[BOUQUINS] David Ruiz Martin – Requiem Des Ombres

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Titre : Requiem Des Ombres
Auteur : David Ruiz Martin
Éditeur : Taurnada
Parution : 2022
Origine : France
384 pages

De quoi ça cause ?

Donovan Lorrence, écrivain à succès, revient à Neuchâtel après des années d’absence. Il est déterminé à faire toute la lumière sur cette nuit de novembre 1973 où son frère a disparu et lui-même a été agressé.

Il est temps d’exorciser ses démons du passé, mais certaines personnes pourraient ne pas voir d’un bon œil cette envie de faire remonter à la surface des souvenirs oubliés…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que le duo Taurnada et David Ruiz Martin m’avait scotché et bluffé avec Seule La Haine, le précédent roman de l’auteur.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée.

J’aime les auteurs qui osent se remettre en question d’un titre à l’autre, si David Ruiz Martin reste dans le thriller noir avec ce nouveau roman, il est totalement différent de Seule La Haine. On pourrait penser qu’il est difficile d’imaginer une intrigue originale autour du thème (éculé diront certains) de la vengeance, et pourtant l’auteur réussit à nous proposer une approche plutôt novatrice. Même s’il est d’usage de dire que « c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes », rien n’interdit d’apporter une pointe d’originalité et de modernité à ladite soupe.

Ici cette note inédite vient du personnage d’Iris et de son don (qu’elle considère plutôt comme une malédiction). Son apparition va donner un sérieux coup de boost à l’intrigue, constituant même un second arc narratif qui entraînera Donovan dans son sillage.

Il faut bien reconnaître que Donovan Lorrence ne fait rien pour s’attirer la sympathie des lecteurs malgré la totale légitimité de sa quête de vérité. Heureusement Iris aura un effet apaisant sur lui, même si trop se rapprocher de la mystérieuse jeune femme peut réserver bien des surprises.

Une fois encore c’est la Suisse, et plus particulièrement Neuchâtel et ses environs, qui servira de décor à l’intrigue imaginée par David Ruiz Martin. Une Suisse bien loin de l’image d’Épinal qui vante le flegme helvète, c’est le côté obscur de la Suisse que nous dévoile l’auteur.

Une intrigue certes moins machiavélique que celle de Seule La Haine et son incroyable face à face psychologique, mais pas moins intéressante. Vous aurez rapidement envie de comprendre ce qui a bien pu passer au cœur de la brume neuchâteloise, un soir de novembre 1973. Il faut croire que la soif de vérité de Donovan est contagieuse.

Les personnages sont soignés, l’intrigue est parfaitement maîtrisée de bout en bout. Franchement difficile de lâcher le bouquin une fois que vous serez pris dans les mailles du filet. Résultat des courses on dévore les presque 400 pages quasiment d’une traite (deux traites pour être exact).

Avec ce roman David Ruiz Martin confirme qu’il faudra désormais compter avec lui dans le petit monde du polar suisse, mais aussi, plus largement, du polar francophone.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Jean Teulé – Azincourt Par Temps De Pluie

AU MENU DU JOUR


Titre : Azincourt Par Temps De Pluie
Auteur : Jean Teulé
Éditeur : Mialet Barrault
Parution : 2022
Origine : France
208 pages

De quoi ça cause ?

25 octobre 1415. A Azincourt les armées françaises se préparent à couper la retraite aux Anglais en déroute. Fort de leur supériorité numérique, l’attaque ne devrait être qu’une simple formalité et se solder par une victoire écrasante.

Le lendemain, dès les premiers assauts, rien ne se passe comme prévu. Les chevaliers Français, partis en première ligne, se font décimer par les archers Anglais… et ce ne sont que les prémices de la débâcle.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Bien que n’étant pas très porté par les romans historiques, j’apprécie tout particulièrement les talents de conteur de Jean Teulé. Surtout quand il s’agit de pointer du doigt les mauvais choix des uns et des autres.

Azincourt reste certainement le top du top en matière de fiasco ; comment une victoire annoncée va se transformer en humiliation pure et simple ?

Ma Chronique

Azincourt c’est 8 000 soldats Anglais au bord de l’épuisement face à plus de 20 000 soldats Français frais comme des gardons. Au vu des forces en présence on pouvait légitimement penser que c’était du pain bénit pour les armées françaises. Mais à la tête de l’armée anglaise se trouve le roi Henry V, fin stratège qui impose à ses troupes une discipline de fer, alors que les nobliaux en tout genre qui dirigent les forces françaises ne parviennent pas à se mettre d’accord sur une stratégie commune.

Le roman s’ouvre donc la veille de la bataille. D’emblée Jean Teulé souligne le déséquilibre des forces en présence. Des soldats Anglais affaiblis par la faim et la maladie, presque résignés quant à leur funeste destinée, ils se préparent dans des conditions plus que vétustes. En face les Français, sûrs de leur victoire, font ripaille, ça bouffe, ça picole jusqu’à la lie.

C’est par le personnage de Fleur de Lys, une prostituée chargée du bien-être de ces nobles chevaliers Français, que l’on perçoit les faiblesses des préparatifs des armées françaises. Elle pose des questions fort pertinentes avant de se faire rabrouer par des chevaliers (trop) sûrs de leur fait.

Le matin du 26 octobre 1415, un émissaire Anglais propose aux chefs de guerre Français une offre de paix signée Henri V. Le roi renonce à ses prétentions sur la Couronne de France, et restitue les villes d’Harfleur et Calais à la France, en échange d’un laisser passer jusqu’à Calais où ses troupes pourront embarquer pour l’Angleterre. Offre rejetée par les Français qui veulent bouffer du rosbeef et leur infliger une défaite mémorable.

