dicker entraînante car non surjouée (contrairement à son intrigue), pas d’abus d’effets stylistiques qui viennent alourdir inutilement le phrasé ; la lecture est fluide, les pages et les chapitres s’enchaînent sans que l’on voie le temps passer.

Au niveau des personnages le narrateur / auteur ne fait ni dans le narcissisme, ni dans l’auto-psychanalyse, il est pleinement acteur de l’intrigue et c’est déjà pas si mal. En revanche, j’ai beaucoup aimé la touche de dynamisme et de bonne humeur apportée par Scarlett.

Par contre, j’ai eu beaucoup plus de mal à éprouver une quelconque empathie pour les personnages de Macaire Ebezner et Lev Levonovitch ; pas simple de se faire une idée précise de leur personnalité vu qu’ils seront amenés, au fil des événements, à naviguer entre gris clair et gris foncé.

Pour Joël Dicker ce roman est surtout l’occasion de rendre un vibrant hommage à Bernard de Fallois, qui fut son éditeur, mentor et ami dès le début de sa carrière littéraire. Une amitié et une complicité jamais démentie jusqu’au décès de M. de Fallois survenu début 2018. Le roman est parsemé d’anecdotes illustrant leur relation.

Elle déposa un baiser sur ma joue. Puis elle ajouta :
— Grâce à vous, j’ai l’impression d’avoir un peu connu Bernard.
— Si c’est ce même sentiment qu’éprouveront les lecteurs de ce roman, alors ce livre valait la peine d’être écrit.

Soyez assuré Monsieur Dicker que vous remportez la mise haut la main, de fait vous pouvez considérer que ce livre valait en effet la peine d’être écrit.

MON VERDICT

[BOUQUINS] T.M. Logan – Holiday

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T.M. Logan - Holiday
Titre : Holiday

Auteur : T.M. Logan
Éditeur : Hugo
Parution : 2020
Origine : Angleterre (2019)
459 pages

De quoi ça cause ?

Kate et ses trois meilleures amies s’offrent une semaine de vacances dans le sud de la France avec maris et enfants.

Des vacances de rêve qui tournent vite au cauchemar pour Kate. À peine arrivée, elle découvre que son mari la trompe et que sa maîtresse est l’une de ses trois amies…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Paraît que les gens de là-haut (l’hémisphère nord) sont en vacances, du coup je me suis dit qu’il n’y avait pas de raison que je me prive du doux parfum du farniente… Même si je me doute bien (et je l’espère plus encore) que l’ambiance des vacances va rapidement virer au noir dans ce roman.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Hugo et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

On va commencer par les choses qui fâchent avec un gros coup de gueule. Je connaissais les quatrièmes de couv’ trop bavardent qui spoilent (j’ai vraiment du mal à adopter la forme française divulgâcher) tout ou partie de l’intrigue, avec ce roman je découvre le méga spoiler direct sur la couv’.

La coupable ? Cette accroche sous le titre du roman : « Sept jours. Trois couples. Un meurtre. » Le meurtre en question survient dans la toute dernière partie du bouquin, et encore, dans un premier temps tout laisse penser à un dramatique accident. Merci pour l’effet de surprise !

A la décharge (partielle) de l’éditeur, la version originale fait la même connerie en annonçant en couv’ : « Seven days. Three families. One killer. » Mais bon, ce n’est pas parce que ton voisin décide de se jeter sous les roues d’un camion-citerne lancé à pleine vitesse que tu es obligé de reproduire son geste.

Si Holiday est le premier roman de T.M. Logan traduit en français, c’est le troisième (et avant-dernier) roman signé par l’auteur et publié outre-Manche.

Enfilez votre maillot de bain et vos tongs, tartinez-vous de crème solaire et allongez-vous confortablement sur votre transat préféré. Vous voilà paré pour partager les vacances de Kate et ses amies… sauf que lesdites vacances ne seront pas de tout repos, et pas que pour les personnages du roman ; vos nerfs aussi seront mis à rude épreuve.

