[BOUQUINS] Niko Tackian – Solitudes

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N. Tackian - Solitudes

Titre : Solitudes
Auteur : Niko Tackian
Éditeur : Editions de l’Epée
Parution : 2021
Origine : France
252 pages

De quoi ça cause ?

Élie Martins est garde nature dans le massif du Vercors. Il y a douze ans, une blessure par balle l’a laissé totalement amnésique. Depuis, il s’est reconstruit une vie dans cette région aux hivers impitoyables.

Alors qu’une tempête de neige s’abat sur le Vercors, des traces étranges mènent Élie jusqu’à l’« arbre taillé », un pin gigantesque dressé comme un phare au milieu de l’immensité blanche. Une femme nue est pendue à ses branches.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que ça fait déjà quelques temps que j’ai envie de découvrir l’univers littéraire de Niko Tackian ; comme souvent dans ces cas-là je commence par la fin : avec le dernier roman en date de l’auteur.

Ma Chronique

Avec la chaleur qu’il fait en ce moment par chez nous, une escapade hivernale dans le Vercors offrait une cure de fraicheur bienvenue. Mais sous la plume de Niko Tackian, la balade ne sera pas un long fleuve tranquille mais plutôt une longue traque parsemée de cadavres dans un cadre naturel de toute beauté mais qui peut parfois se révéler inhospitalier, voire mortel.

C’est le premier roman de l’auteur que je lis, j’étais passé à de deux doigts de me laisser tenter par son précédent one-shot, Avalanche Hôtel, mais l’actualité des sorties littéraires l’a progressivement remisé dans les profondeurs de mon Stock à Lire Numérique. Curieusement les deux romans se déroulent en montagne et en hiver… mais les intrigues et les approches sont radicalement différentes.

La scène d’ouverture, qui décrit l’agression subie par Elie Martins douze ans plus tôt, nous plonge d’entrée de jeu dans le grand bain. On retrouve notre miraculé dans les hauteurs du Vercors alors qu’il remonte les traces d’un loup et s’apprête à faire une macabre découverte qui semble reliée à sa propre histoire.

J’ai été frappé par la profondeur que Niko Tackian donne à ses personnages, tous ont un vécu personnel qui conditionne leur comportement et leurs actes du moment. Même si de prime abord tout oppose les personnages d’Elie Martins (le guide de haute montagne) et de Nina Mellinsky (la lieutenante de police chargée de l’enquête), ils sont deux loups solitaires (par choix ou par la force des choses) marqués par un passé douloureux et en quête de rédemption (qu’il s’agisse de se reconstruire une nouvelle vie pour Elie, ou de se plonger cœur et âme dans le travail pour oublier le reste pour Nina).

Les personnages secondaires bénéficient du même soin, j’ai particulièrement apprécié Réda Bensaïd, surnommé affectueusement Chef Réda, pour son parcours hors du commun qui lui a permis de saisir la chance de vivre une autre vie que celle qui lui semblait toute tracée. Une vie dans laquelle il s’épanouit pleinement en totale communion avec son environnement.

Au niveau de l’intrigue aussi Niko Tackian s’avère un impitoyable maître de cérémonie, il nous balade et nous égare au fil de l’enquête, entre révélations et fausses pistes. Comme bon nombre de lecteurs de polars et thrillers, j’aime bien essayer de comprendre et résoudre l’énigme avant les enquêteurs du roman ; force est de reconnaître que je n’ai rien vu venir, quelques soupçons (non étayés de la moindre certitude) mais j’étais bien loin d’imaginer tous les tenants et aboutissants que l’auteur démêle dans les derniers chapitres.

Ce bouquin est une totale réussite qui me donne envie d’aller plus en avant dans l’exploration de l’univers littéraire de l’auteur ; reste à savoir si je m’en tiens à ma première intention en plongeant dans Avalanche Hôtel ou si je me lance dans sa trilogie autour de Tomar Khan, commandant à la Crim’ parisienne.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Laurent Malot – Que Dieu Lui Pardonne

AU MENU DU JOUR

L. Malot - Que Dieu lui pardonne

Titre : Que Dieu Lui Pardonne
Auteur : Laurent Malot
Éditeur : XO
Parution : 2021
Origine : France
240 pages

De quoi ça cause ?

Maya, 17 ans, s’est installée à Fécamp, loin de ses parents, pour prendre un nouveau départ et se reconstruire.

Dans l’appartement voisin du sien, quatre enfants, de six à douze ans, vivent sous la coupe d’un beau-père violent. Une situation qui renvoie Maya à son propre vécu et ne peut la laisser indifférente…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’étais curieux de voir comment Laurent Malot allait s’en sortir avec un sujet aussi fort que sensible.

Parce que toutes les occasions de pointer du doigt les ordures qui se défoulent sur leurs compagnes et/ou leurs gosses sont bonnes à saisir.

Ma Chronique

Je remercie les XO éditions et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Je connaissais Laurent Malot en tant qu’auteur de romans policiers (même si je n’ai pas encore eu l’occasion de le lire), j’étais curieux de découvrir par quel type d’approche l’auteur allait aborder une intrigue ayant pour thème central la maltraitance des enfants.

