Films en vrac…

Un weekend cinéphile plutôt chargé donc je repars sur le même principe que le post précédent. Une présentation du film, quelques lignes pour une critique perso expresse et ma note sur 5.

vrac

La Planète des Singes – L’affrontement

Matt Reeves – Juillet 2014
Une nation de plus en plus nombreuse de singes évolués, dirigée par César (Andy Serkis), est menacée par un groupe d’humains qui a survécu au virus dévastateur qui s’est répandu dix ans plus tôt. Ils parviennent à une trêve fragile, mais de courte durée : les deux camps sont sur le point de se livrer une guerre qui décidera de l’espèce dominante sur Terre.
Suite directe du reboot Origines initié par Ruppert Wyatt le film nous oriente un peu plus vers le pourquoi du comment de l’aboutissement de la Planète des Singes. Chez les singes comme chez les humains, deux groupes s’opposent plus ou moins ouvertement : ceux qui pensent que la paix entre les espèces est possible, et ceux qui prônent la suprématie d’une espèce sur l’autre.
Le film tient la route dans la continuité, de fait l’idée d’une suite (annoncée pour 2016) ne m’étonne (et ne m’effraie) pas plus que ça ; il faudra juste savoir s’arrêter avant de nuire à la franchise.

♥♥♥½

Gone Girl

David Fincher – Octobre 2014
A l’occasion de son cinquième anniversaire de mariage, Nick Dunne (Ben Affleck) signale la disparition de sa femme, Amy (Rosamund Pike). Sous la pression de la police et l’affolement des médias, l’image du couple modèle commence à s’effriter. Très vite, les mensonges de Nick et son étrange comportement amènent tout le monde à se poser la même question : a-t-il tué sa femme ?
Très bonne et surtout très fidèle adaptation du roman de Gillian Flynn, Les Apparences. L’intrigue est machiavélique à souhait et les acteurs (notamment le couple Dunne) totalement convaincant. Les fans de thriller devraient prendre leur pied avec ce film.

♥♥♥♥½

Dragons 2

Dean DeBlois – Juillet 2014
Harold et Krokmou, duo désormais inséparable, parcourt les cieux, à la découverte de territoires inconnus et de nouveaux mondes. Au cours de l’une de leurs aventures, ils découvrent une grotte secrète qui abrite des centaines de dragons sauvages, dont le mystérieux Dragon Rider. Les deux amis se retrouvent alors au centre d’une lutte visant à maintenir la paix entre les hommes et les dragons…
Une animation irréprochable mais l’effet de surprise n’est plus de la partie et j’aurai tendance à dire que trop de dragons tue le dragon… Ca reste toutefois un bon divertissement familial.

♥♥♥

Dracula Untold

Gary Shore – Octobre 2014
1462. La Transylvanie vit une période de calme relatif sous le règne du prince Vlad III de Valachie (Luke Evans) et de son épouse bien-aimée Mirena (Sarah Gadon). Quand le sultan Mehmet II (Dominic Cooper) demande que 1000 jeunes hommes de Valachie, dont le propre fils de Vlad, viennent grossir les rangs de l’armée turque, le prince va se retrouver contraint de pactiser avec le monde des ténèbres s’il veut protéger les siens et son peuple…
Le personnage de Dracula a inspiré bien des cinéastes avec des résultats variables (le must restant pour moi le Dracula de Coppola). Si vous croyez avoir tout vu sur le célèbre comte aux dents longues, oubliez vos certitudes. Dracula Untold vous propose de découvrir les origines du plus célèbre des vampires.
A en croire les critiques lues çà et là le film est loin d’avoir fait l’unanimité (c’est peu dire), pour ma part j’ai été plutôt séduit par cette approche originale et le résultat… mais bon j’aime bien nager à contre courant ! Je ne trouve pas que le mythe ait été trahi puisque le film aborde un aspect du personnage absent du roman de Bram Stoker.

♥♥♥½

Le Loup de Wall Street

Martin Scorcese – Décembre 2013
L’argent. Le pouvoir. Les femmes. La drogue. Les tentations étaient là, à portée de main, et les autorités n’avaient aucune prise. Aux yeux de Jordan Belfort (Leonardo Di Caprio) et de sa meute, la modestie était devenue complètement inutile. Trop n’était jamais assez…
Adapté du propre bouquin de Jordan Belfort je ne me prononcerai pas sur authenticité (même partielle) ou non des faits. Sans surprise le duo Scorce / Di Caprio fonctionne à la perfection, il faut dire que c’est leur cinquième collaboration.
Les acteurs campe leur personnage avec un réalisme bluffant. A noter la présence au casting de Jean Dujardin, qui campe un banquier Suisse peu scrupuleux (ah… on me dit qu’il n’y a pas qu’en Suisse que les scrupules n’étouffent pas les banquiers).
Un fil qui mettra vos nerfs à rude épreuve, plus du fait de ses personnages que de son intrigue. Quelques longueurs mais pas de quoi gâcher le plaisir.

