500 billets, ça se fête avec Collectif Polar…

500jeu

A l’occasion de son cinq centième post, Geneviève, du blog Collectif Polar invite ses lecteurs à participer à un jeu concours. Toutes les règles sont expliquées ici.
C’est donc hors concours que je me prête au jeu… juste pour le plaisir.

1) Peux-tu te présenter aux lecteurs de ce blog ?

Salut, moi c’est Fred, 48 ans, exilé volontaire en Nouvelle-Calédonie depuis fort fort fort longtemps et pas franchement motivé pour revenir en Métropole (de moins en moins à vrai dire).
Blogueur amateur qui ne se prend pas du tout au sérieux depuis 2005, mais lisible via WordPress « seulement » depuis juin 2009.
Lecteur compulsif depuis toujours, consommateur compulsif aussi. Ma PàL ne cesse de grossir, je sais que je n’aurai sans doute jamais le temps de tout lire mais j’accumule, encore et encore…
Je touche un peu à tous les genres, un titre me fait de l’oeil, pour une raison ou pour une autre, je prends, je stocke… et éventuellement je lis.

2) Quel est ton rapport aux livres et à la lecture ?

C’est l’Amouuuur !!!
Je ne peux pas envisager une journée sans plonger le nez dans un roman. Que ce soit le temps d’un chapitre ou des heures durant, selon mes disponibilités.
Chez moi la lecture c’est pathologique, hautement addictif, il me faut ma dose sinon je passe en état de manque et je ne réponds plus de rien… Rassurez-vous ma PàL me protège de tout état de manque !

3) Quand lis-tu ? As-tu des petits rituels de lecture ?

Je lis dès que l’occasion se présente (cf question 2), n’importe où, n’importe quand.
Pas de rituel particulier, je préfère bien entendu être au calme mais une fois en mode lecture je m’enferme dans une bulle, me coupe quasiment du reste du monde.

4) Es-tu plutôt papier ou plutôt liseuse ?

Fut un temps, pas si lointain, j’aurai affirmé haut et fort que le numérique ne passerait pas par moi… puis le format epub est apparu et les liseuses ont suivi.
Aujourd’hui je suis un lecteur 100% numérique. De préférence sur liseuse mais à défaut je peux me contenter de l’écran du PC.

5) A quel point es-tu attaché(e) à tes bouquins ?

Le numérique a radicalement changé mon rapport au livre, dématérialisation oblige.
Je garde précieusement mes fichiers/livres en multipliant les supports de sauvegarde afin d’éviter toute perte accidentelle (liseuse, disques durs, clé USB, carte micro SD…).

Quand on a déménagé j’ai déstocké en masse ma bibliothèque papier. J’ai donné/vendu plus de 600 bouquins. Le reste (300 environ) est depuis stocké dans le cellier, il faut que je trouve le temps d’organiser un nouveau déstockage afin de ne conserver que les titres introuvables en numérique.
Il y a 5 ans je n’aurai jamais pu envisager de me séparer de ma bibliothèque sans avoir une énorme boule au ventre. Maintenant je le fais sans le moindre regret… et puis je me dis que ça fait plaisir aux bénéficiaires.

6) Peux-tu me présenter ta bibliothèque ? Comment est-elle classée … ? Une petite photo serait la bienvenue !

Ma bibliothèque ? Son petit nom c’est Kobo H2O, et voilà à quoi elle ressemble (bon OK sur la photo ce n’est pas vraiment la mienne mais c’est tout pareil).

kobh2o
Je reconnais volontiers que ça en jette moins qu’une bibliothèque papier mais celle-ci je peux l’emporter partout (ce que je fais d’ailleurs, elle est toujours à portée de main), qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige (à Nouméa c’est pas gagné pour voir la neige).

7) Quels sont tes romans et/ou tes auteurs préférés ?

J’ai découvert Le Trône de Fer de GRR Martin en 2012, ça a été le coup de foudre immédiat. 15 romans plus tard le charme ne s’est pas rompu. Maintenant reste à attendre la suite… et faut être patient… très patient… et croiser les doigts pour que l’auteur n’ait pas la mauvaise idée de casser sa pipe avant d’avoir mis la touche finale à sa saga.