Pour Kate le ton des vacances est donné, à peine installée, en fouinant dans le téléphone de son mari (pas glop ! pas glop du tout même !), elle tombe sur un échange via Messenger avec une autre femme. Double punition pour la vilaine curieuse : son mari la trompe et sa maîtresse est une de ses meilleures amies ! De quoi plomber l’ambiance d’entrée de jeu…

L’essentiel du roman est rédigé à la première personne, vous permettant de vivre l’intrigue par les yeux de Kate. Quelques chapitres, rédigés à la troisième personne, se concentrent sur d’autres personnages, permettant de mettre l’accent sur des éléments qui échappent à Kate.

L’immersion est totale, on partage les questionnements, les doutes et les remises en questions de Kate au fil de l’intrigue. Et le moins que l’on puisse dire c’est que T.M. Logan ne ménage pas son héroïne, toutes ses amies vont se retrouvées tour à tour suspectées d’être la maîtresse de son mari.

L’auteur apporte beaucoup de soin à ses personnages, il construit une véritable histoire autour des couples et des familles. À tel point d’ailleurs que l’intrigue va rapidement se jouer à deux niveaux, avec d’un côté les adultes et de l’autre les enfants. Et avec T.M. Logan, enfance (et surtout adolescence) ne rime pas forcément avec innocence.

Franchement j’ai été bluffé par la maîtrise de l’auteur quant à sa façon de mener son intrigue,  tant et si bien que son ultime twist m’a totalement pris au dépourvu. J’avais imaginé beaucoup de scénarios possibles, mais j’étais bien loin de la vérité. Ce roman est de fait un véritable page-turner que vous aurez bien du mal à lâcher une fois qu’il vous aura pris dans ses mailles…

MON VERDICT

Aparté technique

La version numérique reçue via Net Galley comporte une grosse anomalie dans sa mise en page : le fichier correspondant au chapitre 71 comprend en fait les chapitres 71 et 72, avant d’enchaîner sur le fichier du chapitre 72 qui reprend le texte lu précédemment.

Du coup on a ça :

Puis plus tard :

J’espère que la version commerciale finalisée aura corrigé cette erreur.

[BOUQUINS] Jean-Christophe Grangé – Le Jour Des Cendres

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J.C. Grangé - Le Jour Des Cendres

Titre : Le Jour Des Cendres
Série : Les Rivières Pourpres – Livre 3
Auteur : Jean-Christophe Grangé
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2020
Origine : France
368 pages

De quoi ça cause ?

Pour enquêter sur la découverte du corps d’un « Émissaire » d’une communauté anabaptiste en Alsace, le commandant Niemans a décidé d’envoyer son adjointe, Ivana Bogdanovic, rejoindre incognito le groupe de vendangeurs saisonniers qui œuvrent pour la communauté.

De son côté Niemans découvre que de nombreux aspects de l’enquête ont été plus ou moins sciemment négligés, voire bâclés. Il n’en faut pas davantage pour le convaincre que les anabaptistes cachent de sombres secrets…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Jean-Christophe Grangé et l’occasion de retrouver le duo d’enquêteurs constitué de Pierre Niemans et Ivana Bogdanovic, déjà vus à l’œuvre dans le précédent opus, La Dernière Chasse.

Ma Chronique

Avec ce roman Jean-Christophe Grangé nous offre incontestablement un thriller qu’il mène à la baguette et j’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver les personnages de Niemans et Ivana ; mais – parce qu’il y a un mais – je n’ai pu me défaire de l’idée que l’auteur assure le minimum syndical ou joue avant tout la carte marketing.

