[BOUQUINS] Dumond, Vignolle, Mardon – Les Bijoux De La Kardashian

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Les bijoux de la Kardashian
Titre : Les Bijoux De La Kardashian
Scénario : François Vignolle & Julien Dumond
Dessin : Grégory Mardon
Éditeur : Glénat
Parution : 2018
Origine : France
148 pages

De quoi ça cause ?

3 octobre 2016, alors qu’elle est en déplacement à Paris pour la Fashion Week, Kim Kardashian est victime d’un cambriolage. Les voleurs partiront avec un butin de plus de 9 millions d’euros en bijoux.

Face à la pression médiatique internationale, la BRB (Brigade de Répression du Banditisme) parisienne va faire de cette enquête une priorité…

Ma Chronique

Si pour les bouquins je me revendique 100% lecteur numérique, force m’est de reconnaître que pour les BD et romans graphiques le format papier reste indétrônable ; il n’y a que sous cette forme que j’apprécie pleinement la lecture.

Je ne suis pas un adepte des rubriques people et autres potins mondains, je me contrefous de la vie de Kim Kardashian ; du coup je n’ai pas du tout suivi cette histoire de vol de bijoux (j’en ai entendu parler et j’ai zappé, tout simplement). Le Père Noël ayant déposé cette BD au pied du sapin, je m’en vais réparer cette terrible lacune culturelle.

Cette BD nous fait revivre ce fait divers ultra médiatisé, mais aussi et surtout l’enquête de police visant à identifier les voleurs et accessoirement retrouver les bijoux. Après cette lecture j’en viendrai presque à regretter de ne pas m’être davantage intéressé à cette histoire que je n’aurai jamais soupçonné d’être aussi rocambolesque.

Les auteurs se sont visiblement bien documentés sur les dessous de cette affaire, ils nous plongent vraiment au coeur de l’enquête, une enquête qui réservera bien des surprises à la police ! J’ai trouvé les nombreuses touches comiques parfaitement adaptées à la situation qui frôle parfois le voyage en absurdie.

Le décalage entre la victime, starlette de la télé-réalité et des réseaux sociaux, et ses agresseurs, de vieux braqueurs à l’ancienne, est tellement énorme qu’il ne peut que prêter à sourire. La rencontre improbable entre deux mondes que tout oppose ; pour illustrer mon propos, il suffit de savoir que ces Pieds Nickelés braquos n’avaient jamais envisagé que leur vol déchaînerait à ce point les passions.

— Comment elle gagne sa vie déjà ?
— J’sais pas, elle chnaps chatte…
— Elle quoi ?

— Elle est sur internet !
— Ah ouais.

Niveau graphique le trait grossier (presque caricatural) se prête bien à l’histoire qui nous est racontée. Le scénario est traité avec beaucoup de soins, notamment au niveau des personnages et de leurs relations.

— N’empêche, autant de moyens pour une starlette qui a pas pris ses précautions pour se protéger… c’est un peu too much, tout ça ?
— Arrête ! C’est une super enquête.
— Oui, mais je me demande ce que ça aurait donné si c’était une vieille dame que s’était fait dépouiller de sa boîte à bijoux.
— Ah, ça, c’est sûr… si c’était mamie Tromblon qui s’était fait braquer, elle aurait pas eu les faveurs de Lagerfeld ou de Kassovitz pour lui saper le moral.

J’ai passé un agréable moment avec cette BD, un pari qui n’était pas gagné d’avance vu l’intérêt que je porte à la Kardachiante. Bravo aux auteurs qui nous offrent un divertissement richement documenté.

Bijoux Kardashian

MON VERDICT

[BOUQUINS] Chrystel Duchamp – L’Art Du Meurtre

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C. Duchamp - L'Art Du Meurtre
Titre : L’Art Du Meurtre
Auteur : Chrystel Dubois
Éditeur : L’Archipel
Parution : 2020
Origine : France
272 pages

De quoi ça cause ?

Le corps de Franck Tardy, avocat à la retraite, est retrouvé dans son luxueux appartement du XVIe arrondissement. Il a été torturé, mutilé, puis assis à une table dressée pour un banquet. Un crime de toute beauté !

Dépêchée sur place, l’équipe de la PJ découvre que l’homme – un collectionneur d’art – fréquentait les clubs sadomasochistes de la capitale. Et que, malgré sa fortune, il était à court de liquidités.

Quand le corps d’un autre amateur d’art – dont la mort a été soigneusement mise en scène – est retrouvé, le doute n’est pas permis : un tueur en série est à l’œuvre.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que le titre et le pitch m’ont attiré, l’idée de mélanger la beauté de l’art et l’horreur du crime est plutôt audacieuse sur le papier… je voulais voir ce que ça donnait dans les faits.

Ma Chronique

Je remercie les éditions l’Archipel et Net Galley pour leur confiance renouvelée et l’occasion de découvrir ce roman en avant-première (sortie le 16 janvier).

Un roman reçu au format PDF que j’ai entrepris de convertir au format epub pour profiter pleinement de ma lecture. Je venais de finaliser la chose quand j’ai découvert qu’il était désormais disponible en epub via Net Galley. C’est donc cette version que j’ai lue, la mienne est passée à la corbeille sans appel.

Et si on commençait par faire les présentations avant d’entrer dans le vif du sujet. Avec les trois personnages principaux qui portent cette intrigue. Deux femmes flics au caractère bien trempé, liées par une amitié indéfectible malgré quelques divergences de point de vue. Et un marchand d’art qui passera de suspect potentiel à consultant officieux… et plus si affinités !

