[BOUQUINS] Sebastian Fitzek – Le Chasseur De Regards

S. Fitzek - Le Chasseur De RegardsEt hop encore un titre qui vient bouleverser mon programme de lecture, il faut bien avouer que j’étais resté sur une grande question sans réponse concernant la suite éventuelle du Voleur De Regards. Du coup quand j’ai vu Le Chasseur De Regards de Sebastian Fitzek j’ai d’abord cru à une erreur sur le titre, mais que nenni c’est bien la fameuse suite…
[ALERTE SPOILERS… Ne pas lire ce qui suit si vous comptez lire Le Voleur De Regards] Alexander Zorbach est contraint de jouer au sinistre contre la montre imposé par Le Voleur de Regards s’il veut sauver la vie de son fils. De son côté Alina Gregoriev est contacté par le commissaire Stoya afin de l’aider à prouver que le Docteur Suker est un dangereux psychopathe… [FIN D’ALERTE SPOILERS]
Encore une chronique qui va s’accoucher dans la douleur, je dois en dire le moins possible tout en restituant au mieux mon ressenti. Le coup de WAOW ! c’est déjà fait, va falloir faire preuve d’inventivité…
Le moins que l’on puisse dire c’est que l’auteur commence très fort, dès les premiers chapitres on se prend un monumental direct dans la gueule. Surpriiise ! Et la suite ne faiblit pas d’un iota jusqu’au chapitre 17 qui nous balance un bel uppercut juste sous le menton. KOOO ! Et dire qu’on est à moins d’un tiers du bouquin, pas sûr que les nerfs et le palpitant tiennent le coup à ce rythme là. A partir de là il vaut mieux passer en mode punchingball, on encaisse les rebondissements multiples d’une intrigue qui file à tombeau ouvert sans nous laisser le moindre répit pour reprendre nos  esprits entre deux rebondissements.
Vous l’aurez compris au niveau de(s) l’intrigue(s) c’est un sans faute, machiavélique à souhait. Côté personnage on retrouve Alexander et Alina mais aussi Stoya et Scholle (toujours aussi con), les deux flics de service. Toujours l’omniprésence du Voleur de Regards sauf que cette fois il est physiquement présent. Et un autre pervers tout aussi sadique. Quel lien entre les deux affaires ? Vous le saurez en lisant ce bouquin (mais il faudra être patient avant de découvrir le fin mot de l’histoire).
Le mot de la fin : noir c’est noir… mais putain que c’est bon !
En préambule au récit Sebastian Fitzek indique que ce roman peut se lire indépendamment du Voleur De Regards mais que ce serait dommage ; je ne peux que vous recommander de les prendre dans l’ordre histoire d’avoir toutes les cartes en main. Dans ce même Avertissement l’auteur indique que Le Chasseur De Regards est le second opus d’une saga qui comptera plusieurs tomes mais que lui même ne sait pas combien de volumes composeront ladite saga. Pour ma part s’ils sont tous de cet acabit j’en redemande encore et encore !
Dans ma chronique consacrée au Voleur De Regards j’indiquais que l’auteur n’avait rien écrit depuis 2010, j’ai simplement été victime d’une page Wikipedia pas à jour. Il tient le rythme d’un roman par an, le dernier datant de 2013 ; les trois titres non encore disponibles en français ne semblent pas faire partie de cette saga (d’après les quatrième de couv’ en allemand donc à prendre avec des pincettes vu que je ne parle un traitre mot de cette langue).