Je m’explique. Comme pour son roman précédent, La Dernière Chasse, le présent opus est la novélisation d’une enquête déjà présentée dans le cadre de la série TV Les Rivières Pourpres (les épisodes 3 et 4 pour être précis). Sachant que ladite série compte, dans sa première saison, encore deux enquêtes (chacune faisant l’objet de deux épisodes), je me demande si Jean-Christophe Grangé va se contenter de les novéliser pour ses prochains romans… Sans compter que la série compte d’ores et déjà une seconde saison complète (quatre enquêtes réparties sur huit épisodes) et qu’une troisième saison est sur les rails…

Quand on sait de quoi est capable l’auteur quand il est au meilleur de sa forme, je trouve dommage qu’il se cantonne à un simple exercice de novélisation. Je suis intimement convaincu qu’il peut nous proposer une intrigue explosive 100% originale qui n’aurait pas un parfum de réchauffé (même si je n’ai pas encore eu l’occasion de voir ladite série).

Hormis ce léger bémol (qui tient plus du ressenti que d’une quelconque réalité constatée), l’intrigue du présent roman tient parfaitement la route et vous réservera quelques belles surprises et rebondissements inattendus (la révélation finale est plutôt glaçante en soi… j’espère sincèrement qu’elle est 100% issue de l’imagination de l’auteur).

On devine, à la lecture du roman, que, fidèle à son habitude, l’auteur s’est richement documenté sur les thèmes qu’il aborde. Le principal ici étant les traditions, les pratiques et l’histoire des anabaptistes (une branche « alternative » de la religion chrétienne dont les représentants les plus connus sont les amish).

Dans le même ordre d’idée – et sans grande surprise – le duo Niemans / Ivana fonctionne à merveille. Même si au cours de la présente enquête, ils seront le plus souvent séparés, chacun ayant un rôle précis à tenir dans le déroulé de l’enquête.

Les autres personnages sont traités avec le même soin, chacun bénéficiait d’une personnalité et d’un cadre qui lui est propre. Au niveau de Niemans c’est surtout le capitaine de gendarmerie Stéphane Desnos qui va faire les frais de son caractère plutôt affirmé et de ses méthodes pas toujours conventionnelle. Mais elle (oui, Stéphane Desnos est une femme) saura s’adapter et s’affirmer face à un interlocuteur pas toujours facile à cerner.

Si vous me lisez depuis déjà quelques temps vous aurez certainement que j’ai une certaine aversion pour tout ce qui a trait à la religion. Même sans vraiment connaître leur interprétation de la foi chrétienne, les anabaptistes ne m’inspirent pas davantage confiance que les autres courants religieux. Je serai presque tenté de dire que ce serait même plutôt l’effet inverse : plus le type proclame que sa pratique de la foi est « pure », plus j’aurai tendance à me méfier de lui.

Même s’il est vrai que j’aimerai que pour son prochain roman Jean-Christophe Grangé s’écarte de son duo Niemans / Ivana et de la série TV Les Rivières Pourpres, je sais d’ores et déjà que je répondrai présent quel que soit son choix.

MON VERDICT

[BOUQUIN] Samuel Sutra – Un Truand Peut En Cacher Un Autre

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S. Sutra - Un truand peut en cacher un autre

Titre : Un Truand Peut En Cacher Un Autre
Auteur : Samuel Sutra
Éditeur : Flamant Noir
Parution : 2020
Origine : France
240 pages

De quoi ça cause ?

Chez les Duçon on est truands de père en fils et on ne plaisante pas avec la truande, il faut voir les choses en grand et les faire sans commettre d’impairs.

Cette fois Aimé, le fiston, surnommé Tonton, est sûr de son fait, il tient le gros coup et son plan est infaillible… ne lui reste qu’à trouver des complices sûrs pour arriver à ses fins.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Fidèle de la première heure aux éditions Flamant Noir, il est pourtant une série de romans que je n’avais pas encore pris le temps de découvrir : les fameux Tonton de Samuel Sutra.

