Rien de tel qu’une pause cinéphile pour terminer en beauté la journée, notre choix s’est porté sur Seul Sur Mars de Ridley Scott.
Au cours d’une mission sur Mars l’équipage est contraint de quitter en urgence la planète. Au cours de l’évacuation l’astronaute Mark Watney (Mark Damon) est emporté par la tempête. Laissé pour mort par ses coéquipiers, il reprend conscience seul dans le plus hostile des milieux. Il va tout mettre en oeuvre pour organiser au mieux sa survie et entrer en communication avec la NASA…
Si vous me lisez depuis déjà quelque temps vous savez que le roman d’Andy Weir a été un de mes gros coups de coeur littéraire de l’année 2014. Il était donc hors de question que je passe à côté du film, d’autant que Ridley Scott n’est pas franchement un bleu en matière de science fiction (on lui doit les cultissimes Alien et Blade Runner, plus récemment il est revenu à ses premières amours avec Prometheus).
Adaptation réussie ou pas ? D’ores et déjà je peux vous assurer que Ridley Scott n’a pas perdu la main, avec Seul Sur Mars il nous offre un sans faute (et un premier gros coup de coeur cinéma). Pourtant le pari était loin d’être gagné d’avance.
Le film, comme le roman, repose en grande partie sur les épaules d’un personnage unique : Mark Watney. Matt Damon excelle dans ce rôle, il porte le film avec un naturel exceptionnel. On retrouve la persévérance, la débrouillardise, l’optimisme et l’humour de Mark. Ne lésinons pas sur les mots, Matt Damon nous livre là un merveilleux rôle de composition, totalement bluffant.
Bluffant, le visuel l’est aussi. Le réalisateur a su éviter la facilité du tout numérique ainsi qu’une débauche d’effets spéciaux qui auraient pu être nuisible au film. Les extérieurs, tournés en Jordanie, nous plonge en totale immersion sur la planète rouge. Ridley Scott a fait le bon choix en privilégiant l’humain et son intrigue ; on entre à fond dans le film, pour ne plus le quitter avant le clap de fin.
Un film de SF qui se regarde comme un thriller, que demander de plus ? Je ne sais pas si tout est scientifiquement plausible mais le fait est que tout s’intègre parfaitement à l’intrigue et donne au film une rare intensité. A ce titre le film me fait un peu penser à Gravity (il y a pire comme référence).
Parlons peu mais parlons bien… parlons chiffres. Seul Sur Mars c’est un budget de 108 millions de dollars (raisonnable pour Hollywood), au box office mondial le film affiche plus de 608 millions de dollars de recettes ! C’est aussi deux Gloden Globe remportés en 2016 (meilleur acteur et meilleur réalisateur), et sept nominations aux Oscars qui se tiendront à la fin du mois.
Étiquette : science-fiction
[BOUQUINS] Jay Martel – Prime Time
Bien qu’achetant régulièrement tous les titres des éditions Super 8 je ne prends pas forcément le temps de les lire dans la foulée… comme de (trop) nombreux autres bouquins ils viennent gonfler mon Stock à Lire Numérique en attendant une opportunité, qui ne viendra peut être jamais ! Preuve en est que si, au programme du jour Prime Time de Jay Martel. Un roman de science-fiction un peu (beaucoup) barré…
Perry Bunt, scénariste raté contraint de donner des cours d’écriture pour vivre, découvre presque par hasard que la Terre est en fait un gigantesque jeu de télé-réalité fait pour divertir un large public extra-terrestre. Sauf que le programme commence à lasser, la production décide alors de mettre fin au programme en détruisant purement et simplement la planète ! Perry va tout mettre en oeuvre pour essayer de sauver la Terre et ses habitants…
Vous connaissez H2G2 ? Vous l’avez trouvé bien déjanté ? Prime Time c’est juste H2G2 à la puissance 10 (et concentré en un peu moins de 500 pages) ! Imaginez un scénario catastrophe (après tout on parle bien de la fin de nôtre monde), confiez le sort de l’humanité à un héros qui n’a justement rien d’un héros et enfin imaginez ce que ça pourrait donner écrit à la sauce Monty Python… Heu… Pas simple à visualiser n’est-ce-pas ? Bin voila, Prime Time c’est exactement ça : une intrigue totalement loufoque et délirante avec bien souvent des rebondissements tout aussi improbables. Bref le truc n’a ni queue ni tête et pourtant on ne peut plus en décrocher une fois que l’on se prend au jeu.