Si je partais légèrement sceptique, force est de reconnaître que l’auteur a réussi à balayer mes doutes dès les premières pages. Il faut dire qu’en optant pour un récit à la première personne qui nous place dans la peau de Maya, Laurent Malot fait un pari audacieux qu’il remporte haut la main.

Impossible pour le lecteur de rester insensible face à cette « gamine » contrainte de grandir trop vite du fait d’un père abusif. Une réalité qui va s’imposer à elle comme une obligation par la suite ; une réalité qu’elle ne cherchera jamais à fuir mais affrontera plutôt toujours avec un courage à toute épreuve.

Une adolescente qui va se battre contre les préjugés et l’indifférence pour offrir à ses jeunes voisins un semblant d’avenir et d’espoir fait de jours sans cris, sans coups et sans peur. Des jours meilleurs qui souderont le petit groupe malgré les aléas de la vie. Certains choix faits par Maya et les enfants peuvent paraître hautement improbable mais on a envie d’y croire.

Avec ce roman Laurent Malot ne dénonce pas les seules raclures qui cognent leurs gosses pour tout un tas de mauvaises raisons (même si ces pourritures arrivent à se persuader du contraire) ; il pointe aussi du doigt les témoins silencieux de ses drames du quotidien (voisins, amis et parfois même les autres membres de la famille), ceux et celles qui savent pertinemment ce qui se passe derrière la porte mais qui se taisent et se persuadent qu’ils se font peut être des idées et que de toutes façons ce ne sont pas leurs oignons.

Le(s) thème(s) abordé(s) sont graves mais l’auteur les attaque de front avec énormément de justesse, sans pathos ni sensiblerie sauce guimauve, ça donne au roman une réalité sans fard qui nous percute comme une claque dans la gueule. Pas de sentimentalisme excessif et pas de surenchère non plus, les faits parlent d’eux-mêmes, inutile d’en rajouter.

Un roman court mais d’une incroyable intensité et d’une redoutable efficacité. Le message passe haut et clair, en refermant le bouquin on a juste envie de remercier Laurent Malot… on aurait presque envie de croire que les choses peuvent changer (malgré les infos qui, trop souvent, viennent nous prouver le contraire). Un roman dévoré d’une traite même si, plus d’une fois, il m’a collé une putain de boule au ventre.

Si un quelconque Dieu (auquel je ne crois toujours pas) doit pardonner à quelqu’un, que ce soit à toutes les Maya du monde, celles qui trouvent le courage et la force de réagir face à leur bourreau. Les bourreaux en questions, ces lamentables crevures, ne méritent ni pitié, ni pardon, juste une punition à la hauteur de leurs crimes (et plus si affinités… et sur le coup j’ai vachement d’affinités)… une punition que la justice refuse encore trop souvent d’appliquer.

MON VERDICT
Coup de poing

[BOUQUINS] Isabelle Villain – À Pas De Loup

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I. Villan - A pas de loup
Titre : À Pas De Loup
Auteur : Isabelle Villain
Éditeur : Taurnada
Parution : 2021
Origine : France
256 pages

De quoi ça cause ?

Rosalie vit seule avec son fils, Martin, au sein d’une communauté écoresponsable et autonome qui a élu domicile dans un hameau isolé des Alpes de Haute-Provence. Une vie en totale harmonie avec l’environnement.

Un matin c’est le drame, Martin a disparu ! Refusant de céder à la panique, Rosalie soupçonne son ex-mari, Philippe, d’être à l’origine de cet « enlèvement » ; elle se persuade que la situation se réglera d’elle-même d’ici quelques jours.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Taurnada et que leur catalogue est riche en pépites.

Parce que j’ai beaucoup aimé les deux précédents romans d’Isabelle Villain, j’étais curieux de la découvrir dans un environnement nouveau (même si j’espère bien retrouver le groupe de Lost prochainement).

Ma Chronique

Je remercie les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour l’envoi de ce roman. J’aurais aimé pouvoir proposer une chronique en avant-première, mais ça n’a pas été possible du fait d’une actualité littéraire chargée et d’un emploi du temps personnel plutôt serré (préparation des fêtes de fin d’année oblige).

Je n’ai lu que les deux précédents romans d’Isabelle Villain (Mauvais Genre et Blessures Invisibles), qui étaient de très bons (et plus si affinités) polars dont les intrigues étaient menées par des personnages récurrents chers à l’auteure : le groupe de Lost (Rebecca de Lost étant à la tête du groupe d’enquêteurs de la Crim’).  J’étais donc curieux de découvrir l’auteure hors de sa zone de confort, curieux, mais confiant.

Avec ce roman Isabelle Villain s’essaye au thriller fortement teinté de noir (même si cela ne saute pas aux yeux de prime abord), et le résultat est à la hauteur de nos attentes (et espoirs), voire même bien au-delà de tout ce à quoi on pouvait s’attendre.

Incontestablement le coup de force du roman (et de l’auteure) et de retourner totalement son intrigue et ses lecteurs au bout de quelques chapitres.