Citer mes auteurs favoris est toujours un exercice périlleux, je sais d’ores et déjà que je vais en oublier…
En number one il y a incontestablement Stephen King (comme c’est original).
Ensuite on passe en mode tir en rafales : Tom Clancy, Jo Nesbo, Elizabeth George, John Grisham, Karin Slaughter, Michael Crichton…
Sans oublier une rafale francophone : Maxime Chattam, Jean-Christophe Grangé, Karine Giebel, Mallock, Olivier Norek, Gilles Legardinier…

8) As-tu une anecdote autour d’une lecture qui t’a troublé(e), gêné(e), ébranlé(e) ?

J’assume pleinement toutes mes lectures.

Si un bouquin m’a ébranlé (ne surtout pas oublier le é sinon je vais vraiment passer pour un psychopathe) c’est Holocauste de Gerald Green. Lu quand j’étais ado, ça fait bizarre de réaliser que la réalité dépasse la fiction dans l’horreur et la connerie.

Troublé ? Aucun titre ne me vient à l’esprit… A part peut être les anciens numéros de Lui que j’empruntais à mon père (à l’insu de son plein gré) quand j’étais gamin. Ah bon, on vient de m’informer que ça ne compte pas quand on ne fait que regarder les images.

Gêné ? Certaines lectures scolaires obligatoires ne m’ont procuré aucun plaisir, comme il parait que « où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir » alors je refile la palme au Petit Chose d’Alphonse Daudet. J’ai essayé de le relire des années après, rien à faire, ça ne passe pas.

9) Et le polar dans tout ça ?

Le polar occupe une place de premier choix dans mes lectures. C’est mon genre de prédilection et je le consomme volontiers à toutes les sauces.
Un genre qui permet de jouer avec ses règles afin de surprendre encore et toujours le lecteur. Même une intrigue d’apparence classique peut nous réserver bien des surprises.

10) Quelle question voudriez-vous me poser ?

Pas une, neuf. Les mêmes que celles que tu nous poses…

[BOUQUINS] Jean-Baptiste Veber – Ragots De Lapins

JB Veber - Rabots de LapinsNouvelle lecture/chronique à la demande de l’auteur, Jean-Baptiste Veber qui m’a envoyé son roman Ragots De Lapins.
Albert Lapins a été mortellement poignardé devant chez lui. Son épouse est arrêtée pour le meurtre. Ses enfants sont expédiés à l’Assistance Publique. Qui était Albert Lapins ? Victime innocente ou indécrottable flambeur pris à son propre jeu ? Pourquoi a-t-il été tué ? Et par qui ?
Pour répondre à ces questions nous allons nous pencher sur les témoignages des personnes qui gravitaient, de près ou de loin, autour d’Albert Lapins, témoignages qui dressent des portraits de l’individu des plus contradictoires… On passe du tout noir au tout blanc sans transition ! Heureusement pour nous aider à y voir plus clair dans cet écheveau nous avons aussi la confession de la victime… mais est-elle totalement fiable dans ses propos ? Le résultat est plutôt original, un polar qui n’en est pas vraiment un, un polar social en quelque sorte. Un exercice de style pas évident, il s’agit en effet de donner à chaque témoin une personnalité distincte, à ce titre l’auteur tire plutôt bien son épingle du jeu.
Pour ma part je me suis laissé mener à la baguette par l’auteur plutôt que de chercher à démêler le vrai du faux, il faudra d’ailleurs attendre les derniers chapitres pour avoir le fin mot de l’histoire. Toutes les réponses arriveront dans les dernières pages. Pour être tout à fait franc j’avais deviné (ou plutôt supposé) la fin quelques pages avant qu’elle ne nous soit révélée.
Au niveau de l’intrigue à proprement parler j’ai trouvé l’ensemble plutôt convaincant, toutefois il y a un point précis sur lequel j’ai tiqué. Mais je n’en dirai pas plus ici afin de laisser entier le plaisir des révélations des dessous du cas Albert Lapins..
Une lecture qui me sort des sentiers battus, intéressante malgré quelques lourdeurs de style ; ça n’engage que moi mais je ne suis pas franchement adepte des phrases trop alambiquées, je préfère quand ça reste « naturel ». Merci à Jean-Baptiste Veber pour cette belle découverte.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Céline Barré – Péril Au Fournil !

