Jérémy Fel – Les Loups A Leur Porte

J. Fel - Les loups à leur porteUn titre découvert un peu au hasard de mes pérégrinations webesques, devant l’enthousiasme des lecteurs (et notamment d’une certaine Belette Cannibale endémique à la Belgique) je me suis donc laissé tenter par Les Loups A Leur Porte de Jérémy Fel.
Difficile, voire impossible de vous proposer un pitch quelconque tant la construction du roman est déconcertante. Rassurez j’ai été déconcerté (et occasionnellement surpris) dans le bon sens du terme, le moins que l’on puisse c’est que pour un premier roman Jérémy Fel n’a pas fait le choix de la simplicité en optant pour ce que j’appellerai un roman de nouvelles.
Roman de nouvelles ? Ca y est il a fumé la moquette le Lord !!! Et bin non, je suis toujours non fumeur, alcoolémie au niveau zéro et à peu près sain d’esprit (faut le dire vite). En lisant les deux premiers chapitres je me dis que j’ai entre les mains un recueil de nouvelles tant il n’y a aucun lien entre les deux récits. Avec le troisième chapitre un semblant de lien (ténu, vachement ténu même) pointe son museau. Au fil des chapitres, du temps (de la fin des années 70 à nos jours) et de l’espace (des Etats-Unis à la France), on découvre des personnages, des liens et tout se met progressivement en place. Chapeau bas Monsieur Fel, vous avez réussi un coup de maître !
Etrange que les éditions Rivages ait inscrit ce titre dans leur collection littérature générale, il a en effet tous les atouts pour figurer chez Rivages Noir. Peut être une option marketing visant à séduire un public plus large. Globalement l’intrigue distille un sentiment de malaise, certains chapitres sont d’une dureté et d’une noirceur incontestable. Âmes sensibles s’abstenir mais vous passeriez alors à côté d’une perle rare.
Une fois que l’esprit s’est adapté à ce choix narratif hors norme, l’intrigue prend une tout autre dimension, on essaye (vainement) de trouver les liens avant que l’auteur ne nous les dévoile. Un bouquin qui de déconcertant devient rapidement hautement addictif. Cerise sur le gâteau, l’auteur adopte un style qui tend à fluidifier la lecture.
Je peux aisément concevoir que la sauce ne prenne pas auprès de certains lecteurs ; pour ma part je me suis lancé sans réelle conviction et j’en ressors aux anges. C’est une lecture qui exige un réel investissement personnel, aussi bien en terme de temps (laissez le bouquin 3 mois sur la table de chevet avant de le reprendre et vous serez largué) que de réflexion. Pour un premier roman Jérémy Fel place la barre haute, très haute…

MON VERDICT
jd4Coup de poing

[BOUQUINS] S. Greem – Publicité Pour Adultes : Tome 2

Le retour des oursons de la pub ! Si vous me suivez attentivement vous aurez compris que je vais vous proposer ma chronique du tome 2 de Publicité Pour Adultes de S. Greem. De nouveau je tiens à remercier l’auteure pour la confiance qu’elle place en moi en m’envoyant ces trois nouveaux épisodes.
Pour rappel il s’agit de littérature érotique mais servie par une intrigue soignée qui bénéficie d’une réelle profondeur. S. Greem dorlote ses oursons défoncés et pervers même s’ils doivent traverser bien des épreuves pour s’épanouir. Un juste mélange d’érotisme, de romance, d’intrigue sur fond économique, de magouilles diverses et variées et de défonce. Wait Teddy Bear, I’ll come with you again !
Comme pour ma chronique du premier tome je vous livre mes réactions épisode par épisode (pour rappel chaque tome de la trilogie est composé de trois épisodes) ; c’est d’ailleurs pour cette raison que j’attendais d’avoir l’intégralité du tome 2 avant de me lancer.

Alerte spoilers : si vous n’avez pas encore lu le tome 1, passez votre chemin. Je suis obligé de dévoiler la fin du tome précédent pour chroniquer celui-ci.

