[BOUQUINS] Olivier Bocquet & Anlor – Ladies With Guns – Tome 3

Mises au fer comme des criminelles sanguinaires, Kathleen, Daisy, Chumani et Cassie sont envoyées au pénitencier. Mais dans cet enfer de travaux de force et d’humiliations, l’hostilité des gardiens et la convoitise des détenus sont bousculées par l’arrivée de ces détenues d’un autre genre. A priori, pas le lieu idéal pour faire d’heureuses rencontres.

Mais ça, c’est sans compter leur petit caractère et aussi qu’une lady manque à l’appel…

Rien ne va plus pour nos ladies de l’Ouest ! Quatre d’entre elles ont été capturées par les autorités et sont expédiées dans un pénitencier. Seule Abigaïl a réussi à échapper aux chasseurs de primes lancés à leurs trousses.

Notre « brave » directeur va se retrouver bien emmerdé face à ces nouvelles arrivées dans son établissement. C’est le genre de surprise dont il se serait volontiers passé. Forcément, l’arrivée de quatre nanas dans un univers exclusivement masculin – des détenus aux gardiens en passant par le personnel administratif –, risque de faire quelques étincelles. D’autant que ces messieurs sont graves en en manque… mais nos quatre ladies ne comptent pas s’en laisser compter, elles vendront leur peau chèrement !

Un tome très différent des deux précédents du fait du contexte. Les ladies – sans leurs guns – vont devoir affronter le harcèlement et la lubricité des humains dans un milieu des plus hostiles. Mais aussi déterminées soient-elles à rendre coups pour coups, elles ont bien conscience que leurs jours sont comptés entre ces murs. Vous l’aurez compris, leur seule issue reste l’évasion… plus facile à dire qu’à faire.

On retrouve le cocktail justement dosé entre action et humour, avec ce petit quelque chose en plus qui rend nos ladies plus attachantes que jamais. Je vous rassure tout de suite on retrouve aussi la griffe Tarantino-like dans la dernière partie du bouquin.

Au fil des flashbacks qui émailleront le récit, nous découvrirons un épisode de la vie d’esclave d’Abigaïl.

Les dessins d’Anlor et la mise en couleurs par Elvire De Cock donnent vie à l’intrigue imaginée par Olivier Bocquet. On retrouve une mise en page non uniforme qui s’adapte parfaitement aux différentes phases du récit.

Ce troisième opus marque la fin du premier cycle de la série. C’est donc avec grand plaisir que je retrouverai nos cinq ladies, aussi déjantées que sympathiques, pour de nouvelles aventures. Une série qui décline à la perfection le western au féminin – et un tantinet féministe !

[BOUQUINS] Christophe Royer – Famille Décomposée

À Lyon, au cimetière de Loyasse, un homme est retrouvé assassiné près de la tombe d’un célèbre guérisseur. Découvert par sa mère, tout porte à croire que ce meurtre n’est que le début d’une longue cabale déclenchée contre la famille Daventure.

De par sa complexité, cette nouvelle affaire est un défi de taille pour le commandant Nathalie Lesage et son équipe.

Dans les rues d’un Lyon aussi secret que mystérieux, où la petite histoire va croiser la grande, cette enquête va bouleverser la vie de notre héroïne…

Trois mots pour répondre à cette question : Taurnada, Royer et Lesage.

Taurnada parce que c’est une maison d’édition chère à mon cœur dont le catalogue regorge de pépites.

Christophe Royer parce que j’ai beaucoup aimé ses quatre précédents romans. Et de fait, celui-ci est la quatrième enquête mettant en scène Nathalie Lesage.

Je remercie chaleureusement les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée depuis déjà quelques années (un échange commencé en 2017 avec le livre de Thierry Poncet, Zykë – L’Aventure).

Après une escapade albigeoise des plus périlleuse, retour au bercail pour cette nouvelle enquête. Nathalie Lesage retrouve la ville de Lyon et son équipe avec la découverte d’un corps laissé en évidence sur la tombe d’un célèbre guérisseur. Une mise en scène qui avait pour seul objectif que ce soit la mère de la victime qui découvre le cadavre.

Une fois de plus Christophe Royer s’inspire du passé historique de la capitale des Gaules (titre que la ville de Lyon a porté jusqu’en l’an 297… il faut croire que les habitudes ont la dent dure) et y ajoute une pointe d’ésotérisme elle aussi extraite de la réalité lyonnaise.