C. Barré - Péril au FournilNouvelle chronique dédiée à un(e) auteur(e) indépendant(e) mais cette fois je suis en terrain connu puisqu’il s’agit du second roman de Céline Barré (après Quel Pétrin !) mais surtout que l’on retrouve, Jocelyne, notre boulangère apprentie révolutionnaire de Tresvilles et son entourage pour le moins animé. Direction le Cotentin (mais pas que) pour ce second opus intitulé Péril Au Fournil !.
Jocelyne ne digère pas la décision du président Ollanzi visant à fusionner les communes de Tresvilles et Grogneul. La boulangère espère mobiliser un maximum de monde afin d’organiser une grande manifestation à Paris, et pourquoi pas renverser Ollanzi ? Son arme ultime pour y parvenir : les réseaux sociaux…
Le hasard de ma PàL a voulu que j’entame ce roman le 14 juillet, soit 24 heures avant que la barbarie et la connerie ne s’abattent sur Nice (84 morts et plus de 200 blessés) et 36 heures avant la tentative de putsch militaire en Turquie et sa répression toute aussi violente (265 morts et pas loin de 1500 blessés). Autant dire que le moment était bien choisi pour une touche de légèreté et une bonne dose de feel good ! Ayant lu et apprécié Quel Pétrin ! je savais que le roman de Céline Barré me ferait oublier pour un temps l’actualité du moment.
Bien que ce second opus puisse être lu indépendamment de son aîné, je vous recommande vivement de commencer par Quel Pétrin ! afin de découvrir de façon plus approfondie les personnages et les événements survenus précédemment. Si toutefois vous passez outre, vous ne serez aucunement largué en prenant le train en route, l’auteure rappelle régulièrement les éléments permettant d’intégrer le récit dans son contexte.
Péril Au Fournil ! gagne en densité (on passe de 184 à 304 pages) ça permet à Céline de pouvoir se concentrer davantage sur les personnages secondaires et de développer autour de chacun une histoire plutôt que de se concentrer exclusivement sur Jocelyne. Et sur ce point le moins que l’on puisse dire c’est que nous serons servis. Bien entendu vous pourrez aussi compter sur de nouvelles rencontres, dont certaines joueront un rôle essentiel pour la suite des événements.
Vous connaissez certainement l’avertissement « Toute ressemblance avec des personnes réelles…« , il est bien entendu de rigueur ici, surtout concernant Ollanzi et sa clique ; il serait en effet tentant de faire le rapprochement avec certains de nos dirigeants. Je pense bien entendu à Ollanzi, même s’il est quand même un cran au dessus de notre Flan national niveau incompétence crasse ; mais celle qui m’aura le plus fait sourire reste la ministre de l’Education Nationale, issue des minorités, choisie pour ses formes plus que pour ses compétences et jamais en manque d’inspiration pour proposer des réformes absurdes… NVB si tu me lis, je ne m’excuse pas !
De nouveau l’auteure joue avec plusieurs leviers de l’humour avec brio, je savais que la sauce prendrait, je n’ai pas été déçu, sourires et rires ont bien été au rendez-vous tout au long de ma lecture. Mission accomplie pour l’apport de bonne humeur. Mais ne vous laissez pas berner par cette apparente légèreté, l’humour peut aussi être un bon moyen d’amener le lecteur un tantinet curieux à approfondir certains thèmes abordés.
Ne comptez pas sur moi pour vous livrer l’issue du duel opposant la boulangère au président. Ce que je peux vous dire en tout cas c’est que la situation de nombreux personnages prendra un virage à 180°. Pour le meilleur… ou pour le pire.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Frédéric Clémentz – Le Serment Du Passeur