[BRD] Fringe – Saisons 1 à 4

Fringe 1-4Dans la catégorie Il était temps je demande la série TV Fringe. Ca faisait un moment que cette série me faisait de l’oeil mais j’attendais que l’occasion se présente de mettre la main sur les cinq saisons d’un coup, finalement ça se fera en deux coups avec d’abord un coffret contenant les saisons 1 à 4 et par la suite la saison 5. Ce qui ne tombe pas plus mal, c’est l’occasion de consacrer deux posts à cette série, la saison 5 étant… à part.
Vous présenter les quatre premières saisons (87 épisodes) en quelques lignes risque de s’avérer un tantinet difficile mais vous présenter les saisons une à une sans spoiler est quasiment mission impossible donc je me lance. La Division des Affaires Spéciales du FBI, dirigée par le Colonel Phillip Broyles (Lance Reddick) est chargée d’enquêter sur toutes les affaires impliquant des phénomènes inexpliqués. Son équipe de choc est constituée d’Olivia Dunham (Anna Torv), brillant agent du FBI, du Docteur Walter Bishop (John Noble), scientifique aussi talentueux qu’excentrique, et de son fils Peter Bishop (Joshua Jackson), un technicien de génie un tantinet roublard…
Crée pour la FOX en 2008 par JJ Abrams, Alex Kurtzman et Roberto Orci, la série mise sur le fantastique expliqué par la technologie (entre autres thèmes) ; pas de petits bonhommes verts ici, tout ce qui perturbe notre perception du réel est le résultat de manipulations humaines. Là encore vous présenter la totalité des thèmes abordés est impossible en quelques lignes. Des phénomènes inexpliqués on progresse peu à peu dans un monde multivers (chaque individu existe dans une ou plusieurs lignes temporelles variables d’un univers à l’autre selon ses choix de vie). J’invite les curieux à consulter la page Wikipedia de la série pour des informations plus détaillées ; les anglophones pourront se plonger dans le wiki de la série (une source d’infos inépuisable sur l’univers et les personnages de Fringe).
Il va sans dire que l’on ne s’est pas fait les 87 épisodes d’une traite, on a pris le temps de déguster et d’apprécier la chose. L’intrigue est dense et complexe mais jamais embrouillée, elle évolue et s’intensifie au fil des saisons, tout comme les personnages (aussi bien leur propre personnalité que dans leurs relations les uns avec les autres).
Deux autres personnages récurrents méritent d’être cités, l’agent Astrid Farnsworth (Jasika Nicole) qui aidera Walter dans ses investigations et Nina Sharp (Blair Brown), la mystérieuse directrice de Massive Dynamics (consortium ultra puissant qui semble avoir un lien avec cette succession de phénomènes inexpliqués). Difficile de passer sous silence l’omniprésent (et rarement présent) William Bell (Leonard Nimoy), complice de Walter et fondateur de Massive Dynamics.
Maintenant que j’ai vu la série je comprends que TF1 ait opté pour une diffusion en seconde partie de soirée, d’une part ça risque d’être un peu trop complexe pour les plus jeunes et d’autre parts il y a quand même quelques passages trash pour ce même public. Pour ma part j’en avais entendu beaucoup de bien et je dois reconnaître que je me suis vraiment éclaté sans jamais trouver le temps long. Un mélange des genres réussi, intelligent et cohérent.
Je suis plongé dans la saison 5, donc je vous donne rendez-vous dans quelques jours pour une chronique détaillée de cette saison quelque peu déconcertante de prime abord…