Dès l’ouverture des hostilités les Français payent le prix fort de leurs mauvais choix, et ce n’est que le début d’une grandiose débandade ! Une débandade que Jean Teulé se plait à nous décrire (âmes sensibles s’abstenir) sans surenchère ni complaisance, se permettant même quelques traits d’humour au milieu du carnage.

Trop bloquée en ses immuables principes ancestraux, la fantastique chevalerie française paie cash sa vanité et son incapacité à s’adapter aux temps nouveaux. Les Anglais ont contrevenu aux codes de la guerre, et alors, ce n’est pas une partie de cricket !

Force est de constater que sur ce coup la perfide Albion nous a mis une branlée monstrueusement mémorable. Il faudrait être franchement malhonnête pour ne pas reconnaître que les Français ont été les artisans de leur défaite. Il aura fallu à peine trois heures de combat pour les forces françaises soient mises en miettes.

La bataille d’Azincourt sonnera les glas de la chevalerie française, désormais la clé du combat réside dans l’artillerie. Dommage qu’il ait fallu une pareille débâcle pour le comprendre. Les Anglais déploreront 600 morts dans leurs rangs alors que du côté Français on en compte plus de 6000, dont de nombreux nobles de divers rangs.

Le roman est aussi court que le fut la bataille. Une fois de plus Jean Teulé met ses talents de conteur au service de l’Histoire et il le fait avec beaucoup de justesse. Le pire dans ce triste épisode de notre histoire, c’est que cette bataille aurait pu être évitée si les chefs de guerre Français avait écouté la voie de la raison plutôt que celle de leur égo démesuré.

Il est de notoriété publique que les Anglais ne manquent pas d’humour, en souvenir de cette bataille, ils ont nommé leur nouvelle classe de sous-marin nucléaire Agincourt (le nom anglais pour Azincourt). Je ne saurai les blâmer de célébrer cette victoire offerte sur un plateau d’argent ! Même si leur roi s’est montré particulièrement impitoyable à l’issue de la bataille…

MON VERDICT

[BOUQUINS] Collectif, sous la direction d’Yvan Fauth – Respirer Le Noir

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Titre : Respirer Le Noir
Auteur : Collectif, sous la direction d’Yvan Fauth
Éditeur : Belfond
Parution : 2022
Origine : France
297 pages

De quoi ça cause ?

Treize auteurs qui ne manquent pas de flair vous proposent de découvrir douze nouvelles sur fond noir.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

La question ne se pose même pas !

En comptabilité de stock je lui ai appliqué la méthode LIFO (Last In, First Out – Dernier entré, premier sorti), par opposition à la méthode FIFO (First In, First Out). C’est vous dire à quel point j’attendais mon précieuuux ! Mooon prééécieuuux !!! (OK, je me calme, inutile d’appeler les hommes en blanc).

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Belfond, Net Galley et Yvan. Les deux premiers pour leur confiance renouvelée. Le troisième pour son amitié malgré la distance qui nous sépare.

Après l’ouïe, la vue et le toucher, c’est l’odorat qui servira de toile – noire – de fond aux treize auteurs qui ont répondu présent à l’invitation d’Yvan.

Parmi eux, trois auteurs se prêtent au jeu pour la troisième fois (Barbara Abel, R.J. Ellory et Karine Giebel), deux auteurs signent pour une seconde manche (François-Xavier Dillard et Sophie Loubière), enfin, un auteur décide de ne rien faire comme les autres en revenant sous un autre nom de plume (Mo Malo aka Fred Mars).

Ce cru 2022 voit donc sept petits nouveaux, au talent connu et reconnu, rejoindre la dream team des 5 sens du noir sous le coaching d’Yvan Fauth. En quatre recueils, ce sont pas moins de trente-huit auteurs qui ont relevé les défis imposés par leur impitoyable maître de cérémonie. Chapeau bas l’ami ! Et bien sûr, chapeau bas à tous ces auteur(e)s.

C’est R.J. Ellory qui ouvre le bal de l’odorat. Au menu de son récit, un parfum de vengeance qui se déguste saignante. Une nouvelle maîtrisée de bout en bout mais dont j’avais pressenti la fin.

Sophie Loubière prend le relai pour une nouvelle fraternelle aux fragrances multiples. Je me suis longtemps demandé quelle était la finalité du récit, j’avoue ne rien avoir vu venir. Belle trouvaille qui colle parfaitement à une actualité encore fraîche.

Direction les effluves marines – ou plutôt celles d’une fin de marché aux poissons avec une chaine de froid défaillante – en compagnie de Franck Bouysse. Un récit plein d’humanité dans lequel le cynisme et l’humour noir font office d’armure contre la solitude et la détresse. Le pire c’est que cette foutue pathologie existe bel et bien.

Mo Malo nous entraîne au Groenland (what a surprise !) pour un récit aromatisé d’un soupçon de fantastique sur un fond écolo-noir. Une approche pour le moins originale à laquelle on aimerait en partie croire.

Avec Dominique Maisons ce sont les coulisses de l’Élysée qui nous visitons, autour d’un corps (non, non, ce n’est pas celui de Mc Manu) aux exhalaisons fétides. Une enquête de deux heures trente menée à un train d’enfer pour sauver les miches de Jupiter.

Sous la plume de François-Xavier Dillard la fête vire au cauchemar. Une nouvelle d’où suintent les relents infects de la folie des hommes. Incontestablement l’approche la plus pessimiste du recueil… et malheureusement pas totalement improbable.

Adeline Dieudonné nous fait voyager en Belgique à l’aube de la première guerre mondiale pour s’essayer au true crime. Alcool et pauvreté ne font pas bon ménage quand leurs émanations viennent brouiller le peu de bon sens qu’il reste à Alexandre Glandy. Un portrait criant de vérité mais aucune empathie pour le personnage.

