Kenneth Cook fait partie de ces auteurs que je souhaitais découvrir, je ne saurai dire exactement pourquoi, sans doute parce qu’il est originaire d’Australie, notre grand voisin. Restait à trouver LE roman par lequel j’allais commencer mon immersion dans son univers. la réflexion fut de courte durée, j’ai opté pour le dernier sorti en France : A Toute Berzingue.
Shaw et Katie se rencontrent par hasard dans un bar paumé au milieu de désert australien, ils sympathisent puis leur chemin se séparent. Deux jours plus tard, alors que Shaw roule sur une piste au coeur de l’outback, Katie surgit devant la voiture, effrayée ; elle affirme être poursuivi par un homme qui cherche à la tuer. S’engage alors une impitoyable course poursuite entre les deux jeunes gens et le tueur…
Vous connaissez sûrement le film Duel de Steven Spielberg. Non ? Et bin tant pis pour vous, je poursuis mon raisonnement… fallait réviser vos classiques avant de venir ! Dans ce film, sorti en 1971, un représentant de commerce est traqué par un routier qui cherche à le tuer à tout prix. On ne sait rien des personnages, ni des motivations du routier, de lui nous ne verrons d’ailleurs qu’une paire de jambes et un bras. Prenez les mêmes ingrédients (à peu de choses près) et transposez tout ça au fin fond de l’outback australien, vous obtiendrez A Toute Berzingue.
Un roman publié en 2016 à titre posthume (Kenneth Cook est décédé en 1987) à l’initiative de la fille de l’auteur ; initiative dont on ne peut que la remercier chaleureusement. Comme je le disais plus haut, en référence au film Duel, nous apprendrons le strict minimum sur Katie et Shaw, et encore moins sur leur poursuivant (si ce n’est qu’il est entouré d’un remugle de pourriture, de mort et de crasse… sympa comme parfum). De fait l’auteur nous plonge directement au coeur de l’intrigue, oubliez les préliminaires. Et une fois engagé sur les chapeaux de roues dans le roman le rythme ne faiblit jamais, heureusement que le bouquin est relativement court (230 pages dans sa version papier) sinon j’aurai fini sous perfusion !
Si l’on ne sait pas grand chose des personnages, l’auteur ne manque pas de nous rappeler à tout moment à quel point l’outback australien est un milieu hostile, ainsi à l’entrée de la piste d’Obiri, où se concentrera l’essentiel de l’intrigue, peut on lire l’avertissement suivant : « Piste d’Obiri. Danger. D’ici à Obiri, la chaleur, les sables mouvants, soaks et autres dangers rendent la traversée extrêmement périlleuse. En cas de panne, n’abandonnez jamais votre voiture. Avant de partir, signalez-vous au poste de police de Yogabilla. Ni eau potable ni essence avant 600 kilomètres. »
Dans sa préface Douglas Kennedy, qui connait bien l’outback, confirme la dangerosité du coin, mentionnant en plus de sympathiques bestioles tels que les crocodiles ou les serpents venimeux qui vous font passer de vie à trépas en moins de deux heures. Le terrain de jeu idéal pour deux jeunes citadins poursuivis par un psychopathe ! Pour définir le roman en quelques mots, voilà ce que Douglas Kennedy en dit : « A toute berzingue est un roman d’action pur et dur. Une action effrénée qui tient en haleine du début à la fin : un page-turner torride au sens noble du terme. »
Je ne voudrai pas faire dans la surenchère mais voilà ce qu’indique l’auteur dans une note rédigée en 1982 : « Selon la police, plus de trois cents personnes sont portées disparues en Australie chaque année, et ne sont jamais retrouvées. » Et l’éditeur d’enfoncer le clou en actualisant ce chiffre : « En 2015, ce nombre s’élève désormais à mille six cents portés disparus annuels. »
Un récit cru, brut de décoffrage certes mais totalement addictif, une fois que vous serez lancé vous ne pourrez plus décrocher avant de connaître le fin mot de l’histoire. Une récit écrit en un seul bloc (aucun chapitrage, jusque des sauts de ligne çà et là) qui se lit certes en quelques heures, mais ne manquera pas de soumettre vos nerfs à rude épreuve.
Inutile de préciser qu’après cette première lecture de Kenneth Cook il me tarde de plonger plus avant dans son univers littéraire, d’autant que celui-ci semble revêtir de multiples facettes si j’en crois la note de la traductrice en fin d’ouvrage.
Catégorie : Coups de coeur
[BOUQUINS] Boyd Morrison – La Vague
Ca faisait déjà un moment que cet auteur me faisait de l’oeil avec sa tétralogie Tyler Locke mais j’ai pensé qu’un one-shot serait un bon moyen de faire connaissance, le hasard (et la carte bleue) faisant bien les choses, La Vague vient tout juste de sortir chez Bragelonne.
