[BOUQUINS] Arthur Machen – Le Grand Dieu Pan

A. Machen - Le Grand Dieu PanComme annoncé hier, après la lecture de Revival, je me suis rué sur Le Grand Dieu Pan de Arthur Machen, un livre qui, de son propre aveu, a hanté la vie de Stephen King. Impossible de résister plus longtemps, il me fallait le lire au plus vite.
Le docteur Raymond modifie par la chirurgie l’esprit d’une jeune femme, Mary, pour lui permettre de voir le monde tel qu’il est réellement. À la suite de l’opération, Mary perd la raison après avoir vu le dieu Pan. Des années plus tard, une jeune femme fait son entrée dans la société londonienne et ruine la vie de plusieurs hommes fortunés. (Source : Wikipedia).
Avant de lire Revival je n’avais jamais entendu parler d’Arthur Machen et de son roman, il m’était donc impossible de le situer dans le temps. Un premier jet paraît dans une revue en 1890, il faudra attendre 1894 pour que la version définitive, corrigée et complétée, soit publiée. Bin voilà je me coucherai moins con ce soir ! Merci Wikipedia.
Une lecture vite expédiée étant donné que la chose se concentre sur une petite centaine de pages. Le Grand Dieu Pan est considéré comme un classique des récits d’horreur, désormais je pourrai dire que je l’ai lu. Mais ai-je pour autant été convaincu ?
Dans sa construction le récit fait penser à Lovecraft, c’est l’ambiance qui prime sur la démonstration. L’horreur est suggérée plutôt que décrite. Un exercice certes pas très « visuel » mais qui doit nécessiter une bonne dose de talent pour fonctionner. Et ici en l’occurrence ça fonctionne même si j’ai un peu buté sur le style au début.
L’auteur maintient un suspense permanent autour de la mystérieuse Helen Vaughan, qui est -elle ? Ou pire, qu’est-elle ? D’où vient cette peur indicible qu’elle semble inspirer ? Autant de questions qui font que l’on avale les pages et les chapitres, avide de révélations. Et sur ce coup je suis resté sur ma faim, la fin ne m’a pas du tout convaincu.
Je ne pense pas que ce récit hantera longtemps ma vie et mes nuits… à vrai dire ça m’étonnerait même qu’il ne me hante plus d’une fraction de seconde. Sans doute qu’au XIXème siécle ce genre de récit pouvait être dérangeant mais aujourd’hui il faut plus que ça pour ébranler les lecteurs habitués à la littérature horrifique.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Stephen King – Revival

