[BOUQUINS] Andy Weir – Artemis

AU MENU DU JOUR

A. Weir - Artemis

Titre : Artemis
Auteur : Andy Weir
Editeur : Bragelonne
Parution : 2018
Origine : USA (2017)
332 pages

De quoi ça cause ?

Jazz est coursière sur la citĂ© lunaire d’Artemis, histoire d’arrondir les fins de mois elle joue volontiers les contrabandiers afin de procurer Ă  ses clients des marchandises pas toujours très lĂ©gales

Quand l’un de ses riches clients lui propose une opĂ©ration de sabotage, Jazz hĂ©site, mais, face Ă  la forte prime promise, elle finit par accepter. Mais les choses ne vont du tout se passer comme prĂ©vu, Jazz va devoir se battre pour sa propre survie, mais aussi pour celle d’Artemis…

Pourquoi lui plutĂ´t qu’un autre ?

Parce que j’ai adorĂ© Seul Sur Mars du mĂŞme auteur, il me tardait donc de dĂ©couvrir son second roman.

Ma chronique

Je n’ai pas de rĂ©el programme de lecture en tĂŞte, disons que je sais grosso modo quels sont les 3 ou 4 prochains titres que je lirai sans pour autant pouvoir dire dans quel ordre je les accrocherai Ă  mon tableau de chasse. Jusqu’Ă  ce que dĂ©barque dans mon Stock Ă  Lire NumĂ©rique un « incontournable », le bouquin pour lequel je bouleverserai ce programme dĂ©jĂ  bien instable. Artemis fait partie de ces troubles-fĂŞtes, Andy Weir m’avait bluffĂ© avec son premier roman, Seul Sur Mars, il me fallait savoir, sans plus attendre, si l’essai serait transformĂ© ou non.

Andy Weir reste dans la science-fiction, mais se rapproche de nous en situant son action sur la lune, une lune habitĂ©e par quelques humains regroupĂ©s dans la citĂ© d’Artemis. Cette fois son personnage principal aura donc de la compagnie (pas forcĂ©ment toujours bienveillante, mais ceci est une autre histoire).

L’auteur nous propose un rĂ©cit Ă  la première personne, c’est Jazz qui nous raconte son pĂ©riple avec un subtil mĂ©lange de cynisme et de bonne humeur. Je ne sais pas si pour un auteur de sexe masculin il est difficile de se mettre dans la peau d’une femme, mais le fait est que Andy Weir y arrive Ă  merveille. Mais bon, force est de reconnaĂ®tre que Jazz n’a pas vraiment le profil type de la mĂ©nagère pantouflarde. Elle serait plutĂ´t du genre dĂ©brouillarde et un brin roublarde.

Avant de nous plonger au coeur de l’intrigue, l’auteur nous invite Ă  suivre Jazz dans son quotidien. Une entrĂ©e Ă  la matière plutĂ´t bienvenue pour se familiariser avec Artemis (et par la mĂŞme une partie de ses habitants) et comprendre les motivations futures de la jeune femme.

On retrouve rapidement la griffe de l’auteur, avec une bonne base documentaire scientifique qu’il rĂ©ussit Ă  vulgariser et Ă  intĂ©grer Ă  l’intrigue sans jamais que cela devienne indigeste. Je ne sais pas si tout est scientifiquement exact ou plausible, le fait est que ça colle parfaitement au rĂ©cit, ce qui me suffit amplement (après tout la fiction autorise quelques libertĂ©s avec la rigueur scientifique).

Artemis est donc une citĂ© lunaire, du coup on peut clairement situer l’intrigue dans un futur indĂ©terminĂ© mais oubliez les citĂ©s futuristes Ă  la Star Wars et consorts. Si les technologies utilisĂ©es sont bel et bien futuristes , les conditions de vie des habitants restent assez proches de celle des terriens, en plus contraignantes compte tenu des limites imposĂ©es par l’environnement lunaire.

Andy Weir nous propose un rĂ©cit de science-fiction aussi rythmĂ© qu’un thriller, des intĂ©rĂŞts (pas toujours très sains) Ă©conomiques et politiques (forcĂ©ment pourris) viendront en effet corser les choses, sans parler d’un puissant syndicat du crime qui n’apprĂ©ciera pas vraiment que l’on vienne fouiner dans ses affaires.

Heureusement Jazz ne manque pas d’ingĂ©niositĂ©, comme dirait l’autre (grosso modo), « sur Artemis on n’a pas de pĂ©trole mais on a des idĂ©es« , le pĂ©trole Ă©tant Ă  remplacer par des GPD, la devise en cours sur Artemis. Mais surtout elle ne sera pas totalement seule contre tous, quelques prĂ©cieux alliĂ©s viendront lui prĂŞter main forte.