Ainsi le fameux Maître Philippe (Nizier-Anthelme Phlippe de son vrai nom) et son disciple Papus (né Gérard Encausse) ont bel et bien existé, leur réputation ayant même largement dépassé les limites de la ville de Lyon pour s’étendre à l’international. De même, l’ordre des martinistes, quoique plutôt discret, existe bel et bien et aurait même encore une réelle influence à Lyon.

Bien entendu, le personnage de Raspoutine, à la réputation parfois sulfureuse, est lui aussi un personnage historique. Même si dans le roman il ne fait aucun doute que son prétendu descendant n’est qu’un gros mytho qui use de cette influence pour asseoir son autorité sur la bande de décérébrés qui l’entoure (le tout appuyé par quelques accès de colère durant lesquels il laisse libre court à sa violence).

Revenons donc à nos moutons. Le roman s’ouvre sur un rendez-vous galant obtenu via un site de rencontre, Nathalie Lesage s’y rend à contrecœur, tout ayant été manigancé par son amie Diane avec la complicité de Cyrille. Une rencontre qui va d’abord faire sourire – l’heureux élu étant un grand costaud qui arrive vêtu d’un kilt en cuir – mais comme le dit fort bien le dicton « l’habit ne fait pas le moine ».

Rapidement, Nathalie est rappelée par la dure réalité de son métier avec une victime sur laquelle le ou les coupables semblent s’être acharnés plus que nécessaire. Devant le manque d’indice l’enquête piétine même s’il semble évident que c’est la famille Daventure qui est visée par cette macabre mise en scène.

Cette famille qui se cache sous un semblant de respectabilité et de religiosité (la matriarche ne jure que par Maître Philippe, le citant à n’en plus finir à la moindre occasion) m’a beaucoup fait penser à la chanson Ces Gens-Là de Jacques Brel. Tout pour la façade, mais quand on commence à creuser c’est une autre vérité qui se révèle.

Et puis, et puis, et puis il y a Frida… Sauf qu’elle s’appelle Romy dans le roman, une adolescente recueillie par les Devanture à la mort de son père. Une ado qui se donne des airs de rebelle, mais qui rêve de voler de ses propres ailes pour partir loin de cette famille de cinglés.

Une gamine qui ne devrait laisser personne indifférent tant elle est attachante. Pour vous dire, même Nathalie Lesage baisse la garde face à cette ado qui n’est pas sans lui rappeler l’adolescente qu’elle était.

L’intrigue est rondement menée, captivante de bout en bout. On se doute bien qu’il y anguille sous roche et que cette foutue anguille va nous coller une paire de claques monumentale. Et pourtant, je n’avais pas imaginé quelque chose d’aussi glauque !

Pour les lecteurs qui fréquentent Nathalie Lesage depuis déjà quelque temps (depuis ses débuts pour ma part), on assiste à une évolution des plus positive pour le personnage. Il était temps que Christophe Royer lui accorde sa part de bonheur. Mais pas question pour autant qu’il lui offre une retraite prématurée, j’espère bien la retrouver pour d’autres enquêtes.

[BOUQUINS] Eleanor Catton – Birnam Wood

« Il allait faire ce à quoi personne ne s’attendait. Il allait investir son argent dans Birnam Wood. »

Un grand naïf, une militante écologiste, un milliardaire aux ambitions démesurées. De quels compromis, de quels renoncements seront-ils capables à l’heure où leurs idéaux sont mis à l’épreuve ?

Ah que voilà une question qu’elle est bonne… Sans doute parce que l’intrigue se déroule en Nouvelle-Zélande même si je reconnais volontiers que ça fait léger comme argument.

Je remercie les éditions Buchet-Castel et la plateforme Net Galley pour leur confiance.

Bla bla bla… Blaaa blaaa blaaa !!!

Mon dieu, que de bavardages inutiles, de digressions politiques écolo-gauchisantes qui suintent de bien-pensance à deux balles. Des phrases interminables qui alimentent des paragraphes qui tirent en longueur… Un bouquin découpé en trois parties, elles-mêmes ne faisant l’objet d’aucun chapitrage.