skrevIncroyable mais vrai… J’ai réussi à patienter 7 jours après son achat (le temps de finir ma lecture en cours, heureusement fort addictive) avant de me plonger dans Revival, la seconde cuvée 2015 de Stephen King. Une volonté de fer qui ne cesse de m’étonner… d’autant que je n’ai pas été aidé par certains vils tentateurs ! N’est-ce pas Yvan ?
Jamie Morton n’est qu’un gamin de six ans quand il fait la connaissance du révérend Jacobs. Un drame les séparera, puis les chemins chaotiques du destin les fera se croiser à nouveau. Dès lors plus rien ne sera jamais comme avant pour Jamie Morton…
D’entrée de jeu le King annonce la couleur en dédiant son récit à Mary Shelley, Bram Stoker et H.P. Lovecraft… pour ne citer que les trois premiers noms d’une longue liste. Forcément il y a de quoi baver, bien davantage encore que ce brave Cujo au summum de ses crises enragées !
On découvre un récit à la première qui s’étale du début des années 60 à nos jours, un chassé croisé entre les chemins de Jamie Morton (le narrateur) et de Charles Jacobs au fil de leurs rencontres. A vrai dire au départ on se demande bien où l’auteur veut nous amener ; mais on se docilement laisse entraîner par les talents de conteur du King… et la promesse annoncée par une phrase de Jamie : « Quand je pense à Charles Jacobs – mon cinquième emploi, mon élément perturbateur, ma némésis –, je ne peux supporter de croire que sa présence dans ma vie ait eu quoi que ce soit à voir avec le destin. Cela voudrait dire que toutes ces choses terribles – ces horreurs – devaient arriver. »
Le moins que l’on puisse dire c’est que le King prend son temps dans son bouquin, si vous espérez de brusques poussées d’adrénaline alors passez votre chemin. Il faut quasiment attendre la seconde partie du bouquin pour voir un soupçon de fantastique pointer le bout de son nez. Et longtemps l’aspect fantastique du récit ne sera que la toile de fond.
Et pourtant à aucun moment je n’ai eu envie de refermer le bouquin pour passer à autre chose. D’une part parce que cette simple idée me semble totalement inconcevable pour l’inconditionnel du King que je suis. Mais aussi et surtout parce que l’auteur parvient à maintenir notre intérêt en éveil par quelques trouvailles bien senties. A ce titre le Terrible Sermon du Révérend Jacobs est un moment d’anthologie, pour l’indécrottable athée que je suis ce fut presque jouissif de découvrir ces phrases sorties de la bouche d’un cul-bénit en soutane ! Je n’en dirai pas plus sur le sujet afin de laisser intact le plaisir de la découverte.
Comme souvent avec le King on retrouve certaines références à ses romans précédents, ici c’est Joyland qui est mis en avant. Et ça tombe plutôt bien parce qu’on y retrouve la même ambiance et plus ou moins la même architecture dans le récit (bien que les deux intrigues soient radicalement différentes).
A ceux et celles (si si, il y en a… j’en connais même certains) qui ont refermé ce bouquin avant la fin, je ne peux que vous recommander de tenter l’expérience ultérieurement et de persévérer encore et encore (ce n’est pas non plus un calvaire) jusqu’au final grandiose (je m’attendais à un truc du genre mais j’ai quand même été bluffé).
Athée de mon état je suis convaincu qu’après ma mort il ne restera que mes cendres à foutre à la poubelle. La vie après la mort ce n’est pas vraiment ma tasse de thé, pas plus que les notions de paradis et d’enfer. En tout cas l’après-mort que nous propose de découvrir le King dans son roman ne donne vraiment pas envie de faire le grand saut !
Parmi les auteurs cités dans sa dédicace le King mentionne Robert Bloch, dans le roman il est souvent fait état de Ludwig Prinn et de son grimoire De Vermiis Mysteriis, tous deux créés de toute pièce par Bloch (le grimoire est d’ailleurs aussi cité par Lovecraft et fait partie intégrante du Mythe de Cthulhu). Un bel hommage à ses aînés et muses.
Dédicace qui a aussi éveillé ma curiosité à propos du roman, Le Grand Dieu Pan, de Arthur Machen ; bouquin qui aurait hanté la vie de Stephen King. Il va falloir que je me penche sérieusement (et rapidement) sur la question…