Pour rĂ©pondre Ă  mon interrogation première, OUI, l’essai est transformĂ© et brillamment transformĂ©. Andy Weir s’impose comme un acteur majeur de la scène littĂ©raire SF, non seulement il propose des intrigues parfaitement maĂ®trisĂ©es mais il parvient Ă  rendre accessible Ă  tous une des branches les plus Ă©litistes de la SF, la hard science.

MON VERDICT

[BRD] Thor – Ragnarok

A L’AFFICHE DU JOUR

Thor - Ragnarok

Titre : Thor – Ragnarok
Réalisation : Taika Waititi
Production : Marvel Studios
Distribution : Walt Disney Pictures
Origine : USA (2017)
Durée : 2h11

Le casting

Chris Hemsworth : Thor
Tom Hiddelston : Loki
Cate Blanchett : Hela
Jeff Goldblum : Le Grand Maître
Tessa Thompson : Valkyrie
Mark Ruffalo : Bruce Banner / Hulk

Le pitch

A la mort d’Odin, Thor et Loki dĂ©couvrent qu’ils ont une soeur, Hela, la dĂ©esse de la mort. Celle-ci se dĂ©clare d’office unique hĂ©ritière du trĂ´ne d’Odin. Alors qu’ils traversent le Bifröst pour rejoindre Asgard, Hela Ă©jecte ses frères hors du faisceau.

Thor Ă©choue sur le monde-dĂ©charge de Sakaar. Il est rapidement fait prisonnier et conduit devant le Grand MaĂ®tre, qui règne sur ce monde d’une main de fer (et donc, sans surprise, Loki semble dĂ©jĂ  avoir gagnĂ© les bonnes grâces). Le Grand MaĂ®tre organise des combats de gladiateurs, le deal est simple : si Thor parvient Ă  vaincre le Champion de Sakaar alors il sera libre de rejoindre Asgaard…

Ma chronique

Vous le savez sans doute dĂ©jĂ  je suis un grand fan du MCU (Marvel Cinematic Universe), de fait je pouvais difficilement passer Ă  cĂ´tĂ© de ce troisième film consacrĂ© au personnage de Thor. D’autant que la bande-annonce m’avait fait baver d’impatience.

Après une entrée en la matière (en forme de séquence prégénérique) relativement classique, on entre dans le vif du sujet quand Thor rejoint Asgaard et découvre la nouvelle duperie de son incroyable frangin, Loki.

Tous les films du MCU sont parsemĂ©s de touches d’humour, parfois mĂŞme dans les moments les plus tendus de l’intrigue ; toutefois, il semblerait que pour ce troisième opus des aventures de Thor l’Ă©quipe du film ait voulu faire de l’humour une pièce maĂ®tresse de son scĂ©nario.

Le pari pourrait paraĂ®tre oser compte tenu du contexte, la survie d’Asgaard (et accessoirement de ses habitants) Ă©tant plus que jamais menacĂ©e. Un dĂ©fi pourtant relevĂ© haut la main grâce au dĂ©coupage du film.

En effet toute la partie se dĂ©roulant sur Sakaar est traitĂ©e avec une lĂ©gèretĂ© assumĂ©e, le personnage de Thor se permettant mĂŞme quelques pointes d’autodĂ©rision (les Ă©changes entre Thor et Hulk sont franchement poilants). Ce qui n’empĂŞche pas quelques belles sĂ©quences d’action (je vous laisse imaginer ce que pourrait donner un combat de gladiateurs opposant Thor et Hulk). A aucun moment l’humour ne fait oublier les enjeux, l’Ă©quipe rĂ©ussi Ă  Ă©viter Ă  ce que le film ne se transforme en grosse farce bouffonne.

De retour sur Asgaard, le temps n’est plus Ă  la rigolade, il est grand temps de contrer les plans d’Hela… mais c’est plus facile Ă  dire qu’Ă  faire, la bougresse tirant sa puissance d’Asgaard. Il va sans dire que cette seconde partie mise tout sur l’action.

Est-il utile de prĂ©ciser que visuellement le film est irrĂ©prochable ? Comme d’hab les effets spĂ©ciaux viennent sublimer l’action. On en prend plein les mirettes et on en redemande !

Outre la place importante accordĂ©e Ă  Hulk, nous aurons aussi le droit Ă  une brève apparition du Dr Strange. Et bien entendu le film nous propose de dĂ©couvrir de nouveaux personnages haut en couleurs, avec, en tĂŞte d’affiche, l’excentrique (et tyrannique) Grand MaĂ®tre. Pour ma part mon coup de coeur va au personnage de Skorg, le chef des gladiateurs de Sakaar.

On pourrait craindre une impression de dĂ©jĂ -vu avec les multiples revirements de Loki mais il n’en est rien, je me suis mĂŞme surpris Ă  le trouver sympathique.