Voilà pour ce qui est de la forme. Dans de telles circonstances, je n’ai aucune honte à avouer que par moment j’ai sauvagement diagonalisé ma lecture. D’autant qu’il faut quasiment attendre les deux tiers du bouquin avant que la situation ne commence à se décanter.

Force est toutefois de constater que c’est plutôt bien écrit (et tout aussi bien traduit), une fois le choix de parcourir certains passages en diagonales acté, j’avoue que j’ai pris un réel plaisir à découvrir les personnages, le contexte et les enjeux de ce roman qui exige toutefois un réel investissement personnel.

J’ai trouvé de prime abord les personnages un tantinet clichés, les gentils écolos un peu naïfs, le militant ultra-politisé aveuglé par ses convictions et le méchant milliardaire cynique et manipulateur à souhait. Heureusement à l’usage les personnalités vont s’affirmer et se développer, parfois même jusqu’à quitter les sentiers battus.

Le titre, Birnam Wood, se veut un hommage au Macbeth de Shakespeare, c’est vrai que l’ensemble dégage un évident parfum de tragédie annoncée. On sait quasiment d’entrée de jeu que cette alliance contre nature ne pourra que mal se terminer (et à ce titre on va être servi au-delà de nos attentes).

Si la dernière partie du roman peut justifier le qualificatif d’éco-thriller, pour le reste on est plutôt dans le roman écolo-politico-social avec parfois un fort penchant vers la satire sociale tant les personnalités sont exacerbées. Je referme ce bouquin avec un sentiment mitigé, pas franchement déçu, mais pas plus emballé que ça…

[BOUQUINS] Ludovic Mélon – La Brigade Des Buses

Tout frais élu à la mairie, Oliver Larnac nomme à la tête de la 10e division de police son vieil ami et complice Jack Lescrot, qui n’a pourtant vraiment rien d’un flic.

Sur place, Jack découvre une situation calamiteuse : l’équipe ne compte plus que trois enquêteurs un peu bras cassés et assez tire-au-flanc, heureusement secondés par Prosper, un formidable cochon renifleur de faux billets. On surnomme désormais cette division la brigade des buses.

La mission de Jack est double : rétablir la réputation de la brigade et accessoirement rester en vie. Car, il le découvre bien vite, ses prédécesseurs ont subi un sort peu réjouissant…

Entre un titre qui annonce la couleur et une couv’ qui donne la vedette à un irrésistible cochon policier, impossible de résister à l’envie de plonger dans ce bouquin.

Connaissez-vous la ville de Maird ? Et sa célèbre rue de la Trique ? Mais si voyons, c’est la rue où le commissariat de la dixième division est situé à l’étage, juste au-dessus de la maison close du Croque-Madame.

Vous l’aurez compris Ludovic Mélon situe son intrigue dans une ville imaginaire. L’auteur étant lui-même Belge on peut supposer que cette ville de Maird se trouve en Belgique… Simple supposition, aucune indication géographique permettant de situer cette bourgade.

Nous ferons connaissance avec monsieur le maire, Oliver Larnac, qui vient de nommer à la tête du commissariat de la dixième division son complice Jack Lescrot. Des patronymes prédestinés quand on sait que si en journée les deux hommes mènent leurs affaires plus ou moins normalement (difficile de définir une quelconque normalité sous la plume de Ludoivic Mélon), à la nuit tombée le binôme devient Le Rossignol, un voleur qui prend un malin plaisir à ridiculiser les autorités, multipliant les forfaits au nez des enquêteurs.

J’avoue très honnêtement qu’il m’a fallu quelques pages pour m’adapter à l’univers complètement barré imaginé par l’auteur. Finalement j’ai accepté de mettre mon bon sens de côté et de me laisser embarquer sans poser de question. Un choix des plus judicieux, car peu à peu une véritable enquête de police va se mettre en place pour découvrir la vérité sur le meurtre non élucidé du commissaire Beagle, l’ancien chef de la dixième division.

La dixième division ce sont trois flics sur le retour et un cochon policier (si, si ça existe… il y a bien des cochons truffiers). Motiver ses troupes s’annonce être un défi de taille pour Jack, mais, contre toute attente, ils vont s’avérer bien plus perspicaces que l’on pouvait le supposer.

Il serait injuste de ne pas mentionner Mary parmi les personnages clés du roman, elle est la secrétaire très polyvalente de monsieur le maire et accessoirement complice du Rossignol.