♥♥♥♥

Veronica Mars

Rob Thomas – Mars 2014
Veronica Mars (Kristen Bell) revient dans sa ville natale des années après avoir fuit son passé de détective. Elle va devoir y faire face pour élucider une affaire de meurtre dans lequel Logan (Jason Dohring), son ex-petit ami, apparaît comme le suspect idéal…
Dans mes (pas si) jeunes années j’aimais la série Veronica Mars et, comme beaucoup de fans, la fin abrupte m’a laissé un arrière goût amer (depuis j’ai pris l’habitude des caprices des chaînes). Le film ne pouvait bien entendu pas se présenter comme une suite directe de la série (avec 10 piges de plus au compteur les acteurs auraient quelques peu perdu en crédibilité dans le rôle d’adolescents). Le réalisateur a réussi à réunir tout le casting original autour de son projet ; projet qui a pu voir le jour grâce à une levée de fonds sur Internet.
Malgré une sortie direct-to-DVD (pas de sortie en salles), le film n’est pas une sinistre daube, mais rien de transcendant non plus. A réserver aux nostalgiques de la série TV…

♥♥♥

Collectif au profit des Restos du Coeur – 13 A Table

13 à table13 A Table c’est un collectif de treize auteurs parmi les grands noms de la littérature française contemporaine et treize nouvelles autour d’un thème commun : le repas. Et en prime une bonne action, pour chaque livre acheté ce sont trois repas distribués par les Restos du Coeur ; quoique en Nouvelle-Calédonie je me demande comment ça se passe à ce niveau, je suppose que ça se joue au niveau de l’éditeur (pas de Restos du Coeur en NC).
Commençons par le début avec les treize auteurs qui ont accepté de jouer le jeu : Françoise Bourdin, Maxime Chattam, Agnés Ledig, Gilles Legardinier, Pierre Lemaitre, Marc Levy, Guillaume Musso, Jean-Marie Périer, Tatiana De Rosnay, Eric-Emmanuel Schmitt, Franck Thilliez et Bernard Werber. Sept auteurs que je suis assidûment, un dont j’ai à peine effleuré l’univers et les autres que je ne connais que de nom (ou pas du tout).
Treize à table ça porte malheur me direz-vous. Rassurez-vous point de repas au menu de Marc Levy et de Guillaume Musso (ce qui n’empêche pas leurs nouvelles de mériter le détour). Chez Franck Thilliez, qui nous offre une nouvelle pour le moins surprenante, le repas reste en arrière plan. Les superstitieux n’ont pas besoin de quitter la table !
Ceci dit aucune fausse note dans cette sélection, on se régale du début à la fin du recueil avec des approches diverses et variées. Du dîner familial traditionnel (avec son lot de tensions) au thriller sombre (voire glauque) ; du roman noir à l’humour, en passant par la confidence et la tendresse. Le fin du fin revient à Bernard Werber qui nous fait vivre une intrigue vue du plat principal…
Je n’entrerai pas dans le détail des treize nouvelles mais soyez assuré qu’au-delà de la bonne action vous passerez un excellent moment en compagnie de ce recueil. Toutes ne vous procureront pas la même dose d’émotion et/ou de satisfaction, mais aucune ne devrait vous laisser indifférent.

Films en vrac…

De retour en ligne après quelques jours de silence auto-imposé du fait des événements tragiques de Charlie Hebdo et de tout ce qui a suivi, jusqu’à ces magnifiques manifestations de soutien où la France et le Monde ont défilé pour la liberté dans une unité qui réchauffe le coeur et surtout sans débordement, ni récupération… même si j’ai bien conscience que ça ne durera pas, malheureusement.
Place à un rapide tour d’horizon des films vus pendant mes congés, juste une présentation du film, une rapide appréciation personnelle et une note sur 5.

cinevrac
Captain America – Le Soldat de l’Hiver (Anthony et Joe Russo)

Steve Rogers aka Captain America (Chris Evans) vit tranquillement à Washington, D.C. et essaye de s’adapter au monde moderne. Mais quand Nick Fury (Samuel L. Jackson) est attaqué, Steve se retrouve impliqué dans un réseau d’intrigues qui met le monde en danger. S’associant à Black Widow (Scarlett Johansson), Captain America lutte pour dénoncer une conspiration grandissante…
Le film est réussi, globalement bien construit mais j’ai vraiment du mal avec le personnage de Captain America… Même si en l’occurrence il est moins « chef oui chef » dans ce second volet.
♥♥♥

Horns (Alexandre Aja)

Soupçonné d’avoir assassiné sa fiancée, rejeté par tous ceux qu’il connaît, Ignatius (Daniel Radcliffe) a sombré dans le désespoir. Un matin, il se réveille avec une paire de cornes sur la tête. Celles-ci lui donnent un étrange pouvoir, celui de faire avouer leurs plus noirs secrets aux gens qu’il croise. Ignatius se lance alors à la recherche du véritable meurtrier…
Une fidèle adaptation du roman de Joe Hill avec un Daniel Radcliffe des plus convaincant. Une fois de plus Alexandre Aja prouve qu’il maîtrise à la perfection le cinéma fantastique.
♥♥♥♥

