[BRD] Fringe – Saisons 1 à 4

Fringe 1-4Dans la catégorie Il était temps je demande la série TV Fringe. Ca faisait un moment que cette série me faisait de l’oeil mais j’attendais que l’occasion se présente de mettre la main sur les cinq saisons d’un coup, finalement ça se fera en deux coups avec d’abord un coffret contenant les saisons 1 à 4 et par la suite la saison 5. Ce qui ne tombe pas plus mal, c’est l’occasion de consacrer deux posts à cette série, la saison 5 étant… à part.
Vous présenter les quatre premières saisons (87 épisodes) en quelques lignes risque de s’avérer un tantinet difficile mais vous présenter les saisons une à une sans spoiler est quasiment mission impossible donc je me lance. La Division des Affaires Spéciales du FBI, dirigée par le Colonel Phillip Broyles (Lance Reddick) est chargée d’enquêter sur toutes les affaires impliquant des phénomènes inexpliqués. Son équipe de choc est constituée d’Olivia Dunham (Anna Torv), brillant agent du FBI, du Docteur Walter Bishop (John Noble), scientifique aussi talentueux qu’excentrique, et de son fils Peter Bishop (Joshua Jackson), un technicien de génie un tantinet roublard…
Crée pour la FOX en 2008 par JJ Abrams, Alex Kurtzman et Roberto Orci, la série mise sur le fantastique expliqué par la technologie (entre autres thèmes) ; pas de petits bonhommes verts ici, tout ce qui perturbe notre perception du réel est le résultat de manipulations humaines. Là encore vous présenter la totalité des thèmes abordés est impossible en quelques lignes. Des phénomènes inexpliqués on progresse peu à peu dans un monde multivers (chaque individu existe dans une ou plusieurs lignes temporelles variables d’un univers à l’autre selon ses choix de vie). J’invite les curieux à consulter la page Wikipedia de la série pour des informations plus détaillées ; les anglophones pourront se plonger dans le wiki de la série (une source d’infos inépuisable sur l’univers et les personnages de Fringe).
Il va sans dire que l’on ne s’est pas fait les 87 épisodes d’une traite, on a pris le temps de déguster et d’apprécier la chose. L’intrigue est dense et complexe mais jamais embrouillée, elle évolue et s’intensifie au fil des saisons, tout comme les personnages (aussi bien leur propre personnalité que dans leurs relations les uns avec les autres).
Deux autres personnages récurrents méritent d’être cités, l’agent Astrid Farnsworth (Jasika Nicole) qui aidera Walter dans ses investigations et Nina Sharp (Blair Brown), la mystérieuse directrice de Massive Dynamics (consortium ultra puissant qui semble avoir un lien avec cette succession de phénomènes inexpliqués). Difficile de passer sous silence l’omniprésent (et rarement présent) William Bell (Leonard Nimoy), complice de Walter et fondateur de Massive Dynamics.
Maintenant que j’ai vu la série je comprends que TF1 ait opté pour une diffusion en seconde partie de soirée, d’une part ça risque d’être un peu trop complexe pour les plus jeunes et d’autre parts il y a quand même quelques passages trash pour ce même public. Pour ma part j’en avais entendu beaucoup de bien et je dois reconnaître que je me suis vraiment éclaté sans jamais trouver le temps long. Un mélange des genres réussi, intelligent et cohérent.
Je suis plongé dans la saison 5, donc je vous donne rendez-vous dans quelques jours pour une chronique détaillée de cette saison quelque peu déconcertante de prime abord…