L’intrigue alterne entre le rocambolesque et le burlesque, mais on se prend vite au jeu, on se régale des noms des lieux et des personnages qui donnent à l’ensemble un agréable parfum de vaste farce qui ne cherche pas à se prendre au sérieux. Ça fait du bien au moral et aux zygomatiques de lâcher prise sans se poser de questions.

Et pourtant, au-delà de l’humour, l’auteur, lui-même policier à Liège, pointe du doigt la situation de la police, tout particulièrement le mal-être des agents face à une administration sourde à leurs problèmes et de plus en plus pesante, mais aussi face à une population qui les méprise et à un système judiciaire bien souvent bancal.

La fin du roman ouvre la voie à une possible suite, si tel est le cas je serai fidèle au poste pour rejoindre les buses et le cochon !

[BOUQUINS] Louis-San – Jiken – Horreur Et Faits Divers Au Japon

Connaissez-vous Shoko Asahara, le gourou millénariste, Issei Sagawa, le cannibale, Sada Abe, la geisha tueuse ou encore Masahiko Takahashi, le « Jack l’Éventreur » japonais ?

Ces noms ne vous évoquent peut-être rien, mais je peux vous assurer qu’après avoir lu leur histoire, vous ne pourrez plus les entendre sans ressentir un frisson le long de votre échine…

Je m’appelle Louis-San et j’ai rassemblé dans ce recueil dix faits divers parmi les plus effroyables de l’histoire du Japon.

J’ai toujours (d’aussi loin que je m’en souvienne en tout cas), été fan des émissions et bouquins relatant des affaires criminelles. Pour tout vous dire, mon addiction a commencé avec Pierre Bellemare que j’écoutais sur Europe 1 (« Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître… » comme le chantait le grand Charles).

J’ai plusieurs bouquins de ce type dans mon Stock à Lire Numérique, ayant reçu celui-ci à Noël j’ai décidé de lui accorder la primeur.

Quelques mots sur l’auteur avant d’entrer dans le vif du sujet. Sous le pseudo de Louis-San se « cache » Louis Szajner, un vidéaste web franco-japonais. Passionné par la culture nippone, il anime plusieurs chaines YouTube et sévit aussi sur d’autres réseaux sociaux (Instagram, Tik Tok, Twitch…).

À l’origine Jiken (fait divers en japonais) est le pilote d’une série audio diffusée par Audible. Le bouquin est une compilation des 10 affaires criminelles les plus marquantes de l’histoire du Japon. Vous découvrirez donc, par ordre d’apparition :

  • Shoko Asahara, le gourou de la secte Aum (1995)
  • Issei Sagawa, le cannibale (1981)
  • Sada Abe, la geisha tueuse (1936)
  • Miyuki Ishikawa, la sage-femme criminelle (1947)
  • Seito Sakakibara, l’enfant tueur (1997)
  • Kato Tomohiro, le massacre d’Akihabara (2008)
  • Junko Furuta, l’étudiante suppliciée (1989)
  • Masumi Hayashi, l’empoisonneuse au curry (1998)
  • Masahiko Takahashi, le « Jack l’éventreur » japonais (1968)
  • Chikako Ishikawa, la professeure disparue (1978)

Pour ma part je ne connaissais que les trois premiers cas, le premier parce que l’attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo avait fait la une des journaux au niveau international, le second parce que les faits se sont déroulés à Paris et avaient pas mal défrayé la chronique à l’époque, enfin, le troisième a été adapté au cinéma dans le film L’Empire Des Sens de Nagisa Oshima (1976) – film vu bien avant d’avoir l’âge requis.

Pour chacune des affaires décrites, Louis-San commence par exposer les faits avant de revenir sur le parcours de son personnage central (criminel ou victime selon les cas) et se termine sur le verdict rendu par la justice.

Au besoin le récit est ponctué par quelques explications sur les traditions et la culture nippones – il est vrai que leurs modes de vie, de pensée et de fonctionnement peuvent être parfois déconcertants pour les non-initiés.

L’exposé est concis et précis, il nous plonge en totale immersion dans le récit. C’est exactement ce que j’attends de ce genre de lecture.

Les articles sont enrichis d’illustrations signées Nogi San, une artiste traditionnelle et digitale spécialisée dans l’art d’inspiration japonaise. En l’occurrence les dessins, en noir et blanc avec parfois quelques touches de rouge, complètent parfaitement le récit.