Et pourtant ça fait un moment qu’ils me tentent ! Comme à l’occasion de son dernier opus, l’auteur nous invite à découvrir la première grosse combine montée par Tonton et ses sbires, je me suis dit que je ne pouvais pas passer à côté de l’occasion d’assouvir enfin ma curiosité.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Flamant Noir – et tout particulièrement Nathalie – ainsi que Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Incontestablement la plus grande force de ce roman réside dans son ton, un cocktail aussi subtil qu’agréable entre Frédéric Dard et Michel Audiard ; le genre de mélodie qui ne peut qu’enchanter les oreilles des amoureux de la langue française. et plus encore quand ceux-ci ne sont pas insensibles à la gouaille et au charme de l’argot parisien.

Mais Samuel Sutra ne se contente pas de jouer avec les mots (même s’il le fait admirablement), il joue aussi avec ses personnages, les confrontant à des situations qui flirtent souvent avec le burlesque et ponctuant leurs échanges de dialogues truculents. C’est que du bonheur pour le lecteur qui se laisse entraîner sans vraiment se poser de questions !

Il faut dire qu’au niveau de ses personnages l’auteur n’y va pas de main morte pour nous offrir une sympathique galerie de portraits que l’on n’est pas près d’oublier. À commencer bien entendu par notre fameux Tonton, qui, selon les exigences du contexte, saura si montrer aussi habile à manier les bons mots que de jouer des poings.

À ce titre sa visite chez Maxim’s (et surtout sa sortie) a été purement et simplement jubilatoire ; à éviter en public si vous ne voulez pas que les autres vous regardent bizarrement… sans parler du petit désagrément que représente le risque de se pisser dessus à force de se marrer.

Je ne vous parlerai pas de la fine équipe qui aidera (même si parfois ça reste à prouver) Tonton à monter son coup. Il faut le lire pour le croire !

N’allez pas croire que l’intrigue à proprement parler est surtout prétexte pour Samuel Sutra à s’amuser et à nous amuser, tout en restant plutôt légère elle est toutefois bien construite et menée d’une main de maître.

Concernant le choix du titre, force est de reconnaître qu’il est parfaitement adapté à la situation du présent roman. Plus d’une fois je me demandé qui pouvait bien être cet « autre » et pourquoi il voulait tant chier dans les bottes de Tonton.

S’agissant de ma première incursion dans l’univers de Tonton, je n’ai pas d’éléments de comparaison, mais ce bouquin m’a clairement donné envie de poursuivre mon exploration. J’irai même plus loin en affirmant qu’il me ferait presque regretter de ne pas m’être laissé tenter plus tôt.

Et parce qu’il le vaut bien j’inaugure même un tag « banana » que je décernerai désormais aux bouquins qui donnent la banane !

MON VERDICT

 

[BOUQUINS] Nicolas Jaillet – Mauvaise Graine

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N. Jaillet - Mauvaise Graine
Titre : Mauvaise Graine
Auteur : Nicolas Jaillet
Éditeur : La Manufacture De Livre
Parution : 2020
Origine : France
338 pages

De quoi ça cause ?

Julie, une jeune institutrice célibataire, croque la vie à pleines dents au fil de soirées entre copines particulièrement bien arrosées. Une routine festive qui pourrait bien changer quand la jeune femme découvre qu’elle est enceinte.

Julie n’a aucune idée de comment ce bébé à bien pu arriver là où il est. Elle n’aura guère l’occasion de se poser la question avant de découvrir que sa grossesse s’accompagne d’effets secondaires pour les moins inhabituels et inattendus…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Un choix de lecture que je dois exclusivement à la blogosphère avec notamment l’enthousiasme communicatif de Aude, puis de Yvan.

Ma Chronique

Attention OLNI (Objet Littéraire Non Identifié), à moins qu’il ne s’agisse d’un OLI (Objet Littéraire Inclassable)… Bref cette Mauvaise Graine est un bouquin à nul autre pareil, impossible de lui coller une étiquette ou de le ranger dans une petite case.