[BOUQUINS] Johan Harstad – 172 Heures Sur La Lune

J. Harstad - 172 Heures Sur La LuneJe ne dirai pas que ce bouquin m’est tombé entre les mains par hasard mais c’est presque ça. Je patientais à la caisse de France Loisirs avec un autre bouquin quand mes yeux se sont posés sur celui-ci. Le pitch m’a emballé alors j’ai pris. Qui plus est ça me fait un invité surprise pour mon challenge SF. Place donc à ma chronique de 172 Heures Sur La Lune de Johan Harstad.
Mia, Midori et Antoine sont trois adolescents qui viennent de remporter un séjour d’une semaine sur une base lunaire suite à une loterie internationale lancée par la NASA. Après une longue et rigoureuse préparation c’est enfin l’heure du grand départ. Mais une fois sur la Lune rien ne se passera comme prévu…
Autant prévenir de suite avant de m’engager dans cette chronique, on est clairement dans la catégorie Young Adult, donc ne vous attendez pas à un space-trip qui vous fera dresser les cheveux sur la nuque, l’ensemble reste très soft. Ce qui n’a pas empêché l’auteur de remporter, avec ce titre, le prix Brage (le plus prestigieux prix littéraire norvégien) en 2008 dans la catégorie Livres pour enfants et la jeunesse.
De fait je reconnais volontiers que l’ensemble est plutôt bien ficelé malgré des débuts un peu poussifs, il faut attendre plus de 220 pages avant le décollage et encore 70 pages avant que la situation ne se gâte sérieusement pour nos touristes lunaires. Ceci dit une fois que la mécanique s’est mise en branle l’auteur passe en mode turbo, plus le moindre temps mort et un bon nombre de rebondissements jusqu’à un final qui en laissera plus d’un la gueule béante…
Globalement les personnages sont plutôt bien travaillés. D’un côté on a nos trois ados lauréats, trois caractères totalement différent (Mia la rebelle venue de Norvège, Midori la rêveuse nippone et Antoine le français, geek romantique) qui ont chacun leur propres motivations pour ce voyage. De l’autre on retrouve un équipage de professionnels, là aussi des caractères bien trempés.
Bon alors qu’est-ce qui les attends sur la Lune ? Heu… comment dire ? Une mauvaise surprise et de mauvaises rencontres. Voilà je n’en dirai pas plus.
La même chose en version plus adulte, avec une ambiance à la Alien, et une immersion plus rapide au coeur de l’intrigue aurait certainement valu au bouquin le titre de coup de coeur SF de l’année et un joli 10/10 ; à défaut on va dire qu’il s’en tire avec un honorable 8/10. Comme quoi l’auteur nordique peut briller dans autre chose que du polar…

[BOUQUINS] Yannick Monget – Résilience

Y. Monget - RésilienceVoilà un titre qui pourrait parfaitement s’inviter à mon challenge SF, mais ce Résilience de Yannick Monget ne se contente pas de nous livrer une vision du futur bien sombre, il entend faire réfléchir le lecteur en s’appuyant sur un scénario catastrophe mais pas du tout improbable.
Suite aux effets combinés de catastrophes nucléaires en série et d’une pandémie virale ravageuse, l’humanité a quasiment été éradiquée de la surface de la Terre. Les survivants sont regroupés dans diverses bases de vie en Antarctique et d’autres régions isolées du Monde. Comment a-t-on pu en arriver là ? Et surtout existe-t-il encore un espoir de sauver la planète ?
Ah que je vais avoir du mal à vous pondre une chronique qui tienne la distance, non pas que ce fut un calvaire de lire ce roman, bien au contraire j’ai été séduit et plus qu’agréablement surpris. La principale difficulté tient justement dans la profondeur de ce roman, vous aurez entre les mains, à la fois un roman d’anticipation post-apocalyptique, un thriller riche en rebondissements, un bouquin d’espionnage dans lequel fiction et (triste) réalité cohabitent sur fond de géopolitique et d’écologie. Ca fait beaucoup non ?
N’ayant franchement pas la fibre écolo (au sens politique du terme) et n’étant pas non plus un antinucléaire convaincu, je craignais un peu que cet aspect du roman ne soit quelque peu indigeste. Mais en fait l’auteur ne se lance pas dans un manifeste antinucléaire à la sauce verdâtre façon Greenpiss ; son roman, richement documenté, se lit (et se ressent) d’avantage comme un cri d’alarme visant à attirer notre attention sur ce qui pourrait arriver en cas de mauvaise gestion continue de la question du nucléaire. Sur le sujet les politiques, de droite ou de gauche, sont muselés par les (faux) enjeux économiques et par une poignée de lobbyistes qui leur serve un discours erroné, et bien entendu c’est ce même discours qu’ils nous refourguent. Et oui ce bouquin va certainement vous pousser à vous poser des questions et même à remettre en cause certains points que vous teniez auparavant pour acquis (j’vous rassure ça ne vous fera pas virer écolo, ici on parle de questionnements intelligents). Le discours de l’auteur est d’avantage écologue (fidèle à l’essence même de l’écologie) qu’écologiste (exploitation politique, souvent à tort et à travers, de l’écologie).
Mais rassurez vous ce discours est mis au service d’une intrigue aux multiples facettes menée tambour battant. Les chapitres alternent en effet entre une intrigue qui se déroule deux ans après l’effondrement de l’humanité, et une autre qui vous fera vivre les derniers mois du monde tel qu’on le connait. L’auteur ne situe pas précisément dans le temps la catastrophe, toutefois, une lecture attentive des multiples notes et renvois permet de se faire une petite idée de la chose, disons que les années 2050/2080 seraient une échéance probable. Mais ce n’est pas tant la date éventuelle qui fait froid dans le dos, mais plutôt le réalisme du scénario imaginé par l’auteur.
La dernière partie de l’ouvrage est un condensé de notes et annexes en rapport avec le nucléaire, sans prendre pour argent comptant toutes les affirmations de l’auteur, force est de reconnaître qu’il est sacrément documenté sur la question. Toutes ces informations permettent en partie de répondre aux questions que l’on se pose après la lecture du roman et à réfléchir à notre avenir. Quand je dis notre avenir je ne me la joue pas nombriliste, c’est bel et bien de l’avenir de l’espèce humaine (par moment le terme humanité me semble déplacer pour nous désigner) dont il est question. Quelle que soit votre position vis-à-vis du nucléaire ça ne coûte rien de parcourir ces quelques pages, après à chacun de se forger son opinion (pour ma part je reste dans la catégorie Sans opinion, ou plus exactement Oui mais… pour une fois !).
A la base le bouquin a d’abord été distribué uniquement en version numérique par Symbiom (voir la page du livre sur leur site) au prix de 13€, face au succès rencontré par le roman, une version papier a été publiée au prix de 25€. C’est sur la version numérique que j’ai jeté mon dévolu, en introduction l’auteur s’adresse à ses lecteurs numériques en affirmant comprendre le piratage tout en dénonçant le partage de masse (qui n’est autre qu’une forme plus aboutie du piratage) ; je ne m’inviterai pas dans ce débat vous savez sans doute que je pratique les deux sans avoir le moindre scrupule. Par contre l’auteur termine son plaidoyer en invitant les lecteurs-pirates à se procurer une version légale de Résilience, une fois n’est pas coutume je l’ai fait, non pour le financement de projets de Symbiom mais simplement pour remercier l’auteur pour ce bon moment de lecture passé avec son bouquin. Depuis samedi dernier l’auteur propose (via la page Symbiom) son roman sous forme de feuilleton numérique gratuit, laissant à chacun le soin de payer ou non selon ses moyens, ses envies et sa conscience.

