[BOUQUINS] Frédéric Gynsterblom – Help Me

F. Gynsterblom - Help MeAu menu du jour un invité surprise dont je ne connaissais ni l’auteur, ni le bouquin ; je me suis laissé tenter par, dans l’ordre, un coup de coeur d’un contact Facebook, une couv’ sur laquelle j’ai tout de suite flashé (une femme prostrée au premier plan, dans l’ombre, en arrière plan, une ombre menaçante) et un pitch attrayant. La chose s’appelle Help Me et est signée Frédéric Gynsterblom.
Sabine Ferrière est enquêtrice pour une fondation privée s’étant donné pour objectif de neutraliser les pires tueurs en série. En se lançant dans une nouvelle enquête qui toucche de près la Fondation, la jeune femme va devoir replonger dans les ténèbres de son propre passé…
Petite info pratique pour commencer, il semblerait que le titre ne soit désormais disponible que via un achat en ligne sur le site Lulu.com, vous aurez le choix entre une version brochée (15 €) et une version numérique (3,50 €) ; j’ai tout naturellement opté pour cette seconde option, et pas seulement en raison du prix nettement plus avantageux…
Vous aurez alors entre les mains un roman relativement court (160 pages), un thriller horrifique mâtiné de fantastique. Le mix est plutôt habile mais je préfère prévenir, certains lecteurs n’apprécient pas trop ce qui sort des sentiers battus…
Même si les premières pages peuvent sembler confuses de prime abord, elles parviennent à ferrer le lecteur rapidement. Peu à peu les choses se mettent en place, entre présent, souvenirs et cauchemars. Plus les pages défilent et plus on est accro ! Pour tout vous dire j’ai lu le bouquin quasiment d’une traite, pas moyen de le lâcher avant d’avoir le fin mot de l’histoire. Il aurait peut être gagné à être plus étoffé par endroits mais l’auteur a préféré jouer la carte du rythme, et il a réussi son pari haut la main.
Le personnage de Sabine est de loin le plus travaillé, il faut dire que ses séquelles psychologiques et physiques laissent de la marge à l’auteur. Parfois au détriment des autres personnages de l’intrigue (ce qui est quelque peu redondant avec ma remarque précédente concernant le nombre de pages). J’ai notamment regretté que la Fondation Carver ne soit pas d’avantage exploitée, Sabine ayant tendance à bosser en solo. Il y a, avec cette Fondation, un potentiel pour une ou plusieurs suites…
Si l’intrigue n’est pas clairement située géographiquement l’auteur quant à lui est un pur produit francophone puisqu’il nous vient de Belgique. Encore un gars que je compte suivre de près.
Tout n’est peut être pas parfait mais il n’en reste pas moins que je me suis régalé en lisant ce bouquin. Une dernière remarque avant de vous laisser vaquer vos occupations : âmes sensibles s’abstenir, même si les scènes de violence ne sont pas forcément décrites par le menu on en mesure aisément toute l’horreur.
Petite parenthèse pour les maniaques du code dans les fichiers epub, je n’ai pas pris le temps de le faire mais il me semble que celui peut être fortement allégé par quelques retouches via Sigil. Je me pencherai sur la question un de ces jours… peut être…

