[BOUQUINS] R.J. Ellory – Mauvaise Etoile

RJ Ellory - Mauvaise EtoileDifficile de faire baisser le Stock à Lire Numérique au vu du nombre de sorties intéressantes ces temps-ci, et ce n’est pas fini les titres continuent de s’empiler alors que mon but initial (et utopique) était plutôt de voir le stock diminuer. Devant un choix aussi vaste je reviens donc à ma sage décision de prendre les bouquins par leur ordre d’arrivée au cours de ces dernières semaines (sauf arrivée d’un incontournable) ; fort de cette résolution j’ai pu me plonger dans Mauvaise Etoile de RJ Ellory.
Digger (Elliott Danziger) et Clay (Clarence Luckman) sont demi-frères, nés sous une mauvaise étoile. Orphelins, ils sont placés d’institution en institution, de plus en plus sévères leur vie n’est qu’une succession d’épreuves. Quand leur chemin croise celui d’Earl Sheridan, un dangereux psychopathe transféré dans le même établissement qu’eux par une série de malheureux hasards, en attendant d’être exécuté, ils sont loin de se douter que le cauchemar ne fait que commencer. Sheridan parvient à s’enfuir en entraînant les deux frères dans sa cavale, pour les trois hommes commence un périple meurtrier, tandis que la police et le FBI sont à leurs trousses…
L’auteur nous plonge dans l’Amérique des sixties (ça a son importance en ce qui concerne les moyens de diffusion de l’information et les méthodes d’investigation) pour un road movie semé d’embûches et de cadavres. Un road trip meurtrier qui pourrait bien être fatal à la complicité qui unit les deux frangins. D’un côté Digger est fasciné par Earl Sheridan, prêt à tout pour plaire à celui qu’il considère comme son mentor. De l’autre Clay, effrayé par la folie meurtrière de Sheridan mais plus encore à l’idée de voir son frère suivre le même chemin.
Des trois bouquins de RJ Ellory que j’ai lu, aucun ne se ressemble mais tous sont incroyablement prenants. Celui ci n’échappe pas à la règle, l’auteur nous embarque dans une intrigue particulièrement violente et meurtrière mais, sans que je puisse expliquer le pourquoi du comment, le style narratif permet de prendre de la distance par rapport aux crimes. C’est peut être un ressenti personnel mais il me semble que l’auteur a d’avantage souhaité mettre l’accent sur ses personnages que sur l’action à proprement parler (j’ai trouvé le climat général de Seul Le Silence beaucoup plus oppressant alors que le bouquin est beaucoup moins violent).
Au départ l’intrigue se noue autour de trois personnages. Inutile de s’attarder sur le cas Sheridan, c’est le psychopathe par essence, il lui manque une case, il le sait et ça lui plait. Digger, l’aîné, est de naissance un peu lent à la détente, du coup plutôt que de se faire chier à essayer de penser par lui même il se laisse guider par les autres, et à ce petit jeu c’est le plus fort qui prendra l’ascendant sur lui (Sheridan en l’occurrence). Clay, le cadet, est nettement plus posé et réfléchi ; ange gardien de son frangin jusqu’à ce que Sheridan entre en scène. Je m’arrête à ses trois là mais d’autres personnages viendront se greffer à l’intrigue et y joueront un rôle capital, voire décisif ; mais je vous laisse découvrir tout ça par vous même (je vous dirai juste que RJ Ellory est loin de nous chanter des louanges à la gloire du FBI).
L’intrigue est rythmée, le suspense va crescendo (on lit les dernières pages en retenant son souffle, nul doute que les plus faibles mourront d’asphyxie avant de connaître la fin de l’histoire). L’omniprésence de la violence et de la mort n’empêche le roman d’être aussi extrêmement dense et riche. L’auteur joue beaucoup sur le relationnel entre les personnages, qu’il s’agisse de fraternité, de complicité, d’amitié (ou de haine), voire même d’amour ; comme quoi même en plein coeur de la tourmente on peut connaître des moments de partages. Le destin est bien entendu omniprésent, qu’est-ce qui fait qu’une vie peut basculer du jour au lendemain ? Le rythme enlevé du roman n’empêche pas çà et là quelques touches comiques et des moments riches en émotions.
Chapeau bas Mr Ellory, une fois de plus vous m’avez bluffé !