L’archipel d’Hawaï est menacé par un méga-tsunami. Kai Tanaka, directeur du Centre d’Alerte Tsunami du Pacifique basé à Honolulu dispose de peu de temps pour donner l’alerte et sauver un maximum de vies. L’Île Christmas ne répond plus, sans doute rasée par une vague que rien ne semble pouvoir arrêter. En plus de la population de l’archipel, Tanaka doit aussi s’assurer que sa famille est hors de danger…
Pfft j’suis trop vieux pour ces conneries ! Non mais c’est vrai quoi, mon palpitant n’est plus de première fraîcheur. Et je ne vous parle même pas de ma tension. Et l’autre là, le Boyd Morrison, se permet de malmener tout ce petit monde sur plus de 400 pages sans jamais leur accorder le moindre répit. Histoire d’enfoncer le clou, ce petit saligaud ne nous fait même pas grâce d’un happy end… Sadique !
J’ai abordé ce bouquin comme un divertissement rythmé mais hautement improbable, quelle erreur ! On est dans le même registre que Extinction de Matthew Matter (chez Bragelonne aussi, chroniqué ici), à savoir un scénario catastrophe certes extrême mais malgré tout possible. Le tout servi par une intrigue richement documentée (sans jamais sombrer dans le didactique soporifique) menée à un rythme ahurissant. Il faut dire que l’action se joue en moins de 4 heures, pas le temps de souffler entre deux chapitres, ni même entre deux pages. Quand j’vous dis qu’il vous mettra les nerfs en pelote, ce n’est pas du bluff.
Avec le personnage de Kai Tanaka on trouve un personnage ordinaire confronté à une situation extraordinaire, et pour couronner le tout il va se retrouver déchiré entre sa conscience professionnelle (dont dépend la vie des habitants de l’archipel) et ses sentiments personnels (sa femme et sa fille sont directement exposées au tsunami), déchirement qui s’achèvera sur un choix cornélien des plus déchirant.
Au cours de son périple au milieu d’un Honololu dévasté par la nature en furie, il croisera des alliés, des victimes dépassées par les événements, mais aussi des connards de première qui ne pensent qu’à sauver leur petite gueule de minable et des inconscients qui se fichent éperdument de l’alerte. Des rencontres qui malheureusement ne que trop vraies dans ce genre de situation, il y en a toujours qui vont se persuadés d’être plus important que les autres ou pire, invulnérables face aux éléments déchaînés.
Je ne sais pas si tout est scientifiquement rigoureusement exact, ni si tout est humainement réalisable mais honnêtement je m’en fous, l’essentiel étant que l’ensemble passe comme une lettre à la poste et sur ce point le challenge est relevé haut la main.
Pas étonnant qu’un bouquin basant son intrigue sur un tsunami face souvent référence à celui qui a frappé l’Asie du Sud Est en 2004, avec 225 000 victimes il s’agit du phénomène le plus meurtrier de tous les temps. Par contre j’ai été surpris que celui de 2011, au Japon (18 000 victimes mais aussi et surtout à l’origine d’un accident nucléaire de niveau 7) ne soit jamais mentionné. Un coup d’oeil à la page du copyright répond à la question, le roman a été publié en version originale en 2009, puis réédité en 2010 (c’est le second roman de l’auteur, le premier étant encore inédit en français) ; il aura fallu attendre 2016 et le succès de la série Tyler Locke (du même auteur, chez Bragelonne) pour qu’une version française voit enfin le jour.
J’adore ces bouquins qui vous laissent groggy une fois la dernière page tournée, à ce titre La Vague fait vraiment très fort, tellement addictif que je l’ai dévoré d’une traite. Il ne me reste plus qu’à dépoussiérer mon Stock à Lire Numérique afin de me pencher sur le cas Tyler Locke.
MON VERDICT


[BOUQUINS] Brian Panowich – Bull Mountain
Une lecture qui m’a été chaudement recommandé et, au vu des critiques lues sur le net, le bouquin semble s’annoncer comme un incontournable de l’année 2016. Place donc à ma chronique de Bull Mountain, un premier roman signé Brian Panowich.
Depuis toujours Bull Mountain est le territoire du clan Burroughs, de là partent toutes sortes de trafics (armes, alcool, drogue…) sous la direction de Halford Burroughs. Clayton Burroughs, son frère cadet, a réussi à s’extirper de cette spirale infernale, il est même devenu shérif du comté et tente, avec les moyens du bord et sans mettre la région à feu et à sang, d’endiguer le flot de merde qui s’écoule de Bull Mountain. Mais cet équilibre précaire risque d’être mis à mal par l’arrivée de l’agent fédéral Simon Holly, bien décidé à nettoyer Bull Mountain, quel qu’en soit le prix à payer…
Ai-je bien fait de bouleverser mon planning de lecture pour privilégier ce bouquin ? Incontestablement la réponse est OUI. Mais comme ça fait un peu court comme réponse je vais maintenant argumenter.