Un très bon moment passĂ© en compagnie de Thor, bonne humeur et action ont Ă©tĂ© au rendez-vous. Et maintenant ? Dans les prochains mois, le MCU nous proposera un film dĂ©diĂ© au personnage de Black Panther avant le très attendu Avengers – Infinity War (qui devrait se dĂ©cliner en deux parties, sĂ©parĂ©es par Ant-Man Et La GuĂŞpe et Captain Marvel histoire de patienter). Et après ? Si d’ores et dĂ©jĂ  certains films sont annoncĂ©s (Spider-Man 2, Les Gardiens De La Galaxie 3 et Doctor Strange 2), la phase IV semble encore loin d’ĂŞtre finalisĂ©e.

♥♥♥♥½

[BOUQUINS] Sylvain Neuvel – Le Sommeil Des GĂ©ants

AU MENU DU JOUR

S. Neuvel - Le sommeil des géants

Titre : Le Sommeil Des Géants
SĂ©rie : Les Dossiers ThĂ©mis – Tome 1
Auteur : Sylvain Neuvel
Editeur : Le Livre de Poche
Parution : 2017
Origine : Canada (2016)
384 pages

De quoi ça cause ?

AttirĂ©e par une Ă©trange lueur bleue, Rose Franklin, onze ans, chute dans un trou. En reprenant ses esprits, elle rĂ©alise qu’elle se trouve dans une immense main mĂ©tallique parcourue de faisceaux lumineux.

Dix-sept ans plus tard, Rose Franklin est devenue une scientifique reconnue. On lui propose de diriger une Ă©quipe chargĂ©e de percer tous les secrets de cette mystĂ©rieuse main. Une mission qui leur rĂ©serve bien des surprises…

Pourquoi lui plutĂ´t qu’un autre ?

C’est Stelphique (Ă  lire ici) qui, la première, m’a fait connaĂ®tre ce bouquin avec un billet des plus Ă©logieux. Ne le trouvant pas en numĂ©rique je suis passĂ© Ă  autre chose en attendant. Et un jour, au fil de mes errances, v’lĂ  t’y pas que je le croise chez mon fournisseur prĂ©fĂ©rĂ©… Il ne restait plus qu’Ă  lui trouver une place de premier choix dans mon Stock Ă  Lire NumĂ©rique.

Ma chronique

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je vais commencer pas dissĂ©quer le bandeau (cette bande rouge avec une Ă©criture blanche, sur laquelle les commerciaux Ă©crivent tout et n’importe quoi pour attirer les curieux). En l’occurrence il est Ă©crit « Captivant. Entre World War Z et Seul Sur Mars« .

World War Z ? Une histoire d’apocalypse zombie qui se dĂ©cline sous la forme d’un rapport rĂ©digĂ© par un consultant de l’ONU. Rapport constituĂ© d’extraits d’entretiens, de tĂ©moignages… Sur le fond rien Ă  voir avec le prĂ©sent bouquin, sur la forme par contre on retrouve un roman constituĂ© essentiellement d’entretiens menĂ©s par un personnage dont on ne sait rien (et dont on ne saura jamais rien), çà et lĂ  d’autres supports viennent combler les blancs.

Seul Sur Mars ? L’histoire d’un mec « oubliĂ© » sur la planète Mars et qui doit se dĂ©merder pour assurer sa survie. Heu… Bin Ă  l’heure d’aujourd’hui je cherche toujours un quelconque point commun entre le bouquin d’Andy Weir et celui de Sylvain Neuvel.

OK, vous me direz qu’un bandeau soit un tissu de conneries on a l’habitude. Mais ne fuyez pas ce roman Ă  cause d’une stratĂ©gie marketing foireuse ; s’il y a bien un mot qui dĂ©finit Ă  la perfection mon ressenti après avoir refermĂ© ce bouquin c’est tout simplement CAPTIVANT.

HonnĂŞtement je pense que mĂŞme si je n’avais jamais entendu parler de ce bouquin auparavant, et que l’auteur soit, pour moi, un parfait inconnu, il aurait retenu mon attention au fil de mes errances en librairie ou sur les diffĂ©rentes plateformes d’achat que je frĂ©quente. Impossible en effet de rĂ©sister Ă  cette superbe couverture, et donc de se pencher sur la quatrième de couv’… et voilĂ , le tour aurait Ă©tĂ© jouĂ©, j’aurai Ă©tĂ© ferrĂ© !

M’est d’avis que les principales difficultĂ©s avec une narration indirecte (par entretiens interposĂ©s) se dĂ©clinent Ă  la fois au niveau des personnages et de l’intrigue. Concernant les personnages, leur personnalitĂ© se dĂ©finit ici non seulement au travers de leurs propres interventions, mais aussi par le biais du vĂ©cu et du ressenti des autres. Quant Ă  l’intrigue, il faut rĂ©ussir Ă  capter en permanence l’attention du lecteur et donc assurer sa continuitĂ© et son rythme.

