Encore un titre découvert grâce à Internet, le pitch étant particulièrement alléchant je me suis rué sur Am Stram Gram de M.J. Arlidge.
Amy Sanderson, une jeune fille hirsute et apeurée s’accuse du meurtre de son petit ami. Helen Grace, commandant de la Crim’ de Southampton, prend l’enquête en main. L’histoire d’Amy est invraisemblable mais tout semble indiquer que c’est la terrible réalité. