Les pauses ciné se suivent mais de ne ressemblent pas. Cette fois nous nous sommes engagé dans un univers beaucoup plus noir avec The Voices de Marjane Satrapi.
Terry (Ryan Reynolds) fait de son mieux pour mener une existence normale sans trop se faire remarquer… Pas simple quand on est hautement psychotique et que l’on ne suit pas toujours son traitement. Ses meilleurs sont son chien, Bosco, et son chat, M. Moustache, avec qui il discute régulièrement…
Le moins que l’on puisse dire c’est que ce film est totalement inclassable, on y trouve du thriller, du gore, de l’humour, de la comédie romantique (même si avec Terry la romance tend à tourner court). Marjane Satrapi, connue et reconnue pour son film d’animation Persepolis, s’est aventurée avec succès hors des sentiers battus ; ils ont dû bien s’éclater sur le tournage.
Le top du top restent les échanges entre Terry et ses bestioles. D’un côté Bosco, gros pépère débonnaire, le pousse à refréner ses pulsions et à se comporter comme un honnête citoyen. De l’autre M. Moustache, cynique à souhait et perpétuel râleur, l’incite au contraire à aller toujours plus loin, à laisser libre court à ses pulsions meurtrières. Franche rigolade garantie à condition d’aimer l’humour noir (le chat est génial) !
Quand Terry n’est pas sous traitement (c’est à dire quasiment tout le temps) il est amusant de voir comment il perçoit son propre appartement ; un petit coin propret où il fait bon vivre alors qu’en réalité c’est une véritable porcherie.
Bien qu’il devienne rapidement un tueur en série, le personnage de Terry n’a aucun autre type de perversion ou de déviance (vous me direz c’est déjà pas mal) ; de fait, presque malgré nous, on le trouve sympathique et attachant. Belle performance d’acteur pour Ryan Reynolds, d’autant qu’il assure aussi les voix de tous les animaux du film (et oui il n’y a pas que son chien et son chat qui lui causent).
Au niveau du casting féminin on trouve notamment Gemma Arterton (Fiona) et Anna Kendrick (Lisa).
Bien que parfois complètement déjantée l’intrigue tient la route, la réalisatrice avoue avoir fait un gros travail de documentation autour de la schizophrénie et le résultat est visible à l’écran.
Si à la base c’est la curiosité (et l’affiche) qui m’ont poussé à mater ce film force est de constater que je n’ai aucun regret, au contraire ce fut une excellente surprise, jouissive à souhait !
Challenge 2015 – Les retrouvailles
C’est en lisant Il Faut Tuer Peter Pan, le quatrième volet des enquêtes de Dave Gurney, que m’est venue l’idée d’un programme de lectures futures uniquement constitué de romans mettant en scène un ou plusieurs personnages récurrents, bien entendu la seconde condition étant que j’ai déjà lu au moins un des bouquins de la « série ».
Après survol rapide de mon Stock à Lire Numérique voilà ce que ça pourrait donner :
Abbott, Jeff – Downfall (Sam Capra – T03)
Adler-Olsen, Jussi – L’Effet Papillon (Département V – T05)
Cédric, Sire – Le Premier Sang (Vauvert & Svarta – T02)
Clancy, Tom – Sur Tous Les Fronts (Jack Ryan – T14)
Galbraith, Robert – Le Ver à Soie (Cormoran Strike – T02)
George, Elizabeth – La Ronde Des Mensonges (Inspecteur Lynley – T17)
Manook, Ian – Les Temps Sauvages (Yeruldelgger – T02)
Minier, Bernard – Le Cercle (Martin Servaz – T02)
A cela il conviendrait d’ajouter l’Intégrale 5 du Trône de Fer mais je préfère attendre la sortie en poche prévue pour la fin du mois.