Adepte de la hard science passez votre chemin, ce roman n’est définitivement pas fait pour vous ! Ici plus c’est chtarbé, meilleur c’est ! Et pour ma part j’aurai tendance à en redemander. Que ça fait du bien une lecture sans prise de tête, juste pour un bon moment de déconnade.
Au casting, niveau rôles principaux, Perry Bunt sera le seul représentant Terrien. Les autres seront essentiellement des Edenites (les concepteurs du programme), une race alien humanoïde autoproclamée parfaite. Leur mépris et leur cynisme quand is évoquent les terriens sont à mourir de rire par moments (surtout quand ils en parlent en présence de Perry). Autant vous le prévenir de suite les Edenites vous réserveront bien des surprises !
Ce n’est pas ce titre qui remettra en question tout le bien que je pense de cet éditeur. Au contraire il m’a surtout donné envie de remonter leurs autres romans vers le sommets de ma PàL !
MON VERDICT

[BOUQUINS] Claire North – Touch
Une couv’ qui m’intriguait, un pitch qui m’a parlé… Et voilà comment Touch de Claire North (un des pseudos utilisés par Catherine Webb) s’est retrouvé d’abord dans mon Stock à Lire Numérique, puis en lecture et enfin en chronique ici.
Kepler est un fantôme, d’un simple contact physique il peut se transférer dans le corps des autres. Mais il ne prend que leur corps, ni leur personnalité, ni leurs souvenirs. Alors que l’on vient de lui tirer dessus, il se transfère dans le corps de son assassin tandis que son hôte précédent passe de vie à trépas. En fouillant dans les affaires de Nathan Coyle, son hôte bien malgré lui, il découvre qu’une organisation, Aquarius, s’est donnée pour mission d’éliminer les fantômes. Kepler est déterminé à contrecarrer leur plan tout en faisant comprendre à Nathan Coyle qu’il a été trompé par les siens. Les dossiers d’Aquarius sont un tissu de mensonges…
Bien que la couv’ mentionne Thriller, la notion même de fantôme fait davantage pencher la balance vers le fantastique et la science-fiction. Mais il est vrai que le rythme du récit s’apparente clairement à celui d’un thriller, l’intrigue est menée tambour battant, riche en surprises et rebondissements, autour d’un thème pour le moins original.
Le personnage de Kepler est particulièrement soigné, on vit l’intrigue à la première personne, à travers son regard mais aussi à travers les différents hôtes qu’il utilisera pour arriver à ses fins. De même on assiste à l’évolution de la relation entre Kepler et Coyle, que ce soit lorsqu’il endosse sa peau, ou qu’il échange avec lui via un hôte de passage. D’autre part le récit est entrecoupé de flashbacks qui retracent la longue et mouvementée existence de Kepler, notamment à travers ‘hôtes qu’il a vraiment appris à aimer.
La notion de fantôme est bien exploitée même si j’aurai aimé en savoir un peu plus sur la question. Pourquoi et comment devient-on fantôme ? Il en va de même pour le mystérieux Galilée, au final on ne comprend pas vraiment ce qui le motive. Ces quelques questions sans réponses auraient sans doute méritées quelques pages de plus, une chose est certaine, les réponses auraient conféré au bouquin un parfum d’excellence.
Il n’en reste pas moins que j’ai passé un très bon moment avec ce bouquin, du coup ça m’a donné envie de découvrir son roman précédent, Les Quinze Premières Vies D’Harry August… Ca tombe bien il figure déjà dans mon Stock à Lire Numérique !
MON VERDICT

[BRD] Jurassic World
Nouvelle escapade cinéphile en compagnie de Jurassic World, réalisé par Colin Trevorrow.
Zach (Nick Robinson) et Gray (Ty Simpkins) Mitchell sont envoyés par leurs parents au parc Jurassic World où ils doivent être placés sous la responsabilité de leur tante, Claire Dearing (Bryce Dallas Howard), qui gère le parc. Peu après leur arrivée, alors que les deux enfants visitent le parc, l’Indominus Rex, un dinosaure créé par les scientifique du parc, s’échappe de son enclos. Claire fait appel à Owen Grady (Chris Pratt) afin de l’aider à retrouver les enfants…
Colin Trevorrow succède donc à Steven Spielberg (Jurassic Park et Le Monde Perdu) et Joe Johnston (Jurassic Park III) pour signer ce quatrième volet de la saga jurassique inspirée du roman de Michael Crichton. Non seulement il doit faire oublier un troisième film très quelconque mais en plus de cela il lui faut relancer la machine pour une possible nouvelle trilogie.