[BOUQUINS] Laurent Ladouari – Cosplay

L. Ladouari - CosplayEt hop un invité surprise qui vient se taper l’incruste dans mon challenge SF, ce bouquin m’a fait de l’oeil et je n’ai pu résister à ses appels de pied qui frôlaient l’indécence. La chose s’appelle Cosplay et est signée Laurent Ladouari.
Zoran Adamas, puissant milliardaire aussi mystérieux que cynique; rachète la société 1T, une entreprise d’électronique au bord de la faillite. Son but avoué est de détruire 1T. Le même jour Katie Dûma parvient à se faire embaucher chez 1T. A ce titre, comme tout le reste du personnel, elle est invitée à participer au COSPLAY, un jeu de rôle virtuel dans lequel tout est permis sous couvert d’anonymat. COSPLAY est l’outil imaginé par Adamas pour anéantir 1T…
Ce n’est pas le nom de l’auteur qui m’a fait flashé (c’est son premier roman et je n’avais jamais entendu parler du bonhomme). Le premier choc fut purement visuel, j’ai flashé sur la couverture du bouquin. Après l’avoir examinée de près, j’ai pris la peine de me pencher sur le pitch et voilà comment ce bouquin est venu enrichir mon Stock à Lire Numérique. Ajoutez à cela que je suis un inconditionnel du jeu de rôle (j’ai eu ma période plateau, maintenant je suis plus orienté sur le jeu video) et vous comprendrez que je ne pouvais que craquer pour ce bouquin ; par contre le COSPLAY (COStume PLAYing) ne m’a jamais attiré (je n’dois pas être suffisamment schizophrène).
Et hop une nouvelle dystopie à ajouter à mon tableau de chasse, même si l’auteur ne donne aucune information permettant de situer son intrigue dans le temps et dans l’espace ; on peut tout juste supposer que les personnages sont francophones, certains prononcent 1T à la française (Un Té) et d’autres à l’anglaise (One Ti) et comme l’auteur est français, donc un minimum chauvin on peut supputer que la plus « belle ville du monde » soit Paris.
Ceci dit on s’en fout un peu, l’originalité et l’intérêt principal du roman est ce fameux Cosplay, inutile de préciser que dans un monde virtuel où toutes les règles sont abolies, tous les coups sont permis, idéal pour faire rejaillir les plus bas instincts primaires des joueurs. Pour notre plus grand plaisir de lecteur sadique… Mais il y a plus que ça, sauf que je n’en dirais pas plus sur la question !
Non seulement l’intrigue tient la route et nous accroche rapidement mais en plus les personnages sont bien travaillés. doublement travaillés même puisqu’on a le personnage réel et son avatar dans le Cosplay ; on se prend d’ailleurs vite au jeu d’essayer de deviner qui se cache derrière certains avatar (au départ on ne connait que la paire Katie/Athos). Et je peux vous assurer que l’auteur sait s’y prendre pour nous induire en erreur, pour ma part je n’en avais découvert qu’un avec certitude et de forts soupçons sur un autre (je ne vous dirai pas lesquels).
Bien entendu il y aussi Adamas, invisible mais omniprésent, on se demande qui se cache derrière autant de mystères, doit on l’apprécier ou le détester ? Et quelles sont ses véritables intentions à l’encontre de 1T  (la réponse s’impose peu à peu, avant qu’elle ne soit révélée). Il en va de même pour ses sbires, ils sont plutôt farfelus et attachants mais difficile à cerner avec précision.
Si j’ajoute que le style de l’auteur est très agréable et que la lecture est d’une fluidité exemplaire, vous aurez compris que pour son premier roman Laurent Ladouari réussi un coup de maître. Petit (minuscule) bémol toutefois, je trouve complétement stupide de censurer les insultes proférées par certains personnages (m… pour merde par exemple), faut assumer mon gars, on en a plein le cul du politiquement correct !
L’épilogue laisse présager une suite, reste à savoir quels seront les nouveaux projets d’Adamas pour arriver à ses fins. Une chose est certaine, je suis d’ores et déjà converti, je me jetterai avec avidité sur la, ou les, suites que l’auteur nous réserve…

