[BOUQUINS] Hervé Commère – Ce Qu’Il Nous Faut C’est Un Mort

H. Commère - Ce qu'il nous faut c'est un mortJe continue tant bien que mal d’endiguer le flot des sorties littéraires de ces derniers mois, mais difficile de résister face à un tel tsunami de titres, tous plus tentants les uns que les autres. Pire encore, comment choisir l’heureux élu qui quittera mon Stock Numérique à Lire ? Plutôt que chercher à bâtir un algorithme complexe on va faire comme d’hab, y aller au feeling. Et c’est ainsi que Ce Qu’Il Nous Faut C’est Un Mort de Hervé Commère a pu éviter la noyade dans les tréfonds des livres oubliés…
12 juillet 1998. La France est championne du monde (youpi) et la fête bat son plein dans tout le pays. Cette soirée là le destin de plusieurs personnes va basculer et se trouver lié. Toutes se retrouveront à Vrainville, un petit village normand, dix-huit ans plus tard. La crise menace les Ateliers Cybelle qui font vivre le village, leur fermeture serait catastrophique pour Vrainville…
Avec son précédent roman, Imagine Le Reste, Hervé Commère m’avait fait forte impression pour de multiples raisons, la principale étant la qualité de son écriture. C’est un régal pour les yeux et l’esprit de lire une plume aussi talentueuse.
Oubliez toute idée de comparer ce roman avec le précédent, ça reviendrait à comparer une clé à molette avec un scalpel (une appendicite opérée à la clé à la molette ça ne doit pas être beau à voir). Si Imagine Le Reste était déjà inclassable, celui-ci l’est encore davantage ; c’est définitivement un OLNI (Objet Littéraire Non Identifié).
Un roman noir paradoxalement porteur d’un message d’espoir même quand la situation semble désespérée, un roman social qui jette un oeil sans concession sur une génération désabusée de n’avoir connu que la Crise, sur d’autres prêts à tout pour leur profit personnel, quitte à écraser et couler les autres. Si seulement ce contexte relevait de la fiction… C’est malheureusement le triste reflet de notre société actuelle. Un roman engagé certes mais porteur d’aucun message politique. Quoi qu’il en soit c’est un roman qui vous prend tout de suite au coeur et aux tripes et ne vous lâchera plus.
Si j’ai parlé plus haut de l’écriture de Hervé Commère ce n’est pas totalement anodin. Dans ce roman sa plume et son style semblent sublimés, une écriture pleine d’humanité qui va droit au coeur des lecteurs. On a souvent l’impression d’être autour d’une table avec l’auteur qui nous raconterait une histoire en s’adressant à nous directement… rien qu’à nous, en tête à tête. J’ai lu de nombreux auteurs ayant un incroyable talent narratif mais Hervé Commère à ce petit truc en plus qui fait la différence. même sans le connaître, même sans l’écouter, on a l’impression d’écouter un pote.
Les personnages principaux (ceux de 1998 que l’on retrouve en 2016) sont nombreux mais à aucun moment on ne s’y perd, on commence par faire leur connaissance dans leur contexte personnel, puis peu à peu les destins se croisent avec plus ou moins d’affinités. Des relations se tissent, d’autres s’éffilochent inéxorablement. Vous en aimerez certains, vous en détesterez certainement d’autres ; une chose est sûre vous apprendrez à les connaître… pour le meilleur et pour le pire !
Les personnages secondaires ne sont pas pour autant laissés pour compte, l’auteur les travaille avec le même soin et ne les cantonne pas à jouer les seconds couteaux ; souvent l’intrigue avancera (parfois de façon inattendue) sous leur impulsion (volontaire ou non).
Si vous vous demandez ce que signifie le titre, soyez patient, là encore rien n’est laissé au hasard. Vous aurez votre réponse en temps et en heure.
C’est peut être la première fois que j’ai entre les mains un roman aussi « vivant », au sens propre du terme. Ca peut paraître complètement con comme ressenti mais pendant quelques jours j’ai eu l’impression de vivre à Vrainville, de partager les craintes des villageois et de me battre avec eux.
Merci Monsieur Commère, merci pour cette lecture qui restera longtemps présente dans mon coeur. Et vivement le prochain (non mais, faut pas non plus se reposer sur ses lauriers) !