[BOUQUINS] Bernard Werber – La Voix De La Terre

B. Werber - La Voix De La TerreAh que voilà un titre que je ne comptais pas laisser prendre la poussière (virtuelle) dans mon Stock à Lire Numérique, il faut dire que La Voix De La Terre de Bernard Werber vient clore sa trilogie, Troisième Humanité.
Dix ans ont passé depuis que les Emachs (MH pour Micro-Humains) ont été reconnus par les Grands et qu’ils vivent dans une nation souveraine, Microland. Quand un astéroïde géocroiseur géant menace d’entrer en collision avec la Terre, tous les espoirs de l’humanité reposent sur un équipage Emach chargé de le détruire. Mais la mission ne se passera pas comme prévu. Les conséquences seront désastreuses, d’un côté comme de l’autre…
Le moins que l’on puisse dire c’est que Bernard Werber clôt sa trilogie en une apothéose explosive. Cet ultime opus est plus sombre et plus violent que les précédents mais la situation le justifie, rien n’est gratuit.
Comme dans les précédents nous vivons l’intrigue du point de vue des personnages et de la Terre, soit dit en passant dans ce troisième volet elle tient un rôle de premier plan nettement plus actif que dans les deux autres. Les chapitres sont entrecoupés par des articles de l’incontournable ESRA. Les thématiques abordées sont en rapport plus ou moins direct avec l’intrigue. Parfois sérieux, parfois drôles, mais toujours instructifs. L’auteur pourrait faire sien l’adage : apprendre en s’amusant. On retrouve aussi les flash infos réguliers.
Naturellement je ne porte pas le genre humain en très haute estime, ce n’est pas ce bouquin qui me fera changer d’idée sur le sujet. L’humain grand format se montre souvent très très con. On pourrait résumer la chose par une phrase prononcée par Emma 666 dans le livre : « là où il y a des humains, il y a de la violence« . Si je devais choisir mon camps je me rangerai sans hésitation du côté des Emachs.
Au niveau des personnages on retrouve les récurrents des précédents opus, la situation de certaines évolué (au début du roman David et Aurore se séparent). L’auteur nous propose aussi d’en découvrir de nouveaux. Pour être tout à fait franc j’ai été déçu par la nouvelle personnalité d’Aurore, une vraie tête à claques totalement antipathique, même si son combat est juste.
La palme du ridicule est remportée haut la main par les enfants de David et Aurore qui sont prénommés Quetzalcoalt, Osiris et Ishtar… Certes des prénoms hautement symboliques mais franchement lourds à porter !
Bref une lecture fort sympathique rendue fluide par le style de son auteur. Une intrigue bien ficelée et hautement addictive. Peut être le plus abouti de la trilogie.

[BRD] Albator – Le Corsaire De L’Espace

AlbatorNostalgie quand tu nous tiens… C’est un peu ce qui pourrait justifier le fait que j’ai jeté mon dévolu sur le Blu-Ray d’Albator. Curieux de voir ce que ça pourrait donner avec les moyens disponibles de nos jours. A priori un sérieux coup de jeune, voire un total ravalement de façade !
Dans un futur lointain la Confédération Gaia protège la Terre comme un sanctuaire afin d’éviter un retour massif des colons de l’espace déçus par leur expérience. Un seul homme ose se dresser contre ce diktat, Albator. Le corsaire est l’ennemi public n°1 de la Confédération. Pour le neutraliser elle envoie un jeune agent, Yama, infiltrer son équipage…
Petit rappel pour les plus jeunes… Albator est  l’origine un personnage de manga né en 1969 sous les crayons de Leiji Matsumoto, il devra toutefois attendre 1977 pour percer avec les BD Capitaine Harlock. En France c’est à Dorothée que l’on doit la découverte, au début des années 80, du capitaine Albator à travers deux séries animées, Albator 78 et Albator 84 (préquel de la série 78).
Le dessin animé surfe sur la vague space opera popularisée par Star Wars, il sera précédé par Goldorak et suivi par bien d’autres tels Ulysse 31 ou Capitaine Flam. Toutefois il se distingue de ses semblables par une ambiance beaucoup plus sombre et une intrigue plus mature.
Chronologiquement le film se situe entre les deux séries animées. Si vous espériez croiser des Sylvidres alors vous serez déçu mais croyez moi la déception ne durera qu’un temps. De la série phare, Albator 78, vous ne retrouverez que l’extra-terrestre Miimé, Kei (la seule femme humaine de l’équipage) et le piaf du capitaine.
La première bonne surprise est visuelle, les studios de Toei Animation ont fait un véritable travail d’orfévre, ne négligeant aucun détail, personnages comme décors, pour rendre l’univers du film bluffant. Comme je le disais plus haut c’est un véritable ravalement de façade, mais dans le respect de l’original.
L’intrigue est elle aussi particulièrement soignée, sombre à souhait (au même titre que son chef d’équipage qui est encore plus taciturne que dans le dessin animé). Le film devrait séduire la Génération Albator tout en gagnant le coeur d’un nouveau public.Pour ma part j’ai été totalement scotché !