F. Clémentz - Le Serment du PasseurUne lecture à la demande de son auteur, Frédéric Clémentz, que je remercie pour sa grande patience (j’ai son roman dans les bacs depuis le mois de mai) et sa confiance. Pour son premier roman il se lance dans le thriller psychologique avec Le Serment Du Passeur.
A l’âge de 15 ans Antoine Dévraille est traumatisé par une violente agression dont il est la victime. Sa vie ne sera plus jamais la même. Dix neuf ans plus tard Antoine écrit une lettre à son agresseur mais il va apprendre une nouvelle qui va bouleverser ses plans… et sa destinée.
La première chose qui frappe dans ce roman est son écriture, un style qui vous prend direct au coeur, à l’âme et aux tripes. Une plume trempée dans du vitriol, sans concession mais aussi riche et imagée. Un vrai bonheur pour les yeux. Une phrase d’Antoine pourrait s’adresser directement à son créateur, Frédéric : « Tu voulais que cette chose qui gueulait en toi fasse sa vie sans artifices ni souci du beau. Tu voulais de la matière brute, noble. Tu voulais du sauvage, du vivant. Des mots avec encore de la terre dessus. Des mots pas lavés, pas préparés. Des mots pas éduqués. Libres. »
Quant à moi Frédéric je souhaite que la fin de cette citation s’applique au présent Serment : « Rappelle-toi comme les gens se foutaient de toi quand tu leur disais ça. Et rappelle-toi comme ils te couraient tous après quand tu as été publié. »
Le récit nous place directement dans la peau et l’esprit d’Antoine Drévaille, le moins que l’on puisse c’est que sa vie n’a pas été un long fleuve tranquille. On ne ressort pas indemne d’une telle immersion psychologique. Dérouté, troublé… certes, mais aussi charmé ! Sous le charme de l’intrigue malgré (ou grâce à) une noirceur absolue, mais aussi, je le répète et ne me lasserai de le dire encore et encore, de cette plume d’une redoutable efficacité.
Alors, noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir ? Si je laisse (encore une fois) la parole à Antoine, la réponse ne laisse aucune place au doute : « Finalement, il avait peut-être raison mon éditeur et ami : le genre humain, ce n’est que du sang et des larmes. Et Simon rajoutait toujours en soupirant : « Du sang, des larmes… et de la merde. » Là-dessus, invariablement et sur un ton à se coltiner deux cents jours de brouillard d’affilée au fin fond de la Bretagne, il balançait cette hilarante citation du philosophe roumain Emil Cioran : « L’homme va disparaître, c’était jusqu’à présent ma ferme conviction. Entre-temps j’ai changé d’avis : il doit disparaître. » »
Mais bon je ne voudrais que Frédéric me reproche d’avoir pondu une critique en lui piquant les répliques d’Antoine ; je vais donc y apporter une petite touche personnelle. Chers lecteurs et lectrices que ces quelques lignes auraient rebuté (même si telles n’étaient pas mon intention première) ayez foi en la sagesse populaire qui affirme que les apparences sont parfois trompeuses. Frédéric Clémentz n’est pas breton (nul n’est parfait) mais il doit faire de sacré bonnes crêpes ; en un peu plus de 200 pages il va offrir deux retournement de situation parfaitement maîtrisés et totalement inattendus. Que du bonheur !
Avec ce premier roman Frédéric Clémentz place la barre très très haut, je ne voudrai pas lui mettre la pression mais on va attendre le suivant avec impatience…

MON VERDICT
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N’allez surtout pas croire que je chronique les Fred en priorité, c’est une pure coïncidence si les auteurs F. Gynsterblom et F. Clémentz se suivent dans mes posts. Et faites gaffe, j’en ai encore un (F. Ernotte) en stock…