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

[BRD] Les Huit Salopards

Les 8 SalopardsPetite escapade cinéphile hier soir en compagnie de Quentin Tarantino et son huitième film, intitulé, comme par hasard, Les Huit Salopards.
Alors que le chasseur de primes John Ruth (Kurt Russel) fait route vers Red Rock, où il conduit sa prisonnière Daisy Domergue (Jennifer Jason Leigh) se faire pendre. Sur leur route, ils rencontrent le Major Marquis Warren (Samuel L. Jackson), un ancien soldat devenu chasseur de primes, et Chris Mannix (Walton Goggins), le nouveau shérif de Red Rock. Surpris par le blizzard, ils trouvent refuge dans une auberge au milieu des montagnes, où quatre autres personnes attendent une météo plus clémente…
J’avoue avoir été surpris de découvrir que Quentin Tarantino misait à nouveau sur le western pour son nouveau film, avec l’excellentissime Django Unchained il avait la barre haut… très haut. Très rapidement on réalise que les deux films ne jouent pas dans le même registre. Django Unchained propose une version à la fois classique et moderne du western haut de gamme ; tout est fait pour que le film devienne un blockbuster (pari réussi Monsieur Tarantino). Les Huit Salopards jouent davantage la carte du vintage et se revendique comme un hommage au western spaghetti des années 60/70. Forcément le budget n’est pas le même (respectivement 100 et 44 millions de dollars) et forcément ça se voit à l’écran (et c’est d’ailleurs le but recherché)… ça peut être déconcertant pour le spectateur qui ne s’attendait pas forcément à ce pied de nez.
Pour la bande-son, Quentin Tarantino fait appel au compositeur Ennio Morricone. Bien que mondialement connu pour avoir composé d’inoubliables musique de westerns devenus des classiques, il ne s’était plus frotté au genre depuis 1981. Un retour aux sources réussi qui accentue encore cette ambiance propre au western spaghetti.
Le film est découpé en cinq chapitres. Le réalisateur prend son temps pour poser le décor et les personnages ; sans doute un peu trop de temps vu qu’il lui faut quand même une bonne heure avant d’entrer dans le vif du sujet. Surpris par le rythme imposé je ne me suis pourtant jamais ennuyé, les échanges, sans concession, parfois même surréaliste, entre les personnages incarnés par Samuel L. Jackson, Kurt Russel et Walton Goggins suffisent à maintenir l’attention du spectateur (toujours aussi déconcerté soit dit en passant).
Avec l’arrivée à l’auberge le film prend une toute autre tournure, on sent qu’il s’y passe un truc louche sans vraiment réussir à mettre le doigt dessus, l’ambiance se fait plus pesante, plus suspicieuse. Démarre alors un huis-clos qui nous tiendra en haleine pendant près de deux heures. Un pari osé mais réussi grâce au talent des acteurs, tous les acteurs se donnent à fond dans leur rôle. La tension monte crescendo, on devine aisément qu’il suffirait d’un rien pour que les flingues parlent (enfin).
Et quand ça démarre plus rien n’arrête le réalisateur dans la démesure mais sans jamais se départir d’une bonne dose de second degré ; l’hémoglobine coule à flot mais ça ne choque pas outre mesure, ça colle avec ce que l’on vu jusque là.
Au vu des critiques mitigées que le film a reçu, je dirai que je me place dans la borne haute. J’ai passé un bon moment, divertissant et délicieusement rétro. Un film à prendre tel qu’il est, à ne surtout pas chercher à comparer avec Django Unchained. Visiblement la recette n’a pas trop mal fonctionné, à ce jour le film affiche en effet un box office mondial à plus de 155 millions de dollars.

♥♥♥½

[BOUQUINS] Karine Giebel – De Force

K. Giebel - De ForceJe n’ai pas eu à me forcer pour me lancer dans le dernier roman en date de Karine Giebel, De Force. Par contre le lâcher avant d’avoir le fin mot de l’histoire relève du tour de force.
Alors qu’elle promène son chien, Maud Reynier est agressée par un inconnu. Elle est secourue par Luc Garnier, un garde du corps qui passait dans le coin. Rapidement l’agresseur revient à la charge, devant la menace qui pèse sur sa fille, Armand Reynier, chirurgien de renom, embauche Luc afin de la protéger…
Comme ça, de prime abord, vous seriez tenter de lâcher, sur un ton blasé : « Hmouais bof, rien de neuf sous le soleil ! » Et bien sachez que vous vous fourrez bien profond le doigt dans l’oeil (ou ailleurs… chacun fait ce qu’il veut avec ses doigts après tout) ; Karine Giebel arrive à faire du neuf avec du vieux, à nous surprendre encore et encore sur une base d’apparence éculée.
Pour détourner le slogan publicitaire d’une grande chaîne de supermarchés je dirai qu’il se passe toujours quelque chose chez les Reynier ! Le père, la fille, la belle-mère, la gouvernante, le jardinier… et même le garde du corps ont tous des casseroles collées aux basques, des secrets et tourments plus ou moins lourds à porter. Ami lecteur, si tu entres dans ce bouquin tu en perdras ton lapin (je ne pratique toujours pas le latin… mais bon, je n’ai pas de lapin non plus, à part peut être dans le frigo) plus d’une fois. Tu n’as pas fini de t’arracher les cheveux pour démêler cet écheveau.
Ajoutez à cela un agresseur qui semble toujours avoir un coup d’avance sur sa victime. En parlant de victime, qui est la cible au juste, Maud ou Armand ? Et qui est le mystérieux complice qui lui permet justement de conserver cette avance ? Tant qu’on est dans le questionnement, qui est mort dans le prologue ? Vous l’aurez compris vous n’en finirez pas de vous poser des questions.
Et surtout ne comptez pas sur l’auteure pour vous aider à y voir plus clair. Au contraire, cette petite perverse prend un malin plaisir à brouiller les pistes. Bref si vous entrez dans ce bouquin, vous serez pris dans les mailles d’un filet dont vous ne pourrez sortir avant d’avoir lu la dernière page. Si Karine Giebel est perverse, elle n’est pas pour autant sadique, toutes les réponses arriveront en temps et en heure. Bon sang mais c’est bien sûr !
Un peu plus de 500 pages (dans sa version papier) qui se lisent avec une remarquable fluidité, rythmé, intelligemment construit, vous aurez les nerfs à vif et les neurones en ébullition, mais qu’est-ce que c’est bon ! Quitte à me répéter Karine Giebel réussira, une fois de plus, à surprendre… même ses lecteurs les plus blasés.
Pas franchement un huis-clos mais il en ressort une impression toute aussi oppressante. De nouveau Karine Giebel mise beaucoup sur la psychologie de ses personnages, et une fois de plus la recette fonctionne à la perfection.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Olivier Norek – Surtensions

