[BOUQUINS] Blanche Monah – La Cage Dorée

X-rated

B. Monah - La cage doréeNouvelle escale dans le monde de l’auto-édition, avec en prime un roman érotique. la chose s’appelle La Cage Dorée et est signée Blanche Monah (voir son blog).
Heather Delacroix, jeune femme de bonne famille et des beaux quartiers, entre au Studio Brastow comme stagiaire. Immédiatement Ousmane Villon, dit Phénix, un des photographes du studio, la prend en grippe ; elle représente en effet tout ce qu’il déteste. Mais il ignore que sous ses airs hautains et son apparence froide se cache un terrible secret…
L’avertissement au lecteur promet des « scènes de violence psychologique et physique intenses« , et sur ce point il est vrai que l’on est servi. A tel point que par moment le roman se lit presque comme un thriller psychologique.
Pour un premier roman Blanche Monah fait un choix audacieux avec un sujet qui risque de choquer, voire même dégoûter certains lecteurs. Je ne parle pas du fait d’avoir opté pour un récit érotique, il faut vivre avec son temps, c’est un genre littéraire à part entière ; mais plutôt de la relation entre Heather et son père, qui traite sa fille comme un jouet sexuel dont il use et abuse sans vergogne depuis des années.
Ce qui m’améne tout naturellement à faire un tour d’horizon des personnages, en commençant bien entendu par Heather. Je sais qu’une relation de domination/soumission peut être ravageuse sur le long terme mais j’avoue que par moment sa résignation m’a davantage fait enrager (envie de meurtre ? Presque) qu’autre chose. Du coup j’ai eu un peu de mal à éprouver de l’empathie pour elle.
J’ai par contre beaucoup aimé le personnage de Phénix, sous ses apparences de gros dur il y a un petit coeur qui bat… Du coup il va tout faire pour essayer de sortir sa « princesse » des griffes de ses bourreaux. Un personnage déterminé qui ne se laisse pas abattre à la moindre contrariété (sacré contraste rapport à Heather).
Puis il y a Arnaud, le père d’Heather, et Jérôme, collègue de Arnaud et futur gendre désigné d’Heather. Est-il besoin de s’attarder sur de pareilles ordures ? Pas un pour racheter l’autre, on aimerait tant les voir souffrir et agoniser longtemps, très longtemps…
Vous l’aurez sans doute compris, le titre fait référence à l’existence même d’Heather, vu de l’extérieur ça semble idyllique, mais de l’intérieur c’est une véritable prison pour la jeune femme.
Le style est agréable, la lecture fluide. Au fil des chapitres l’auteure donne la parole à ses personnages qui raconte l’histoire selon leur propre point de vue. Peut être encore quelques erreurs de jeunesse çà et là mais globalement j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman. Mais je confirme l’avertissement de l’auteur : à ne pas mettre entre toutes les mains !

MON VERDICT
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J’ai toujours affirmé que je serai plus tolérant concernant la mise en page et la typographie d’un ouvrage auto-édité que s’il s’agissait d’un bouquin qui sortirait d’une grande maison d’édition (ils n’ont pas la même logistique entre la rédaction et la publication). Mais en l’occurrence le bouquin aurait besoin d’une sérieuse reprise en main, ne serait-ce que pour corriger le « visuel ». Après deux chapitres lus je suis passé en mode Sigil pour harmoniser l’ensemble (et tant que j’y suis alléger et uniformiser le code).
Certes le fichier que j’ai lu est un epub converti à parti du fichier Kindle, mais un rapide coup d’oeil à la page du blog permet de constater que cette manipulation n’explique pas tout. Je citerai en vrac et sans être exhaustif :
– Parfois le début du paragraphe est en retrait, d’autres fois non
– De nombreux tirets simples débutent les dialogues alors que par ailleurs ils sont identifiés par des tirets semi-cadratin)
– Toujours dans les dialogues : pas d’espace entre le tiret et le début du dialogue
– D’un chapitre à l’autre la police change de taille sans respecter la moindre logique

Je n’entends pas critiquer pour le plaisir de critiquer mais avec ces remarques j’espère apporter aux auteurs quelque chose de constructif pour leur permettre de proposer aux lecteurs un travail aussi abouti que faire se peut. Je n’ai aucunement tenu compte de ces petits soucis techniques dans ma notation.