[BOUQUINS] Mallock – Le Massacre Des Innocents

Mallock - Le Massacre Des InnocentsAu chapitre des valeurs sures je peux placer les Mallock (l’auteur et son commissaire homonyme), aussi en ouvrant cette seconde Chronique Barbare, Le Massacre Des Innocents, j’avais la certitude que j’aurai le droit a du costaud.
Un peu partout en France les scènes de crime se multiplient, des individus sans histoires semblent pris d’une soudaine folie meurtrière. Actes isolés ou complot de grande envergure ? Terrorisme, sectes, attaques virales ? Aucune piste n’est négligée par Mallock et son équipe. Difficile d’aller de l’avant quand rien ne semble lier les différents massacres, et pire encore, la situation s’aggrave de jour en jour…
Autant vous le dire de suite l’ami Mallock nous livre une intrigue qui pourrait faire rougir les plus grands auteurs de thrillers. A vrai dire au début j’ai crains que la situation n’échappe à l’auteur qui nous offrirait alors une pirouette abracadabrante comme porte de sortie. Que nenni ! Désolé d’avoir douté du talent pourtant jamais démenti de Mallock. Au contraire l’auteur nous livre « son » enquête la plus richement documentée (avec tout de même quelques inspirations mallockiennes çà et là), on croirait avoir un roman de Maxime Chattam entre les mains. Une comparaison pas totalement fortuite de ma part, comme Maxime Chattam, Mallock réussit à diluer des informations techniques et scientifiques sans jamais être saoulant ou didactique à l’excès. D’ailleurs me direz-vous, une épidémie criminelle n’est pas sans rappeler La Conjuration Primitive de Chattam. Certes… mais la comparaison s’arrête là, tout simplement.
N’oublions pas la griffe Mallock qui vient sublimer une intrigue déjà promise au firmament, une plume unique en son genre. Une plume qui va à l’essentiel mais sur un ton presque chantant, une écriture qui parviendrait presque à rendre poétique la plus sordide des scènes de crime (en l’occurrence on est servi, son Diable Rouge est un pervers de la pire espèce qui laissera bon nombre de macchabées dans son sillage). Une plume qui parvient nous faire sourire même quand tout fout le camps.
Autre force de Mallock (le flic cette fois), son équipe de choc, son Fort, son groupe de sang ! Un Mallock sans ses fidèles lieutenants c’est un peu comme une bière sans mousse… et servie tiède qui plus est ! On retrouve avec plaisir cette relation quasi fusionnelle qui les unit (pourtant dans le genre patron exigeant, voire plus si affinités, le Mallock atteint des sommets).
Autre point commun aux enquêtes de Mallock, Mallock himself ! Dis comme ça ça peut paraitre soit évident, soit inutile (voire complètement con), mais chaque Chronique Barbare de l’auteur est l’occasion de plonger un peu plus profondément dans l’âme de son commissaire préféré. Un gars tout en paradoxes, un ours au grand coeur qui a bien du mal à cohabiter avec lui même. Et cette faiblesse, masquée sous une rudesse implacable, contribue grandement au charme du personnage.
Enfin, même si ça se situe en arrière plan de l’intrigue générale, chaque chronique nous offre une escapade gastronomique. On a en effet le droit dans chacune au moins une recette détaillée d’un plat que se mitonne le commissaire. Et il fait dans la cuisine gourmande, pas dans le hautement diététique macrobiotique insipide mais dans la cuisine des terroirs, celle qui affole nos papilles !
Une Chronique Barbare en compagnie des Mallock est une expérience unique avec un point commun : la certitude de se régaler. Cette seconde enquête ne fait que renforcer ma certitude. Pour l’anecdote je conseillerai de lire ses fameuses Chroniques Barbares dans l’ordre chronologique des intrigues, d’abord les deux versions poche publiées par Pocket, puis les deux titres diffusées par Fleuve Editions… Quant à moi, il va falloir que e me fasse une raison, les aventures numériques de Mallock commenceront à la troisième enquête… à moins de tomber sur des versions numériques artisanales au fil de mes errances…