Dès les premières pages le lecteur se forge une idée assez précise de qui est du bon côté de la barrière, et de qui est du mauvais côté… quelques sous-entendus bien passés par Isabelle Villain viennent renforcer notre ressenti. Quelques chapitres plus tard nos certitudes se fendillent avant que la donne ne s’inverse littéralement. Un joli tour de force parfaitement orchestré par l’auteure !

L’aspect policier de l’intrigue intervient plus tardivement dans le déroulé de l’intrigue. Dès la première scène de crime, le lecteur peut avoir des soupçons quant au(x) coupable(s), mais sans qu’aucune certitude factuelle ne vienne étayer lesdits soupçons. La seconde scène de crime vient balayer les derniers doutes que l’on pouvait avoir, pas de preuve concrète, mais une certitude absolue.

Isabelle Villain orchestre son intrigue d’une main de maître, rien n’est laissé au hasard, les faits s’enchaînent et s’emboîtent en une mécanique parfaitement rôdée. Une mécanique de plus en plus glaçante pour le lecteur qui plonge de plus en plus loin dans les méandres obscurs de la psyché humaine.

Bien entendu pour que la sauce prenne totalement il faut que les personnages soient traités avec la même efficacité (j’aurai presque envie d’ajouter, avec la même duplicité) ; là encore l’auteure réussit un sans-faute.

Si vous voulez savoir comment un le rêve d’une vie écoresponsable peut tourner au pire cauchemar sectaire ; je vous encourage vivement à lire ce roman.

Une fois de plus les éditions Taurnada accrochent une pépite à un catalogue déjà bien fourni, quant à Isabelle Villain, elle peut ajouter une étoile noire à son palmarès.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Ludovic Lancien – Les Oubliés De Dieu

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L. Lancien - Les oubliés de Dieu

Titre : Les Oubliés De Dieu
Auteur : Ludovic Lancien
Éditeur : Hugo
Parution : 2020
Origine : France
494 pages

De quoi ça cause ?

Un médecin généraliste est retrouvé mort à son cabinet ; le(s) meurtrier(s) se sont acharnés sur leur victime pour le massacrer et le mutiler.

Rapidement les policiers chargés de l’enquête découvrent que sous une respectabilité de façade, la victime cachait de sombres secrets. Des secrets qui pourraient bien les mener sur la piste du (ou des) coupable(s)… une piste jalonnée de cadavres.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Le pitch me semblait prometteur. Et ça faisait déjà un moment que l’envie de découvrir cet auteur me titillait.

J’ai laissé passer le coche avec son premier roman, Le Singe D’Harlow, qui a rapidement rejoint mon Stock à Lire Numérique… avant de s’y perdre, noyé dans la masse. Après m’être assuré auprès de Ludovic Lancien que ce roman pouvait être lu indépendamment du précédent, je me suis lancé.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Hugo et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

À l’origine c’est Ludovic Lancien qui m’a contacté via Facebook afin de me proposer de découvrir son roman. Offre que j’ai accepté, après m’être assuré qu’il pouvait être lu indépendamment de son précédent (et premier) roman. La maison d’édition devait me faire parvenir le fichier epub mais ça a cafouillé quelque part… C’est pourquoi j’ai proposé à l’auteur de faire une demande en bonne et due forme via Net Galley.

Comme souvent dans un thriller, le roman s’ouvre sur une scène de crime (passé un prologue pour le moins énigmatique… qui prendra tout son sens bien plus tard), une scène crime qui plonge directement le lecteur dans le grand bain ! La victime, un médecin généraliste sans histoire, a été littéralement déchiquetée par son ou ses assassins. Qu’est-ce qui bien justifier un tel acharnement ? Une telle haine ?

C’est une des nombreuses questions qui se poseront à l’équipe chargée de l’enquête, et tout particulièrement au capitaine Gabriel Darui. Et si je vous disais qu’une partie de la réponse réside dans la tératologie. Ça vous fait de belles jambes ? J’avoue que moi aussi j’ai découvert ce terme à la lecture du roman.

Étymologiquement parlant la tératologie est l’étude des monstres (du grec ancien tératos, signifiant monstres). La définition du Larousse apporte un éclairage plus scientifique au terme : « Science qui traite des anomalies et des malformations liées à une perturbation du développement embryonnaire ou fœtal. »

Entre de mauvaises mains, ce genre de centre d’intérêt peut aboutir aux pires dérives (je pense notamment aux idées nauséabondes du régime nazi). Notre brave Docteur Mievel, la victime, n’est certes pas un adepte du Dr Mengele, mais ses intentions ne sont pas pour autant louables. L’apparente respectabilité du toubib commence à se fissurer… et ce n’est que le début !

Le titre du roman est une référence directe à la tératologie, les « oubliés » en question désignant ces fameux « monstres ». Comme vous pourrez le constater à la lecture du bouquin, la tératologie n’est pas que prétexte aux plus sombres dérives de l’âme humaine ; elle peut aussi donner lieu à des initiatives pleines d’humanité et d’empathie.

Ludovic Lancien nous offre une intrigue aussi intelligente que captivante, le lecteur est tenu en haleine quasiment non-stop au vu des nombreux rebondissements et retournements de situation.