Les 3 Frères – Le retour (Les Inconnus)

Ils sont trois, ils sont frères, ils sont de retour. 15 ans après, Didier (Didier Bourdon), Bernard (Bernard Campan) et Pascal (Pascal Légitimus) sont enfin réunis… par leur mère… Cette fois sera peut-être la bonne.
Un retour réussi pour le trio comique. A voir pour passer un bon moment de rigolade sans prise de tête. Pas aussi efficace que le premier film mais on sent une réelle volonté de s’amuser et non une simple opération marketing.
♥♥♥½

Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? (Philippe de Chauveron)

Claude et Marie Verneuil (Christian Clavier et Chantal Lauby), issus de la grande bourgeoisie catholique provinciale sont des parents plutôt « vieille France ». Mais ils se sont toujours obligés à faire preuve d’ouverture d’esprit…Les pilules furent cependant bien difficiles à avaler quand leur première fille (Frédéric Bel) épousa un musulman (Médi Sadoun), leur seconde (Julia Piaton) un juif (Ary Abittan) et leur troisième (Emilie Caen) un chinois (Frédéric Chau). Leurs espoirs de voir enfin l’une d’elles se marier à l’église se cristallisent donc sur la cadette (Elodie Fontan), qui vient de rencontrer un bon catholique (Noom Diawara).
Une comédie familiale qui traite de sujets graves avec légèreté et sans parti pris. Un régal pour les zygomatiques.
♥♥♥♥

The amazing Spider-Man – Le destin d’un héros (Marc Webb)

Le combat le plus rude de Spider-Man (Andrew Garfield) est celui qu’il mène contre lui-même en tentant de concilier la vie quotidienne de Peter Parker et les lourdes responsabilités de Spider-Man. Peter Parker trouve son bonheur entre sa vie de super-héros, et les doux moments passés aux côté de Gwen (Emma Stone). Face à Electro (Jamie Foxx), Peter devra affronter un ennemi nettement plus puissant que lui…
Un Spider-Man moins tête à claques que dans le premier volet mais je reste mitigé. Encore une débauche d’effets visuels 3D qui finissent par devenir gavant, du coup on en oublierait presque l’intrigue qui tient pourtant la route.
♥♥♥

SMS (Gabriel Julien-Laferrière)

9:00 Laurent (Guillaume de Tonquédec) reçoit un SMS de l’amant de sa femme. 9:01 Il se fait voler son portable. 9:30 Son fils disparaît. 10:00 Sa maison brûle. 10:15 Sa femme (Anne Marivin) le quitte. 10:30 Son entreprise est liquidée. 11:00 Il est en garde à vue.
Et ce n’est que le début des emmerdes…
Inspiré d’une histoire vraie… J’espère qu’il y a quand même une grande part de fiction sinon le gars peut se targuer d’avoir connu une journée de merde ! Un film sorti quasiment incognito mais qui mérite que l’on s’y attarde.
♥♥♥♥

Maléfique (Robert Stromberg)

Maléfique (Angélina Jolie) est une jeune femme au coeur pur qui mène une vie idyllique au sein d’une paisible forêt dans un royaume où règnent le bonheur et l’harmonie. Un jour, une armée d’envahisseurs menace les frontières du pays et Maléfique s’élève en féroce protectrice de cette terre. Dans cette lutte acharnée, une personne en qui elle avait foi va la trahir, petit à petit son coeur pur va se transformer un coeur de pierre. Bien décidée à se venger, elle s’engage dans une bataille épique avec le successeur du roi (Sharlo Copley), jetant une terrible malédiction sur sa fille qui vient de naître, Aurore (Elle Fanning)…
Disney revisite (avec beaucoup de liberté) l’histoire de la Belle au Bois Dormant, à travers le personnage de Maléfique. C’est Disney donc la magie opère toujours avec la même efficacité, sur les petits et les grands.
♥♥♥½

Nos pires voisins (Nicholas Stoller)

Les jeunes parents que sont Mac (Seth Rogen) et Kelly Radner (Rose Byrne) vivent le parfait rêve américain,avec leur adorable petite Stella et une maison fraîchement (et difficilement) acquise dans un charmant quartier résidentiel. Quand ils découvrent que leurs nouveaux voisins ne sont autres que les membres fervents et débridés d’une confrérie étudiante, menés par le charismatique Teddy (Zac Efron), ils essaient d’abord de s’assurer leur sympathie et leur respect. Mais la fiesta et les frasques incessantes des étudiants poussent le couple à se montrer plus virulent pour protéger leur territoire et leur tranquillité…
Encore une histoire inspirés de faits réels… mais cette fois ça m’étonne moins, je ne doute pas de querelles de voisinages puissent rapidement dégénérer (même s’ils vont très très loin dans le film). Divertissant, amusant mais pas transcendant et surtout rien de nouveau sous le soleil…
♥♥♥

Expandables 3 (Patrick Hugues)