Audrey Durand est lieutenante à la PJ, mais aussi une passionnée d’art. Son métier est sa raison d’être, obstinée elle dissimule ses blessures passées derrière des excès en tout genre (alcool, cannabis, médocs, plans cul sans lendemain…) qui ne manquent pas d’inquiéter ses proches. Pour elle, il ne fait aucun doute que l’art est le fil rouge qui relie les différentes scènes de crime.

À commencer par Patricia Levêque, capitaine à la PJ, supérieure et amie d’Audrey. Mariée et mère de deux grands enfants, elle va devoir composer avec le retour inopiné de son cadet qui a opté pour une vie de marginal. Pas franchement convaincue par la vague théorie artistique défendue par Audrey, elle va pousser son équipe à explorer d’autres pistes.

Joël Dunière est un marchand d’art étroitement lié, de par sa profession, aux deux premières victimes. Une position qui lui vaudra de passer pour un suspect potentiel avant de se rapprocher d’Audrey et de l’aider à creuser la piste artistique.

Puis il y a le reste de l’équipe, tiraillé entre les intuitions d’Audrey et les ordres de Patricia. Chrystel Duchamp apporte beaucoup de soins à ses personnages, elle nous brosse ainsi une galerie de portraits pleine de vie et d’humanité.

Mais l’auteure de néglige pas pour autant ses scènes de crime, combinant adroitement un réel sens esthétique et la sauvagerie des meurtres.

Je ne suis pas spécialement amateur d’art et ne connais pas grand-chose aux différents courants artistiques, mais il n’en reste pas moins que j’ai trouvé cette intrigue très bien ficelée et captivante. Je suis parti curieux (voire dubitatif), je referme ce bouquin totalement convaincu.

Alors que le fin mot de l’histoire nous est révélé, je pestais intérieurement en me disant qu’elle (Chrystel Duchamp) ne pouvait pas nous faire un coup pareil. C’était sans compter sur l’ultime rebond qui vient combler les vides en laissant le lecteur en état de KO technique.

Une version epub qui aurait mérité un travail de finition un peu plus abouti, notamment au niveau des insécables qui sont pratiquement inexistants. Concrètement c’est quasiment invisible pour le lecteur (hormis quelques retours à la ligne un peu hasardeux), toutefois les insécables font partie intégrante des bonnes pratiques de la typographie numérique et contribuent de fait à optimiser le plaisir de la lecture.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Margaret Atwood – La Servante Écarlate

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M. Atwood - La Servante écarlate

Titre : La Servante Écarlate
Auteur : Margaret Atwood
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 1987 (réédition 2017)
Origine : Canada (1985)
544 pages

De quoi ça cause ?

Les États-Unis sont devenus la République de Gilead, une dictature théocratique où les femmes sont divisées en castes selon leur rang social et le rôle qui leur a été attribué. Mais Gilead se meurt de son infertilité, les Épouses ne peuvent plus procréer, c’est aux Servantes d’assurer une descendance à leur Commandant.

Defred est une de ces Servantes, reconnaissables à leur tunique rouge. Elle nous raconte son quotidien et partage ses souvenirs de la vie d’avant…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Quelle question ! Parce que c’est un roman devenu culte qui revient souvent (pour ne pas dire toujours) et en bonne position dans les listes des livres qu’il faut AB-SO-LU-MENT avoir lus avant de sucer les pissenlits par la racine.

Ça fait des années que je me dis qu’il faut que je m’y mette, finalement c’est la série télé The Handmaid’s Tale qui aura été l’élément déclencheur. Je voulais impérativement avoir lu le bouquin avant de me laisser tenter par la série.

Ma Chronique

Il m’aura fallu plus de 30 ans pour enfin me décider à lire ce roman, et pourtant je n’avais aucun a priori à son encontre, ni même une quelconque réticence ; au contraire, ça fait des années que je me dis qu’il faut absolument que je le lise.

Finalement c’est la série TV The Handmaid’s Tale et la sortie récente de la « suite » du présent bouquin, Les Testaments, qui m’auront poussé à franchir, ENFIN, le pas.

Avec ce roman Margaret Atwood nous propose une vision dystopique de notre avenir, un monde particulièrement glauque et désespérant, surtout pour la gent féminine. Une société complètement déshumanisée régie par un pouvoir théocratique qui a définitivement banni tout ce qui touche à culture. Un monde formaté où les sentiments n’ont plus droit de cité.

La narratrice, Defred (qui se comprend comme « de Fred », donc appartenant – pour un temps – à Fred, son Commandant), partage son morne quotidien avec le lecteur, mais aussi ses souvenirs du monde d’avant (le monde tel que nous le connaissons, la technologie du XXIe siècle en moins). Le fait qu’elle ait connu ce « monde d’avant » rend la description du quotidien à Gilead encore plus abrupt, encore plus insupportable.

Defred, comme les autres Servantes, joue un rôle essentiel (mais néanmoins ingrat et infamant) pour la survie de Gilead ;  donner un enfant à son Commandant. Une fois par mois elle passe à la casserole en respectant scrupuleusement un cérémoniel de copulation particulièrement dégradant. Le mot copulation est le seul qui me vienne à l’esprit pour désigner un acte mécanique dénué de tout sentiment (faire l’amour est donc inapproprié) et de tout plaisir (tout comme baiser). Les Servantes sont ainsi réduites à de vulgaires matrices potentielles.