MON VERDICT
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[BRD] Chappie

ChappiePetite pause cinéphile avec Chappie, réalisé par Neil Blomkamp.
Pour endiguer la montée en puissance de la criminalité à Johannesburg, les forces de police s’équipent d’unités entièrement robotisées ; rapidement leur efficacité fait ses preuves. Pourtant Deon (DevPatel), l’inventeur de ces unités d’élite voudrait aller plus loin en créant la première intelligence artificielle dotée de conscience. Pas de bol alors qu’il était sur le point de réussir son robot, Chappie, tombe entre les mains d’une bande de voyous ratés…
J’attendais beaucoup de ce film, trop peut être… c’est sans doute ce qui explique pourquoi la déception n’en fut que plus rude à digérer.
Le réalisateur tenait une idée en or avec son robot conscient, malheureusement il va transformer l’or en bouse, ou plutôt un hypothétique scénario en béton en une vaste farce à peine comique.
Plantage n°1. Ce sont trois délinquants crétins, bourrés de tous les mauvais clichés bas de gamme du genre, qui vont prendre ne charge l’éducation de Chappie. On plonge dès lors dans un pathétique qui fait peine à voir… même pas moyen de sourire ! Cerise sur le gâteau, nos trois débiles ont un capital sympathie nul, empathie zéro ; je n’avais qu’une envie, les voir crever au plus vite.
Plantage n°2. Chappie, le robot, est une boite de conserve vaguement intelligente et supposée consciente… Faudra êtra patient pour qu’il fasse preuve à la fois d’intelligence et de conscience, pendant plus de la moitié du film ce n’est rien de plus qu’une stupide boite de conserve rouillée !
Plantage n°3. Le seul point fort du film aurait dû être la traque de Chappie par la Bête, une machine de guerre dirigée par Vincent (Hugh Jackman). Sauf que le truc est torché en un petit quart d’heure après un affrontement aussi palpitant que le coeur d’un macchabée oublié depuis 10 ans dans une cave. Là encore le personnage de Vincent est un concentré de mauvais clichés, dommage pour Hugh Jackman qui avait l’occasion d’interpréter un rôle à contre emploi.
Peut être qu’en prenant le film tel quel, sans rien en attendre de plus qu’un divertissement, la sauce pourrait prendre. Malheureusement ça n’a pas été mon cas.

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[BOUQUINS] Sire Cédric – Le Premier Sang

Sire Cédric - Le Premier SangRetour en France pour la prochaine escale de mon Challenge retrouvailles puisque j’ai opté pour Le Premier Sang de Sire Cédric. L’occasion de retrouver le duo atypique et tourmenté formé par Alexandre Vauvert et Eva Svärta.
A Paris, alors que le commandant Svärta et un collègue sont en planque à proximité du domicile d’Ismaël Costantin, un caïd de la Cité ayant fait main basse sur le marché de la drogue, le domicile de ce dernier est la proie des flammes. Dans le même temps à Toulouse, le commandant Vauvert enquête sur la disparition d’un homme d’affaire. Ils l’ignorent encore mais leurs deux enquêtes sont étroitement liées…
C’est le second roman, après De Fièvre Et De Sang, à mettre en scène le tandem Alexandre Vauvert / Eva Svärta (même si dans le présent roman c’est surtout Eva qui est mise en avant), la lecture du premier opus ne s’impose pas mais permet de mieux comprendre le lien entre Eva et Alexandre. Cerise sur le gâteau c’est un très bon bouquin, dommage de se priver de ce plaisir.
Avec ses deux flics Sire Cédric nous plonge en immersion dans le thriller gothico-fantastique ; un univers où le réel côtoie le surnaturel pour nous proposer des intigues aux ambiances uniques (esprits cartésiens stricts passez votre chemin, il faut un minimum d’ouverture d’esprit ou d’imagination pour apprécier pleinement la chose).
Si dans un premier temps les deux flics mènent leur enquête chacun de son côté on se doute bien que tôt ou tard les affaires vont se télescoper et que ce sera l’occasion de retrouvailles (tardives) entre Alexandre et Eva. Deux flics tourmentés comme je l’ai dit plus haut, des personnalités sombres et complexes qui tour à tour se complètent ou se rejettent, en perpétuelle lutte avec leurs démons intérieurs.
L’intrigue est ponctuée de flash-back permettant de suivre le parcours d’Ismaël Costantin (trafiquant de drogue notoire qui régnait en maître absolu sur une cité de la banlieue parisienne) et de Madeleine Reich (brillante femme d’affaire au passé mystérieux). Une intrigue au rythme et au suspense parfaitement maîtrisés, l’auteur nous mène là où il veut à son rythme (un rythme de plus en plus infernal soit dit en passant). Laissez vous guider par le maître des lieux, le voyage n’en sera que plus agréable (mais pas de tout repos). Tout ce que je peux vous dire c’est que Alexandre et Eva vont devoir se frotter à de la magie, pas de magie blanche, ni de magie noire mais de magie rouge, la magie du sang et de la mort (pour la petite histoire le descriptif de cette magie et le son fameux Voile m’a fortement fait penser au jeu Dragon Age Origins).
Le prochain opus, La Mort En Tête, m’attend bien sagement dans mon Stock à Lire Numérique, à moi de faire en sorte de l’en extraire avant qu’il ne retombe dans l’oubli… Mais avec les multiples aléas de la PàL il ne faut jurer de rien !