[BOUQUINS] Frédéric Gynsterblom – Nema

F. Gynsterblom - NemaMes prochaines lectures seront consacrées à des romans écrits par des contacts Facebook, que ce soit à leur demande ou de ma propre initiative. C’est Frédéric Gynsterblom qui ouvre le bal avec Nema, son dernier opus. Une lecture dont je suis le seul initiateur.
Marc Labaume est passionné de magie noire, son but ultime : percer les secrets de la magie du sang afin de parvenir à l’immortalité. Pour y parvenir il n’hésitera pas s’enfoncer toujours plus loin dans les rituels les plus obscurs. Il y trouvera des réponses, mais pas celles qu’il cherchait…
J’ai découvert cet auteur avec Help Me, et celui-ci m’avait déjà fait forte impression avec son habile mélange entre thriller et fantastique sur un fond très glauque. Inutile de préciser que, compte tenu de la toile de fond proposée par Nema, l’auteur peut aller encore plus loin. Et il y va ,sans peur et sans reproches !
L’intrigue intègre certaines bases bien réelles, qu’il s’agisse de références citées (j’ai, il y a fort fort fort longtemps, lu quelques essais de l’écrivain Jean-Paul Bourre ayant trait aux sciences occultes… par simple curiosité) ou par des ordres et organisations mentionnés dans le roman (les plus curieux pourront faire quelques recherches via Internet). Bref l’auteur ne s’est pas lancé tête baissée en donnant libre cours à son imagination, il y a eu un vrai travail de recherche autour de l’occultisme et du satanisme. Ceci dit Frédéric Gynsterblom a aussi une imagination débridée qui fera le régal du lecteur à la recherche de sensations fortes…
Bin oui autant vous le dire de suite ce roman n’est pas à mettre entre toutes les mains. Non seulement les thèmes qu’il aborde pourront rebuter les curieux les plus cartésiens, mais en plus l’intrigue est à la fois cash et trash. Âmes sensibles s’abstenir !
Contrairement à ce que l’on pourrait penser à la lecture des premiers chapitres, l’intrigue ne consiste pas uniquement à une descente de plus en plus loin dans l’horreur. D’une part il existe un vrai scénario, qui vous réservera quelques surprises de taille (perso il m’a laissé sur le cul plus d’une fois). D’autre part les personnages bénéficient d’un traitement soigné (dans leur personnalité pas forcément dans leur destinée) qui évite les clichés trop faciles du satanisme. Enfin l’auteur ne se complaît pas dans des descriptions outrancières, juste pour le plaisir de faire plus trash que trash, il y a ce qu’il faut où il faut.
J’ai retrouvé ce qui m’avait plu dans Help Me, notamment un style agréable à lire, sans fioriture mais soigné. Si Help Me aurait pu être plus étoffé sur certains aspects de l’intrigue, ici l’ensemble est très bien dosé, on referme le bouquin sans questions restées sans réponse. Pour tout vous dire je l’ai commencé ce matin et je ne l’ai plus lâché avant le clap de fin.
Ah si j’en ai une petite, pour la route : pourquoi Nema ? C’est pas que ça va m’empêcher de dormir mais je n’ai pas compris (en admettant qu’il y ait quelque chose à comprendre) ce titre.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Samuel Bjork – Je Voyage Seule

S. Bjork - Je Voyage SeuleDirection la Norvège pour l’ultime étape de mon challenge Coupe d’Europe des Livres, en compagnie de Samuel Bjork et son roman Je Voyage Seule.
Quand une fillette de six ans est trouvée pendue à un arbre avec autour du cou l’inscription « Je voyage seule » c’est tout le pays qui est en émoi. L’inspecteur Holger Munch décide de faire appelle à son ancienne partenaire, Mia Krüger afin qu’elle l’aide à résoudre l’enquête. Rapidement pour Mia il ne fait aucun doute que d’autres victimes suivront. Pour Holger et son équipe, une macabre course contre la montre s’engage…
Malgré le bandeau alléchant qui présente ce bouquin comme un « best-seller partout en Europe », il est plus que probable que je serai passé à côté sans lui accorder un regard. Auteur inconnu (et pour cause c’est le premier roman qu’il publie sous ce nom), une couv’ pas franchement évocatrice et un pitch plutôt classique. Pas de quoi m’appâter et moins encore me ferrer… Mais voilà ce titre m’ayant été chaudement recommandé par une lectrice exigeante adepte de thrillers, la donne a changé, ma curiosité a été titillée et mon intérêt éveillé…
D’entrée de jeu Samuel Bjork impose un duo de flics pour le moins atypique, Holger et Mia n’ont pas franchement le profil du héros façon inspecteur Harry. Lui obèse, fume comme un pompier. Elle, dépressive tendance suicidaire, se défonce avec un cocktail à base de médocs et d’alcool. On s’attache tout de suite à ces deux anti-héros.
Puis on découvre le reste de l’équipe de cette brigade. Le gratin de la police criminelle, des enquêteurs de terrain connus et reconnus pour leur efficacité. Et Gabriel, le petit nouveau, un hacker de génie qui accepte de bosser pour la police. Une équipe complémentaire et soudée. Pour une enquête qui s’annonce des plus complexe.
Complexe, l’intrigue l’est aussi par sa densité. On a parfois l’impression que ça part dans tous les sens, sans queue ni tête mais que nenni. L’auteur ne perd pas son fil, tout s’imbrique progressivement avec une redoutable efficacité et surtout sans jamais embrouiller le lecteur, ni l’enfumer pas des raccourcis trop faciles. Les neurones seront rapidement en surchauffe pour démêler le vrai du faux…
Dense mais aussi intense. Si au départ le rythme imposé est plutôt lent (normal il faut que les indices deviennent des pistes… bonnes ou mauvaises), au fur et à mesure que les éléments du puzzle s’imbrique l’intrigue s’accélère. Je peux vous assurer que la seconde moitié du roman vous mettra les nerfs en pelote (et je vous parle même pas des derniers chapitres).
Au final ce roman (et cet auteur) fut une belle découverte, nul doute que je n’attendrais pas aussi longtemps pour me plonger dans le prochain titre de Samuel Bjork, Le Hibou (pour le uniquement en avant-première France Loisirs).