Chers auteurs indépendants, je sais que Amazon est une plate-forme qui facilite grandement la diffusion de votre travail mais le monde de la lecture numérique ne s’arrête pas à la Kindle et son format propriétaire. Si vous en avez la possibilité n’hésitez pas à diffuser vos romans au format epub (via 7switch par exemple), vous toucherez ainsi un public plus large.
Convertir un fichier azw (Kindle) en epub permet d’outrepasser cette contrainte, mais la manipulation n’est pas forcément à la portée de tous les lecteurs (les plus curieux trouveront aisément un tuto sur Internet). Les plus maniaques pourront peaufiner le travail avec Sigil afin de « nettoyer » le code.

[TV News] Félicitations à Christian

Une fois n’est pas coutume, et je pense même que ce sera la seule et unique fois qu’un post de ce genre verra le jour sur ce blog, je voudrai rendre un vibrant hommage à un candidat d’un jeu TV pour son parcours hors pair.
Il s’agit de M. Christian Quesada, candidat qui restera dans les annales des 12 Coups de Midi, présenté par Jean-Luc Reichmann sur TF1 tous les jours. Christian en chiffres c’est :
– 193 participations (le précédent record était détenu par Bruno avec 80 participations)
– plus de 5000 questions lui ont été posé et il n’a que très rarement été mis en difficulté
– une cagnotte de 809 392 € (le précédent record était détenu par Alexandre avec 417 828 €)
– six étoiles mystérieuses découvertes (ce qui lui laisse tout de même pas loin de 600 000 € en cash)

Christian

Christian, 52 ans, est arrivé sur le plateau le 4 juillet 2016. Sans emploi suite à un problème de santé, en fin de droits pour le RSA, deux enfants à charge. Il lui restait alors en tout et pour tout 60 € sur son compte. Il sera éliminé le 14 janvier 2017 après avoir pulvérisé tous les records de l’émission mais sans avoir atteint son objectif (remporter 1 000 000 €).

Christian est un homme remarquable, d’une incroyable humilité et profondément humain. Son savoir quasi encyclopédique s’étendait à tous les domaines (sauf la cuisine et les people) et il n’hésitait à expliquer ses réponses avant que Zette (la voix off de l’émission) n’ait à le faire.

Encore bravo à Christian et merci pour tous ces bons moments passés en sa compagnie (même si je suis loin d’avoir suivi toutes les émissions), et toutes ces émotions qu’il a partagé sans fausse pudeur avec les téléspectateurs (souvent du rire, mais aussi, parfois, des larmes).

Si Christian a su rester de marbre face aux nombreuses critiques dont il a été l’objet, je voudrais dire à tous ces minables un gros merde, et leur adresser un doigt d’honneur qui vient du fond du coeur. Essayez de faire ne serait-ce que la moitié de son parcours et on reparlera, que votre jalousie et votre mesquinerie vous étouffent tous autant que vous êtes !