Ca commence comme une sympathique farce feel good avant de se transformer en un cocktail d’action explosive ; sans jamais vraiment se départir d’un petit côté burlesque/déjanté qui fait du bien au moral et aux zygomatiques.

Le bandeau d’accroche annonce un mix entre Bridget Jones et Kill Bill… une rencontre peu commune vous en conviendrez. Plus encore si vous saupoudrez le tout d’une bonne dose de super pouvoirs. Par contre oubliez tout ce que vous savez (ou croyez savoir) sur les super-héros, avec Julie on est aux antipodes des univers de Marvel ou de DC.

Si le bouquin ne se prend clairement pas au sérieux, Nicolas Jaillet n’a pas lésiné quand il s’agit de soigner la forme. Le style est percutant. L’écriture fait mouche à tous les coups, qu’il s’agisse de susciter une émotion, de déclencher un fou rire ou encore de nous plonger au cœur de l’action.

Dans le même ordre d’idée, le côté déjanté (parfaitement maîtrisé et assumé) n’empêche pas l’auteur d’apporter un soin particulier à ses personnages ; à commencer bien entendu par Julie, mais ses copines (surtout Magali, la fidèle meilleure amie) et leurs mecs (Julie est la seule célibataire du groupe).

Sur la forme j’ai été, dans un premier temps, un peu déconcerté par l’absence de chapitrage, mais j’ai rapidement fait abstraction de ce détail (même si ça ne me m’a pas simplifié la tâche quand je devais passer de la tablette au PC, et vice versa).

Je ne connaissais pas du tout Nicolas Jaillet, mais d’après ce que j’ai pu glaner comme infos à droite à gauche, le gars semble être un peu touche-à-tout, passant du polar à la romance avec un détour par la littérature jeunesse.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Rebecca Fleet – La Seconde Épouse

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R. Fleet - La seconde épouse
Titre : La Seconde Épouse
Auteur : Rebecca Fleet
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2020
Origine : Angleterre
360 pages

De quoi ça cause ?

Quand Alex a rencontré Natalie, celle-ci a changé sa vie. Après la mort tragique de sa première femme, avec qui il a eu une fille, Jade, à présent adolescente, il est déterminé à former de nouveau une famille unie.

Mais son bonheur naissant se brise lorsque sa maison est ravagée par les flammes. Jade soutient qu’elle a vu un homme s’introduire chez eux le soir de l’incendie ; Natalie affirme au contraire qu’il n’y avait personne.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est La Bête Noire.

Parce que j’avais bien aimé le premier roman de l’auteure, L’Échange, en dépit quelques erreurs de jeunesse vite pardonnées.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Robert Laffont et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Une fois n’est pas coutume mais je dois avouer qu’en refermant ce bouquin je ne trouvais aucune accroche pour rédiger ma chronique. Non que le bouquin m’ait déplu, même s’il ne m’a pas franchement emballé (loin s’en faut), force est de reconnaître qu’il se lit plutôt bien et me laisse sur une impression que je qualifierai de mitigée. Sans aller jusqu’à dire que j’ai eu l’impression de perdre mon temps en lisant ce bouquin (ce n’est quand même pas tout à fait vrai), je le referme en ne pouvant m’empêcher de penser que ce fut une lecture dont j’aurai pu me dispenser.

Pour son second roman, après L’Échange, Rebecca Fleet reste dans le thriller psychologique familial. Une intrigue qui, à la base, tourne autour de trois personnages, Alex, un jeune veuf qui élevait seul sa fille, Jade, avant de rencontrer Natalie avec qui il a eu envie de fonder un nouveau foyer. Mais au fil des chapitres un autre personnage va s’imposer, Sadie, la sœur de Natalie, deux frangines aux personnalité aussi opposées que peuvent l’être le Yin et le Yang.

Le bouquin alterne non seulement entre les points de vue des différents personnages phares de l’intrigue mais aussi entre les périodes, passant du présent (2017) au passé (1999). L’idée étant que les événements de 1999 vont nous donner les clés permettant de comprendre ceux de 2017.

