[BOUQUINS] Mallock – Le Cimetière Des Hirondelles

Comme vous le savez sans doute mon Stock à Lire Numérique Mallock - Le Cimetière Des Hirondelles a de nettes tendances à la boulimie, pas toujours facile dans de pareils cas de choisir sa prochaine lecture. La tentation de se ruer sur une des dernières entrées est grande mais cela risque de plonger des titres plus anciens dans les bas-fonds de l’oubli. Et puis parfois il suffit d’une bonne surprise ou d’un imprévu pour motiver mon choix. Le fait que le sieur Mallock s’intéresse à mon modeste blog a fait remonter Le Cimetière Des Hirondelles au top de mes priorités de lecture, puisque l’auteur m’honore de sa visite la moindre des politesses est de chroniquer son dernier roman.
Le commissaire Amédée Mallock se rend à Saint Domingue afin de rapatrier Manuel Gemoni, un français accusé du meurtre d’un vieil homme au passé obscur, mais aussi et surtout le frère d’une collègue du commissaire. Si la culpabilité du jeune homme ne fait aucun doute, son mobile reste un mystère que Mallock devra éclaircir s’il veut lui éviter la prison. Le hic c’est que non seulement Manuel Gemoni est incapable d’expliquer de façon rationnelle son geste mais en plus il en fier…
Je suppose que même les moins attentifs auront remarqué que l’auteur et son héros portent le même nom, n’y voyez là rien d’autobiographique, c’est juste un choix de l’auteur afin de mieux s’imprégner de son personnage. Ce roman est d’ailleurs le troisième mettant en scène le commissaire Mallock (les deux autres sont introuvables ici, il va falloir ruser), on retrouve bien quelques allusions aux titres précédents mais rien qui n’empêche de jouir pleinement de cette lecture. Au contraire ça ne fait que nous donner envie de plonger dans les précédentes enquêtes et surtout en apprendre plus sur le douloureux passé de Mallock (le flic), quel sadique ce Mallock (l’auteur) ! Comme si nos PàL n’étaient pas assez chargées comme ça. Qui plus est le gars enfonce le clou en annonçant une nouvelle enquête de Mallock (Les Larmes De Pancrace), à paraitre prochainement.
Dès le départ l’enquête s’annonce inhabituelle pour Mallock, d’une part parce qu’il est seul sur un terrain inconnu qui obéit à ses propres us et coutumes, d’autre part parce qu’il tient le tueur mais n’a aucun mobile. De fait le roman commence comme un polar mais un polar qui cherche à tirer son épingle du jeu. Pour y parvenir son plus grand atout reste la plume de son auteur, un style riche et fleuri, souvent incisif, parfois drôle ou émouvant, mais surtout ne le répétez pas à Mallock, le bougre pourrait se fâcher ; c’est un pur délice à lire.
Durant toute la première partie on suit Mallock à la découverte de Saint Domingue et empêtré dans une enquête qui semble n’avoir ni queue ni tête, forcément il ne se passe pas grand chose mais à aucun moment on ne s’ennuie ; et soudain… PAN ! Un rebondissement pour le moins inattendu nous sort de notre douce torpeur et donne à l’affaire une dimension nouvelle. Quelques pages plus loin l’auteur nous offre même une puissante touche de spiritualité sur fond de chamanisme ; décidément on va de surprise en surprise. Pour notre plus grand plaisir.
Retour mouvementé en France. Hé ho, vous croyez tout de même pas que je vais tout vous dire, non ! Pour faire simple vous aurez le droit à une enquête teintée d’irrationnel/mysticisme/spiritualité/paranormal/fantastique (rayez les mentions inutiles selon votre ouverture d’esprit) qui ne manquera de vous surprendre par bien des aspects. Mais surtout qui vous rendra très rapidement accro, à peine fermerez vous le bouquin que vous serez saisi d’une irrépressible envie de le rouvrir pour reprendre sa lecture, encore et encore.
J’ai eu un véritable coup de coeur pour le personnage de Mallock, homme blessé qui cache ses douleurs passées sous des apparences d’ours mal léché taciturne, un flic fonceur et frondeur qui ne se laisse pas emmerder par les convenances. Et, pour ceux qui le connaissent, un ami et un collègue qui a un coeur en or. Un personnage tout en contrastes, comme je les aime.
Peut être vous demandez d’où sort ce titre bizarroïde. Lisez le bouquin et vous aurez la réponse à votre question. Rien n’est laissé au hasard.
Quel est le Mallock qui vient visiter mon blog ? Le flic ou l’auteur ? Ou encore un troisième homme ? Bin oui notre Mallock (auteur, Jean-Denis Bruet-Ferreol de son vrai nom) a plus d’une corde à son arc ; pour vous en convaincre je vous invite à jeter un oeil à son site officiel. Et tout cas, quel que soit mon visiteur, je l’en remercie et espère avoir réussi, par cette modeste chronique, à rendre un digne hommage à son talent d’auteur.
Nul doute que d’autres chroniques seront consacrées à ses romains, anciens et à venir… Oui Monsieur Mallock, maintenant que je vous tiens je ne vous lâche plus d’une semelle !