[BOUQUINS] Josh Malerman – Bird Box

J. Malerman - Bird BoxIl est rare que j’achète un bouquin uniquement au vu des critiques quasi unanimes qu’il reçoit des lecteurs, et pourtant force est de reconnaître qu’en m’offrant Bird Box de Josh Malerman, je ne savais pas vraiment dans quoi je mettais les pieds (responsable initiale du craquage : Cajou).
Malorie élève seule ses deux jeunes enfants dans un monde hostile, ils ne sortent que quand c’est absolument nécessaire, et dans ces cas là ils doivent impérativement se couvrir les yeux d’un bandeau opaque. C’est dans ces conditions extrêmes que Malorie décide de prendre la fuite avec ses enfants…
L’auteur réussit dès les premières pages à imposer une ambiance pour le moins angoissante en n’identifiant pas clairement ce qui menace les survivants. Histoire de rendre les choses encore plus impersonnelles les enfants sont baptisés simplement Garçon et Fille. De fait on ressent le même trouble qu’en lisant La Route de Cormac McCarthy (on retrouve aussi comme point commun entre les deux romans la fuite vers un hypothétique avenir meilleur) ; vous avouerez que pour un premier roman c’est plutôt pas mal comme comparaison.
Les chapitres alternent entre les événements présents (quatre ans après le début de l’épidémie) et le parcours de Malorie, de l’apparition des premiers cas à la naissance des enfants alors que le « Problème » (un doux euphémisme pour désigner un truc qui a décimé la quasi totalité de l’humanité) est à son apogée.
La partie « actuelle » baigne dans une angoisse omniprésente, invisible mais palpable. Les flashbacks quant à eux vous font vivre la montée en puissance de cette angoisse.
L’auteur fait preuve d’une remarquable maîtrise quand il s’agit de jouer avec nos nerfs. Sa grande force, à travers ce roman, est de tout miser sur la suggestion, comme les personnages vous évoluerez dans l’intrigue en aveugle (c’est à peine si vous n’en viendrez pas à guetter le moindre bruit suspect). Un défi relevé haut la main, le sentiment de malaise ne vous quittera pas au fil des pages, au contraire il ne fera que s’insinuer en vous, encore et encore. Et c’est là le second tour de force de l’auteur, à aucun moment le soufflé ne retombe, une fois qu’il nous a ferré il ne nous lâche plus. Une fois que vous aurez ouvert ce livre vous serez condamné à ne plus le lâcher avant sa conclusion.
L’essentiel de l’intrigue repose sur Malorie, une mère courage prête à tout pour offrir un ailleurs meilleur à ses enfants. Par moments elle peut sembler dure, voire insensible, mais on se rend rapidement compte que c’est pour eux, pour leur survie, qu’elle se comporte ainsi. Puis il y a les enfants bien sûr, à quatre ans ils n’ont jamais rien connu d’autre que ce monde dans lequel ils ne peuvent compter que sur leur ouïe pour survivre.
Toute la partie concernant la traversée de la rivière nous propose un huis-clos à ciel ouvert particulièrement oppressant. ; ça peut sembler paradoxal mais pas tant que ça si l’on considère que les personnages sont enfermés dans les ténèbres.
Si je devais classer ce bouquin dans un genre prédéfini j’opterai pour la science-fiction du fait de l’aspect post-apocalyptique, mais il pourrait tout aussi bien trouver sa place au rayon des thrillers psychologiques (nul doute qu’il vous foutra les nerfs en pelote). A vrai dire le choix SF m’arrange pour l’inscrire comme invité surprise de mon challenge 100% science-fiction.
Si Josh Malerman n’exclut pas de proposer une suite à Bird Box, il reconnait aussi avoir d’autres projets en tête. Je suppose que tout se jouera selon son inspiration (et éventuellement la pression de son éditeur). Pour ma part j’estime qu’une suite ne s’impose pas, si toutefois elle devait voir le jour alors soyez assuré que je me jetterai dessus avec avidité. A vrai dire je compte bien surveiller les prochains bouquins de l’auteur, qu’ils soient ou non liés à Bird Box.
Si vous pensez avoir déjà tout vu / tout lu en matière de post-apocalyptique, je vous invite à vous plonger dans ce roman, il devrait fortement ébranler vos certitudes et surtout vous procurer une sensation de lecture assez unique en son genre.
Les studios Universal ont d’ores et déjà acheté les droits pour une adaptation au ciné, en l’état actuel des choses on sait juste que le scénario a été confié à Eric Heisserer (scénariste des remakes de Freddy et The Thing ou encore, dans un registre plus inspiré, du film Hours dont il est aussi réalisateur). J’espère retrouver dans le film, s’il voit le jour, la même tension psychologique plutôt que des effets visuels à gogo…

[BOUQUINS] Gilles Legardinier – Ca Peut Pas Rater !