[BOUQUINS] Dan Simmons – Flashback

D. Simmons - FlashbackJ’ai profité de mon challenge SF pour faire connaissance avec l’univers littéraire de Dan Simmons en inscrivant deux titres de l’auteur au programme, l’incontournable (parait-il) Echiquier Du Mal et un titre plus récent, Flashback. C’est sur ce dernier que j’ai jeté mon dévolu en premier.
2035. Dans une Amérique ravagée (à plus d’un titre), Nick Bottom, un ex-flic, détective minable et accro au flashback, cette drogue qui permet de revivre les souvenirs de son choix, est embauché par M. Nakamura, un milliardaire japonais très puissant. Sa mission : retrouver celui qui a assassiné Keigo, le fils de M. Nakamura, six ans plus tôt. Pour y parvenir il va devoir reprendre toute l’enquête à zéro, à la fois dans le présent mais aussi dans le passé, à l’aide du flashback…
Avant d’aller plus loin dans cette chronique je vais revenir sur la polémique qui a entouré ce bouquin lors de sa sortie, non pas que ce soit un sujet captivant mais il semblerait que ce soit plus ou moins un passage obligé. Pour faire simple on va se résumer à « je me fous des opinions politiques de Dan Simmons ». L’Amérique qu’il nous décrit dans ce roman et les idées soulevées ou émises par certains personnages ne sont pour moi que le décorum d’une oeuvre de fiction de type distopyque, le reste je m’en bats les coucougnettes, « cela ne nous regarde pas » comme diraient les autres.
De prime abord le personnage de Nick Bottom apparait comme un minable drogué sans le moindre sens de l’honneur, égoïste tendance nombriliste, champion du monde de l’auto-apitoiement. Le gendre idéal, non ? J’aurai pu le prendre illico en grippe mais le gars est aussi un fin cinéphile, de nombreuses références cinématographiques égayent ses sombres pensées. Du coup j’ai décidé de lui donner sa chance. Une seconde chance méritée puisque le flic (toujours tourmenté) va peu à peu reprendre le dessus.
A vrai dire il n’y a pas que Nick Bottom qui soit tourmenté, le monde de Flashback, et notamment les Etats-Unis, ne tourne plus très rond. Quand ce ne sont pas les guerres entre nations qui déciment les survivants, les guerres civiles prennent le relai, puis éventuellement les guerres des gangs ou toute autre forme de violence devenue ordinaire. Un monde où il ne fait clairement pas bon de vivre.
Je n’ai aucun élément de comparaison me permettant de situer ce titre par rapport aux autres romans de Dan Simmons mais indéniablement l’auteur a un talent narratif assez exceptionnel, servi par un style extrêmement riche, on est presque instantanément scotché à son récit et on ne lâche plus le morceau avant d’avoir parcouru, en totale immersion, une intrigue rondement menée. Pour tout vous dire j’ai été tellement absorbé par ce bouquin que je serai tenté de le qualifier de thriller d’anticipation ; le cadre et la technologie sont résolument futuristes mais le rythme imposé et les rebondissements sont dignes d’un thriller.
Au début du roman l’intrigue est divisée en deux parties, à Denver on suit l’enquête de Nick Bottom tandis que dans un Los Angeles aux portes de la guerre civile on découvre les errances pseudo-rebelles de son propre fils, Val, conneries dans lesquels il finira par attirer son grand père maternel, Leonard. De fait le chapitrage permet d’identifier le personnage central du chapitre, ceux qui commencent par 1 (les plus nombreux) sont vus sous l’angle de Nick, le 2 identifie le point de vue de Val et le 3 celui de Leonard. Pendant la plus grande partie du roman les deux intrigues sont parfaitement distinctes, elles ne fusionneront que dans les derniers chapitres.
Inutile de préciser que je compte bien poursuivre mon exploration de l’univers littéraire de Dan Simmons, d’abord avec L’Echiquier Du Mal puis avec d’autres titres isolés avant de me lancer dans Les Cantos D’Hyperion (9 tomes).