[BOUQUINS] Laurent Obertone – Utoya

L. Obertone - UtoyaJe ne fais pas partie de la gente bien pensante qui fut outrée par La France Orange Mécanique (Parfois sans même avoir pris la peine de le lire), le précédent titre de Laurent Obertone, avec Utoya l’auteur s’aventure de nouveau sur un terrain glissant.
22 juillet 2011, 17h18, Anders B. Breivik débarque sur l’île d’Utoya où se tient, comme tous les ans, un rassemblement des jeunesses du parti travailliste. 17h21, le premier coup de feu retentit et une première victime s’effondre. A 18h34, Anders Breivik se rend à la police, laissant 69 cadavres sur l’île. Plus tôt dans la journée un attentat à Oslo avait fait 8 morts, le poseur de bombe était Anders Breivik…
Plutôt que de m’arrêter aux critiques de presse bobo/intello/gaucho (rayez les mentions inutiles… ah merde y’en a pas), j’aborde ce bouquin en gardant à l’esprit la préface de Stéphane Bourgoin, spécialiste incontesté en France des tueurs en série et tueurs de masse : « Il nous faut louer le travail titanesque de Laurent Obertone et la minutie exceptionnelle qu’il a développée pour reconstituer le parcours authentique d’Anders Breivik et des drames d’Utoya, jusque dans ses moindres détails« .
En s’identifiant à Breivik l’auteur ne cautionne ni son idéologie, ni son action, il nous fait vivre les événements à la première personne afin de leur donner encore plus d’impact. Le récit est entrecoupé de nombreux extraits de documents officiels (rapports d’autopsie, témoignages, greffes du procés, bilans psychiatriques…) qui viennent confirmer que Laurent Obertone n’est pas en pleine « croisade néoréac » (in Les Inrocks, journal connu pour sa totale impartialité, n’est-il point ?).
Certains reprochent la froideur du récit. Normal puisqu’on le vit à travers le personnage Breivik et que le gars n’a jamais manifesté le moindre remords, convaincu que son combat est juste et qu’il sera perçu comme un Templier des temps modernes par les générations futures ; donc oui il reste de marbre face aux faits qui lui sont reprochés et face aux survivants et aux familles.
Dérangeant ? Inconstestablement, pas le bouquin en soi (même si le fait de démarrer le récit à Utoya fait tout de suite l’effet d’une douche glacée) mais que de tels individus puissent exister et faire leur propagande en toute liberté, voire dans l’indifférence générale. Dérangeants aussi le nombre de dysfonctionnements qui ont retardé l’intervention de la police.
L’auteur a fait un choix osé et assumé, sans doute a-t-il pris certaines libertés pour combler les blancs les vides mais globalement, sur le fond, on est effectivement face à un travail hyper-documenté. Sur la forme, ça passe ou ça casse… Pour moi ça passe, même si parfois la plongée dans un esprit aussi malsain laisse des relents acides (et éventuellement des envies de meurtres).
Bien que hautement instructif et intéressant n’espérez pas lire ce bouquin comme vous liriez un roman, personnellement j’ai étalé cette lectures sur plusieurs semaines, le temps d’assimiler et de digérer les différentes parties du récit, m’est d’avis que c’est la seule façon de saisir toute la richesse de cet essai de Laurent Obertone.