[BOUQUINS] Johan Harstad – 172 Heures Sur La Lune

J. Harstad - 172 Heures Sur La LuneJe ne dirai pas que ce bouquin m’est tombé entre les mains par hasard mais c’est presque ça. Je patientais à la caisse de France Loisirs avec un autre bouquin quand mes yeux se sont posés sur celui-ci. Le pitch m’a emballé alors j’ai pris. Qui plus est ça me fait un invité surprise pour mon challenge SF. Place donc à ma chronique de 172 Heures Sur La Lune de Johan Harstad.
Mia, Midori et Antoine sont trois adolescents qui viennent de remporter un séjour d’une semaine sur une base lunaire suite à une loterie internationale lancée par la NASA. Après une longue et rigoureuse préparation c’est enfin l’heure du grand départ. Mais une fois sur la Lune rien ne se passera comme prévu…
Autant prévenir de suite avant de m’engager dans cette chronique, on est clairement dans la catégorie Young Adult, donc ne vous attendez pas à un space-trip qui vous fera dresser les cheveux sur la nuque, l’ensemble reste très soft. Ce qui n’a pas empêché l’auteur de remporter, avec ce titre, le prix Brage (le plus prestigieux prix littéraire norvégien) en 2008 dans la catégorie Livres pour enfants et la jeunesse.
De fait je reconnais volontiers que l’ensemble est plutôt bien ficelé malgré des débuts un peu poussifs, il faut attendre plus de 220 pages avant le décollage et encore 70 pages avant que la situation ne se gâte sérieusement pour nos touristes lunaires. Ceci dit une fois que la mécanique s’est mise en branle l’auteur passe en mode turbo, plus le moindre temps mort et un bon nombre de rebondissements jusqu’à un final qui en laissera plus d’un la gueule béante…
Globalement les personnages sont plutôt bien travaillés. D’un côté on a nos trois ados lauréats, trois caractères totalement différent (Mia la rebelle venue de Norvège, Midori la rêveuse nippone et Antoine le français, geek romantique) qui ont chacun leur propres motivations pour ce voyage. De l’autre on retrouve un équipage de professionnels, là aussi des caractères bien trempés.
Bon alors qu’est-ce qui les attends sur la Lune ? Heu… comment dire ? Une mauvaise surprise et de mauvaises rencontres. Voilà je n’en dirai pas plus.
La même chose en version plus adulte, avec une ambiance à la Alien, et une immersion plus rapide au coeur de l’intrigue aurait certainement valu au bouquin le titre de coup de coeur SF de l’année et un joli 10/10 ; à défaut on va dire qu’il s’en tire avec un honorable 8/10. Comme quoi l’auteur nordique peut briller dans autre chose que du polar…

[BOUQUINS] Jeff Abbott – Last Minute

J. Abbott - Last MinuteChose promise, chose due : Sam Capra is back ! Pas question en effet de différer la lecture de Last Minute de Jeff Abbott, je veux (et j’espère les avoir) les réponses aux nombreuses questions restées sans réponse à la fin d’Adrénaline.
[ALERTE SPOILERS N°1… Ne lisez pas les lignes qui suivent si vous n’avez pas lu et comptez lire Adrénaline] Sous couvert de la Table Ronde, Sam Capra est désormais gérant d’un bar à cocktail. Avec les moyens mis à sa disposition par son nouvel employeur, il continue de chercher son fils en échange de quelques opérations contre l’organisation criminelle des Neuf Soleils. Quand il apprend que la tête de Mila est mise à prix, il décide de lui venir en aide, mais difficile d’aider quelqu’un qui refuse votre aide… [FIN D’ALERTE SPOILERS N°1]
Dans Adrénaline nous avions le droit à une intrigue unique déjà bien ficelée, histoire de corser la chose Jeff Abbott nous propose de suivre trois intrigues. D’une part la quête de Sam (toujours écrite à la première personne), de l’autre le périple d’un jeune hacker qui cherche à sauver sa peau, et enfin le cas de Mila. Les deux premières ne tarderont pas à se télescoper comme on pouvait s’y attendre. Quant à la troisième, elle est aussi indépendante et discrète que son personnage central et vient s’incruster çà et là.
Ce qui m’amène tout naturellement à parler des personnages (oui je sais c’est plat comme transition). On retrouve bien entendu les deux principaux personnages principaux déjà croisés dans Adrénaline, à savoir Sam (toujours aussi indestructible) et Mila (il faudra se montrer patient mais on finit par en apprendre un peu plus sur elle et c’est du lourd) mais aussi quelques personnages secondaires (dont August, l’ami et ancien collègue de Sam et un autre plus inattendu dont je tairai le nom). Au rayon des nouveaux venus on trouve Léonie qui assistera, contrainte et forcée, Sam dans la mission que lui a confié Anna Tremaine. Tient donc mais qui est Anna Tremaine ? Disons qu’elle est du côté obscur de la Force.
On retrouve une intrigue rondement menée, découpés en chapitres courts mais percutants. Un rythme imposé sans temps morts ni fioritures. Ce second opus est tout aussi prenant que son ainé, la fin mettra votre palpitant et vos nerfs à rude épreuve. J’adooore (non désolé je ne kiffe pas, j’ai passé l’âge) !
Bon alors qu’en est-il du fils de Sam,des Neufs Soleils et de Mila ? Faudra-t-il lire le troisième opus (ou plus si affinité) pour avoir le fin mot de l’histoire ? Je serai muet comme une tombe de carpe sur ces questions, et sur tout le reste d’ailleurs… Une chose est certaine je lirai avec plaisir le troisième volet des aventures de Sam Capra et, si les jongleries avec mon Stock à Lire Numérique le permettent, il n’est pas impossible que je me plonge dans ses autres bouquins.
[ALERTE SPOILERS N°2… Bis repetita] A la lecture de la quatrième de couv’ des Editions J’Ai Lu on est en droit de se demander si le gars a vraiment lu le bouquin, trois erreurs en seulement quelques lignes c’est fort quand même. D’une part l’intrigue ne démarre pas quand le fils de Sam se fait enlever puisqu’il est toujours à sa recherche au moment du deal proposé par Tremaine. D’autre part le gamin n’est pas détenu par le cartel des Cinq Soleils mais par les Neufs Soleils, organisation criminelle certes mais jamais désignée comme un cartel. Enfin Sam doit éliminer une seule et unique cible un étudiant hacker et non un étudiant et un hacker. [FIN D’ALERTE SPOILERS N°2]