[BOUQUINS] Gilles Legardinier – Et Soudain Tout Change

G. Legardinier - Et Soudain Tout ChangeEn voilà un qui a bien failli voler la vedette à Franck Thilliez lors de la dernière ligne droite vers le sommet de mon Stock à Lire Numérique avant se faire griller in extremis par Psycho Killer. Changement total de registre puisque j’ai opté pour Et Soudain Tout Change de Gilles Legardinier, je fais aveuglément confiance à l’auteur pour une séance de musculation zygomatique !
Camille, 17 ans, mène sa vie d’adolescente entre sa famille et sa bande d’amis avec toute l’insouciance propre à cette période de notre vie. Où l’on ignore encore toute l’inconsistance de nos grands questionnements du moment. Un âge où l’on n’est plus un(e) enfant mais pas encore un(e) adulte. Une période de transition, loin de se douter que ce fragile équilibre peut voler en éclats pour X raisons…
Honnêtement si cette histoire n’avait pas été signée Gilles Legardinier je serai passé à côté du bouquin sans même y jeter un oeil. Mais l’auteur a su me rendre accro tant il parvient à se mettre dans la peau de ses personnages et à nous faire vivre des situations du quotidien (ou presque) vues sous un angle unique en son genre. Et une fois encore son don fait des miracles, on s’y croit vraiment et on partage intensément les émotions de Camille.
L’écriture et le style de l’auteur réussissent toujours à nous arracher des fous rires qui nous font passer pour de doux dingues vis à vis des spectateurs involontaires de nos bidonnages ; le résultat est encore pire si on essaye de se retenir, on en vient à ressembler à un constipé qui ferait une crise d’apoplexie sur le trône, les joues gonflées par le rire prisonnier, le corps agité de soubresauts douteux et les yeux baignés de larmes.
Mais l’auteur sait utiliser les séquences les plus loufoques pour nous faire partager des pensées plus profondes, à travers Camille bien entendu mais aussi toute sa bande de potes confrontés à des situations exceptionnelles qui les feront gagner en maturité et en profondeur. De ses trois romans estampillés humour celui-ci est sûrement le plus intense au niveau émotionnel, l’auteur aborde un sujet grave qui ne devrait pas préoccuper des adolescents, les larmes qui viendront baigner vos joues ne seront pas que des larmes de joie.
Autre signature humoristique de l’auteur on retrouve les couvertures colorées mettant en scène un chat, un chaton en l’occurence, le premier dans une situation « normale » pour un félin (pas de bonnet péruvien sur la tête, pas de confiturier en cuivre dans lequel il est assis… juste un chaton surpris par une coccinelle).
L’auteur nous promet un nouveau titre comique pour 2014, je brûle d’impatience de le découvrir, les trois précédents ont été de totales réussites (j’ai lu celui-ci d’une traite, en une journée), je lui fais aveuglément confiance pour nous embarquer dans son prochain délire. En 2015, il devrait signer son retour au thriller, là encore je l’attends de pieds fermes.
Ne zappez pas le mot de la fin de l’auteur, déjà par respect pour sa personne et son travail, mais aussi parce que présentement il se livre à coeur ouvert sur une partie de sa vie.

[BOUQUINS] Anonyme – Psycho Killer

Anonyme - Psycho KillerJ’avais prévu de chroniquer mes prochaines lecture par ordre d’arrivée dans mon Stock à Lire Numérique mais un trublion, survenu plus tôt que prévu, a remis en question mon choix. J’ai en effet été totalement incapable de résister à Psycho Killer, le dernier bébé de l’Anonyme à qui l’on doit la tétralogie du Bourbon Kid.
B Movie Hell était une bourgade paisible jusqu’à ce qu’un type portant un masque en forme de crâne surmonté d’une crête rouge ne débarque et ne commence son carnage à grands coups de couperet. L’ex agent spécial Jack Munson reprend du service afin de mettre fin au carnage orchestré par celui que l’on surnomme l’Iroquois. Mais les apparences sont parfois trompeuses, l’ennemi n’est pas forcément là où on l’attend…
Ceux qui ont lu Le Livre Sans Nom n’auront pas manqué de noter certaines similitudes, rassurez vous les quelques ressemblances s’arrêtent là, Psycho Killer bénéficie d’une intrigue qui lui est propre et l’ambiance à B Movie Hell est très différente de celle de Santa Mondega. Premier point, et non des moindres, aucun signe de fantastique dans ce roman, on est dans le thriller pur et dur. Même si l’intrigue est contemporaine il flotte sur l’ensemble un petit air de western spaghetti.
Globalement le bouquin est moins déjanté que la saga du Bourbon Kid, mais je vous garanti que l’on ne s’ennuie pas un instant au fil des pages (le week end m’aura suffi pour dévorer le bouquin). L’intrigue nous réserve son lot de personnages hauts en couleurs, une histoire menée tambour battant avec de nombreux rebondissements. Un thriller original, très rock n roll, truffé de clins d’oeil cinématographiques divers et variés (de Halloween à Dirty Dancing). Notre Anonyme préféré réinvente le roman noir avec un résultat aussi efficace que jubilatoire, et on en redemande (je retrouverai avec plaisir certains personnages mais je ne sais pas si cela est d’actualité dans l’esprit de l’auteur).
J’aurai pu m’épancher plus longuement sur certains personnages (en commençant par l’Iroquois, mais Jack Munson mérite aussi le détour, ainsi que Silvio Mellencamp), ou sur certains aspects de l’intrigue mais je préfère vous laisser découvrir tout ça par vous même et vous faire votre propre opinion de la chose. Vous l’aurez compris, pour ma part j’ai adoré !