Episode 4

S. Greem - Publicité pour adultes : Ep4Ce premier épisode du tome deux (et donc le quatrième de la série… vous me suivez ?) nous propose de découvrir les trois premier chapitres du roman, soit l’équivalent papier de 189 pages. L’épisode démarre quelques minutes après la fin du précédent.
Après sa rupture avec Terry, Ian se tranche les veines. Heureusement que Paul, son ami d’enfance, arrive à temps pour appeler les secours. En convalescence, Ian sait qu’il doit comprendre la nature du conflit entre son père et celui de Terry s’il veut sauver leur couple…
Un épisode plus soft (mais non dépourvu de piment quand même) qui lance Ian (version plus tourmentée que jamais)et ses oursons vers un nouveau départ. Pas de grandes révélations au menu mais les choses devraient se préciser au vu de ce qui se prépare.
J’avoue avoir pour Ian un ressenti mitigé, globalement je l’apprécie mais parfois il peut se comporter comme un parfait connard, surtout avec la douce Terry. Alors qu’elle se confie à lui, il se réfugie derrière son sempiternel et hypocrite « du temps au temps« .
Même dans sa relation avec Terry il fait parfois (souvent) preuve d’un égoïsme démesuré, ne consentant pas la moindre concession. Je cite Terry : « Pourquoi est-ce que mon opinion ne compte jamais ? répliqua-t-elle face à mon air déterminé. Il y a la drogue, la douleur, puis les gars de l’agence. Que devrais-je encore supporter ? »
Si la situation des personnages évolue on ne croise aucun nouveau venu, on n’apprécie plus encore ceux que l’on appréciait avant (les oursons) et l’on déteste encore davantage ceux que l’on détestait avant (Emy et Conival en tête de lice). Bref une superbe ouverture qui donne envie d’aller plus loin !

Episode 5

S. Greem - Publicité pour adultes 2.2Ce cinquième épisode vous plongera dans les chapitres 4 à 7 du second tome, soit l’équivalent papier de 201 pages.
Ian s’investit à fond chez X//MARKS, il faut dire que les oursons croulent rapidement sous les clients appâtés par leur première campagne qui fut un succès monstre. Dans le même Ian apprend une terrible vérité concernant la mort d’Helen, et l’implication de son père et surtout de Conrad Russel dans ce drame…
On apprend enfin les circonstances du drame qui ont coûté la vie à Helen et brisé Ian, et l’on découvre avec lui (et avec la même stupeur) ce qui se cache derrière ce drame. est-ce que l’on absous Ian pour ses multiples travers ? Non, définitivement non ! Et je ne suis pas le seul à le penser.
Paul, son ami d’enfance, porte sur lui un jugement sans appel : « Ah oui, j’ai oublié que tu l’as initiée. Mais t’es vraiment qu’un sale égoïste parce que cette fille n’est pas comme ça. T’as pensé à elle ? »
Terry essaye de lui ouvrir les yeux : « Pour moi, l’amour ce n’est pas ça. J’ai besoin de douceur, pas de douleur. »
Et même le Dr Liu, son mentor, le mets en garde contre lui même : « N’oublie pas Ian, celui qui est maître de lui-même est plus grand que celui qui est maître du monde.  »
Si les oursons sont toujours autant adeptes de la défonce sous toutes ses formes, Ian essaye de réprimer ses pulsions pour se consacrer pleinement à Terry. Mais comme le dit le dicton : Chassez le naturel… ! La partie n’est pas gagné d’avance.
Un épisode qui pourrait poser les prémices d’une nouvelle relation entre Ian et son père. Là encore toutes les cartes sont entre les mains de Ian… à moins que son paternel ne lui ait pas encore tout dit.
Complètement absorbé par l’intensité récit on oublie rapidement que l’on tient entre les mains un récit érotique, et même les scènes de cul s’intègrent parfaitement au récit. Toujours autant sous le charme, je vais rapidement me plonger dans la suite…