Sylvain Neuvel relève haut la main ces deux challenges.

Ses personnages ont une rĂ©elle profondeur et chacun une personnalitĂ© bien affirmĂ©e, l’auteur adapte ainsi sa narration Ă  chacun. J’ai eu un faible pour Kara, sans doute pour son cĂ´tĂ© rĂ©fractaire Ă  toute forme d’autoritĂ© (bien qu’elle soit militaire), mais aussi pour Vincent, un tantinet asocial et cynique. MĂŞme celui qui mène les entretiens nous devient sympathique, malgrĂ© une apparente froideur on sent qu’il fera tout son possible pour protĂ©ger son Ă©quipe.

Difficile de parler des personnages sans mentionner ThĂ©mis, comme dirait l’autre « Qui est-il ? D’oĂą vient-il ? Formidable robot. Des temps nouveaux« . Sauf qu’en l’occurrence c’est « elle » (après le sexe des anges, dĂ©couvrons le sexe des robots… tout un programme) et que la seule certitude que l’on ait Ă  son sujet est qu’elle vient plutĂ´t des « temps anciens » (Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine… ça vous rappelle quelque chose ?).

Si l’intrigue peut paraĂ®tre, de prime abord, relativement classique (la dĂ©couverte d’un artefact extra-terrestre n’est pas vraiment une innovation dans le monde de la SF), elle n’en demeure pas moins soignĂ©e et maĂ®trisĂ©e. L’auteur vous propose un univers dans lequel la science-fiction, le thriller et mĂŞme la gĂ©opolitique se cĂ´toient et se mĂ©langent. Non seulement le tout est cohĂ©rent, mais il devient très vite totalement addictif et ne manque ni de rythme, ni de surprises.

Comme son nom ne l’indique pas forcĂ©ment, Le Sommeil Des GĂ©ants est le premier tome d’une trilogie (Les Dossiers ThĂ©mis). La mise en bouche est une totale rĂ©ussite, j’ai adorĂ© me plonger dans ce bouquin (impossible de le lâcher un fois que l’on a mis le nez dedans) et il me tarde de dĂ©couvrir la suite. D’autant que le cliffhanger final vous laissera très certainement sur le cul !

MON VERDICT

[BOUQUINS] Pierre Lemaitre – Couleurs De L’Incendie

AU MENU DU JOUR

P. Lemaitre - Couleurs de l'incendie

Titre : Couleurs De L’Incendie
SĂ©rie : Les Enfants Du DĂ©sastre – Tome 2
Auteur : Pierre Lemaitre
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2018
Origine : France
544 pages

De quoi ça cause ?

1927. A la mort de son père, Marcel PĂ©ricourt, c’est sa fille unique, Madeleine, qui va hĂ©riter de son empire financier. Le jour des obsèques, son jeune fils, Paul, se jette par la fenĂŞtre du second Ă©tage et vient s’Ă©craser sur le cercueil de son grand-père.

Paul survivra Ă  sa chute, mais restera paraplĂ©gique. Totalement accaparĂ©e par la santĂ© de son fils, Madeleine ne se rend pas compte de ce qui se trame dans son dos. Au bord de la ruine, elle sera contrainte de vendre la demeure familiale et de s’installer en ville dans un modeste logement.

Quand elle rĂ©alise qu’elle a Ă©tĂ© trahie et manipulĂ©e par ceux et celles en qui elle avait placĂ© sa confiance, Madeleine met en branle un plan de bataille aussi intelligent que machiavĂ©lique…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Pierre Lemaitre, un extraordinaire conteur qui, sortant de sa zone de confort, nous compose une trilogie consacrĂ©e Ă  la pĂ©riode de l’Entre-Deux-Guerres.

Parce qu’il me tardait justement de renouer avec ce cycle initiĂ© en 2013 avec l’excellentissime et goncourisĂ© Au Revoir lĂ -Haut.

Ma chronique

En 2013, Pierre Lemaitre, qui jusqu’alors Ă©tait connu pour ses thrillers (avec notamment la trilogie Verhoeven), crĂ©e la surprise avec son roman Au Revoir LĂ -Haut, une fiction historique ayant pour cadre la Première Guerre mondiale et l’après-guerre.

Un pari risquĂ©, mais qui s’avĂ©rera payant grâce aux formidables talents de conteur de l’auteur ; pour ma part j’ai adorĂ© suivre les mĂ©saventures d’Albert Maillard et Edouard PĂ©ricourt. Et je ne suis pas le seul, le roman rĂ©coltant de nombreux prix littĂ©raires, dont le prestigieux prix Goncourt. Pas mal pour un premier essai !