[JEUX FLASH] 2048

2048, kezaco ? Juste le jeu Flash (et gratuit) qui fait le buzz depuis sa sortie en mars 2014, les joueurs se multiplient aussi bien sur PC que sur smartphone et tablettes.

Le concept est on ne peut plus simple : un carré 4×4, des chiffres aléatoires multiples de  deux (2, 4, 8) à faire glisser à l’horizontale ou à la verticale, chaque fois que deux cases de valeurs identiques sont cote à cote vous pouvez les faire fusionner en une seule qui prendra leur somme comme valeur (2+2 = 4, 4+4 = 8, 8+8 = 16… jusqu’à 1024+1024 = 2048). Le but ultime est de parvenir à cette case 2048 avant que la grille ne soit bloquée (chaque mouvement génère un nouveau chiffre aléatoire entre 2, 4 et 8).

 

2048

Facile non ? Pas sûr non… Il faudra quelques parties pour vous familiariser avec la chose mais faites gaffe ça devient rapidement hautement addictif (et chronophage) ! Pour le moment je n’ai pas dépassé la case 512.

Dommage qu’il n’y ait pas un système d’inscription qui permette de suivre nos scores.

Pour jouer sur PC, cliquez ici

Une version autorun pour ceux qui penseraient que c’est impossible d’arriver à la fin.

Et dire que son concepteur, Gabriel Cirulli, 19 ans, et déjà responsable de plus de 7,5 millions d’accros ! Comme quoi les jeux les plus simples sont souvent les plus efficaces… Faute de PC je m’occupe avec ça et Avengers Alliance pour Android (via Playdom).