Et encore je n’ose pas aborder les séries non commencées dont les tomes s’amoncellent, encore et encore (comme par exemple Jack Reacher de Lee Child et ses 15 opus)…
[BRD] Les Nouveaux Héros
Une pause ciné en compagnie de Disney est généralement l’assurance d’un très bon moment, voyons si le petit dernier, Les Nouveaux Héros, réalisé par Don Hall et Chris Williams, confirme…
Un petit génie de la robotique nommé Hiro Hamada découvre qu’un complot criminel menace de détruire la ville de San Fransokyo. Avec l’aide de son plus proche ami, Baymax le robot infirmier, et de ses compagnons qu’il va transformer en une bande de super-héros high-tech, Hiro va tout faire pour sauver la ville et sa population de l’infâme Yokai…
Pour son nouveau bébé Disney puise dans l’écurie Marvel, le film est en effet une libre adaptation des comics Big Hero 6. Le cadre est un cocktail d’inspiration américaine et nippone ; à la base il s’agit de la ville de San Francisco, reconstruite par les japonais après sa destruction par un tremblement de terre et rebaptisée San Fransokyo. De même les personnages, bien que visiblement américain, portent des noms japonais. Un cadre imaginaire qui laisse une grande liberté visuelle pour le rendu de la ville.
Oubliez les Avengers, ici nos super-héros en sont encore au stade de l’apprentissage. Pas de super-pouvoirs mais des gadgets high tech qu’ils ne maîtrisent pas toujours à la perfection. Gros coup de coeur pour Baymax, un croisement entre un Marshmallow et le Bibendum, paisible et débonnaire robot infirmier que Hiro veut transformer en machine de guerre. Il n’en reste pas moins que tous les personnages ont bénéficié d’un soin tout particulier et sont mis au service d’une intrigue qui tient parfaitement la route ; sans oublier une bonne dose d’humour !
Sans surprise l’animation et les effets graphiques sont irréprochables, le film a d’ailleurs été récompensé par l’Oscar 2015 du meilleur film d’animation.
Une fois de plus la magie Disney fonctionne à merveille et devrait séduire les petits et les grands… Une fois de plus le film peut se regarder à plusieurs niveaux, soit vous prenez uniquement l’aspect divertissement sans vous posez de questions, soit vous réfléchissez au thèmes abordés par le film (les dangers de la technologie mal utilisée, la soif de vengeance…). Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise recette, chacun aborde le film comme il l’entend.
♥♥♥♥
[BOUQUINS] Sosthène Desanges – Les Guerriers Du Lézard
Une chronique chère à mon coeur au menu du jour, d’une part parce qu’il s’agit d’un auteur calédonien qui nous propose son premier roman (le premier tome d’une saga prévue en cinq volumes), ensuite parce que ledit roman est une oeuvre de fantasy qui puise ses sources dans l’Océanie et enfin parce que l’auteur est abordable et vraiment sympa. Longue introduction pour vous annoncer Les Guerriers Du Lézard de Sosthène Desanges, premier opus des aventures de Ash & Vanille.
Rien ne va plus au sein du Clan des Chefs, une terrible malédiction fait qu’il ne naît que des garçons. Selon la légende seul le mythique Guerrier Rouge peut lever cette malédiction. De son propre chef, Ash, un jeune guerrier de 15 ans, décide de braver les dangers et d’explorer l’Île du Lézard afin de trouver le Guerrier Rouge… et éventuellement une femme !
Comme souvent quand on aborde une série de fantasy il faut un peu de temps (et donc de pages) pour s’imprégner de l’univers et des personnages. Un univers qui ne m’est pourtant pas totalement inconnu puisqu’il puise certains de ses éléments dans les cultures mélanésiennes et polynésiennes. Je vous rassure il y a aussi des nombreux apports totalement imaginaires, le challenge étant de bâtir un univers alternatif crédible (à défaut d’être réaliste, fantasy oblige). Un premier challenge parfaitement réussi par l’auteur.
Du fait du cadre choisi n’espérez pas non plus croiser des nains, des elfes ou des orques. Mais là encore l’auteur parvient à jouer sur la mixité de ses personnages, que ce soit en terme de races (certains frémiront à l’évocation de ce mot mais en fantasy c’est pourtant une étape incontournable) ou de classes (en l’occurrence il s’agit d’avantage de mettre en avant les compétences de chacun).
Non seulement Ash ne sera pas seul au cours de son périple, pour faire simple on va dire que si vous regardez la couverture vous aurez un aperçu des cinq « valeureux aventuriers » qui traverseront l’Île du Lézard. Et bien entendu ils ne manqueront pas de faire diverses rencontres, certaines amicales, d’autres nettement plus hostiles. Là encore on retrouve un mix réussi entre crédibilité et imaginaire.