Quatre ans c’est long, autant vous prĂ©venir de suite Monsieur Lemaitre, vos lecteurs exigent que cette attente soit rĂ©compensĂ©e dignement. Et l’on est rassurĂ© dès les premières pages avec une mise en bouche surprenante, mais savoureuse. Mais surtout on retrouve le style narratif qui nous avait tant enchantĂ© Ă  la lecture de Au Revoir LĂ -Haut, l’auteur s’adressant parfois directement au lecteur.

Au niveau des personnages l’intrigue se construit autour de Madeleine et de son fils, Paul. Deux personnages bien travaillĂ©s, l’auteur parvient Ă  nous les rendre rapidement sympathiques. Alors mĂŞme si les plans de Madeleine impliquent de faire quelques Ă©carts avec la loi et la morale, on ferme les yeux en se disant que c’est pour la bonne cause.

Pour se reconstruire Madeleine va devoir dĂ©stabiliser, voire dĂ©truire, les responsables de sa dĂ©chĂ©ance. A commencer par Gustave Joubert, l’ancien adjoint et homme de confiance de son père, un individu Ă  la fois aigri et imbu de lui mĂŞme. Puis il y a Charles PĂ©ricourt, son oncle, un politicien vĂ©reux qui a toujours jalousĂ© la rĂ©ussite de son frère. Enfin il y a AndrĂ© Delcourt, un journaliste arriviste, qui, sous ses faux airs de gendre idĂ©al, cache de bien sombres travers.

Si Pierre Lemaitre rĂ©ussit Ă  vous faire aimer certains personnages, il est tout aussi douĂ© quand il s’agit de vous en faire dĂ©tester d’autres. Il l’avait dĂ©jĂ  brillamment prouvĂ© dans Au Revoir LĂ -Haut avec Henri d’Aulnay-Pradelle, vous allez adorer dĂ©tester ces trois sinistres sires.

L’auteur apporte le mĂŞme soin Ă  ses personnages plus secondaires. Vous dĂ©couvrirez ainsi Solange Gallinato, une cantatrice au talent incommensurable mais un tantinet fantasque et exubĂ©rante. Pour ma part j’ai eu un faible pour le personnage de M. DuprĂ©, qui deviendra en quelque sorte le bras armĂ© de Madeleine. Je ne peux pas tous les citer mais je m’en voudrais de ne pas mentionner LĂ©once et son amant Robert ou encore Vladi, la nurse polonaise de Paul…

Au risque de me rĂ©pĂ©ter (tant pis, j’assume), la plume de Pierre Lemaitre vous mettra du baume au coeur tant elle est agrĂ©able Ă  lire, riche tout en restant parfaitement fluide et naturelle, tout amoureux de la langue française succombera inĂ©vitablement aux charmes narratifs de l’auteur.

Il est des livres très « visuels », au cours de la lecture on visualise littĂ©ralement l’action, comme si on regardait un film. Avec ce cycle de l’entre-deux-guerres, Pierre Lemaitre nous propose des livres « audiovisuels », non seulement on visualise l’action, mais en plus on la vit comme si l’auteur nous la racontait en personne.

Les thèmes abordĂ©s dans le roman sont graves, non seulement Ă  cause du contexte (la seconde partie du rĂ©cit se dĂ©roule Ă  partir de 1933, Hitler est tout juste Ă©lu Chancelier du Reich, mais on devine rapidement les ravages de la propagande nazie), mais aussi du fait mĂŞme de l’intrigue. Tout en restant sĂ©rieux dans son traitement, Pierre Lemaitre n’hĂ©site pas Ă  apporter çà et lĂ  quelques touches de lĂ©gèretĂ© et d’humour.

Il me tarde de dĂ©couvrir l’ultime opus de cette trilogie. L’auteur se veut rassurant pour ceux et celles qui, comme moi, trĂ©pignent dĂ©jĂ  d’impatience, il nous assure que cet ultime opus sera publiĂ© dans 18 mois (soit Ă  la mi 2020).

MON VERDICT

4000 !

4034 pour ĂŞtre prĂ©cis, c’est le nombre de bouquins qui composent mon ebliothèque.

Et un Stock Ă  Lire NumĂ©rique qui totalise pas moins de 3 357 titres !  Oui, je sais, je boufferai les pissenlits par la racine bien avant d’ĂŞtre venu Ă  bout de ma PĂ L, d’autant qu’elle ne compte pas s’arrĂŞter en si bon chemin… Je continuerai aussi longtemps que l’on me le permettra d’avoir un comportement de stockeur compulsif.