L’autre force du roman réside dans ses personnages. À commencer par Gabriel, en plus d’être confronté à une enquête particulièrement éprouvante, il doit faire face à une situation personnelle douloureuse. Pauline, son épouse, est en phase terminale d’un cancer qu’elle affronte la tête haute, malgré la douleur qui l’accable, Gabriel n’a pas le droit de flancher.

Le reste de l’équipe est composé d’Éric ‘Le Bélier’ Blasco, chef de groupe bourru, mais au grand cœur, Noémie Egawa, lieutenant au tempérament sanguin et Jérémy Perrin, jeune lieutenant qui vient d’intégrer le Bastion.

Les autres personnages du roman ne sont pas pour autant laissés pour compte, c’est volontairement que je fais l’impasse sur eux afin de laisser intact le plaisir de la découverte.

Avec ce thriller fortement teinté de noir (pour l’ambiance générale) et de rouge (pour l’hémoglobine), Ludovic Lancien signe quasiment un sans-faute. J’ai été bluffé de bout en bout.

Si le roman peut effectivement être lu et apprécié indépendamment du Singe D’Harlow, il m’a en tout cas donné envie de découvrir ce premier roman. Ne serait-ce que pour en apprendre plus sur ce mystérieux Lucas, le prédécesseur du Bélier.

MON VERDICT
Coup de poing

[BOUQUINS] Nicolas Beuglet – Ça N’Arrivera Pas

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N. Beuglet - Ca n'arrivera pas
Titre : Ça N’Arrivera Pas
Auteur : Nicolas Beuglet
Éditeur : XO
Parution : 2020
Origine : France
28 pages

De quoi ça cause ?

Et si on se projetait en 2022 ? Qu’en sera-t-il de la pandémie, du vaccin, des restrictions de liberté ? Dans cette fiction, Nicolas Beuglet déroule le scénario qu’il redoute.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Par curiosité, pour voir à quoi pourrait ressembler le monde de demain si l’on doit continuer de vivre avec cette saloperie de Covid-19.

Ma Chronique

Je remercie les éditions XO et Net Galley pour la mise à disposition, en accès libre, de cette nouvelle de Nicolas Beuglet.

Cette nouvelle est disponible gratuitement sur le site de l’éditeur (format PDF) et toutes les plateformes de vente en ligne (format epub).

Clairement Nicolas Beuglet opte pour une vision dystopique de l’avenir sous la menace du Covid-19… sauf qu’en l’occurrence ce n’est pas le virus qui semble le plus menaçant dans cette affaire.

Jean Cassini et sa fille, Maïa, font partie de cette minorité qui a refusé de se faire vacciner, ils ont de fait été marginalisés suite à une série de mesures prises « par précaution ». Jean n’est pas anti-vaccin, c’est le principe de cette vaccination quasi obligatoire qu’il entend  contester en ne s’y pliant pas.

Le monde de demain tel que décrit par Nicolas Beuglet est réellement glaçant tant il apparaît comme liberticide, mais je crois que le pire est surtout de savoir que certaines mesures décrites sont déjà plus ou moins en vigueur (pas forcément en France… pour le moment).  De fait le pire du pire (pas très français ce truc, mais je ne trouve pas de superlatif qui sonne juste) est justement de ne pas pouvoir se dire avec certitude que ça n’arrivera pas ! À l’heure où l’idée d’un passeport sanitaire est évoquée (du bout des lèvres) par certains, on est en droit de se poser des questions.

Et si cette première campagne de vaccination ne portait pas les fruits attendus (espérés ?) ; quelle sera la suite pour venir à bout de cette pandémie ? En ce sens le texte de Nicolas Beuglet pourrait quasiment être considéré comme d’intérêt public, le but avoué étant d’éveiller les consciences avant qu’il ne soit trop tard.

Et ben moi je pense au contraire qu’on a fait une grosse connerie de ne pas se réveiller avant. Il y avait forcément une autre façon de faire sans renoncer à notre liberté. On nous a juste présenté les choses en nous disant que c’était ça ou rien et on n’a pas réfléchi. On nous a dit : « C’est obligatoire, c’est pour votre sécurité, c’est pour relancer l’économie », et on n’a vu que ça… Alors qu’aujourd’hui j’ai encore peur tout le temps et je n’ai même plus ma vraie liberté.

Il est rare que je consacre une chronique à une nouvelle isolée, pour celle-ci, cela m’a paru indispensable. Outre le fait de poser les bonnes questions, le texte est de très bonne qualité et l’histoire très bien ficelée.

Pour votre gouverne je ne suis ni complotiste paranoïde, ni antivax (la menace Covid étant – à ce jour – inexistante en Nouvelle-Calédonie, je ne vais pas non plus me ruer à la pharmacie pour me faire vacciner), cela ne m’empêche pas de me demander jusqu’où on peut aller pour le bien de tous.

J’aurai pu clore cette année 2020 sur une note un peu plus optimiste, disons que cette ultime chronique est à l’image de l’année écoulée. À l’année prochaine…

MON VERDICT
Coup de poing

[BOUQUINS] Karine Giebel – Chambres Noires

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K. Giebel - Chambres noires
Titre : Chambres Noires
Auteur : Karine Giebel
Éditeur : Belfond
Parution : 2020
Origine : France
272 pages

De quoi ça cause ?