Passé le temps d’immersion évoqué plus haut, je vous assure que vous vivrez une aventure pleine de surprises et d’émotions. De nombreuses touches d’humour permettent de relâcher la pression sans casser le rythme. L’auteur a un style très visuel sans pour autant nous noyer dans d’interminables descriptions, en même temps que l’on lit le bouquin, on visualise l’intrigue.
Pour un premier roman, Sosthène Desanges, qui reconnaît lui même être novice en fantasy, réussit à proposer un bouquin totalement original qui ne devrait toutefois pas complètement désarçonner les adeptes du genre. C’est certes moins tordu et complexe que Le Trône de Fer mais pour ma part j’estime que l’essai a été largement transformé. J’ai hâte de découvrir la suite, nul doute que l’univers est appelé à s’étendre, certains personnages ont encore bien des facettes mystérieuses et les relations entre les personnages devraient évoluer).
J’avoue que je serai curieux de lire les impressions de lecteurs de l’hémisphère Nord, qu’ils soient ou non adeptes de fantasy.
Petit bonus anecdotique.
Par curiosité et après achat de la version papier, j’ai commandé la version epub du roman. Très vite j’ai constaté de gros problèmes d’affichage (images superposées, multiplication inutile des styles…), du coup j’ai décidé de reprendre le code de A à Z (avec un peu de méthode ça va très vite).
J’ai ensuite contacté l’auteur afin de lui proposer la version corrigée du fichier epub (à vrai dire il y a au moins eu trois versions différentes avant d’arriver à un résultat qui me satisfasse pleinement), à titre gratuit cela va de soi. En remerciement Sosthène tenait à m’offrir une version dédicacée de son roman.
L’occasion de se rencontrer s’est présentée fin février. Je remercie à nouveau Sosthène pour le temps qu’il a bien voulu me consacrer et pour sa gentille dédicace. J’en profite aussi pour renouveler mes remerciements à JAR, pour son illustration qui personnalise encore d’avantage cet exemplaire du roman.
[BOUQUINS] John Verdon – Il Faut Tuer Peter Pan
Je l’espérais sans trop y croire, John Verdon l’a fait : Dave Gurney est de retour et il ne compte toujours pas vivre comme un paisible retraité rural. Il Faut Tuer Peter Pan, ainsi se nomme le quatrième opus des enquêtes de Gurney.
Dave Gurney est appelé à la rescousse par son ami, John Hardwick, ex-flic passé dans le privé. Hardwick est un avocat ont pour objectif de faire réviser le procès de Kay Spalter, emprisonnée pour le meurtre de son mari. Dans sa quête de la vérité Dave Gurney va rapidement se rendre compte que l’enquête a été bâclée, voire menée exclusivement à charge contre la suspecte. Mais plus son enquête avance, plus Gurney va se trouver face à de nouvelles questions…
C’est donc avec un réel plaisir que j’ai retrouvé les personnages de John Verdon. En effet Dave Gurney n’est pas le seul à revenir sur les devants de la scène, on retrouve bien entendu sa tendre moitié, Madeleine et leur relation fusionnelle même si parfois il y a quelques frictions. On peut la comprendre c’te brave Maddie, son époux semble prendre un malin plaisir à aller aux devants des emmerdes et à se mettre en danger (le thème est d’ailleurs largement abordé dans ce roman).
Puis il y a Kyle, le fils de Dave, qui tient de nouveau un rôle actif dans ce roman. Sans oublier l’inénarrable Hardwick avec sa grande gueule et son cynisme à toute épreuve. Mais le gros dur a su être apprivoisé par une nouvelle venue, Esti Moreno, une enquêtrice du NYPD tombée sous le charme rustique de Hardwick.
Au fil des pages vous croiserez de nombreux nouveaux personnages, notamment la famille Spalter dont aucun membre ne semble tourner totalement rond. Entre l’épouse accusée de meurtre qui fait montre d’une froideur à filer une pneumonie à un pingouin ; la fille, Alyssa, une camée totalement délurée qui ferait rougir la plus nymphomane des nymphos et enfin Jonah, le frère de la victime, un illuminé touché par la grâce (à moins que ça ne soit par le Dieu dollar).