Barney (Sylvester Stallone), Christmas (Jason statham)et le reste de l’équipe affrontent Conrad Stonebanks (Mel Gibson), qui fut autrefois le fondateur des Expendables avec Barney avant que ce-dernier ne soit obligé d’abattre son associé devenu incontrôlable… Du moins, c’est ce qu’il croyait. Pour faire face à la menace, Barney décide de partir au combat avec une nouvelle équipe…
Des nouvelles têtes (Antonio Banderas, Wesley Snipes, Harrison Ford…), des anciens qui rempilent (Arnold Schwarzenegger, Dolph Lundgren, Jet Li…) et de l’action en veux tu en voilà… mais au final pas de réel apport à la franchise Expandables. A voir pour les inconditionnels histoire de clore la trilogie, mais loin d’être indispensable pour les autres.
♥♥♥

Orcus Morrigan – Manhattan Carnage

O. Morrigan - Manhattan CarnageJ’ai terminé 2014 avec les vampires façon David S. Khara, je commence 2015 en restant en compagnie de morts-vivants, mais cette fois en version viande avariée. Place en effet aux zombies à la sauce Orcus Morrigan avec Manhattan Carnage.
Orcus Morrigan compte parmi les nombreuses victimes des attentats du 11 septembre 2001. Sauf qu’il reprend connaissance une semaine plus tard face au Diable qui lui propose de travailler pour lui au sein de son armée de zombies ; Orcus accepte le deal. Il enchaîne donc les missions pour son sinistre employeur mais rapidement les choses vont se corser…
Comme vous pouvez le constater je reste aussi dans l’Amérique post 11 septembre, sauf que présentement l’auteur se contrefout de l’authenticité, on flirte même avec l’uchronie. Mais attention ce n’est pas une critique négative, au contraire on se régale avec une intrigue complètement déjantée qui nous fera croiser quelques grands noms de l’époque (et même d’avant puisque l’on croisera notamment François Villon et Leonard de Vinci, en version zombie).
De même l’auteur se joue des règles inhérentes à la littérature zombie, il les fracasse même en les démontant avec une logique implacable. La série The Walking Dead est d’ailleurs souvent citée en exemple, ce qui en soi est déjà anachronique, l’action est sensée se dérouler en 2002 alors que la série n’a vu le jour qu’un 2010 (même les comics ne sont apparus qu’en 2003).
D’Orcus Morrigan, l’auteur, je ne peux rien vous dire. Si ce n’est que nul éditeur n’a osé publié son roman outre-Atlantique… Il faut dire que le sieur Morrigan fait dans le politiquement incorrect, cash et trash (à ne pas mettre entre toutes les mains). Tout ce qu’il faut pour choquer le puritanisme hypocrite et bien pensant yankee.
Par contre je vous invite vivement à découvrir les aventures d’Orcus Morrigan, le zombie. Aventures narrées par lui même vu qu’une majeure partie du bouquin est écrite à la première personne. Le langage de notre ami en voie de décomposition est plutôt fleuri et il ne manque ni d’humour (noir de préférence), ni de cynisme.
Un grand merci à l’Atelier Mosésu (éditeur) et à Maxime Gillio (traducteur) de nous offrir ce petit bijou, jouissif à souhait tant il sent le soufre. J’ai hâte de retrouver Orcus Morrigan pour ses prochaines missions, et oui Manhattan Carnage est le premier opus d’une série qui nous réserve encore bien des surprises (le premier chapitre du second volume est offert en bonus à la fin du bouquin).
Un bémol ? Non aucun à part peut être quelques défauts mineurs sur la version numérique (des sauts de lignes mal placés exclusivement). Ah si, c’est trop court (à peine 222 pages), mais qu’est ce que c’est bon (ça compense) !
Petit plus non négligeable pour le lecteur numérique, l’éditeur joue clairement le jeu du numérique, le bouquin en version papier est vendu à moins de 10 € alors que l’ebook est à moins de 5 €. A croire qu’il n’y a que les éditeurs modestes qui ne prennent pas le lecteur pour une vache à lait…

Bilan livresque 2014

En général la fin de l’année tend à émoustiller les statisticiens en herbe, du coup on nous propose des bilans sur tout et n’importe quoi… Statisticien de mon état je ne pouvais rater le coche, je vous propose donc un rapide bilan livresque (romans, essais et nouvelles) de l’année 2014, suivi de mes coups de coeur.

2014 c’est 97 livres lus, 81 en numérique et 16 en papier. Si vous aviez des doutes quant à ma Kobo-addiction vous voilà fixé.
Je ne vous ferai pas un détail par genre, je suis trop flemmard pour vous proposer une analyse plus détaillée. Comme d’hab j’ai touché un peu à tous les genres, avec de belles découvertes.

And the winner is : MALLOCK !
Incontestablement la révélation 2014, avec 4 romans lus et 4 coups de coeur.

Mon top 2014 (hors Mallock et par ordre de lecture) :

– VM Zito – L’Homme Des Morts
– P. Colize – Back Up
– Y. Monget – Résilience
– G. Musso – Central Park
– T. Hayes – Je Suis Pilgrim
– F. Bill – Donnybrook
– H. Commére – Imagine Le Reste
– M. Mention – Adieu Demain
– E. Maravélias – La Faux Soyeuse
– M. Mayeras – Reflex
– J. Malerman – Bird Box
– A. Weir – Seul Sur Mars

Rendez-vous en 2015, pour une nouvelle année de lectures, de coups de coeur et de belles découvertes.