Comme souvent avec les éditions Actes Sud, la couv’ est sobre mais efficace. Et oui, même quand on lit en numérique on reste sensible aux couvertures, ça reste le premier contact que l’on a avec le livre. Certes elle ne jouera pas un rôle décisif dans le choix final mais une couverture bien fichue peut m’amener à m’intéresser à un bouquin qui aurait pu me laisser indifférent en d’autres circonstances.
Direction le sud des Etats-Unis, plus précisément la Géorgie, pour un thriller 100% redneck mais aussi et surtout 100% noir. Une histoire de famille plus proche de Caïn et Abel que de Arnold et Willy, chez les Burroughs l’Histoire s’écrit dans la violence, en lettres de sang. Une histoire de famille qui commence en 1949 par un meurtre brutal et s’achève en 2015 dans un bain de sang.
Une histoire qui repose sur trois personnages principaux. Clayton, le cadet du clan Burroughs, devenu shérif pour échapper à Bull Mountain. Halford, son aîné, maître auto-proclamé de Bull Mountain (même si personne ne lui conteste ce titre). Simon Holly, un fédéral qui semble avoir un compte personnel à régler avec le clan Burroughs.
Il faudra aussi compter avec les Burroughs du passé. Cooper, le grand-père, et Gareth, le père qui étendront l’activité de Bull Mountain à la drogue (cannabis puis méth) et aux armes lourdes (finies les pétoires de grand p’pa, place aux fusils d’assaut).
Mais les personnages secondaires ne sont pas pour autant laissés en plan. Qu’il s’agisse de Kate, l’épouse de Clayton, ou d’Angel, une prostituée prise au piège d’une spirale infernale ; les personnages féminins ne sont pas de faibles femmes sans défense, loin s’en faut. Sans oublier Wilcombe qui règne sur la trafic d’armes lourdes en Floride avec son associé Bracken.
Une intrigue qui vous prend aux tripes dès les premières pages et ne vous lâche plus jusqu’au clap de fin. Une intrigue noire à souhait, violente et sanglante, mais il serait réducteur de n’en retenir que ces aspects, le scénario est en béton armé et au milieu des ténèbres subsiste une lueur d’espoir… faible mais elle a le mérite d’exister.
Un premier roman parfaitement maîtrisé, mais j’avoue que j’ai trouvé le pied de nez final un peu (beaucoup) tiré par les cheveux. Du coup il passe à un cheveu du coup de coeur, ce qui ne m’empêchera pas de me ruer sur les prochains romans de Brian Panowich.
MON VERDICT


[BOUQUINS] Glendon Swarthout – Le Tireur
Au menu de cette chronique, une première pour moi : un western. En l’occurrence mon choix s’est porté sur Le Tireur de Glendon Swarthout.
El Paso, 1901. J.B. Books est le dernier des tireurs encore en vie, mais plus pour longtemps, un cancer le ronge inexorablement. Il décide alors de vivre ses derniers jours dans une tranquille pension de famille tenue par Mme Rogers, une veuve qui élève seule son fils, Gillom. Alors que Books n’aspire qu’à ce qu’on lui foute la paix, il devra pourtant composer avec les vautours qui chercheront à profiter de sa mort pour s’engraisser à son insu…
Publié en version originale en 1975, puis en français chez Gallimard la même année (sous le titre Une Gâchette), c’est sur l’édition/traduction Gallmeister parue en 2012 que j’ai jeté mon dévolu.
Comme je le disais en introduction de ce post, c’est la première fois que je lis un western… mais je sais d’ores et déjà que ce ne sera pas la dernière fois. Pas de vol à main armée, ni d’attaque de diligence, pas de méchants indiens non plus et pourtant je peux vous assurer que c’est un western pur jus que vous aurez entre les mains. Un western à la croisée de deux époques, la conquête de l’Ouest et ses héros appartiennent au passé tandis que le vingtième siècle et ses changements bouleversent peu à peu le quotidien de tout à chacun.
Le roman est porté par son personnage principal, John Bernard Books. Un héros qui mène sa vie selon un principe des plus simples : « Je refuse qu’on porte la main sur moi. Je refuse qu’on me trompe. Je ne supporte pas d’être insulté. Je n’inflige rien de tout cela à autrui. J’attends la même chose des autres. » Certes il a expédié ad patres bon nombre de ses semblables mais jamais il n’a été à l’origine d’un affrontement. Ce qui ne l’empêche pas de ne pas trouver sa place dans ce nouveau monde qui se profile, Le shérif Thibido ne manquera d’ailleurs pas de le lui rappeler sans détours : « Où est votre place dans cette marche du progrès ? Nulle part. Votre place est au musée. Pour être plus précis, Books, vous appartenez à une autre époque, complètement révolue. »
Un homme bouffé par la maladie mais bel et bien décidé à rester droit dans ses bottes jusqu’à son dernier souffle. Ce n’est certainement pas lui qui s’adaptera aux autres mais bel et bien aux autres de s’adapter à lui ; à ce titre on assiste au fil des page à l’évolution de sa relation avec sa logeuse Mme Rogers. Un homme déterminé à partir comme il a vécu : la tête haute.