[BOUQUINS] Ingrid Desjours – La Prunelle De Ses Yeux

I. Desjours - La prunelle de ses yeuxJ’ai pris pas mal de retard dans la collection La Bête Noire de Robert Laffont, La Prunelle De Ses Yeux signé Ingrid Desjours me donne l’occasion de me replonger avec plaisir au coeur de cette collection.
2003. Région parisienne. Victor, 17 ans, est assassiné dans des circonstances encore troubles même si tout semble désigner Maya Torres comme coupable ; Maya est quant à elle supposée avoir trouvé la mort dans un attentat survenu le lendemain du meurtre. 2016. Irlande. Gabriel Imbramovic’, aveugle, demande à Maya de lui servir d’accompagnatrice le temps d’un séjour en France, un service généreusement rémunéré que la jeune femme acceptera malgré son appréhension à revenir sur le sol français…
Je suis novice dans l’univers littéraire d’Ingrid Desjours mais son précédent roman, Les Fauves, m’avait fait forte impression ; impression renforcée par le fait que son intrigue était étroitement liée à la tragique actualité du moment (j’étais en train de lire que Paris a été la cible d’attaques terroristes, dont celle du Bataclan).
Certes ce roman est moins ancré dans l’actualité du moment et de fait l’impact émotionnel est moindre. Il n’en reste pas moins que l’on retrouve la même profondeur psychologique dans l’intrigue ; l’auteure sais s’y prendre pour nous plonger dans les méandres de l’esprit humain (il faut dire qu’elle est psycho-criminologue de formation, ça aide).
Au fil des chapitres on retourne en 2003 en compagnie de Victor qui vient d’intégrer Métis, une institution qui forme les élites de demain, et cherche plus particulièrement à se rapprocher d’un groupe d’élèves qui est la crème de la crème de l’établissement. On découvre peu à peu les réelles motivations de Victor et les circonstances de sa mort.
Puis il y a l’intrigue présente qui confronte Gabriel (le père de Victor) à Maya (sa supposée meurtrière), persuadé de connaître toute la vérité sur la jeune femme et donc d’avoir pris les bonnes décisions. Là encore les surprises ne manqueront de vous ébranler au fil des révélations.
Des personnages attachants (même si au départ je voyais en Victor un gros con pourri gâté), profondément marqués par la vie mais encore plein d’humanité. Et puis il y a le côté obscur, Tancrède Sinclair, nul doute que vous allez adorer le détester, encore et encore, de plus en plus…
Une intrigue totalement maîtrisée qui a su me tenir en haleine quasiment de la première à la dernière page, l’occasion aussi, à plusieurs reprises, de voir voler en éclat mes certitudes sur tel ou tel aspect du récit.
L’occasion aussi de découvrir les troubles de conversion ; un handicap apparaît chez la « victime » sans la moindre explication pathologique ou physiologique, juste parce que votre cerveau a décidé qu’il en était ainsi… Et le pire c’est que la chose est quasiment incurable ! Chez Gabriel c’est la cécité de conversion qui a frappé. Il faut dire que le choc psychologique subit a été énorme le concernant.
Ingrid Desjours ne nous ménage pas, la violence est aussi bien physique que psychologique, sur ce dernier point l’auteure nous fait découvrir deux expériences scientifiques en rapport avec la soumission et la domination (j’ai dit scientifique, pas pornographique ! N’allez pas vous imaginer des trucs). Une écriture qui nous prend aux tripes mais aussi au coeur. Totalement addictif et sans le moinde temps mort. Un roman qui vous en mettra plein les mirettes… et accessoirement plein la gueule !
Une fois encore La Bête Noire a été fidèle à sa réputation et a frappé un grand coup en nous proposant un thriller très haut de gamme.

MON VERDICT
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[BRD] Suicide Squad