Ajoutez à tout cela une sélection d’affaires très différentes les unes des autres et vous obtiendrez un bouquin qui devrait combler les amateurs de True Crime… et les autres ! Nul besoin d’être japonophile pour apprécier ces récits.

Si par hasard Louis-San penchait sur un second tome (il doit bien y avoir matière dans l’histoire criminelle nippone), je serai au rendez-vous.

[BOUQUINS] Tarn Richardson – Les Déchus

1915. Sur le front austro-hongrois, un jeune soldat surveillé par de mystérieux prêtres rejoint les troupes italiennes sur les hauteurs inquiétantes du Karst. Au même moment, au Vatican, la rumeur prétend que certains hauts dignitaires se sont livrés à des rituels sataniques et de la magie noire. Et le nombre de possessions démoniaques ne cesse d’augmenter. Un seul homme semble en mesure de régler la situation : l’Inquisiteur Poldek Tacit. Mais celui-ci est incarcéré à Toulouse. Et il n’a que peu de temps pour agir : déjà, les loups-garous errent dans les rues de Rome, plus dangereux que jamais.

Parce que c’est Sonatine, ceux et celles qui me lisent depuis déjà quelque temps savent que je signe les yeux fermés pour tout roman provenant de cette maison d’édition.

Parce que le premier opus, Les Maudits, m’avait fait forte impression. Il me tardait de retrouver Poldek Tacit, Isabella et les autres et d’en apprendre davantage sur la menace qui pèse sur le monde.

Je remercie les éditions Sonatine et la plateforme Net Galley pour leur confiance renouvelée.

A la fin du précédent opus, Les Maudits, notre nouvel inquisiteur préféré, Poldek Tacit, se retrouvait dans une situation laissant peu d’espoir quant à son avenir. Situation dans laquelle il s’est lui-même engagé afin de protéger Isabella.

Quand on le retrouve au début du présent roman, on comprend effectivement que son séjour entre les mains des tortionnaires de l’Inquisition pourrait bien lui être fatal. Et pourtant, alors qu’un danger bien plus grand que le retour des loups-garous menace le monde, il semblerait que ce brave Tacit soit le seul à pouvoir enrayer le chaos en marche… Oui, mais non ! Parce que personne ne s’est jamais évadé des cachots de l’Inquisition, les prisonniers quittent la prison de Toulouse les pieds devant et après avoir subi bien des tourments.

Avec ce second opus, Tarn Richardson rebat les cartes de son intrigue, les loups ne constituent plus la plus grosse menace pour l’humanité. Au contraire, Sandrine et Henry vont même s’allier à Isabella pour contrecarrer le plan de la Main Noire (rien à voir avec la Mano Negra, le groupe de rock alternatif français).

La fameuse Main Noire est un groupe de satanistes qui préparent activement le retour de l’Antéchrist (rien que ça ! ils n’y vont pas de main morte). Mais avant le grand avènement de Satan, il faut d’abord invoquer les sept princes des enfers… et justement, les tueries liées au conflit mondial qui fait rage pourraient bien offrir le cadre idéal pour accomplir ce rituel maléfique.

Et pendant ce temps-là, au Vatican, les cardinaux restent fidèles à eux-mêmes. Ça complote à tout-va, certains préféreront tirer dans les pattes de leurs pairs, d’autres se voileront la face et d’autres se pisseront dessus sans pour autant se sortir les doigts du cul. Un vrai panier de crabes vérolés !

Les loups seront bel et bien de la partie, si les intentions de ceux menés par Sandrine sont claires (ce qui ne les empêche pas d’être du genre plutôt expéditif lors de leurs raids), il n’en va pas de même de celles d’un second meneur dont je tairais le nom, longtemps son objectif restera trouble.

Pour le reste Tarn Richardson reprend les ingrédients qui ont fait le succès du premier opus. Un rythme d’enfer servi par des chapitres courts, de la castagne à tout-va, des cadavres à la pelle, conséquence directe de mises à mort aussi brutales que sanglantes. Pour autant l’auteur ne surjoue pas avec ses effets, les événements s’intègrent parfaitement à l’intrigue pour donner un tout cohérent.