[BOUQUINS] Douglas Adams – H2G2 : L’Intégrale…

D. Adams - H2G2Ca faisait un moment que ce fameux Guide du Voyageur Galactique me faisait de l’oeil, grâce á France Loisirs qui propose L’Intégrale H2G2 de Douglas Adams en un seul volume j’ai enfin pu l’inscrire á mon tableau de chasse comme invité surprise de mon challenge SF.
Arthur Dent, un anglais flegmatique, est sauvé in extremis de la destruction de la Terre par son ami Ford Prefect qui est en fait un habitant de Bételgueuse. Au cours de leur périple ils vont croiser Zaphod Beeblebrox, le président de la galaxie, en fuite après le vol d’un vaisseau expérimental qu’il devait inaugurer. Il voyage avec Trillian, une terrienne qui a accepté de le suivre et Marvin, un robot aussi performant que dépressif…
Après lecture de cette loufoque trilogie en cinq volumes, je n’ai pas été surpris d’apprendre que Douglas Adams avait été scénariste (et acteur) pour les Monty Python ; on retrouve dans le bouquin le même type d’humour déjanté, les situations les plus improbables et une galerie de personnages hauts en couleurs (et c’est peu de le dire). Un style qui peut plaire ou déplaire, pour ma part je me positionne sans hésitation dans la première catégorie.
Contrairement aux apparences les péripéties de notre petite troupe ont un sens, il ne s’agit pas de trouver le pourqoui du comment du « sens de la vie, de l’univers et du reste », ils connaissent la réponse (42), leur mission est de trouver la question qui appelle cette fameuse réponse.
Pour moi la grande question serait plutôt de savoir s’il vaut mieux lire l’intégrale d’une traite ou prendre les cinq volumes un à un. D’instinct je dirai que l’on peut lire les trois premiers opus les uns à la suite des autres et éventuellement laisser un certain laps de temps avant d’attaquer les deux derniers (et la nouvelle offerte en bonus). J’apprécie cet univers complétement azimuté mais je dois reconnaître qu’au bout d’un moment on sature, un petit break, le temps d’un autre bouquin, est le bienvenu pour savourer pleinement la saga (un pavé de 1112 pages tout de même).
Pour la petite histoire la saga H2G2 a démarré sous la forme d’un feuilleton radio diffusé entre 1978 et 1980. La version écrite devait se limiter á une trilogie (publiée entre 1979 et 1982), c’est sur insistance de son éditeur que l’auteur a ecrit deux tomes de plus (en 1984 et 1994). Le dernier se terminant de façon plutôt abrupte, au grand dam de ses fans. Ce qui explique sans doute la décision de confier, après la mort de Douglas Adams (en 2001), l’écriture d’un sixième et dernier opus à Eoin Colfer (Encore Une Chose, publié en 2009… que je ne pense pas lire).
Par ailleurs la saga a connu de nombreuses adaptations sur des supports divers et variés (BD, série TV, théâtre, comédie musicale, film et jeu video). J’ai vu le film il y a quelques années, on ne peut pas vraiment dire qu’il m’ait laissé un souvenir impérissable, marrant mais pas indispensable…
Pour les curieux qui voudraient en savoir plus sur la saga H2G2 et son auteur, je vous invite à visiter l’excellent fan-site Le Voyageur Galactique, mais attention, il contient de nombreux spoilers, donc à utiliser avec modération si vous comptez lire le(s) bouquin(s)…