Si le récit est glaçant, le ton de la narratrice, à la fois résigné et détaché, nous empêche de nous prendre totalement d’empathie pour le personnage. Je n’aurai pas la prétention de dire que dans la même situation j’aurai fait mieux (c’est typiquement le genre de réaction qui me hérisse le poil), mais j’aurais aimé éprouver un réel sentiment de révolte dans le récit. Point de révolte, juste, parfois, une profonde injustice parfois, avant de retomber dans la résignation.

Dans la même veine, nous n’avons qu’une vague idée de l’existence d’une résistance via le réseau Mayday, mais pas des masses d’infos quant à la nature de ses opérations sinon des exfiltrations en cas de danger immédiat. Voilà qui est un tantinet frustrant, surtout quand la quatrième de couverture annonce : « En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté ».

Malgré ce petit bémol, il n’en reste pas moins que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce bouquin, je ne regrette pas de m’être enfin décidé. Sa place d’œuvre majeure dans le genre dystopique, aux côtés de classiques immortels tels que 1984 (George Orwell, 1949), Le Meilleur Des Mondes (Aldous Huxley, 1932) ou encore Fahrenheit 451 (Ray Bradbury, 1953) n’est en rien usurpée.

C’est le premier roman de Margaret Atwood que je lis, au vu de la qualité de l’écriture (et de la traduction) je sais d’ores et déjà que ce ne sera pas le dernier. À commencer par Les Testaments, je vais faire en sorte de ne pas attendre 30 ans avant de me lancer dans l’aventure (déjà d’un point de vue purement biologique je ne suis pas du tout certain d’avoir 30 ans devant moi).

Si le bouquin est sorti en 1985, il reste terriblement d’actualité, peut-être même plus encore que lors de sa parution initiale. Un cri d’alarme qui nous invite à ne jamais accepter l’inacceptable, à rester vigilant face aux concessions qu’on nous demande de faire. À force de courber l’échine, on finit pour nous la mettre bien profond et à sec !

Je terminerai donc cette chronique en faisant mienne la devise de la résistance : Nolite te salopardes exterminorum. Ne laisse pas les salopards te tyranniser. Un cri du cœur que chacun de nous devrait garder présent à l’esprit… juste au cas où.

Y a-t-il des questions ?

MON VERDICT

[BD] Lapuss’ – Putain De Chat

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Lapuss - Putain De Chat

Titre : Putain De Chat
Auteur : Lapuss’
Éditeur : Monsieur Pop Corn (2016)
Réédition : Kennes (2019)
Origine : Belgique
64 pages

De quoi ça cause ?

Lapuss’ vous présente son chat, Moustique. Moustique est tout sauf adorable, mignon, joueur et espiègle… c’est vraiment un putain de chat !

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Ça fait déjà quelques années que je suis abonné à la page Facebook Putain de Chat et que je suis avec le même plaisir sadique les sombres desseins de Moustique.

Le premier tome de la version BD étant proposé en accès libre chez Net Galley, je me suis volontiers laissé tenter par une redécouverte.

Ma Chronique

C’est la première fois que je propose une chronique d’une BD. Je n’ai rien contre la BD, j’en ai lu beaucoup parmi les classiques (Tintin, Achille Talon, Gaston Lagaffe, Astérix, Les Tuniques Bleues, Lucky Luke…) et quand un nouvel album sort je le lis avec plaisir. Assez peu de référence en matière de BD plus modernes et plus adultes ; j’avais commencé à m’intéresser à The Walking Dead mais j’ai rapidement décroché, par contre j’ai bien aimé la série Sin City de Frank Miller. Et pas du tout attiré par l’univers des Mangas.

Revenons à nos moutons, ou plus exactement à notre chat…

Si vous suivez régulièrement la page Facebook ces quelques planches vous rappelleront de bons souvenirs, avec les premières apparitions de Moustique, quelques inédits auraient toutefois été un plus appréciable.

Si vous ne connaissez pas encore Lapuss’ et son Putain De Chat, je vous invite à vous abonner à sa page FB. Chaque planche propose une courte scène divisée en quelques vignettes (le plus souvent 4, mais ça peut être moins).

Le dessin est plutôt minimaliste mais propre et suffisant pour faire passer le message. Assez peu de dialogues mais ils font souvent mouche ; sachez toutefois que ce brave Moustique n’a pas la langue dans sa poche et a un langage plutôt fleuri.

J’aime beaucoup l’humour (noir) de Lapuss’ mais franchement je ne dépenserai pas 8€ pour m’offrir une BD qui ne propose aucune planche inédite et se lit en un petit quart d’heure (sans se presser).

S’agissant de planches de taille réduite, le format PDF n’est pas un frein à la lecture. Pour les BD plus conséquentes, le format CBR est bien plus adapté à une lecture à l’écran.

Si je ne me l’achèterai pas, il n’est toutefois pas exclu que je puisse l’offrir, dans sa version BD classique, à quelqu’un qui ne connaîtrait pas encore la série. D’autant qu’il existe des coffrets regroupant les 3 premiers tomes ou les 5 tomes parus à ce jour.

Pour mon verdict, je me place dans la position d’un lecteur qui découvrirait les planches pour la première fois. La note de 4 se justifierait pour le ton résolument décalé de la BD, mais pour le rapport qualité/prix je lui retire un demi point.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Neal Shusterman – Le Glas

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N. Shusterman - Le Glas

Titre : Le Glas
Série : La Faucheuse – Tome 3
Auteur : Neal Shusterman
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2019
Origine : USA
720 pages

De quoi ça cause ?

Maître Goddard est enfin arrivé à ses fins, plus rien ni personne ne peut faire obstacle à sa soif de pouvoir et à l’expansion de son Nouvel Ordre.