Au niveau historique, il situe une grande partie de son récit sur un front oublié de la Première Guerre mondiale, direction la Slovénie, sur le front de l’Isonzo et la bataille du Karst. Les armées italiennes et austro-hongroises vont se livrer une guerre impitoyable sur un terrain des plus inhospitalier.

Que vous dire de plus ? Pas grand-chose, sinon qu’il me tarde d’être au mois d’avril afin de découvrir Les Ressuscités, troisième et dernier tome de la série. Force est de reconnaitre qu’en refermant ce second tome, de nombreuses questions restent sans réponses et l’incertitude plane sur le sort de certains personnages.

Bilan livresque 2023

Bilan livresque

Avec 63 livres lus en 2023, je suis bien loin de l’objectif théorique de 100 bouquins lus et chroniqués sur une année.

Heureusement, une fois de plus la qualité vient compenser la quantité avec une note moyenne de 4.2 Jack sur 5. Une moyenne stable par rapport à celle de l’année 2022. Les notes de mes lectures de l’année 2023 se répartissent comme suit :

  • 10 bouquins obtiennent la nota maximale de 5 sur 5.
  • 26 livres ratent de peu la première marche du podium avec une note de 4.5 sur 5.
  • 16 bouquins s’en sortent un très honorable 4 sur 5.
  • 6 livres obtiennent un joli score de 3.5 sur 5.
  • 4 bouquins dépassent tout juste la moyenne avec une note de 3 sur 5.
  • 1 livre obtient tout juste la moyenne de 2.5 sur 5.

Aucun titre n’a écopé d’une note inférieure à la moyenne.

16 bouquins obtiennent un bonus associé à leur note :

  • 3 coups de cœur.
  • 7 coups de poing.
  • 6 coups double.

Enfin, je vous propose mon habituel bilan et top mensuel de l’année écoulée.

Janvier 2023
5 livres lus.
La Constance Du Prédateur de Maxime Chattam.

Février 2023
2 livres lus.
Caboche de Joshua Hale Fialkov.

Mars 2023
6 livres lus.
Une Saison Pour Les Ombres de R.J. Ellory.

Avril 2023
3 livres lus.
Le Silence Et La Colère de Pierre Lemaitre.

Mai 2023
3 livres lus.
Conte De Fées de Stephen King.

Juin 2023
9 livres lus.
Joker / Harley – Criminal Sanity de Kami Garcia.

Juillet 2023
6 livres lus.
Prenez-Moi Pour Une Conne de Guillaume Clicquot.

Août 2023
5 livres lus.
Kill The Rich ! de Anonyme (Bourbon Kid).

Septembre 2023
6 livres lus.
Swan Song de Robert McCammon.

Octobre 2023
4 livres lus.
Avant De Sombrer de Cyril Carrére.

Novembre 2023
7 livres lus.
Eclipse Totale de Jo Nesbo.

Décembre 2023
7 livres lus.
Le Dernier Festin Des Vaincus d’Estelle Tharreau.


[BOUQUINS] Maxime Chattam – Lux

Les scientifiques comme les religieux ne peuvent expliquer ce qu’elle est ni d’où elle vient. Elle va transformer pour toujours le quotidien du monde entier, en particulier l’existence d’une mère et de sa fille.

Tout en posant la question qui nous obsède tous… Nos vies ont-elles un sens ?

Parce que c’est Maxime Chattam et qu’avec ce roman il confirme que sortir de sa zone de confort ne l’effraye pas outre mesure. Rien que pour ça j’ai envie d’approuver sans réserve…

Ajoutez à cela une quatrième de couv’ des plus énigmatique et le tour est joué.

Depuis déjà quelques années Maxime Chattam n’hésite pas à sortir de sa zone de confort, quitte à surprendre ses lecteurs. Le Coma Des Mortels, Le Signal ou encore L’Illusion sont les exemples les plus récents de ces sorties de route, des fois ça passe… d’autres fois ça casse. C’est aussi ça le prix de l’audace.

Lux s’inscrit clairement dans cette veine même s’il est difficile de caser le roman dans une case prédéfinie. L’idée de base en fait bel et bien un roman d’anticipation, mais ce serait trop réducteur de se limiter à ça… et pour tout vous dire, même si le futur en question n’est pas daté, on devine qu’il n’est pas très éloigné de notre époque au vu des technologies déployées.