[BRD] Elysium

ElysiumIl aura fallu quelques jours pour se remettre de notre réveillon de Noël (j’y reviendrai sans doute ultérieurement), période pendant laquelle nous nous sommes contentés de programmes TV basiques ne demandant aucun effort particulier de réflexion (soit environ 97% des programmes TV hors câble). Une fois les idées plus claires nous nous sommes offert une petite pause Blu-ray avec Elysium de Neil Blomkamp.
2154, la Terre est une poubelle ravagée par la surpopulation, la pollution, la maladie et autres joyeusetés. Du coup les citoyens les plus fortunés se sont réfugiés sur la station spatiale Elysium où ils vivent peinards dans l’opulence. Jessica Delacourt (Jodie Foster) veille à leur confort en luttant, parfois avec des moyens extrêmes, contre les tentatives d’intrusion en provenance de la Terre. Max (Matt Damon) est ouvrier sur Terre, quand il est contaminé sur son lieu de travail, il accepte une mission désespérée pour sauver sa vie. Et bien plus que ça…
Neil Blomkamp a bluffé son petit monde il y a quelques années avec District 9, autant dire qu’il était attendu au tournant… On retrouve d’ailleurs quelques éléments communs aux deux films. La présence de Sharlto Copley au casting, dans D9 il tenait le rôle principal,l alors qu’ici il incarne un mercenaire un tantinet déjanté (tout en clichés mais un régal quand même). Les deux films portent aussi, via la science-fiction, un regard socio-politique sur notre société actuelle (avec un net avantage à D9 sur ce point).
Vous en conviendrez volontiers le pitch de cet Elysium n’est pas vraiment d’une originalité renversante, mais cela ne me dérange pas du moment que le sujet est bien traité. On peut reprocher au film un manque de profondeur ainsi que quelques aberrations (la principale étant pour moi le manque de défense spatiale de la station), mais cela est largement compensé par un rythme plus que soutenu, des effets spéciaux parfaitement maîtrisé et un casting plus que convaincant. D’un côté on a un Matt Damon tout en muscles (et rapidement complété par un exosquelette) mais qui n’incarne pas pour autant une brute épaisse, violent quand il faut l’être (en l’occurrence il s’agit de sauver sa peau), mais aussi profondément humain. De l’autre côté on trouve une Jodie Foster aussi glaciale que manipulatrice, totalement dépourvue d’humanité.
Peut être pas un sans faute mais un divertissement parfaitement maîtrisé ; ce qui me convient parfaitement, je ne m’attendais pas à un film engagé mais plutôt à un  film enragé.
Je ne sais pas ce que donnait le film sur grand écran d’un point de vue visuel mais le blu-ray, intégralement mastérisé en 4K (résolution de 4096 sur 2160), est esthétiquement parfait, même sur un équipement « seulement » en Full HD (1920 x 1080).
Nombreux sont ceux qui attendent District 10 (la suite de D9), Neil Blomkamp affirme ne pas avoir renoncé à son projet mais n’est pas encore en mesure de donner une date de sortie (il travaille actuellement sur un autre film). Espérons que cette attente soit un gage de qualité…