[BOUQUINS] David S. Khara – Une Nuit Eternelle

D. Khara - Une Nuit EternelleComme annoncé précédemment c’est sans la moindre hésitation et même avec une certaine fébrilité (faute à l’épilogue des Vestiges De L’Aube) que je me suis plongé dans Une Nuit Eternelle de David S. Khara.
Alors que Barry et Werner consolident leur amitié, un pasteur et son fils sont brutalement assassinés. Le tueur a lui même appelé la police mais ne se souvient de rien. Les deux amis sont encore loin de se douter de la terrible menace qui plane sur eux…
Le décor et les personnages étant plantés l’auteur peut nous plonger directement au coeur de son intrigue. Une intrigue nettement plus ancrée dans le fantastique que la précédente mais tout aussi parfaitement maîtrisée (voire encore mieux même).
C’est aussi l’occasion de découvrir de nouveaux personnages, et pas seulement chez les méchants, le chef du NYPD, Stanton, a un rôle plus important et Barry va devoir faire équipe avec de nouveaux partenaires.
Vous aurez sans doute remarqué sur la couverture la fameuse croix de l’Ordre du Temple, et peut être vous demandez vous ce que viennent foutre des Templiers à New-York de nos jours. L’auteur répondra à toutes vos interrogations, en revisitant largement au passage la légende qui entoure cet ordre mystique. Et tout s’imbrique avec une aisance déconcertante pour nous accrocher encore plus au récit.
Ce second opus est aussi pour l’auteur de travailler plus en profondeur ses personnages, surtout Werner qui découvre en même temps que nous une partie de son histoire. Peu de passages purement historiques, David S. Khara privilégie l’action et le rythme. Et il nous gâte !
L’auteur a prévu de consacrer une trilogie à Werner Von Lowinsky, je suis curieux de savoir ce qu’il nous réserve pour cet ultime opus (cette fois pas d’épilogue en guise de transition vers la suite), la surprise sera entière. Mais je fais totalement confiance à l’auteur pour nous surprendre et nous régaler.
En attendant je pourrai toujours me plonger dans sa trilogie des Projets, des thrillers historiques qui, d’après ce que j’ai pu lire çà et là, méritent vraiment le détour… Mais comme toujours cela dépendra de ce qui sortira des profondeurs insondables de mon Stock à Lire Numérique.

PS : une chronique un peu tardive, non que j’aie un besoin de méditer longuement sur ce que j’avais à raconter (ce n’est pas le genre de la maison), simplement que les fêtes m’ont pas mal occupé ces derniers temps (comme bon nombre d’entre vous je suppose).

PPS : notez qu’en passant chez Fleuve l’auteur perd son S. comme initiale d’un hypothétique second prénom. Serait-ce le boulet des initiales DSK qui a motivé ce choix ? Notez que j’ai fais le choix de continuer à utiliser son pseudo complet : David S. Khara.

[BOUQUINS] David S. Khara – Les Vestiges De L’Aube

D. Khara - Les Vestiges De L'AubeUne petite plongée dans les tréfonds du Stock à Lire Numérique histoire de remonter à la surface un des nombreux titres injustement oubliés. Au programme du moment, Les Vestiges De L’Aube de David S. Khara.
Barry Donovan, flic au NYPD, n’est plus que l’ombre de lui même depuis qu’il a perdu sa femme et sa fille dans les attentats du 11 septembre 2001. Pour couronner le tout il se voit confier une enquête qui s’annonce aussi complexe que délicate. Seules ses conversations virtuelles avec Werner Von Lowinsky, un mystérieux aristocrate, semblent à même de lui apporter un apaisement bienvenu…
Depuis le départ l’auteur avait annoncé son intention de faire une trilogie autour du personnage de Werner Von Lowinsky, et c’est justement la sortie récente du second opus, Une Nuit Eternelle, qui m’a motivé à me lancer dans ce roman.
Avant d’entrer dans le vif du sujet j’aimerai faire une petite parenthèse sur le parcours de ce bouquin. Il s’agit du premier roman de David S. Khara, bien qu’écrit en 2001 il lui faudra attendre 2010 avant d’être publié (chez Rivière Blanche). Une nouvelle version sortira en 2011 chez Michel Lafon avec six chapitres inédits et cinq complètement remaniés. Pour un bouquin de 246 pages et 34 chapitres (dans sa version 2011), ça représente un sacré boulot de réécriture.
L’auteur nous offre un thriller fantastique, et ce à plus d’un titre. D’une part parce que Werner est un vampire (ce n’est pas un scoop, il nous l’apprend dans les premières pages du roman), ce qui donne à David S. Khara tout loisir de revisiter le mythe tout en lui restant fidèle dans les grandes lignes (bien que pas foncièrement mauvais, Werner ne donne pas dans la guimauve non plus). D’autre part parce que l’intrigue est en béton armé, construite autour de l’enquête de Barry mais aussi autour de l’amitié entre les deux hommes. Je pourrai ajouter la construction même du roman qui alterne les passages écrits à la troisième personne lorsque Barry est au centre de l’intrigue et ceux rédigés à la première personne, qui nous font vivre les faits à travers le regard (et les pensées) de Werner.
Pour un auteur français, vivant en France, David S. Khara parvient à rendre parfaitement crédible sa vision de Manhattan post 11 septembre ; une ville et ses habitants encore blessés, qui cicatrisent lentement mais sûrement. Et ce n’est pas là le seul aspect historique du roman, par le biais de Werner la Guerre de Sécession est largement abordée. On devine un important travail de documentation parfaitement imbriqué dans l’intrigue.
Enfin, en si peu de pages, l’auteur aborde un nombre impressionnants de thèmes qu’ils soient humains (la solitude, le deuil, l’amitié) ou sociétaux (le plus important étant certainement la dualité entre la Loi et la Justice).
Il ne me reste plus qu’à enchaîner avec Une Nuit Eternelle, ce que je compte faire sans tarder. Mais avant cela je vous offre en bonus la couv’ de la version 2010 des Vestiges De L’Aube.