G. Legardinier - Ca Peut Pas Rater !Après mon looong périple au coeur des Collines Noires avec Dan Simmons j’avais besoin d’un peu de légèreté, d’un maximum de pep’s et d’un bouquin qui se lisait tout seul, sans prise de tête et avec un sourire béat aux lèvres. Mon sauveur ? Gilles Legardinier et son dernier opus, Ca Peut Pas Rater !. Une valeur sure au rayon de la bonne humeur.
Marie se fait plaquer par son mec, après un passage à vide elle décide que désormais plus personne ne viendra lui chercher des poux sans en payer les conséquences. Plus question de s’encombrer d’un homme dans sa vie. Sauf que les choses ne se passeront pas exactement comme prévu…
Ce quatrième opus dans le registre humour ne fait que confirmer ce que je savais déjà, Gilles Legardinier a un don incroyable pour nous offrir un condensé de bonheur et de bonne humeur. Je persiste et signe en affirmant que ses bouquins devraient être remboursés par la Sécu (plus encore en ces temps de morosité ambiante). On en arriverait presque à retrouver foi en l’humanité…
De nouveau Gilles Legardinier réussit à nous surprendre en jouant dans un nouveau registre comique. En s’adressant à son lecteur à la première personne et à travers un personnage féminin, on pourrait être tenté de faire un rapprochement avec Demain j’Arrête ! mais le personnage de Marie est tout de même nettement moins déjanté que celui de Julie et fait preuve de plus de maturité dans son analyse des relations humaines (quoique parfois on retrouve le même grain de folie douce).
Car oui, comme dans les autres romans de l’auteur ce sont bien les relations humaines qui tiennent le haut du pavé. Ici, la relation homme-femme au sein du couple est à l’honneur, mais aussi l’amitié et même les relations sociales au sein d’un même espace de travail. Sous couvert d’humour l’auteur nous offre une analyse qui ne manque ni de profondeur ni de justesse, nul doute que tout à chacun devrait s’y reconnaître à un moment ou un autre de son existence.
Et les personnages sont suffisamment nombreux et variés pour permettre à l’auteur de nous inviter à partager quelques tranches de vie avec eux. Marie pourra ainsi toujours compter sur le soutien indéfectible de son amie, Emilie, mais ce sera aussi pour elle l’occasion de découvrir ses autres collègues. A bien y regarder on bosse au milieu de gens que l’on côtoie entre 8 et 10 heures par jour, mais est-ce qu’on les connait vraiment ? Pour ma part sans hésitation la réponse est non, sans doute mon côté ours grognon et asocial qui ressort…
Je referme ce bouquin avec l’esprit léger, le coeur plein d’émotions (et oui l’auteur sait aussi jouer sur tout le registre émotionnel) et un sourire béat aux lèvres. Une lecture ponctuée de sourires et de rires. Je pensais trouver une Marie plus vacharde mais c’est sans le moindre regret que je me suis laissé embarquer dans le périple imaginé par l’auteur ; et une fois de plus je m’incline devant son talent indéniable pour dérider nos zygomatiques en toutes circonstances.
C’est toujours avec un pincement au coeur que je referme un roman de Gilles Legardinier, d’un autre côté ça ne me rend que plus impatient de découvrir le suivant. Qu’il décide de nous offrir une nouvelle tranche de bonne humeur ou un thriller, je serai au rendez-vous.

[TV News] Extant

ExtantLa seconde série qui a connu sa conclusion provisoire cette semaine est Extant.
Après plus d’un an passé dans une mission spatiale en solo, Molly Woods (Halle Berry) rentre sur Terre rejoindre son mari, John (Goran Visnjic) et leur « fils » Ethan (Pierce Gagnon) qui est en fait un automate programmé pour être autonome et acquérir des comportements humains. Peu de temps après son retour, Molly apprend qu’elle est enceinte et que le bébé aurait été conçu pendant son séjour dans l’espace…
Je dois reconnaître que cette série de Mickey Fisher pour CBS a su tout de suite capter ma curiosité ; je suppose que le fait que Steven Spielberg (via sa société Amblin Entertainment) en soit producteur n’y est pas totalement étranger. Et puis un peu de science-fiction pour égayer le weekend ça ne peut pas faire de mal.
L’intrigue est plutôt bien ficelée et s’étoffe au fil des épisodes, jusqu’à en devenir parfois un peu brouillon, mais globalement elle parvient à susciter notre intérêt et surtout à nous donner envie d’en savoir plus sur le pourquoi du comment de la chose.
J’ai eu un peu le même ressenti au niveau du jeu des acteurs, globalement convaincant mais par moment on a l’impression qu’ils surjouent alors que ça ne s’impose pas.
La série, proposée par M6 en France, se décline sous le format relativement classique de 13 épisodes de 42 minutes. Elle a été renouvelée pour une seconde saison donc le tournage devrait débuter en 2015. Pas certain que cette seconde saison s’imposait même s’il reste des blancs à combler pour que l’ensemble devienne cohérent.

