[BOUQUINS] Stephen King & Joe Hill – Dans Les Hautes Herbes

skjhdlhhJe reste dans le format court même si la nouvelle n’est pas mon genre de prédilection (loin s’en faut), mais bon difficile de dire non à un inédit de Stephen King, co-écrit avec Joe Hill, Dans Les Hautes Herbes a été publiée en 2012 mais reste inédite en Français, un grand merci donc à Mikoto Eikichi qui nous offre une fan trad maison… en attendant une éventuelle traduction officielle.
Cal et Becky sont frère et soeur. Alors qu’ils sont en route pour aller habiter chez leur tante ils entendent un appel au secours d’un enfant. Les cris répétés viennent d’un champs de hautes herbes. Sans la moindre hésitation les deux jeunes s’aventurent dans le champs…
Un frère et une soeur, on reste dans le thème de 13 à Table. Si on considère ce récit comme notre treizième convive et le digestif alors autant vous dire de suite que c’est quelque chose de vachement fort, un truc qui arrache la gueule et vous fout le feu aux tripes. Le King et son fiston nous offrent en effet un récit bien trash et glauque… donc jouissif pour les amateurs !
Les fans du King se souviennent (ou se souviendront) sûrement de la nouvelle, Les Enfants Du Maïs paru dans le recueil Danse Macabre (1978, ça ne nous rajeunit pas). Même s’il y a certaines similitudes, Dans Les Hautes Herbes est bien plus qu’une simple resucée de son aînée ; elle propose en effet sa propre originalité (au vu de la qualité du récit on pourrait presque dire sa propre identité) et une ambiance bien plus glauque. L’intrigue, parfaitement maîtrisée, vous prendra aux tripes mais vous ne pourrez plus lâcher votre liseuse avant de connaître le fin mot de l’histoire.
Sans être irréprochables la traduction et la mise en page sont correctes, à aucun moment la lecture pique les yeux. Les plus maniaques (dont je suis) corrigeront via Sigil les coquilles et imperfections croisées çà et là. Je renouvelle donc mes remerciements à ceux qui nous permettent de découvrir cet inédit écrit à quatre mains. Une pièce de choix !

MON VERDICT
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[BOUQUINS] 13 à Table : Edition 2016

De nouveaux les auteurs se mobilisent avec les éditions Pocket au profit des Restos du Coeur, l’an dernier le recueil 13 à Table a permis de distribuer 1,4 millions de repas aux plus démunis. L’Edition 2016 devrait exploser ce score, puisque chaque exemplaire vendu devrait permettre de distribuer 4 repas (au lieu de 3 l’an dernier) ; et ce toujours pour la modique somme de 5 €.
Cette fois c’est la fratrie qui est mise à l’honneur, avec douze auteurs qui ont répondu présent pour nous offrir un menu des réjouissances (le repas n’étant plus l’invité d’honneur) inoubliable… Alors pourquoi 13 à Table crévindiou ? On va supposer que nous, lecteurs, sommes le treizième convive ; face à une pareille tablée (et la perspective de faire une bonne action) il serait dommage (pour faire dans le politiquement correct) de passer son tour.

