[BOUQUINS] Robert Galbraith – Blanc Mortel

AU MENU DU JOUR

R. Galbraith - Blanc Mortel
Titre : Blanc Mortel
Série : Cormoran Strike – Tome 4
Auteur : Robert Galbraith (J.K. Rowling)
Éditeur : Grasset
Parution : 2019
Origine : Angleterre (2018)
704 pages

De quoi ça cause ?

Depuis que Robin s’est marié, Cormoran Strike a instauré une certaine distance vis-à-vis de sa jeune associée ; se contentant de relations strictement professionnelles.

Un matin, Billy, un jeune homme mentalement dérangé, fait irruption dans le bureau de Strike en affirmant avoir été témoin du meurtre d’une enfant, vingt ans plus tôt… avant de disparaître aussi vite qu’il est apparu.

Peu après, Strike est embauché par Jasper Chiswell, un homme politique qui serait victime d’un chantage dont il refuse de dévoiler la teneur.

Strike va rapidement découvrir que le maître chanteur n’est autre que le frère aîné du jeune Billy. Les deux associés vont devoir se serrer les coudes pour venir à bout de cette affaire…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est le quatrième roman de Robert Galbraith (nom de plume policier de J.K. Rowling, une façon sans doute de se démarquer de l’univers Harry Potter) mettant en scène le duo Cormoran Strike et Robin Ellacott.

Ma Chronique

Avec cette série de romans et son duo d’enquêteurs, J.K. Rowling a réussi à se défaire du lien qui la rattachait à Harry Potter (tant pis pour ceux qui pensaient que ce lien était indéfectible, et tant mieux pour l’auteure) et a s’imposer dans un genre radicalement différent.

Le pari était audacieux, surtout en jouant la carte de la littérature policière, qui foisonne déjà de grands noms, mais incontestablement Robert Galbraith a su se faire une place au soleil aux côtés de ses prestigieux aînés (et je ne parle pas que des auteurs britanniques).

Une réussite qui doit beaucoup au duo atypique formé par Cormoran Strike et Robin Ellacott ; deux personnalités que tout semble opposer, mais qui s’avèrent complémentaires à plus d’un titre. Cette quatrième enquête commune le prouve une fois de plus !

Au fil des romans on suit tout autant l’enquête à proprement parler que l’évolution de Cormoran et Robin (et donc de leurs relations). C’est encore plus vrai dans ce quatrième opus, à tel point que parfois on a le sentiment que l’aspect personnel tend à supplanter l’intrigue policière.

N’allez pas pour autant en déduire que l’aspect policier stricto sensu du roman est bâclé, loin s’en faut ! L’enquête est menée de bout en bout de main de maître et nous réserve bien des surprises dans son dénouement. Si j’ai eu quelques soupçons, ils étaient plus intuitifs qu’autre chose, et j’étais loin d’imaginer le niveau d’implication des différents protagonistes.

Une enquête qui va nous plonger dans les dessous crasseux du monde politique et de l’aristocratie britannique. Mais pas que…

Un milieu qui ne manque pas d’individus qui rivalisent d’execrabilité ou de superficialité (parfois même ils cumulent ces deux tares). Une sympathique galerie de personnages en perspective, n’est-il point ?

Pour en revenir à l’aspect personnel de l’intrigue, il est évident qu’un mariage est un cap important dans la vie d’un individu (même si personnellement je n’ai aucune foi, sinon économique, en l’institution du mariage). En l’occurrence le roman s’ouvre sur le mariage de Robin et Matthew, une étape majeure dans l’évolution de leur relation.

J’aime beaucoup le personnage de Robin et de fait je suis supposé espérer le meilleur pour elle ; mais jamais je n’ai autant souhaité qu’un mariage ne se fasse pas. Non pour qu’elle puisse vivre pleinement une relation idyllique avec Strike (on n’est pas dans un Harlequin… oubliez les nuages rose bonbon et les cœurs suintant de guimauve), mais simplement parce que ledit Matthew est un sinistre con sans aucun intérêt (plus que jamais dans ce quatrième opus).

Strike de son côté reste égal à lui même, bourru à souhait, mais d’une perspicacité à toute épreuve. Avec Robin il sera tour à tour protecteur (pour ne pas dire paternaliste), affectueux (voire même tendre), complice et distant au gré des situations et de son humeur. Quant à sa vie personnelle, c’est toujours un joyeux bordel dans lequel lui-même a du mal à discerner l’issue.