Hervé Commère nous entraîne dans un petit village qui tombe peu à peu en désuétude, un récit familial et social, triste reflet de notre temps. Les apparences sont parfois trompeuses, un miroir aux alouettes qui peut vous jouer de mauvais tours.

Vincent Hauuy joue la carte de l’anticipation mais ne nous promet pas des lendemains qui chantent, sa vision de l’avenir est pour le moins glauque. Moyennement adhéré à cette plongée neurale.

Jérôme Loubry dénote en ne parfumant pas son récit de noir (ou alors juste un soupçon). Il nous offre une histoire pleine d’humanité et d’émotions autour du deuil. Un conte tout simplement magnifique.

 Chrystel Duchamp ne lésine pas sur les moyens pour nous en envoyer plein les naseaux. Surprenant de voir l’auteure s’essayer au fantastique… et le résultat est plus que convaincant. Et très noir !

C’est la troisième fois que Barbara Abel et Karine Giebel se prêtent à l’exercice de l’écriture à quatre mains. Comme dans Regarder Le Noir, elles ont la lourde responsabilité de fermer le bal. Un défi qu’elles remportent haut la main… pas surpris outre mesure que leur histoire s’inspire de faits réels.

Voici les notes sur 5 que j’attribue à chacune des nouvelles du présent recueil, comme d’hab elles sont le reflet de mon ressenti et n’engagent que moi :

  • R.J. Ellory : Le parfum du laurier-rose / 4
  • S. Loubière : Respirer la mort / 4.5
  • F. Bouysse : Je suis un poisson / 5
  • M. Malo : Cristal qui sent / 4.5
  • D. Maisons : Deux heures et trente minutes / 5
  • F.X. Dillard : Happy World / 5
  • A. Dieudonné : Glandy / 3
  • H. Commère : Le monde d’après / 5
  • V. Hauuy : Miracle / 3.5
  • J. Loubry : Les doux parfums du cimetière / 5
  • C. Duchamp : L’amour à mort / 4.5
  • B. Abel & K. Giebel : Petit nouveau / 5

Ce qui nous fait une honorable moyenne de 4.5 / 5 que j’arrondis volontiers à 5 pour la mise en avant de la dimension humaine dans de nombreux récits.

Il me tarde déjà de découvrir l’ultime (?) recueil de cette série, quels seront les auteurs qui oseront croquer dans le noir à pleines dents ?

MON VERDICT

[BOUQUINS] Patrice Guirao – Rivage Obscur

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Titre : Rivage Obscur
Série : Lilith Tereia – Livre 3
Auteur : Patrice Guirao
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2022
Origine : France
368 pages

De quoi ça cause ?

Chez elles, les journalistes Lilith et Maema tombent nez à nez avec un enfant tétanisé. Son poignet saigne. Apeuré et mutique, le jeune garçon finit par les conduire jusqu’à un squat isolé au fin fond d’une vallée. Elles y découvrent sous une bâche les cadavres mutilés d’un couple. Et un univers insoupçonnable…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est la troisième (et dernière ?) enquête de Lilith Tereia et de sa fidèle complice Maema. J’ai tout de suite été happé par l’univers « noir azur » de Patrice Guirao, il me tardait donc de découvrir ce qui attendait nos deux journalistes pleines de ressources.

Ma Chronique

Avec sa trilogie noire azure, Patrice Guirao vous invite à découvrir la Polynésie Française en allant au-delà des décors de cartes postales ; et il le fait fichtrement bien, même si le voyage n’est pas toujours de tout repos (et même souvent éprouvant). Prêt pour l’embarquement ? Suivez le guide.

C’est une réalité encore plus noire que nous découvrons avec ce troisième opus puisque l’épidémie de Covid est passé par là et n’a pas épargné la Polynésie. Sur une population totale de 281 000 habitants, 72 678 cas positifs ont été signalés et 648 décès.

C’est d’ailleurs cette même pandémie qui fait que le présent roman, initialement annoncé pour 2021, a été publié avec un an de retard. Entre temps le titre aussi a changé, Tiaré Noir est devenu Rivage Obscur.

Après une escale mouvementée aux Tuamotu (Les Disparus De Pukatapu), Lilith et Maema sont de retour à Tahiti. Alors qu’elles profitent du bord de mer chez Maema, un bruit venant de l’intérieur du faré les tire de leur causerie. À l’intérieur, elles se retrouvent nez à nez avec un jeune garçon, blessé à une main. Une rencontre qui les plongera au cœur de la face la plus sombre de la Polynésie.

Même si ce roman peut se lire indépendamment des précédents, je ne saurai que vous conseiller de les lire dans l’ordre. D’une part c’est la meilleure façon d’aborder les personnages, mais c’est aussi et surtout l’unique façon de comprendre pleinement l’impact du Covid sur la vie de l’archipel.

Chères lectrices du Bûcher De Moorea (le premier opus de la trilogie), j’ai une bonne nouvelle pour vous. Le beau Kae est de retour sur le devant de la scène… dans la limite de l’espace que veulent bien lui laisser Lilith et Maema.

Chaque roman de cette série est l’occasion de découvrir de nouvelles problématiques polynésiennes, des problématiques souvent ignorées des non-résidents pourtant bien réelles. Comme partout la crise sanitaire a eu de lourdes conséquences économiques, avec des fermetures d’entreprises, des pertes d’emploi et donc une précarité galopante. Crise économique étant elle-même facteur d’insécurité et offrant un terrain propice à l’expansion de trafics en tout genre (argent facile pour les uns, palliatif – illusoire – à la misère pour les autres), dont celui de l’ice.