Episode 6

Publicité pour Adultes 2.3Ce sixième épisode clôt le second tome de Publicité Pour Adultes avec les chapitres 8 à 12, soit l’équivalent papier de 172 pages. Au vu de la fin de l’épisode précédent inutile de préciser que j’avais hâte de découvrir la suite…
Tout semble enfin sourire à Ian. Terry vient s’installer chez lui, cerise sur le gâteau elle semble avoir pris goût aux plaisirs du BDSM et va rejoindre les rangs de X//MARKS. L’agence est en pleine effervescence malgré les menaces de procès intenté par Russel & Buzz…
La grande révélation de cet épisode concerne Thomas Riley, le père de Ian. D’une part on découvre enfin pourquoi Terry paraît aussi attaché à lui. Et la fin nous réserve une (semi) surprise de taille. Sur ce coup une fois de plus on a envie de choper Ian par le colbac et de lui coller des claques jusqu’à lui décrocher la tête. Je vous laisse découvrir pourquoi tant de haine…
De nouveau j’ai été happé par le récit et c’est à regret que j’ai vu apparaître le mot FIN. Une fin de tome moins stressante toutefois que celle du premier opus. Maintenant je n’ai qu’une hâte, découvrir la suite (et fin) mais je suis d’ores et déjà certain que Sara sera à la hauteur de toutes nos espérances, laissons lui juste le temps de nous mitonner un final en apothéose… Du temps au temps comme dirait l’autre.

D’ailleurs je laisse le mot de la fin à Ian, qui mieux que lui pourrait nous parler des oursons de la pub ?
« Ce qui me plaisait, c’était les entendre rire aux éclats lorsqu’ils entrechoquaient leurs bouteilles. Ou encore de les voir vivre pleinement leur vie. Sans tabous. Dans un monde dur et féroce où le travail prend tellement de place, les oursons en peluche se comportaient comme des adolescents orphelins. Terry avait tort lorsqu’elle disait qu’ils avaient choisi la futilité. La futilité est un luxe réservé aux adultes. Les oursons, eux, vibraient au rythme des sensations fortes et de l’amour facile. Ils jouaient au chat et à la souris avec une société qui condamnait l’anormal et le spontané. Mais ils jouaient aussi à ce même jeu avec eux-mêmes. Repoussant les limites de l’acceptable et de l’accepté. Les oursons en peluche, eux, connaissaient la loyauté et la fidélité. Envers chaque membre du clan ou envers une idée qui germait dans leurs têtes.  Ils se soutenaient et se protégeaient mutuellement. Mais ce qui me plaisait par-dessus tout, c’était les enseignements qu’ils m’avaient prodigués. L’amitié et les partages. La spontanéité et la liberté. Oui, j’étais leur gardien. Et je me sentais mieux en me l’avouant à moi-même. »

MON VERDICT
jd4

Blog en pause…

Vous l’aurez peut être remarqué mais depuis le début de l’année le rythme de mes chroniques a considérablement baissé… je rassure d’éventuels inquiets, je ne compte pas encore glisser la clé sous la porte. Il faut juste composer avec les réalités du quotidien, notamment un emploi du temps professionnel particulièrement chargé et une sérieuse remise en question de mon avenir professionnel, même en prenant sur soi ça pèse sur le moral et la motivation en général.

Du coup les chroniques en retard s’accumulent sans tomber aux oubliettes. Comme promis précédemment je vous livrerai mes impressions sur l’album Blackstar, le testament musical de David Bowie. Prochainement des chroniques TV avec les séries iZombie et The Frankenstein Chronicles.