Concernant ladite logeuse, Madame Rogers, il ne faut pas se fier aux apparences, c’est un petit bout de femme au caractère bien trempé, contrairement à ce que l’on pourrait penser de prime abord. Dommage qu’elle traîne un boulet comme Gillom, son bon à rien de fils.
Un western profondément humain,servi par un roman court mais intense.
MON VERDICT
Pour la petite histoire le roman a été adapté pour le cinéma dès 1976 par Don Siegel sous le titre, Le Dernier Des Géants, avec dans le rôle de J.B. Books, John Wayne qui incarnera pour l’occasion son dernier grand rôle, un rôle qu’il est à même de comprendre dans toute sa splendeur, étant lui même atteint d’un cancer au moment du tournage.
[BOUQUINS] Paul Clément – Les Décharnés : Une Lueur Au Crépuscule
Comme ça faisait un bail que je ne m’étais pas offert une escapade à Zombieland j’ai décidé de renouer avec le doux fumet de la chair avariée, mais attention je fais dans le zombie 100% made in France avec Les Décharnés : Une Lueur Au Crépuscule, premier roman de son auteur, Paul Clément.
Patrick un agriculteur bourru et solitaire prend une bière sur sa terrasse le jour où l’humanité s’est effondrée sous ses yeux. Sortie d’un embouteillage sur la route non loin de sa propriété, une horde de zombies attaque tout ce qui bouge, grossissant ainsi les rangs des morts vivants. Patrick s’enferme alors chez lui, bien décidé à s’isoler le temps qu’il faudra, sourd aux appels à l’aide des survivants apeurés. Et pourtant il ne pourra rester insensible face à la détresse d’Emma, une gamine dont la mère vient d’être tuée…
Ce qui fait du bien en lisant ce bouquin c’est que l’on sent la passion, on sait rien qu’en le lisant qu’il a été écrit avec le coeur et les tripes. Oui, Paul Clément s’est donné à fond et l’on ne peut que s’en réjouir car son roman est une réussite.
Il faut dire que passionné l’auteur l’est indéniablement, limite obsédé même, par la culture zombie. Il est le fondateur et rédacteur en chef (sous le pseudo Squeletor) du site MyZombieCulture.com, une référence francophone en matière de culture Z.
La grande originalité de ce roman est de se dérouler en Provence, pour moi en tout cas c’est une première, une histoire de zombies 100% française. Hormis cette particularité géographique le roman suit les règles du genre, règles parfaitement connues et maîtrisées par son auteur comme vous pouvez le deviner.
La force de cette intrigue, afin qu’elle ne devienne pas une énième histoire de zombies noyée dans la masse, repose sur ses deux personnages principaux, un duo pour le moins improbable et atypique. Patrick, agriculteur vieillissant et bedonnant est un solitaire à tendance asocial, grincheux et bourru pourrait on ajouter histoire de compléter le tableau. Et pourtant au contact d’Emma, une gamine qui a tout perdu hormis sa candeur et son innocence, il va renouer avec une humanité qu’il avait enfoui au plus profond de son être. Au fil des pages nous assisterons à la transformation de Patrick tandis que sa relation avec Emma se forge. Une relation touchante qui apporte une touche d’humanité au milieu d’une réalité devenue hostile.
Mais n’allez pas croire que l’auteur donne dans la guimauve, le duo devra se plier aux rudes conditions de survie imposées par la situation. Les zombies sont fidèles à ce que l’on peut attendre d’eux, cons comme des manches mais affamés et dangereux… et bien entendus plus ou moins avariés. Sans forcer sur les descriptions l’auteur nous communique cette menace permanente qui plane sur ses deux héros.
Et les survivants alors ? J’aurai tendance à dire aux fans de The Walking Dead, souvenez-vous de Woodburry et du Sanctuaire… les vivants sont parfois bien plus dangereux que les zombies. Patrick et Emma en feront la triste expérience. Comme le dit fort justement Emma : « Il est pas comme les zombies, eux ils font pas exprès. »
Je terminerai en restant dans l’univers de The Walking Dead, si vous me suivez depuis déjà quelques temps vous savez que je suis un inconditionnel de la série TV, j’ai retrouvé dans Les Décharnés tout ce qui fait que je suis accro à TWD. Je l’ai lu avec autant de plaisir que quand je découvre une nouvelle saison de TWD, d’ailleurs il fera office de parfaite mise en bouche avant de me lancer dans la sixième saison.