[BOUQUINS] Romain Puértolas – L’Extraordinaire Voyage Du Fakir Qui Etait Resté Coincé Dans Une Armoire Ikea

R. Puèrtolas - L'Extraordinaire Voyage Du Fakir...J’ai mis à profit mes derniers jours de congés (la reprise demain va être dure, après trois semaines de glande totale) pour me plonger dans un titre qui a fait quelques va-et-vient dans mon Stock à Lire Numérique, le temps de trouver une version correcte lisible sur tous supports. Ce fut périlleux mais l’attente en valait la peine, place donc à ma chronique de L’Extraordinaire Voyage Du Fakir Qui Etait Resté Coincé Dans Une Armoire Ikea, titre à rallonge que l’on doit à Romain Puértolas.
Ajatashatru Lavash Patel, un fakir du Rajasthan, un tantinet escroc et imposteur, se rend à Paris, aux frais de sa communauté, dans le but de s’acheter un nouveau lit à clous chez Ikea. Le type étant fauché comme les blés, hormis un faux billet grotesque destiné à payer son achat, il décide de passer la nuit dans le magasin. Une décision qui va complètement chambouler ses plans…
Commençons par le mauvais point, d’autant qu’il n’incombe pas à l’auteur mais à l’éditeur, Le Dillettante. Proposer une quatrième de couverture qui résume le bouquin de A à Z est un choix qui me dépasse ; jamais je n’aurai imaginé qu’un tel niveau de crétinerie marketing puisse être atteint !
De prime abord j’ai tout de suite pensé à un périple improbable un peu à la façon de Jonas Jonasson, et sur ce point je n’ai pas été déçu, on retrouve des éléments communs entre les deux auteurs (intrigue rocambolesque, personnages hauts en couleurs…), mais il y a chez Romain Puértolas et son fakir une dimension plus sociale (même si je n’adhère pas totalement à son propos, cela n’engage que moi et ne m’a pas empêché d’apprécier le récit).
Au fil de son périple, qui le conduira de Paris à Tripoli, en passant par Londres (ou presque) et Rome, et avant son retour en France, le personnage d’Ajatashatru évolue tout au long de l’intrigue, le roublard s’humanise au contact des autres et découvre les vertus de l’altruisme. Ne vous fiez pas aux apparences, à aucun moment on ne tombe dans la mièvrerie à deux balles.
Un récit plein d’humour, de malice mais aussi d’humanité (avec une pointe d’émotions, juste ce qu’il faut) et d’intelligence. La plume et le style sont légers, une fois que vous aurez plongé le nez dans le roman vous ne pourrez plus le lâcher avant la dernière page (d’autant qu’il est relativement court, 252 pages). Que demander de plus pour finir ces congés sur une note de bonne humeur ? Sinon un rab de congés !

[BOUQUINS] Joe Hill & Stephen King – Plein Gaz

J. Hill & S. King - Plein GazParé à embarquer pour un road trip aussi court qu’intense ? Attachez vos ceintures et plongez avec moi dans Plein Gaz, une nouvelle à quatre mains signée Joe Hill et Stephen King (le premier étant le rejeton du second, je les cite dans l’ordre figurant sur la couverture).
Une bande de motards en fuite est prise en chasse par un routeir au volant d’un puissant camion ; le type semble bien déterminé à les éliminer un à un… Leur seul espoir de survie : rouler plein gaz sans jamais ralentir !
Un camion fou, ne me dites pas que ça ne vous rappelle rien. Un mot en quatre lettres et un titre mythique : DUEL ! C’est quoi ça ? Je n’adresse plus jamais la parole à celui ou celle qui osera me poser la question. D’ailleurs pour éviter de me fâcher avec mon lectorat je vais lever le voile, Duel c’est d’abord une nouvelle de Richard Matheson (1971) et aussi et surtout le film qui révéla Steven Spielberg au grand public (la même année). Papa et fiston King ont donc décidé de rendre hommage à ce monument en le revisitant.
Dès le départ on note une différence majeure entre Duel et Plein Gaz, dans le premier la victime du camion fou est un pauvre type lambda qui n’a rien demandé à personne, dans le second une bande de motards qui sont tout sauf des enfants de coeur. Du coup forcément on a un peu plus de mal à les prendre en sympathie, de là à faire pencher la balance vers le routier exterminateur il n’y a qu’un pas, aisé à franchir.
Comme je l’ai précisé en intro de cette chronique, c’est court (moins de 100 pages) mais le titre est plus que justifié, l’intrigue est menée plein gaz par les auteurs. Inutile de préciser que c’est bien écrit (ils sont tous les deux des écrivains confirmés). Un brillant hommage qui se lit en moins d’une heure.
En bonus nous avons le droit au premier chapitre du nouveau roman de Joe Hill, Nosfera2. Je n’ai jamais rien lu de lui mais cette mise en bouche (ainsi que quelques errances sur le web) m’a donné envie d’en savoir plus sur son travail.
Je sais que cette chronique est un peu courte mais d’un autre côté je ne me vois pas parler d’une nouvelle avec autant d’intensité que d’un roman. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai tendance à zapper ou à grouper les posts dédiés aux nouvelles ; mais impossible de passer sous silence un titre signé Stephen King !