Moins de temps pour lire mais pas question pour autant de résister aux multiples tentations littéraires qui s’offrent à moi… même si je lis moins assidûment, je continue à accumuler ! Et ça ne risque pas de s’améliorer avec les sorties annoncées dans les prochains mois : Karine Giebel (De Force, le 3 mars 2016), Stephen King (Carnets Noirs, le 2 mars 2016), Marc Levy (L’Horizon A L’Envers, le 11 février 2016), Jonas Jonasson (L’Assassin Qui Rêvait D’Une Place Au Paradis, le 18 février 2016), Karin Slaughter (Pretty Girls, le 24 février 2016), Claire Favan (Serre-Moi Fort, le 11 février 2016), James Oswald (Le Livres Des Ames, le 19 février 2016), les CamHug (W3 – Le Calice Jusqu’à La Lie, le 24 mars 2016), Mallock (Le Principe De Parcimonie, le 11 février 2016), Franck Thilliez (Zwanenzang, le 14 mars 2016), Mary Higgins Clark (Assassinat En Direct, le 3 février 2016), LS Hilton (Maestra, le 10 mars 2016), Markus Sakey (Un Monde Meilleur, le 18 février 2016)… Et bien d’autres que j’oublie certainement.

Bref je vous promets encore bien des chroniques mais je ne m’engagerai pas sur le rythme de publication. N’ayant aucune vocation à devenir une quelconque référence je posterai à mon rythme, au rythme de mes envies…

[BOUQUINS] Jussi Adler-Olsen – Promesse

J. Adler-Olsen - PromesseDirection le Danemark pour ma chronique littéraire du jour, un terrain qui ne m’est pas totalement inconnu puisqu’il s’agit de se replonger au coeur du Département V pour leur sixième affaire, baptisée Promesse, avec bien entendu toujours Jussi Adler-Olsen aux commandes.
1997. Une jeune femme est retrouvée morte sur l’île de Bornholm, la police, après enquête, conclut à un accident de la route. Christian Habersaat, le policier municipal qui a découvert le corps, n’y croit pas ; il va se consacrer corps et âme à découvrir la vérité. 2014. Juste avant de se suicider Habersaat prend contact avec le Département V. Carl Morck et son équipe vont reprendre l’affaire à zéro…
C’est bien entendu avec plaisir que j’ai retrouvé Carl, Assad et Rose même si ce nouvel opus ne nous en apprend pas beaucoup plus sur leurs personnalités et leur parcours ; de même nous n’avancerons pas des masses dans l’affaire du pistolet à clous (les habitués comprendront).
Même si l’intrigue est bien menée et nous réserve quelques surprises je la situerai un tantinet en deçà des précédentes. Un indice majeur est livré prématurément, même s’il ne nous permet pas de tout comprendre en un claquement de droit, ça nous gâche un peu les révélations finales.
Même si j’ai commencé par deux bémols n’allez pas croire que je quitte ce roman avec une mauvaise impression. Ca reste un thriller de haut niveau parfaitement maîtrisé, qui plus est la griffe JAO nous garantit une grande fluidité de lecture. C’est juste le rythme qui est un peu plus lent que précédemment (jusqu’aux derniers chapitres le Département V n’est jamais menacé directement au fil de ses investigations).
Cette fois l’auteur confronte le Département V au vaste monde des médecines alternatives et autres disciplines plus ou moins ésotériques… Je n’en dirai pas davantage afin de ne pas risquer de dévoiler des éléments de l’enquête (mais si ceux-ci s’imposent et s’emboîtent assez logiquement et rapidement).
Même si j’ai trouvé cette sixième affaire un peu moins palpitante que les précédentes, je serai au rendez-vous pour le septième opus.