Chapeau bas à Paul Clément qui, avec ce premier roman, s’impose d’ores et déjà comme un incontournable de la littérature zombie. Vivement le prochain (pour bientôt sauf erreur de ma part) !
MON VERDICT

[BRD] Batman vs Superman – L’Aube De La Justice
Petite escapade cinéphile hier soir avec une plongée dans l’univers de DC Comics en compagnie de Batman vs Superman – L’Aube De La Justice réalisé par Zack Snyder.
A Gotham, Batman (Ben Affleck) est de plus en plus convaincu que Superman (Henry Cavill) représente une menace pour la Terre. Du côté de Metropolis, Superman s’inquiète de la menace que représente Batman, à la fois juge et bourreau. Alors que se profile un affrontement sans pareil, Lex Luthor (Jesse Eisenberg) peaufine son plan machiavélique…
Avec tout le mal que j’ai lu çà et là sur ce film je m’attendais au pire, et finalement le pire n’a pas pointé le bout de son nez même si parfois il n’était pas loin. Si le pire s’est avéré une crainte infondée, le meilleur n’était pas au rendez-vous non plus. J’en ressors avec une réaction mitigée à tendance positive.
L’idée d’un duel opposant les deux héros mythiques de DC était plutôt prometteuse à la base mais globalement je la trouve mal exploitée. Les deux protagonistes foncent tête baissée, chacun étant persuadé d’être dans le vrai… de vrais bourrins décérébrés !
OK Bruce Wayne / Batman a toujours été un personnage tourmenté, plutôt sombre (d’où son surnom de Dark Knight), mais de là à en faire un dépressif qui se soigne à coup de somnifères et de pinard haut de gamme, il y a un gouffre. D’autant que quand il revêt l’armure de Batman, le Bruce devient adepte de la justice dans sa forme la plus expéditive, limite psychopathe.
Ah l’armure… parlons en de l’armure de Batman. Dans la majeure partie du film le design est plutôt réussi et colle bien au personnage MAIS (en majuscules je confirme), d’où il nous sort cette armure de naze qu’il revêt à l’occasion de sa confrontation avec Superman ??? C’t’une blague ?! Le gars devient un espèce de mix entre Batman et Iron-Man… et le bébé n’est vraiment pas beau à voir.
Restons dans les ratés avant de revenir à la positive attitude. Passons au cas Luthor, autant dire que le personnage était attendu puisqu’il est l’un des principaux adversaires historiques de Superman. Mais, mais, mais… c’est quoi ce pitre ? Une tentative de clonage du Joker qui aurait lamentablement foiré ?
Au niveau des personnages secondaires j’ai beaucoup aimé Alfred, le fidèle valet de Bruce Wayne, interprété ici par Jeremy Irons dans une version complètement désabusée par l’obsession de son boss mais qui lui reste malgré tout loyal.
Malgré quelques ratés le film se laisse regarder, sceptique au début on finit par se prendre au jeu (sans forcément adhérer à 100%). Le rythme imposé ne nous laisse pas une minute de répit (pour ma part j’aurai justement aimé un peu plus de psychologie dans la confrontation Batman / Superman) et visuellement le résultat est irréprochable (décors soignés avec juste ce qu’il faut de noirceur pour coller au film, effets spéciaux maîtrisés sur le bout des doigts). A défaut d’être convaincant le film parvient tout de même à être divertissant.
Comme indiqué (plus ou moins) dans le titre ce film est une introduction à la création de la Ligue des Justiciers (le film Justice League est annoncé pour 2017), de fait on croise Wonder-Woman (« son » film dédié sortira un peu avant Justice League) qui révélera sa super-identité dans la dernière partie du film et l’on « découvre » l’existence de Flash, Aquaman et Cyborg (chacun aura le droit à « son » film entre 2018 et 2020). Des méta-humains appelés à rejoindre la Ligue.
Malgré un avis mitigé je serai au rendez-vous, mais avant ça j’attends beaucoup de Suicide Squad (sorti ciné dans les prochains jours) ; croisons les doigts et espérons que la surprise sera à la hauteur…
♥♥♥
[BOUQUINS] Frédéric Ernotte – C’est Dans La Boîte
Direction la Belgique pour la prochaine étape de mon périple « auto-édition et petits éditeurs » en compagnie de Frédéric Ernotte et son premier roman, C’Est Dans La Boîte.