[BOUQUINS] Jeff Abbott – Adrénaline

J. Abbott - AdrénalinePar curiosité (ça fait déjà quelques temps que cet auteur me fait de l’oeil) je me suis offert le dernier Jeff Abbott, Last Minute et là, Ô rage, Ô désespoir, je découvre que c’est le second volet d’une série consacrée au personnage de Sam Capra. Coup de bol j’ai justement le premier opus qui traîne depuis un bail dans mon Stock à Lire Numérique, commençons par le début donc avec Adrénaline de Jeff Abbott.
Sam Capra travaille pour le bureau londonien de la CIA. Un matin sa femme, enceinte leur premier enfant, l’appelle et l’implore de quitter le bureau immédiatement. A peine est-il arrivé dans la rue qu’une explosion détruit les locaux de l’Agence et Lucy est enlevée sous ses yeux. Unique survivant de l’explosion, il fait office de coupable idéal pour la CIA. Sam Capra va devoir se battre pour rétablir la vérité, mais aussi et surtout pour sa femme et son enfant…
Et bin voilà, veni, vidi, vici comme dirait le grand Julot. Un auteur de plus à suivre de près. Jeff Abbott nous propose une intrigue qui oscille entre le romand d’espionnage et le thriller plus classique mais qui tient globalement la route. Un titre largement mérité tant le rythme est soutenu de la première à la dernière page avec des rebondissements à la pelle.
Les personnages sont bien travaillés même si parfois Sam Capra fait un peu penser à l’archétype du héros 100% américain WASP, un dur à cuire limite indestructible. Ce n’est pas le premier et certainement pas le dernier, ça doit rassurer le lecteur américain de savoir qu’ils sont toujours les plus forts… Pour ma part j’avoue avoir plutôt eu un faible pour le personnage de Mila, une nana déterminée, implacable et pleine de mystères ; nul doute qu’on devrait la retrouver dans le(s) prochain(s) volet(s) de la saga Sam Capra.
Et oui on peut bel et bien parler de saga puisqu’à ce jour l’auteur a déjà consacré trois romans et une nouvelle à son héros. En France les Editions J’ai Lu proposent les deux premiers roman, on devrait avoir le droit à la série complète il faut juste se montrer patient.
Et justement c’est là que le bât blesse, la fin de ce premier opus laisse planer un paquet de questions du coup on referme le bouquin un tantinet frustré. Pas le choix pour la suite de mon programme littéraire, j’attaque directement avec Last Minute

[BOUQUINS] Guillaume Musso – Central Park

G. Musso - Central ParkJ’ai pris mon temps pour me familiariser avec l’univers littéraire de Guillaume Musso mais depuis que j’ai lu 7 Ans Après je suis tombé sous le charme, pas encore eu le temps de découvrir ses précédents titres mais je ne rate aucun de ses bouquins. C’est donc tout naturellement que son dernier opus, Central Park, a intégré mon Stock à Lire Numérique dès sa sortie (sans même prendre connaissance du pitch).
Alice et Gabriel ne se connaissent pas et pourtant ils émergent sur un banc au coeur de Central Park, menottés ensembles et incapables d’expliquer leur présence à Manhattan. La veille au soir elle faisait la fête avec des copines sur les Champs Elysées, lui jouait du jazz dans un pub de Dublin. Ensemble ils vont essayer de comprendre le pourquoi du comment de cette situation…
Si je devais vous faire part de mon ressenti en un mot (oui rien qu’un… mission impossible pour les pipelettes) je dirai simplement WAOW ! (en majuscules et avec le point d’exclamation siou-plê). Ouais je sais que c’est vachement parlant comme mot… Rassurez vous ce ne sera pas le mot de la fin, les mots qui suivent vont me permettre d’étayer quelque peu mon WAOW !
Avec ce roman Guillaume Musso signe un véritable petit bijou du thriller. Certes ce n’est pas aussi stressant que du Chattam ou du Grangé mais je vous garanti que ça mérite le détour. L’intrigue est originale, soignée (bichonnée même), rythmée (l’essentiel de l’histoire se déroule sur 24 heures) riche en rebondissements et surprises en tout genre (j’ai été baladé de la première à la dernière page). L’auteur vous plonge dans son histoire dès les premières lignes et je vous promets que vous ne pourrez pas lâcher le bouquin avant la fin. Lu sur deux jours mais sans le taf je l’aurai avalé en une journée.
La recette maintes fois éprouvée du duo improbable fonctionne une fois de plus. Le personnage de Gabriel est de loin le plus attachant des deux, Alice est du genre tête à claques, son passé douloureux (expliqué par quelques flashbacks glissés dans l’intrigue) ne suffit pas à justifier son comportement autoritaire et quasiment déshumanisé.
Je ne perdrais pas mon temps, ni le votre, à dire que c’est bien écrit, l’auteur n’a plus à faire ses preuves quoi que puissent en penser ses détracteurs. J’avais trouvé Demain mieux ficelé que 7 Ans Après, avec Central Park il monte encore d’un cran (voire de dix crans d’un coup) et toujours en innovant. Le cru Musso 2014 est digne d’un véritable grand cru AOC, du coup j’ai hâte de découvrir la cuvée 2015.
Donc voilà le pourquoi du comment de mon WAOW ! initial, sur le cul qu’il m’a laissé l’ami Guillaume. Bluffé, sonné, j’en passe et des meilleures… Un sans faute qui tient parfaitement la route qui plus est.