[BRD] Kick-Ass 2

Kick-Ass 2Au programme de cette nouvelle pause cinéphile, un super-héros pas comme les autres, et pour cause il s’agit du film Kick-Ass 2, réalisé par Jeff Wadlow.
Dave/Kick-Ass (Aaron Taylor-Johnson) a lancé la mode des super-héros « artisanaux », nombreux sont ceux qui se réunissent sous la bannière de Justice Forever, une organisation dirigée par le Colonel Stars & Stripes (Jim Carey). Tandis que Dave rejoint le groupe, Mindy/Hit Girl (Chloë Grace Moretz) décide de renoncer à jouer les justicières et à mener la vie d’une ado « normale ». Quand Chris d’Amico (Christopher Mintz-Plasse), avide de vengeance, débarque sous les traits de The Motherfucker, avec une armée du super-méchants, chacun doit prendre ses responsabilités pour les contrer…
Le décor étant posé le réalisateur peut entrer dans le vif du sujet en reprenant les ingrédients qui ont fait le succès du premier film, de l’action à gogo, avec pas mal de violence et de giclées d’hémoglobine, mais contrebalancée par un humour omniprésent. Je ne reviendrai pas sur la polémique concernant la violence du film et notamment la réaction de Jim Carey qui a refusé d’assurer la promo du film pour cette raison ; à vrai dire j’hésite entre le coup marketing parfaitement orchestré ou une bonne couche d’hypocrisie dont les américains ont le secret… Comme le souligne Mark Millar (auteur du comics) on est dans une fiction à prendre au second degré.
L’ensemble reste globalement bien ficelé mais l’effet de surprise suscité par le premier opus n’est pas compensé par une intrigue plus dense ; on assiste donc à un divertissement sympa mais relativement linéaire, sans rebondissement inattendu ou trait de génie. Bien que notre Kick-Ass ait bénéficié d’un entraînement rapide par Hit Girl on retrouve le gouffre qui sépare les super-héros en carton (motivés mais pas franchement opérationnels) et ceux (celles) qui a bénéficié d’un entrainement haut de gamme et ne reculera devant rien pour rendre la justice.
Bien que Mark Millar et John Romita Jr aient sorti le troisième et dernier opus de leur comics (chez Panini), et que la film du film laisse une porte ouverte à un troisième volet, les résultats du box office mondial, bien que positifs (60 millions de dollars pour un budget de 28 millions), pourraient remettre en question un éventuel troisième volet. Si toutefois celui-ci devait voir le jour, Mark Millar a d’ores et déjà fait savoir qu’il marquerait la fin de la franchise Kick-Ass au cinéma.