O. Norek - SurtensionsDepuis que j’ai acheté Surtensions, le dernier roman d’Olivier Norek et troisième enquête littéraire du Groupe Coste, j’ai le palpitant qui s’affole ; rarement j’aurai autant brûlé d’impatience et d’excitation dans l’attente de lire un bouquin, je crois que même Stephen King (excusez du peu Monsieur Norek) ne m’a jamais fait un tel effet.
Tandis que le Groupe Coste enquête sur un enlèvement avec demande de rançon ; un groupe de braqueurs met tout en oeuvre pour faire sortir, légalement, l’un des leurs, incarcéré au centre pénitentiaire de Marveil. Les deux affaires vont se télescoper et ne laisseront personne indemne…
Dès le prologue Olivier Norek nous colle une pression monstre :
La psy faisait nerveusement tournoyer son stylo entre ses doigts. Il était évident que l’homme en face d’elle l’intimidait.
– Vous savez au moins pourquoi vous êtes là ?
– Parce que j’ai tué deux personnes. Vous craignez que ça devienne une habitude ?
– Vous n’en avez tué qu’une. En légitime défense qui plus est. Pour le second cas…
Sec et impatient, l’homme ne la laissa pas terminer.
– Un membre de mon équipe est mort. C’est ma responsabilité. Ça revient au même.
Ceux qui connaissent la série auront compris sans l’ombre d’un doute que c’est Victor Coste qui s’adresse à un psy… les autres le découvriront quelques lignes plus tard. Donc à peine la première page lue on sait que Victor Coste va dézinguer un méchant mais aussi et surtout que le Groupe Coste va payer le prix fort dans cette enquête.
Et les choses se confirment au fur et à mesure que l’intrigue se déroule, le Groupe Coste va être malmené de toutes parts, l’équipe va devoir rester plus soudée que jamais pour traverser la tempête qui s’abat sur le SDPJ 93. Mais malheureusement ils ne pourront empêcher l’inévitable, et nous on reste sur le cul, une larmiche à l’oeil et le palpitant au bord de l’explosion !
On retrouve une intrigue ancrée dans la dure réalité du 9-3 et dans la dure réalité de la vie de flic dans ce merdier qui n’attend qu’une étincelle pour s’embraser. Plus encore que dans les deux précédents opus l’aspect humain est mis en avant. Et pas seulement au sein du Groupe Coste.
Ici pas de flics sauce série TV, pas de flics infaillibles, pas de solutions miracles, pas de réponse à tout… les enquêtes ne se résolvent pas qu’à grand renfort de fusillades, des flics profondément humains, avec leurs forces et leurs faiblesses, leurs doutes aussi… et leurs erreurs parfois.
La grande force d’Olivier Norek est de ne pas sombrer dans la facilité manichéenne, en face du Groupe Coste il n’y a pas que des méchants tout en noirceur, perversité et autres défauts rédhibitoires ; eux aussi sont empreints d’humanité. Parfois même les pires fils de pute ne se trouvent pas toujours là où on pense les trouver.
Au fil des pages Olivier Norek en profite pour pointer du doigts les travers de la société française. Qu’il s’agisse d’un système carcéral qui apporte plus de problèmes que de solutions : « Un centre pénitentiaire n’est efficace que s’il reconstitue une société carcérale juste, avait-il dit. Sans prédateurs, sans proies, dans une parfaite équité, sans privilèges ni passe-droits, sans nécessité de violence, sans jalousie de ce que l’autre pourrait avoir de plus ou de mieux. La force devenant inutile, il ne reste plus qu’à vivre ensemble, en bonne société. Malheureusement, il n’existe pas d’endroit plus dangereux, inégal et injuste que la prison. Et au lieu de ressortir équilibré ou cadré, les détenus en sortent plus violents, désabusés, perdus et agressifs, sans aucun projet de réinsertion. Plus venimeux en sorte. La prison comme une école du crime. » Ou des vicissitudes du système judiciaire : « Si un avocat découvre une preuve qui accuse son client, il n’a aucune obligation de la fournir aux policiers. Pour toute autre personne, ce serait de la complicité, mais pour eux, c’est le fameux droit à la défense. » Mais il faut faire avec les défauts et les failles du système, accepter que parfois une affaire considérée comme résolue ne le soit pas les conditions les plus justes pour les victimes… pour la Justice, en tant qu’entité et non en tant que système perverti.
De nouveau Olivier Norek nous file un magistral uppercut en pleine poire, on reste KO debout mais on en redemande, encore et encore. Inutile de préciser que dans ces conditions j’attends avec impatience son prochain roman ; les paris sont ouverts : retour du Groupe Coste ou nouveau départ ? Dans les deux cas je suis preneur, même si j’espère bien retrouver Victor Coste et son équipe de choc.

MON VERDICT
jd5Coup double

Aparté n° 1
Cerise sur le gâteau, dans ses remerciements l’auteur cite de nombreux blogs, ça m’a fait plaisir de me trouver ainsi nommé mais aussi d’y retrouver certains blog-potes et groupes FB que je fréquente.

Aparté n°2
Comme dans tout bon roman policier il faut bien un mystère à résoudre. J’invite tous les lecteurs de l’édition numérique (je ne sais pas de quoi il retourne avec l’édition papier) à se pencher sur l’énigme du chapitre 72. Si vous regardez bien la mise en page on passe du chapitre 71 au chapitre 73, et pourtant il ne semble manquer aucun morceau…

[BOUQUINS] Guillaume Musso – La Fille De Brooklyn

G. Musso - La Fille de BrooklynFidèle à mes habitudes il n’était pas question pour moi de rater mon rendez-vous annuel avec Guillaume Musso ; surtout en sachant que Marc Levy avait placé la barre très haut pour ce classico littéraire version 2016. C’est donc plutôt enthousiaste que je me suis lancé dans la lecture de La Fille De Brooklyn, le résultat fut-il à la hauteur de mes espérances ?
A quelques jours de leur mariage, alors que Raphaël tanne sa fiancée, Anna, à propos de l’absence totale de secrets dans leur couple, elle finit par lui montrer une photo de trois corps calcinés en avouant froidement : « C’est moi qui ai fait ça ». Surpris et choqué par ce qu’il vient d’apprendre, Raphaël quitte la maison ; quand il revient plus tard, décidé à donne une chance à Anna de s’expliquer, la jeune femme a disparu. Avec son ami, Marc, un ex-flic, Raphaël va essayer de découvrir le passé d’Anna afin de la retrouver tout en protégeant son secret…
Je ne vous ferai pas languir plus longtemps avant de répondre à la question posée en intro de cette chronique. Pari réussi pour Guillaume Musso, qui nous offre une intrigue menée de bain de maître et pleine de rebondissements (quand y’en a plus, y’en a encore comme dirait la pub pour Paic). Sans surprise l’auteur sait y faire pour que l’on reste accroché à son récit, plus on avance dans le scénario, plus la lecture se fait fébrile.
Une enquête qui mènera nos enquêteurs en herbe, Raphaël et Marc, de la France aux Etats Unis. Un voyage dans le passé d’Anna pour essayer de comprendre le présent. Deux personnages aux caractères (et aux méthodes) opposés mais qui se complètent efficacement. Et bien sûr en toile de fond on n’en finit pas de se poser des questions sur le passé d’Anna. Alors Anna, ange ou démon ? Ne comptez pas sur moi pour répondre à cette question.
La sauce prend, le roman est efficace et hautement addictif, mais il manque un je-ne-sais-quoi qui ne provoque pas le feu d’artifices attendu, peut être un final US un peu rapide à mon goût. Une faiblesse partiellement rachetée par l’ultime chapitre.
De fait le classico Levy vs Musso version 2016, donne l’avantage à Marc Levy. Ces trois dernières années j’avais donné la balle de matcch à Guillaume Musso, voilà qui devrait rétablir l’équilibre. Quoi qu’il en soit je serai présent pour le classico 2017 !