Sauf que, me concernant, le suspense aura fait long feu… au lieu d’un grand BOUM attendu et espéré, je n’ai eu qu’un misérable PLOP de pétard mouillé. Ce qui devait constituer un revirement majeur de l’intrigue m’a sauté à la tronche comme une évidence à peine le sujet abordé. J’espérais, sans trop y croire, me tromper… et ben non, j’avais vu juste.

Pour un thriller on peut difficilement imaginer pire dans le genre faux-départ. J’ai toutefois décidé de persévérer, malheureusement plus le déroulé de l’intrigue me donnait raison, plus le récit perdait en saveur.

L’idée des deux sœurs était plutôt bonne même si le trait a été beaucoup trop forcé, on est à la limite de la caricature façon Jekyll et Hyde ; d’un côté la blanche colombe pure et innocente et de l’autre la brebis galeuse qui cumule les tares.

Les autres personnages sont malheureusement à l’image des deux frangines, des clichés de ce qu’ils sont sensés être. Trop souvent j’ai eu l’impression d’avoir entre les mains un scénario prometteur qui aurait été gâché par de mauvais interprètes.

Je mentirai en disant que je me suis emmerdé en lisant ce bouquin, mais il ne révolutionne clairement pas le genre, au contraire il aurait même une fâcheuse tendance à enfoncer les portes ouvertes. Une fois que l’on s’est résigné à cela, la lecture n’est pas désagréable même si elle n’apporte rien.

Je fais volontiers l’impasse sur certaines faiblesses quand je lis le premier roman d’un(e) auteur(e), mais si je retrouve ces mêmes faiblesses – encore plus accentuées – dans le suivant, il ne faut pas compter sur la même indulgence.

Ce n’est clairement pas avec ce roman que Rebecca Fleet retrouvera grâce auprès des lecteurs et lectrices qui n’avaient pas adhéré à L’Échange ; quant aux autres, dont je suis, nul doute qu’il leur laissera un arrière-goût amer en bouche.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Franck Thilliez – Il Était Deux Fois

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F. Thilliez - Il était deux fois
Titre : Il Était Deux Fois
Auteur : Franck Thilliez
Éditeur : Fleuve
Parution : 2020
Origine : France
528 pages

De quoi ça cause ?

Avril 2008. Gabriel Moscato, lieutenant de la gendarmerie nationale, se rend à l’hôtel de La Falaise afin de poursuivre ses investigations sur la disparition de sa fille, Julie, survenue quelques semaines plus tôt. Muni des registres de l’établissement, il s’installe dans une chambre afin de les éplucher.

Gabriel Moscato se réveille dans une autre chambre de l’hôtel… en novembre 2020, incapable de se souvenir du moindre détail concernant ces douze dernières années.

Beaucoup de choses ont changé depuis 2008, mais sa fille n’a jamais été retrouvée. Gabriel va tout mettre en œuvre pour remonter le fil de son passé, et reprendre son enquête sur la disparition de Julie…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Franck Thilliez, raison qui se suffirait à elle-même.

Je n’ai toujours pas trouvé le temps de me pencher sur son duo policier récurrent, Sharko et Hennebelle, mais je ne désespère pas de trouver un jour le temps pour m’y mettre. Il n’en reste pas moins que ses romans one-shot ne m’ont jamais déçu, beaucoup ont même été de véritables coups de coeur (et accessoirement aussi des coups de poing).

Ma Chronique

Avant d’entrer dans le vif du sujet je ne peux que vous recommander fortement, si ce n’est déjà fait,  de lire Le Manuscrit Inachevé avant de vous lancer dans Il Était Deux Fois. Trois bonnes raisons à cela :

Le Manuscrit Inachevé est un excellent thriller, il serait dommage de vous en priver.
Le Manuscrit Inachevé joue un rôle clé dans la résolution de la présente intrigue.
– Cerise sur le gâteau : Franck Thilliez nous propose, en bonus, de découvrir la fin « originale » du Manuscrit Inachevé telle que rédigée par Caleb Traskman (dans le roman la fin est écrite par le fils de l’auteur, Jean-Luc Traskman).