[BOUQUINS] Max Brooks – Guide De Survie En Territoire Zombie

M. Brooks - Guide De Survie En Territoire ZombieQuel idiot je fais, commencer un challenge zombies sans apprendre le b.a.-ba sur ces charmantes bestioles est une erreur monumentale ; heureusement il n’est jamais trop tard pour rectifier le tir. C’est désormais chose faite avec Le Guide De Survie En Territoire Zombie de Max Brooks.
Comme son nom l’indique ce n’est pas un roman que vous aurez entre les mains mais bel et bien un guide de survie (avec quelques illustrations assez sommaires). Après une rapide présentation des aptitudes et comportements du zombie, l’auteur vous apprend comment leur survivre et comment les combattre. S’il y a bien quelques traits d’humour, le bouquin n’est en rien comique ; c’est d’ailleurs assez amusant de voir le sérieux avec lequel l’auteur traite d’une hypothèse hautement improbable (perso je ne crois pas le moins du monde à une hypothétique attaque zombie).
L’auteur s’intéresse ici à la vision contemporaine du zombie, à savoir le résultat d’une attaque virale (le virus étant ici appelé Solanum). Sans doute le résultat d’expérimentations militaires ratées… Adeptes des zombies made in 70’s ou 80’s passez votre chemin, ici point de morts-vivants qui s’extirpent de leur tombes (au contraire, selon l’auteur cette hypothèse est totalement impossible).
Entre les chapitres survie et chasse on retrouve quelques redondances mais rien de bien méchant, j’avoue avoir un faible pour les deux dernières parties ; Vivre dans un monde envahi par les zombies, une sorte de condensé de tout ce qui a été dit précédemment et Epidémies recensées, un inventaire des attaques supposées ou avérées de zombies au fil des âges (de -60000 avant JC à nos jours).
Contrairement à ce que j’annonce en intro la lecture de ce guide de survie est loin d’être indispensable avant d’aborder la « mode » zombie, toutefois elle n’est pas non plus inintéressante, ça permet de voir qu’aujourd’hui la vision du zombie semble s’être plus ou moins harmonisée (voire rationalisée) que ce soit au cinéma, à la TV ou dans la littérature.
Comme je l’ai déjà signalé lors de ma chronique du film World War Z, l’éditeur Orbit propose désormais une Intégrale Z qui regroupe le roman WWZ, le Guide de Survie et quatre nouvelles inédites… Un bon moyen de tout avoir sous la main en un seul volume.

[TV News] Arrow

ArrowComme vous le savez sans doute si vous me suivez depuis quelques temps déjà j’ai un faible pour les personnages de super-héros, avec un léger avantage à ceux issus de l’écurie Marvel, sans pour autant dénigrer DC Comics. Du coup difficile pour moi de passer à côté de la série Arrow de Andrew Kreisberg, qui met en scène l’Archer Vert (Green Arrow).
Cinq ans après son naufrage aux larges des côtes chinoises et alors qu’il était supposé mort, Oliver Queen (Stephen Amell) est secouru. De retour à Starling City il s’efforce de donner le change en faisant plus ou moins ce qu’on attend de lui, mais son séjour sur l’île l’a changé, endurci. Avant de mourir son père lui a donné une liste des noms de ceux qui corrompent et pourrissent Starling City ; la nuit Oliver Queen devient un justicier pour honorer la promesse faite à son père et nettoyer l’honneur de leur famille…
Produite pour The CW cette première saison opte pour le format long classique, 23 épisodes de 42 minutes. En France c’est le groupe Canal+ qui en a obtenu les droits. Ayant été séduit par les premiers épisodes j’ai pris les devants afin de pouvoir mater toute la saison en trois jours.
La série est bien foutue, les personnages sont soignés, l’intrigue (qui se met en place lentement mais surement) est bien travaillée. Ne vous laissez pas dissuader par les premiers épisodes qui suivent un schéma identique (un méchant à neutraliser et on passe au suivant) ; les relations entre les personnages se tissent au fil des épisodes et l’on ne tarde pas à trouver un fil conducteur à l’ensemble de la série.
Chaque épisode est entrecoupé de flash-backs permettant de découvrir ce qu’Oliver a vécu sur l’île, un périple bien loin d’un séjour au Club Med ! Ca nous permet aussi d’apprendre comment il est devenu un combattant hors pair pour survivre.
Outre Green Arrow (qui pour le moment s’appelle simplement le Justicier ou l’homme à la capuche), la série pioche dans l’écurie DC Comics pour alimenter les « méchants » que Queen devra affronter.
Une seconde saison est d’ores et déjà en cours de diffusion aux Etats-Unis, il semblerait d’ailleurs que le personnage de Flash soit appelé à intervenir dans cette saison. Faut-il y voir les prémices du Justice League of America ?
Pour la petite histoire le personnage de Green Arrow fait quelques apparitions, sous les traits de Justin Hartley, dans la série Smallville. Feue Smallville étant aussi un produit de The CW il ne faut pas sortir de la cuisse de Jupiter pour deviner que la chaîne compte sur Arrow pour s’imposer en digne successeur de sa série phare.