Fidèle à son habitude Patrice Guirao pointe aussi du doigt les méfaits de la décolonisation. Je ne dis pas que tout est faux (loin de là), mais il est un peu facile de faire l’impasse sur les nombreux points positifs apportés par la France dans ses colonies du Pacifique. Désolé, mais le coup du « c’était mieux avant » ne prend pas avec moi, sans doute le fait que je vive en Nouvelle-Calédonie n’est pas totalement étranger à cette prise de position.

Au niveau des nouvelles rencontres que vous réserve ce roman, nul doute que vous ne résisterez pas longtemps à l’effronterie et à l’assurance du jeune Toi ; un mélange de force et de fragilité qui vous va droit au cœur.

Une fois de plus j’ai été totalement embarqué par ce voyage au cœur de la dure réalité polynésienne ; même si j’ai trouvé l’intrigue un tantinet en deçà des précédentes, on reste dans très bon niveau.

Je suis bien conscient que le principe fondateur d’une trilogie est de se décliner en trois volets, mais j’aimerai sincèrement qu’un quatrième tome vienne consolider le final. Ce serait dommage de quitter Lilith et Maema dans la situation laissée à la fin du présent roman.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Olivier Descosse – Peurs En Eau Profonde

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Titre : Peurs En Eau Profonde
Auteur : Olivier Descosse
Éditeur : XO
Parution : 2022
Origine : France
488 pages

De quoi ça cause ?

Quand le corps d’une jeune femme est repêché au large de Marseille, l’enquête est confiée à l’équipe de la commandante Latour. De prime abord tout laisse à penser à une noyade accidentelle, mais Latour décide malgré tout de creuser au-delà des apparences. Rapidement des éléments troublants vont contredire l’hypothèse de la noyade accidentelle…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

C’est d’abord la couv’ qui a attiré mon regard, avant même de voir le titre du bouquin et le nom de l’auteur, j’ai été attiré par ce corps flottant en eau profonde.

Comme ça faisait déjà quelques temps que j’avais envie de découvrir l’univers littéraire d’Olivier Descosse, autant profiter de l’occasion.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions XO et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Bien qu’étant de la génération Grand Bleu (le film de Luc Besson, sorti en 1988), je n’ai jamais été sensible à l’appel du large. J’ai certes fait un peu d’apnée mais ça tenait plus du barbotage que de la véritable plongée… à 20 000 lieux (sous les mers, forcément) de la plongée technique (Tech pour les intimes) dont il est question dans le roman d’Olivier Descosse.

L’auteur profite de son intrigue pour permettre au lecteur de découvrir un univers assez peu connu du grand public : la plongée technique. Ces plongeurs de l’extrême (appelés teks) opèrent souvent à des profondeurs supérieures à 100 mètres, ce qui nécessite un entraînement intensif et un matériel lourd spécifique (ils ne se contentent pas de regarder le paysage, leur job est d’assurer des opérations techniques ou de renflouage). Inutile de préciser que dans de telles conditions, la moindre erreur peut être lourde de conséquences.

C’est clairement un domaine que je découvre et sur ce point je ne peux que saluer le travail de documentation de l’auteur, on est en totale immersion (le mot ne saurait sonner plus juste) avec les plongeurs au cours de leurs périlleuses interventions.

L’essentiel de l’intrigue du roman est porté par deux personnages, d’un côté la commandante Chloé Latour, chef d’équipe à la BC de Marseille, et de l’autre Jean Sardi, patron d’une société de Tech et plongeur lui-même. Deux personnalités au caractère affirmé mais fortement marquées par le poids (et les drames) du passé.

J’ai apprécié le fait que Olivier Descosse ne fasse rien pour attirer spontanément l’empathie du lecteur vers ses personnages. Au contraire, il faut un certain temps pour s’habituer à leur personnalité et les adopter. Il faut bien reconnaître que le tempérament impulsif et directif de Chloé Latour en font parfois une parfaite tête à claques. Quant à Jean Sardi, c’est plutôt sa tendance à caliméroter qui va parfois nous porter sur les nerfs (Sors toi les doigts du cul mec et arrête de t’apitoyer son ton triste sort).

Les personnages secondaires ne sont pas pour autant laissés pour compte, qu’il s’agisse de l’équipe – pour le moins hétéroclite – de Latour, ou de celle de Sardi. Mais il est vrai que pour les deux enquêteurs ce crime a une résonnance aussi particulière que personnelle.

L’intrigue à proprement parler reste relativement classique, on devine même assez vite qui est plus à même de se cacher derrière le meurtre de Lola. Reste à comprendre ses motivations… Classique mais rondement menée, on se laisse volontiers entraîner dans l’enquête de Chloé et Jean. On a envie d’en savoir plus et les chapitres défilent fluidité.

Olivier Descosse prouve qu’il ‘n’est pas besoin de revisiter les règles du genre pour livrer un thriller abouti. C’est vrai que le relatif classicisme du récit pourrait rebuter les lecteurs les plus blasés, personnellement ça ne m’a pas dérangé outre mesure, du moment que l’ensemble tient la route.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Stanislas Petrosky – Porn Is Born

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Titre : Porn Is Born
Auteur : Stanislas Petrosky
Éditeur : Eaux Troubles
Parution : 2022
Origine : France
220 pages

De quoi ça cause ?

Rachida Achouri est flic à la BAC. Pas facile de s’imposer dans ce milieu quand on est une femme et d’origine algérienne. Et pourtant elle a réussi à se faire une place. Jusqu’au jour où, au cours d’une intervention, elle commet l’irréparable.