Françoise Bourdin nous offre une mise en bouche relativement classique mais agréable à déguster.
Michel Bussi ajoute un peu plus de piquant avec un final qui ne manquera pas de surprendre le lecteur.
Maxime Chattam, égal à lui même, corse l’affaire… jouissif ! Surprenant pour ceux qui ne connaissent pas la griffe Chattam.
Stéphane de Groodt se lâche dans un hommage sauce absurdie aux frères Coen, tout en subtilité et jeux de mots.
13 à Table - 2016François d’Epenoux nous montre que même si dans une fratrie il y a des hauts et des bas, les liens restent indéfectibles.
Karine Giebel nous balance une claque en pleine gueule (l’effet trou normand je suppose), malheureusement à l’image de cette triste année 2015. Nous n’oublierons pas, nous ne pardonnerons pas, nous resterons debout face aux barbares décérébrés !
Douglas Kennedy nous fait partager quelques souvenirs de ses premiers pas dans la vie à deux. La morale du récit devrait rester gravée en nous car elle ne se vérifie que trop souvent.
Alexandra Lapierre, à contre courant, nous propose un fils unique au menu… quoique, peut être pas si unique que ça finalement !
Agnès Ledig transforme une rencontre impromptue en une belle histoire d’amitié… une autre définition de la fraternité.
Nadine Monfils et sa gouaille 100% Made in Belgium nous fait vivre une histoire des plus improbables mais on se laisse volontiers prendre au jeu.
Romain Puértolas nous envoie sur la Lune autour d’une thématique qui lui est chère. Un thème sérieux traité avec une certaine légèreté et beaucoup de fantaisie, la griffe Puértolas en quelque sorte.
Bernard Werber aborde la force des liens géméllaires sous un angle original mais crédible, comme à son habitude. On y retrouve même un clin d’oeil à son dernier roman, Le Sixième Sommeil.

Les auteurs abordent la fratrie sous des angles et des ambiances divers et variés. Sur les douze nouvelles proposées je n’ai jamais été déçu même si toutes ne se valent pas. Pour ma part le podium final serait constitué de Karine Giebel sur la plus haute marche, suivie par Maxime Chattam et Bernard Werber.

MON VERDICT
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[TV News] Strike Back – Legacy

Strike Back - LegacyAu menu du jour, la cinquième et ultime saison de Strike Back, intitulée Legacy. Avant même de nous lancer on ne peut s’empêcher d’avoir un léger pincement au coeur en sachant que nous devrons dire adieu à la Section 20. Reste à savoir quel sort est réservé aux différents protagonistes que l’on suit depuis quelques temps déjà…
Sous le commandement du Colonel Philip Locke (Robson Green), la Section 20 se déploie à Bangkok afin de délivrer la fille de l’ambassadeur anglais. Scott (Sullivan Stappleton) et Stonebridge (Philip Winchester) sont en première ligne pour une mission qui va rapidement s’avérer plus complexe que prévue…
Fidèle au format adopté depuis la saison deux, Legacy se décline en dix épisodes de 52 minutes, comme d’hab c’est Canal+ qui a l’exclusivité de la première diffusion en France.
Cette ultime saison est pour moi la plus réussie de la saga, une intrigue complexe bourrée de rebondissements, les retournements de situations, complots et autres joyeusetés seront bien entendu au rendez-vous. Heureusement que l’on retrouve, même en plein coeur de l’action, l’humour cinglant de Damien et de Michael (ils forment un duo toujours aussi efficace que complémentaire).
Face à la Section 20, une ennemie particulièrement coriace et vicieuse interprétée sublimement par Michele Yeoh. Comme d’hab l’intrigue promène la section 20 de part le monde avec quatre épisodes en Thaïlande, deux en Corée du Nord, deux en Autriche et enfin deux en Suisse.
Alors quid de la Section 20 ? Ne comptez pas sur moi pour répondre précisément à cette question cruciale ; je dirai simplement que c’est la saison dans laquelle la Section paie le plus lourd tribut humain.
Au vu du final on comprend pourquoi Strike Back tire définitivement sa révérence après un sans faute exemplaire. La série quitte la grille des programmes au sommet de sa gloire, en ayant su se renouveler au fil des saisons. N’empêche que j’aurai bien demandé du rab tellement c’est bon…