MON VERDICT
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Et dire que tout démarre par une dispute plutôt classique :
– Je suis sérieux, Anna : je ne veux pas vivre dans le mensonge.
– Ça tombe bien : moi non plus. Mais ne pas vivre dans le mensonge ne signifie pas n’avoir aucun secret.
– Donc tu l’admets : tu as des secrets !
– Mais tout le monde a des secrets, Raphaël ! Et c’est très bien comme ça. Nos secrets nous définissent. Ils déterminent une partie de notre identité, de notre histoire, de notre mystère.
Sans vouloir faire dans la philosophie à deux balles, pour ma part je partage l’avis d’Anna, il est de secrets qui doivent le rester, ils font partie de nous et n’appartiennent qu’à nous, inutile de remuer la merde du passé. Vivons plutôt l’instant présent pour nous construire des lendemains qui chantent…

Pour la petite histoire la partie qui se déroule aux USA a lieu en pleine course à la Maison Blanche, avec notamment les primaires des républicains. Dans le roman les américains sont des gens sensés : Donald Trump n’est pas le grand favori !

[BOUQUINS] Caryl Férey – Condor

C. Férey - CondorDécidément ce mois de mars est riche en sorties littéraires, difficile de suivre de rythme et, à défaut, de choisir quel titre privilégier par rapport aux autres. J’ai opté pour une excursion exotique en compagnie de Caryl Férey et son dernier roman, Condor. Nul doute que cette escapade chilienne ne sera pas de tout repos…
Des enfants meurent dans l’indifférence générale à La Victoria, faubourg très pauvre de la banlieue de Santiago. Gabriela Wenchwn, une jeune Mapuche, vidéaste amateure, contacte Esteban Roz-Tagle, avocat spécialisé dans les causes désespérées, afin qu’il vienne en aide aux familles endeuillées. Au cours de leur enquête ils vont rapidement s’apercevoir que leurs recherches et questions dérangent en haut lieu…
Quatre ans après Mapuche, Caryl Férey reste en Amérique du Sud, mais direction le Chili pour sa nouvelle intrigue. Un pays encore lourdement marqué par les années Pinochet, une dictature hyper répressive qui s’est faite au détriment du peuple chilien mais avec la bénédiction (voire la collaboration) des Etats Unis et de l’Europe. Un régime totalitaire en grande partie amnistié dans un simulacre de pardon national… Un terrain propice pour l’auteur qui ne manquera pas de rappeler les grandes lignes (et certains détails oubliés) de l’histoire contemporaine du Chili.
Difficile de trouver un duo plus atypique que celui formé par Gabriela et Esteban. Une jeune Mapuche qui a décidé de couper les liens avec ses racines pour tenter sa chance en ville et se retrouve dans l’un des faubourgs les plus miséreux de Santiago. Un avocat issu d’une richissime famille, révolté contre son milieu et ses origines dont l’aisance lui parait injustement acquise. Deux personnages aux personnalités bien marquées et une rencontre qui ne manquera pas de faire des étincelles.
Les autres personnages ne sont pas pour autant négligés, tous sont travaillés en profondeur. Il faut dire que le contexte permet à l’auteur de puiser dans des origines diverses et variées parmi les plus contrastées, notamment entre anciens opposants/victimes du régime Pinochet et anciens chefs de file/tortionnaires de la dictature.
Fidèle à son habitude l’auteur propose une intrigue richement documentée, intense et pleine de rebondissements. Une intrigue qui carbure à l’adrénaline et ne vous laissera pas un moment de répit. Une fois que vous aurez plongé le nez dans le bouquin, vous ne le lâcherez qu’à regrets.
La plume de Caryl Férey fait mouche sans jamais faillir, acérée, avec une pointe de vitriol en option, elle n’hésite pas à taper là où ça fait mal, sans concession, aucune. Une plume engagée certes, mais pour la bonne cause, ou plutôt contre la mauvaise cause, voire la pire des causes.
El Condor pasa… et ne devrait laisser personne indifférent. L’intrigue vous prend aux tripes pour ne plus vous lâcher jusqu’au clap de fin, et quelle fin ! Redoutablement efficace, on en redemande, encore et encore ; même (surtout) si ce n’est pas de tout repos nerveusement parlant.

MON VERDICT
jd5Coup double

Morceaux choisis

Extermination d’opposants politiques sans jugements ni procès : le concept avait été mis au point par les militaires français en Algérie avant que Washington ne généralise la méthode en Amérique du Sud. Avec l’aide d’agents de la CIA, Pinochet et ses généraux avaient, sous le nom de Plan Condor, étendu l’opération criminelle et secrète non seulement au Chili mais dans les dictatures voisines – Uruguay, Brésil, Argentine, Paraguay, Bolivie –, puis ils avaient poursuivi la traque dans le monde entier.
Soixante mille morts : une hécatombe intercontinentale, silencieuse. On retrouvait des opposants réfugiés en Europe empoisonnés, suicidés, accidentés de la route ou froidement abattus lors d’attentats jamais revendiqués ou alors par des organisations fantoches.