Suicide SquadPour ma première chronique cinéphile de l’année 2017 j’ai opté pour un film qui attisait ma curiosité malgré un accueil mitigé : Suicide Squad de David Ayer.
Pour faire face à une éventuelle menace liée aux méta-humains, l’agent Amanda Waller (Viola Davis) propose à l’état-major la création d’une Task Force X composée des pires criminels de Gotham City. Force dirigée par elle même et le Colonel Rick Flag (Joel KInnaman). Malgré quelques réticences initiales le projet sera validé afin de contrer les projets de l’Enchanteresse (Cara Delevingne)…
Vous l’aurez compris nous avons lorgné du côté de l’univers DC Comics, et plus précisément du côté des super-méchants avec au casting Floyd Lawton / Deadshot (Will Smith), Dr Harleen Quinzel / Harley Quinn (Margot Robbie), Digger Harkness / Captain Boomerang (Jai Courtney), Chato Santana / El Diablo (Jay Hernandez) et Waylon Jones / Killer Croc (Adewale Akinnuoye-Agbaje). Plutôt prometteur non ? Surtout si vous ajoutez en guest Le Joker (Jared Leto).
Sur le papier nous avons le droit à du lourd mais une fois transposé à l’écran le résultat reste très mitigé. Jared Leto surjoue la folie pour interpréter le Joker, on est loin de l’interprétation magistrale de Heath Ledger dans The Dark Knight de Christopher Nolan. Quant à la fameuse Task Force X les membres manquent cruellement de méchanceté, parfois ça frôle même la sensiblerie. Le fiasco est toutefois évité grâce à l’interprétation de Margot Robbie qui incarne à la perfection la folie, la fougue et l’insouciance de Harley Quinn.
A vrai dire hormis l’Enchanteresse et son projet de destruction de l’humanité, la véritable ordure du film reste Amanda Waller ; Viola Davis réussit à merveille à déshumaniser son personnage pour en faire un agent froid et calculateur. Je ne vous cacherai pas que plus d’une fois j’ai espéré qu’elle connaîtrait une fin brutale ; mais ne comptez pas sur moi pour vous révéler si mon souhait a été exaucé.
L’intrigue reste divertissante et visuellement convaincante mais globalement l’originalité n’est pas vraiment de mise. Le show est assuré et ce n’est déjà pas si mal. Peut être que c’est moi qui attendais trop de ce film…
Au niveau des prochains rendez-vous avec l’univers DC Comics, nous aurons cette année le droit à Wonder Woman et surtout au très attendu Justice League. Quant à notre Suicide Squad, une suite est annoncée mais à l’heure d’aujourd’hui la date de sortie reste inconnue.