[BOUQUINS] Franck Thilliez – Puzzle

F. Thilliez - PuzzleEt bin voilà mon petit Franckie, tu as fini par atteindre les sommets de mon Stock à Lire Numérique. Après quelques hésitations j’ai fini par décider que je prendrai les trois prétendants à la première place dans l’ordre d’arrivée dans ma bibliothèque virtuelle, honneur donc à Franck Thilliez d’ouvrir le bal avec son nouveau roman, Puzzle.
Ilan et Chloé formaient un jeune couple spécialisé dans les chasses au trésor et autres jeux en réalité alternée (JRA). Alors qu’ils se sont séparés depuis plus d’un an et que Ilan a abandonné cette passion dévorante, Chloé débarque et lui annonce qu’elle pense avoir trouvé l’entrée du plus secret des JRA : Paranoïa. Il se laisse entraîner dans cette ultime chasse au trésor qui ne tarde pas à apparaître bien plus périlleuse qu’un simple jeu, mais il est trop tard pour faire machine arrière…
En chroniquant Vertige, le précédent roman « isolé » de Franck Thilliez, j’ai fait le rapprochement avec le film Saw, si je devais me livrer à la même démarche ici c’est incontestablement le film The Game (David Fincher – 1997) qui me viendrait à l’esprit. Toutefois, comme pour Vertige et Saw, Puzzle et The Game reposent sur une base assez proche mais conservent chacun une identité propre. L’autre point commun entre Vertige et Puzzle est un huis-clos, oppressant à souhait où chacun doute de l’autre (et nous on doute de tout et de tout le monde).
Comme à son habitude l’auteur nous entraîne dans une intrigue aussi dense que complexe, difficile de démêler le vrai du faux ; on serait tenté de suivre le conseil de Lucas Chardon, un des personnages du roman : « Vous n’y comprenez pas grand-chose en l’état actuel des choses. Mais n’ayez crainte, les pièces du puzzle vont se mettre en place progressivement, les unes après les autres.« . Mais même en se laissant porter par le courant, et avec Franck Thilliez la vie n’est pas un long fleuve tranquille mais plutôt un océan déchainé, je peux vous garantir que les méninges vont chauffer à blanc.
Je ne sais pas de quoi il retourne dans les Sharko et Hennebelle mais ses romans isolés ont pour point commun d’aller fouiner au plus profond de la psychologie et du psychisme. De fait on en vient à douter de tous les personnages (8 joueurs), tous sans exceptions semblent baignés dans les mensonges et les non-dits. C’est retors, pour ne pas dire pervers, mais pour nous lecteur ça reste un régal à découvrir.
Que dire justement de nos deux héros principaux ? Commençons par Chloé qui reste longtemps difficile à cerner, plus secrète, ses réelles motivations ne sautent pas aux yeux et forcément cela nous amène à remettre souvent en question le personnage. Ilan n’est guère mieux loti, son passé est tout aussi trouble (lui même s’emmêle les pédales dans son parcours), perturbé par un drame il semble un tantinet parano, à moins que ? Une fois impliqué dans le jeu il se comporte parfois comme le dernier des blaireaux, mais bon d’un autre côté c’est sa négligence (pour être poli) qui fait avancer l’intrigue donc on ne va pas s’en plaindre.
La faim m’a un peu laissé sur ma fin, un indice était trop aisément déchiffrable à mon goût mais j’avoue tout même avoir pas mal remis ma conclusion en question au fil des pages pour finalement en douter totalement jusqu’à la révélation finale. Il n’en reste pas moins que j’ai été happé par ce bouquin, une fois entamé je n’ai plus pu le lâcher !
Franck Thilliez a poussé « le jeu » jusqu’à démarrer chacun des 64 chapitres par le dessin d’une pièce de puzzle, il a par la suite affirmé que l’assemblage du puzzle constituait un indice important, donc à faire de préférence après la lecture du roman. L’assemblage en soi n’est pas un problème, 64 pièces avec un motif « réaliste » c’est un puzzle pour enfants de 5 à 6 ans (source Ravensburger) ; le hic étant plutôt d’obtenir lesdites pièces. Pour les possesseurs du bouquin en version papier ça risque d’être coton : soit vous êtes un barbare fini et vous tailladez le bouquin à coup de scalpel (Sacrilège ! Vade retro !!!) ; soit vous prenez le temps de décalquer chaque pièce, puis de les découper. Pour les possesseurs d’une version numérique, il « suffit » de copier les différentes pièces sur votre disque dur (via Sigil il suffit de quelques clics), via un logiciel de retouche on les détoure (là encore aucun souci, les pièces ont un contour noir sur fond blanc) et après « y a plus qu’à » (dans l’idéal il faudrait même les vectoriser afin de pouvoir les manipuler comme de vraies pièces de puzzle)… Par contre si vous voulez tenter l’expérience je confirme le conseil de l’auteur : faites le après avoir lu roman.