[BOUQUINS] Shane Kuhn – Guide De Survie En Milieu Hostile

S. Kuhn - Guide De Survie En Milieu HostileAh que voilà un bouquin qui a tout pour me plaire, entre nous ça a été le coup de foudre ! Une couv’ qui me cause, un titre prometteur, un pitch alléchant, un auteur inconnu (normal c’est son premier roman, d’où une certaine curiosité) et… Sonatine ! Et voilà comment ce Guide De Survie En Milieu Hostile signé Shane Kuhn s’est retrouvé dans mon Stock à Lire Numérique et a rapidement atteint le sommet…
John Lago est un parfait stagiaire, indispensable mais invisible. L’idéal pour gagner la confiance de ses supérieurs afin de pouvoir les éliminer en toute discrétion. Ah oui John Lago n’est pas un stagiaire comme les autres, c’est aussi un redoutable tueur à gages et occasionnellement l’auteur de ce Guide De Survie A L’Usage Des Jeunes Stagiaires. Un manuel du parfait stagiaire-tueur destiné à ses pairs…
C’est donc ce Guide de Survie que vous aurez entre les mains tout au long de votre lecture. Un manuel écrit à la première personne dans lequel l’auteur partage sa propre expérience et notamment les détails de sa dernière mission avant de devenir un jeune retraité (forcément un stagiaire trop âgé ça attire l’attention) jouissant d’une belle prime de départ. Toutefois ce n’est pas un exemplaire de RH Inc., l’employeur de ses stagiaires-tueurs, qui vous a été remis mais une copie obtenue par le FBI (d’où quelques annotations çà et là). Voilà pour ce qui est de la mise en immersion.
Comme vous pouvez vous en douter (du moins je l’espère) ce fameux guide est à prendre au second degré, l’auteur joue la carte de l’humour, un humour souvent teinté de noir forcément (avec parfois une pointe de cynisme) mais perso j’adore. Sa description de la vie de stagiaire dans une grande entreprise est criante de vérité dans sa totale inhumanité (exagérée ? pas sûr).
Mais rassurez vous l’humour n’empêche nullement l’auteur de vous livrer un thriller qui tient la route. La dernière affaire de Lago sera tout sauf une promenade de santé. Les rebondissements s’enchainent pour notre plus grand plaisir. Nul doute que le final vous surprendra.
En plongeant dans les méandres de l’esprit d’un tueur en série implacable on apprend à aimer un personnage qui aurait pourtant tout pour être détestable ; au fil de la lecture et de l’évolution de l’intrigue il s’humanise et ça ne le rend que plus attachant. Les autres personnages sont survolés, ils servent surtout de décorum au personnage principal.
Pour un premier roman l’auteur réussi un tour de force en parvenant à renouveler un genre qui a pourtant été maintes fois tourné et retourné dans tous les sens. Une fois de plus Sonatine confirme que son catalogue regorge de pépites, même si perso j’aurai conservé une traduction plus ou moins littérale du titre original The Intern’s Handbook (qui pourrait devenir Guide De Survie A L’Usage Des Jeunes Stagiaires, le titre du manuel rédigé par le narrateur).
Cerise sur le gâteau, le cinéphile amateur que je suis s’est régalé des nombreuses références au cinéma et aux séries TV.