[BOUQUINS] Muriel Houri – Jeux, Tue, Ils

M. Houri - Jeux, tue, ilsCela faisait déjà quelque temps que je n’avais pas mis les éditions Flamant Noir à la une de ces chroniques, il faut croire que j’attendais le titre qui fasse tilt pour me lancer. Le second roman de Muriel Houri, Jeux, Tue, Ils m’a tout suite fait des appels du pied.
Alice et Julien, forment un jeune couple ravagé par la perte de leur fille, Sally. Quand elle apprend, par un message anonyme, que son mari la trompe avec une certaine Myriam, Alice, bien que bouleversée, décide de prendre sur elle. Quelque temps plus tard, un SMS anonyme, MYRIAM EST MORTE, donne le go d’un sinistre jeu de piste orchestré par un inconnu qui semble en savoir beaucoup sur Alice et ses proches…
Avec son précédent roman, Menace (aussi disponible chez Flamant Noir), Muriel Houri avait démontré qu’elle savait manier à la perfection toutes les ficelles du thriller psychologique. Autant dire qu’elle avait placé la barre haut et que son second opus serait attendu par des lecteurs plein d’espoir et d’attentes. Alors kezaco de ce nouveau roman ?
Nul doute que les lecteurs qui ont aimé Menace seront comblés par ce second roman. Avec Jeux, Tue, Ils l’auteure, tout en restant fidèle au thriller psychologique, donne une autre dimension à son roman. Ici pas de réelle menace sur les personnages, quoique… mais plutôt le poids des mensonges et des non-dits.
L’intrigue se noue essentiellement autour d’Alice, une jeune femme effacée qui a un mal de chien à surmonter la perte de sa fille. C’est presque malgré elle qu’elle va se retrouver impliquée dans un troublant jeu de piste destiné à lui faire découvrir la vérité sur son entourage.
L’entourage en question est essentiellement constitué de Julien, son mari, Martin, le frère de ce dernier et de Judith et Gilles, des amis du couple. Peu à peu on va découvrir les liens / relations qui unissent tout ce beau monde. Et Dieu qu’il y a beaucoup à découvrir en grattant la surface des apparences… Jusqu’au bout vous n’en finirez pas de vous poser des questions, nul doute non plus que le final ne manquera pas de vous surprendre.
Avec peu d’action et un rythme plutôt lent, Muriel Houri installe rapidement une grosse tension nerveuse, tension qui ne se relâchera pas avant d’avoir tourner la dernière page du roman. Et encore, même une fois le bouquin refermé vous n’aurez aucune certitude. Ca pourrait sembler frustrant mais pour ma part j’ai aimé cette pointe d’incertitude ; inutile de chercher à combler le vide, l’auteure ne dispense aucun indice permettant d’y répondre.
Cerise sur le gâteau, même si en numérique le visuel peut avoir moins d’importance, un soin particulier a été apporté à la couverture du roman. Un sans faute pour Muriel Houri et encore une pépite pour Flamant Noir.

MON VERDICT
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Bilan livresque 2015

Une « petite » année qui s’achève sur 69 livres lus, presque exclusivement en numérique (seul le Trône de Fer aura été lu au format papier).

Si 2015 était…

Une maison d’édition, sans aucune hésitation je citerai Flamant Noir, une petite maison d’édition dont le catalogue recèle quelques pépites.

Un auteur, énorme coup de coeur pour Olivier Norek, avec deux romans policiers ultra réalistes il s’est hissé parmi les grands noms du polar français (voire même mondial).

Un seul roman à retenir, Nous rêvions juste de liberté de Henri Loevenbruck. LA claque littéraire de cette année 2015… et je ne suis pas le seul à le penser :
Delphine – Yvan – StelphiqueNathalieBelette Cannibale

2015 au fil des mois et des coups de coeur :

– Janvier : 4 livres lus.
Coups de coeur : D. Smith, Le Village et M. Chattam, Que ta volonté soit faite

– Février : 6 livres lus.
Coups de coeur : S. King, Mr Mercedes et S. Sutra, Kind of Black

– Mars : 5 livres lus.
Coups de coeur : D. Fossey, Burn-Out et I. Manook, Les Temps Sauvages

– Avril : 6 livres lus.
Coups de coeur : S. Delzongle, Dust et J. Adler-Olsen, L’effet papillon

– Mai : 5 livres lus.
Coups de coeur : B. Minier, Une putain d’histoire et MJ Arlidge, Am Stram Gram

– Juin : 5 livres lus.
Coups de coeur : E. Cantero, Le monde caché d’Axton House et R. Puèrtolas, La petite fille qui avait avalé un nuage…

– Juillet : 6 livres lus.
Coups de coeur : R. Smith, Blondie et la Mort et S. Hénaff, Poulets grillés