Les militaires ayant piétiné cent fois le droit international, Pinochet avait modifié la Constitution pour graver dans le marbre les rouages du système économique et politique (une Constitution en l’état immodifiable) et s’octroyer une amnistie en se réservant un poste à vie au Sénat, où les lois se faisaient. La mort du vieux Général au début des années 2000 n’y changea rien. Manque de courage civil, complicité passive, on parlait bien de mémoire mais tout participait à tordre les faits, à commencer par les manuels scolaires où le coup d’État contre Allende était dans le meilleur des cas traité en quelques pages, voire pas du tout…

La probité du vieux Général ? Possédant une simple voiture le jour du coup d’État, il avait vécu dans un bunker doré, détournant des millions de dollars sans jamais répondre d’aucun de ses crimes, du sang jusque sur les dents.

Les lits électrifiés où on attachait les gens comme elle, les électrodes dans le vagin et le rectum qui les convulsaient de douleur, leurs hurlements de terreur sous les yeux de leurs frères ou maris qu’on forçait à regarder, les baignoires où on les étouffait, les viols, les viols collectifs, les viols par des bergers allemands, ceux qu’on jetait des hélicoptères attachés à des rails de chemin de fer pour éviter qu’ils ne remontent à la surface, le cadavre d’un enfant retrouvé trente ans plus tard avec douze balles dans le corps, les sévices qu’il fallait « interpréter dans le contexte », tous ces mensonges avalés maelstrom, tourbillon, pourriture, Allende autopsiant les enfants le cœur brisé, le même acculé au suicide dans la Moneda en flammes, Víctor Jara supplicié, quarante ans et autant d’impacts de balles dans la peau, un massacre riant pour des bourreaux qui savaient à peine lire, Catalina la petite pute rouge qui avant de devenir une rose en avait pris pour son grade : les larmes qui avaient coulé ce jour-là à la Villa Grimaldi coulaient toujours.

[BRD] Star Wars – Le Réveil De La Force

sw7lrdlfSorti en fin d’année dernière au ciné, j’ai été fortement tenté de remettre les pieds dans un cinéma (la dernière fois c’était pour Titanic), mais finalement mon asociabilité chronique aura eu raison de ma curiosité. J’ai donc, fidèle à mes habitudes, attendu sagement la sortie en Blu-ray (tout en fuyant les spoilers) avant de visionner Star Wars – Le Réveil De La Force, réalisé par J.J. Abrams.
Trente ans après la victoire de l’Alliance Rebelle l’avenir reste incertain pour la Nouvelle République. Une nouvelle menace, le Premier Ordre, dirigé par le Suprême Leader Snoke (Andrew Serkis) et son acolyte Kylo Ren (Adam Driver), rallie les nostalgiques de l’Empire Galactique…
Bien que fan de la première heure de la saga Star Wars j’avoue que l’annonce de ce septième volet m’a laissé sceptique (voire pire si non affinités). D’une part je me demandais ce que pourrait donner l’univers Star Wars entre les mains de Disney ; je m’étais posé la même question lorsque Disney a racheté la licence Marvel, Avengers puis Les Gardiens De La Galaxie ont définitivement balayé mes doutes sur le devenir de nos super-héros préférés. Espérons qu’il en soit de même pour l’univers Star Wars
Quand le nom du réalisateur, J.J. Abrams, est tombé le doute s’est de nouveau immiscé dans mon esprit. Je ne peux pas dire que j’ai été totalement convaincu par sa reprise en main de Star Trek. D’un autre côté, et pour être tout à fait franc, je n’ai jamais aimé la saga Star Trek, donc il n’y avait pas de raison particulière pour que j’accroche à ces suites…
Enfin restait en suspens la question du scénario. Les inconditionnels de l’univers étendu Star Wars (les romans qui viennent prolonger l’histoire de la saga) sont bien placés pour savoir qu’il y a de quoi puiser des idées à foison, et surtout des scénarios de qualité (je pense notamment à La Croisade Noire du Jedi Fou de Timothy Zahn ou encore, quitte à prendre des distances avec la saga initiale, Le Nouvel Ordre Jedi). Mais que nenni, Disney annonce un scénario 100% original ! La douche froide… Bien qu’étant le premier déçu par ce choix je vais pourtant essayer de me faire l’avocat du diable, un tel choix aurait exigé, afin de rester crédible, de choisir de nouveaux acteurs pour incarner les personnages phares de la saga… Pas certains que les fans auraient apprécié de voir leurs héros changer de tronche… Sans parler du poids qui aurait pesé sur les épaules des acteurs chargés de donner une nouvelle jeunesse à Luke Skywalker, Han Solo et consorts…
Voilà pour le fond, il serait peut être dans de se plonger dans la forme, et de vous donner mes impressions après avoir visionné Le Réveil De La Force.
Certes l’intrigue est bien ficelée mais reste parfois assez (trop ?) proche de celle de l’Episode IV, Un Nouvel Espoir, jusqu’à certaines scènes qui semblent quasiment copier-coller d’un film à l’autre. Heureusement cette impression de déjà-vu reste diffuse, pour être tout à fait honnête avec vous, c’est surtout après avoir vu le film dans son intégralité que les ressemblances sautent aux yeux. A chaud la magie Star Wars fonctionne, on se prend aisément au jeu.
Au niveau des personnages, l’idée de combiner nouveaux héros et anciennes figures emblématiques de la saga (par ordre d’apparition, Han Solo, Chewbacca, Leia Organa et Luke Skywalker) plutôt bien trouvée. Je ne vous ferai pas un portrait détaillé des nouveaux venus mais ils s’intègrent plutôt bien à l’intrigue et donnent une seconde jeunesse à la saga. Au niveau des gentils, et donc futurs rebelles, on trouve Rey (Daisy Ridley), une jeune femme qui vivote en pillant des épaves et va se retrouver embringuée dans l’intrigue presque malgré elle, et Finn (John Boyega), un stormtrooper déserteur qui souhaite mettre le plus de distance possible entre le Premier Ordre et lui. Des personnages qui trouvent pleinement leur place dans l’intrigue mais méritent de s’étoffer. Gros coup de coeur par contre pour le droïde BB-8 ; je veux le même !
Au niveau des méchants de service, et donc les rangs du Premier Ordre, le Leader Suprême reste un entouré d’un voiie de mystère. Ses seconds se livrent à une bataille d’ego avec d’un côté le Général Hux (Domhnall Gleeson), militaire pur et dur adepte de la force brute, et de l’autre Kylo Ren, apprenti de Snoke et chef des Chevaliers de Ren. Au niveau du Premier Ordre le bât blesse, Hux est le parfait cliché du militaire aussi belliqueux qu’ambitieux, et Ren apparaît comme souvent comme un gamin gâté colérique. Ca manque cruellement de profondeur dans les rangs, espérons que les choses amélioreront dans les épisodes suivants (au moins du côté de Ren, je doute qu’un militaire borné soit une denrée récupérable).
Même si ça me donne l’impression d’enfoncer des portes ouvertes, je tiens à préciser que visuellement le film est irréprochable. Les décors et les effets spéciaux sont parfaitement maîtrisés, on retrouve de nombreux éléments qui contribuent à la richesse de l’univers Star Wars.
En conclusion (il était temps diront certains), j’ai passé un très bon moment devant ce septième volet de la saga Star Wars, mais j’en espérais davantage (quitte à me répéter, surtout en connaissant la richesse de l’univers étendu). Il n’y a pas eu d’enthousiasme débordant, ni de WAOW, bouche bée et les yeux en soucoupes… Ce qui ne m’empêchera pas d’être fidèle au rendez-vous pour les prochains films.