L’intrigue du film se situe 20 ans après le premier film en faisant abstraction de ses suites, on remarque çà et là quelques clins d’oeil à Jurassic Park. Contrairement à son aîné l’histoire se déroule dans un parc d’attraction totalement fonctionnel, une véritable machine à fric bien huilée… ou presque ! Sinon ça ne serait pas marrant.
Je craignais un arrière goût de déjà-vu étant donné que le scénario est assez proche que celui du premier film, finalement j’ai été agréablement surpris (pour ne pas dire bluffé). Le scénario nous réserve quelques surprises bien trouvées. Si le deal était de faire du neuf avec du vieux alors il est remporté haut la main.
Visuellement c’est un sans faute, les effets spéciaux, signés ILM, sont à couper le souffle. Les dinosaures sont bluffants de réalisme… Et le moins que l’on puisse dire c’est que le cheptel est vaste et occupe tous les milieux (terrestre, aquatique et aérien).
Au chapitre des bestioles justement on retrouve avec plaisir nos « chers » Velociraptors que Owen Grady essaye tant bien que mal de dresser. Le T-Rex fait une apparition tardive mais remarquée. Mais la véritable star reste l’Indominus Rex, une combinaison génétique, entre autres, du T-Rex et du Raptor… une bestiole pleine de (mauvaises) surprises pour ses chasseurs et ses victimes.
Comme dans Jurassic Park on retrouve un mix savamment dosé d’action et d’humour. Aucun doute, Jurassic World joue clairement la carte du divertissement haut de gamme. Et là encore le pari est gagné !
A noter la présence au casting de Omar Sy, avec une présence et un rôle bien plus important que ce dont il avait eu le droit dans X-Men (des miettes).
Quid de la suite ? Je vous donnerai juste deux chiffres qui devraient répondre à la question, 150 millions et 1,7 milliards (le tout en dollars US) ; respectivement le budget et le box office mondial du film. RdV en 2018 pour un second volet.
♥♥♥♥
[BRD] Pixels
Nous nous sommes offert une petite pause cinéphile placée sous le signe à la fois du rire, de l’action et de la science-fiction ; le résultat de ce cocktail s’appelle Pixels, réalisé par Chris Colombus.
Au cours des championnats du monde des jeux vidéos de 1982, un enregistrement de la compétition est envoyé dans l’espace. Trente ans plus tard, une civilisation extra-terrestre a bien reçu le message mais l’interprète comme une déclaration de guerre. Elle décide alors d’utiliser les personnages de ces jeux comme des armes de guerre contre les humains…
Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître… Quoi que pour être plus juste je devrai dire les moins de 40 ans. Un temps où pour jouer à des jeux électroniques il fallait se rendre dans des salles d’arcade et se frotter à des machines appelées Pac-Man, Donkey Kong, Centipede… Des graphismes sommaires, des bruitages qui donnaient envie de devenir sourd, et des méchants dont les mouvements obéissaient à des cycles réguliers préprogrammés (au fil des niveaux seule la vitesse allait en augmentant). Nostalgieee !
En fait non, pas vraiment, je n’ai jamais été un grand fan des bornes d’arcade et même ultérieurement des jeux d’arcade en général. Je préfère de loin me frotter à un jeu de rôles… Mais j’ai connu ces temps lointains, na !
Vous l’aurez compris ces charmantes bestioles pixelisées vont venir foutre la zone dans notre monde contemporain… Toutefois leurs mouvements resteront fidèles au jeu d’origine. Franchement quel fun de voir Pac-Man déambuler dans les rues de New-York en détruisant tout sur son passage !