Des Faucheurs de la Vieille Garde refusent encore de lui prêter allégeance mais ils sont de moins en moins nombreux, et surtout il leur manque une figure de proue pour les fédérer.

A l’inverse les Tonistes se sont réunis derrière un mystérieux prophète qui se fait appeler Le Glas ; et si c’était lui la réponse à la menace que représente Maître Goddard. D’autant que Le Glas est le seul humain avec qui le Thunderhead accepte de communiquer.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce qu’il s’agit de l’ultime opus de la trilogie La Faucheuse et qu’il me tarde de connaître le fin mot de l’histoire… surtout après le final explosif du tome précédent.

Ma Chronique

Et dire que j’ai bien failli ne jamais lire cette trilogie, je serai passé à côté de quelque chose qui mérite vraiment le détour ; comme quoi il ne faut pas toujours se fier aux étiquettes. Dans le cas présent c’est l’étiquette young adult qui me rebutait, je fais un blocage sur la littérature jeunesse. Heureusement qu’un Book Club est passé par là pour me convaincre de surmonter mes a priori.

Afin d’éviter tout spoiler je vais volontairement faire court et rester, autant que faire se peut dans le vague.

Au commencement était le Verbe… Ah non, merde ! Ça c’est une autre histoire…

Dés le début du récit l’intrigue part dans plusieurs directions. Les Tonistes se rassemblent autour de leur nouveau prophète, Le Glas (The Toll en anglais… ça devrait vous donner un indice quant à son identité). Une mission de récupération des reliques d’Endura est conduite par Maître Possuelo, Faucheur de la région d’Amazonie. Maître Faraday et sa complice Munira savent désormais où se situe l’angle mort du Thunderhead et espèrent trouver l’ultime recours prévu par les Maîtres Fondateurs.

Les choses se mettent en place lentement mais sûrement avant de s’assembler. Neal Shusterman donne le ton d’entrée de jeu en installant une ambiance aussi sombre que tendue. Et ça va aller crescendo au fil des coups de sang de Maître Goddard, plus imprévisible et plus incontrôlable que jamais.

Une intrigue menée de main de maître qui nous réserve bien des surprises et quelques brusques poussées d’adrénaline. On voulait du lourd pour clore cette trilogie en beauté, l’auteur va au-delà de nos espérances !

Bien entendu on retrouve avec plaisir un bon nombre de personnages déjà croisés dans les deux précédents tomes. Si vous vous inquiétez du devenir de Citra et Rowan, je dirai simplement que l’illustration de Kevin Tong en couverture répond à la question même si les apparences peuvent parfois être trompeuses…

Neal Shusterman introduit aussi de nouveaux venus, dont certains, tels le/la capitaine de navire Jerico Soberanis et l’ex agent Nimbus Loriana Barchok, seront appelés à jouer un rôle majeur dans le déroulé de l’intrigue.

Le roman le plus dense et le plus intense de la trilogie, il fallait bien ça pour conclure en apothéose une trilogie qui flirte avec l’excellence.

Une adaptation pour le cinéma est en chantier mais pour le moment on sait que c’est Universal qui a les droits, ni date de sortie, ni casting… Pas pour tout de suite donc, mais je suis curieux de voir ce que ça pourrait donner.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Jacques Saussey – Du Poison Dans La Tête

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J. Saussey - Du Poison Dans La Tête

Titre : Du Poison Dans La Tête
Série : Magne & Heslin – Tome 8
Auteur : Jacques Saussey
Éditeur : French Pulp
Parution : 2019
Origine : France
592 pages

De quoi ça cause ?

Daniel Magne reçoit un paquet de la part d’un ancien camarade de classe récemment décédé. A l’intérieur se trouve un brusque rappel d’une blessure secrète jamais complètement refermée : le meurtre de la jeune Fanny Delaunay peu avant la rentrée des classes de 1975. Une affaire jamais élucidée. Fanny était alors son premier amour.

Lisa Heslin se fait du souci pour Oscar leur fils, celui-ci semble être le souffre-douleur de trois élèves du collège. Mais Oscar nie, quand il ne se mure pas dans le silence.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que ça faisait déjà quelques temps que j’avais envie de découvrir l’univers littéraire de Jacques Saussey ; c’est tout naturellement que j’ai jeté mon dévolu sur son dernier roman en date.

Ce n’est qu’après coup que j’ai vu qu’il s’agissait du huitième opus du duo policier Daniel Magne et Lisa Heslin. Tant pis, ce n’est pas la première fois que je prends le train en route (le plus dur étant de trouver la motivation pour remonter les wagons de retard si la sauce prend).

Ma Chronique

Je remercie les éditions French Pulp et Net Galley pour leur confiance.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets (cf ma chronique de Laisse Le Monde Tomber), j’ai eu la désagréable surprise de découvrir que le bouquin était au format PDF. J’ai donc dû revêtir mon uniforme d’artisan ebooker afin de me bricoler une version au format epub du roman.

Il faudrait vraiment que je prenne le temps de lire intégralement la fiche du bouquin chez Net Galley, de la sorte je pourrai éviter de solliciter des envois au format PDF (quand l’information figure en clair). Sauf que j’ai quand même vachement envie de lire ces satanés bouquins !

Difficile, pour ne pas dire impossible, de vous proposer un pitch exhaustif de ce roman tant l’intrigue part dans de multiples directions, sans qu’il existe de fil rouge entre elles sinon leurs répercussions sur la vie du couple Magne et Heslin (et encore toute une partie de l’intrigue ne les impacte pas directement).