[BOUQUINS] Karine Giebel – Post Mortem

K. Giebel - Post MortemAprès François Troudic et ses Harengs De Ploucamor, je reste dans la nouvelle policière mais dans un registre plus « brut de décoffrage » puisque je jetterai mon dévolu sur Post Mortem de Karine Giebel. Disponible seule en version numérique, elle a été publié chez Pocket sous le titre Maîtres Du Jeu, avec J’Aime Votre Peur (déjà publiée dans le recueil L’Empreinte Sanglante) en première partie.
Morgane Agostini, une actrice très en vogue, hérite d’un inconnu une maison en Ardèche, au grand dam du frère du défunt qui ne cache pas sa colère. A la demande du défunt, Morgane et son mari se rendent sur les lieux. Sur place leur hôte leur a préparé un jeu de piste post mortem…
Il est rare que je chronique des nouvelles, difficile en effet de pondre un post conséquent sur un texte de quelques pages,  aussi réussi soit-il. En l’occurrence il n’y a rien à redire, Karine Giebel réussi à vous entrainer dans un intrigue bourrée de rebondissements qui mise d’avantage sur son ambiance et les tensions psychologiques que sur l’action pure et dure. Jusqu’aux dernières lignes on est bluffé par le nombre de retournements de situation présents en si peu de pages. De même les personnages ont une réelle profondeur, aucun n’est tout blanc ou tout noir, un peu comme dans la vraie vie en fait.
Cette courte mais intense (et oui encore) histoire de vengeance(s) constitue une excellente mise en bouche en attendant le prochain roman de Karine Giebel ; sans doute pas pour toute suite vu que l’excellent Purgatoire Des Innocents est paru en mai 2013. Laissons lui le temps de nous mitonner un thriller aux petits oignons.
Bon je vous quitte pour aujourd’hui sur cette courte chronique, pleure pas mon petit Franckie, je te jure que c’est toi le prochain sur ma liste…