Vous vous demandez peut ĂŞtre comment j’ai pu passer de 3000 Ă  4000 titres en moins d’un an. Je reconnais volontiers avoir un peu « trichĂ© » en rapatriant un bon nombre de titres prĂ©cĂ©demment lus au format papier en numĂ©rique… juste histoire de donner un peu de consistance et de cohĂ©rence Ă  ma ebibliothèque (genre rĂ©cupĂ©rer la totale de Stephen King, Tom Clancy, Mary Higgins Clark, John Grisham ou encore Bernard Werber). J’ai aussi complĂ©tĂ© des sĂ©ries dont je ne possĂ©dais que quelques titres. Grosso modo on va dire que ces « Ă©carts de conduite » sont venus gonfler mon Stock Ă  Lire NumĂ©rique de 300 titres.

Je vous donne rendez-vous prochainement pour les 5000 titres…

PS : au jour d’aujourd’hui ma bibliothèque papier se limite Ă  deux titres… et un auteur, un certain Sosthène.

[BRD] ValĂ©rian Et La CitĂ© Des Milles Planètes

A L’AFFICHE DU JOUR

Valérian

Titre : Valérian Et La Cité Des Mille Planètes
Réalisation : Luc Besson
Production : EuropaCorp / TF1 Film Production
Distribution : EuropaCorp
Origine : France / USA (2017)
Durée : 2h17

Le casting

Dane DeHaan – ValĂ©rian
Cara Delevingne – LaurĂ©line
Clive Owen – Commandeur Filitt

Le pitch

Quand les agents ValĂ©rian et LaurĂ©line arrivent sur Alpha, ils sont attachĂ©s Ă  la protection du Commandeur Filitt, qui leur explique que la survie de la station est menacĂ©e par une zone radioactive qui ne cesse de s’Ă©tendre sans que personne n’en comprenne le pourquoi du comment.

Une rĂ©union du Conseil est interrompue par une attaque, tous les membres prĂ©sents sont neutralisĂ©s, y compris ValĂ©rian et LaurĂ©line, et le Commandeur est enlevĂ© par les attaquants…

Ma chronique

Avant d’aller plus avant dans cette chronique je tiens Ă  prĂ©ciser que je ne connaissais les BD ValĂ©rian que de nom, jamais eu l’occasion (ni mĂŞme l’envie) de me pencher sur la question. Je dĂ©couvre donc le film, son univers et les personnages l’esprit libre de toute rĂ©fĂ©rence.

Le moins que l’on puisse c’est qu’avec ce film Luc Besson en a fait couler de l’encre ; et pas souvent en des termes Ă©logieux ! J’Ă©tais donc curieux de me faire ma propre opinion sur la chose.

Visuellement parlant le film s’avère ĂŞtre une très bonne surprise, Luc Besson et ses Ă©quipes s’en sont donnĂ©s Ă  coeur joie pour rĂ©galer nos pupilles. Les dĂ©cors sont somptueux, les effets spĂ©ciaux très rĂ©ussis et certaines scènes mĂŞme ne manquent pas de poĂ©sie (je pense notamment au show transformiste de Bubble, interprĂ©tĂ©e par Rihana, qui est franchement bluffant).

L’intrigue tient la route sans vraiment donner dans l’originalitĂ© et sans grande surprise. On se prend au jeu mĂŞme si Ă  la fin du film on aurait tendance Ă  penser qu’ils ont assurĂ© le minimum syndical. C’est toujours mieux qu’un naufrage pur et dur ! Au moins le divertissement a Ă©tĂ© au rendez-vous.

En fait la grosse faiblesse du film tient dans ses personnages, en premier lieu le couple ValĂ©rian et LaurĂ©line. Ils sont trop lisses, creux et sans le moindre charisme. MĂŞme les dialogues sonnent faux, on aurait presque l’impression que les acteurs lisent leur texte sur un prompteur.

MalgrĂ© cet accueil mitigĂ©, Luc Besson n’exclut pas l’idĂ©e de travailler sur une suite. Certes le potentiel ne manque pas, reste Ă  trouver l’art et la manière d’en extraire « toute la substantifique moelle« , comme dirait ce brave William (le chat qui expire).

Un film qui se laisse regarder, mais qui ne laissera pas sa trace dans les annales du cinĂ©ma. Un sympathique divertissement familial qui ne sollicite pas trop les neurones. Il est vrai qu’au vu du budget (plus de 197 millions €), on on pouvait s’attendre Ă  quelque chose de vraiment grandiose et finalement on sort de lĂ  avec le sentiment que c’est « la montagne qui accouche d’une souris » (cette fois merci Ă  Jean, le fabuliste qui aime les fontaines).

♥♥♥

[BOUQUINS] Brian McGreevy – Hemlock Grove

AU MENU DU JOUR

B. McGreevy - Hemlock Grove
Titre : Hemlock Grove
Auteur : Brian McGreevy
Editeur : Super 8
Parution : 2017
Origine : USA (2012)
464 pages

De quoi ça cause ?