Au fil de cette enquête, Strike et Robin vont se faire aider par un nouvel enquêteur ayant récemment intégré l’agence, Sam Barclay. Au vu de l’importance qui lui est donnée dans le déroulé de l’enquête, nul doute qu’il soit appelé à tenir un rôle récurrent à l’avenir.

Le fait que le côté personnel soit prépondérant dans le bouquin n’a pas que des inconvénients (même si ça casse parfois le rythme de l’intrigue), d’autant que l’on se doute bien que c’est fait dans l’optique de l’évolution future des personnages (l’auteure a d’ores et déjà annoncé qu’elle avait des idées pour une dizaine de romans).

Si Blanc Mortel n’est pas le meilleur de la série Cormoran Strike (la palme reste à La Carrière Du Mal, le troisième opus), ça n’en reste pas moins un roman de très bonne facture. Il me tarde déjà de retrouver Strike et Robin…

MON VERDICT

6000 !

Biblio

Ce matin, un lapin

STOOOP ! Coupez !

Point de lapin donc ce matin, ni de Chantal soit dit en passant. Il serait plutôt question de bouquins et de ma bibliothèque numérique. Vous l’aurez compris la bestiole vient de passer le cap des 6000 livres (6006 exactement) en maintenant une croissance constante de 1000 bouquins accumulés sur les 8 derniers mois.

Toujours fidèle à ma Kobo H2O même si j’avoue que la Forma (toujours chez Kobo) me fait de l’œil depuis déjà quelques temps… ça sent le craquage dans les prochains mois (avant le passage des 7000) ! Je ne l’achèterai certainement pas ici vu les prix (plus de 457 € à la FNAC et plus de 407 € chez Darty), mais plutôt sur Internet (280 € à la FNAC, même avec les frais de douane je suis largement gagnant).

a tué un chasseur
C’était un lapin qui
Avait un fusil.

NOOON ! Vade retro Chantalas !!!

[TV NEWS] 9-1-1

AU PROGRAMME DU JOUR


Titre : 9-1-1
Saison : 1
Création : Ryan Murphy, Brad Falchuk & Tim Minear
Production : 20th Century Fox
Diffusion US : Fox
Diffusion France : M6
Origine : USA
Format : 10 épisodes de 42 minutes

Casting

Angela Bassett : Athena Grant
Peter Krause : Bobby Nash
Connie Britton : Abby Clarke
Oliver Stark : Evan ‘Buck’ Buckley
Aisha Hinds : Henrietta ‘Hen’ Wilson
Kenneth Choi : Howie ‘Chimney’ Han

Le pitch

Du service d’appels d’urgences 911 aux pompiers, secouristes ou policiers, tous ces intervenants sont constamment sous pression, confrontés quotidiennement à des situations stupéfiantes, effrayantes, et parfois même choquantes. S’ils ont pour mission de voler au secours des personnes en danger, ces héros de l’ombre doivent aussi trouver le temps de résoudre les problèmes de leurs propres vies…

Source : Allocine.fr

Ma chronique

J’hésitais à me lancer dans cette série, craignant de tomber sur du vu et revu, mais quand quand j’ai vu que parmi les showrunners on trouvait Ryan Murphy et Brad Falchuk (tous deux aux commandes d’American Horror Story) mes doutes ont été balayés, cédant place à une franche curiosité.

Je ne sais pas qui a dit que la curiosité était un vilain défaut, pour ma part je ne peux que me féliciter d’avoir succombé à sa tentation. Cette série est une excellente surprise, et ce à plus d’un titre.

Les interventions gérées par le centre d’appel du 911 sont impeccablement mises en scène, pour l’anecdote bon nombre d’entre elles s’inspirent de véritables interventions. Sur chaque intervention le facteur humain est mis en avant, qu’il s’agisse de vivre les choses du côté des victimes ou de celui des secouristes. Le réalisme prime sur la surenchère spectaculaire, et on ne peut que s’en réjouir.

La série ne se contente pas d’enchaîner les interventions, elle donne aussi une véritable profondeur à ses personnages. En intervention chacun doit pouvoir compter sur ses coéquipiers et se donner à fond pour, dans la mesure du possible,  éviter le pire. Une fois l’uniforme raccroché, chacun se retrouve confronté aux difficultés du quotidien (qu’il s’agisse de gérer une situation présente délicate ou de composer avec les démons du passé). Je m’incline humblement devant la qualité du casting soit dit en passant.