♥♥♥½

[BOUQUINS] Richard Adams – Watership Down

R. Adams - Watership DownAu menu du jour une chronique que j’aurai pu intituler « Mieux vaut tard que jamais » puisque que c’est le roman de Richard Adams, Watership Down, qui aura titillé ma curiosité.
Fyveer prévient son frère Hazel qu’un grand danger plane sur leur garenne mais sans pouvoir lui en dire davantage sur la nature de cette menace. Le Maître de la garenne refusant d’évacuer les lapins, seuls quelques volontaires acceptent de suivre Hazel et Fyveer dans ce voyage vers l’inconnu…
Watership Down a été publié pour la première fois en 1972 au Royaume Uni (un tirage plus que modeste à 2500 exemplaires). Le succès viendra deux ans plus tard, en 1974 avec une publication aux Etats-Unis assurée par une grosse maison d’édition (Macmillan) ; en un an le roman passera le cap du million d’exemplaires vendus. En France il faudra attendre 1976 pour que Flammarion propose une traduction de Pierre Clinquart sous le titre Les Garennes De Watership Down. Avec la présente édition, publiée par Monsieur Toussaint Louverture en 2016, on peut découvrir le texte dans une version revue et corrigée par Pierre Clinquart.
Avant cette nouvelle édition on estimait que le roman s’était vendu, de part le monde, à plus de cinquante millions d’exemplaires. Un joli succès pour ce qui ne fut au départ qu’une histoire que Richard Adams racontait à ses filles.
Le hasard a voulu que je me lance das cette lecture courant décembre 2016, l’auteur est décédé le 24 décembre dernier à l’âge (plus qu’honorable) de 96 ans.
Franchement si on m’avait dit que je me laisserai captiver par une histoire de lapins en goguette, au mieux j’aurai affiché ma moue la plus sceptique qui soit, au pire j’aurai carrément ris au nez de mon interlocuteur. Sérieux quoi, j’ai passé l’âge pour ce genre d’histoire… Et bin j’aurai eu tout faux !
Si l’on retrouve bien tous les ingrédients d’un récit de fantasy, je n’irai pas non jusqu’à comparer Watership Down au Seigneur des Anneaux ou au Trône de Fer ; l’intrigue est nettement moins complexe en compagnie de nos valeureux lapinous. Il n’en reste pas moins que Richard Adams nous propose un beau récit d’aventure qui flirte même avec le voyage initiatique, un mix totalement addictif et captivant (le délai pour le lire n’est dû qu’à la période festive qui a largement empiété sur mon temps de lecture).
Au niveau des personnages (oui je sais, ce sont essentiellement des lapins) on trouve une galerie de personnalités variées mais complémentaires. A la tête de la troupe on trouve Hazel, le leader charismatique qui sait qu’il n’a pas le droit de se laisser abattre par les épreuves, il lui faut en permanence motiver ses compagnons de voyage. Fyveer, son jeune frère, fait office de mystique du groupe depuis sa vision. Bigwig et Silvère sont les gros bras de la troupe, ils ne reculeront devant aucun danger pour permettre à leurs amis de progresser. Dandelion s’avérera être un conteur hors pair qui ravira ses compagnons (et nous même, lecteurs) avec les légendes de Shraavilshâ (l’équivalent lapin de notre Robin des Bois).
Au fil de leur périple riche en rebondissements en tout genre, nos amis lapinous feront de nombreuses rencontres, certaines amicales (j’ai adoré le personnage de Keehar) d’autres nettement moins sympathiques. Il faut bien reconnaître que pour des lapins en vadrouille, les dangers ne manquent pas, à commencer bien entendu par l’homme et ses acolytes à quatre pattes (chiens et chats), mais même loin des hommes les dangers ne manquent pas, renards, belettes, faucons… et même d’autres lapins !
L’écriture et le style de l’auteur assurent une lecture d’une grande fluidité, d’autant que Richard Adams joue habilement avec les changements de rythme au fil des chapitres.
Vous l’aurez compris les lapins de Watership Down auront su tirer de son hibernation mon âme d’enfant ; j’ai craqué et leur accorde sans hésitation mon premier coup de coeur de cette année 2017.
En 1996, Richard Adams a publié Tales From Watership Down, un recueil de nouvelles liées encore inédit en français. Avec un peu de chance l’éditeur se penchera sur la question et permettra aux lecteurs français de retourner à leur garenne préférée.
2017 permettra aux fans de Watership Down de retrouver leurs lapins favoris sur petit écran, ABC et Netflix travaillent en effet sur une mini-série en 4 épisodes d’une heure chacun. Je sais d’ores et déjà que je serai au rendez-vous devant ma TV.

MON VERDICT
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Bilan livresque 2016

2016 c’est 93 bouquins lus (contre 69 en 2015). Uner année placée, une fois de plus, sous le signe du numérique (13 à table, édition 2016 aura été ma seule lecture au format papier).

2016 aura été riche en belles découvertes, notamment dans le milieu de l’auto-édition. Je remercie tout particulièrement les auteurs qui se sont prêtés au jeu de mes tête à tête virtuels (six échanges depuis septembre 2016) : Elen Brig Koridwen, Edith Couture Saint-André, Sara Greem, Paul Clément, Frédéric Clémentz, Morgan of Glencoe.
Un exercice auquel j’ai fini par prendre goût et que je compte bien poursuivre (et si possible intensifier) en 2017 en me concentrant exclusivement sur les auteurs issus de l’auto-édition et de l’édition indépendante. Bref aux auteurs à qui l’on ne donne pas suffisamment l’occasion de défendre leur travail. Pourquoi irai-je proposer un tête à tête à Maxime Chattam (auteur que j’adore au plus haut point) alors qu’à chaque nouveau roman qu’il publie des dizaines (voire plus) d’interviews lui sont proposées… qui plus est par des professionnels.