MON VERDICT
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[TV News] Zoo

ZooAu menu de cette chronique une visite au zoo, enfin presque… disons plutôt la série TV Zoo, adaptée du roman de James Patterson et Michael Ledwidge.
Alors que les animaux modifient radicalement leur comportement et s’attaquent ouvertement aux hommes, une équipe est mise en place pour enquêter sur le phénomène. Dirigée par Chloé Tousignant (Nora Arnezeder), une consultante de la DGSE, elle est composée de Jackson Oz (James Wolk), spécialiste du comportement animal, Abraham Kenyatta (Nonso Anozie), guide de safari en Afrique, Mitch Morgan (Billy Burke), vétérinaire pathologiste, et Jamie Campbell (Kristen Connolly), journaliste autodidacte…
N’ayant pas lu le bouquin je ne dispose donc d’aucun élément de comparaison, je sais simplement que James Patterson a donné son accord pour que la série prenne certaines libertés par rapport à son roman. C’est donc l’esprit vierge de tout a priori que j’aborde cette chronique.
La série se décline au format de 13 épisodes de 42 minutes, diffusée sur CBS aux USA. En France c’est TF1 qui a obtenu les droits.
Sympathique de trouver une série qui ose s’écarter des sentiers battus (séries policières, médicales, zombiesques…) en choisissant un thème vraiment original. Reste à savoir si le ramage se rapporte au plumage comme dirait l’autre…
Et la réponse est… roulements de tambour… quel suspense… OUI ! Non seulement l’intrigue est bien menée avec son lot de surprises mais les acteurs sont plutôt convaincants (j’voudrais vous y voir vous si votre matou ou votre toutou vous zieutait comme une proie potentielle). L’ensemble est bien fichu, crédible même et devient rapidement addictif.
Je ne dois pas être le seul à le penser étant donné qu’une seconde saison a d’ores et déjà été annoncée. Par contre il ne faudrait pas pécher par excès de confiance, cette seconde saison devrait boucler la boucle ; faute de quoi je crains un risque d’essoufflement.

[BOUQUINS] Stephen King & Joe Hill – Dans Les Hautes Herbes

skjhdlhhJe reste dans le format court même si la nouvelle n’est pas mon genre de prédilection (loin s’en faut), mais bon difficile de dire non à un inédit de Stephen King, co-écrit avec Joe Hill, Dans Les Hautes Herbes a été publiée en 2012 mais reste inédite en Français, un grand merci donc à Mikoto Eikichi qui nous offre une fan trad maison… en attendant une éventuelle traduction officielle.
Cal et Becky sont frère et soeur. Alors qu’ils sont en route pour aller habiter chez leur tante ils entendent un appel au secours d’un enfant. Les cris répétés viennent d’un champs de hautes herbes. Sans la moindre hésitation les deux jeunes s’aventurent dans le champs…
Un frère et une soeur, on reste dans le thème de 13 à Table. Si on considère ce récit comme notre treizième convive et le digestif alors autant vous dire de suite que c’est quelque chose de vachement fort, un truc qui arrache la gueule et vous fout le feu aux tripes. Le King et son fiston nous offrent en effet un récit bien trash et glauque… donc jouissif pour les amateurs !
Les fans du King se souviennent (ou se souviendront) sûrement de la nouvelle, Les Enfants Du Maïs paru dans le recueil Danse Macabre (1978, ça ne nous rajeunit pas). Même s’il y a certaines similitudes, Dans Les Hautes Herbes est bien plus qu’une simple resucée de son aînée ; elle propose en effet sa propre originalité (au vu de la qualité du récit on pourrait presque dire sa propre identité) et une ambiance bien plus glauque. L’intrigue, parfaitement maîtrisée, vous prendra aux tripes mais vous ne pourrez plus lâcher votre liseuse avant de connaître le fin mot de l’histoire.
Sans être irréprochables la traduction et la mise en page sont correctes, à aucun moment la lecture pique les yeux. Les plus maniaques (dont je suis) corrigeront via Sigil les coquilles et imperfections croisées çà et là. Je renouvelle donc mes remerciements à ceux qui nous permettent de découvrir cet inédit écrit à quatre mains. Une pièce de choix !