C’est volontairement que je ne m’épanche pas sur chacun des personnages, moins vous en saurez et plus vous apprécierez.

J’ai été totalement convaincu par cette première saison. C’est pourquoi nous n’avons pas hésité à enchaîner sur la seconde saison (18 épisodes) et quelques nouveaux personnages récurrents (une standardiste du 911 interprétée par Jennifer Love Hewitt et un pompier incarné par Ryan Guzman).

♥♥♥♥

[BOUQUINS] Kenneth Cook – Outback

AU MENU DU JOUR

K. Cook - Outback
Titre : Outback
Auteur : Kenneth Cook
Éditeur : Gallimard (1964), réédition par Autrement
Parution : 2019
Origine : Australie
264 pages

De quoi ça cause ?

Alors qu’il vient de réussir un casse dans une bijouterie, Johnson tombe nez à nez avec un policier. Dans la panique, il le tue avant de prendre la fuite, devenant ainsi l’homme le plus recherché d’Australie.

Davidson, reporter de terrain, voit dans ce drame l’opportunité d’un scoop. Il se lance donc lui aussi sur les traces du fugitif…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Pour continuer à explorer la face obscure de l’univers littéraire de Kenneth Cook. Un jour il faudra que je me penche sur ses nouvelles afin de découvrir son côté plus rocambolesque.

Ma Chronique

Si Outback est bien le dernier titre en date de Kenneth Cook publié en France, c’est pourtant une vraie fausse nouveauté. Paru en VO en 1962 (c’est le second roman de l’auteur), ce roman a fait l’objet d’une première diffusion française par Gallimard en 1964 sous le titre Téléviré ; les éditions Autrement nous proposent de (re)découvrir ce roman dans une traduction révisée.

Je souligne ce point pour situer dans le temps le déroulement de l’intrigue et certains de ses aspects. Il y est notamment souvent fait mention de la peine de mort qui sera le verdict rendu en cas d’arrestation de Johnson. Dans les années 60, la peine de mort était encore en vigueur en Australie ; elle n’a été abolie sur l’ensemble du territoire fédéral qu’en 1985 (toutefois la dernière exécution remonte à 1967).

Autant j’avais aimé le roman A Toute Berzingue du même auteur, autant celui-ci me laisse un sentiment nettement plus mitigé. Il faut dire que le titre flirte avec la publicité mensongère, l’outback australien n’est en effet qu’un élément mineur du décor. On passe plus de temps dans à patauger dans les dessous du journalisme TV et ses nombreux travers (le plus abject étant le sponsoring à outrance).

Même l’aspect chasse à l’homme de l’intrigue, mis en avant en quatrième de couv’, apparaît comme étant secondaire et peine à convaincre.

Il faut dire que l’on peut difficilement ressentir une quelconque forme d’empathie pour le personnage de Johnson et ses accès de colère totalement injustifiés. Quand il ne cède pas à la colère, il est à la limite de perdre tous ses moyens, ce qui tendrait à la rendre encore plus imprévisible.

Heureusement les divers personnages composant l’équipe TV (des techniciens aux cadres dirigeants de la chaîne) évitent le naufrage sans forcément nous inspirer beaucoup plus de sympathie.

Un périple australien qui se laisse lire, mais loin d’être indispensable.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Olivier Norek – Surface

AU MENU DU JOUR

O. Norek - Surface
Titre : Surface
Auteur : Olivier Norek
Éditeur : Michel Lafon
Parution : 2019
Origine : France
424 pages

De quoi ça cause ?

Noémie Chastain est chef de groupe à la brigade des Stups du Bastion. Au cours d’une opération, elle essuie un coup de feu qui lui emporte la moitié du visage. Elle survivra, mais les blessures physiques ne seront peut-être pas les plus difficiles à soigner, les dégâts psychiques sont énormes.

Au terme de sa convalescence, sa hiérarchie décide de la « mettre au vert » en l’envoyant dans un commissariat de campagne paumé au fin fond de l’Aveyron…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Olivier Norek, une raison qui se suffit à elle-même…

Ma Chronique

Olivier Norek a conquis ses lecteurs avec son groupe Costes, trois excellents romans mettant en scène un groupe de flics de SDPJ 9-3 (service dans lequel l’auteur a lui-même officié) et que, et je ne pense pas être le seul dans ce cas, je ne désespère pas de croiser à nouveau. Puis il a surpris tout le monde avec le magistral Entre Deux Mondes, roman social et sociétal d’une noirceur insondable, mais brillant aussi d’une profonde humanité. Avec Surface il change de nouveau son fusil d’épaule tout en restant fidèle au polar.

