AU MENU DU JOUR
Titre : Artemis
Auteur : Andy Weir
Editeur : Bragelonne
Parution : 2018
Origine : USA (2017)
332 pages
De quoi ça cause ?
Jazz est coursière sur la citĂ© lunaire d’Artemis, histoire d’arrondir les fins de mois elle joue volontiers les contrabandiers afin de procurer Ă ses clients des marchandises pas toujours très lĂ©gales
Quand l’un de ses riches clients lui propose une opĂ©ration de sabotage, Jazz hĂ©site, mais, face Ă la forte prime promise, elle finit par accepter. Mais les choses ne vont du tout se passer comme prĂ©vu, Jazz va devoir se battre pour sa propre survie, mais aussi pour celle d’Artemis…
Pourquoi lui plutĂ´t qu’un autre ?
Parce que j’ai adorĂ© Seul Sur Mars du mĂŞme auteur, il me tardait donc de dĂ©couvrir son second roman.
Ma chronique
Je n’ai pas de rĂ©el programme de lecture en tĂŞte, disons que je sais grosso modo quels sont les 3 ou 4 prochains titres que je lirai sans pour autant pouvoir dire dans quel ordre je les accrocherai Ă mon tableau de chasse. Jusqu’Ă ce que dĂ©barque dans mon Stock Ă Lire NumĂ©rique un « incontournable », le bouquin pour lequel je bouleverserai ce programme dĂ©jĂ bien instable. Artemis fait partie de ces troubles-fĂŞtes, Andy Weir m’avait bluffĂ© avec son premier roman, Seul Sur Mars, il me fallait savoir, sans plus attendre, si l’essai serait transformĂ© ou non.
Andy Weir reste dans la science-fiction, mais se rapproche de nous en situant son action sur la lune, une lune habitĂ©e par quelques humains regroupĂ©s dans la citĂ© d’Artemis. Cette fois son personnage principal aura donc de la compagnie (pas forcĂ©ment toujours bienveillante, mais ceci est une autre histoire).
L’auteur nous propose un rĂ©cit Ă la première personne, c’est Jazz qui nous raconte son pĂ©riple avec un subtil mĂ©lange de cynisme et de bonne humeur. Je ne sais pas si pour un auteur de sexe masculin il est difficile de se mettre dans la peau d’une femme, mais le fait est que Andy Weir y arrive Ă merveille. Mais bon, force est de reconnaĂ®tre que Jazz n’a pas vraiment le profil type de la mĂ©nagère pantouflarde. Elle serait plutĂ´t du genre dĂ©brouillarde et un brin roublarde.
Avant de nous plonger au coeur de l’intrigue, l’auteur nous invite Ă suivre Jazz dans son quotidien. Une entrĂ©e Ă la matière plutĂ´t bienvenue pour se familiariser avec Artemis (et par la mĂŞme une partie de ses habitants) et comprendre les motivations futures de la jeune femme.
On retrouve rapidement la griffe de l’auteur, avec une bonne base documentaire scientifique qu’il rĂ©ussit Ă vulgariser et Ă intĂ©grer Ă l’intrigue sans jamais que cela devienne indigeste. Je ne sais pas si tout est scientifiquement exact ou plausible, le fait est que ça colle parfaitement au rĂ©cit, ce qui me suffit amplement (après tout la fiction autorise quelques libertĂ©s avec la rigueur scientifique).
Artemis est donc une citĂ© lunaire, du coup on peut clairement situer l’intrigue dans un futur indĂ©terminĂ© mais oubliez les citĂ©s futuristes Ă la Star Wars et consorts. Si les technologies utilisĂ©es sont bel et bien futuristes , les conditions de vie des habitants restent assez proches de celle des terriens, en plus contraignantes compte tenu des limites imposĂ©es par l’environnement lunaire.
Andy Weir nous propose un rĂ©cit de science-fiction aussi rythmĂ© qu’un thriller, des intĂ©rĂŞts (pas toujours très sains) Ă©conomiques et politiques (forcĂ©ment pourris) viendront en effet corser les choses, sans parler d’un puissant syndicat du crime qui n’apprĂ©ciera pas vraiment que l’on vienne fouiner dans ses affaires.
Heureusement Jazz ne manque pas d’ingĂ©niositĂ©, comme dirait l’autre (grosso modo), « sur Artemis on n’a pas de pĂ©trole mais on a des idĂ©es« , le pĂ©trole Ă©tant Ă remplacer par des GPD, la devise en cours sur Artemis. Mais surtout elle ne sera pas totalement seule contre tous, quelques prĂ©cieux alliĂ©s viendront lui prĂŞter main forte.
Pour rĂ©pondre Ă mon interrogation première, OUI, l’essai est transformĂ© et brillamment transformĂ©. Andy Weir s’impose comme un acteur majeur de la scène littĂ©raire SF, non seulement il propose des intrigues parfaitement maĂ®trisĂ©es mais il parvient Ă rendre accessible Ă tous une des branches les plus Ă©litistes de la SF, la hard science.