[BOUQUINS] Cyril Massarotto – Le Petit Mensonge De Dieu

C. Massarotto - Le Petit Mensonge De DieuAprès avoir longtemps (et vainement) espéré une sortie numérique j’ai fini par craquer pour le format papier du dernier roman de Cyril Massarotto, Le Petit Mensonge De Dieu, qui fait office de suite à Dieu Est Un Pote A Moi. Une suite qui ne s’imposait peut être pas, mais qui, six ans après le premier opus, avait intérêt à être à  la hauteur de son brillant aïeul.
Au moment de sa mort le narrateur est surpris de découvrir que son meilleur ami, Dieu, lui a menti. Il y a bel et bien quelque chose après la mort et surtout il y a encore Dieu. Ce pieux mensonge n’entachera pas longtemps leur solide amitié, du coup Dieu va donc servir de guide à son pote dans le royaume de la mort…
Ceux et celles qui ont lu Dieu Est Un Pote A Moi ne seront pas surpris, on retrouve le même cocktail d’humour (beaucoup) et d’émotions (juste ce qu’il faut) aussi bien dans les dialogues entre nos deux comparses que dans les situations. Pour ma part la recette fonctionne toujours aussi bien même si l’effet de surprise est moindre dans cette suite.
Le personnage de Dieu est toujours aussi jouissif et farceur, franchement avec un Dieu comme ça je me convertis de suite, montre moi où on signe et je te confie mon âme mec. Quant au narrateur (toujours anonyme) on le retrouve avec son caractère de jeune homme, parfois un brin trop impulsif et colérique. Il fallait ce contraste pour que les retrouvailles fassent des étincelles et là encore l’auteur réussit son pari.
L’écriture et le style sont toujours aussi agréable, la lecture est d’une remarquable fluidité. On en revient même à regretter le moment (pourtant inévitable) où l’on doit se séparer du bouquin et abandonner nos deux potes (bin oui à force on se sent liés aux personnages) à leur destin.
Faut-il avoir lu Dieu Est Un Pote A Moi avant d’attaquer ce roman ? Ca ne s’impose pas mais c’est toujours dommage de passer à côté d’un tel concentré d’émotions et puis ça permet de mieux appréhender le lien qui unit le narrateur et Dieu.
Pour ma part j’ai pris ce bouquin sans l’ombre d’une hésitation, je savais que je serai sous le charme et je n’ai pas été déçu par le résultat. Toutefois force est de reconnaitre que si je n’avais pas lu Dieu Est Un Pote A Moi je serai passé à côté de cette suite, la couverture m’incitant plus à prendre mes jambes à mon cou qu’à me pencher sur la question…
Mon principal bémol, qui n’en est pas vraiment un, est de n’avoir pu trouver ce bouquin au format numérique, je ne pense pas que ce soit un choix de l’éditeur (je viens d’acheter le dernier Musso chez XO Editions) mais plutôt une volonté de l’auteur. Sans pour crainte du grand méchant pirate… Ceci ne m’empêchera pas de continuer à explorer l’univers littéraire de Cyril Massarotto.