Les Vestiges De L'Aube (2010)

Films en vrac

Ca faisait déjà quelques temps que je ne vous avais pas proposé un post groupé dédié au cinéma. Je mentirai en affirmant que le fait d’avoir de nouveau un PC à portée de main soit totalement étranger à ce brusque élan cinéphile…

Films en vrac

Les Gardiens De La Galaxie

Rien de tel en guise de mise en bouche qu’un film issu de l’univers Marvel et plus précisément de la phase deux du cycle Avengers. Au programme de ce samedi matin, Les Gardiens De La Galaxie de James Gunn.
Une troupe hétéroclite va former une alliance improbable afin de contrer les noirs desseins de Ronan (Lee Pace) d’imposer sa loi sur la galaxie et notamment de détruire la planète Xandar. Ronan s’est emparé d’une pierre d’infinité qui lui permettrait de mettre ses menaces à exécution, les cinq compagnons de galère vont devoir compter sur toute l’aide possible et imaginable pour le neutraliser…
Commençons par faire connaissance avec ces fameux Gardiens. D’abord il y a Peter Quill (Chris Pratt), un humain qui a rejoint une troupe de contrebandiers. La touche féminine est apportée par Gamora (Zoe Saldana), une tueuse, experte en combat de toute sorte, à la solde de Thanos. La paire de chasseurs de primes composés par Rocket (en VO c’est Bradley Cooper qui lui donne de la voix), un raton-laveur génétiquement modifié, fin tireur et bricoleur hors pair, et de Groot (en VO et VF il s’exprime, une seull phrase à son répertoire, par le truchement de Vin Diesel), un extra-terrestre végétal. Enfin Drax le Destructeur (Dave Bautista) va les rejoindre dans l’espoir de se venger de Ronan.
Comme vous pouvez le constater, le rapprochement entre les Gardiens et les Avengers, ne saute pas aux yeux. On retrouve tout de même un lien en la personne du Collectionneur (Benicio Del Toro) et surtout avec la présence, en toile de fond, de Thanos, le titan qui devrait affronter les Avengers dans le troisième volet de la série.
Franchement, même si vous n’êtes pas fan de l’univers Marvel je vous invite à vous laisser tenter par ce film. C’est en effet un pur régal qui vous en mettra plein les mirettes (inutile de préciser que les effets spéciaux sont tout simplement parfaits) avec une intrigue solide mais sans jamais vraiment se prendre au sérieux. Ne serait-ce que pour découvrir les Gardiens et leur univers (j’ai craqué sur le personnage de Rocket… mais je le savais déjà au vu des bandes annonces). Si vous avez encore des doutes sachez que ce n’est pas un énième film de super-héros, aucun Avengers n’apparaît dans le film, les personnages n’ont pas de pouvoirs particuliers… Et puis c’est tellement bon pour les zygomatiques !
Pour la petite histoire le film a fait un véritable carton, avec un budget conséquent de 170 millions de dollars il atteint un box office mondial de 772 millions (dont 332 sur les Etats-Unis). Une suite est d’ores et déjà annoncée pour 2017, dans le cadre de la phase trois du cycle Avengers.

Lucy

Pas de baisse de régime au programme de notre seconde séance puisque nous enchaînerons avec Lucy de Luc Besson.
Lucy (Scarlett Johansson) est capturée par des mafieux corééns sous les ordres de Monsieur Jang (Choi Min-Sik) afin d’assurer, avec trois autres mules, le transport d’une drogue expérimentale. Au cours de sa détention elle est accidentellement mise en contact direct avec la marchandise. Dès lors elle va développer des capacités cérébrales hors du commun. Capacités qu’elle compte bien utiliser pour se venger de Jang et ses acolytes…
Luc Besson ne s’encombre pas de fioritures et va à l’essentiel (du divertissement grand spectacle). Ca fonctionne mais j’aurai aimé que certains points de l’intrigue soient un peu plus développés, tout comme les rôles de certains personnages secondaires (je pense notamment au Pr Norman joué par Morgan Freeman ou au Lieutenant Del Rio incarné par Amr Waked).
Direct, efficace (avec une très réussie scène automobile dans Paris) mais un peu creux par moment. Luc Besson nous offre un bon film alors qu’il y avait un potentiel à exploiter pour un excellent film. Ce qui n’empêche nullement Lucy d’être le film français ayant connu le plus grand succès à l’étranger. Dans les chiffres cela se traduit par un budget modeste (40 millions de dollars) pour 459 millions au box office mondial !