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Guillaume Musso – L’Instant Présent

G. Musso - L'Instant PrésentUne fois de plus les aléas de mon Stock à Lire Numérique m’éloignent temporairement de mon challenge retrouvailles. Cette fois le coupable est Guillaume Musso, dont le dernier roman, L’Instant Présent, s’est invité dans mon stock à croissance exponentielle !
Arhtur Costello, hérite d’un phare et de la maison attenante, son père lui laisse toutefois deux consignes : ne jamais vendre le bien et ne jamais essayer d’accéder à la pièce du sous-sol dont l’accès a été muré. La tentation et la curiosité seront trop fortes, à peine son paternel parti, Arthur entreprend de découvrir le secret de cette fameuse pièce cachée. Commence alors pour lui une aventure défiant toutes les lois de la logique et du possible…
Avec son nouveau roman Guillaume Musso joue sur un habile mélange des genres avec une nette dominante du fantastique (pour tout ce qui concerne la malédiction du phare) qui laisse aussi la part belle à la romance (avec une belle et surtout originale histoire d’amour impossible), le tout se lit comme un thriller par le rythme imposé. Au fur et à mesure que l’échéance approche on se demande si Arthur va parvenir à briser la malédiction et surtout comment il va s’y prendre. A l’instar de son précédent roman, Central Park, l’auteur nous offre un final en forme de pied de nez qui remet en cause toute notre perception du récit. Et une fois de plus on se laisse surprendre avec plaisir.
Le récit repose pour beaucoup sur le personnage d’Arthur, on se doute bien qu’il va ouvrir cette foutue pièce interdite (mettez vous à sa place, le meilleur moyen de vous faire faire quelque chose c’est de vous dire de ne surtout pas faire ça), parfois le gars est un peu tête à claques même si ce qu’il vit n’est pas évident il a un peu tendance à oublier que pour les autres aussi la situation est compliquée à gérer. Mais il faudra aussi compter avec Lisa, la femme dont Arthur va tomber amoureux, qui va justement devoir s’adapter à une situation hors du commun, parfois ça passe, parfois ça casse… Difficile de lui jeter la pierre. Indéniablement mon coup de coeur va à Sullivan Costello, le grand père d’Arthur, qui fut lui aussi victime de la malédiction du phare.
Une écriture agréable, une intrigue prenante à souhait, résultat des courses le bouquin se lit d’une traite. Vautré dans le canapé je l’ai dévoré en un après-midi pour ma part. Pour le classico 2015, Levy vs Musso la victoire va de nouveau, et incontestablement, à Guillaume Musso !

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Frédéric Gynsterblom – Help Me