Si comme moi vous prenez le train Magne / Heslin en route vous allez rapidement vous rendre compte que vous ne débarquez pas forcément au moment le plus opportun. Chacun est en effet très occupé ou préoccupé… et ça ne fait que commencer !

Jacques Saussey nous propose une intrigue à dimensions multiples, les différents arcs narratifs n’étant pas non plus forcément liés les uns aux autres. Ça pourrait rapidement devenir un sac de nœud inextricable mais l’auteur sait rester maître de son sujet et n’embrouille jamais le lecteur. Il mène sa barque (ou plutôt ses galères) sans jamais perdre le contrôle de l’ensemble.

À la base c’est le côté pervers narcissique de l’intrigue qui m’a attiré, l’auteur décrit avec beaucoup de réalisme et de pertinence le lent processus de destruction / soumission psychologique (d’où le titre du roman) que ces salopards déploient pour s’assurer que leur victime reste sous leur coupe. C’est incontestablement l’aspect de l’intrigue qui m’a le plus captivé, et il n’implique quasiment pas ni Daniel Magne, ni Lisa Heslin.

Le côté obsessionnel de la quête de justice (ou plus exactement de vengeance) de Daniel Magne m’a parfois perturbé. Je peux comprendre ce besoin de comprendre mais il aurait parfaitement pu mener sa mission sans négliger ses proches. Force m’est de reconnaître que j’ai trouvé qu’il jouait franchement au con au niveau de sa relation avec Lisa Heslin. Rien d’étonnant donc à ce que ça finisse par lui revenir en pleine gueule.

Ce ne sont que deux arcs narratifs de l’intrigue, il y en a bien d’autres que je vous laisse découvrir…

J’ai particulièrement apprécié la dimension humaine du récit, même si je découvrais les différents acteurs je les ai tout de suite appréciés (qu’il s’agisse du couple Magne / Heslin ou du duo d’enquêteurs Fred / Ludo). Je suppose que pour les lecteurs qui suivent ces personnages depuis le début cet attachement au côté humain est encore plus flagrant.

Pour une découverte je peux d’ores et déjà affirmer que je suis sous le charme de l’écriture de Jacques Saussey. Ce bouquin est un sans-faute, qu’il s’agisse de l’intrigue, des personnages ou du style de l’auteur. Incontestablement de quoi me donner envie de me pencher sur ses prochains romans, et, si l’occasion se présente, de découvrir ses précédents.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Karine Giebel – Ce Que Tu As Fait De Moi

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K. Giebel - Ce que tu as fait de moi

Titre : Ce Que Tu As Fait De Moi
Auteur : Karine Giebel
Éditeur : Belfond
Parution : 2019
Origine : France
552 pages

De quoi ça cause ?

Quand Laëtitia Graminsky intègre la Brigade des Stups avec le grade de lieutenant, c’est un rêve d’enfant qui se réalise pour elle. Elle est alors loin de se douter que la perversité de ses supérieurs va transformer le rêve en cauchemar…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Karine Giebel et que cette auteure a le don de me prendre aux tripes à chaque fois, sans qu’aucun de ses romans ne ressemble aux précédents.

Ma Chronique

Une fois de plus Karine Giebel frappe fort avec son nouveau roman, le fait de lire ce roman alors que les violences faites aux femmes font la une de l’actualité a sans doute contribué à rendre cette lecture particulièrement éprouvante.

Il faut dire que je voue une haine farouche aux salopards qui abusent des femmes ; que la violence soit psychologique, physique ou sexuelle, j’estime que ces ordures ne méritent aucune compassion. Juste de se faire couper la queue, prendre un coup de surin dans le bide et crever dans le caniveau en une lente et douloureuse agonie…

Ce postulat étant posé vous comprendrez aisément que j’ai immédiatement pris en grippe Ménainville et Fougerolles pour ce qu’ils faisaient subir à Laëtitia ; qu’importe comment, je voulais les voir tomber et souffrir. Même en sachant pertinemment qu’avec une auteure comme Karine Giebel il faut se méfier des apparences, le ressentiment était tout simplement viscéral.

Commençons par le commencement. Après un prologue lourd de sens, pour ne pas dire prophétique, le roman s’ouvre par l’arrivée de l’IGPN à la brigade des Stups de L. (la ville ne sera jamais nommée). Le commandant Ménainville et le lieutenant Graminsky vont être entendus séparément suite à un drame les impliquant.

Dès lors le lecteur va suivre un récit à deux voix relatant le déroulé des événements depuis l’arrivée de Laëtitia au sein de la brigade jusqu’à la scène de crime justifiant l’intervention de la police des polices (on se doute bien que ces gens-là ne se déplacent pas pour des futilités).

Rien à redire Karine Giebel maîtrise à la baguette ses personnages et le déroulé de son intrigue, mais force est de reconnaître que celle-ci ne réserve pas de grosse surprise. La nature même du drame s’impose assez rapidement (pas totalement, mais dans sa globalité) et le reste est relativement prévisible.

Si le profond dégoût éprouvé pour Ménainville et Fougerolles ne m’a jamais quitté (il allait même crescendo au fil des pages), force est de reconnaître que plus d’une fois j’ai eu envie de foutre un monumental coup de boule à Graminsky. Mais bon il paraît que ça s’appelle la passion et que ça ne se contrôle pas… N’empêche que l’empathie que j’avais pour elle a fondu comme neige au soleil, à l’inverse de mon envie de voir sombrer Ménainville.