MON VERDICT
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La finale de l’Euro 2016 ayant eu lieu ce matin (heure locale), c’est l’heure des comptes pour découvrir le bilan de mon challenge Coupe d’Europe des Livres : 7 buts (7 des 11 titres proposés ont été lus entre le coup d’envoi et le coup de sifflet final).

[BOUQUINS] Jacques Expert – Hortense

J. Expert - HortenseJacques Expert a le don de transformer un faits divers sordide en un roman captivant. C’est ce qu’il fait à nouveau dans son dernier roman, Hortense.
La vie de Sophie Delalande bascule en 1993, quand sa fillette de 2 ans, Hortense, est enlevée par son père qui avait quitté le domicile familial quand il a appris que Sophie était enceinte. Vingt deux ans plus tard, Sophie croise Emmanuelle, une jeune femme qui travaille comme serveuse. Elle a alors l’absolue certitude qu’il s’agit de Hortense, elle va alors apprendre à la connaître avant de lui révéler la vérité…
Les chapitres, entrecoupés par les dépositions des différents intervenants, nous placent dans la peau de Sophie, puis de « Hortense » (à partir du chapitre 21). Pourquoi les guillemets à Hortense ? Parce que justement c’est là toute la question, Emmanuelle est-elle vraiment Hortense ? Ou est-ce que Sophie est victime de son obsession ?
Difficile d’imaginer la douleur d’une mère confrontée au même drame que Sophie. Il n’en reste pas moins que plus d’une fois j’ai trouvé le personnage quelque peu troublant, voire même dérangeant. Il faut dire que tout le roman repose sur ces deux femmes, Sophie et Emmanuelle/Hortense, avec en toile de fond le père d’Emmanuelle. L’auteur nous offre une plongée vertigineuse dans la psychologie de ses personnages. Résultat une ambiance souvent oppressante avec beaucoup de questions et de doutes.
Avec peu d’action Jacques Expert crée une véritable tension qui va rapidement ferrer le lecteur pour ne plus le lâcher jusqu’au final. Et quel final ! Totalement inattendu dans le genre renversement de situation. J’ai été sur le cul, tout simplement. Et pourtant, au fil des dépositions on devine assez rapidement un dénouement dramatique, mais la surprise fait quand même l’effet d’une bombe.
C’est le quatrième roman de l’auteur que je lis, et comme à chaque fois je suis bluffé par sa maîtrise et son sens du récit. Les chapitres sont courts, percutants parfois, le bouquin devient rapidement hautement addictif (j’ai lu la seconde partie d’une traite tant j’avais besoin d’avoir des réponses). Jacques Expert confirme qu’il fait partie des incontournables pour moi, pas question de rater ses prochains titres (et éventuellement trouver le temps de lire les précédents).

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Didier Van Cauwelaert – Jules