[BOUQUINS] Aldous Huxley – Le Meilleur Des Mondes

A. Huxley - Le Meilleur Des MondesLes nombreuses sorties littéraires de ces dernières semaines m’ont quelque peu écarté de mon challenge 100% SF mais ce n’est pas pour autant que j’y ai renoncé. Histoire de se remettre sur les rails on  va dépoussiérer un bon vieux classique, à savoir Le Meilleur Des Monde d’Aldous Huxley.
Quatrième de couv’ : La technologie et la science ont remplacé la liberté et Dieu. La vie humaine, anesthésiée, est une suite de satisfactions, les êtres naissent in vitro, les désirs s’assouvissent sans risque de reproduction, les émotions et les sentiments ont été remplacés par des sensations et des instincts programmés. Chaque être, rangé par catégorie, a sa vocation, ses capacités et ses envies, maîtrisées, disciplinées, accomplies…
Ecrit en  1931 et publié en 1932, ce roman est considéré par beaucoup comme un des piliers de la SF, un incontournable du genre. Il m’est donc apparu indispensable de me faire ma propre opinion, quitte à flinguer un classique (ce ne sera pas une première de ma part et je l’assume totalement).
Le bouquin commence par une nouvelle préface de l’auteur écrite en 1946. La douche froide, c’est assommant, sans le moindre intérêt (ça n’engage que moi)… Après quelques lignes je décide de la lire en diagonale sinon je sens que je vais expédier le bouquin direct à la corbeille.
La première partie du bouquin (les trois premiers chapitre, soit un peu moins du quart) plantent le décor sous forme d’une visite d’un Centre d’Incubation et de Conditionnement. C’est soporifique, la sauce a du mal à prendre (voire ne prend pas du tout)… Ca commence mal ! D’autant que le troisième chapitre est un véritable foutoir où s’entre-mêlent différents dialogues.
Alors que je cherchais déjà des tournures incendiaires pour une exécution en bonne et due forme j’ai dû ravaler mon fiel. La découverte du quotidien des habitants de ce monde civilisé supposé idéal où tout est formaté et conditionné, donne un nouveau souffle au bouquin, enfin mon intérêt est tiré de sa torpeur. La bonne surprise étant que ledit intérêt ne retombera pas avant les dernières pages du roman, finalement ça valait la peine de s’accrocher (malgré quelques longueurs).
Je ne vous gratifierai pas d’une critique plus étoffée, l’avantage des classiques c’est qu’ils ont fait l’objet d’études approfondies par des gens bien plus doués que moi dans ce genre d’exercice.
Certaines lacunes technologiques frapperont le lecteur d’aujourd’hui habitué aux ordinateurs, téléphones portables et autres tablettes tactiles, ne perdons pas de vue que le bouquin a été écrit en 1931 ; même l’auteur le plus imaginatif de l’époque n’aurait pu imaginer une telle déferlante technologique (sans parler des réseaux wi-fi, 3G, 4G… et autres permettant de se connecter à Internet où que l’on se trouve).
A défaut d’avoir été totalement emballé par ce Meilleur des Mondes je reconnais volontiers qu’il est un précurseur du genre (dystopie ou contre-utopie) et qu’il a dû inspirer bien des auteurs qui ont perpétué (et perpétuent encore) le genre. En cela je m’incline devant le titre d’oeuvre majeure de la SF. Pour moi ça restera une expérience intéressante, comme je suppose que ce sera le cas des autres classiques inscrits au programme de mon challenge ; pas indispensable mais utile à ma culture générale.
Pour la petite histoire l’an zéro de ce « meilleur des mondes » démarre l’année du lancement de la Ford T, soit 1908 ; une touche d’uchronie donc puisque l’auteur modifie le passé avant de nous propulser dans le futur. L’intrigue du bouquin se déroule en l’an 632 NF, ce qui nous placerait en l’an 2540 selon notre calendrier.

[BOUQUINS] Bernard Werber – Les Micro-Humains

B. Werber - Les Micro-HumainsLa lutte pour le sommet de mon Stock à Lire Numérique fut rude entre Bernard Werber et Franck Thilliez ; deux titres que j’attendais de pieds fermes et finalement j’ai décidé de privilégier mon challenge SF en optant pour Les Micro-Humains, la suite (ce qui a aussi beaucoup pesé dans mon choix) de Troisième Humanité, de Bernard Werber donc.
Un an après le succès de l’opération de sauvetage à Fukushima la société Pygmée Prod et ses Emachs ont le vont en poupe, les micro-humains sont loués pour des interventions diverses et variées là où l’homme ne peut intervenir. Une vidéo diffusée sur Youtube, montrant un adolescent torturant et tuant des micro-humaines va complétement changer la donne, les Emachs n’étant pas considérés comme des créatures humaines vont remettre en question leur soumission aux Grands…
On retrouve tous les personnages déjà rencontrés dans le premier opus, dont Emma 109, l’Emach « affranchie » et bien entendu la Terre qui continue à nous raconter son histoire et celle de l’humanité. Les chapitres sont entrecoupés par des articles de l’ESRA, tantôt drôles, tantôt sérieux mais toujours instructifs.
Le décor étant planté on plonge directement au coeur de l’action dans un récit plus mouvementé et plus rythmé que le précédent, les rebondissements ne manquent pas. Les chapitres courts, associés au style de l’auteur, assurent une lecture fluide, c’est d’autant plus agréable que le bouquin devient très vite addictif.
J’aime beaucoup le jugement de l’auteur (ou du moins de ses personnages) sur la religion des hommes qu’il qualifie de « truc artificiel pour soumettre les hommes faibles et leur faire renoncer à leurs responsabilités et leur libre arbitre« . C’est d’ailleurs ainsi que l’auteur imagine la naissance des grandes religions, des dogmes imposés aux petits humains (nous) par leurs créateurs, des géants atlantes, afin de les soumettre. Même le nom du Pape est un pied de nez à la religion : Pie 3.14.
Je terminerai cette chronique par une énigme récurrente (apparue dans Les Fourmis et reprise ici) extraite de l’ESRA : comment faire un carré avec seulement trois allumettes ? Sans les casser cela va de soi… Pour information il y a deux solutions. Vous trouverez facilement la réponse sur le Net mais triturez vous un peu les méninges avant.
Et bin voilà, il n’y a plus qu’à attendre la suite… La fin est moins abrupte que dans le premier tome, l’attente devrait être plus supportable.