Quatre nouvelles inédites dont les héros, ou anti-héros, incarnent et dénoncent tour à tour les manquements de notre société. Quatre histoires pour lesquelles Karine Giebel emprunte les titres de grands films qui l’ont marquée.

Trois nouvelles déjà parues dans Treize à table ! (éditions 2017, 2018 et 2019) au profit des Restos du Cœur, plus une nouvelle écrite en plein confinement et publiée dans Des mots par la fenêtre au profit de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Karine Giebel, même si je ne suis pas forcément un grand fan du format nouvelle, je sais que l’auteure excelle dans le genre.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Belfond et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Visuellement la couv’ donne le ton en associant littérature et cinéma, un choix plus que judicieux compte tenu de la situation sanitaire et ses conséquences sur le monde de la culture (tout particulièrement le cinéma et les cinémas, lourdement impactés par les diverses mesures de distanciation sociale).

Les quatre premières nouvelles du présent recueil sont des inédits portant chacune le titre d’un film qui compte aux yeux de l’auteure ; soit dit en passant les titres choisis collent parfaitement au contenu de leur nouvelle.

C’est pour Karine Giebel l’occasion de confronter ses personnages aux dysfonctionnements de notre société, qu’il s’agisse du laxisme (avéré, présumé ou ressenti… telle est la question) de la justice,  des inégalités et injustices sociales qui frappent de plus en plus de monde ou encore la situation des personnes âgées en EHPAD avant et pendant la crise sanitaire liée au COVID-19.

Ces quatre nouvelles sont de loin les plus intéressantes et les plus intenses du présent recueil ; les plus longues aussi, à elles seules elles représentent pas loin de 75% du bouquin.

Voici mes notes (sur 5) pour ces quatre nouvelles :

Le Vieux Fusil (Robert Enrico – 1975) : 5
L’Armée Des Ombres (Jean-Pierre Melville – 1969) : 4
Un Monde Parfait (Clint Eastwood – 1993) : 4
Au Revoir Les Enfants (Louis Malle – 1987) : 5 (voire 6)

Les quatre nouvelles suivantes sont des rééditions parues précédemment dans des recueils caritatifs ; une dans le recueil Des Mots Par La Fenêtre au profit de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France, les trois autres dans les éditions 2017, 2018 et 2019 du recueil 13 À Table ! au profit des Restos du Cœur.

Des nouvelles que je découvre n’ayant pas eu l’occasion de lire les recueils en question. Des textes courts, mais percutants.

Des nouvelles qui collent parfaitement à l’actualité du moment, la crise sanitaire ayant eu de lourdes conséquences économiques, les Restos du Cœur sont plus que jamais sollicités. Le rêve de Coluche, que son initiative solidaire ne dure qu’un ou deux ans avant un retour à une situation plus acceptable, apparaît malheureusement plus que jamais comme une utopie.

Mon verdict pour ces quatre nouvelles :

Sentence (Des Mots Par La Fenêtre – 2020) : 5
Dans Les Bras Des Etoiles (13 À Table ! – 2018) : 4
Les Hommes Du Soir (13 À Table ! – 2019) : 4
L’Escalier (13 À Table ! – 2017) : 4

Un recueil qui regroupe des nouvelles très différentes les unes des autres, mais l’on reconnaît sans mal la griffe de Karine Giebel, que l’approche soit événementielle ou sociétale, elle reste fortement teintée de noir. Une approche qui n’empêche pas l’auteure d’accorder une grande place à la dimension humaine de ses récits en mettant en avant les sentiments (bons ou mauvais) des uns et des autres ; sur ce dernier point, mention spéciale à la nouvelle Au Revoir Les Enfants qui ne devrait laisser personne indifférent tant elle sonne juste et vrai.

Avec ces huit nouvelles Karine Giebel confirme qu’elle maîtrise à la perfection les règles de cet exercice délicat, en quelques pages elle vise juste et fait passer son message droit au cœur et aux tripes. Indéniablement elle compte parmi les grands noms du genre, et pas seulement parmi les auteurs francophones, je n’hésite pas à la mettre quasiment au même niveau que Stephen King, un autre cador (sinon LE cador) en matière de nouvelle.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Bernard Werber – La Planète Des Chats

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B. Werber - La Planète Des Chats
Titre : La Planète Des Chats
Série : Les Chats – Livre 3
Auteur : Bernard Werber
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2020
Origine : France
432 pages

De quoi ça cause ?

Affronter des hordes de rats impitoyables.
Faire alliance avec de stupides humains.
Circuler sur un fil entre les buildings de New York.
Désamorcer une bombe atomique…

Franchement, si j’avais su, parole de CHAT, je n’aurais pas traversé l’océan.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est le troisième et dernier tome de la trilogie féline de Bernard Werber. Vu la situation dans laquelle nous avions laissé Bastet et son équipage à la fin de Sa Majesté Des Chats, il me tardait de découvrir comment ils allaient surmonter ce(s) nouveau(x) défi(s).