Au programme des prochaines semaines :
– Une découverte à creuser : Ray Donovan (Canal+)
– Une fin de série définitive : Neighbors – Saison 2 (Comédie+)
– Une nouveauté : Agents of SHIELD (Serieclub)
– Une saison 2 qui commence : Under The Dome (M6)

[TV News] Sleepy Hollow

Sleepy HollowNous regardons peu la TV en soirée la semaine et en général on cherche plutôt à privilégier les films, heureusement CanalSat propose depuis quelques temps déjà deux options fort intéressantes : les services à la demande pour les chaînes de Canal + et de Ciné+, et l’enregistrement des programmes. C’est en combinant ces deux options que l’on se programme des weekends série TV, en l’occurence ce samedi sera plutôt orienté vers les fins de série. Chronologiquement parlant nous avons d’abord eu le droit aux deux derniers épisodes de Sleepy Hollow.
Ichabod Crane (Tom Mison), engagé aux côtés de Georges Washington pendant la Guerre d’Indépendance et mort au combat, revient à la vie de nos jours. Mais il n’est pas le seul à être revenu d’entre les morts, un mystérieux cavalier sans tête sème déjà la terreur à Sleepy Hollow. Pour déjouer les plans infernaux du cavalier, Ichabod pourra compter sur l’aide de lieutenant Abbie Mills (Nicole Beharie) et du capitaine Frank Irving (Orlando Jones). Mais aussi sur celle de son épouse Katrina (Katia Winter), piégée au Purgatoire…
A la base Sleepy Hollow est une nouvelle de Washington Irving publiée en 1820 et plus ou moins entrée dans la tradition US, pour le public francophone c’est surtout un film de Tim Burton sorti en 1999 avec Johnny Depp dans le rôle d’Ichabod Crane. Quand j’ai entendu parler de la série télé j’avoue avoir été plutôt sceptique, c’est la bande annonce qui aura fini par me convaincre.
Il faut dire que la Fox n’a pas lésiné sur les moyens (rien de moins que quatre showrunners pour mener à bien le projet) et n’a pas non plus hésité à s’écarter du récit originel et du film en transposant l’intrigue de nos jours et en l’élargissant (il s’agit ni plus ni moins d’éviter que l’Apocalypse ne devienne réalité).
Au final on obtient une série qui jongle entre le fantastique et le thriller ésotérique avec quelques pointes d’humour bienvenues. Sans être franchement transcendant de prime abord ça se laisse regarder, et surtout ça devient rapidement addictif !
Les acteurs étaient pour moi d’illustres inconnus mais j’ai trouvé leur jeu convaincant. A noter la présence au casting de John Noble (vu dans Fringe) dans un rôle aussi capital que tourmenté.
Cette première saison, proposée en France par W9, se décline en 13 épisodes de 42 minutes. Une seconde saison est d’ores et déjà en cours de diffusion aux States (heureusement par ce que la première se termine sur un cliffhanger rageant à souhait)…
Au final ce fut plutôt une bonne surprise, j’ai hâte de découvrir la suite.