Janvier 2016 : 4 livres lus
Coup de coeur : Jeux, Tue, Ils de Muriel Houri

Février 2016 : 7 livres lus
Coups de coeur : Serre-Moi Fort de Claire Favan et Méthode 15-33 de Shannon Kirk

Mars 2016 : 10 livres lus
Coups de coeur : Condor de Caryl Férey, Carnets Noirs de Stephen King et Addictions de Jac Barron

Avril 2016 : 8 livres lus
Coups de coeur : Le Fil Rouge de Paola Barbato, Surtensions de Olivier Norek et Quand La Neige Danse de Sonja Delzongle

Mai 2016 : 5 livres lus
Coups de coeur : Pottsville, 1280 Habitants de Jim Thompson et Congo Requiem de Jean-Christophe Grangé

Juin 2016 : 8 livres lus
Coups de coeur : Les Maraudeurs de Tom Cooper, Le Coma Des Mortels de Maxime Chattam et Rêver de Franck Thilliez

Juillet 2016 : 9 livres lus
Coups de coeur : Le Serment Du Passeur de Frédéric Clémentz, C’Est Dans La Boîte de Frédéric Ernotte et Je Voyage Seule de Samuel Bjork

Août 2016 : 9 livres lus
Coups de coeur : La Vague de Boyd Morrison et Bull Mountain de Brian Panowich

Septembre 2016 : 6 livres lus
Coups de coeur : Les Trois Sages de Elen Brig Koridwen et Publicité Pour Adultes de Sara Greem

Octobre 2016 : 7 livres lus
Coups de coeur : Le 13ème Cantique de Frédéric Clémentz et Creuse La Mort de Paul Clément

Novembre 2016 : 8 livres lus
Coups de coeur : Le Garçon de Marcus Malte, La Dernière Geste de Morgan of Glencoe et Là Où Naissent Les Ombres de Colin Winette

Décembre 2016 : 12 livres lus
Coups de coeur : Le Contorsionniste de Craig Clevenger, Rouge Armé de Maxime Gillio et Un Homme A Terre de Roger Smith

De nombreuses autres lectures réalisées au cours de cette année sortent du lot mais il faut bien faire de choix, alors tant pis pour les oubliés, j’assume.

[BOUQUINS] Roger Smith – Un Homme A Terre

R. Smith - Un homme à terreIl est des auteurs dont on sait, avant même d’ouvrir leur bouquin, que l’on va en prendre plein la gueule. Roger Smith est incontestablement de ceux-là. Quand on m’a offert son dernier roman en date Un Homme A Terre en numérique je ne lui ai guère laissé le temps de prendre la poussière dans mon Stock à Lire Numérique.
Alors que John et Tanya Turner s’engueulent pour une énième fois, trois individus, cagoulés et armés, font irruption dans leur villa. La résidence des Turner va rapidement se transformer en antichambre de l’Enfer…
Après avoir lu Blondie Et La Mort j’ai pensé avoir atteint des sommets dans le glauque, la violence et le noir de chez noir ; et pourtant, face à Un Homme A Terre ça ferait presque office de conte pour enfants (j’exagère à peine).
Si l’action présente se déroule aux Etats-Unis, elle puise sa source en Afrique du Sud, dix ans plus tôt. De fait les chapitres alternent entre présent et flashbacks, les choses se mettent en place et se relient progressivement.
Fidèle à son habitude Roger Smith adopte une écriture sans concession, profondément ancrée dans le réel, brutale, crue… presque désespérante par sa noirceur. Elle nous prend aux tripes, les vrille impitoyablement sans relâche pour nous laisser KO debout, lessivé.
L’auteur prend un malin plaisir à nous malmener mais le charme opère quand même, on en viendrait presque à trouver une part de poésie au coeur des ténèbres de l’âme humaine. Impossible de lâcher ce bouquin une fois que vous serez happé par l’histoire, et ça démarre sur les chapeaux de roue ! Les chapitres sont courts histoire d’assurer un rythme soutenu tout au long du récit.
Permettez moi un rapide survol des personnages en commençant par la famille Turner. De prime abord on pourrait avoir une certaine empathie pour le John d’aujourd’hui, sauf que ce serait faire l’impasse sur son passé et ça c’est quasiment impossible. Concernant son épouse, Tanya, la question est encore plus vite expédiée, d’un bout à l’autre elle m’a donné envie de vomir. Par contre il faut bien reconnaître que, contrairement à son mec, elle ne manque pas de cran et de caractère. Seule l’innocente Lucy, leur fille de neuf ans, fera office de la blanche colombe ; mais sera-t-elle épargnée pour autant ?
Je ne m’épancherai pas sur les autres personnages, non pas parce qu’il n’y a rien à dire (loin s’en faut), c’est plutôt pour laisser entier le plaisir de la découverte (les deux acolytes du meneur valent vraiment le détour). Quand je dis que Roger Smith malmène ses lecteurs, sachez que ce n’est que la partie visible de l’iceberg rapport à ce qu’il réserve à ses personnages, d’autant que la situation dégénère rapidement à grand renfort de rebondissements.
J’en ai pris plein la gueule et j’ai adoré ça. Maintenant que quasiment tous les titres disponibles en français existent en numérique (exception faite de son premier roman, Mélange De Sangs, allez savoir pourquoi), il va falloir que je trouve le temps de les caser dans mon programme de lecture. Mais pas tout de suite… après une telle expérience, il faut du léger histoire de digérer.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Lincoln Child – La Bête D’Alaska