[BOUQUINS] Koushun Takami – Battle Royale

K. Takami - Battle RoyaleCa faisait un moment que j’avais laissé en plan mon challenge 100% SF, j’y reviens donc avec un invité surprise : Battle Royale de Koushun Takami. En fait à la base je pensais m’attaquer à Hunger Games mais j’ai bifurqué sur l’auteur japonais qui a, semble-t-il, pas mal inspiré Suzanne Collins ; honneur aux anciens donc (le roman date de 1999 mais est sorti en français seulement en 2006) mais aussi et surtout à une intrigue que je suppose plus mature.
Tous les ans une classe de troisième de la République de Grande Asie est sélectionnée pour participer au programme. Les élèves sont lâchés, armés, sur une île où ils doivent s’entretuer jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un seul survivant. En cette année 1997, c’est la 3ème B du collège Shiroiwa qui a été désignée. Shûya, l’un des 42 adolescents pris dans ce jeu macabre, espère convaincre un maximum d’élèves de refuser les règles imposées, de faire jouer leur solidarité afin de se soulever contre les militaires qui encadrent l’épreuve ; mais pour certains de ses camarades le « jeu » a déjà commencé…
Vous l’aurez compris on est en pleine uchronie (une autre « version » de notre monde), ce qui de fait justifie pleinement le  label SF. La République de Grande Asie est en fait le Japon, devenu un régime totalitaire d’inspiration fasciste régi d’une main de fer par le Reichsführer (si j’ai bien tout compris ça a dû se produire dans les années 20). En passant j’adore les noms données aux deux Corée : la Semi République de Corée pour le Sud et la République Impopulaire et Dictatoriale de Corée pour le Nord.
La longue intro qui présente certains des élèves, encore ignorants de leur triste sort, peut être décourageante au vu des nombreux noms japonais mais d’un autre côté elle s’impose car c’est la dernière fois que Shûya porte un regard d’ado sur le monde qui l’entoure. Pour le lecteur occidental il peut paraître difficile de ne pas s’emmêler les pinceaux entre tous les personnages mais au final il n’en est rien, on identifie vite les personnages principaux et les relations qui lient les uns aux autres. Une fois passée l’intro on est plongé au coeur de l’action, le rythme imposé par l’auteur nous scotche irrémédiablement à son intrigue pleine de surprises, d’autant que ce rythme ne faiblira jamais… Par contre c’est à réserver à un public averti, c’est violent et gore, pas gratuitement, c’est juste imposé par la nature même de l’intrigue.
Qui plus est le style de l’auteur rend la lecture aisée, on avale les 864 pages (en version poche) sans s’en rendre compte. Les chapitres sont courts, percutants, et tous s’achèvent par le sinistre décompte des survivants, [Reste : n]. Si l’essentiel du bouquin se concentre sur le groupe de Shûya, les autres personnages ne sont pas pour autant oublié, certains développent leur propre stratégie de survie (soit en s’engageant pleinement dans le jeu, soit en cherchant à éviter l’affrontement). D’ailleurs ce n’est pas Shûya qui a la plus forte personnalité dans le récit, deux noms s’imposent : Kawada et Kiriyama (mais je vous en dirai pas plus).
Visiblement l’univers de Battle Royale a pas mal inspiré les produits dérivés puisque l’on compte deux films (réalisés par Kinji Fukasaku) et une série de manga (avec Koushun Takami au scénario et Masayuki Taguchi au dessin). Je passe mon tour pour les mangas, par contre j’avoue que les films m’intriguent (je me demande s’ils réussiront à restituer la même ambiance oppressante que le bouquin, et surtout pourquoi une suite ?), à voir si l’occasion se présente.
A ce jour c’est le seul roman de l’auteur, un second serait en chantier mais je ne trouve aucune info quant à son contenu…
Comme le bouquin m’a vraiment plu je me suis dit naïvement que j’allais me l’offrir, sauf que aucune librairie de la place ne l’a en stock ; plutôt que de le commander avec des frais de transport en sus je vais plutôt passer par Amazon, qui plus est ça me permettra de choisir l’édition que je souhaite acheter. Par contre ça m’aurait arrangé de disposer d’une version papier pour corriger l’epub que j’ai récupéré, outre de nombreuses erreurs d’OCR facilement réparables, on tombe parfois (à quatre ou cinq reprises sur l’ensemble du bouquin) il manque des fins de phrase, à défaut j’ai complété les blancs à partir d’un epub en anglais (mise en page complétement pourrie mais bien utile pour le texte manquant).