Ajoutez à cela un fond de dérèglement climatique qui s’intègre parfaitement à l’intrigue sans une once de militantisme politico-écolo. Maxime Chattam reste dans le domaine de l’écologie au sens noble du terme, avant que cette notion ne soit pervertie par l’idéologie politique.

On pourrait aussi qualifier le roman de plaidoyer pour le droit à la différence à travers le personnage de Romy. Sans oublier la relation quasi fusionnelle qui la lie à sa mère, Zoé, une auteure en mal d’inspiration depuis déjà quelque temps.

Il est évident que depuis la guerre en Ukraine la russophilie n’a plus vraiment le vent en poupe – merci Vlad, le tyran du Kremlin. Ce n’est pas ce roman qui va vous pousser à davantage d’empathie pour nos lointains voisins. L’unique personnage russe jouant un rôle actif dans le déroulé de l’intrigue étant de très loin le plus antipathique (et encore je suis poli, ce serait plutôt un gros enculé hors compétition). Toutefois je ne ferai point d’amalgame de bas étage entre le peuple et la culture russe et la créature Poutine.

On s’attache facilement aux personnages principaux (Zoé, Romy et Simon) et à leur quête de la vérité sur l’origine de cette mystérieuse sphère, l’intrigue et globalement bien ficelée et addictive. Pour faire court, c’est une lecture agréable, mais il manque un petit je ne sais quoi pour que l’emballement soit total.

Le bouquin se termine sur une fin que je qualifierai d’ouverte qui me convient parfaitement. Un choix susceptible de ne pas plaire à tout le monde, afin d’y remédier Maxime Chattam propose un chapitre bonus permettant de découvrir « sa vérité » sur Sphère. Je l’ai lu par curiosité et j’avoue préférer « ma vérité »… même si, avec le recul et l’un des derniers éléments de l’épilogue, ça ne pouvait pas vraiment coller.

Le roman se veut un hommage à René Barjavel et tout particulièrement à La Nuit Des Temps, je ne saurai me prononcer sur ce point, n’ayant toujours pas eu l’occasion de lire ce roman alors qu’il me fait de l’œil, du fond de mon Stock à Lire Numérique, depuis plusieurs années.

[BOUQUINS] Cullen, Talajic & Loughridge – Deadpool Massacre Marvel

Et si Deadpool devenait un tueur en série de super-héros et de super-vilains ? S’il décidait un jour de tous les supprimer de l’univers Marvel, comment pourrait-on stopper cette croisade meurtrière ?

Le mercenaire disert est plus dérangé que jamais dans ce récit où l’horreur remplace l’humour.

Dans l’univers Marvel, le personnage de Deadpool est certainement celui qui permet de repousser au plus loin les limites de l’imaginable et ainsi d’ouvrir la porte au plus vaste champ des possibles… Et c’est précisément le choix qu’ont fait les auteurs de cette BD en transformant le plus bavard des mercenaires en un tueur en série prenant pour bible les personnages (héros et vilains) de Marvel.

Un pitch pareil ne pouvait que titiller ma curiosité, reste à savoir si le contenu serait à la hauteur de mes attentes. La première douche froide vient de la forme, le comics n’est vraiment pas épais (à peine une centaine de pages dont des bonus) ; du coup difficile d’imaginer un scénario hyper sophistiqué (même si je n’en demandais pas tant… faut pas pousser).

Force est de constater que mon appréhension s’est rapidement confirmée dans les faits… ça manque cruellement de profondeur, c’est même un peu brouillon parfois (il m’a fallu deux lectures pour comprendre ce qui a été le déclencheur de la folie meurtrière de Deadpool… et encore ce n’est qu’une interprétation personnelle).

Pour le reste ce n’est qu’un enchaînement de mises à mort vite expédiées. Je me faisais une joie de découvrir quelques affrontements épiques entre Deadpool et ses victimes, au lieu de ça nous n’aurons le droit qu’à quelques planches (voire quelques cases) avant la conclusion fatidique. Paradoxalement ces exécutions, parfois sommaires, viennent renforcer le côté second degré de l’intrigue.

Tout n’est pas pour autant négatif, le divertissement est assuré grâce à un Deadpool plus déconnecté de la réalité que jamais, toujours aussi causant et avec un humour bien particulier. La plus grande réussite du comics demeure son final totalement inattendu.