Pour faire face à ces adversaires, une poignée de geek de l’époque (alors que le mot n’était pas encore aussi implanté dans la culture populaire que aujourd’hui). Aux commandes Will Cooper (Kevin James), président des Etats-Unis pas franchement populaire (et encore moins crédible) au moment de l’attaque (ça vous rappelle pas un certain Bush Jr ?), Sam Brenner (Adam Sandler), un crack du jeu vidéo devenu installateur de matériel électronique, Ludlow Lamonsoff (Josh Gad), fervent adepte de la théorie du complot et Eddie Plant (Peter Dinklage… toujours aussi excellent comme acteur), le champion 1982 qui croupit en prison pour diverses escroqueries… Autant dire qu’ils auront du mal à imposer leur point de vue face à l’Etat Major ! Mais heureusement ils pourront compter sur le soutien de leur pote président et du Lieutenant-Colonel Violet Van Patten (Michelle Monaghan).
Un sympathique clin d’oeil aux eighties servi par des effets spéciaux réussis. Même si le film ne restera certainement pas dans les annales du cinéma on passe un agréable moment qui détend les zygomatiques. C’est exactement ce à quoi je m’attendais, un divertissement réussi.
♥♥♥½
[BOUQUINS] Bernard Werber – Le Sixième Sommeil
Encore un incontournable de cette rentrée littéraire 2015 au programme avec Le Sixième Sommeil, le dernier roman de Bernard Werber. Un titre one-shot pour changer (le précédent était Le Miroir De Cassandre et il date déjà de 2009).
Quand Caroline Klein, scientifique avant-gardiste spécialisée dans le sommeil, disparaît du jour au lendemain, son fils, Jacques, cherche à comprendre le pourquoi du comment. Une partie des réponses à ses questions se trouvent dans le sommeil et plus particulièrement dans le monde des rêves…
Je ne vous apprendrais rien en vous disant que bon nombre d’écrivains français ont un incroyable talent qui n’a rien a envier à celui de leurs confrères d’outre-Atlantique ou d’outre-Manche. En matière d’imagination et d’imaginaire je place toutefois Bernard Werber sur le haut du podium, il a le don formidable de combiner des éléments du monde réel avec de la pure fiction, le tout sur fond de vulgarisation scientifique. Une fois de plus le résultat fait mouche, non seulement on se régale de l’intrigue imaginée par l’auteur, mais en plus on s’instruit en s’amusant. Il donne ainsi tout son sens au terme science-fiction.
J’ai ainsi appris un paquet de trucs sur le sommeil, au lieu de m’endormir ça a éveillé ma curiosité et du coup j’ai creusé la question sur Internet… c’est ça le second effet Werber ! Au risque d’enfoncer une porte ouverte je trouve hallucinant de chercher à dompter l’espace alors que notre propre cerveau est un territoire encore méconnu et un formidable outil sous exploité par la quasi totalité de l’espèce humaine.
J’ai aussi voyagé en Malaisie à la découverte des surprenants Sénoïs (avec là encore un habile mélange entre la réalité et la légende). Un voyage marqué par les ravages environnementaux liés à la culture intensive des palmiers à huile, mais aussi par la corruption qui touche tous les niveaux de l’administration et du pouvoir et les travers de l’industrie touristique à outrance.
L’intrigue est captivante, là encore aucun risque d’endormissement, de nombreuses surprises sont au rendez-vous, ponctuées çà et là par quelques touches d’humour et juste ce qu’il faut d’émotion. Le bouquin se lit avec fluidité, on un bon potentiel de page-turner.
Les personnages sont richement travaillés avec un tas de personnalités différentes. Mention spéciale à Franckie, un ancien légionnaire reconverti en reporter freelance depuis qu’il est devenu cataleptique. L’auteur nous offre même un sympathique clin d’oeil à ses confrères de la Ligue de l’Imaginaire, on croise en effet un certain Dr Eric Giacometti et un privé nommé Franck Thilliez.
Un roman à la hauteur de ce que j’attendais et espérais de Bernard Werber. Généralement je ne prête que peu d’attention à la couverture des bouquins (plus encore depuis que je suis passé au numérique) mais je trouve celle-ci très belle.
J’aimerai apprendre à dompter mon sommeil comme le fait Jacques Klein, ne serait-ce que les cinq cycles avérés… pour le sixième on verra plus tard, les conditions d’accès ne me semblent pas encore idéales.
MON VERDICT

[BRD] Mad Max – Fury Road
Petite pause cinéphile post apocalyptique en compagnie de Mad Max – Fury Road, réalisé par George Miller. Quatrième volet des errances futuristes de Max Rockatansky, avec Tom Hardy qui succède à Mel Gibson ; question d’âge je suppose (respectivement 37 et 59 ans).