[BOUQUINS] François Troudic – Les Harengs De Ploucamor

F. Troudic - Les Harengs De PloucamorBeaucoup de beau monde se dispute le haut de mon Stock à Lire Numérique, Franck Thilliez a  en effet été rejoint par Gilles Legardinier et par R.J. Ellory et pourtant c’est François Troudic et ses Harengs De Ploucamor qui leur grille à tous la politesse. WTF ? Un auteur inconnu et un premier roman ! Plusieurs raisons à ce revirement, la première et la principale étant que ce bouquin est bien parti pour être le prochain élu de l’AlexandriZ’s Book Club, la seconde tient dans ses 44 pages que je devrai torcher en un deux coups de cuillères à pot et la troisième est que tout dans ce bouquin m’intrigue.
Quid du synopsis ? Heu… Je passe ! Vous aurez donc en guise de présentation les premières lignes du roman :
Elle est venue frapper à ma porte vers trois heures du matin.
— Salut, je m’appelle Géraldine, on ne se connaît pas mais je suis la fille des voisins. J’ai perdu mes clés et je n’ose pas rentrer chez moi de peur de réveiller mon beau-père qui est insomniaque.
N’écoutant que mon grand cœur, j’ai abandonné mon Spirou et lui ai généreusement proposé de l’héberger.
Comment dire ? C’est court mais intense, jouissif même, un véritable orgasme littéraire ! 44 pages de sourires et de rires mais autant vous le dire d’entrée de jeu il faut aimer l’humour décalé, voire complétement déjanté. Quand François se lance à la recherche de Géraldine il est loin de s’imaginer que son périple sera aussi rocambolesque que dangereux. Heureusement il pourra compter sur son ami de toujours, Pioupiou le canard vibrant et son nouvel ami, Michou le cornichon au vinaigre. Bin quoi, j’vous avions prévenu, non ?
La couv’ vous met directement dans l’ambiance avec ses faux airs de feue la collection Série Noire, laissez vous donc tenter par ce polar armoricain hors du commun (ne cherchez pas Ploucamor dans un Atlas du Morbihan, le village est purement fictif) ; non seulement vous aurez le droit à une séance de musculation zygomatique mais en plus vous ne regarderez plus jamais les cornichons comme avant (un peu comme les clowns après la lecture de Ca). Le hasard (?) a voulu que ce bouquin tombe comme un cornichon sur une tartine de rillettes en pleine rentrée littéraire, je lui souhaite une large diffusion par le bouche à oreilles, nul doute que je vais contaminer mon entourage.
Que vous dire sur l’auteur ? Bin rien, parce qu’en fait on ne sait rien de lui… ou presque ! Mais ça seuls les plus curieux et les plus courageux pourront le découvrir, il suffit de s’aventurer là où il sévit sous couvert d’un pseudonyme (et oui la célébrité n’a pas que des avantages, le pauvre doit vivre caché pour vivre heureux).
Si j’ai réussi à éveiller votre curiosité sachez que vous trouverez cet OLNI distribué gratuitement sur de nombreuses plate-formes (dont ELG, le site de référence des ebooks libres et gratuits). Quant à moi j’ai hâte lire la suite des aventures de François Troudic.

[BOUQUINS] Bernard Werber – Les Micro-Humains

B. Werber - Les Micro-HumainsLa lutte pour le sommet de mon Stock à Lire Numérique fut rude entre Bernard Werber et Franck Thilliez ; deux titres que j’attendais de pieds fermes et finalement j’ai décidé de privilégier mon challenge SF en optant pour Les Micro-Humains, la suite (ce qui a aussi beaucoup pesé dans mon choix) de Troisième Humanité, de Bernard Werber donc.
Un an après le succès de l’opération de sauvetage à Fukushima la société Pygmée Prod et ses Emachs ont le vont en poupe, les micro-humains sont loués pour des interventions diverses et variées là où l’homme ne peut intervenir. Une vidéo diffusée sur Youtube, montrant un adolescent torturant et tuant des micro-humaines va complétement changer la donne, les Emachs n’étant pas considérés comme des créatures humaines vont remettre en question leur soumission aux Grands…
On retrouve tous les personnages déjà rencontrés dans le premier opus, dont Emma 109, l’Emach « affranchie » et bien entendu la Terre qui continue à nous raconter son histoire et celle de l’humanité. Les chapitres sont entrecoupés par des articles de l’ESRA, tantôt drôles, tantôt sérieux mais toujours instructifs.
Le décor étant planté on plonge directement au coeur de l’action dans un récit plus mouvementé et plus rythmé que le précédent, les rebondissements ne manquent pas. Les chapitres courts, associés au style de l’auteur, assurent une lecture fluide, c’est d’autant plus agréable que le bouquin devient très vite addictif.
J’aime beaucoup le jugement de l’auteur (ou du moins de ses personnages) sur la religion des hommes qu’il qualifie de « truc artificiel pour soumettre les hommes faibles et leur faire renoncer à leurs responsabilités et leur libre arbitre« . C’est d’ailleurs ainsi que l’auteur imagine la naissance des grandes religions, des dogmes imposés aux petits humains (nous) par leurs créateurs, des géants atlantes, afin de les soumettre. Même le nom du Pape est un pied de nez à la religion : Pie 3.14.
Je terminerai cette chronique par une énigme récurrente (apparue dans Les Fourmis et reprise ici) extraite de l’ESRA : comment faire un carré avec seulement trois allumettes ? Sans les casser cela va de soi… Pour information il y a deux solutions. Vous trouverez facilement la réponse sur le Net mais triturez vous un peu les méninges avant.
Et bin voilà, il n’y a plus qu’à attendre la suite… La fin est moins abrupte que dans le premier tome, l’attente devrait être plus supportable.