– Août : 6 livres lus.
Coups de coeur : H. Loevenbruck, Nous rêvions juste de liberté et B. Sanderson, Elantris

– Septembre : 7 livres lus.
Coups de coeur : J. Burton, Miniaturiste et B. Lancet, Japantown

– Octobre : 8 livres lus.
Coups de coeur : S. Dazieri, Tu tueras le Père et G. Legardinier, Quelqu’un pour qui trembler

– Novembre : 7 livres lus.
Coups de coeur : I. Desjours, Les Fauves et M. Mather, Extinction

– Décembre : 4 livres lus.
Coup de coeur : RJ Ellory : Les Assassins,

[BOUQUINS] RJ Ellory – Les Assassins

RJ Ellory - Les assassinsJ’ai pris un certain retard dans mes lectures de RJ Ellory (ses trois derniers titres parus chez Sonatine prennent la poussière dans mon Stock à Lire Numérique), il était donc grand temps d’y remédier. Pour y remédier j’ai décidé de commencer par la fin avec Les Assassins, son dernier opus en date (en français, en VO il est sorti en 2009, avant Les Anges De New York).
Alors que l’inspecteur Ray Irving, enquête sur le meurtre sordide d’une adolescente, il apprend par John Costello, enquêteur pour le New York City Herald, que « son » crime, ainsi que deux autres, sont d’exactes reconstitutions de crimes perpétrés par d’illustres tueurs par le passé. Les deux hommes vont devoir unir leurs efforts et leurs connaissances pour stopper le(s) coupable(s) de ces mortelles mises en scène…
RJ Ellory a le don d’explorer les différentes facettes du thriller tout en renouvelant les règles du genre. Aucun de ses romans ne ressemblent aux précédents, et chacun se distingue des autres références du genre. Et c’est exactement ce qu’il fait de nouveau avec Les Assassins, le mythe (et la triste réalité) des serial killers est revisité façon copycat… mais un copycat à inspirations multiples !
Avant d’aller plus loin commençons par un constat qui fait froid dans le dos : « La vérité, c’est qu’il y a quelque chose comme dix-huit mille meurtres commis chaque année aux États-Unis. Ce qui nous fait mille cinq cents par mois, soit environ quatre cents par semaine, cinquante-sept par jour, un toutes les vingt-cinq minutes et demie. Et seuls deux cents par an sont l’œuvre de tueurs en série…« .
Pour mener à bien son intrigue, sur fond de faits réels, l’auteur a dû se livrer à un gros travail de documentation afin de faire cadrer les dates et les modes opératoires des différents tueurs en série qu’il mentionne. Prendre de véritables tueurs en série comme toile de fond donne une autre dimension à l’intrigue ; comme pour nous rappeler que souvent, la réalité dépasse la fiction dans l’horreur.
L’auteur met en scène trois personnages principaux pour nous guider dans son récit. D’abord on trouve l’inspecteur Ray Irving, flic solitaire, bourru et un tantinet asocial qui se voue corps et âme à son boulot. La touche féminine est apportée par Karen Langley, une journaliste au caractère bien trempé qui n’a pas la langue dans sa poche. Enfin on trouve John Costello, victime d’un tueur en série dans son adolescence, il est incollable sur le sujet. De loin l’un des personnages les plus complexes que j’aie croisé dans les romans de RJ Ellory, mais travaillé tout en finesse !
Les personnages secondaires ne sont pas pour autant laissés en plan, tous bénéficient du même traitement visant à leur donner une véritable personnalité. J’aurai toutefois aimé en apprendre davantage sur le Commémorateur mais l’auteur semble avoir pris le parti du constat glaçant que ces gens-là existent et qu’il n’y a rien à expliquer…
L’intrigue est (sans surprise) rondement menée, outre la question de savoir qui est le tueur (ou qui sont les tueurs, allez savoir) on se demande quel sera son prochain crime et de qui il s’inspirera. Autant vous dire que les nerfs seront mis à rude épreuve… mais qu’est-ce que c’est bon !
Un style direct parfaitement adapté au thriller, des chapitres courts et parfois percutants ; tout est fait pour nous garantir une totale immersion dans l’intrigue et nous rendre accro ! Pari réussi Monsieur Ellory, malgré une fin en partie prévisible (tout petit bémol).