L. Child - La Bête d'AlaskaPetit changement de dernière minute dans mon périple en compagnie de l’éditeur Ombres Noires, plutôt que de revenir à Michaël Mention pout cette ultime (mais temporaire) étape, j’ai privilégié la découverte en optant pour La Bête D’Alaska de Lincoln Child.
Au cours d’une expédition en Alaska, une équipe scientifique découvre une créature difficilement identifiable prise dans une gangue de glace. Les sponsors de l’expédition, une chaîne de télévision, décident d’exploiter le filon que représente une telle expédition en tournant un documentaire. L’arrivée des équipes de tournage dans l’ancienne base militaire va quelque peu bouleverser le quotidien des scientifiques…
C’est le premier roman de Lincoln Child que je lis, je ne savais donc pas vraiment à quoi m’attendre. L’intrigue faisant intervenir un personnage récurrent de l’auteur (Jeremy Logan, énigmologue de son état) j’ai supposé un thriller plus ou moins ésotérique façon Da Vinci Code. Et bien que nenni, point vraiment d’énigme ou de symbole à déchiffrer, en lieu et place l’auteur nous propose un thriller fantastique qui n’est pas sans rappeler le film The Thing de John Carpenter (1982).
Pour rester au chapitre des énigmes la série Jeremy Logan compte actuellement quatre titres, tous dispo en français. Bien que La Bête D’Alaska soit le dernier en terme du publication en français, il est le second de la série en version originale. Les tomes 1 et 3 ont été publié par Michel Lafon (respectivement en 2007 et 2013), c’est Ombres Noires qui prendra le relais en 2015 pour le quatrième opus, avant de nous proposer ce « chaînon manquant » en 2016.
Petite piqûre de rappel pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas The Thing, le film confronte une équipe scientifique isolée dans une station de recherche en Antarctique à un monstre surgelé qui a décidé de sortir de son long sommeil cryogénique.
Remplacez l’Antarctique par l’Alaska et vous obtenez le même cadre aussi isolé que inhospitalier. Saupoudrez le tout de quelques humains qui font autant de cibles potentielles. Lâchez une méchante bestiole au milieu de tout ce petit monde. The show must go on !
Force est de reconnaître que dans ce second volet de ses aventures notre énigmologue se fait voler la vedette par les chercheurs (Evan Marshall fait davantage office de personnage central de l’intrigue) mais aussi par les militaires et l’équipe de tournage. Sans doute le climat qui ne lui convient pas…
A défaut d’être totalement novatrice l’intrigue reste maîtrisée et suffisamment addictive pour que l’on ait envie d’en savoir plus et de connaître le fin mot de l’histoire. La galerie de personnages offre des personnalités diverses et variées, certains vous seront sympathiques, d’autres un peu moins et d’autres carrément exécrables. Là encore on a ce qu’il faut pour nous donner envie d’aller toujours plus en avant dans le récit.
Enfin l’auteur profite de son intrigue, et de son cadre, pour nous sensibiliser au réchauffement climatique. Confortablement vautrés dans nos canapés le concept peut nous sembler très théoriques, d’autres subissent rudement cette triste réalité. D’autres thèmes scientifiques et humains sont abordés avec plus ou moins de profondeur.
Un bon moment de lecture sans pour autant être indispensable. Suffisant toutefois pour me donner envie d’aller plus avant dans l’univers littéraire de Lincoln Child (en solo ou en duo avec Douglas Preston) et de m’intéresser de plus près au cas Jeremy Logan.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Marin Ledun – En Douce