Jeff Marnier est inspecteur à la Crim’ de Bruxelles. Sa brigade est tenue en échec par un tueur en série particulièrement retors. Pour se mettre au vert il va participer à la Ronde des Boîtes, un huis-clos réunissant huit inspecteurs d’horizons divers et variés. Chacun viendra avec une boîte à chaussures contenant cinq indices relatifs à une affaire criminelle, les autres devront deviner de quoi il retourne…
Pour son premier roman Frédéric Ernotte se lance donc dans le thriller, un pari risqué tant le choix est vaste et propose un échantillon de qualité (aussi bien concernant les auteurs que les romans). Un pari audacieux qui s’avérera payant au final tant l’auteur parviendra à bousculer nos certitudes au fil des pages, pour nous laisser sur le cul avec un revirement final qui devrait prendre même les plus aguerris des thrillers-addict par surprise !
C’est qu’il est malin le Fred, dès le début il va jouer avec l’innocent lecteur qui tombera dans les mailles de son filet. Ca commence comme une « banale » affaire de tueur en série, certes ledit tueur est particulièrement vicieux mais il faut plus que ça pour nous déstabiliser. Oh shit ! un deuxième tueur en série apparait alors que le premier n’est toujours pas identifié. Oh fucking shit ! v’là notre inspecteur qui file se mettre au vert en laissant tout en plan… OK, il va falloir s’accrocher, on passe en mode hors piste !
On découvre alors les sept autres participants de cette fameuse ronde, quatre hommes et trois femmes. Au fil des pages des relations se tissent mais surtout on découvre les fameuses « affaires » qu’ils proposent à leur auditoire. Une approche certes originale est très sympathique à lire mais est-on encore vraiment dans le thriller ? Et bin oui, la partie ne fait que commencer, l’auteur a encore de nombreux atouts en sa possession. Belote, rebelote et dix de der !
Non seulement l’auteur s’offre le luxe de maîtriser à la perfection son intrigue et donc de mener ses lecteurs par le bout du nez mais en plus il y met les formes ! Le style permet en effet unne grand fluidité de lecture, et l’on retrouve çà et là quelques touches d’humour (noir) bienvenues.
Avec ce premier roman Frédéric Ernotte place la barre haut, très haut même, nul doute que les lecteurs attendront de pied ferme le prochain. Et ça tombe plutôt bien puisqu’il devrait justement sortir courant août sous le titre Ne Sautez Pas ; et comment que je lui sauterai dessus !
MON VERDICT


500 billets, ça se fête avec Collectif Polar…
A l’occasion de son cinq centième post, Geneviève, du blog Collectif Polar invite ses lecteurs à participer à un jeu concours. Toutes les règles sont expliquées ici.
C’est donc hors concours que je me prête au jeu… juste pour le plaisir.
1) Peux-tu te présenter aux lecteurs de ce blog ?
Salut, moi c’est Fred, 48 ans, exilé volontaire en Nouvelle-Calédonie depuis fort fort fort longtemps et pas franchement motivé pour revenir en Métropole (de moins en moins à vrai dire).
Blogueur amateur qui ne se prend pas du tout au sérieux depuis 2005, mais lisible via WordPress « seulement » depuis juin 2009.
Lecteur compulsif depuis toujours, consommateur compulsif aussi. Ma PàL ne cesse de grossir, je sais que je n’aurai sans doute jamais le temps de tout lire mais j’accumule, encore et encore…
Je touche un peu à tous les genres, un titre me fait de l’oeil, pour une raison ou pour une autre, je prends, je stocke… et éventuellement je lis.
2) Quel est ton rapport aux livres et à la lecture ?
C’est l’Amouuuur !!!
Je ne peux pas envisager une journée sans plonger le nez dans un roman. Que ce soit le temps d’un chapitre ou des heures durant, selon mes disponibilités.
Chez moi la lecture c’est pathologique, hautement addictif, il me faut ma dose sinon je passe en état de manque et je ne réponds plus de rien… Rassurez-vous ma PàL me protège de tout état de manque !
3) Quand lis-tu ? As-tu des petits rituels de lecture ?
Je lis dès que l’occasion se présente (cf question 2), n’importe où, n’importe quand.
Pas de rituel particulier, je préfère bien entendu être au calme mais une fois en mode lecture je m’enferme dans une bulle, me coupe quasiment du reste du monde.
4) Es-tu plutôt papier ou plutôt liseuse ?
Fut un temps, pas si lointain, j’aurai affirmé haut et fort que le numérique ne passerait pas par moi… puis le format epub est apparu et les liseuses ont suivi.
Aujourd’hui je suis un lecteur 100% numérique. De préférence sur liseuse mais à défaut je peux me contenter de l’écran du PC.
5) A quel point es-tu attaché(e) à tes bouquins ?
Le numérique a radicalement changé mon rapport au livre, dématérialisation oblige.