Black Storm

Notre première séance du dimanche restera placée sous le signe du grand spectacle avec Black Storm de Steven Quale au programme.
La petite ville de Silverton se prépare activement à la cérémonie de remise des diplômes, supervisée par le proviseur adjoint Gary Morris (Richard Armitage). Rien ne laisse présager qu’un phénomène météo sans précédent va venir s’inviter à la fête. Une équipe de chasseurs de tempêtes, menée par Pete Moore (Matt Walsh), y voit l’opportunité de tournée un reportage totalement inédit.
Rien de neuf sous le soleil me direz-vous et je confirme. C’est un film catastrophe tout ce qu’il y a de plus classique mais avec des effets visuels particulièrement chiadés, du coup on se prend au jeu facilement. Pour vous en convaincre il suffit de comparer les images de Twister (sorti en 1996) à celle de Black Storm, ça se passe de commentaires…
D’autre part le film vous propose de vivre l’action à la première personne, la caméra se déplace d’un intervenant à l’autre mais offre des images qui semblent vues et vécues par les personnages.
Au vu des effets spéciaux déployés pour le film je m’attendais à un budget faramineux alors que finalement l’équipe s’en est parfaitement tiré avec 50 millions de dollars… qui remporteront 160 millions au box office mondial.

Robocop

Pour la suite on bascule sur Canal+ qui nous proposait la version 2014 de Robocop avec José Padilha aux commandes.
Alex Murphy (Joel Kinnaman) et son équipier, Jack Lewis (Michael Williams) enquêtent sur un traffic d’armes qui implique un puissant homme d’affaires, Antoine Vallon (Patrick Garrow), et certainement des flics ripoux. Jack est blessé lors d’une intervention, peu de temps après c’est Alex qui est victime d’un attentat. Pour Raymond Sellars (Michael Keaton), président d’Omnicorp, un puissant groupe d’armement, c’est l’occasion de prouver que des cyborgs peuvent avantageusement remplacer les humains sur le terrain. Avec l’aide du Dr Norton (Gary Oldman), ils vont créér le flic du futur, 50% humain, 50% robot : Robocop.
Toujours délicat de se lancer dans un remake, surtout quand le modèle est considéré comme un classique du genre ; ce qui exactement le cas du Robocop de Paul Verhoeven, sorti en 1987. Faire mieux ? Sacré challenge. Faire différent ? Hmmm, oui mais point trop n’en faut au risque de déstabiliser les fans…
José Padilha et son équipe proposent un film qui tient parfaitement la route, ceux qui ne connaissent pas l’original devraient trouver leur bonheur devant ce Robocop version 2014. Les autres, dont je suis, apprécieront le film pour ce qu’il est sans parvenir toutefois à oublier celui de Paul Verhoeven (les deux films ne sont pas des copies conformes, mais au final la version 2014 propose assez peu de nouveauté par rapport à son aîné).

X-Men – Days Of Future Past

Nous avons commencé le weekend avec Marvel, et bien finissons le avec le même univers, version Fox cette fois. Au programme de notre dimanche soir, X-Men – Days Of Future Past de Bryan Singer.
Dans un avenir indéterminé, les mutants sont traqués et éliminés par les Sentinelles, des robots issus d’un programme gouvernemental à grande échelle visant à protéger les humains des mutants. Le professeur Xavier (Ian McKellen) et Magneto (Patrick Stewart) font équipe pour leur survie et celles des mutants. Ils décident d’envoyer Wolverine (Hugh Jackman) en 1973 afin de convaincre les deux ennemis, version seventies, de faire équipe et d’empêcher Raven (Jennifer Lawrence) d’assassiner le Professeur Trask (Peter Dinklage)…
L’univers X-Men est une machine bien rôdée (si l’on excepte le très moyen/médiocre Wolverine – Le Combat de l’Immortel), entre les mains de Bryan Singer c’est l’assurance d’un bon moment de cinéma. Et le film tient toutes ses promesses que ce soit au niveau du visuel (quelques belles surprises vous attendent) ou de la richesse de l’intrigue. Et bien entendu nous aurons aussi le droit à quelques nouveaux mutants.
Le début du film semble le situer bien après X-Men 3, mais le retour en 1973 nous renvoie à la suite du précédent volet, X-Men – Le Commencement. Un ultime film, X-Men – Apocalypse, devrait clore la trilogie en 2016 (vous en aurez un bref aperçu lors de la séquence post-générique du présent film).