MON VERDICT
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[BOUQUINS] 13 à Table : Edition 2016

De nouveaux les auteurs se mobilisent avec les éditions Pocket au profit des Restos du Coeur, l’an dernier le recueil 13 à Table a permis de distribuer 1,4 millions de repas aux plus démunis. L’Edition 2016 devrait exploser ce score, puisque chaque exemplaire vendu devrait permettre de distribuer 4 repas (au lieu de 3 l’an dernier) ; et ce toujours pour la modique somme de 5 €.
Cette fois c’est la fratrie qui est mise à l’honneur, avec douze auteurs qui ont répondu présent pour nous offrir un menu des réjouissances (le repas n’étant plus l’invité d’honneur) inoubliable… Alors pourquoi 13 à Table crévindiou ? On va supposer que nous, lecteurs, sommes le treizième convive ; face à une pareille tablée (et la perspective de faire une bonne action) il serait dommage (pour faire dans le politiquement correct) de passer son tour.

Françoise Bourdin nous offre une mise en bouche relativement classique mais agréable à déguster.
Michel Bussi ajoute un peu plus de piquant avec un final qui ne manquera pas de surprendre le lecteur.
Maxime Chattam, égal à lui même, corse l’affaire… jouissif ! Surprenant pour ceux qui ne connaissent pas la griffe Chattam.
Stéphane de Groodt se lâche dans un hommage sauce absurdie aux frères Coen, tout en subtilité et jeux de mots.
13 à Table - 2016François d’Epenoux nous montre que même si dans une fratrie il y a des hauts et des bas, les liens restent indéfectibles.
Karine Giebel nous balance une claque en pleine gueule (l’effet trou normand je suppose), malheureusement à l’image de cette triste année 2015. Nous n’oublierons pas, nous ne pardonnerons pas, nous resterons debout face aux barbares décérébrés !
Douglas Kennedy nous fait partager quelques souvenirs de ses premiers pas dans la vie à deux. La morale du récit devrait rester gravée en nous car elle ne se vérifie que trop souvent.
Alexandra Lapierre, à contre courant, nous propose un fils unique au menu… quoique, peut être pas si unique que ça finalement !
Agnès Ledig transforme une rencontre impromptue en une belle histoire d’amitié… une autre définition de la fraternité.
Nadine Monfils et sa gouaille 100% Made in Belgium nous fait vivre une histoire des plus improbables mais on se laisse volontiers prendre au jeu.
Romain Puértolas nous envoie sur la Lune autour d’une thématique qui lui est chère. Un thème sérieux traité avec une certaine légèreté et beaucoup de fantaisie, la griffe Puértolas en quelque sorte.
Bernard Werber aborde la force des liens géméllaires sous un angle original mais crédible, comme à son habitude. On y retrouve même un clin d’oeil à son dernier roman, Le Sixième Sommeil.

Les auteurs abordent la fratrie sous des angles et des ambiances divers et variés. Sur les douze nouvelles proposées je n’ai jamais été déçu même si toutes ne se valent pas. Pour ma part le podium final serait constitué de Karine Giebel sur la plus haute marche, suivie par Maxime Chattam et Bernard Werber.

MON VERDICT
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[TV News] Strike Back – Legacy

Strike Back - LegacyAu menu du jour, la cinquième et ultime saison de Strike Back, intitulée Legacy. Avant même de nous lancer on ne peut s’empêcher d’avoir un léger pincement au coeur en sachant que nous devrons dire adieu à la Section 20. Reste à savoir quel sort est réservé aux différents protagonistes que l’on suit depuis quelques temps déjà…
Sous le commandement du Colonel Philip Locke (Robson Green), la Section 20 se déploie à Bangkok afin de délivrer la fille de l’ambassadeur anglais. Scott (Sullivan Stappleton) et Stonebridge (Philip Winchester) sont en première ligne pour une mission qui va rapidement s’avérer plus complexe que prévue…
Fidèle au format adopté depuis la saison deux, Legacy se décline en dix épisodes de 52 minutes, comme d’hab c’est Canal+ qui a l’exclusivité de la première diffusion en France.
Cette ultime saison est pour moi la plus réussie de la saga, une intrigue complexe bourrée de rebondissements, les retournements de situations, complots et autres joyeusetés seront bien entendu au rendez-vous. Heureusement que l’on retrouve, même en plein coeur de l’action, l’humour cinglant de Damien et de Michael (ils forment un duo toujours aussi efficace que complémentaire).
Face à la Section 20, une ennemie particulièrement coriace et vicieuse interprétée sublimement par Michele Yeoh. Comme d’hab l’intrigue promène la section 20 de part le monde avec quatre épisodes en Thaïlande, deux en Corée du Nord, deux en Autriche et enfin deux en Suisse.
Alors quid de la Section 20 ? Ne comptez pas sur moi pour répondre précisément à cette question cruciale ; je dirai simplement que c’est la saison dans laquelle la Section paie le plus lourd tribut humain.
Au vu du final on comprend pourquoi Strike Back tire définitivement sa révérence après un sans faute exemplaire. La série quitte la grille des programmes au sommet de sa gloire, en ayant su se renouveler au fil des saisons. N’empêche que j’aurai bien demandé du rab tellement c’est bon…