Ce revirement émotionnel n’a en rien terni le plaisir que j’avais à lire ce bouquin, si je me suis complètement détaché des personnages, mon envie de connaître le fin mot de l’histoire restait plus que jamais entière (j’ai lu le bouquin quasiment d’une traite).

N’allez pas croire que la dimension passionnelle de l’intrigue m’ait totalement échappé, mais dès qu’il y a une quelconque forme de contrainte, je me ferme comme une huître.

Une fois de plus Karine Giebel ose quelque chose de nouveau, une fois de plus son talent narratif fait mouche même s’il n’a pas trouvé chez moi l’écho attendu ; je ne peux même pas mettre ça sur le dos du contexte, je vous l’ai dit : c’est viscéral. Comme la passion, ça ne s’explique pas.

MON VERDICT
Coup de poing

[BOUQUINS] Jacques-Olivier Bosco – Laisse Le Monde Tomber

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JOB - Laisse le monde tomber
Titre : Laisse Le Monde Tomber
Auteur : Jacques-Olivier Bosco
Éditeur : French Pulp
Parution : 2019
Origine : France
372 pages

De quoi ça cause ?

Des corps retrouvés atrocement mutilés dans une cité de banlieue. La cité est au bord de l’explosion. Jef et Hélène, les enquêteurs en charge de cette affaire sont sur les nerfs.

Un gang de braqueurs tueurs de flic insaisissable multiplie les coups d’éclats meurtriers à travers toute l’Europe. Tracy, chef de groupe à l’ORCTIS de Nanterre, s’est jurée de mettre fin au carnage.

Deux affaires qui non a priori aucun lien entre elles mais qui vont pourtant sceller le destin des trois flics…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Jacques-Olivier Bosco, un auteur que j’ai découvert récemment via son diptyque Brutale / Coupable mettant en scène Lise Lartéguy ; un personnage pour qui j’ai eu un véritable coup de foudre littéraire.

Ma Chronique

Je remercie les éditions French Pulp et Net Galley pour leur confiance.

Dommage en revanche que le fichier transmis ait été une version non définitive au format PDF. Ce qui pour moi signifie rédhibitoire, sauf travail de conversion préalable ; et c’est ce à quoi je me suis attelé afin de pouvoir le lire au format epub et obtenir une version finalisée à archiver dans ma bibliothèque numérique.

Avec ce roman Jacques-Olivier Bosco (JOB) nous offre un thriller profondément humain en mettant en avant trois flics qui, loin d’être des machines de guerre déshumanisées façon Robocop, doivent au contraire composer avec leur vécu et leurs blessures. Trois flics à vif qui n’hésitent pas à se mouiller et à mettre les mains dans le cambouis quand la situation l’impose.

Jef est rongé par la culpabilité mais trop respectueux du cadre juridique (et sans doute aussi un tantinet trop lâche) pour mener à bien sa vengeance. Hélène, sa coéquipière est une boule de nerfs toujours prête à en découdre, quitte à se mettre parfois (souvent) en danger. Quant à Tracy, elle rêve de vengeance depuis que son frère a été assassiné sous ses yeux, victime du terrorisme islamiste, dans la nuit du 13 novembre 2015.

Les deux premiers vont être appelés sur une scène de crime particulièrement sauvage, un enfant de la cité a été démembré par un animal. Ça pourrait être un chien dressé pour tuer mais de nombreux détails morphologiques ne collent pas. Quand d’autres victimes apparaissent la cité commence à crier vengeance, d’autant que l’enquête de police piétine.

Tracy et son groupe sont sur la piste d’un gang de braqueurs qui semble prendre un plaisir pervers à tuer un maximum de flics à chaque opération. Le trio à la tête du gang est identifié mais demeure insaisissable.

Un trio pour lequel on se prendra vite d’empathie, JOB sait y faire pour que mêmes leurs défauts contribuent à rendre ses personnages plus attachants… plus humains, tout simplement.

Vous l’aurez compris, si l’auteur attache une grande importance à la psychologie de ses personnages, il n’en délaisse pas moins son intrigue (ses intrigues même, avant que les deux arcs narratifs ne se rejoignent). Une intrigue aussi musclée que rythmée qui mènera la vie dure à nos trois flics et mettra parfois vos nerfs à rude épreuves.

JOB fait mouche dès les premières pages de son roman, il impose d’entrée de jeu une ambiance aussi sombre que tendue, tension qui ne baissera pas d’un cran (au contraire) jusqu’au dénouement. Et quel dénouement !

La narration est très visuelle, à ce titre vous pouvez vous attendre à en prendre plein les mirettes. Gaffe aux giclées de sang, viscères et autres joyeusetés. Même au cœur de l’action la plus débridée, l’intrigue reste profondément ancrée dans la réalité. Une réalité que certains espèrent ne pas voir en optant pour la politique de l’autruche. Pour ma part j’espère, ne serait-ce que par respect pour l’animal, que ces chiens de combat 2.0 sont le fruit de l’imagination de l’auteur…

Une fois de plus JOB nous livre un page-turner impossible à lâcher, une fois de plus on en prend plein la gueule et on en redemande.

L’ultime chapitre nous réserve quelques surprises en forme de clins d’œil et caméos, avec notamment une brève apparition de Lise Lartéguy. De là à penser que certains personnages pourraient être de retour dans un second opus, il n’y a qu’un pas. Si ça ne tenait qu’à moi je le franchirais volontiers (il y a matière à une suite), mais c’est bien entendu JOB qui aura le dernier mot sur ce point.