MON VERDICT
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Autre bémol mineur, adressé cette fois aux numérisateurs des éditions Sonatine (même si je suppose que ça ne leur fera ni chaud, ni froid… en admettant même que ça leur arrive aux oreilles), la présence d’une table des matières complète apporte une réelle valeur ajoutée à la qualité d’un epub. Surtout pour ceux (dont je suis) qui lisent un même livre sur plusieurs supports (PC et liseuse en l’occurrence).

J’ai aussi dans mon Stock à Lire Numérique, de nombreux titres de Stéphane Bourgoin, ce roman m’a donné envie de les découvrir enfin, et tant qu’à faire autant commencer par son ouvrage de référence, Serial Killers, un joli pavé de plus de 1100 pages dans son édition définitive (2014).

[BRD] Mission Impossible : Rogue Nation

MI 5Une pause cinéphile sans grosse prise de risque, la saga Mission Impossible ayant déjà largement fait ses preuves ; place donc à son cinquième opus : Rogue Nation, avec Christopher McQuarrie aux commandes.
Alors que la Force Mission Impossible, dirigée par William Brandt (Jeremy Renner) est dissoute par le Congrès, à la demande de la CIA, l’agent Ethan Hunt (Tom Cruise) continue de remonter la piste du Syndicat, une organisation criminelle dirigée par Solomon Lane (Sean Harris). Désormais considéré comme un fugitif par ses pairs, Hunt va rapidement réaliser qu’il ne peut lutter seul contre une organisation aussi puissante…
On ne change pas une équipe qui gagne, Ethan Hunt pourra compter non seulement sur le soutien de son boss, mais aussi sur l’aide de ses anciens coéquipiers, Benji (Simon Pegg) et Luther (Ving Rhames). Mais aussi sur le soutien plus inattendu et plus inattendu d’Ilsa Faust (Rebecca Ferguson), atout charme du film mais surtout un personnage complexe au caractère bien trempé… je n’en dirai pas plus afin de pas spoiler inutilement.
De même on ne change pas une recette qui gagne. L’intrigue est bien ficelée et menée tambour battant. Les scènes d’actions sont parfaitement maîtrisée (avec en prime une séquence aquatique) avec bien entendu de belles cascades et autres poursuites fortes en sensations. On y ajoute quelques touches d’humour (plus nombreuses que dans les précédents volets) histoire d’apporter juste ce qu’il faut de légèreté pile poil au bon moment.
Vous l’aurez compris ce n’est pas ce cinquième opus qui ternira l’image de la saga. Un sixième volet est d’ores et déjà annoncé avec de nouveau (et ça c’est une première) Christopher McQuarrie aux commandes, Tom Cruise devrait d’ailleurs retrouver Rebecca Ferguson dans ce nouvel opus. Sortie prévue en 2016, soit 20 ans après le premier film.