Surface c’est avant tout l’histoire de Noémie Chastain, ou plus exactement de No comme elle se surnomme depuis la fusillade, histoire de bien souligner qu’une grande partie de son ancien moi a aussi été balayée par ce tir.

L’histoire d’une femme qui doit apprendre à vivre avec ces blessures au corps et à l’âme, à accepter le regard des autres, mais aussi et surtout à s’accepter elle-même. Et il faut bien avouer que Olivier Norek ne va pas lui simplifier la tâche. Dévisagée par le tir, plaquée par son mec, placardiser par sa hiérarchie… la totale !

Un parcours difficile décrit avec beaucoup de justesse par l’auteur. Une fois de plus il donne à son récit une dimension profondément humaine qui va droit au cœur. On a envie de voir Noémie se redresser, tel un phénix renaissant de ses cendres.

Un vibrant (et brillant) hommage à ces hommes et femmes de l’ombre qui réparent les gueules cassées et les âmes brisées de nos soldats et de nos flics blessés en opération. Un hommage bienvenu dans une période où la tendance (nauséabonde) du moment serait plus de cracher à la gueule des flics.

On retrouve cette même humanité bienveillante (mais sans une once de niaiserie) dans la relation que Noémie essaye de mettre en place avec sa nouvelle équipe. Pas évident quand on sait que son but, inavoué, est de faire fermer ce commissariat avant de rentrer à Paris et retrouver son groupe.

Une humanité que l’on retrouve aussi dans le contexte rural du récit, tous les habitants du village se connaissent, les relations avec la police ne sont pas aussi impersonnelles qu’elles peuvent l’être dans une grande ville.

Mais Surface c’est aussi un roman policier. N’allez surtout pas imaginer que Olivier Norek néglige cet aspect de son récit ; il nous propose une intrigue soignée, maîtrisée de bout en bout et riche en surprises jusqu’à une ultime révélation totalement inattendue.

Une intrigue surgie d’un passé que beaucoup auraient préféré laisser dormir dans les profondeurs de l’oubli. Où les secrets du passé auront des répercussions dans le présent.

Une intrigue qui permet à l’auteur de mettre en avant une unité méconnue de la police, la brigade fluviale, basée à Paris, mais ayant une compétence nationale. Brigade d’élite qui a pourtant été pointée du doigt l’an dernier suite au décès d’une de ses plongeuses, Amandine Giraud, au cours d’un entrainement.

Dans le roman c’est surtout l’occasion pour l’auteur de nous offrir une séance de plongée d’une incroyable intensité.

Une fois de plus Olivier Norek signe un polar qui fera date et qui ne ressemble à nul autre. Un polar avec une héroïne hors du commun que l’on a envie de retrouver dans d’autres aventures.

MON VERDICT
Coup double

[BOUQUINS] Xavier Massé – L’Inconnue De L’Equation

AU MENU DU JOUR

X. Massé - l'inconnue de l'équation

Titre : L’Inconnue De L’Équation
Auteur : Xavier Massé
Éditeur : Taurnada
Parution : 2019
Origine : France
260 pages

De quoi ça cause ?

Une dispute familiale qui tourne mal, des tirs sont échangés, la maison est incendiée, le couple est mort, leur fils est en soins intensifs, entre la vie et la mort.

Deux témoins des faits, Mireille, la grand-mère de l’enfant (la mère du mari) et l’inspecteur Binger, une enquêtrice présente sur place, blessée lors de la fusillade.

Les inspecteurs Migue et Dida vont interroger les témoins pour tenter de faire la lumière sur ce drame.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que Joël des éditions Taurnada m’a proposé de découvrir ce titre en avant-première (parution le 16 mai).

Ma Chronique

Je remercie Joël et les éditions Taurnada pour leur confiance renouvelée et l’envoi de ce roman en SP..

Comme souvent chez Taurnada je trouve la couverture particulièrement soignée, même si, je dois bien avouer que je ne vois pas trop son rapport avec l’intrigue du roman. Il n’est en effet à aucun moment question de suicide dans ce bouquin.