F. Gynsterblom - Help MeAu menu du jour un invité surprise dont je ne connaissais ni l’auteur, ni le bouquin ; je me suis laissé tenter par, dans l’ordre, un coup de coeur d’un contact Facebook, une couv’ sur laquelle j’ai tout de suite flashé (une femme prostrée au premier plan, dans l’ombre, en arrière plan, une ombre menaçante) et un pitch attrayant. La chose s’appelle Help Me et est signée Frédéric Gynsterblom.
Sabine Ferrière est enquêtrice pour une fondation privée s’étant donné pour objectif de neutraliser les pires tueurs en série. En se lançant dans une nouvelle enquête qui toucche de près la Fondation, la jeune femme va devoir replonger dans les ténèbres de son propre passé…
Petite info pratique pour commencer, il semblerait que le titre ne soit désormais disponible que via un achat en ligne sur le site Lulu.com, vous aurez le choix entre une version brochée (15 €) et une version numérique (3,50 €) ; j’ai tout naturellement opté pour cette seconde option, et pas seulement en raison du prix nettement plus avantageux…
Vous aurez alors entre les mains un roman relativement court (160 pages), un thriller horrifique mâtiné de fantastique. Le mix est plutôt habile mais je préfère prévenir, certains lecteurs n’apprécient pas trop ce qui sort des sentiers battus…
Même si les premières pages peuvent sembler confuses de prime abord, elles parviennent à ferrer le lecteur rapidement. Peu à peu les choses se mettent en place, entre présent, souvenirs et cauchemars. Plus les pages défilent et plus on est accro ! Pour tout vous dire j’ai lu le bouquin quasiment d’une traite, pas moyen de le lâcher avant d’avoir le fin mot de l’histoire. Il aurait peut être gagné à être plus étoffé par endroits mais l’auteur a préféré jouer la carte du rythme, et il a réussi son pari haut la main.
Le personnage de Sabine est de loin le plus travaillé, il faut dire que ses séquelles psychologiques et physiques laissent de la marge à l’auteur. Parfois au détriment des autres personnages de l’intrigue (ce qui est quelque peu redondant avec ma remarque précédente concernant le nombre de pages). J’ai notamment regretté que la Fondation Carver ne soit pas d’avantage exploitée, Sabine ayant tendance à bosser en solo. Il y a, avec cette Fondation, un potentiel pour une ou plusieurs suites…
Si l’intrigue n’est pas clairement située géographiquement l’auteur quant à lui est un pur produit francophone puisqu’il nous vient de Belgique. Encore un gars que je compte suivre de près.
Tout n’est peut être pas parfait mais il n’en reste pas moins que je me suis régalé en lisant ce bouquin. Une dernière remarque avant de vous laisser vaquer vos occupations : âmes sensibles s’abstenir, même si les scènes de violence ne sont pas forcément décrites par le menu on en mesure aisément toute l’horreur.
Petite parenthèse pour les maniaques du code dans les fichiers epub, je n’ai pas pris le temps de le faire mais il me semble que celui peut être fortement allégé par quelques retouches via Sigil. Je me pencherai sur la question un de ces jours… peut être…

[TV News] Sleepy Hollow

Sleepy HollowNous regardons peu la TV en soirée la semaine et en général on cherche plutôt à privilégier les films, heureusement CanalSat propose depuis quelques temps déjà deux options fort intéressantes : les services à la demande pour les chaînes de Canal + et de Ciné+, et l’enregistrement des programmes. C’est en combinant ces deux options que l’on se programme des weekends série TV, en l’occurence ce samedi sera plutôt orienté vers les fins de série. Chronologiquement parlant nous avons d’abord eu le droit aux deux derniers épisodes de Sleepy Hollow.
Ichabod Crane (Tom Mison), engagé aux côtés de Georges Washington pendant la Guerre d’Indépendance et mort au combat, revient à la vie de nos jours. Mais il n’est pas le seul à être revenu d’entre les morts, un mystérieux cavalier sans tête sème déjà la terreur à Sleepy Hollow. Pour déjouer les plans infernaux du cavalier, Ichabod pourra compter sur l’aide de lieutenant Abbie Mills (Nicole Beharie) et du capitaine Frank Irving (Orlando Jones). Mais aussi sur celle de son épouse Katrina (Katia Winter), piégée au Purgatoire…
A la base Sleepy Hollow est une nouvelle de Washington Irving publiée en 1820 et plus ou moins entrée dans la tradition US, pour le public francophone c’est surtout un film de Tim Burton sorti en 1999 avec Johnny Depp dans le rôle d’Ichabod Crane. Quand j’ai entendu parler de la série télé j’avoue avoir été plutôt sceptique, c’est la bande annonce qui aura fini par me convaincre.
Il faut dire que la Fox n’a pas lésiné sur les moyens (rien de moins que quatre showrunners pour mener à bien le projet) et n’a pas non plus hésité à s’écarter du récit originel et du film en transposant l’intrigue de nos jours et en l’élargissant (il s’agit ni plus ni moins d’éviter que l’Apocalypse ne devienne réalité).
Au final on obtient une série qui jongle entre le fantastique et le thriller ésotérique avec quelques pointes d’humour bienvenues. Sans être franchement transcendant de prime abord ça se laisse regarder, et surtout ça devient rapidement addictif !
Les acteurs étaient pour moi d’illustres inconnus mais j’ai trouvé leur jeu convaincant. A noter la présence au casting de John Noble (vu dans Fringe) dans un rôle aussi capital que tourmenté.
Cette première saison, proposée en France par W9, se décline en 13 épisodes de 42 minutes. Une seconde saison est d’ores et déjà en cours de diffusion aux States (heureusement par ce que la première se termine sur un cliffhanger rageant à souhait)…
Au final ce fut plutôt une bonne surprise, j’ai hâte de découvrir la suite.