Cela fait bien longtemps que Franck Thilliez n’a plus rien à prouver et que son nom brille en lettres d’or dans le monde du thriller francophone, j’irai même encore plus loin en affirmant qu’il n’a pas à rougir face aux grands noms de la scène internationale du genre. Plutôt que se reposer sur ses lauriers, Franck Thilliez n’a de cesse de chercher à se renouveler et à surprendre ses lecteurs, en allant toujours plus loin dans l’exploration et la dissection de la face obscure du genre humain.

Avec ce roman le moins que l’on puisse dire c’est que l’auteur repousse les limites de la perversion criminelle, mais il le fait avec son incroyable talent narratif. Et le résultat est tout simplement renversant ! C’est quasiment à chaque chapitre que l’on se trouve face à un revirement inattendu ou à une nouvelle révélation. On en prend plein la tronche… et personnellement j’adore et j’en redemande !

Tous les amateurs de thrillers vous le diront, l’accroche est primordiale dans ce genre littéraire. Ici Franck Thilliez frappe fort d’entrée de jeu. Harassé par les nuits blanches et ses recherches pour tenter d’élucider le mystère qui plane autour de la disparition de sa fille, un gendarme s’assoupit dans une chambre d’hôtel… pour se réveiller dans une autre chambre de ce même hôtel, douze ans plus tard !

Que les plus cartésiens se rassurent, vous pouvez compter sur la rigueur de l’auteur et un imposant travail documentaire pour que l’invraisemblable trouve une explication rationnelle et scientifique. Il n’en reste pas moins que, en quelques pages, le lecteur se retrouve prisonnier du piège tendu par Franck Thilliez ; une seule issue pour se défaire de la terrible addiction qui se profile : résoudre l’énigme de la disparition de Julie et comprendre le fin mot de l’histoire.

Je n’aborderai l’intrigue du roman qu’en restant dans le flou, tant en dire trop serait presque criminel ; aussi je me bornerai à mentionner que la mort et le meurtre sont des thèmes largement exploités par le monde des arts (littérature, peinture, sculpture, cinéma et même musique). Ça ne vous avance sans doute pas des masses, et c’est très bien ainsi !

L’autre grande force du roman réside dans ses personnages, tout particulièrement les deux enquêteurs, Gabriel et Paul, anciens collègues et amis que les événements et le temps a séparés, mais qui vont devoir faire front commun pour se replonger dans la disparition de Julie. Une plongée qui les conduira littéralement aux portes de l’enfer.

Un roman maîtrisé de bout en bout qui ne laisse rien au hasard. En toute honnêteté je ne peux faire autrement que de lui attribuer la note maximale et un coup double (coup de cœur / coup de poing) ; et je le fais avec un immense plaisir.

MON VERDICT
Coup double

[BOUQUINS] Amy K. Green – Reine De Beauté

AU MENU DU JOUR

A. K. Green - Reine de beauté

Titre : Reine De Beauté
Auteur : Amy K. Green
Éditeur : Belfond
Parution : 2020
Origine : États-Unis
416 pages

De quoi ça cause ?

Jenny Kennedy, une adolescente de 13 ans, reine des concours de beauté juniors, est retrouvée morte non loin de chez elle. Elle a été violée et poignardée.

Pour la police il ne fait aucun doute que le coupable est un jeune homme un peu simplet qui était fasciné par ces concours de beauté, et tout particulièrement par Jenny.

Pour Virginia, la demi-sœur de la victime, il est évident que le coupable est ailleurs. Même si elle n’éprouvait qu’une indifférence teintée de mépris pour sa cadette, elle va tout faire pour convaincre la police de creuser au-delà des apparences…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Un roman découvert tandis que je parcourais le catalogue Net Galley. Le pitch m’a inspiré, je l’ai sollicité, ma demande a été approuvée. Et voilà !