[BOUQUINS] Jo Nesbo – Police

J. Nesbo - PoliceEn général j’ai une idée assez précise des quatre ou cinq prochains bouquins que je vais lire et même de l’ordre de mes futures lectures, mais il arrive que des invités surprises viennent bouleverser mon programme. Deuxième du genre, coup sur coup, et on reste en Scandinavie mais direction la Norvège cette fois. Impossible pour moi de ne pas donner la priorité à la dixième enquête de Harry Hole, Police de Jo Nesbo. Déjà en temps normal un nouveau Harry Hole aurait une place privilégiée mais plus encore celui-là, compte tenu de la fin du précédent, Fantôme.
ALERTE SPOILERS… Si vous n’avez pas lu Fantôme mais comptez le lire n’allez pas plus loin dans la lecture de cette chronique, impossible de vous parler de ce bouquin sans révéler partiellement la fin du précédent opus.
Un ancien policier d’Oslo est sauvagement assassiné sur les lieux d’un crime jamais élucidé le jour anniversaire du crime. Un crime dont la victime avait la charge. La police est sur les dents, l’enquête piétine. Quand un second cadavre de flic est retrouvé dans les mêmes circonstances, le doute n’est plus permis, un tueur en série prend la police pour cible. Et pendant ce temps là le fin limier de la police norvégienne, Harry Hole, est aux abonnés absents. Est-ce le mystérieux patient qui végète entre la vie et la mort sur un lit d’hôpital sous protection policière ?
Je me demandais comment l’auteur allait faire pour faire revenir son flic préféré (et aussi le mien par la même occasion) et soyez assuré que je ne vous révélerai rien. Sachez juste que ça ne choque pas, ça reste en raccord avec la fin de Fantôme. Si vous avez des doutez relisez la fin, quand on quitte Hole son coeur bat encore, faiblement d’accord mais il n’est pas encore mort.
Mais ce retournement de situation appelle d’autres questionnements. Où est Hole ? Dans quel état ? Reprendra-t-il du service ? Les pourris que sont Bellman et Skoyen seront-ils démasqués ? Autant de questions auxquelles je ne répondrais pas d’avantage. Nada, plus un mot sur Harry Hole.
Ah si tiens encore un mot (ou plutôt une phrase). Si Harry Hole a un don évident pour se faire des ennemis hauts placés, il peut aussi compter sur des alliés indéfectibles (Beate Lonn, Bjorn Holm, Katrine Bratt, Gunnar Hagen et Stale Aune) qui ne lâcheront pas l’affaire.
C’est à partir de là que les choses se compliquent, je dois chroniquer un bouquin, et donc forcément aborder son intrigue sans rien révéler, pas même le soupçon d’un indice. Autant dire qu’il va falloir que je cause pour ne rien dire tout en vous donnant envie de lire le roman.
Si ça peut vous rassurer (et éventuellement vous convaincre) Jo Nesbo s’impose comme un grand nom du thriller, et pas seulement du thriller à la sauce nordique. Sans surprise il maîtrise à la perfection son intrigue (voire ses intrigues), attendez vous donc à quelques rebondissements inattendus, le palpitant sera mis à rude épreuve (voir le dernier chapitre dont je ne dirai rien) parfois, avec même des pointes de colère. Plus que jamais il parvient à imposer l’omniprésence de Harry Hole même en son absence. Surtout en son absence devrai-je dire, c’est quand il n’est pas là qu’on ressent le plus sa présence, à moins que ce soit le besoin de sa présence. Hole absent ? Ne tirez de conclusions trop hâtives pour autant… à moins que… bah faites comme vous voulez.
Bon alors, et maintenant ? Baisser de rideau pour Harry Hole ou nouveau départ ? Une fois de plus je me ferai un plaisir de ne rien dire. Sinon que ce bouquin mérite vraiment  le détour, Jo Nesbo est au sommet de son art !
Si vous trouvez frustrant de lire une chronique quasiment vide je peux vous assurer que c’est encore plus frustrant de ne pas pouvoir s’attarder longuement sur un bouquin qui est une totale réussite mais je prends sur moi dans l’intérêt des futurs lecteurs.