La quasi-totalité de l’intrigue s’articule autour de l’interrogatoire des deux témoins des faits, chacun ignorant l’existence de l’autre. Interrogatoire qui va nous plonger dans une suite de flashbacks permettant de découvrir la vie de la famille Conut (les victimes) et l’enchaînement des faits ayant mené à cette issue tragique.

À ce niveau l’on notera que les enquêteurs n’auront que des témoignages indirects, essentiellement fondés sur les propos du père (c’est lui qui fera le récit des faits à sa mère puis à l’inspecteur Binger), pour se faire une idée de ce qu’était la vie de la famille Conut.

Xavier Massé concentre son récit sur les témoignages et les faits, les personnages étant simplement acteurs de son intrigue. L’absence de réelle personnalité des intervenants aurait pu être une faiblesse, mais elle n’empêche en rien l’instauration d’une réelle tension psychologique.

Comme les inspecteurs Migue et Dida, vous n’avez pas fini de vous poser des questions, voire même de vous triturer les méninges, à essayer de comprendre comment les Conut en sont arrivés là. Et bien malin celui ou celle qui découvrira le fin mot de l’histoire avant qu’il ne vous soit révélé.

L’intrigue est parfaitement maîtrisée, on se fait littéralement balader par les témoignages. Comme les enquêteurs, on sent bien qu’il y a une couille dans le manou mais à aucun moment on ne parvient à la pointer du doigt avec certitude.

Qui ment ? Pourquoi ? Qui manipule qui ? L’auteur répondra à toutes vos questions en temps et en heure, et je suis convaincu que vous serez bluffé par le machiavélisme de son scénario. En tout cas moi je l’ai été, et pas qu’un peu !

L’Inconnue De L’Équation est le second roman de Xavier Massé, cette lecture (dévorée d’une traite) m’a donné envie de découvrir son aîné, Répercussions ; ça tombe bien puisqu’il est justement dans mon Stock à Lire Numérique.

Dans ses remerciements Xavier Massé cite Lau Lo, une blogueuse pour qui j’ai beaucoup d’estime même si je ne suis pas toujours d’accord avec elle (heureusement, la vie serait triste à mourir si la blogosphère était une plateforme à pensée unique). Cette chronique, publiée avant la parution du roman, est un exemple de ces divergences de vues.

MON VERDICT
Coup de poing

[BOUQUINS] Harriet Tyce – Blood Orange

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H. Tyce - Blood Orange
Titre : Blood Orange
Auteur : Harriet Tyce
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2019
Origine : Angleterre
400 pages

De quoi ça cause ?

Allison Wood est avocate pénaliste, sa carrière est en passe de connaître un nouvel essor avec une première affaire de meurtre à plaider.

Mais sa réussite professionnelle se fait au détriment de sa vie de couple et de sa vie familiale, d’autant qu’elle ne parvient pas à mettre fin à la relation toxique qu’elle entretient avec son amant.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est La Bête Noire, une collection de Robert Laffont qui ne m’a jamais déçu.

Un titre sollicité auprès de Net Galley début mars, acceptation tardive reçue le 18 avril.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Robert Laffont et Net Galley pour leur réponse favorable et leur confiance.

Il est des bouquins qui me font craquer instantanément pour leur personnage et d’autres qui, au contraire, me le font prendre en grippe ; Blood Orange appartient à cette seconde catégorie.

Dès les premières pages, le personnage d’Allison m’a hérissé le poil. Qu’elle s’envoie en l’air avec un amant qui ne semble pas avoir grand-chose à foutre de sa petite personne, qu’elle se bourre la gueule à la moindre occasion, qu’elle soit une piètre épouse et plus encore une piètre mère… ça ne joue certes pas en sa faveur, mais ça aurait pu passer. C’est plutôt son inconstance (voire son inconsistance) qui l’enfonce plus que tout le reste.

La nana a bien conscience de merder dans les grandes largeurs, mais semble incapable de se tenir à ses bonnes résolutions qui la poussent à vouloir changer. Impossible de ne pas la voir comme un monstre d’égoïsme un peu idiote.

Je n’ai pas eu beaucoup plus d’empathie pour le mari cocu, Carl ; son côté monsieur propre, psychorigide et adepte de la morale à deux balles, m’a de suite semblé trop parfait pour être honnête.