[BOUQUINS] Muriel Houri – Jeux, Tue, Ils

M. Houri - Jeux, tue, ilsCela faisait déjà quelque temps que je n’avais pas mis les éditions Flamant Noir à la une de ces chroniques, il faut croire que j’attendais le titre qui fasse tilt pour me lancer. Le second roman de Muriel Houri, Jeux, Tue, Ils m’a tout suite fait des appels du pied.
Alice et Julien, forment un jeune couple ravagé par la perte de leur fille, Sally. Quand elle apprend, par un message anonyme, que son mari la trompe avec une certaine Myriam, Alice, bien que bouleversée, décide de prendre sur elle. Quelque temps plus tard, un SMS anonyme, MYRIAM EST MORTE, donne le go d’un sinistre jeu de piste orchestré par un inconnu qui semble en savoir beaucoup sur Alice et ses proches…
Avec son précédent roman, Menace (aussi disponible chez Flamant Noir), Muriel Houri avait démontré qu’elle savait manier à la perfection toutes les ficelles du thriller psychologique. Autant dire qu’elle avait placé la barre haut et que son second opus serait attendu par des lecteurs plein d’espoir et d’attentes. Alors kezaco de ce nouveau roman ?
Nul doute que les lecteurs qui ont aimé Menace seront comblés par ce second roman. Avec Jeux, Tue, Ils l’auteure, tout en restant fidèle au thriller psychologique, donne une autre dimension à son roman. Ici pas de réelle menace sur les personnages, quoique… mais plutôt le poids des mensonges et des non-dits.
L’intrigue se noue essentiellement autour d’Alice, une jeune femme effacée qui a un mal de chien à surmonter la perte de sa fille. C’est presque malgré elle qu’elle va se retrouver impliquée dans un troublant jeu de piste destiné à lui faire découvrir la vérité sur son entourage.
L’entourage en question est essentiellement constitué de Julien, son mari, Martin, le frère de ce dernier et de Judith et Gilles, des amis du couple. Peu à peu on va découvrir les liens / relations qui unissent tout ce beau monde. Et Dieu qu’il y a beaucoup à découvrir en grattant la surface des apparences… Jusqu’au bout vous n’en finirez pas de vous poser des questions, nul doute non plus que le final ne manquera pas de vous surprendre.
Avec peu d’action et un rythme plutôt lent, Muriel Houri installe rapidement une grosse tension nerveuse, tension qui ne se relâchera pas avant d’avoir tourner la dernière page du roman. Et encore, même une fois le bouquin refermé vous n’aurez aucune certitude. Ca pourrait sembler frustrant mais pour ma part j’ai aimé cette pointe d’incertitude ; inutile de chercher à combler le vide, l’auteure ne dispense aucun indice permettant d’y répondre.
Cerise sur le gâteau, même si en numérique le visuel peut avoir moins d’importance, un soin particulier a été apporté à la couverture du roman. Un sans faute pour Muriel Houri et encore une pépite pour Flamant Noir.

MON VERDICT
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