♥♥♥♥

[BOUQUINS] Emmanuel Neuman – Dura Lex Sed Rollex

E. Neuman - Dura lex sed rollexJe reste dans le format court avec une lecture faite à la demande de son auteur, Dura Lex Sed Rollex d’Emmanuel Neuman.
Je laisse donc à l’auteur le soin de nous présenter son bébé : « Dura Lex Sed Rollex est un roman à la croisée de la satire politique, du récit d’anticipation et du drame amoureux. Dans un monde du futur en guerre, où le pouvoir est entre les mains d’IA névrosées, d’aliens excentriques et de dirigeants politiques dotés d’une conception assez élastique de l’intérêt général, il met en scène avec humour deux personnages principaux. Le premier est le président Olas Karzincsky. Dirigeant démocratiquement élu de la Confédération démocratique interplanétaire, digne continuateur d’une longue tradition de chefs d’Etat portés sans demi-mesure sur les plaisirs du sexe, il fait montre de plus d’ambition que de convictions, sans que cela semble déranger outre mesure les électeurs… Le second est le fantassin, Arb Umad, élément peu enthousiaste de la 1ère Division d’assaut orbital. Comme il le reconnaît lui-même, narcissisme et opportunisme sont les deux mamelles nourricières d’une existence dont son nombril est le centre exact. Du moins jusqu’à ce qu’il croise la belle Juliette sur sa route… Toute ressemblance avec des faits ou des personnages réels est bien entendu fortuite… »
Un peu long comme présentation, surtout pour un roman court ? Bin non justement, quitte à paraître un tantinet paradoxal, c’est difficile de faire court tant le bouquin revêt de multiples facettes. Mais avant tout c’est un concentré de bonne humeur à l’humour un peu barré… Tout ce que j’aime donc !
Dans le coin droit, le président Karcincsky (chapitres rédigés à la troisième personne), un chef d’état qui cultive l’incompétence avec une incroyable ferveur… pour vous dire même Sarkozy et Flamby passeraient pour des modèles de compétence et d’efficacité comparés à notre gugusse.
Dans le coin gauche, le fantassin Arb Umad (chapitres écrits à la première personne), troufion de son état qui n’a rien d’un héros, son credo serait plutôt la lose mais il se retrouve bien malgré lui embarqué aux premières lignes d’un conflit auquel il ne pige pas grand chose.
Au centre des éléments de contexte, qui, comme leur nom l’indique, nous informe de la situation et de son évolution.
Ajoutez à cela des extra-terrestres insectoïdes belliqueux (quoique ?) dont l’intelligence et la technologie dépassent largement celle de l’humanité… qui, fidèle à son habitude, est trop occupée à se foutre sur la gueule plutôt que d’aller de l’avant ! Des IA qui parfois auraient bien besoin de psychologues virtuels pour se remettre les idées en place.
Sous couvert d’humour l’auteur prend aussi un malin plaisir à jouer la carte de la satire politco-sociale, des piques qui peuvent s’adresser à toute la classe politique sans distinction d’étiquettes ou de partis. Bref un cocktail qui n’explosera que vos zygomatiques et qui s’ingurgite d’une traite. C’est à regret que l’on voit s’afficher le mot FIN.
Pour en savoir plus je vous invite à consulter le blog du livre.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Anonyme – Sanchez : Un Conte De Noël

Anonyme - Sanchez : Un Conte De NoëlLa période s’y prêtant j’ai décidé de me lancer dans la lecture d’un conte de Noël… j’en vois déjà qui se demandent si je n’ai pas pris un coup sur la tête ou si je ne viens pas d’apprendre qu’il ne me reste que quelques jours à vivre. Non, non, rassurez-vous (ou pas) je suis en pleine possession de mes moyens. Dans le titre du post deux mots devraient retenir votre attention, l’auteur, Anonyme (le créateur du Bourbon Kid) et le nom du personnage central, Sanchez (le barman du Tapioca, le bar pourri de Santa Mondega). Vous prenez tout ça, vous mélangez copieusement et vous obtenez Sanchez : Un Conte De Noël… à ne pas mettre entre toutes les mains !
Quelques jours avant Noël, Sanchez reçoit la visite de la Dame Mystique. Celle-ci lui annonce qu’il rencontrera les 3 Anges de Noël, s’il ne suit pas leurs conseils et ne change se décide pas à changer alors il perdra tout. Première mission : se rendre à la soirée de Noël organisée par la société où travaille Flake, sa petite amie. Sauf que la soirée prendra un tour pour le moins inattendu…
En guise de dédicace l’auteur, toujours aussi Anonyme, annonce d’emblée la couleur : « Ce coup-ci, c’est vraiment pour se marrer. » ! Déjà en temps normal (en admettant que les aventures du Bourbon Kid et consorts aient quoi que ce soit qui puisse s’apparenter à un semblant de normalité) on est copieusement servi niveau humour, j’ai hâte de voir ce que ça peut donner !
Si je vous dis des otages dans une tour appartenant à un puissant homme d’affaire nippon, face aux méchants terroristes un homme seul ; ça vous parle ? Piège de Cristal, le film de John McTiernan avec Bruce Willis dans le rôle du gentil. Bon OK ça date de 1988 mais ça reste un putain de bon film d’action ! Remplacez John McLane (Bruce Willis) par Sanchez et vous aurez une meilleure idée du pitch.
Bon OK entre McLane et Sanchez il y a un gouffre… Notre barman préféré n’a pas vraiment l’étoffe d’un héros, il brille plutôt par sa lâcheté et sa crétinerie. Heureusement il ne sera pas si seul que ça et pourra même compter sur l’appui musclé d’alliés qui ne lui sont pas inconnus (de nous non plus d’ailleurs).
Un format court (à peine plus de 100 pages) qui se lit d’une traite. On y retrouve tous les ingrédients qui ont fait le succès de la saga du Bourbon Kid. Une intrigue aussi rythmée que déjantée, une belle brochette de personnages qui ne manquent pas de pep’s et bien entendu une bonne dose d’humour… pas toujours très raffiné mais qu’est que c’est bon !
Chronologiquement ce conte de Noël se situe juste avant Le Pape, Le Kid Et L’Iroquois, non seulement il est fait état de la prochaine mission du Bourbon Kid et de ses acolytes mais, qui plus est, l’intro est offerte en bonus à la fin du bouquin. En VO il est sorti en décembre 2014, quelques jours avant Le Pape…