Un comics à ne pas mettre entre toutes les mains… l’hémoglobine coule à flots et c’est un déchainement continu de violence. Comme le précise l’éditeur : « Pour lecteurs avertis ». Même si ledit avertissement est des plus discret.

Les dessins et la colorisation sont impeccables, le trait est précis. On reconnait aisément les divers personnages de l’univers Marvel ; un sacré défi pour Dalibor Talajic, car à l’origine tous ne sont pas dessinés par le même graphiste, on lui pardonnera donc aisément des visages pas toujours totalement conformes à ceux que nous connaissons.

Je vous parlais de bonus au début de cette chronique, après le clap de fin nous aurons le droit à divers projets de couvertures, une rapide présentation des auteurs, une invitation à découvrir les coulisses du comics et des annexes.

Ce comics est le premier volume de la série Massacrologie, suivront les titres Deadpool Massacre Les Classiques et Deadpool Massacre Deadpool ainsi qu’un hors-série Deadpool Re-Massacre Marvel. Les titres sont suffisamment éloquents pour ne pas avoir à préciser leur contenu. Je n’exclus pas de m’y intéresser prochainement, mais je n’en fais pas une priorité.

[BOUQUINS] Hanna, Boivin & Georges – Douze

Fin de la saison, le grand hôtel de luxe perdu dans les Alpes ferme ses portes… Mais pas pour tout le monde. Douze étranges invités font leur entrée. Agents gouvernementaux, anciens policiers, assassins professionnels, ils sont tous les invités de l’Hydre, un insaisissable tueur caché derrière son masque. Les hostilités peuvent commencer.

Je remercie les éditions Delcourt et la plateforme Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Douze convives (onze hommes et une femme) invités à un diner dans un hôtel privatisé pour l’occasion, un moment sympa entre amis en perspective ? C’est pas vraiment le menu que nous réservent les auteurs de cette BD. Les invités sont en effet tous des tueurs confirmés (assassins, agents du gouvernement, mercenaires…) et leur hôte n’est autre que l’Hydre, le chef masqué d’une organisation criminelle majeure. Au douzième coup de minuit les douze invités auront carte blanche pour s’entretuer, il devra n’en rester qu’un…

Comme vous pouvez le constater l’idée de base, bien que classique, est plutôt prometteuse. Un huis clos meurtrier où tous les coups sont permis, une histoire que n’aurait pas reniée Agatha Christie mais qui tourne vite à la John Woo.

La BD se divise en deux parties. La première permet de faire connaissance avec les invités, de leur arrivée à l’hôtel jusqu’au retour dans leurs chambres après le diner. La seconde nous invite à assister à un jeu de massacre impitoyable.

Là encore la construction semble plutôt judicieuse, oui mais non… Les deux parties sont en effet très mal équilibrées. La première est beaucoup trop longue (plus de trente pages) et parfois même répétitive, alors que la seconde (de loin la plus prometteuse) semble trop vite expédiée et aurait méritée d’être plus étoffée. Dommage on reste un peu sur notre faim en refermant le bouquin. D’autant que, paradoxalement, nous en apprendrons assez peu sur nos douze convives.

Heureusement la fin, totalement inattendue, nous permet de finir sur une note plutôt positive. Je n’en dirai pas plus, même sous la torture (sauf si vous m’offrez des Ferroro Rocher).

Inévitablement le décor (un hôtel dans les Alpes) fait penser à l’Overlook de Shining (Stephen King). Pour un peu on aurait même le droit à la version asiatique des jumelles Grady avec les fidèles assistantes de l’Hydre.

Pour rester dans les références, le personnage de l’Hydre n’est pas sans rappeler le fameux Keyser Soze du film Usual Suspects (Bryan Singer). Comme dans le film, tout deviendra limpide pour le lecteur à la fin du bouquin.

Le dessin est fin, précis et détaillé, les personnages sont soignés et Hervé Boivin parvient à restituer leurs émotions à la perfection. Rien à redire non plus sur la mise en couleurs, c’est propre et net. Dans l’ensemble le visuel est irréprochable, après la lecture on se surprend même à revenir en arrière pour apprécier le détail de certaines scènes.

Dans les capture des planches de la BD en fin de chronique, je me suis volontairement limité à la première partie, ça aurait été dommage de vous donner des indices sur les futures victimes.

Le cadre

Le dîner