Mais Gurney croisera aussi la route d’un flic ripoux et alcoolo, d’un mafieux grec et du plus redoutable et insaisissable des tueurs en série… Que du beau monde !
Du beau monde au service d’une intrigue en béton armé parfaitement maîtrisée par son auteur. Vous n’avez pas fini de vous arracher les cheveux en essayant de comprendre le fin mot de l’histoire ; l’auteur prend un malin plaisir à brouiller les pistes et à mettre ses enquêteurs face à des situations qui dépassent l’entendement. Complexe mais à aucun moment brouillon, au contraire c’est du mitonné aux petits oignons. L’auteur sait où il veut y aller et quand on le découvre on ne peut que se mettre une violente tape sur le front en s’écriant : « Bon sang mais c’est bien sûr ! » (à éviter en public).
Le titre peut surprendre mais quand vous découvrirez le fameux Peter Pan vous ne pourrez qu’acquiescer, le titre original, Peter Pan Must Die, est d’ailleurs de la même veine.
Bref je me suis régalé à la lecture de ce quatrième roman de John Verdon, une fois de plus le gars m’a bluffé et surpris. Et j’en redemande ! En espérant retrouver bientôt Gurney et sa fine équipe, il ne faudrait pas qu’il prenne goût à la retraite. En attendant j’ai décidé que j’allais rester dans le registre des retrouvailles littéraires…
Complètement débordé !
Je ne suis pas mort (du moins pas encore), je ne suis pas à la plage les doigts de pied en éventail (je ne serai pas contre)… juste complètement débordé !
C’est plutôt habituel à cette période de l’année vu que l’on doit fournir aux différents services les chiffres de leur activité mais, cerise sur le gâteau, la Branche Santé, à la demande du Conseil d’Administration (difficile de leur dire non… même si ce n’est pas l’envie qqui nous manque), nous a lancé sur un gros dossier (non… un énôôôrme dossier) à traiter en urgence !
On a bien un modèle de la CNAM en Métropole dont on est censés s’inspirer mais la méthodologie utilisée n’est pas transposable à la Nouvelle-Calédonie et à la CAFAT. Du coup on a dû improviser une méthodo qui tienne la route et qui permette d’être aussi exhaustif que faire se peut. Avec un historique entre 2005 et 2013 !
Une fois la méthodo finalisée il a fallu lancer les extractions et exploiter les résultats afin de sortir les tableaux et graphes qui vont bien. Histoire d’apporter un petit plus on a aussi décidé d’insérer toute une partie cartographie.
Ultime étape, et c’est de loin la plus pénible : rédiger et mettre en forme le rapport. La chose doit être livrée à la Branche Santé le 10 mars, après quoi nous serons exclusivement concentrés sur les rapports d’activité… Exercice qui devrait nous tenir occupé jusqu’à la fin avril.
En mai j’ai 3 semaines de congés programmés ; ça va faire du bien de pouvoir souffler un peu. D’autant que je sais qu’à la reprise j’ai encore quelques gros chantiers qui m’attendent. Une pause nécessaire pour éviter l’implosion !
Du coup forcément ça rogne méchamment sur le temps que j’ai à consacrer à ma PàL, cette garce en profite pour enfler sournoisement à l’insu de mon plein gré ! A la fin de ma journée de travail j’ai souvent la flemme de me plonger dans un bouquin, je préfère alors m’abrutir devant la TV (ça demande moins de réflexion… les programmes de 17 à 20 heures sont plutôt du genre encéphalogramme plat).
Je prends du retard dans mes lectures mais aussi dans des posts en projet. Et plus encore dans des chroniques à la demande d’auteurs, j’ai deux bouquins et un CD sur le grill mais pas encore eu l’occasion d’allumer le gaz. Soyez patients, je vous ai promis une chronique, je rédigerai une chronique… Quand ? Je ne sais pas !
[BOUQUINS] Olivier Norek – Territoires
Comme annoncé précédemment je reste en compagnie du SDPJ 93 avec Territoires, le second roman d’Olivier Norek mettant en scène Victor Coste et son équipe.