Pas davantage de considération pour Patrick, l’amant. D’entrée de jeu le gars ne semble pas clair même s’il l’assume pleinement.

Je tiens toutefois à préciser que même si je n’ai ressenti aucune empathie pour les personnages principaux, cela ne m’a nullement empêché de passer un agréable moment en compagnie de ce bouquin.

L’intrigue va s’articuler autour de deux axes, avec d’un côté la sphère privée d’Allison (sa vie de famille) et de l’autre l’aspect purement juridique (l’affaire de meurtre dont elle a la charge). Ces deux facettes sont bien dosées, mais ne réservent pas de grandes surprises (voire même franchement prévisible sur certains aspects) ; même si je ne m’attendais pas au revirement final.

Harriet Tyce opte pour un récit à la première personne en nous faisant vivre son intrigue par le biais d’Allison. Malgré un manque évident d’originalité et de surprise, le récit est suffisamment addictif pour nous donner envie d’aller toujours plus avant afin de suivre le déroulé des événements et ses dénouements.

Un premier roman plutôt convaincant qui me donne envie de suivre l’auteure si jamais elle décidait de poursuivre sur la voie de l’écriture (a priori il n’y a pas de raison pour qu’elle y renonce).

MON VERDICT

[BOUQUINS] Jean-Christophe Grangé – La Dernière Chasse

AU MENU DU JOUR

J.C. Grangé - La Dernière Chasse
Titre : La Dernière Chasse
Auteur : Jean-Christophe Grangé
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2019
Origine : France
416 pages

De quoi ça cause ?

Quand Jürgen von Geyersberg, héritier d’un empire industriel allemand, est retrouvé mort dans une forêt alsacienne, le commissaire Pierre Niemans et le lieutenant Ivana Bodnanovic sont envoyés en renfort auprès des enquêteurs allemands.

Rapidement les enquêteurs découvrent que la mise à mort de Jürgen est la copie conforme d’une méthode très prisée par les chasseurs. La famille Geyersberg est justement réputée pour ses chasses, Niemans et Bodnanovic vont enquêter au cœur de l’empire Geyersberg, n’en déplaise à leurs homologues allemands…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Jean-Christophe Grangé (JCG pour les habitués), un des rares auteurs reconnus (14 romans parus depuis 1994) dont je peux affirmer, non sans une certaine fierté, avoir lu tous les bouquins. Il y a du bon (du très bon même parfois) et du moins bon, mais jamais de réelle déception.

Son roman Les Rivières Pourpres (1998) a pour moi une saveur particulière, c’est en effet avec ce titre que j’ai découvert l’auteur (j’ai lu sur la lancée son premier roman, Le Vol Des Cigognes). Retrouver, contre toute attente, le personnage de Pierre Niemans est une agréable surprise.

Ma Chronique

Le roman Les Rivières Pourpres a été adapté au cinéma par Mathieu Kassovitz en 2000, avec Jean Reno dans le rôle de Niemans. En 2018, Pierre Niemans revient à l’écran sous les traits d’Olivier Marchal dans une série TV de 8 épisodes ; La Dernière Chasse est la version romancée des deux premiers épisodes de ladite série.

Pierre Niemans est le flic tourmenté par excellence, un enquêteur aussi efficace qu’incontrôlable, il traque impitoyablement les criminels les plus abjects, quitte à faire abstraction des procédures et règlements. Sa douloureuse expérience dans les Alpes (cf Les Rivières Pourpres) ne l’a pas assagi, loin s’en faut. Mais incontestablement cette enquête l’a marqué, physiquement et psychologiquement, de façon indélébile.

Pour contrebalancer un tel tempérament, l’auteur aurait pu lui adjoindre un flic droit dans ses bottes, respectueux des procédures et tutti quanti. Eh bin non ! Si Ivana Bogdanovic est plus modérée dans ses réactions, elle doit aussi composer avec ses propres démons et un passé houleux.

Un duo qui fonctionne parfaitement, chacun respectant et complétant l’autre ; ce qui n’empêchera pas, parfois, leur relation de faire quelques étincelles, voire de devenir franchement explosive.

Une fine équipe qui n’en finira pas de donner des cheveux blancs à Kleinert, le responsable de l’enquête du côté allemand. Un flic rigoureux et procédurier chargé de superviser et chapeauter ces deux électrons libres français.