[BOUQUINS] George RR Martin – Skin Trade

GRR Martin - Skin TradeComme je l’avais indiqué dans ma chronique du Volcryn, j’ai l’intention de poursuivre ma découverte de l’oeuvre de George RR Martin en dehors du Trône De Fer. Après la science-fiction, place au fantastique avec Skin Trade.
Randi Wade, détective privée, est contactée par un ami afin d’enquêter sur le meurtre sauvage d’une jeune femme qu’il connaissait. Au fil de son enquête Randi va découvrir que les circonstances de la mort ne sont pas sans rapport avec le meurtre de son propre père vingt ans plus tôt…
Publié en 1989 et gagnant du World Fantasy Award du meilleur roman court la même année, il faudra pourtant attendre 2012 pour que le roman soit enfin traduit en français par ActuSF et réédité par J’Ai Lu en 2014.
Avec ce court roman George RR Martin s’essaye au thriller fantastique, et le résultat est plus que convaincant même si j’aurai apprécié quelques pages de plus afin de nous éclairer sur certains points de l’intrigue.
L’auteur s’attaque à un thème considéré comme un classique du genre puisque la lycanthropie est à l’honneur (on le devine avant qu’il ne soit fait directement mention dans le roman… la couv’ aide un peu). GRR Martin réussit à revisiter le mythe du loup-garou tout en lui restant fidèle.
En l’espace de quelques pages (154 pour être précis) les personnages sont soignés, notamment Randi et son ami, Willie. De même l’intrigue est rondement menée, pas le temps d’une enquête poussée, on va à l’essentiel. Au final la sauce prend plutôt bien, mais on sent un potentiel inexploité malgré tout.
Quelques pages de plus sur l’historique du loup-garou et sa montée en puissance en ville auraient été bienvenues, mais ma plus grande frustration vient plutôt de l’absence totale d’explications concernant l’Ecorcheur. Cerise sur le gâteau, une fin plus aboutie n’aurait pas été un luxe.
Je ne sais pas encore quel sera le prochain titre de l’auteur qui passera au grill mais soyez assuré que je ne suis pas encore décidé à lâcher le morceau. Je n’en ai pas fini avec vous Monsieur Martin (sans parler du Trône de Fer).

[BOUQUINS] Karine Giebel – Satan Etait Un Ange

K. Giebel - Satan Etait Un AngeRetour à des romans plus consistants (en terme d’épaisseur) même si le dernier opus de Karine Giebel, Satan Etait Un Ange, est loin d’être un pavé.
Une fois n’est pas coutume je vais vous proposer un extrait de la quatrième de couv’. Dans la même voiture, sur une même route, deux hommes que tout semble opposer et qui pourtant fuient ensemble leurs destins différents. Rouler droit devant, admirer la mer. Faire ce qu’ils n’ont jamais fait. Vivre des choses insensées. Vivre surtout…
C’est le troisième roman de Karine Giebel que je lis et, pour le moment, non seulement je n’ai jamais été déçu mais elle a su à chaque fois me surprendre en jouant sur différents registres du thriller. En l’occurrence l’intrigue est presque secondaire dans ce roman, c’est le côté intimiste qui prime sur l’action, la relation improbable, voire impossible, dans un autre contexte entre deux individus que tout oppose (l’auteure parle fort justement d’un « couple insolite, formé par l’errance, la douleur« ).
Comme le roman repose sur les épaules de ses deux héros qui sont tout sauf héroïques, lui donner une véritable profondeur psychologique était primordial pour en assurer la crédibilité. Karine Giebel relève haut la main le challenge, elle parvient à rendre ses personnages crédibles au point d’en devenir presque palpables.
D’un côté on a François, à l’aube de la cinquantaine il a la vie dont il toujours rêvé, jusqu’à ce qu’il apprenne qu’il souffre d’une tumeur au cerveau inopérable. Condamné à court terme, il décide de tout quitter le temps de faire le point, résigné, effrayé. Fuir un funeste destin qu’il sait inéluctable.
De l’autre Paul, à peine 20 ans, peut être un peu plus. Lui aussi fuit mais l’auteure distille des infos sur son compte au compte gouttes. Parfois on a enviez de lui foutre des baffes (à Paul pas à Karine Giebel) mais à la lumière de son parcours on comprend mieux.
Mais ce roman n’est pas que psychologique, on a bel et bien une intrigue digne d’un thriller en toile de fond. Une intrigue dont on découvre toute la mesure au fil des chapitres. Une intrigue noire à souhait qui, presque malgré nous, nous tiendra en haleine jusqu’au clap de fin.
Le style de l’auteure fait de ce roman un vrai régal à lire, sans doute pas un thriller qui mettra vos nerfs à rude épreuve mais une belle histoire d’amitié qui fait du bien là où elle passe. On prend un véritable plaisir à partager tour à tour les pensées de François et de Paul.
Sans être clairement situé dans le temps on peut, sans se méprendre, situer l’intrigue vers la fin des années 90, début du vingt et unième siècle. Le franc est encore de rigueur et ça clope à tout va…