[BOUQUINS] Joe Hill – Cornes

J. Hill - CornesDans la famille King, je voudrai le fils, Joe. Je m’étais promis de me pencher de plus près sur l’univers littéraire de Joe Hill (fils de Stephen King donc), place donc à ma chronique de Cornes, son second roman.
Un lendemain de cuite, Ignatius Perrish (Ig ou Iggy pour les intimes) se réveille avec une paire de cornes sur le crâne. Bizarrement ces excroissances ne semblent choquer personne. Ig ne tarde pas à découvrir que d’un simple toucher il apprend les secrets les plus inavouables de son interlocuteur qui lui confie alors ses pensées les plus sombres. C’est pour lui une occasion unique de chercher à découvrir l’identité de celui qui a violé et sauvagement assassiné sa petite amie, un an plus tôt…
Au fil de son périple Ig ne tardera pas à découvrir que toute vérité n’est pas frocément bonne à entendre, il subira quelques cruelles désillusions de la part de gens sur qui il pensait pouvoir compter. Il faut dire que Ig a été soupçonné pendant un temps d’être l’assassin de Merrin, sa petite amie, bien que blanchi, faute de preuves, sans jamais avoir été totalement innocenté.
Une fois le décor posé, l’auteur alterne entre flash-back (où l’on découvre comment Ig a rencontré Lee, qui deviendra son meilleur ami, et Merrin ; et comment leur trio a évolué jusqu’au meurtre de Merrin) et l’intrigue présente (où Ig met son nouveau pouvoir à profit pour découvrir la vérité sur ledit meurtre). Un choix narratif plutôt bien assumé, les alternances font en sorte de ne pas trop casser le rythme de l’intrigue.
Au niveau des personnages, outre le trio constitué par Ig, Merrin et Lee, il faudra aussi compter sur Terry, le frère ainé de Ig. Des personnages bien construits mais l’auteur parvient aussi à donner une véritable profondeur aux personnages plus secondaires. Pas de superflu, chacun a un rôle bien précis à tenir.
Quid de l’intrigue ? L’identité de l’assassin de Merrin est dévoilée rapidement (vers la moitié du bouquin) mais on a de sérieux soupçons bien avant que Ig ne comprenne (il faut bien reconnaître que Ig n’est pas franchement une lumière). Malgré tout l’auteur maintient notre attention en constant éveil, connaître le meurtrier est une chose, l’éliminer ou le pousser à se dévoiler en est une autre.
Une intrigue originale qui joue aussi avec les genres, on début Joe Hill semble privilégier la carte de l’humour (avec les premières confidences que reçoit Ig), puis au fil des souvenirs, la nostalgie prend possession des lieux avant que la noirceur ne vienne s’imposer en maître des lieux. On pourra peut être regretter quelques digressions et longueurs qui n’apportent pas grand chose à l’intrigue mais globalement ça passe plutôt bien.
Joe Hill a décidé d’écrire sous un pseudo afin que ses romans ne soient pas comparés à ceux de son illustre paternel ; c’est vrai que l’on imagine bien cette histoire écrite par Stephen King. Mais laissons à Joe Hill ce qui est à Joe Hill, d’autant qu’il s’en sort plutôt bien, sans être parfait le résultat est plus qu’honorable.
Pour l’anecdote l’adaptation cinéma du roman devrait sortir dans les prochaines semaines, sous le titre Horns, avec Alexandre Aja (le plus américains des réalisateurs français) aux manettes et Daniel Radcliffe (si, si, celui de Harry Potter) dans le rôle d’Ig Perrish.