Max (Tom Hardy) erre en solitaire au milieu d’un monde dévasté ou des clans de barbares s’affrontent pour obtenir de l’eau ou du carburant. Il va se retrouver bien malgré lui impliquer dans cette guerre quand il va être fait prisonnier par les hommes d’Immortan Joe (Hugh Kayes-Byrnes), qui règne en tyran sur la Citadelle…
Quand j’ai entendu parler d’un nouveau Mad Max, trente ans après la sortie du troisième opus (et trente six après le lancement de la saga), j’ai d’abord pensé à un reboot. Après tout ça semble devenir un phénomène de mode depuis quelques années. A vrai dire j’étais presque rassuré à cette idée vu l’évolution de la série.
Le premier volet Mad Max (1979) est aujourd’hui considéré par beaucoup (dont je suis) comme un film culte. Mad Max 2 – Le Défi (1981) nous plonge au coeur d’un univers post apocalyptique qui tranche avec son prédécesseur ; déconcertant de prime abord, il n’en reste pas moins divertissant. Mad Max 3 – Au-Delà Du Dôme Du Tonnerre (1985) n’est qu’une sinistre daube à tout point de vue… Alors quid d’un Mad Max 4 ???
Pour être tout à fait franc avec vous ma première impression aura surtout été que le film mise à fond la carte de la surenchère, impression confirmée quand les troupes d’Immortan Joe se lancent à la poursuite de Furiosa (Charlize Theron). Survient un camion avec des percussionnistes à l’arrière et à l’avant un guitariste dont l’instrument crache des flammes… Serais-je en train d’assister à un show revisité de Rammstein (un groupe allemand de Metal industriel que j’adore) ? Autant dire que les voyants scepticisme et appréhension étaient au rouge clignotant…
Au fur et à mesure du film les univers visuel et technologique s’imposent naturellement dans l’esprit du spectateur (en tout cas dans le mien), avec notamment une impressionnante gamme de véhicules en tout genre (motos, camions, voitures, quads…) au look futuriste et surtout transformées en machine de guerre. Un visuel renforcé par des effets spéciaux parfaitement maîtrisés (qu’il s’agisse des scènes d’action ou des maquillages des personnages) et un rythme plus dopé qu’un coureur du Tour de France !
Au niveau du casting Tom Hardy réussit à faire oublier Mel Gibson, on retrouve le même personnage de héros solitaire, faux dur au grand coeur, un brin taciturne et peu loquace. Il parvient à la fois à jouer sur la continuité du personnage tout en lui apportant une touche personnelle.
Même si la première rencontre est plutôt houleuse, Max pourra compter sur l’aide Furiosa (à moins que ce ne soit l’inverse), impératrice en fuite qui a libéré les épouses de Joe en les embarquant dans sa fuite. Charlize Theron, crâne rasé et une main en moins, insuffle une force incroyable à son personnage tout en lui conservant un charme certain (même si incontestablement l’atout charme du film reste Rosie Huntington-Whiteley qu incarne Splendid, la favorite en fuite de Joe, enceinte de lui).
George Miller a affirmé avoir voulu, avec ce quatrième film de la saga, faire à la fois dans la continuité et dans le renouveau, le film faisant office de premier opus d’une nouvelle trilogie. Je ne demande qu’à voir mais je dois avouer que pour le moment son pari est réussi…
♥♥♥♥
[BOUQUINS] Hugh Howey – Silo : Origines
Je poursuis mon Challenge retrouvailles en naviguant entre les genres, place donc à de la SF post-apocalyptique avec Silo : Origines, second volet de la trilogie de Hugh Howey même si, chronologiquement parlant, il se situe avant les événements décrits dans Silo.
2049. Dans quelques années le monde que nous connaissons n’existera plus, anéanti par la folie des hommes, par la soif de pouvoir de certains et par le fanatisme d’autres. Les survivants sont condamnés à une vie souterraine, à oublier et à ne jamais transmettre l’Histoire telle qu’elle s’est réellement passée…
Hugh Howey décompose son roman en trois parties qui vont du projet Silo aux événements décrits dans le bouquin précédent.