D. Van Cauwelaert - JulesCa faisait déjà un long moment que Jules, le roman de Didier Van Cauwelaert, me faisait de l’oeil des tréfonds de mon Stock à Lire Numérique, mais à chaque fois j’ai reporté à plus tard, priorisant d’autres lectures. Comme tout vient à point à qui sait attendre parait-il, ce « plus tard » est enfin devenu maintenant.
Quatrième de couv’ : À trente ans, Alice recouvre la vue. Pour Jules, son chien guide, c’est une catastrophe. Et en plus on les sépare. Alors, il se raccroche à moi. En moins de vingt-quatre heures, ce labrador en déroute me fait perdre mon emploi, mon logement, tous mes repères. Il ne me reste plus qu’une obsession – la sienne : retrouver la jeune femme qui nous a brisé le cœur.
Jules fait partie de ces romans qui font du bien par où ils passent, c’est un véritable concentré de bonne humeur qui réchauffe le coeur et l’âme. Qui plus est pour moi ça tombe pile poil quand j’avais justement besoin de ça. Je me suis régalé en compagnie de Jules, un chien qui ne manque pas de ressources, ni de roublardise.
Les chapitres alternent entre les points de vue de Zibal et d’Alice avec bien entendu l’omniprésence du labrador (même quand il n’est pas physiquement présent, il reste au coeur du récit). Deux personnages attachants même si de prime abord j’ai eu un peu de mal à trouver Alice sympathique, je l’ai trouvé quelque peu hautaine avant de réaliser que le rempart qu’elle dresse autour d’elle était sa façon de se protéger. Un récit plein de légèreté certes, mais aussi profondément humain, qui se lit quasiment d’une traite (288 pages dans sa version papier), un sourire béat aux lèvres.
Pour le suspense on repassera, on se doute bien vite de ce qu’il va advenir de Zibal et Alice, la romance tendance fleur bleue est de toutes façon accessoire dans ce bouquin ; sous cette apparente légèreté l’auteur rend un brillant hommage aux chiens guides d’aveugle. Du coup on pardonne tout à Jules, même la totale improbabilité de certaines de ses réactions. On s’en fout, on est là pour faire le plein de bonne humeur et à ce titre le contrat est rempli.
Au risque d’enfoncer des portes ouvertes je tiens à signaler que c’est bien Jules le véritable héros de cette histoire, sans lui le bouquin ne vaudrait pas tripette. Grâce à lui ce qui pourrait n’être qu’une comédie romantique un peu mièvre gagne en profondeur (et en bonne humeur). Au final j’ai trouvé en ce bouquin un agréable divertissement ; entre deux thrillers ça fait parfois du bien de faire un break plus léger.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Ellen Urbani – Landfall

E. Urbani - LandfallIl aura fallu un Book Club pour qu’enfin je me décide à extraire ce Landfall des tréfonds de mon Stock à Lire Numérique. Et pourtant ça faisait quelque temps déjà que le roman d’Ellen Urbani avait rejoint ledit stock, mais je reviendrai plus tard sur le sujet.
Un matin de septembre 2005, Rose fait route vers La Nouvelle-Orléans avec sa mère, Gertrude. Elles vont porter secours aux sinistrés de Katrina. Mais sur la route, leur voiture quitte la chaussée et percute une jeune fille. Cette inconnue, tuée sur le coup, seule et sans le moindre papier d’identité, ne tarde pas à obséder Rose, unique rescapée après l’accident…
De Gallmeister je connais surtout les bouquins de type nature writing mais je n’ai aucun a priori contre l’éditeur, d’autant je n’ai jamais été déçu par les titres que j’ai lu. Et pourtant je n’aurai de prime abord pas accordé un regard à Landfall. Un titre abstrait voire abscons, une auteure dont je n’avais jamais entendu parler et surtout une couv’ qui tire sur le rose fuchsia. De quoi mettre tous mes signaux d’alarme en alerte maximale !
Mais alors comment a-t-il atterri dans mon Stock à Lire Numérique me demanderez-vous ? Ca a commencé par un billet élogieux d’une fée nommée Stelphique, créature bloguesque je suis depuis déjà un moment avec plaisir. Puis il y a eu le coup de coeur d’une certaine Belette Cannibale dont je suis un fidèle suiveur. Enfin le roman a été l’heureux élu du Book Club de juin 2016 (je n’en dirai pas plus, vous connaissez la règle n°1 : on ne parle du Fight Club). Et voilà comment j’en suis arrivé à le lire.
Alors, heureux ? Et comment ! Totalement sous le charme de ce bouquin. C’est la deuxième fois ce mois-ci (après Les Maraudeurs) que je m’aventure dans l’après Katrina et à chaque fois j’en sors complètement boulversifié ! Un roman plein d’humanité qui parvient à éviter tout sentimentalisme mièvre pour nous prendre aux tripes et au coeur ; à ce titre l’écriture est d’une incroyable justesse.
J’avoue sans complexe que dans les premières pages j’ai été plutôt sceptique, ne comprenant pas vraiment où l’auteure voulait nous emmener. Mais rapidement on se prend au jeu, on est sous le charme de ses deux jeunes filles finalement pas si différentes que ça (si ce n’est que l’une est morte alors que l’autre respire la santé… on va pas pinailler pour un détail aussi insignifiant).
Au fil des chapitres on alterne entre Rose et Rosy (la jeune victime). On découvre peu à peu leur parcours réciproque au sein de deux univers diamétralement opposés. Deux jeunes filles qui partagent comme point commun le fait d’avoir été élevées par des mères célibataires, de fait on partage aussi les relations mères-filles unissant Rose/Gertrude et Rosy/Cilla. Quatre personnages haut en couleurs et deux relations différentes.
Tout n’a pas été rose pour Rosy, avant, pendant et après Katrina, elle a dû, avec puis sans Cilla, traverser des heures sombres, puis l’enfer. Difficile de rester de marbre face au courage et à la détermination dont elle fait preuve, on lui pardonnera aisément d’avoir envie baisser les bras dans les moments les plus difficiles. Il faut dire aussi que la description des conditions de survie au coeur et après l’ouragan sont d’un réalisme glaçant, pas surprenant venant d’une auteure ayant une spécialisation dans les traumatismes liés à la survie (en plus de deux années au sein des Peace Corps).