Trois gros dealers notoires sont éliminés à Malceny, plaque tournante de la drogue dans le 9-3. Le Boss, nouveau caïd des lieux, est bien décidé à imposer sa mainmise sur ses nouveaux territoires, quitte à mettre le département à feu et à sang. Face à la menace d’embrasement, Coste et son équipe savent qu’ils doivent agir vite…
Si par le plus grand des hasard Code 93 vous avait donné envie de déménager dans le 93 (qui sait peut-être que mon lectorat compte quelques dépressifs suicidaires) je suis convaincu que Territoires fera renoncer même les plus motivés (et les plus suicidaires). Dans son premier roman Olivier Norek nous offre un portrait peu ragoûtant de la Seine-Saint-Denis mais ce n’était que la partie visible de l’iceberg, ici il nous plonge le nez au coeur des cités, des trafics en tout genre, de la corruption à tous les niveaux… Et ce avec un réalisme saisissant mais, espérons-le (sans trop y croire), dans une version empirique pour les besoins de son intrigue.
On retrouve une intrigue totalement maîtrisée et toujours aussi ancrée dans la réalité du milieu policier et judiciaire. Une ambiance beaucoup plus tendue que dans Code 93, mais heureusement Coste et son équipe ne manquent jamais d’un bon mot pour faire retomber la tension.
Rien à redire au niveau des personnages, l’équipe est toujours aussi complémentaire et efficace. Des personnages profondément humains, loin des super-flics made in Hollywood. Quant au méchant de service (le vrai pas les raclures dévouées aux basses oeuvres), le fameux Boss, bien malin si vous découvrez son identité avant qu’elle ne soit révélée. Pour ma part un gros coup de coeur pour le personnage de Jacques mais je n’en dirai pas plus (oui je sais, c’est frustrant).
Comme dans la vraie vie rien n’est jamais complètement blanc ou complètement noir, on navigue plutôt entre différentes nuances de gris (avec parfois tout de même du gris très foncé). De fait les fins d’enquêtes ne sont pas toujours aussi idéales que ce que l’on pourrait souhaiter, il faut savoir faire des concessions et composer avec la réalité du terrain.
Ce second roman confirme, voire même amplifie, mon appréciation plus que positive sur les talents de narrateur d’Olivier Norek et mon attachement au personnage de Victor Coste. Vivement le prochain !
S’il est une chose que je ne supporte pas et pour laquelle je prône la Loi du Talion (si, si, je sais exactement de quoi il s’agit) c’est bien la maltraitance sur les animaux. Donc si dans un roman je croise un personnage qui torture un animal vous pouvez être assuré que je le prendrai définitivement en grippe ; ma seule hâte sera d’arriver à la mise à mort du tortionnaire avec le fol espoir qu’elle sera au moins aussi violente que celle infligée à l’innocente bestiole. Si vous ajoutez à cela que ledit personnage est de toutes façons une ordure finie totalement irrécupérable vous comprendrez que ma hâte n’en est que décuplée. Mes attentes furent-elles satisfaites ? J’ai la réponse mais je ne peux la partager avec vous (rien à voir avec le politiquement correct ou une quelconque forme d’hypocrisie, c’est juste pour garder intacte la surprise).
[BOUQUINS] Olivier Norek – Code 93
Je reste dans le polar Made in France mais cette fois je passe du journaliste-écrivain au flic-écrivain avec Olivier Norek et son premier roman Code 93.
Coup sur coup Victor Coste, capitaine à la PJ de Seine-Saint-Denis, est confronté à deux scènes de crimes hors normes. Pour couronner le tout il reçoit des lettres anonymes l’orientant vers des affaires mystérieusement classées…
Un polar écrit par un flic on peut s’attendre à du lourd, et surtout à de l’ultra-réaliste, mais un scénario en béton ne fait pas tout, il faut aussi savoir le garnir, lui donner des formes et lui insuffler du rythme pour accrocher le lecteur. Olivier Norek a-t-il relevé le défi avec succès ? Réponse dans les lignes qui suivent…
L’auteur nous livre une intrigue en béton, sans le moindre temps mort et avec son lot de surprises (même si j’avais de sérieux soupçons sur le coupable et ses motivations avant que l’on ne l’apprenne par l’auteur). Ajoutez à cela une parfaite maîtrise de son sujet et un style parfaitement adapté au genre (pas de fioritures inutiles, direct mais travaillé) et vous aurez un premier défi relevé haut la main.