[BOUQUINS] Sarah Lotz – Trois

S. Lotz - TroisA la sortie de ce bouquin j’ai été tout de suite enthousiasmé par son pitch et sa couv’, puis au fil des critiques diffusées çà et là des avis mitigés, voire franchement négatifs, ont semblé prendre le dessus sur les réactions enthousiastes. Cela aurait pu me pousser à renoncer mais je ne suis pas facilement influençable (et surtout terriblement curieux), voilà comment Trois de Sarah Lotz s’est tout de même retrouvé dans mon Stock à Lire Numérique. Ai-je eu tort ou raison ? Vous le saurez bientôt…
Le 12 janvier 2012 restera dans les esprits comme le Jeudi Noir. Ce jour-là quatre avions de lignes s’écrasent à quelques heures d’intervalles aux quatre coins du monde. Sur trois des sites de crash on retrouve un seul et unique survivant, un enfant. Rapidement les spéculations les plus folles circulent sur les Trois. Comment expliquer leur survie miraculeuse ? Et s’ils n’étaient pas vraiment ce qu’ils ont l’air d’être…
Le bouquin se présente comme un livre dans le livre, à la façon de World War Z de Max Brooks. En l’occurrence il s’agit d’un essai signé Elsphet Martin sur ce fameux Jeudi Noir et le phénomène des Trois. On y trouve des extraits de livres, des interviews et autres comptes-rendus ; bref tout ce que l’on est susceptible de trouver dans un ouvrage de ce genre. Lire un prétendu essai sur un événement fictif peut sembler déconcertant, je comprends même que cela puisse rebuter les moins téméraires, mais personnellement ce choix narratif ne m’a pas choqué outre mesure, d’autant que c’est globalement bien ficelé.
Mine de rien ce choix narratif demande un gros travail d’écriture afin de se mettre à la place de chacun des intervenants. Non seulement ils auront leur propre perception des choses mais aussi une façon personnelle de s’exprimer. Un défi relevé haut la main par l’auteure.
Tout le bouquin se découpe par succession de deux phases appelées respectivement Les Survivants (où l’on découvre le quotidien des familles ayant recueilli un des enfants miraculés) et Le Complot (où s’affrontent les théories conspirationnistes les plus délirantes et les affabulations apocalyptiques de certains groupes religieux sur le pourquoi du comment des crash et les enjeux autour des Trois). Franchement là encore les choses se goupillent bien, on se prend rapidement au jeu.
A partir d’une successions de petits riens, des faits presque anodins pris un à un mais nettement plus significatifs quand on a une vue d’ensemble (privilège des lecteurs que nous sommes), l’auteure nous amène à nous poser des questions, à douter, voire même à installer une véritable tension nerveuse (le cas le plus flippant est celui de Jess, recueillie par son oncle Paul après la mort de ses parents). On frétille d’avance à l’idée de découvrir le fin mot de l’histoire.
Et c’est là que le bât blesse… Imaginez que vous cuisiez un soufflé au fromage, vous le voyez à travers la vitre du four qui gonfle et dore au fur et à mesure de la cuisson, quand vous éteignez le four et ouvrez la porte le truc s’effondre en une masse informe. Et quand vous décidez malgré tout de le goûter vous tombez sur un truc insipide. La comparaison peut paraître cruelle mais c’est bel et bien le ressenti premier en refermant le bouquin. Tout ça pour ça !
Ce n’est pas pour autant que je dirai que ce bouquin est un ratage total, l’auteure réussit à nous tenir en haleine avant une fin un peu trop abrupte qui ne répond à aucune des questions que l’on pouvait se poser. Les (longues) annexes finiront d’enfoncer le clou en brouillant encore un peu plus les pistes sans trancher dans le vif. Avec un final digne du reste il aurait pu prétendre à l’excellence, au lieu de ça il devra se contenter de flotter dans la zone moyenne ; à chacun de se forger sa propre opinion sur les Trois…
Encore un mot pour finir cette chronique. Si vous espérez un thriller pur jus passez votre chemin, il y a une forte part de fantastique dans le développement de l’intrigue ; pour ma part cela ne m’a pas dérangé, la lecture de la quatrième de couv’ ne m’ayant laissé aucun doute sur la question.