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Michèle Rowe – Les Enfants Du Cap

M. Rowe - Les enfants du CapDirection l’Afrique du Sud pour la prochaine étape de ma Coupe d’Europe des Livres ; avec Les Enfants Du Cap Michèle Rowe signe son premier roman et opte pour un thriller ancré dans la sombre réalité de l’omniprésence de l’insécurité et de la violence dans les grandes métropoles sud africaines.
Alors qu’elle promène son chien, la psychologue et ex criminologue Marge Labuschagne découvre un cadavre, le crâne fracassé. C’est le sergent Persy Jonas, une jeune flic métisse qui ne demande qu’à faire ses preuves, qui est dépêchée sur les lieux. Entre les deux femmes, que tout oppose, la tension est palpable. Et pourtant elles vont devoir unir leurs efforts pour résoudre cette affaire…
Je ne sais pas si l’Afrique du Sud vous fait rêver mais pour ma part c’est un des rares pays du continent africain qu’il me plairait de visiter. Quoique, après avoir lu le roman de Michèle Rowe, mes élans touristiques ont été quelque peu douchés. On y découvre un pays qui peine à panser les cicatrices laissées par des années d’apartheid, un pays où la fracture sociale (et ethnique) semble impossible à réduire. Résultat des courses la délinquance y trouve un terrain propice à son expansion, violences en tout genre, trafics de drogues… Mais aussi corruption à tous les niveaux, expansionnisme immobilier au détriment de l’environnement. Bref pas vraiment un décor de carte postale.
Mais le récit et l’intrigue sont surtout portés par le duo Persy / Marge. Persy, jeune inspectrice qui doit encore faire ses preuves, métisse issue des township, elle galère pour joindre les deux bouts. Marge, psychologue (et criminologue) reconnue, la cinquantaine, une femme blanche qui vit dans les quartiers chics du Cap. Le jour et la nuit. Et pourtant toutes les deux ont bien plus en commun qu’il n’y paraît, à commencer par leur solitude et leur asociabilité chronique, mais aussi et surtout un passé douloureux refoulé (Marge) ou oublié (Persy). On comprend bien avant qu’elles ne le découvrent que ce passé est justement ce qui va les réunir.
Le bouquin nous plonge aussi au coeur d’un commissariat de quartier. Une cahute dans la quelle un effectif réduit s’efforce de faire leur boulot au mieux malgré les moyens de misère mis à leur disposition. Pas étonnant que certains se laissent tenter par l’appât de la corruption et son argent facile (ce qui ne rend pas pour autant le personnage plus sympathique, ça demeure une pourriture finie). Pas étonnant non plus que face à un tel manque de moyens, la racaille s’en donne à coeur joie.
Pour un premier roman, Michèle Rowe tire bien son épingle du jeu avec une intrigue rondement menée et rapidement addictive (et quelques surprises à la clé) et une belle galerie de personnages bien travaillés. En refermant ce bouquin je n’ai pu m’empêcher de penser que j’aimerai bien retrouver le duo Marge/Persy dans de nouvelles enquêtes ; vérification faite sur le site de l’auteure, un second roman est d’ores et déjà disponible en VO, reste à espérer que Albin Michel se penchera sérieusement sur la question.

MON VERDICT
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