♥♥♥♥

[BOUQUINS] Jac Barron – Addictions

J. Barron - AddictionsAh bin voilà un titre qui aura su faire attendre, désirer même. Annoncé depuis 2013 la sortie d’Addictions de Jac Barron a été maintes fois repoussée, on en arrivait presque à se demander si on ne courrait pas après une chimère. Heureusement la persévérance de Jac Barron a fini par payer, le roman a enfin pu voir le jour chez NumerikLivres et nous avons enfin pu satisfaire notre curiosité mise à rude épreuve.
Paris. Les cadavres se multiplient, chaque fois le meurtre semble repousser encore plus loin les limites de l’ignominie. Le préfet de police confie l’enquête aux commissaires Dylan Loiseau et Salim Alaoui, jusqu’alors cantonnés aux cold cases. Un unique point commun semble relier les différentes scènes de crimes : la présence d’un ou plusieurs frelons près des corps…
Sans entrer dans les détails (que je ne connais d’ailleurs pas forcément) je voudrai tout de même signaler que le parcours que Jac Barron a dû affronter pour nous faire partager son travail tient davantage du parcours du combattant que de la promenade de santé. Heureusement sa collaboration avec NumerikLivres semble lui ouvrir un horizon nettement plus dégagé.
Un parcours chaotique qui fait que l’auteur n’a sans doute pas encore acquis toute la notoriété qu’il mérite. Nul doute que Addictions devrait lui ouvrir une voie royale en ce sens. Tendance qui devrait se confirmer avec la prochaine réédition des deux premiers opus de la Trilogie des Pulsions, et la joie de découvrir prochainement sa conclusion (avec Impulsions, l’ultime volet). Pour ma part j’ai été totalement accro dès la lecture de Cicatrices, même si l’aspect fantastique apparu dans Plasma m’a un peu dérouté, pas que je sois fermé au mélange des genres (loin s’en faut) mais plutôt du fait de l’impression de rupture des genres entre le premier et le second opus de la trilogie… Mais revenons à nos moutons et plus exactement à Addictions.
Les lecteurs de ses précédents romans ne seront pas surpris de retrouver la griffe Jac Barron dans la trame narrative et le style. L’auteur qualifie ses romans de thrillers psychiques, un terme parfaitement adapté au contenu. Chaque chapitre nous fait vivre l’intrigue via le regard, le vécu et le ressenti d’un des protagonistes. Au fil des chapitres on alterne entre les points de vue, du coup on vit une intrigue à plusieurs dimensions et surtout en totale immersion dans l’esprit des personnages. On est à la limite du viol psychique tant on se sent proche des personnages.
Niveau style Jac Barron nous offre du brut de décoffrage, pas de fioritures inutiles, c’est le rythme qui prime. Parfois cru mais jamais gratuitement vulgaire. Il faut dire que l’intrigue ne ressemble pas vraiment à un épisode des Bisounours ou de Oui-Oui. Là encore on est dans le brut de décoffrage, cash et trash (âmes sensibles s’abstenir) mais au service d’un scénario qui tient globalement bien la route.
Au niveau de la galerie de portraits vous allez être gâté. Chaque personnage dispose de sa propre personnalité, traitée en profondeur sans une once de manichéisme. Vous n’avez pas fini de vous poser des questions sur tel ou tel personnage, avant de revenir sur vos certitudes, puis de douter à nouveau. Une chose est sûre, Jac Barron ne ménage pas ses personnages et s’ils doivent passer de vie à trépas ils ne le feront pas tranquillement pendant leur sommeil.
Questionnements, certitudes et doutes qui vous accompagneront aussi tout au long de l’intrigue. Et s’il y a bien un point sur laquelle je n’ai aucun doute, c’est que Jac Barron saura vous surprendre plus d’une fois. Là encore il faut vous attendre à du lourd, dans tous les sens du terme, au propre comme au figuré.
Bref Addictions mérite largement son titre, il aura été pour moi hautement addictif. Toutefois le roman rate d’un chouïa le 5/5 et le coup de coeur. J’ai en effet trouvé la partie dans laquelle Dylan et son équipe sont dans la péniche un tantinet too much dans la surenchère. Ce petit bémol n’aura pas suffit à gâcher mon plaisir, j’ai me suis vraiment éclaté avec Addictions, j’aime que l’on joue avec mes nerfs et que l’on mette mon palpitant à rude épreuve.
Avec cette chronique je n’espère pas convaincre les lecteurs qui connaissent et apprécient déjà Jac Barron, ceux là ne pourront qu’être de nouveau sous le charme. J’espère surtout avoir réussi à donner envie à ceux et celles qui ne connaissent pas encore l’auteur de se plonger dans ce bouquin. Si vous aimez les thrillers, foncez ! Vous ne le regretterez pas. Ce mec est complètement ouf mais qu’est-ce que c’est bon !!!
Je me fais peut être des illusions mais la fin laisse envisager une possible rencontre entre les personnages des Pulsions et ceux d’Addictions ; mais ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus !

MON VERDICT
jd4dCoup de poing

[BOUQUINS] Stephen King – Carnets Noirs

S. King - Carnets noirsUn nouveau roman de Stephen King est toujours un événement très attendu par ses nombreux, qui plus est quand celui-ci est présenté comme la suite du très convaincant, Mr Mercedes. Mes lectures en cours m’ont empêché de me ruer dessus dès son achat, mais c’est désormais chose faite et je peux vous livrer mes impressions sur Carnets Noirs, second opus de la trilogie Bill Hodges.
1978. Morris Bellamy abat froidement John Rothstein, un écrivain à succès à la retraite. Son mobile : il n’ pas du tout aimé ce que Rosthein a fait de son personnage fétiche, Jimmy Gold. Avec ses deux complices ils embarquent le contenu du coffre-fort de l’écrivain, de l’argent et des manuscrits inédits.
2009. Peter Saubers, un adolescent dont les parents doivent faire face à de grosses difficultés financières et ne cessent de se disputer, trouve par hasard l’argent et les manuscrits. l’argent lui apparaît comme une manne pour sortir ses parents du gouffre.
Cette suite n’en est pas vraiment une puisqu’elle commence plus de trente ans avant que le Tueur à la Mercedes ne fasse un carnage à la foire de l’emploi du City Center. Puis les événements se télescopent (le père de Peter sera grièvement blessé au City Center). Tout cela fait l’objet de la première partie du roman. Les seconde et troisième partie se passent après que Brady Harstfield ait été neutralisé.
Pas vraiment une suite mais si vous souhaitez lire la trilogie je vous recommande de la prendre dans l’ordre de parution, de nombreux éléments décisifs de Mr Mercedes sont révélés dans ce second opus, le lire avant son aîné gâcherait sérieusement l’effet de surprise (voire même le plaisir, tout simplement). Sinon vous avez toujours l’option de lire Carnets Noirs en faisant l’impasse sur Mr Mercedes (ce qui serait un gâchis selon moi, mais c’est vous qui voyez).
On retrouve bien entendu Bill Hodges, devenu détective privé, qui va devoir prendre les choses en main afin de découvrir, à la demande de Tina, la petite soeur de Peter, ce qui semble tant inquiéter son frère. Il pourra (et c’est plutôt une bonne surprise pour les lecteurs de Mr Mercedes) compter sur l’aide ses complices, Holly, embauchée en tant qu’assistante de Bill, et Jerome, de retour à la maison pour les vacances d’été. Un trio atypique toujours aussi efficace que complémentaire.
Parmi les nouveaux venus j’ai beaucoup aimé Peter et Tina, les enfants Saubers. Pour faire face aux coups durs ils ont développé une relation quasi fusionnelle, à tour de rôle (Peter plus souvent que Tina, grand frère oblige) ils se protègent et se couvrent. Par moments ils apparaissent même plus matures que leurs parents, trop empêtrés dans leurs propres emmerdes pour faire réellement attention à leurs enfants.
Par contre je n’ai pas ressenti la moindre once d’empathie pour le personnage de Morris Bellamy. Au mieux j’ai été indifférent à ce qui pouvait lui arriver, au pire (le plus souvent) j’ai pris un malin plaisir à le détester chaque fois un peu plus que la précédente.
Comme d’hab le King maîtrise à la perfection son intrigue, il fait prendre la sauce lentement mais sûrement, puis nous impose un rythme de plus en plus soutenu. Une fois que vous aurez entamé la troisième et dernière partie, il vous sera impossible de refermer le bouquin avant d’en avoir lu le dernier mot.
La relation entre l’écrivain et le monde qui l’entoure a été au centre de nombreux romans de Stephen King. Qu’il s’agisse de l’écrivain en proie à une fan un tantinet psychotique (Misery), de l’écrivain face à sa création (La Part Des Ténèbres), l’écrivain face au blocage de la page blanche (Sac D’Os) ou encore l’écrivain et son inspiration (Histoire De Lisey). Le postulat de départ est un peu le même que pour Misery (un fan, Morris Bellamy, reproche à un auteur, John Rothstein, le sort réservé à un de ses personnages récurrents), mais les deux récits n’ont que ça en commun, vous l’aurez compris Carnets Noirs prend une toute autre direction dans le développement de son intrigue.
Inutile de vous dire qu’il me tarde de retrouver Bill Hodges. D’une part parce que Stephen King nous offre des thrillers mâtinés de noir de très haut de gamme. De l’autre du fait de la possible orientation (confrontation ?) de cet ultime opus… ce n’est que supposition de ma part et de toutes façons je ne dirai rien de plus.

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

Morceaux choisis

L’une des révélations les plus électrisantes dans une vie de lecteur, c’est de découvrir qu’on est un lecteur – pas seulement capable de lire (ce que Morris savait déjà), mais amoureux de la lecture. Éperdument. Raide dingue. Le premier livre qui donne cette impression ne s’oublie jamais et chacune de ses pages semble apporter une nouvelle révélation, une révélation qui brûle et qui enivre : Oui ! C’est ça ! Oui ! Je l’avais vu aussi ! Et, bien sûr : C’est exactement ce que je pense ! C’est ce que je RESSENS !