Dans L’Héritage, en 2049 le député Donald Keene rejoint le sénateur Thurman et son équipe sur un projet industriel novateur. Parallèlement on suit le réveil de Troy en 2110, il doit assurer la relève pour le commandement du Silo 1.
Dans L’Ordre, Donald Keene est réveillé en 2212 afin de rejoindre un petit groupe mené par Thurman afin de faire face, depuis le Silo 1, à une rébellion grandissante au sein du Silo 18. On alterne entre le Silo 1 via Donald et le Silo 18 via Mission, un jeune porteur qui a rejoint la rébellion.
Dans Le Pacte, Donald Keene est réveillé en 2345, on lui apprend alors qu’une habitante du Silo 18 vient de s’évanouir en pleine nature. Tout le monde, dans le Silo 1, est convaincu qu’il est Thurman. Parallèlement, on assiste, par le biais de Jimmy, un adolescent mis à l’abri par son père, à la chute du Silo 17, survenue en 2312.
Avec cette troisième histoire la boucle est bouclée, le lien est fait avec Silo, qui plus est ça nous permet aussi de mettre une date sur l’intrigue qui jusqu’alors se situait dans « un futur indéterminé ».
Si le précédent opus connaissait quelques baisses de régime, je peux affirmer qu’il n’en ai rien ici, aucun temps mort, le rythme va crescendo au fur et à mesure que l’intrigue s’étoffe. Pour tout vous dire ce bouquin se lit comme un thriller.
Dans ce second opus Hugh Howey ne se contente pas de nous révéler les origines du projet Silo, on découvre aussi le fonctionnement hiérarchique à deux vitesses (avec d’un côté les élites autoproclamées du Silo 1 et de l’autre les habitants des autres silos), mais aussi le futur prévu pour les silos et leurs résidents… Captivant mais glaçant !
Du coup je pense que je ne tarderai pas trop avant de me lancer dans l’ultime opus de la trilogie, Générations, il promet d’être encore plus intense à en croire la fin de ce tome.
MON VERDICT

[BRD] Interstellar
Les pauses ciné se suivent et ne se ressemblent pas, petit détour par la science-fiction avec Interstellar de Christopher Nolan.
Dans un futur indéterminé, alors que l’humanité est condamnée à disparaître par manque de nourriture, Cooper (Matthew McConaughey), un ancien pilote devenu agriculteur rejoint une équipe de scientifique persuadés que l’avenir de l’homme se situe dans l’espace. Reste à savoir où. C’est ce que Cooper et son équipage vont devoir découvrir…
Oubliez les méchants aliens et les batailles intergalactiques, Christopher Nolan (qui a co-signé le scénario du film, avec son frère Jonathan) joue la carte Hard Science. De la science fiction qui s’appuie justement sur la science pour rendre son intrigue réaliste (tout en restant dans un contexte futuriste). Pour l’anecdote, sachez qu’à l’origine les frères Nolan avaient écrit le scénario pour Spielberg qui a finalement dû renoncer au projet Interstellar. Les deux frères ont ainsi pu remanier leur scénario afin qu’il colle mieux à leurs attentes.
Le risque majeur avec cette approche de la SF est de proposer au spectateur profane un film totalement incompréhensible. Christopher Nolan évite brillamment cet écueil, mais bon il est quand même conseillé de visionner Interstellar avec l’esprit clair (évitez un apéro blindé avant), surtout dans la dernière partie du film.
La première claque est visuelle, qu’il s’agisse des décors de notre Terre du futur (avec un habile mélange entre l’ancien et le futuriste), des séquences dans l’espace ou des planètes visitées par l’équipage, tout est magnifiquement soigné. Ce n’est pas pour rien que le film s’est vu récompensé par l’Oscar 2015 des meilleurs effets visuels.
Le film réussit à nous captiver sans avoir besoin de jouer la carte de l’action à tout va, une intrigue prenante, pour ne pas dire captivante, menée avec intelligence et les presque trois heures passent comme une lettre à la poste, sans jamais avoir eu l’impression d’être largué, sans jamais s’ennuyer. Une intrigue blindée servie par des acteurs totalement investis dans leur rôle.