Victor Coste est un personnage hautement attachant, un homme blessé qui se donne à fond dans son boulot et prêt à tout pour son équipe. Et quelle équipe ! Sam, Ronan et même la nouvelle recrue, Johanna, se complètent à merveille et font front solidaires, qu’importe les circonstances. leur boss les couvre, ils couvrent leur boss. Sans oublier bien sûr Léa Marquand, la jolie légiste qui ne laisse pas Coste indifférent même s’il s’efforce de rester de marbre en sa présence.
Quid du titre ? Impossible de répondre à la question sans en dire trop, je vous laisse découvrir la chose par vous même. Si la chose existe effectivement ça a de quoi faire froid dans le dos… le pire étant sans doute que ça ne m’étonnerait pas outre mesure !
Après Mallock et son commissaire homonyme, je crois bien que Olivier Norek a réussi à faire entre un deuxième flic dans mes coups de coeur. Je crois ? Non c’est une certitude puisque je compte bien enchaîner avec Territoires, son second roman.
Que Olivier Norek soit apte à se mettre dans la peau d’un flic est plutôt rassurant vu qu’il a passé quinze ans à la PJ du sulfureux 9-3 ; mais ce n’est pas son seul talent, il est aussi très doué pour se mettre dans la peau d’un chat, jugez plutôt : « L’effet conjoint de la porte qui explose, frappant violemment contre le mur, et de la luminosité aveuglante qui envahit l’entrée de la maison, fit sursauter le chat à la limite de l’attaque cardiaque. Il entreprit un sprint sur place, ses pattes glissant sur le sol sans pour autant avancer, puis finit par se prendre le mur en pleine gueule avant de regrimper les escaliers en deux sauts successifs. » (Chapitre 16)
[BOUQUINS] Jacques Expert – Deux Gouttes D’Eau
Retour au polar made in France pour ma prochaine escapade littéraire, en compagnie de Jacques Expert et son dernier roman, Deux Gouttes D’Eau.
Elodie Favereau, 27 ans, est sauvagement assassinée à coups de hache. La vidéo-surveillance permet d’identifier rapidement son assassin : Antoine Deloye, son fiancé. Sauf que celui-ci accuse son frère jumeau, Franck. Pour les commissaires Laforge et Brunet, en charge de l’affaire, une enquête qui s’annonçait simple va se transformer en un inextricable sac de noeuds…
Je suis Jacques Expert depuis qu’il est publié chez Sonatine, c’est donc ma troisième incursion dans son univers littéraire et, autant vous le dire franco, c’est sans la moindre hésitation que je me suis jeté sur ce bouquin (les deux précédents m’ayant fait forte impression).
L’intrigue se découpe selon trois axes, un huis-clos particulièrement tendu au sein du commissariat tandis que les deux frères et les témoins sont entendus par les enquêteurs, l’enquête de terrain pour tenter d’y voir plus clair et enfin de nombreux flashbacks qui nous font découvrir l’enfance et l’adolescence des jumeaux Deloye.
Une intrigue qui repose sur cinq personnages. Franck et Antoine Deloye d’abord, des jumeaux qui sont tout sauf attendrissants, et ceux dès leur plus jeune âge. Des personnalités complexes, impossibles à déchiffrer. Qui dit la vérité ? Qui ment ? Qui est coupable ? Qui est innocent ? Et pour finir : y-a-t-il vraiment un innocent et un coupable ? Une fois l’un, une fois l’autre puis ni l’un ni l’autre… Quoi qu’il en soit les frères Deloye devraient vous faire froid dans le dos.
Du côté des enquêteurs on retrouve les deux commissaires en charge de l’enquête, Robert Laforge et Etienne Brunet. Le second évolue volontairement dans l’ombre du premier mais il est aussi le seul capable de contenir les élans du boss. Parce que le Laforge est un sanguin ! En proie à de fréquentes crises de colère, mais redoutablement efficace, il est à la fois craint et respecté par son équipe. Autant dire que ses confrontations avec les jumeaux ne vont pas arranger son doux caractère.