Je garde précieusement mes fichiers/livres en multipliant les supports de sauvegarde afin d’éviter toute perte accidentelle (liseuse, disques durs, clé USB, carte micro SD…).
Quand on a déménagé j’ai déstocké en masse ma bibliothèque papier. J’ai donné/vendu plus de 600 bouquins. Le reste (300 environ) est depuis stocké dans le cellier, il faut que je trouve le temps d’organiser un nouveau déstockage afin de ne conserver que les titres introuvables en numérique.
Il y a 5 ans je n’aurai jamais pu envisager de me séparer de ma bibliothèque sans avoir une énorme boule au ventre. Maintenant je le fais sans le moindre regret… et puis je me dis que ça fait plaisir aux bénéficiaires.
6) Peux-tu me présenter ta bibliothèque ? Comment est-elle classée … ? Une petite photo serait la bienvenue !
Ma bibliothèque ? Son petit nom c’est Kobo H2O, et voilà à quoi elle ressemble (bon OK sur la photo ce n’est pas vraiment la mienne mais c’est tout pareil).

Je reconnais volontiers que ça en jette moins qu’une bibliothèque papier mais celle-ci je peux l’emporter partout (ce que je fais d’ailleurs, elle est toujours à portée de main), qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige (à Nouméa c’est pas gagné pour voir la neige).
7) Quels sont tes romans et/ou tes auteurs préférés ?
J’ai découvert Le Trône de Fer de GRR Martin en 2012, ça a été le coup de foudre immédiat. 15 romans plus tard le charme ne s’est pas rompu. Maintenant reste à attendre la suite… et faut être patient… très patient… et croiser les doigts pour que l’auteur n’ait pas la mauvaise idée de casser sa pipe avant d’avoir mis la touche finale à sa saga.
Citer mes auteurs favoris est toujours un exercice périlleux, je sais d’ores et déjà que je vais en oublier…
En number one il y a incontestablement Stephen King (comme c’est original).
Ensuite on passe en mode tir en rafales : Tom Clancy, Jo Nesbo, Elizabeth George, John Grisham, Karin Slaughter, Michael Crichton…
Sans oublier une rafale francophone : Maxime Chattam, Jean-Christophe Grangé, Karine Giebel, Mallock, Olivier Norek, Gilles Legardinier…
8) As-tu une anecdote autour d’une lecture qui t’a troublé(e), gêné(e), ébranlé(e) ?
J’assume pleinement toutes mes lectures.
Si un bouquin m’a ébranlé (ne surtout pas oublier le é sinon je vais vraiment passer pour un psychopathe) c’est Holocauste de Gerald Green. Lu quand j’étais ado, ça fait bizarre de réaliser que la réalité dépasse la fiction dans l’horreur et la connerie.
Troublé ? Aucun titre ne me vient à l’esprit… A part peut être les anciens numéros de Lui que j’empruntais à mon père (à l’insu de son plein gré) quand j’étais gamin. Ah bon, on vient de m’informer que ça ne compte pas quand on ne fait que regarder les images.
Gêné ? Certaines lectures scolaires obligatoires ne m’ont procuré aucun plaisir, comme il parait que « où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir » alors je refile la palme au Petit Chose d’Alphonse Daudet. J’ai essayé de le relire des années après, rien à faire, ça ne passe pas.
9) Et le polar dans tout ça ?
Le polar occupe une place de premier choix dans mes lectures. C’est mon genre de prédilection et je le consomme volontiers à toutes les sauces.
Un genre qui permet de jouer avec ses règles afin de surprendre encore et toujours le lecteur. Même une intrigue d’apparence classique peut nous réserver bien des surprises.
10) Quelle question voudriez-vous me poser ?
Pas une, neuf. Les mêmes que celles que tu nous poses…
[BOUQUINS] Jean-Baptiste Veber – Ragots De Lapins
Nouvelle lecture/chronique à la demande de l’auteur, Jean-Baptiste Veber qui m’a envoyé son roman Ragots De Lapins.
Albert Lapins a été mortellement poignardé devant chez lui. Son épouse est arrêtée pour le meurtre. Ses enfants sont expédiés à l’Assistance Publique. Qui était Albert Lapins ? Victime innocente ou indécrottable flambeur pris à son propre jeu ? Pourquoi a-t-il été tué ? Et par qui ?
Pour répondre à ces questions nous allons nous pencher sur les témoignages des personnes qui gravitaient, de près ou de loin, autour d’Albert Lapins, témoignages qui dressent des portraits de l’individu des plus contradictoires… On passe du tout noir au tout blanc sans transition ! Heureusement pour nous aider à y voir plus clair dans cet écheveau nous avons aussi la confession de la victime… mais est-elle totalement fiable dans ses propos ? Le résultat est plutôt original, un polar qui n’en est pas vraiment un, un polar social en quelque sorte. Un exercice de style pas évident, il s’agit en effet de donner à chaque témoin une personnalité distincte, à ce titre l’auteur tire plutôt bien son épingle du jeu.