On déguise la bavure en opération policière qui a mal tourné, Rachida est « éliminée » – tuée en intervention – avant d’être transférée dans un centre d’entraînement de la DGSI. À l’issue d’un entraînement intensif, elle devient Estelle Fincker, actrice porno qui officie sous le nom de Stella Finck.

Pourtant, pour sa première mission de terrain, sa couverture sera escort-girl. Son client : un dangereux terroriste qui a mis la main sur une souche du virus Ébola…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que ça fait déjà quelques temps que j’ai envie de découvrir l’univers littéraire de Stanislas Petrosky. Ce premier opus de sa nouvelle série mettant en scène Stella Finck m’a semblé être l’occasion idéale de franchir le pas.

Ma Chronique

Je connais Stanislas Petrosky de nom pour sa série Requiem et son prêtre exorciste atypique et pour celle co-écrite avec Jérémy Bouquin et signée Borya Zavod, Apocalypse Riders. Deux séries que j’ai la ferme intention de lire… un jour où l’autre.

En attendant v’là t’y pas que l’auteur décide de lancer une nouvelle série articulée autour du personnage de Stella Finck. Une couv’ plutôt aguicheuse, un pitch prometteur et hop, in the pocket !

Avertissement de rigueur : réservé à un public averti ! Vous voilà prévenu. On est à mille lieux de l’érotisme parfumé à 50 nuances de guimauve ; avec ce bouquin le polar flirte allégrement avec le X. Il faut dire que Rachida est un tantinet nympho sur les bords, elle aime le sexe et elle l’assume totalement, mieux, elle le revendique !

Mais attention, si Rachida aime la queue ne vous avisez pas à marcher sur la sienne. La miss a un caractère bien trempé et un langage plutôt fleuri (« Oui je suis vulgaire, enfin grossière, paraît que ce n’est pas pareil »).

Vous l’aurez compris, Stanislas Petrosky ne fait pas dans le politiquement correct ! Ne serait-ce que pour ça, je ne regrette pas de m’être laissé tenter par ce bouquin.

Écrit à la première personne, le bouquin vous fait vivre l’intrigue à travers le personnage de Rachida / Estelle / Stella. Du coup les personnages peuvent paraître manquer de profondeur, mais ça colle bien au style du récit (m’est d’avis que quand vous racontez une histoire vous ne dressez pas un profil psychologique approfondi de chacun des intervenants).

Une intrigue sans prétention rondement menée, dans laquelle Rachida devra payer de sa personne pour espérer arriver à ses fins.

Au-delà de son apparente légèreté, l’intrigue permet à Stanislas Petrosky de porter un regard désabusé (et un brin cynique… mais ô combien lucide) sur notre société. Il s’offre même quelques réflexions sur l’intégration, le respect de l’autorité, les disparités et inégalités entre les hommes et les femmes.

Le roman est court et le style direct (parfois cru… souvent saignant), les pages défilent d’une traite jusqu’au clap de fin. Une fin en forme d’au revoir plutôt que d’adieu, il y a en effet fort à parier que d’autres aventures attendent Stella Finck. Et je serai fidèle au rendez-vous.

MON VERDICT

Aparté à l’attention des éditions Eaux Troubles

Le seul point noir dans ce bouquin est du fait de l’éditeur et non de l’auteur. La qualité du fichier epub laisse clairement à désirer. On va faire abstraction de quelques fautes d’orthographe résiduelles, mais les renvois à la ligne intempestifs (en plein milieu d’une phrase) et les césures oubliées (genre inter-dite), franchement ça pique les yeux.

C’est vraiment un travail bâclé, même moi je serai capable de pondre un fichier epub mieux finalisé.

[BOUQUINS] Olivier Norek – Dans Les Brumes De Capelans

AU MENU DU JOUR


Titre : Dans Les Brumes De Capelans
Série : Victor Coste – Livre 4
Auteur : Olivier Norek
Éditeur : Michel Lafon
Parution : 2022
Origine : France
400 pages

De quoi ça cause ?

Cela fait six ans que Victor Coste a quitté la SDPJ 93 et disparu sans un mot d’explication. Six ans qu’il officie à Saint-Pierre sous le sceau du « Secret Défense » pour le compte du Service de Protection des Témoins. Sa mission : évaluer si des criminels repentis méritent une seconde chance, en échange des informations qu’ils sont susceptibles de livrer.

Quand la procureure Saint Croix, directrice du SPT, lui confie sa nouvelle mission Coste est déstabilisé. On lui confie une jeune femme qui a été détenue dix longues années par un tueur en série insaisissable. Son rôle : la faire parler afin d’identifier et de neutraliser celui qui a déjà tué neuf adolescentes.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Le simple fait que ce soit Olivier Norek suffirait à me convaincre de tout lâcher pour me ruer sur son nouveau roman. Cerise sur le gâteau c’est aussi le grand – et très attendu – retour de Victor Coste.

Ma Chronique

Je pense pouvoir affirmer sans l’ombre d’une hésitation que Victor Coste était certainement l’un des personnages (sinon LE personnage) de fiction que j’avais le plus hâte de retrouver. Faut dire qu’à la fin de Surtensions, le gars n’est pas franchement au mieux de sa forme (et il y avait de quoi être dévasté)…

Avant d’entrer dans le vif du sujet je vais lever le voile sur la question récurrente quand on souhaite se lancer dans une série littéraire : faut-il avoir lu les précédents romans avant de lire celui-ci ? Il est vrai que ce quatrième opus est complètement différent des précédents, mais pour apprécier pleinement la situation de Coste, je reste convaincu qu’il vaut mieux avoir lu la Trilogie 93 avant d’attaquer celui-ci. C’est la meilleure façon de réaliser le lien qui l’unissait à son groupe de la SDPJ 93. D’autre part si vous lisez ce roman avant d’avoir lu Surtensions, vous plomberez toute l’intensité émotionnelle du final.