Et puis il y a Hervé Pauchon, jeune lieutenant ambitieux, le petit nouveau de l’équipe Laforge mais pas de bol le boss l’a d’ores et déjà pris en grippe. C’est lui qui va se démener sur le terrain pour essayer de prouver sa valeur, au risque de se brûler les ailes.
Avec une base relativement minimaliste (un macchab et deux suspects), Jacques Expert, réussit à nous tenir en haleine et à nous amener à maints questionnements et remises en question ; dès qu’une hypothèse germe on se voit contraint de la rejeter quelques pages plus tard ; il maîtrise son intrigue d’une main de maître et nous mène par le bout du nez. Un polar à la limite du thriller psychologique tant il jouera avec vos nerfs.
La fin est conforme au reste de l’intrigue : machiavélique à souhait. En ouvrant ce bouquin j’attendais du polar de haut de gamme, mes attentes ont été comblées… et plus encore !
Je signalerai juste un défaut récurrent dans les versions numériques proposées par Sonatine : l’absence de table des matières. C’est quand même vachement pratique quand on cherche un passage de pouvoir filer directement au chapitre où il se trouve (plus ou moins) plutôt que de faire défiler les pages avec un curseur. Pour certains ça restera un détail insignifiant, pour les e-lecteurs maniaques c’est un manque de respect (et du boulot en plus puisque dans ce cas je l’ajoute manuellement).
[BOUQUINS] Marc Levy – Elle & Lui
Changement radical de registre puisque j’ai jeté mon dévolu sur le dernier Marc Levy, Elle & Lui. Un peu de douceur dans ce monde de brutes…
Paul et Mia se sont rencontrés via un site de rencontre, mais question de s’amouracher l’un de l’autre, ils vont soigner leur solitude en nouant une véritable amitié…
Elle & Lui marque le retour de Marc Levy au genre qui l’a fait connaître, la comédie romantique. Afin de rester dans la continuité il reprend les personnages de Lauren, Arthur et Paul, déjà croisés dans Et Si C’Etait Vrai (2000) et Vous Revoir (2005). Vous l’aurez compris cette fois c’est Paul qui est mis à l’honneur.
De fait le levyphobe primaire objectera d’entrée de jeu que l’auteur use et abuse des mêmes recettes éculées. Ah oui je précise que le levyphobe primaire n’a jamais lu, et ne lira jamais, un roman de Marc Levy. Pour les autres et notamment les fans assumés, dont je suis, je ne vois pas pourquoi Marc Levy changerait une recette qui a déjà fait ses preuves… Et c’est exactement ce qu’il nous offre dans ce nouveau roman, tous les ingrédients de la comédie romantique sont mis en avant, pour notre plus grand plaisir. On y trouve donc un parfait dosage d’humour, d’amitié et d’émotions.
Arthur et Lauren, bien que présents tout au long du récit, sont volontairement maintenus au second plan. C’est Paul qui tient la vedette, mais un Paul qui a pris un nouveau départ aussi iben personnel que professionnel. On s’attache rapidement à ses doutes et maladresses. Puis il y a Mia, impossible de ne pas succomber à son humour ravageur… On se doute bien de comment tout ça va finir mais on s’en fout, ce n’est pas la fin qui importe mais le cheminement pour y parvenir.
Ce n’est pas avec ce roman que l’auteur séduira un public plus large, voire nouveau, mais les fans apprécieront ce retour aux sources.
En réponse aux levyphobes primaires mentionnés plus haut, je citerai cette phrase de Mia : « Mais on leur dit merde, à ceux qui n’aiment pas les histoires heureuses, qu’ils aillent patauger dans leur sinistrose, lis nous font déjà assez suer comme ça, on ne va pas en plus leur laisser le mot de la fin. »
Elle poursuit un peu plus loin sur le manque de reconnaissance de la comédie dans le cinéma : « Vous savez ce qu’il faut pour décrocher un Oscar de nos jours ? Avoir perdu ses bras ou ses jambes, son père ou sa mère, les quatre serait encore mieux. Une bonne dose de misère, de sordide, de bassesses à vous arracher des larmes et on crie au génie, mais faire rire et rêver n’est pas considéré. J’en ai assez de l’hégémonie culturelle du marasme. »
J’attends maintenant le cru 2015 de Guillaume Musso, bizarrement il n’y a ni titre, ni date annoncés…