Ma Chronique

C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai retrouvé Bastet, Pythagore et leurs amis pour l’ultime volet de leurs aventures.

D’entrée de jeu le rêve américain vire au cauchemar quand ils découvrent que l’île de Manhattan est envahie par les rats. Des rats plus nombreux, plus gros et plus teigneux que leurs cousins français. Une première confrontation qui va causer des pertes énormes parmi l’équipage du Dernier Espoir.

De prime abord on serait tenté de penser que le roman aurait dû s’appeler La Planète Des Rats tant ils semblent avoir pris l’ascendant sur les autres espèces.

Dès les premiers chapitres on assiste à la mise à mort de personnages auxquels on avait fini par s’attacher… et ce n’est qu’un début ! Bernard Werber ne ménage pas Bastet et ses amis confrontés à une menace ratière qui paraît plus insurmontable que jamais.

Comme si ça ne suffisait pas niveau des émotions fortes, Bastet va découvrir que pour les humains Américains elle n’est qu’un chat parmi d’autres chats. Pas de quoi toutefois lui faire remettre en question la (très) haute opinion qu’elle a d’elle-même, à elle de prouver sa valeur face au scepticisme des Américains. Plus facile à dire qu’à faire quand, en face, les rats semblent plus nombreux que jamais, en perpétuelle évolution quand il s’agit de développer de nouvelles stratégies offensives pour faire céder les dernières poches de résistance.

Si on retrouve des personnages (animaux et humains) déjà présents dans les précédents opus, c’est aussi l’occasion de faire connaissance avec de nouveaux intervenants. Surtout du côté humain (dont une certaine Hillary Clinton devenue enfin présidente de ce qu’il reste des Etats-Unis). Pas de nouveaux acteurs majeurs chez les animaux, à part peut-être le chat Bukowski.

Face à la menace grandissante que font peser les rats sur les autres espèces, il apparait plus que jamais important de faire front commun… mais c’était sans compter sur l’incapacité chronique des humains à s’entendre. Clairement nous n’avons pas le bon rôle dans le roman de Bernard Werber, même les rats semblent adopter un comportement plus rationnel et plus cohérent que les humains.

L’intrigue de ce troisième tome mise davantage que les précédents sur le rythme et l’action, un choix parfaitement adapté afin de renforcer le sentiment d’urgence. Un choix qui impose aussi des références moins nombreuses à l’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu (ESRA) d’Edmond Wells.

Les extraits de l’ESRA sont toujours aussi pertinents, rédigés dans un langage et un style des plus accessibles, ils sont la parfaite alliance du didactique et du ludique.

Une trilogie féline qui ne clouera certainement pas le bec des détracteurs systématiques de Bernard Werber, mais qui devrait combler les autres ; ces « autres » regroupant aussi bien les lecteurs qui apprécient l’auteur que les amoureux des chats.

MON VERDICT

[BOUQUINS] François-Xavier Dillard – Prendre Un Enfant Par La Main

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F.X. Dillard - Prendre un enfant par la main
Titre : Prendre Un Enfant Par La Main
Auteur : François-Xavier Dillard
Éditeur : Belfond
Parution : 2020
Origine : France
336 pages

De quoi ça cause ?

Quatre ans après la disparition de leur fille Clémentine dans le naufrage d’un voilier, Sarah et Marc sont rongés par la culpabilité et la tristesse.

Jusqu’à ce que de nouvelles voisines emménagent sur le même palier avec leur enfant, Gabrielle, dont la ressemblance avec Clémentine est troublante. Au contact de cette adolescente vive et enjouée, Sarah reprend peu à peu goût à la vie.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

J’ai découvert l’univers littéraire de François-Xavier Dillard avec son précédent roman, Réveille-Toi ; sa plume et son intrigue avaient fait mouche. À défaut de trouver le temps de me plonger dans ses romans précédents, je ne laisse pas passer ses nouveaux titres.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Belfond et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Je ne sais pas vous mais moi dès que j’ai vu le titre du bouquin j’ai immédiatement pensé à la chanson d’Yves Duteil… Et vu la thématique du roman je doute que ce soit un simple hasard.

Pour ceux et celles qui ne connaîtraient cette magnifique chanson, en voici les premières phrases :

Prendre un enfant par la main
Pour l’emmener vers demain,
Pour lui donner la confiance en son pas,
Prendre un enfant pour un roi.

Et la dernière qui s’applique plus encore au présent roman : Prendre un enfant pour le sien.

Si la chanson d’Yves Duteil parle de Prendre un enfant (après une courte hésitation, je ne ferai pas de jeux de mots foireux sur le sujet), le roman de François-Xavier Dillard aurait pu s’appeler Perdre un enfant. Car il est bien question de deuil (et sans doute le plus dur des deuils à affronter) et de culpabilité.

J’en vois déjà qui font une moue aussi sceptique que blasée, genre de dire : rien de neuf sous le soleil du noir. Si ces thèmes ont déjà été abordés à maintes reprises cela n’exclut pas pour autant une bonne surprise ; après tout comme le disaient fort justement nos vénérables grand-mères : « C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures ».