[BOUQUINS] Douglas Adams – H2G2 : L’Intégrale…

D. Adams - H2G2Ca faisait un moment que ce fameux Guide du Voyageur Galactique me faisait de l’oeil, grâce á France Loisirs qui propose L’Intégrale H2G2 de Douglas Adams en un seul volume j’ai enfin pu l’inscrire á mon tableau de chasse comme invité surprise de mon challenge SF.
Arthur Dent, un anglais flegmatique, est sauvé in extremis de la destruction de la Terre par son ami Ford Prefect qui est en fait un habitant de Bételgueuse. Au cours de leur périple ils vont croiser Zaphod Beeblebrox, le président de la galaxie, en fuite après le vol d’un vaisseau expérimental qu’il devait inaugurer. Il voyage avec Trillian, une terrienne qui a accepté de le suivre et Marvin, un robot aussi performant que dépressif…
Après lecture de cette loufoque trilogie en cinq volumes, je n’ai pas été surpris d’apprendre que Douglas Adams avait été scénariste (et acteur) pour les Monty Python ; on retrouve dans le bouquin le même type d’humour déjanté, les situations les plus improbables et une galerie de personnages hauts en couleurs (et c’est peu de le dire). Un style qui peut plaire ou déplaire, pour ma part je me positionne sans hésitation dans la première catégorie.
Contrairement aux apparences les péripéties de notre petite troupe ont un sens, il ne s’agit pas de trouver le pourqoui du comment du « sens de la vie, de l’univers et du reste », ils connaissent la réponse (42), leur mission est de trouver la question qui appelle cette fameuse réponse.
Pour moi la grande question serait plutôt de savoir s’il vaut mieux lire l’intégrale d’une traite ou prendre les cinq volumes un à un. D’instinct je dirai que l’on peut lire les trois premiers opus les uns à la suite des autres et éventuellement laisser un certain laps de temps avant d’attaquer les deux derniers (et la nouvelle offerte en bonus). J’apprécie cet univers complétement azimuté mais je dois reconnaître qu’au bout d’un moment on sature, un petit break, le temps d’un autre bouquin, est le bienvenu pour savourer pleinement la saga (un pavé de 1112 pages tout de même).
Pour la petite histoire la saga H2G2 a démarré sous la forme d’un feuilleton radio diffusé entre 1978 et 1980. La version écrite devait se limiter á une trilogie (publiée entre 1979 et 1982), c’est sur insistance de son éditeur que l’auteur a ecrit deux tomes de plus (en 1984 et 1994). Le dernier se terminant de façon plutôt abrupte, au grand dam de ses fans. Ce qui explique sans doute la décision de confier, après la mort de Douglas Adams (en 2001), l’écriture d’un sixième et dernier opus à Eoin Colfer (Encore Une Chose, publié en 2009… que je ne pense pas lire).
Par ailleurs la saga a connu de nombreuses adaptations sur des supports divers et variés (BD, série TV, théâtre, comédie musicale, film et jeu video). J’ai vu le film il y a quelques années, on ne peut pas vraiment dire qu’il m’ait laissé un souvenir impérissable, marrant mais pas indispensable…
Pour les curieux qui voudraient en savoir plus sur la saga H2G2 et son auteur, je vous invite à visiter l’excellent fan-site Le Voyageur Galactique, mais attention, il contient de nombreux spoilers, donc à utiliser avec modération si vous comptez lire le(s) bouquin(s)…