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Jay Martel – Prime Time

jmptBien qu’achetant régulièrement tous les titres des éditions Super 8 je ne prends pas forcément le temps de les lire dans la foulée… comme de (trop) nombreux autres bouquins ils viennent gonfler mon Stock à Lire Numérique en attendant une opportunité, qui ne viendra peut être jamais ! Preuve en est que si, au programme du jour Prime Time de Jay Martel. Un roman de science-fiction un peu (beaucoup) barré…
Perry Bunt, scénariste raté contraint de donner des cours d’écriture pour vivre, découvre presque par hasard que la Terre est en fait un gigantesque jeu de télé-réalité fait pour divertir un large public extra-terrestre. Sauf que le programme commence à lasser, la production décide alors de mettre fin au programme en détruisant purement et simplement la planète ! Perry va tout mettre en oeuvre pour essayer de sauver la Terre et ses habitants…
Vous connaissez H2G2 ? Vous l’avez trouvé bien déjanté ? Prime Time c’est juste H2G2 à la puissance 10 (et concentré en un peu moins de 500 pages) ! Imaginez un scénario catastrophe (après tout on parle bien de la fin de nôtre monde), confiez le sort de l’humanité à un héros qui n’a justement rien d’un héros et enfin imaginez ce que ça pourrait donner écrit à la sauce Monty Python… Heu… Pas simple à visualiser n’est-ce-pas ? Bin voila, Prime Time c’est exactement ça : une intrigue totalement loufoque et délirante avec bien souvent des rebondissements tout aussi improbables. Bref le truc n’a ni queue ni tête et pourtant on ne peut plus en décrocher une fois que l’on se prend au jeu.
Adepte de la hard science passez votre chemin, ce roman n’est définitivement pas fait pour vous ! Ici plus c’est chtarbé, meilleur c’est ! Et pour ma part j’aurai tendance à en redemander. Que ça fait du bien une lecture sans prise de tête, juste pour un bon moment de déconnade.
Au casting, niveau rôles principaux, Perry Bunt sera le seul représentant Terrien. Les autres seront essentiellement des Edenites (les concepteurs du programme), une race alien humanoïde autoproclamée parfaite. Leur mépris et leur cynisme quand is évoquent les terriens sont à mourir de rire par moments (surtout quand ils en parlent en présence de Perry). Autant vous le prévenir de suite les Edenites vous réserveront bien des surprises !
Ce n’est pas ce titre qui remettra en question tout le bien que je pense de cet éditeur. Au contraire il m’a surtout donné envie de remonter leurs autres romans vers le sommets de ma PàL !

MON VERDICT
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