Quand le cadavre d’une jeune femme atrocement mutilĂ© est retrouvĂ© dans la paisible bourgade d’Hemlock Grove, certains parlent d’une attaque d’une bĂŞte sauvage alors que d’autres pointent du doigt un loup-garou.

Deux adolescents que tout semble opposer, Peter Rumancek, un gitan marginal et solitaire, et Roman Godfrey, fils de la famille la plus riche et la plus affluente de la ville, se lient d’amitiĂ© et dĂ©cident d’enquĂŞter sur ce meurtre hors du commun…

Pourquoi lui plutĂ´t qu’un autre ?

Parce que j’ai vu, il y a dĂ©jĂ  quelques annĂ©es, la saison 1 de la sĂ©rie homonyme et que j’avais bien aimĂ© le pitch.

Parce que ça fait dĂ©jĂ  quelque temps que je n’ai pas mis Ă  l’honneur les Ă©ditions Super 8, leurs titres s’accumulent pourtant dans mon Stock Ă  Lire NumĂ©rique…

Ma chronique

Ayant dĂ©couvert Hemlock Grove d’abord au format sĂ©rie TV, j’Ă©tais convaincu que le roman Ă©tait une adaptation de ladite sĂ©rie. Mais que nenni, c’est tout le contraire, la sĂ©rie est une plus ou moins libre transposition sur petit Ă©cran du roman ; Ă  ma dĂ©charge le bouquin Ă©tait jusqu’alors inĂ©dit en version française.

Est-il encore possible de proposer une a pproche originale autour de la lycanthropie, du vampirisme et autres crĂ©atures surnaturelles ? J’ai envie de croire que longtemps encore des auteurs rĂ©ussiront Ă  nous surprendre, et Brian McGreevy tendrait Ă  me donner raison avec ce roman.

Il n’en reste pas moins que j’ai refermĂ© ce roman sur un sentiment quelque peu mitigĂ©. Certes l’intrigue est addictive et plutĂ´t bien amenĂ©e, de mĂŞme les personnages sont globalement bien travaillĂ©s, mais il reste un certain nombre de questions qui auraient mĂ©ritĂ©es un traitement plus approfondi et je reprocherai Ă  l’auteur (sans doute aussi une part de responsabilitĂ© de la traduction) un style très irrĂ©gulier dans la narration.

Brian McGreevy avait un temps envisagĂ© de travailler sur une suite Ă  son roman avant de renoncer Ă  son idĂ©e, dommage, le lecteur refermera le bouquin avec un sentiment de frustration face aux questions laissĂ©es sans rĂ©ponse. N’ayant vu que la première saison de la sĂ©rie TV, je ne saurai dire si celle-ci apporte les rĂ©ponses manquantes.

Le roman est tirĂ© vers le haut par ses personnages. Certes l’improbable duo que forment Peter et Roman fonctionne Ă  la perfection, deux fortes personnalitĂ©s que tout oppose, mais qui parviendront Ă  surmonter leurs diffĂ©rences afin de devenir complĂ©mentaires.

La famille Godfrey nous offre aussi un ensemble de personnalités complexes et plus ou moins troubles, que ce soit Olivia, la mère de Roman, Shelley, sa soeur, Letha sa cousine ou encore Norman, son oncle.

Sans oublier le Dr Pryce et ses recherches aussi obscures que mystérieuses, et la jeune Christina Wendall.

Au fil des pages Brian McGreevy entoure son intrigue d’une ambiance relativement sombre, parfois mĂŞme carrĂ©ment glauque, voire malsaine. Une ambiance qui colle parfaitement au rĂ©cit.

MON VERDICT

Bilan livresque 2017

Bilan livresque

Je m’Ă©tais fixĂ© un objectif de 100 bouquins, j’en suis bien loin avec seulement 63 bouquins lus et chroniquĂ©s.
Pour rappel, j’avais bouclĂ© l’annĂ©e 2016 avec 93 bouquins au compteur, et 2015 avec 69.

Une petite année que je vais découper mensuellement en isolant les deux titres les plus marquants du mois.