[BRD] Les Misérables

Les MisérablesLes films se suivent mais ne se ressemblent pas, notre dernière pause cinéphile ayant été musicale avec Les Misérables de Tom Hooper.
Est-il besoin de présenter ce classique de la littérature française ? Jean Valjean (Hugh Jackman), ancien bagnard, s’est refait une réputation sous un nouveau nom. A la mort de Fantine (Anne Hattaway), il s’ engage à prendre sa fille, Cosette, sous sa protection. Mais son chemin va à nouveau croiser celui de Javert (Russell Crowe), un représentant de la loi bien décidé à punir le fugitif…
Le film est l’adaptation d’une comédie musicale présentée sur scène depuis quelques années et connaissant un réel succès public et critique. Autant vous prévenir de suite il ne s’agit pas d’un film entrecoupé de quelques chansons, le film est quasiment entièrement chanté.
Un petit conseil s’impose donc d’office, privilégiez la VO, sous-titrée ou non selon votre niveau d’anglais. C’est d’ailleurs la seule version présentée en salle, une VF intégrale est dispo sur les DVD et BRD mais je n’ai pas osé tenter le coup.
Dans les premières minutes ça peut surprendre mais le jeu des acteurs, les décors, le montage et la bande son font rapidement oublier les a priori négatifs. Je ne dirai pas que j’ai été conquis mais je me suis laisser embarquer sans déplaisir. Le film est long (2h30) mais reste fidèle à l’oeuvre de Victor Hugo, de fait je préfère y voir un hommage plutôt qu’un outrage.
A en croire le box office mondial et ses 442 millions de dollars (pour un budget de 61 millons), je n’ai pas été le seul à succomber. Toutefois l’accueil en France a été nettement plus mitigé, chauvinisme culturel oblige je suppose (encore que ce ne soit pas la première fois que l’oeuvre est adaptée par une équipe non francophone). Un « raté » qui n’a en rien empêché le film d’être le film non américain (il est britannique) le plus rentable de l’histoire du cinéma, c’est pas rien quand même (bien qu’il soit encore loin des résultats des géants made in Hollywood).
Une bonne surprise de plus qui traînait dans mon stock de BRD en attente et finalement visionné grâce à Canal+.

[TV News] Under The Dome

Under The DomeIl nous aura fallu moins de deux jours pour mater les treize épisodes de la première saison de Under The Dome, sérié de Brian K. Vaughan inspirée du roman de Stephen King.
Les habitants de Chester’s Mill, sont, du jour au lendemain, coupés du monde et piégés dans la ville à cause d’un immense dôme transparent. Pour James « Big Jim » Rennie (Dean Norris), conseiller municipal, c’est l’occasion d’affirmer, de manière dissimulée, sa position de leader, voire de sauveur. Mais certains, comme Dale « Barbie » Barbara (Mike Vogel), vétéran de guerre en Irak, ne se laisseront pas impressionner…
Bien que Stephen King ait activement participé à la série ne vous amusez pas à comparer le roman et la série TV, vous seriez forcément déçu. Pour ma part je me suis plongé dans la série en essayant de faire abstraction du roman. La série, proposée par CBS et diffusée en France par M6, se décline sous la forme de 13 épisodes de 42 minutes.
Outre les personnages de Big Jim et Barbie on retrouve d’autres personnages principaux issus du roman, notamment Junior (Alexander Koch), le fils un tantinet perturbé de Big Jim, Linda Esquivel (Natalie Esquivel) qui deviendra responsable de la police suite à la mort brutale du sheriff et bien entendu Julia Shumway (Rachelle Lefèvre), journaliste et amie de Barbie.
Tout ce petit monde se retrouve confronté à la question de la survie maintenant qu’ils sont totalement isolés du reste du monde, mais surtout, confinement oblige, les secrets que certains auraient sans doute préférés laisser dans l’ombre vont refaire surface, créant des tensions entre les habitants et révélant des complots bien plus amples qu’il n’y parait de prime abord. A ce titre la série réussi son pari en nous surprenant par ses nombreux rebondissements et les révélations concernant le Dôme. Ajoutez à cela un jeu d’acteur plutôt convaincant, des effets spéciaux réussis et une ambiance de plus en plus oppressantes et vous devriez tomber sous le charme de la série.
La saison s’achève sur un cliffhanger qui vous laissera les nerfs à vif, mais rassurez-vous une saison 2 est bel et bien en chantier. Par contre j’espère que CBS se limitera à deux saisons afin de ne pas surexploiter la franchise et risquer de décevoir (ou de lasser) le public.
Une série qui tire plutôt bien son épingle du jeu même si l’intrigue et les personnages restent bien moins travaillés (et par bien des aspects totalement différents) que dans le roman.