MON VERDICT
Coup de poing

[BOUQUINS] Laurent Obertone – Guérilla – Le Temps Des Barbares

AU MENU DU JOUR

L. Obertone - Le Temps Des Barbares
Titre : Guérilla – Le Temps Des Barbares
Auteur : Laurent Obertone
Éditeur : Ring
Parution : 2019
Origine : France
427 pages

De quoi ça cause ?

Trois jours. C’est le temps qu’il aura fallu pour que la France sombre dans un chaos sans précédent. Plus d’État. Plus de règles. Désormais c’est chacun pour soi.

Alors que la plupart essayent tant bien que mal d’assurer leur survie, d’autres organisent la résistance face à la montée en puissance du Califat. Et pendant ce temps, dans les coulisses de ce qu’il reste du pouvoir, on échafaude des plans en vue de reprendre les choses en mains, mais surtout de sortir de la crise la tête haute.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’avais beaucoup aimé le premier tome (voir ma chronique).

Il me tardait de lire la suite, mais il m’a fallu patienter le temps de produire une version numérique du bouquin (cf aparté).

Ma Chronique

Comme vous le savez peut-être je pratique un boycott actif des éditeurs ne proposant pas d’offre numérique, tant pis si cela me fait passer à côté de titres susceptibles de me plaire (c’est notamment le cas des bouquins des éditions Ring et ceux de sa petite sœur Métropolis). C’est une question de principe, tu me snobes, je te snobe.

Et pourtant voilà que je propose une chronique d’un titre de Ring. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis me direz-vous. Sans doute, mais la vérité est un peu plus complexe que ça ; je vous expose le parcours du bouquin dans l’aparté qui suit ma chronique.

Et puisque je parle d’imbéciles (admirez la transition), je précise à toutes fins utiles que ce roman reste dans l’esprit du précédent et des divers essais de Laurent Obertone, il est donc fortement déconseillé aux bobos gauchos bien-pensants autoproclamés, adeptes du très-bien-vivre-ensemble mais paradoxalement hermétiques à tout propos contraire à leurs idéaux (qui a dit illusions ?).

Ce second tome fait suite directe au précédent et vous invite à suivre l’évolution (?) de la situation du quatrième au vingt-septième jour, vous plongeant au cœur d’un indicible chaos.

Âmes sensibles s’abstenir, Laurent Obertone ne nous épargne rien dans l’horreur et la dépravation du genre humain (exécutions, violences gratuites, viols, nécrophilie, cannibalisme…). La déshumanisation poussée à l’extrême !

On retrouvera avec plus ou moins de plaisir des personnages déjà croisés précédemment (le colonel et la fillette, Vincent Gite, Cédric et Alice, le Dr Cachet et la psy). Mais il faudra aussi compter sur des retrouvailles notoirement déplaisantes avec Aboubakar, Calife autoproclamé de Seine-Saint-Denis et ses hordes de fanatiques décérébrés.

Et bien entendu il faudra aussi compter sur de nouveaux venus, dont Victor Escard, représentant dans l’ombre (pour ne pas dire planqué) de l’autorité et du pouvoir. Un esprit aussi tordu que cynique qui planifie une sortie de crise tout à son honneur, tant pis si pour cela il faut faire durer le chaos et travestir honteusement la vérité.

Comme dans le premier opus les chapitres alternent entre les lieux et les personnages ce qui ne nous empêche pas de rapidement trouver nos marques. Dommage que dans la première partie l’auteur se soit laissé entraîner sur des sentiers de traverses qui n’apportent strictement rien à l’intrigue (je pense notamment aux chapitres consacrés à Raoul.le).

Le contraste entre les partisans du très-bien-vivre-ensemble et les événements en cours est encore plus saisissant que dans le premier tome.

Si le style ne brille pas forcément par sa richesse, au niveau de l’orthographe on a parfois l’impression que l’auteur a voulu placer des mots très recherchés pour donner plus de consistance à ses tournures de phrases… raté ! Ça sonne faux plus qu’autre chose.

Un exemple parmi d’autres : … comme les hyphes de cet inquiétant mycélium parti à l’assaut du monde.
Qui aurait pu donner un truc du genre : … comme les filaments d’un inquiétant lichen parti à l’assaut du monde.

Malgré quelques faiblesses, Laurent Obertone nous propose un thriller d’anticipation plutôt bien fichu. J’ai été (un peu) moins convaincu quant à la plausibilité des événements que ceux décrits dans le premier opus, mais au niveau de l’action et du rythme ça envoie du lourd. Si l’auteur devait écrire une suite (ce qui ne s’impose pas même s’il y a encore matière à un roman supplémentaire, mais avec une tout autre approche), je répondrai présent sans la moindre hésitation.

En lisant les divers retours sur ce roman, j’ai découvert que le propos de Laurent Obertone serait assez proche (dans sa thématique plus que dans son approche à proprement parler) d’un roman autoédité de Franck Poupart, Demain Les Barbares – Chroniques Du Grand Effondrement, il va falloir que je me penche sur la question, d’autant plus que ledit bouquin semble plutôt avoir été plutôt bien accueilli (4 étoiles chez Amazon, 3.8/5 chez Babelio)…

MON VERDICT

Aparté technique

À la base on m’a fourni un scan (version PDF) du bouquin, c’est ce document que j’ai converti au format doc (Word) afin de pouvoir le retoucher (suppression des n° de pages et des césures notamment). Et c’est à partir de ce fichier retouché que j’ai créé une version epub brute.