Cerise sur le gâteau déjà bien garni, la bande son de Hans Zimmer vient sublimer le film. Un sacré défi quand on sait que Christopher Nolan a refusé de lui faire le scénario, au lieu de quoi l a rédigé un texte sans aucun rapport avec le film et demandé au compositeur d’écrire les morceaux que ça lui inspirait. Le résultat est bluffant, en fait tout est bluffant dans ce film.
♥♥♥♥♥
[BOUQUINS] Andy Weir – Seul Sur Mars
Vous reprendrez bien un peu de science-fiction, non ? Un invité surprise au programme, cette fois c’est la campagne marketing de Bragelonne qui a attisé ma curiosité pour Seul Sur Mars de Andy Weir. Ajoutez cela des critiques globalement enthousiastes et comme disaient nos ancêtres, latinistes distingués, alea jacta est (merci Asterix).
La mission martienne, Arés 3, doit être brutalement interrompue suite à une forte tempête de sable. Dans la précipitation, l’un des membres d’équipage, Mark Watney, est laissé pour mort. Quand il reprend conscience, Mark réalise qu’il est seul dans le plus hostile des milieux, heureusement les installations déployées pour la mission sont intactes, à l’exception du système de communication. Considéré comme mort, Mark va devoir organiser sa survie, au quotidien et sur le long terme, et trouver un moyen de communiquer avec la Terre…
Pour son premier roman, Andy Weir, un scientifique passionné par l’espace et notamment les vols habités, opte pour la science-fiction, et plus particulièrement la hard science. A savoir une intrigue qui privilégie la cohérence scientifique et technique (au moment de l’intrigue) dans un contexte de fiction ; bref il faut que son récit soit crédible. L’authenticité prime sur le spectaculaire, au placard les petits bonshommes verts, gentils ou méchants, poubelle les pistolets laser et les canons à plasma. Le challenge principal du genre : réussir à séduire les lecteurs, y compris (surtout) les profanes (dont je suis).
Petite parenthèse personnelle, pendant tout mon cursus scolaire j’ai été un véritable cancre quand il était question sciences, physique, chimie, biologie (pour ne citer que les plus élémentaires) me filaient de l’urticaire… ou plus exactement me plongeaient en état d’hibernation avancé ! Et pourtant j’ai lu ce bouquin de la première à la dernière page sans le moindre bâillement, OK je n’ai pas tout capté aux diverses explications scientifiques mais elles sont parfaitement intégrées à l’intrigue, du coup on (du moins je) les accepte comme acquises.
Il faut dire que niveau intrigue et suspense Andy Weir place la barre très haut, on flirte entre SF et thriller. Difficile d’imaginer une situation plus critique pour le personnage de Mark Watney, Robinson Crusoé peut aller se rhabiller, Mac Gyver balancer son couteau suisse… Et je ne vous parle même pas des candidats de Koh Lanta. Une belle brochette de petits joueurs ! La grande majorité du récit confronte Mark à son environnement, écrit à la première personne (on lit son journal de bord). Les passages se déroulant sur Terre (à partir du sixième chapitre) sont quant à eux rédigés à la troisième personne.
Mark Watney est un personnage hors du commun, un as de la débrouillardise et du système D (parfois ça passe… des fois ça casse), mais sa véritable force (et donc celle du roman) est son incroyable optimisme, bien sûr il a des passages à vide (ça peut se comprendre, non ?) mais rapidement sa volonté d’y croire et son envie d’aller de l’avant reprennent le dessus. Cerise sur la gâteau, notre héros ne perds jamais son sens de l’humour, parfois tout en finesse, parfois incisif. Bref j’ai cotoyé durant cette lecture un personnage incroyablement attachant, on se bat avec lui… toute proportion gardée (confortablement installé dans le canapé, la liseuse dans une main, une bière dans l’autre).
Pour la petite histoire Seul Sur Mars a d’abord été un feuilleton numérique diffusé par son auteur sur internet ; l’engouement populaire a motivé un éditeur à contacter Andy Weir. Et depuis le bouquin continue de surfer sur la vague du succès. Ca ne vous rappelle pas quelque chose cette anecdote ? Un petit effort, j’en ai parlé il n’y a pas si longtemps… Je parle bien sûr de Silo de Hugh Howey (merci à ceux et celles qui ont suivi).
Succès qui se traduit par une adaptation sur grand écran avec Ridley Scott aux commandes (pas franchement un novice en matière de SF) et Matt Damon dans le rôle de Mark Watney, actuellement en tournage.