[BOUQUINS] Pierre Lemaitre – Au Revoir Là-Haut

P. Lemaitre - Au Revoir Là-HautLes livres se suivent et ne se ressemblent pas. Jusqu’ici Pierre Lemaitre s’est surtout imposé dans le thriller, notamment avec la trilogie (plus un demi) consacrée au Commandant Verhoeven, mais v’là-t’y pas que pour cette rentrée littéraire 2013 le gars change son fusil stylo d’épaule en nous proposant Au Revoir Là-Haut. Du coup la chose a rejoint les sommets de mon Stock à Lire Numérique, la curiosité est trop forte pour passer à côté de ce bouquin.
Novembre 1918. A quelques jours de l’armistice, parce qu’il a vu quelque chose qu’il n’aurait pas dû voir, Albert Maillard a bien failli mourir, enterré vivant ; il devra son salut à l’intervention d’Edouard Péricourt qui le tirera in extremis de ce sale pas. Un geste courageux qui vaudra à Edouard un éclat d’obus dans la gueule, qui lui arrachera une partie du visage. Nos deux compagnons d’infortune ne le savent pas encore mais c’est le début d’une grande histoire d’amitié et d’entraide, empruntant parfois des chemins bien tortueux…
Autant vous le dire de suite, si vous attendez un roman historique passez votre chemin, l’auteur reconnait volontiers avoir pris quelques libertés avec l’Histoire (« L’exactitude, je m’en fous, ce que je veux c’est la vérité« ). En matière de vérité l’auteur sait y faire, on se croirait vraiment au début de la période d’après-guerre (ou plutôt d’entre deux guerres, mais ça les protagonistes ne le savent pas encore). Le regard de Pierre Lemaitre (et de ses deux héros) est désabusé, qu’il s’agisse des soldats qui se sont battus pour la France mais dont la France, une fois la guerre finie, se fout éperdument (aujourd’hui encore, deux fois par an, pour se donner bonne conscience, on dépose une gerbe au pied du monument aux morts). Les héros se doivent d’être jeunes et fringants, pas de place pour les gueules cassées ; c’est pas bon pour l’image !
Difficile de classer ce roman dans un genre particulier, comme je l’ai dit plus haut c’est avant tout une histoire d’amitié qui sort de l’ordinaire. Quant au style, la plume de Pierre Lemaitre se fait tour à tour, drôle, acerbe ou cynique ; parfois il se permet même des apartés pour s’adresser directement au lecteur. Que la situation soit tragique ou amorale, l’auteur parvient toujours à nous tirer un sourire, il affirme « s’être beaucoup amusé » en écrivant ce livre et ça se sent, pari réussi puisque pour nous, lecteurs, sa lecture est purement et simplement jouissive.
Si le duo constitué par Albert et Edouard est plutôt atypique il fonctionne plutôt bien, à tel point que même si leur escroquerie est totalement amorale (surtout dans un contexte pareil), on ne peut s’empêcher d’espérer que la chance leur sourit enfin… tant pis si c’est au prix d’une monumentale arnaque ! A contrario on brûle d’impatience de voir Pradelle, responsable de tous leurs maux et pourri jusqu’à la moelle à tous les niveaux, se brûler les ailes et s’écraser comme une merde. L’auteur exaucera-t-il nos voeux ? Ne comptez pas sur moi pour répondre à cette question.¨
Pierre Lemaitre combine habilement la fiction (l’arnaque montée par Albert et Edouard) et l’Histoire (les magouilles de Pradelle s’inspirent de faits réels) pour lier son intrigue. La morale, ou plutôt l’amorale, de son histoire : « La guerre c’est bon pour le commerce, surtout après !« . Il y aura toujours des profiteurs qui trouveront le moyen de se faire du fric sur le malheur des autres.
Je ne sais pas si Pierre Lemaitre compte se remettre au polar un jour (je l’espère sincèrement) mais il semblerait qu’il ait dans l’idée de produire une sorte de fresque « historique » qui couvriront la période 1920-2020 ; d’ores et déjà l’auteur envisage une dizaine de titres. reste à savoir s’ils seront entrecoupés de thrillers ou s’il se consacrera pleinement à son projet. En tout cas le roman inaugural risque fort bien de marquer cette rentrée littéraire 2013 et peut être même de récolter un prix littéraire. Quoi qu’il en soit j’ai hâte de découvrir les prochains opus de sa fresque…