Les enquêteurs vont devoir fouiller dans les secrets de la dynastie Geyersberg, des aristocrates qui règnent sans partage sur cette région de la Forêt-Noire depuis la nuit des temps. Conscients de leur poids économique pour la région, voire le pays, ils ne semblent craindre rien ni personne ; surtout pas la justice des roturiers.

Au fil de leur enquête, les trois flics vont devoir se transformer en chasseurs s’ils ne veulent pas devenir des proies. D’autant que face à eux, d’autres chasseurs, sombres réminiscences de l’Allemagne nazie, ne connaissent aucune limite.

Une intrigue rondement menée mais sans grande surprise au final (ce qui n’empêche pas quelques revirements inattendus). Sans doute pas le meilleur de JCG mais ça reste un bon cru. Et surtout un Grangé moyen reste un très bon thriller.

MON VERDICT

[BRD] Ant-Man Et La Guêpe

À L’AFFICHE DU JOUR

Ant-Man Et La Guêpe
Titre : Ant-Man Et La Guêpe
Réalisation : Peyton Reed
Production : Marvel Studios
Distribution : Walt Disney Company
Origine : USA (2018)
Durée : 1h58

Casting

Paul Rudd : Scott Lang / Ant-Man
Evangeline Lilly : Hope Van Dyne / La Guêpe
Michael Douglas : Hank Pym
Walton Goggins : Sonny Burch
Hannah John-Kamen : Ava Starr / Ghost

Le pitch

Assigné à résidence par le FBI, Scott Lang a dû renoncer au costume de Ant-Man. C’est l’occasion pour lui de passer plus de temps avec sa fille.

Mais la trêve sera de courte durée, Hope Van Dyne et Hank Pym ont besoin de son aide pour ramener Janet Van Dyne du monde quantique dans lequel elle est restée bloquée des années plus tôt.

Le trio devra composer avec les forces de l’ordre, mais aussi faire face à des adversaires qui entendent bien mettre la main, pour différentes raisons, sur la technologie développée par Hank Pym.

Ma chronique

Ant-Man Et La Guêpe est le vingtième film du MCU (Marvel Cinematic Universe) et l’avant-dernier avant le très attendu Endgame.

Comme l’indique le titre, et comme le laissait présager le final de Ant-Man, nous aurons le droit à deux super-héros pour le même prix. Et la première super-héroïne du MCU (elle a depuis été rejointe par Captain Marvel).

Comme moi vous vous demandez peut-être où se situe le film par rapport à Infinity War, vous devrez patienter jusqu’à la première séquence post générique pour découvrir le lien (nécessaire pour la suite des événements) entre les deux films.

Soyez toutefois assuré que d’ici là vous n’aurez pas le temps de vous ennuyer ! Même si le ton est résolument plus léger que celui d’Infinity War et l’humour omniprésent, le film laisse la part belle à l’action, notamment aux cascades en tout genre. Il faut dire que la technologie mise au point par Hank Pym a pas mal évolué, qu’il s’agisse des costumes (même si celui de Ant-Man n’est pas toujours très fiable) ou des accessoires, du plus petit au plus grand. Vous passerez en quelques clics du gigantesque au minuscule…

Outre le soutien technologique, nos comparses pourront aussi compter sur l’aide des anciens complices de Scott Lang (devenus depuis ses associés dans une entreprise de sécurité), Luis, Dave et Gale. Une fine équipe de bras cassés qui pourra toutefois s’avérer bien utile.

Il faut dire que toute aide est la bienvenue quand on a une bande de trafiquants sur le dos et un mystérieux fantôme à affronter. Sonny Burch et Ghost cherchent en effet à s’emparer de la technologie de Hank Pym, pour des raisons différentes et chacun de leur côté.

Évidemment les effets spéciaux sont totalement maîtrisés, qu’il s’agisse de jouer sur les effets de taille ou de découvrir le monde quantique. On en prend plein les mirettes !

Un agréable divertissement totalement assumé et qui remplit parfaitement son rôle. On s’éclate sans prise de tête ; que demander de plus ?

Avec un budget de 162 millions de dollars le film ferait presque office de junior face à Infinity War ou Endgame (dont les budgets seraient compris entre 300 et 400 millions), il n’en reste pas moins que sa rentabilité est assurée avec un box office mondial qui flirte avec les 650 millions de dollars (même si on est encore loin des 2 milliards engrangés par le troisième opus des Avengers).

♥♥♥♥½