[BOUQUINS] Dan Simmons – Collines Noires

D. Simmons - Collines NoiresVoilà un titre qui doit sa promotion au sein de mon Stock à Lire Numérique grâce à un Book Club. Même si je reconnais volontiers que Collines Noires, de Dan Simmons, m’intriguait je comptais le lire quand j’aurai un creux dans mon programme. Le hasard en ayant décidé autrement, place à ma chronique.
Lors de la bataille de Little Big Horn (1876), le jeune Paha Sapa (Collines Noires), un indien lakota, entre en contact avec le général Custer agonisant. L’esprit du général pénétré celui du jeune indien qui va devoir apprendre à cohabiter avec cet hôte indésirable. Désormais d’un simple toucher, Paha Sapa peut connaître le passé et l’avenir de chacun. 1936, Paha Sapa travaille comme dynamiteur sur le site du mont Rushmore qui va bientôt abriter les bustes géants des Pères Fondateurs (Lincoln, Washington, Jefferson et, plus tard, Roosevelt). Le viel indien rêve de faire sauter ce symbole de la suprématie de l’homme blanc qui souille un territoire sacré pour les Lakotas…
Oui je sais que ça fait un peu long comme présentation, mais j’ai fait cours par rapport à la quatrième de couv’. Pas simple de résumer en trois lignes un roman aussi dense. Et encore vous n’avez rien vu !
Je n’oserai pas prétendre connaître l’oeuvre de Dan Simmons (je n’ai lu que L’Echiquier Du Mal et Flashback à ce jour) mais il ne me semble pas exagéré d’affirmer qu’elle s’inscrit clairement dans le genre SFFF. Dans Collines Noires le fantastique n’occupe qu’une place infime, l’auteur nous livre une fresque historique s’étalant essentiellement de 1876 à 1936. Un roman qui a dû lui demander un travail de titan en matière de recherche et de documentation (voir la liste impressionnante d’ouvrages cités dans les remerciements) sur cette période et sur les us et coutumes des indiens Lakotas. A ce titre ce bouquin est une mine d’informations pour le profane ou le simple curieux. La fiction côtoie l’Histoire (et de fait certains personnages historiques) pendant une période cruciale de la construction des Etats-Unis et de l’anéantissement d’une culture.
Si vous espérez un page-turner passez votre chemin. Collines Noires demande un certain investissement personnel en terme de temps, prenez votre temps pour l’apprécier et le digérer, lentement mais surement. Si vous cherchez à le lire à toute berzingue vous finirez par ne plus rien y comprendre et renoncerez au bout de quelques chapitres. D’autant que la chose fait quand même 544 pages et est divisée en chapitres longs ; pas de quoi inciter à une lecture expresse, heureusement que c’est bien écrit. On progresse lentement mais on prend un réel plaisir à découvrir l’intrigue concoctée par Dan Simmons.
Les chapitres (25) alternent entre le passé de Paha Sapa (un parcours mouvementé ponctué par quelques rencontres avec ceux qui ont écrit une page de l’Histoire) et son présent (en 1936). L’ordre chronologique n’est pas toujours de rigueur mais ça ne nuit en rien au roman, l’auteur sait y faire pour que l’on ne se sente jamais largué. Les chapitres 5, 10, 15 et 20 sont en fait des lettres fictives écrites par George Armstrong Custer et adressées à son épouse Libbie (Elizabeth Bacon).
L’histoire (et l’Histoire) est captivante même si parfois on a un peu l’impression d’être devant un reportage de Discovery Channel sur les indiens d’Amérique. Plus d’un mois pour lire un bouquin ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé (surtout pour un titre qui m’a vraiment plu) ; mon emploi du temps professionnel dopé aux hormones ne justifie pas à lui seul ce délai comme expliqué plus haut.
Je vous invite à survoler l’épilogue qui n’apporte aucun plus au reste du roman, au contraire il est parfois trop didactique ; laissez plutôt oeuvrer votre imaginaire. Si vous voulez vous plonger dans une roman qui vous invite à l’évasion, dans l’espace et le temps, alors Collines Noires et fait pour vous… mais prenez le temps de le déguster. Heureusement, Dan Simmons est un formidable conteur.
L’auteur a fait le choix de conserver certains termes en langue lakota et propose un glossaire en fin de roman afin de retrouver la correspondance en français. Au début c’est un peu délicat mais on s’y fait vite, d’autant que, pour ne pas casser le rythme, Dan Simmons propose parfois la traduction immédiatement après le terme d’origine. Bien entendu la traductrice a respecté ce choix. Par contre là où le bât blesse au niveau de la traduction, c’est quand la traductrice françise les noms anglais des personnes et des lieux… parfois ça pique les yeux. Ainsi les chefs Sioux, Sitting Bull et Crazy Horse, deviennent Bison-Assis et Cheval-Fou, les sites des batailles de Greasy Grass, les Herbes Grasses et Little BigHorn le Grand Mouflon (erreur flagrante de traduction, il eut fallu indiquer Petit « Little » Mouflon « Bighorn »)… La palme d’or revient à un chaman qui se retrouve affublé du doux sobriquet de Long-Etron, on est passé à deux doigts de Grosse-Merde (coup de bol ça semble être un personnage fictif). Il eut vraiment été plus judicieux de garder les noms anglais pour tous les noms propres.