Un bon romancier ne guide pas ses personnages, il les suit. Un bon romancier ne crée pas les événements de son histoire, il les regarde se dérouler et ensuite il les écrit. Un bon romancier finit par réaliser qu’il est secrétaire, et non pas Dieu.

[TAG] Book FanBooking Award : le prix de l’addict lecture

Un tag récupéré chez Dame Belette.
Comme je ne vois pas pourquoi ce tag devrait être exclusivement féminin je l’ai donc rebaptisé sans sexisme 🙂

Etape 1 – Répondre aux cinq questions du tag original

De quel auteur achèterais-tu n’importe quel livre, sans même lire le résumé ?

Sans hésitation, Stephen King. Même si j’aime bien jeter un oeil à la quatrième de couv’ pour savoir de quoi il va être question.

Ton coup de cœur de 2015 ? Dis m’en un peu plus ?

Là encore pas la moindre hésitation. J’ai eu plusieurs coups de coeur mais le plus marquant aura certainement été Nous rêvions juste de liberté de Henri Loevenbruck.

Pourquoi lui et pas un autre ? Déjà pour le formidable talent de conteur de Henri Loevenbruck. Ensuite parce que violent et parfois sombre ça demeure avant tout une ode à la liberté et à l’amitié. Enfin pour la petite larmiche finale.

Combien de livres lis-tu par an ?

Je n’ai pas de quota imposé. Ca varie d’une année sur l’autre en fonction du temps que je peux libérer pour la lecture.
On va dire entre 60 et 90 en moyenne. 69 en 2015 et 97 en 2014.

Pourquoi une PàL ? Qu’est ce que ça représente pour toi ? Un besoin, une envie irrépressible, la fièvre acheteuse ? Peux tu m’expliquer l’effet PàL ?

Pourquoi une PàL ? Pour m’assurer de longues heures de lecture d’avance… Bon Ok avec un peu plus de 1000 titres en stock, j’ai plutôt quelques années d’avance !

Je suis consommateur compulsif, c’est plus fort que moi dès que je vois un livre qui me plait alors je le prends.
Avec le numérique c’est encore plus facile, même plus besoin d’aller jusqu’à la librairie, quelques clics suffisent pour que le bouquin rejoigne la PàL ! Et en sortant des clous on peut la nourrir sans remords, même pas besoin de dégainer la Carte Bleue.

Donc oui en partie victime de fièvre acheteuse, mais ce n’est qu’un des symptômes de ma PàL, et pas le plus grave. Avant tout c’est une série d’envies irrépressibles. Même si je sais que j’ai de quoi lire pendant des années je continue à me ruer sur les nouveautés, de coup la PàL connaît une croissance exponentielle.

L’effet PàL ? Pour moi c’est justement cette croissance exponentielle, pour un livre retiré (donc lu), trois livres ajoutés. Comme je n’ai pas l’intention de changer mes habitudes je sais que je tirerai ma révérence ne laissant dérrière moi une PàL monumentale. Mais guère encombrante puisqu’elle tient sur une carte MicroSD.

Hé, dis moi ! Comment est né ton blog ?

En l’état actuel il est né en 2009. Mais en fait il faut remonter à 2005, pour le fun je me suis créé un site hébergé chez iFrance, puis au fil des années mon enthousiasme s’est érodé jusqu’à ce que je décide d’abandonner.

En 2009 j’ai découvert WordPress, sa simplicité d’emploi m’a donné envie de remettre le pied à l’étrier. Je ne savais pas alors si j’allais tenir dans la durée ou si, à contrario, la motivation s’était définitivement fait la malle. Comme je suis encore là en 2016 il faut croire que ce second souffle aura été le bon.

Etape 2 – Répondre aux cinq questions posées par le précédent tagué

Voici donc les questions (sans le moindre sens caché, cela va de soi) de dame Belette.

Est-ce que la taille est importante pour toi ?

Je préfère la qualité à la quantité, les deux ne vont pas forcément de pair. Avec Trois jours et une vie, Pierre Lemaitre a prouvé brillamment que l’on peut faire court mais efficace et intense.

Et la profondeur ? Tu aimes ça ? Si oui, où exactement ?

Tout dépend de ce que je suis en train de lire. Dans les thrillers par exemple la profondeur est un élément majeur pour la sauce prenne ; qu’il s’agisse du déroulé de l’intrigue en général ou dans le traitement des personnages.

Par contre au contraire si je me plonge dans un bouquin Feel Good, c’est que je recherche davantage de légéreté.

Tu le fais dans quelle position ?

En général vautré dans le canapé.

Assis dans 99% des cas. Quelques chapitres le matin, entre le réveil et le lever, pour le dernier pourcent.

Le weekend dans mon bain.

Tous les jours ou tu es capable de jeûner dans ce plaisir ?

Je n’envisage pas passer une journée sans lire. Ca peut aller de quelques minutes à plusieurs heures dans la journée, mais en aucun cas ma liseuse ne restera fermée.

Seul(e) ou à plusieurs ?

Généralement seul. Ce qui ne m’empêche pas de partager mes avis (blog, FB, Babelio…).

A plusieurs ça reste 100% virtuel, dans le cadre d’un Book Club. Mon entourage n’a pas forcément les mêmes goûts que moi, donc difficile de partager nos impressions.

Etape 3 – Posez cinq questions à vos tagués

Voici mes cinq questions.

Roman isolé ou saga / série ?

Numérique ou papier ?

Auteurs français ou étrangers ?

Ton genre de prédilection ? Pourquoi ?

Les critiques des autres peuvent-elles influencer ton choix ?

Je ne désigne personne, comme d’hab. Qui voudra bien jouer le jeu, jouera le jeu. Les autres passeront leur chemin.
Et c’est très bien comme ça !