Janvier 2017 – 6 livres lus

  • Watership Down de R. Adam
  • La Prunelle De Ses Yeux de I. Desjours

FĂ©vrier 2017 – 5 livres lus

  • Elijah de N. Boudou
  • Il Y A Un Robot Dans Le Jardin de D. Install

Mars 2017 – 6 livres lus

  • Brutale de J.O. Bosco
  • Fin De Ronde de S. King

Avril 2017 – 3 livres lus

  • La Faucheuse de N. Shusterman
  • Ragdoll de D. Cole

Mai 2017 – 5 livres lus

  • La Dernière Des Stanfield de M. Levy
  • Majestic Murder de A. Carbonnel

Juin 2017 – 6 livres lus

  • Tu Tueras L’Ange de S. Dazieri
  • S’Accrocher Aux Etoiles de K. Kahn

Juillet 2017 – 6 livres lus

  • Du BarbelĂ© Sur Le Coeur de C. Cham
  • Premier Sang de D. Morell

AoĂ»t 2017 – 4 livres lus

  • La CitĂ© Des Miroirs de J. Cronin
  • RĂ©cidive de S. Delzongle

Septembre 2017 – 5 livres lus

  • Frappe-Toi Le Coeur de A. Nothomb
  • Agent Double de D. O’Malley

Octobre 2017 – 6 livres lus

  • La Soif de J. Nesbo
  • Comme Un Chien de J. Ketchum & L. McKee

Novembre 2017 – 5 livres lus

  • Bourbon Kid de Anonyme
  • HĂ©rodias Et Le Guerrier Au Linceul de S. Greem

DĂ©cembre 2017 – 6 livres lus

  • Abattez Les Grands Arbres de C. Guillaumot
  • DĂ©racinĂ©e de N. Novik

Le méga coup de coeur 2017

O. Norek - Entre Deux Mondes

Mon coup de coeur Ă©diteur sera pour Fleur Sauvage, une maison d’Ă©ditions dont la survie a Ă©tĂ© fortement menacĂ©e en 2017 mais qui aura Ă©tĂ© sauvĂ©e grâce Ă  la mobilisation des lecteurs et des internautes. Merci Ă  eux et longue vie Ă  Fleur Sauvage.

 

Casino Johnston : le flop d’or 2017/2018

Comme depuis plusieurs années déjà, nous avons coutume, pour le réveillon de la Saint Sylvestre et le lendemain, de prendre une généreuse portion de salade tahitienne.

Nous avions l’habitude de la prendre chez Touskifau, un traiteur de la VallĂ©e du Tir rĂ©putĂ© pour faire la meilleure salade tahitienne de la place, mais de gros travaux routiers rendent l’accès Ă  la boutique chiant Ă  souhait ; il nous a donc fallu trouver une alternative. A vrai dire la salade tahitienne est au menu de bon nombre de nos repas au cours de la saison chaude, dans ce cas nous nous rabattons sur celle du Marlin Bleu, que l’on trouve dans toutes les grandes surfaces et qui est de très bonne facture.

Et bin voilĂ  me direz-vous ?! En me rendant Ă  Casino Johnston le matin du 31 dĂ©cembre c’Ă©tait mon intention première, mais allez savoir quelle mouche m’a piquĂ© lorsque, passant au rayon poissonnerie, je vois de la salade tahitienne « fait maison » et je dĂ©cide de me laisser tenter. Et hop, je prends quatre barquettes de cette salade tahitienne « fait maison ».

Avant d’aller plus loin, permettez moi de vous expliquer en quelques lignes ce qu’est la salade tahitienne :

Pour commencer on fait mariner du poisson cru (thon, marlin…) coupĂ© en cubes dans du jus de citron vert (accessoirement on peut ajouter du sel et du poivre).

C’est l’Ă©tape essentielle de la recette pour 3 raisons :
– le jus de citron va « cuire » le poisson,
– ce faisant la chair du poisson va se raffermir,
– enfin (et non des moindre) pour le goĂ»t.

Après une demie heure, on Ă©goutte le poisson et l’on le place dans le saladier (ne surtout pas le rincer ! c’est une hĂ©rĂ©sie qui flinguerait les effets de la marinade).

On ajoute des tomates coupĂ©s en dès, des lamelles de concombre (sans les graines) et des lamelles de carottes. Pour assaisonnement on incorpore de l’oignon vert finement ciselĂ© et du persil plat (ou de la coriandre selon votre prĂ©fĂ©rence).

On recouvre le tout de lait coco auquel on ajoute le jus de 2 citrons verts. Et on mélange bien le tout.

Servir très frais. Accessoirement on peut ajouter des tranches d’oeufs durs.

Et voilà à quoi ça ressemble :


Salade tahitienne

En 37 ans de Nouvelle-CalĂ©donie, je ne compte plus le nombre de salades tahitiennes que j’ai mangĂ©es. Il y en eu des excellentes, des très bonnes, des bonnes et des moins bonnes mais aucune que je qualifierai de mauvaise… Jusqu’Ă  ce premier janvier 2018. Merci Casino Johnston !

Le truc Ă©tait limite imbouffable…
– Le poisson peu ou pas marinĂ© Ă©tait insipide et caoutchouteux.
– L’ensemble manquait cruellement d’assaisonnement et de sauce.

Bref, fade et sec… Un total ratage ! RĂ©sultat des courses, trois barquettes sont passĂ©es directement du frigo Ă  la poubelle.

Et un flop d’or bien mĂ©ritĂ© pour Casino Johnston.