On oublie les banlieues du 9-3 pour poser ses valises à Saint-Pierre. J’en vois déjà qui pensent au soleil de la Martinique ou de la Réunion, rangez vos crèmes et lunettes solaires ! La nouvelle vie de Coste se déroule à Saint-Pierre-et-Miquelon (sortez les doudounes, les bonnets et les gants !).

Officiellement Coste est chef de la Police Aux Frontières, un chef peu présent pour son équipe, puisque cette fonction n’est qu’une couverture visant à dissimuler son véritable rôle au sein du tout récent Service de Protection des Témoins. Un rôle taillé sur mesure puisqu’il consiste à bosser en solitaire et dans le plus grand secret.

Ça ne pourrait mieux tomber vu que Coste est devenu du genre plutôt taiseux, il vit en ermite dans une résidence de fonction hypersécurisée. Ses seuls contacts non professionnels avec l’extérieur sont son vieux voisin, Armand, et sa petite-fille, Esther. Et ils ont dû s’armer de patience avant que le flic ne baisse sa garde.

Et v’là t’y pas que sa boss, la procureure Saint Croix, lui balance dans les pattes une jeune femme dont il doit gagner la confiance afin de la faire parler. Comme lui, Anna est une grande blessée de la vie. Disparue du domicile familial à l’âge de 14 ans, elle était considérée comme fugueuse. Jusqu’à ce que la police la retrouve, dix ans plus tard, captive d’un tueur en série qui tient la police en échec tout en multipliant les meurtres d’adolescentes.

La procureure Saint Croix espère secrètement que la cohabitation entre ces deux âmes en peine fonctionnera comme une sorte de réparation réciproque…

J’en vois déjà qui se disent que j’ai dû abuser d’œufs Kinder et qu’une méchante bestiole a pris le contrôle de mon neurone, me poussant à vous raconter tout le bouquin. Rassurez-vous il n’en est rien, pas de chocolats Kinder parfumés à la salmonelle au programme (mon fournisseur de chocolat Ferrero fait venir ses produits d’Australie… et je préfère de loin les rochers aux œufs), pas non plus de spoiler à outrance (la preuve, j’arrête là) !

Ce roman aurait pu constituer une sorte de second départ pour Victor Coste, mais le gars est loin d’être réparé quand on le retrouve. On est plutôt dans une vague tentative de rafistolage, genre j’érige une carapace autour de ma personne et de ma vie afin de ne rien casser de plus… mais ce qui était déjà cassé n’est pas pour autant réparé.

Dans ce roman Olivier Norek ne laisse rien au hasard, chaque personnage, chaque élément du récit (même le plus anodin) trouve sa place pour faire avancer l’intrigue.

L’essentiel de l’intrigue est bien entendu porté par le duo formé par Victor et Anna. Deux âmes brisées qui vont devoir apprendre à se faire confiance. Mais les personnages secondaires ne sont pas pour autant des faire-valoir, à commencer par le tueur traqué aussi bien par les enquêteurs en Métropole que par Coste à Saint Pierre. Un autre duo permettra à Victor et Anna d’aller de l’avant, il s’agit bien entendu d’Armand et d’Esther. Armand passionné de criminologie s’ennuie un peu sur ce caillou qui n’a connu que trois véritables affaires criminelles. Même les flics de la police aux frontières – qui doutent sérieusement de leur nouveau chef – et les gendarmes (une en particulier) vont permettre de faire avancer l’intrigue.

Enfin l’île de Saint-Pierre (et son climat, dont les fameuses brumes qui font office de titre) est quasiment à considérer comme un personnage à part entière. On sent bien que Olivier Norek a eu un gros coup de foudre pour ce petit coin de France perdu au milieu de l’Atlantique Nord.

L’intrigue n’est pas forcément la plus intense qui soit au niveau du rythme (même si je vous garantis certaines poussées d’adrénaline), elle est toutefois rondement menée et psychologiquement éprouvante. Une fois de plus l’auteur démontre qu’il n’a pas son pareil pour renverser une situation. Et une fois encore l’humain et les relations humaines (dans toute leur complexité) seront la clé de voûte du récit.

Un retour attendu qui s’est révélé largement à la hauteur de mes attentes, Olivier Norek fait du neuf avec du vieux en proposant à Victor Coste de relever des défis jusqu’alors inédits pour lui. Pas moyen de tergiverser, il lui faut la totale : 5 Jack et un coup double (coup de cœur / coup de poing).

Pour l’anecdote, Saint-Pierre et Miquelon fait partie des destinations futures possibles si un jour nous devions quitter la Nouvelle-Calédonie. Ce n’est pas à l’ordre du jour, et ça ne le sera peut-être jamais, mais SP&M était un point de chute que nous avions retenu.

PS : aucun animal n’a été maltraité au cours du présent roman, au contraire Olivier Norek se rachète en soulignant l’action au service de la cause animale de l’association SPM3A (Saint-Pierre-et-Miquelon Aide Aux Animaux).

PPS : il y a bien un spécimen que Victor va prendre un malin plaisir à dérouiller, mais lui nous n’avons aucune envie de le prendre en pitié, au contraire…

MON VERDICT

Coup double

[BOUQUINS] David Joy – Nos Vies En Flammes

AU MENU DU JOUR


Titre : Nos Vies En Flammes
Auteur : David Joy
Éditeur : Sonatine
Parution : 2022
Origine : États-Unis (2020)
344 pages

De quoi ça cause ?