Restait l’étape la plus laborieuse du processus, la finalisation du fichier epub. J’aurais pu partir du scan pour corriger les inévitables coquilles OCR, rectifier les sauts de lignes intempestifs et appliquer les différents styles, mais c’eut été trop fastidieux. C’est pourquoi j’ai opté pour un passage en librairie et me suis offert le bouquin au format papier (mon premier achat papier depuis plus de deux ans). Et c’est à partir du bouquin que j’ai pu finaliser ma version numérique, et donc le lire à l’écran (PC et liseuse).

À vrai dire j’ai fait un peu plus que finaliser le fichier, j’en ai profité pour corriger certaines fautes d’orthographe oubliées par l’éditeur (tout en conservant les termes construits de toutes pièces par Laurent Obertone) et je me suis permis de retoucher (très légèrement) certaines maladresses syntaxiques (poudre à la place de neige, perso ça me pique les yeux, poudreuse eut été plus approprié).

En mon âme et conscience ça ne m’aurait pas dérangé de « travailler » uniquement à partir du scan, c’est d’abord par convenance personnelle que j’ai acheté le roman (et aussi parce que j’avais déjà le premier opus au format papier).

[BOUQUINS] Paul Cleave – Cauchemar

AU MENU DU JOUR

P. Cleave - Cauchemar
Titre : Cauchemar
Auteur : Paul Cleave
Éditeur : Sonatine
Parution : 2019
Origine : Nouvelle-Zélande
448 pages

De quoi ça cause ?

Acacia Pine, États-Unis. Une petite fille, Alyssa Stone a mystérieusement disparu. Noah, un des flics du village fait irruption chez le principal suspect. Envahi par la colère, il le séquestre et le torture jusqu’à ce que l’homme lui révèle le lieu où Alyssa est captive. Noah file alors vers une vieille maison abandonnée, la ferme des Kelly, où il la retrouve enchaînée dans la cave, encore en vie.

Fin de l’histoire ? Non, début de l’histoire. Dévoiler davantage la suite des événements serait criminel. Sachez seulement que ceux-ci se passent douze ans plus tard. Le jour où Alyssa est à nouveau portée disparue. Et que le cauchemar recommence.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine et parce que c’est Paul Cleave. J’ai lu et apprécié un précédent roman de l’auteur, Un Père Idéal, il y a quelques années. Les aléas et le rythme de croissance de mon Stock à Lire Numérique ont fait que je n’ai pas eu l’occasion de me pencher sur ses titres suivants. Je profite de la sortie de Cauchemar, pour réparer cet impair.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Cauchemar est le premier roman de l’auteur dont l’action ne se déroule pas à Christchurch (Nouvelle-Zélande) mais à Acacia Pine, une petite ville fictive située aux Etats-Unis. Un changement de décor rendu obligatoire par la nature même de l’intrigue comme nous l’explique Paul Cleave dans ses remerciements.

Un thriller qui commence là où d’autres pourraient s’arrêter puisqu’il s’ouvre sur la libération d’une petite fille, Alyssa, 7 ans, victime d’un enlèvement. Plus exactement ladite libération intervient après un interrogatoire particulièrement musclé du suspect. Méthode qui vaudra au héros du jour, Noah Harper, de se faire bannir définitivement de la ville par le père de la victime, qui est aussi le shérif de la ville et le patron de Harper.

On retrouve Noah Harper douze années plus tard, co-patron d’un bar dans une grande ville où il vit seul avec son chat. Une vie sans histoires (ou presque) jusqu’à ce que son ex-femme, Maggie, l’appelle pour lui annoncer que Alyssa est portée disparue. Les choses sérieuses peuvent (re)commencer, ni une ni deux, Noah saute dans le premier vol pour Acacia Pine.

L’auteur opte pour un récit à la première personne, nous faisant vivre l’intrigue via Noah Harper. Le moins que l’on puisse dire est que ce brave Noah est d’un tempérament plutôt sanguin, la diplomatie et la psychologie ne sont pas franchement ses principaux points forts. Il n’en reste pas moins que Paul Cleave parvient à nous le rendre attachant et le petit côté rustique du personnage n’est pas étranger à cet élan empathique.

Paul Cleave nous livre une intrigue à l’image de son héros, on est clairement plongé dans le feu de l’action, tant et si bine qu’il nous est difficile de lâcher le bouquin une fois que celui-ci nous aura happé. Le rythme imposé d’entrée de jeu est soutenu et jamais il ne faiblira.

Beaucoup d’action et peu de psychologie ne signifie pas pour autant complètement bourrin. L’enquête que va mener Noah Harper, envers et contre tous (les autorités étant convaincues que Alyssa a quitté la ville de son plein gré), va s’avérer bien plus complexe qu’il n’y parait et nous réserver quelques revirements de situations et rebondissements totalement inattendus.

Tel un pitbull enragé Noah Harper ne lâchera pas le morceau et ira au bout de ses convictions, tant pis s’il doit en prendre plein la gueule au passage. Et d’ailleurs l’auteur ne se prive pas pour malmener son héros. Comme le chantait le regretté Johnny : Les coups / Quand ils vous arrivent / Oh oui, ça fait mal ! Mais après chaque dérouillée, sans pleurer Noah se relèvera et poursuivra sa quête de vérité et de justice.

Paul Cleave signe un page-turner bourré d’action d’une redoutable efficacité. Une intrigue totalement maîtrisée où rien n’est laissé au hasard. Si je voulais pinailler je pourrais souligner le manque de profondeur des personnages mais je suis convaincu que c’est là un choix délibéré de l’auteur.

MON VERDICT