Ma Chronique

Je remercie les éditions Belfond et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Pour son premier roman Amy K. Green ne mise pas vraiment sur l’originalité de son intrigue (difficile de faire plus classique qu’une enquête autour d’un meurtre), de même au fil de son récit elle ne s’écartera guère des règles du genre. Il fallait plus que ce léger détail pour me dissuader de lire ce bouquin, après tout, la sagesse populaire affirme que « c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes ».

L’auteure nous fait découvrir son intrigue en suivant deux arcs narratifs via une alternance de chapitres passant de Jenny à Virginia. Ceux dédiés à Jenny sont écrits à la troisième personne et nous permettent de découvrir ses dernières semaines dans le monde des vivants, des semaines particulièrement mouvementées et riches en événements. Les chapitres consacrés à Virginia sont quant à eux rédigés à la première personne et nous invitent à suivre l’enquête liée à la mort de sa sœur.

Dans le coin droit nous avons donc Jenny, une adolescente que ses parents idolâtrent et voient comme une « petite fille modèle » mais ignorent (ou préfèrent ignorer) qu’elle est en pleine phase de remise en question, de doutes et de questionnements. Amy K. Green aurait pu en faire l’archétype de la gamine pourrie gâtée mais elle a (fort heureusement) travaillé la personnalité de l’adolescente plus en profondeur.

Dans le coin gauche, Virginia, le mouton noir de la famille Kennedy. Sans doute que le suicide de sa mère, alors qu’elle n’était qu’une enfant, suffit à expliquer sa volonté de prendre ses distances avec sa famille. Elle vit sa vie en électron libre, ne gardant qu’un contact de pure forme avec sa famille à l’occasion du traditionnel repas dominical. Un mépris que son père lui rend bien, quant à sa belle-mère, Linda, elle l’ignore tout simplement.

Les caractères radicalement opposés des deux sœurs servent exclusivement de toile de fond à la construction de l’intrigue. Celle-ci se tissera surtout autour des secrets et des non-dits. Ceux de la famille Kennedy d’abord, mais aussi ceux des habitants d’un patelin où tout le monde se connaît, où le voile des apparences dissimule parfois de sombres vérités.

L’auteure ne fait rien pour rendre ses personnages sympathiques, elle dépeint deux portraits relativement ordinaires. Une ado qui se rebelle contre son milieu et en vient à se convaincre que la vie serait meilleure ailleurs. Une nana trentenaire un tantinet égoïste qui vit sa vie comme elle l’entend sans se soucier du qu’en dira-t-on. Pas non plus de quoi prendre ses personnages en grippe.

Bien entendu d’autres personnages auront leur mot à dire afin de nous permettre de comprendre le déroulé des événements qui ont conduit à la mort de Jenny. Je n’en dirai pas plus sur la question afin de laisser intact le plaisir de la découverte.

Même si Amy K. Green ne révolutionne pas les règles du genre, elle n’a pas à rougir de ce premier roman. Elle nous propose en effet un thriller maîtrisé de bout en bout qui devrait réserver quelques surprises même aux lecteurs les plus aguerris (pas forcément sur l’identité du coupable, plutôt sur tout ce qui tourne autour du drame et de ses conséquences).

Pour l’anecdote, je me souviens avoir vu (il y a déjà quelques temps) un reportage télé sur ces concours de « mini miss » (interdits en France, soit dit en passant), je m’étais alors demandé si ces pauvres gamines voulaient vraiment être réduites à de vulgaires poupées / objets ou si elles ne subissaient pas plutôt une instrumentalisation à outrance de la part de leurs parents. Dommage que ledit reportage n’ait pas répondu à mon interrogation.

Dans le roman, concernant Jenny, la réponse arrive très rapidement.

MON VERDICT