Veuf et retraité, Ray mène une vie tranquille et solitaire dans sa ferme des Appalaches. Outre une pauvreté galopante et un trafic de drogues en plein essor, la région doit aussi faire face à des incendies de forêts ravageurs.

Dans l’idéal, Ray souhaiterait que son fils, Ricky, le rejoigne. Mais ce-dernier préfère passer son temps à chercher un moyen de se faire un nouveau shoot…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que le duo Sonatine et David Joy a fait ses preuves plus d’une fois (deux en ce qui me concerne). C’est la promesse d’un roman absolument noir et totalement maîtrisé.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Une fois de plus, sous la plume de David Joy la région des Appalaches n’a rien d’un décor de carte postale. On serait tenté de croire qu’il noircit la réalité mais il n’en est rien, il parle de ce qu’il connait puisqu’il y vit (la postface de l’auteur, un article publié en 2020, est édifiante et fait froid dans le dos).

Il n’y a donc pas que les forêts qui flambent dans la région (en grande partie à cause de l’activité humaine, soit dit en passant), la pauvreté et la drogue (parfois l’association des deux) consument aussi une partie de la population. Comme de bien entendu certains savent tirer profit de cette situation en profitant de la manne qu’offre ce vaste marché parallèle.

Souvent les personnages de David Joy sont à la dérive, et on en retrouve aussi dans le présent roman (qu’il s’agisse de Ricky ou de Denny, tous deux junkies en perpétuelle recherche d’un petit trafic pour s’offrir leur prochain shoot). À la différence des précédents romans, l’auteur offre aussi des rôles de premier ordre à des personnages que je qualifierai de plus stables, qu’il s’agisse de Ray (un retraité qui vit une vie sans histoire), Leah (fliquette au bureau du sheriff) ou des agents de la DEA.

À travers le personnage de Ray, David Joy souligne les dommages collatéraux de la drogue sur les proches et notamment leur impuissance à changer le cours des choses.

On suit une intrigue à trois voies, celle de Ray justement, père désabusé par les dérives de son fils et par un système qu’il juge inerte et impuissant, celle de Denny, junkie à la dérive dont les perspectives se résument à son prochain shoot et celle de Rodriguez, flic infiltré dans l’attente d’une vaste opération de la DEA. Inutile de préciser que quand ces trois voies vont se croiser la rencontre sera pour le moins explosive.

Une intrigue fortement teintée de noir mais que j’ai trouvé moins « désespérée » que celle des précédents romans, je n’ai pas ressenti ce sentiment de détresse et les émotions fortes qu’il procure. Ça n’empêche pas le bouquin d’être captivant de bout en bout, mais il ne m’a pas mis une grande claque dans la gueule.

Un roman sans concession ni jugement (comme toujours de la part de l’auteur), fortement ancré dans une triste réalité et servi par la justesse de la plume (ou du clavier) de David Joy. Avec ce quatrième roman, l’auteur confirme qu’il est une des plumes incontournables du roman noir.

MON VERDICT

[BRD] Spider-Man – No Way Home

À L’AFFICHE DU JOUR


Titre : Spider-Man – No Way Home
Réalisation : Jon Watts
Production : Marvel Studios
Distribution : Sony Pictures
Origine : États-Unis
Durée : 2h29

Casting

Tom Holland : Peter Parker / Spider-Man
Zendaya : MJ
Benedict Cumberbatch : Dr Strange
Jacob Batalon : Ned Leeds
Willem Dafoe : Norman Osborn / Le Bouffon Vert
Jamie Foxx : Max Dillon / Electro
Alfred Molina : Otto Octavius / Dr Octopus
Thomas Haden : Flint Marko / L’Homme Sable
Rhys Ifan : Curt Connors / Le Lézard
Tobey Maguire : Peter Parker / Spider-Man
Andrew Garfield : Peter Parker / Spider-Man

Le pitch

Depuis que Mysterio a révélé la véritable identité de Spider-Man, la vie de Peter Parker est devenue un enfer. Ses amis, MJ et Ned, sont eux aussi directement impactés par cette situation, à tel point que leur avenir pourrait être compromis.

Désemparé, Peter Parker demande l’aide du Dr Strange afin qu’il lance un sort pour que le monde oublie que Peter est Spider-Man. Les choses ne vont pas vraiment se passer comme prévu…

Ma chronique

Spider-Man – No Way Home est le vingt- septième film du MCU (Marvel Cinematic Universe) et le troisième dédié à Peter Parker / Spider-Man. C’est aussi et surtout un film qui fait office de transition au niveau des droits d’exploitation du personnage qui devraient revenir, pour les prochains volets, entièrement à Sony (le deal initial étant un partage des droits avec Disney sur trois films).

Ce film est aussi le premier à être presque intégralement centré sur la notion de multivers (qui est supposé être le fil rouge de ce second cycle du MCU). Ainsi le Peter Parker / Spider-Man Sony / Disney (Tom Holland) va se retrouver face à des ennemis venus du spiderverse de Sony (le Bouffon Vert, Dr Octopus et l’Homme Sable sont tout droit sortis de la trilogie de Sam Raimi, tandis que le Lézard et Electro sont issus du diptyque de Marc Webb). Des ennemis qui ont tous un sérieux compte à régler avec Peter Parker… à l’insu de son plein gré !

Le concept est même poussé encore plus loin puisque notre héros pourra compter sur l’aide de deux Peter Parker / Spider-Man (Tobey Maguire et Andrew Garfield qui ont interprétés le personnage sous la houlette de Sam Raimi et de Marc Webb).

Sur le papier ça peut sembler être du grand portnawak mais je vous assure que ça tient la route. Et surtout le scénario est en parfait accord avec le basculement de Spider-Man du MCU de Disney vers le spiderverse de Sony (je m’avance peut-être un peu sur ce point mais la première scène post générique tendrait à me donner raison avec une brève apparition d’un être personnage phare du spiderverse).