[BRD] La Belle Et La Bête

La Belle Et La BêteUne pause cinéma au royaume des contes de fées pour changer un peu. Place à La Belle Et La Bête, version 2014, avec Christophe Gans aux manettes.
Est-il encore besoin de présenter l’histoire ? Belle (Léa Seydoux) se rend auprès de la Bête (Vincent Cassel) à la place de son père (André Dussolier). Au lieu de la tuer la Bête lui offre l’hospitalité mais elle a interdiction de quitter le domaine. D’abord effrayée, elle va peu à peu découvrir la vérité à propos du « monstre »…
Comme tous les contes issus de la tradition orale il est difficile d’avoir une idée précise de l’origine de cette histoire ; toutefois la première version écrite est attribuée à Suzanne de Villeneuve et date de 1740. C’est cependant la version raccourcie de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, écrite en 1757, qui s’imposera comme la référence.
Le conte a fait l’objet de nombreuses adaptations (films, dessins animés, téléfilms, comédies musicales, théâtre…). Au niveau cinéma, puisque c’est quand même l’objet de ce post, je suis resté sur la version de Jean Cocteau (1946, avec Josette Day et Jean Marais) et la version animée de Disney (1991). Présentement, le réalisateur, Christophe Gans (Crying Freeman, Le Pacte Des Loups…), a pris le parti de renouer avec le conte original de Mme de Villeneuve.
Est-ce qu’une énième adaptation s’imposait ? Au vu du résultat je n’hésiterai pas à répondre OUI. Esthétiquement le film est un vrai régal pour les yeux, le jeu des acteurs est plus que convaincant et sert une intrigue enrichie par rapport au film de Cocteau. Je ne dis pas ça pour le plaisir de dézinguer un classique de plus ; j’apprécie le film de Cocteau dans son contexte mais il a quand même pris un sacré coup de vieux à plus d’un titre. Je faisais 100% confiance à Christophe Gans pour parvenir à faire du neuf avec du vieux, le pari est totalement réussi. Le réalisateur et son équipe nous offrent un film tout bonnement enchanteur, que demander de plus d’un conte de fées ?
J’ajouterai simplement que le film devrait séduire petits et grands. La dimension féerique est bien entendue respectée, si la romance entre Belle et la Bête passe au second plan c’est pour privilégier une intrigue plus dense. Une intrigue qui va se jouer sur deux plans temporels, d’une part avec une série de flash-backs qui nous expliqueront le pourquoi du comment de la malédiction de la Bête (même si on en devine la cause rapidement), d’autre part dans le présent avec les conséquences des magouilles foireuses du frère aîné de Belle. A noter que la bande son contribue aussi à créer cette ambiance enchanteresse. Peut être pas le film de l’année mais une belle réussite tout de même.