Pour ma part je me suis laissé mener à la baguette par l’auteur plutôt que de chercher à démêler le vrai du faux, il faudra d’ailleurs attendre les derniers chapitres pour avoir le fin mot de l’histoire. Toutes les réponses arriveront dans les dernières pages. Pour être tout à fait franc j’avais deviné (ou plutôt supposé) la fin quelques pages avant qu’elle ne nous soit révélée.
Au niveau de l’intrigue à proprement parler j’ai trouvé l’ensemble plutôt convaincant, toutefois il y a un point précis sur lequel j’ai tiqué. Mais je n’en dirai pas plus ici afin de laisser entier le plaisir des révélations des dessous du cas Albert Lapins..
Une lecture qui me sort des sentiers battus, intéressante malgré quelques lourdeurs de style ; ça n’engage que moi mais je ne suis pas franchement adepte des phrases trop alambiquées, je préfère quand ça reste « naturel ». Merci à Jean-Baptiste Veber pour cette belle découverte.
MON VERDICT

[BOUQUINS] Céline Barré – Péril Au Fournil !
Nouvelle chronique dédiée à un(e) auteur(e) indépendant(e) mais cette fois je suis en terrain connu puisqu’il s’agit du second roman de Céline Barré (après Quel Pétrin !) mais surtout que l’on retrouve, Jocelyne, notre boulangère apprentie révolutionnaire de Tresvilles et son entourage pour le moins animé. Direction le Cotentin (mais pas que) pour ce second opus intitulé Péril Au Fournil !.
Jocelyne ne digère pas la décision du président Ollanzi visant à fusionner les communes de Tresvilles et Grogneul. La boulangère espère mobiliser un maximum de monde afin d’organiser une grande manifestation à Paris, et pourquoi pas renverser Ollanzi ? Son arme ultime pour y parvenir : les réseaux sociaux…
Le hasard de ma PàL a voulu que j’entame ce roman le 14 juillet, soit 24 heures avant que la barbarie et la connerie ne s’abattent sur Nice (84 morts et plus de 200 blessés) et 36 heures avant la tentative de putsch militaire en Turquie et sa répression toute aussi violente (265 morts et pas loin de 1500 blessés). Autant dire que le moment était bien choisi pour une touche de légèreté et une bonne dose de feel good ! Ayant lu et apprécié Quel Pétrin ! je savais que le roman de Céline Barré me ferait oublier pour un temps l’actualité du moment.
Bien que ce second opus puisse être lu indépendamment de son aîné, je vous recommande vivement de commencer par Quel Pétrin ! afin de découvrir de façon plus approfondie les personnages et les événements survenus précédemment. Si toutefois vous passez outre, vous ne serez aucunement largué en prenant le train en route, l’auteure rappelle régulièrement les éléments permettant d’intégrer le récit dans son contexte.
Péril Au Fournil ! gagne en densité (on passe de 184 à 304 pages) ça permet à Céline de pouvoir se concentrer davantage sur les personnages secondaires et de développer autour de chacun une histoire plutôt que de se concentrer exclusivement sur Jocelyne. Et sur ce point le moins que l’on puisse dire c’est que nous serons servis. Bien entendu vous pourrez aussi compter sur de nouvelles rencontres, dont certaines joueront un rôle essentiel pour la suite des événements.
Vous connaissez certainement l’avertissement « Toute ressemblance avec des personnes réelles…« , il est bien entendu de rigueur ici, surtout concernant Ollanzi et sa clique ; il serait en effet tentant de faire le rapprochement avec certains de nos dirigeants. Je pense bien entendu à Ollanzi, même s’il est quand même un cran au dessus de notre Flan national niveau incompétence crasse ; mais celle qui m’aura le plus fait sourire reste la ministre de l’Education Nationale, issue des minorités, choisie pour ses formes plus que pour ses compétences et jamais en manque d’inspiration pour proposer des réformes absurdes… NVB si tu me lis, je ne m’excuse pas !
De nouveau l’auteure joue avec plusieurs leviers de l’humour avec brio, je savais que la sauce prendrait, je n’ai pas été déçu, sourires et rires ont bien été au rendez-vous tout au long de ma lecture. Mission accomplie pour l’apport de bonne humeur. Mais ne vous laissez pas berner par cette apparente légèreté, l’humour peut aussi être un bon moyen d’amener le lecteur un tantinet curieux à approfondir certains thèmes abordés.
Ne comptez pas sur moi pour vous livrer l’issue du duel opposant la boulangère au président. Ce que je peux vous dire en tout cas c’est que la situation de nombreux personnages prendra un virage à 180°. Pour le meilleur… ou pour le pire.