M. Ledun - En douceAvant dernière étape de mon escapade entre les pages du catalogue des éditions Ombres Noires, mon choix s’est porté sur Marin Ledun et son dernier roman, En Douce.
14 juillet 2015. Simon est convaincu qu’il va passer une soirée d’enfer, il a en effet emballé une nana canon qui est très très entreprenante. Elle le persuade (sans mal) de la suivre dans son mobil-home, elle se déshabille et… lui tire une balle dans la jambe avant de le séquestrer. Pour Emilie l’heure de la vengeance a sonné, et elle compte bien en savourer chaque instant…
C’est le premier roman de Marin Ledun que je lis, et je peux d’ores et déjà affirmer que ça ne sera pas le dernier.
Un récit relativement court (250 pages) mais d’une intensité qui ne se relâche jamais. Emilie avait tout pour être heureuse jusqu’à une journée d’avril 2011 où un violent accident de la route lui vaudra d’être amputée de la jambe gauche. Pour la jeune femme il ne fait nul doute que l’unique responsable de son état et de toutes les merdes qui ont suivies est le conducteur du pick-up qui a percuté sa voiture : Simon. Marin Ledun nous plonge dans les méandres de l’esprit (tourmenté) d’Emilie en adoptant un récit à la troisième personne. Un regard extérieur sur une vue de l’intérieur, vous me suivez ? Ca tombe bien, moi non plus.
Un quasi huis-clos entre Mélanie et Simon, ponctué par les souvenirs de la jeune femme mais surtout une lutte intérieure entre ses certitudes qui deviennent des doutes avant de redevenir avec encore plus de force des certitudes. Surtout se persuader que si Emilie a tout raté c’est de la faute de Simon, pas seulement lui mais aussi la faute de tous les autres, et de la société aussi tant qu’on y est. Et elle ? N’aurait-elle pas aussi sa part de responsabilité ? Non ! Si ? Peut être.
Le flot des pensées d’Emilie n’est pas un long fleuve tranquille mais plutôt un torrent déchaîné tout en courants et contre-courants, en proie à bien des tourbillons. Et maintenant que Simon est à sa portée, que faire de lui ? Là encore elle est torturée par les contradictions, d’abord elle lui tire une balle dans la guibolle, ensuite elle se démène pour que la blessure se soigne au mieux (avec les moyens du bord). Et nous, pauvres lecteurs, sommes bringuebalés au gré de ses humeurs. Jusqu’au bout on se demandera comment tout ça va finir, de plus en plus convaincu qu’il la fin risque d’être des plus brutales. Et ? Et puis quoi encore ?
Que penser d’Emilie ? Au fil de ses humeurs on a parfois envie de la prendre dans ses bras pour la réconforter, et d’autre fois c’est l’envie de lui mettre des claques qui l’emportera. Personnellement j’ai surtout eu envie de lui dire d’avoir plus de considération pour elle, de se sortir les doigts du cul et de prendre sa vie et son destin en mains (après se les être lavées). Si tu ne veux pas de la pitié des autres, commence par cesser de t’auto-apitoyer ; jouer les Caliméro ne dure qu’un temps.
Un roman noir intensément psychologique ponctué par une critique sociale bien sentie (même si Emilie rejette la responsabilité de sa situation sur les autres et sur la société, tout ce qu’elle en pense n’est pas forcément dénué de bon sens).

MON VERDICT
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