[BOUQUINS] Jérôme Camut & Nathalie Hug – Le Sourire Des Pendus (W3 – T01)

Eurekaaa ! J’ai vaincu ma PàL papier… Bon OK je n’ai que peu de mérites vu que je n’achète quasiment que des numériques depuis belle lurette, sauf exceptions : titre non dispo en numérique, format poche (si condition 1 remplie et édition poche dispo) et visite trimestrielle à France Loisirs (en faisant en sorte que la condition 1 soit remplie mais pas la condition 2). Un achat papier demande désormais une longue réflexion et un travail de fouilles presque archéologiques !!!

J. Camut & N. Hug - Le Sourire Des PendusLe petit dernier du moment (jusqu’à la prochaine vague) est donc W3 : Le Sourire Des Pendus, écrit à quatre mains par Jérôme Camut et Nathalie Hug. Tant qu’à faire j’ai gardé le meilleur pour la fin… Et je doute de m’être trompé sur ce choix.
Quel est le point commun entre l’assassinat d’un avocat sulfureux dix ans plus tôt, la disparition de la journaliste Lara Mendès et ce qui semble être un triple suicide familial par pendaison ? De prime abord aucun, mais en fouinant sous la surface il s’avère que ces trois affaires gravitent autour du monde du porno underground…
Les CamHug ont su reconquérir mon coeur avec le très réussi Murs de Sang, je comptais sur ce nouveau titre pour confirmer la tendance. A vrai dire je m’attendais même à du lourd au vu des réactions enthousiastes lues çà et là (c’est toujours un risque de déception de placer la barre de ses attentes très haut). Avant d’aller plus avant dans cette chronique je vais lever le voile sur ma réaction globale : du lourd je voulais, du lourd j’ai eu et même plus encore !
Histoire de brouiller les pistes (sans jamais embrouiller le lecteur) l’intrigue principale se divise en une multitude d’intrigues secondaires (un peu comme si vous laissiez tomber une bille de mercure sur votre bureau), les liens entre elles ne sont pas toujours évident à deviner mais tout finit par se mettre en place naturellement.
Ajoutez à cela une impressionnante galerie de personnages tous parfaitement travaillés (j’ai un faible pour Léon Castel, allez savoir pourquoi). Là encore chacun commence dans sa case puis empiète peu à peu sur les plates bandes des autres ; une fois encore les auteurs savent s’y prendre pour que tout passe comme une lettre à la poste sans anicroches.
Le pavé est épais (750 pages) mais découpé en chapitres courts qui sautent souvent d’une situation à une autre. Les auteurs ont opté pour une écriture d’une remarquable fluidité, le bouquin se lit tout seul (si je n’avais pas eu un emploi du temps de folie je l’aurai sans doute bouclé en deux ou trois jours).
Sous couvert de leur intrigue glauque à souhait les CamHug nous invitent à plonger dans un univers tout aussi malsain et dérangeant : celui des Snuff Movies. Même si le bouquin n’est pas aussi cash que La Promesse Des Ténèbres de Maxime Chattam, il reste toutefois à déconseiller aux âmes sensibles. C’est aussi l’occasion pour les auteurs, du moins à travers leurs personnages, de porter un regard acéré sur la socièté en général (si le snuff existe c’est qu’il y a une demande, idem pour la prostitution enfantine), la justice (aveugle et parfois trop laxiste et procédurière) et les médias (des charognards qui ne jurent que par leur audience)…
Si comme moi vous vous demandez ce qu’est ce fameux W3, évitez de lire la quatrième de couv’ trop bavarde pour conserver intact le mystère. Ce sera mon seul bémol, le résumé donne un indice qui casse l’effet de surprise (mais je n’en dirai pas plus).
Ah si j’ai un autre bémol… Je veux la suite !!! En fait quand vous refermerez le bouquin vous aurez le sentiment de n’avoir lu qu’une mise en bouche de ce que les auteurs nous réservent pour la suite (voire les suites, plus probablement). Sur ce point aussi je les attends au tournant, le premier volet des Voies de l’Ombre m’avait laissé sur le cul mais lors des trois suivants le soufflé est tombé, lentement mais sûrement. Toutefois je pars confiant, ce premier opus ouvre les portes à un incroyable potentiel et surtout il y a encore tant de questions restées sans réponse (je pense notamment au cas de Ilya Kalinine)… Verdict dans les prochains mois.

Une descente à France Loisirs est prévue dans les prochains jours, de quoi redonner des couleurs à ma PàL… Mais avant tout : priorité absolue à Mallock et son Massacre des Innocents !