Déjà parce que les thématiques du deuil et de la culpabilité ne sont pas les seules abordées ici, il sera aussi question de responsabilité parentale, des dérives de la jeunesse dorée, des addictions… et bien d’autres thèmes abordés plus ou moins en profondeur et parfaitement intégré à l’intrigue.

Ensuite, et c’est quand même essentiel pour qu’un thriller fasse son effet, il y a une intrigue qui commence par divers arcs narratifs qui vont progressivement (et naturellement) se regrouper pour ne faire qu’un. Une intrigue parfaitement construite et rythmée qui saura tenir en haleine même les lecteurs les plus exigeants et surprendre (parfois) même les plus blasés.

Enfin il y a les personnages, et c’est là la grande force de ce roman et de son auteur. François-Xavier Dillard nous brosse un profil psychologique particulièrement soigné et totalement crédible pour chacun de ses personnages.

Il y a bien sûr le couple Cygnac essaie de surmonter tant bien que mal (plutôt mal dans un premier temps) la perte de leur fille et de se reconstruire. Pour se faire Sarah, la mère, pourra compter sur l’écoute et la bienveillance de Marie, une voisine qui vit seule depuis le décès de son mari.

Une reconstruction qui sera facilité par l’installation des nouvelles voisines, Hélène et Leila, et surtout de Gabrielle, leur fille (génétiquement parlant celle d’Hélène), une ado de quinze ans qui ressemble beaucoup à celle qu’aurait pu devenir Clémentine.

Enfin on croisera le chemin de Jeanne Muller, une commissaire de police au caractère bien trempé qui enquête sur la disparition de Chloé Montaigu, la fille d’un riche et puissant homme d’affaire, connue pour ses frasques et son addiction au jeu.

« Michel Montaigu était le P-DG et fondateur de Joy, une holding de produits de luxe et d’entreprises de médias. Un tycoon à la française, multimilliardaire, qui tutoyait les présidents et embrassait les stars. Il a tout réussi, sauf sa fille cadette, Chloé. Après être entrée à HEC, la jeune femme avait décidé d’envoyer tout balader et de parcourir le monde. Enfin, entre deux séjours en institution psychiatrique. Des hôpitaux et cliniques privés qu’elle avait écumés entre ses vingt et un et ses vingt-neuf ans. Après on retrouvait sa trace dans les magazines people, souvent dans la rubrique « Fêtes décadentes et casino ». Elle était devenue une joueuse de poker redoutable et une hôte attendue et remarquée à la plupart des tables de jeu du monde entier. »

Les chapitres sont courts, sans fioriture, afin d’aller à l’essentiel et de maintenir à la fois le rythme et la pression. Généralement rédigés à la troisième personne sauf quand il s’agit de donner la parole à Gabrielle. Passant à la première personne François-Xavier Dillard se place dans la tête d’une ado plutôt douée et débrouillarde mais pas forcément prête à affronter les aléas de la vie. Et le résultat est bluffant en termes de crédibilité.

Ce roman est une totale réussite, une fois happé par son intrigue – et ça arrive très vite – vous ne pourrez plus le lâcher.

MON VERDICT

 

(BOUQUINS] Gérard Jugnot – C’Est L’Heure Des Contes

AU MENU DU JOUR

G. Jugnot - C'est l'heure des contes
Titre : C’Est L’Heure Des Contes
Auteur : Gérard Jugnot
Éditeur : Flammarion
Parution : 2020
Origine : France
155 pages

De quoi ça cause ?

Gérard Jugnot revisite avec une pointe d’humour caustique une quinzaine de contes et fables connus de tous les petits et les grands.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

C’est en regardant un Sept À Huit qui se terminait par une interview de Gérard Jugnot que j’ai entendu parler de ce bouquin ; ça a tout de suite fait tilt ! Je le veux… et je l’ai eu.

Ma Chronique

En ces temps troublés et moroses il est des livres qui font du bien à l’âme et au cœur, incontestablement cette réécriture de contes et fables connus de tous par Gérard Jugnot est de ceux-là. Une redécouverte qui donne la banane et booste les zygomatiques.

Comme tout le monde je connais (et apprécie énormément) Gérard Jugnot l’acteur, mais pour ma part j’ignorais qu’il maniait aussi la plume. Une belle surprise, d’autant que sa plume a plus d’un atout pour séduire les lecteurs.

Un grand méchant loup végan, une Cindy qui surfe sur la vague #BalanceTonPorc, une grenouille anorexique, une Cendrillon qui oublie un petit détail avant d’aller au bal princier, un Petit Poucet et ses frangins qui font une mauvaise rencontre, trois petits cochons exilés en Thaïlande… tout ceci n’est qu’un avant-goût de ce que vous trouverez dans ces pages.

Chaque conte s’ouvre sur un titre illustré, suivi d’une phrase d’introduction au format image, puis le texte agrémenté d’une ou plusieurs illustrations. Une mise en page plutôt agréable mais malheureusement pas vraiment optimisée pour un affichage sur liseuse. Un petit souci technique d’autant moins compréhensible qu’il se règle très facilement via Sigil, dommage que Flammarion n’ait pas fait l’effort de mieux finaliser la version numérique du bouquin.