Vous ne serez sans doute pas surpris si je vous annonce que la rencontre entre ces trois univers va se révéler pour le moins explosive… pouvant aboutir, parfois, à des alliances inattendues. Évidemment les scènes d’action occupent une place de premier choix pour illustrer cette confrontation inédite, sans surprise, elles sont servies par des effets spécieux qui vont vous en mettre plein les yeux.

Comme toujours l’humours sera toujours au rendez-vous afin de détendre l’atmosphère. D’autant que le film vous réservera quelques séquences émotions (comme dirait ce brave Nicolas Hulot, en faisant mine de rendre son dernier souffle) liées au contexte particulier de l’intrigue.

Autant le précédent volet Spider-Man – Far From Home ne m’avait pas convaincu, autant celui-ci m’a réconcilié avec le personnage. Ce n’est certainement pas par hasard que le film se classe troisième (après le diptyque Avengers – Infinity War / Endgame) de l’ensemble du MCU en termes de box-office mondial avec près de 1,9 milliards de dollars engrangés à ce jour.

La seconde séquence post générique confirme que le MCU va entrer de plain-pied dans le multivers puisqu’il s’agit, ni plus ni moins, de la bande-annonce de Dr Strange In The Multiverse Of Madness. Et le moins que l’on puisse dire c’est que ça s’annonce vachement prometteur !

Difficile, pour ne pas dire impossible, de savoir aujourd’hui ce que l’avenir réserve à la franchise Spider-Man. Le spiderverse de Sony n’est pas encore très fourni au niveau des personnages, mais l’écurie Marvel ne manque pas de personnages permettant de l’enrichir…

♥♥♥♥

[BOUQUINS] Blanche Monah – Black Mamba

X-rated

AU MENU DU JOUR


Titre : Black Mamba
Auteur : Blanche Monah
Éditeur : Auto-édition
Parution : 2022
Origine : France
400 pages

De quoi ça cause ?

La famille Hawkins menait une vie bien tranquille jusqu’à ce les magouilles du père ne finissent par fâcher André Kwassi, plus connu comme étant le Black Mamba, chef impitoyable et redouté du gang BPS.

Pour obtenir réparation, Black Mamba va s’en prendre à ce que Richard Hawkins a du plus cher, sa fille de 17 ans, Rebecca…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

J’avais lu, il y a déjà quelques temps un précédent roman de l’auteure, La Cage Dorée, et j’avais apprécié son audace.

Ma Chronique

On va faire court – et j’en suis navré pour Blanche Monah – mais je n’ai pas du tout accroché à ce roman. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai été choqué, il faut plus que ça pour que je le sois, mais clairement dérangé par ce récit qui devient très vite une vulgaire succession d’interminables scènes de viols et d’humiliations diverses et variées qu’une bête sauvage fait subir à sa victime.

Les histoires de soumission / domination ne me dérangent pas outre mesure, par contre il faut que chacun y trouve son compte… et donc un consentement. Une scène de viol peut avoir une raison d’être dans un récit, mais la répétition devient gerbante à la longue.

J’ai du mal à adhérer à l’étiquette black romance, pour que romance il y ait il faudrait encore qu’il y ait réciprocité des sentiments… ne serait-ce qu’un semblant de début de sentiments. Or il n’en est rien, au fil des chapitres Rebecca ne fait que subir les assauts d’un monstre qui n’a rien d’humain. Et même quand il essaye de faire semblant d’être humain il en devient encore plus pathétique et pitoyable. Son schéma de pensée s’avère être aussi primaire que bestial.

Je crois que jamais je n’ai éprouvé une telle haine pour un personnage de fiction, je rêvais de le voir longuement souffrir avant de qu’il ne crève… j’en ai été pour mes frais. C’est Rebecca, sa victime, qui a dû faire le seul choix lui permettant d’échapper à son bourreau (aucun remord à spoiler… c’est une première pour moi).

À ce titre je trouve que l’ultime paragraphe du roman n’aurait pas dû exister, comme indiqué sur la couverture « Pardonner est parfois impossible » ; une sous-merde comme ce Black Mamba ne mérite aucun pardon ni aucune forme de rédemption, même si celle-ci n’est que le fruit de son imagination dégénérée.

Si ce bouquin avait été écrit par un homme je pense que j’aurai abandonné sa lecture en cours de route, craignant qu’un tel acharnement à humilier une femme ne soit le reflet d’une misogynie des plus malsaine.

Enfin, pour en finir avec cette chronique totalement à charge (ce que j’assume pleinement), j’ai trouvé le comportement de Barbara Hawkins, la mère de Rebecca, aussi improbable qu’hallucinant. Aucune mère – digne de ce nom – ne pourrait s’abaisser à demander à sa fille, sinon d’accepter au moins de composer avec la situation actuelle. Tout ça pour sauver son petit confort de grosse bourge incapable de se sortir les doigts du cul !

Blanche, j’espère que vous ne me tiendrez pas rigueur de cette critique sans concession ni langue de bois – ce n’est pas le genre de la maison. Quand j’aime ou quand je déteste, je ne le fais pas à demi-mots. Je vous souhaite toutefois de tout cœur de trouver un public plus enthousiaste.

Croyez le ou non, je ne prends aucun plaisir à dézinguer un bouquin, mais je me suis fais la promesse en ouvrant ce blog de ne jamais me censurer. Ce n’est pas parce que je n’ai pas aimé le bouquin en question que je ne respecte pas le travail de l’auteure, bien au contraire, il faut une sacrée dose d’audace pour écrire un tel roman.

MON VERDICT