Rien à redire concernant la revisite des contes et fables, l’humour et l’irrévérence de Gérard Jugnot font mouche et se rient du politiquement correct (en la matière mention spéciale au Petit Poucet).

Il n’en reste pas moins que j’ai refermé ce bouquin avec un léger sentiment de frustration, c’est court, trop court. Beaucoup trop court même. Je suis convaincu que Gérard Jugnot aurait pu revisiter davantage de contes. Mais aurait-il pu le faire avant les fêtes de fin d’année ?

Quinze contes répartis sur 155 pages dont 150 consacré aux contes à proprement parler (je ne compte pas la couverture, la page titre, la page de copyright, la page de présentation et la postface). À cela vous retirez les 15 pages de titre et les 15 pages rouges qui concluent le conte, il vous reste 130 pages. Si on vire les illustrations et qu’on opte pour une mise en page un peu moins aérée je pense qu’on devrait arriver à plus ou moins 120 pages de texte. A 15€ la version papier et 11€ la version numérique, je trouve la note un peu salée.

Cela dit, il n’en reste pas moins que ce bouquin fait du bien, surtout en ce moment. Si le rapport quantité / prix n’est pas optimal, la qualité est toutefois au rendez-vous. Et pour rester dans l’air du temps, c’est une belle idée cadeau.

Pour rester dans la revisite des contes mais dans un tout autre genre (nettement plus hardcore et trash), il faudrait que je songe à me lancer dans les Contes Interdits des éditions AdA (Québec).

MON VERDICT

[BOUQUINS] Paul Clément – Elle Est La Nuit

AU MENU DU JOUR

P. Clément - Elle est la Nuit

Titre : Elle Est La Nuit
Auteur : Paul Clément
Éditeur : Auto-édition
Parution : 2020
Origine : France
438 pages

De quoi ça cause ?

Lewiston, Montana.

Pour les frères Reed, c’est un point de chute idéal pour se faire oublier après un braquage qui a mal tourné.

Pour Laurel Foster, c’est la promesse d’un nouveau départ, loin du tumulte de Los Angeles et surtout loin de ses parents qui l’étouffent.

Pour Elle, c’est le terrain d’un Jeu mortel qu’elle renouvelle nuit après nuit… Mais ça les frères Reed et Laurel ne pouvaient pas le deviner, avant d’être confrontés à la folie meurtrière de la nuit à Lewiston…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’ai beaucoup aimé les deux premiers romans de Paul Clément, un jeune auteur auto-édité qui a tous les atouts pour jouer dans la cour des grands.

Ma Chronique

J’ai découvert Paul Clément à l’occasion de la sortie de son premier roman, Les Décharnés, une histoire de zombies qui proposait un cadre et des personnages plutôt inédits dans un genre qui a pourtant été exploité (et parfois surexploité) à toutes les sauces. Un coup d’essai transformé avec un second roman, Creuse La Mort, qui jouait sur un autre registre de la littérature horrifique.

Après une escapade dans un tout autre genre (un mix entre aventures et fantastique, orienté vers un public young adult) avec son roman-feuilleton en 8 épisodes, Les Orphelins De Windrasor (dans mon Stock à Lire Numérique, mais je n’ai pas encore eu l’occasion de me pencher sur la question) l’auteur revient à l’horreur avec ce nouveau roman.

Un retour aux sources que j’attendais avec impatience !

Un mot sur le visuel avant d’entrer dans le vif du sujet, je trouve que la couv’ du bouquin est superbe et annonce la couleur quant à son contenu.

Rien à redire non plus quant à la façon dont Paul Clément mène sa barque et son intrigue. Le déroulé et le rythme de l’intrigue restent sous contrôle, même si parfois le lecteur se laissera entraîner par le courant plutôt que d’essayer de comprendre tous les tenants et les aboutissants du récit.

Dans un premier temps les chapitres alternent entre deux axes narratifs distincts, la cavale des frères Reed d’un côté, et l’installation de Laurel dans son nouveau milieu personnel et professionnel d’un autre côté. Sans surprise ces deux axes vont se croiser et fusionner pour ne faire qu’un.

Le bât blesse parfois dans la longueur des chapitres, à force de détails pas forcément nécessaires au déroulé de l’intrigue, on finit par perdre le fil. Rien de rédhibitoire, mais il est vrai que le récit aurait pu gagner en fluidité avec quelques coupes franches dans le texte.

Les amateurs de littérature horrifique, dont je suis, trouveront leur compte avec ce roman. Pas franchement LE grand frisson, mais suffisamment d’action et d’hémoglobine pour satisfaire même les plus exigeants.

Bien que le roman soit indéniablement une réussite, il n’a pas suscité l’enthousiasme que j’espérais. J’en attendais sans doute trop… ce qui n’enlève rien à ses nombreuses qualités, et ne m’empêchera pas de répondre présent pour le prochain roman de Paul Clément.

Le code du fichier epub aurait mérité un petit nettoyage afin de l’optimiser mais rien qui vienne impacter directement la lecture. Le genre de truc sur lequel je ferme les yeux quand j’ai entre les mains un roman auto-édité.

MON VERDICT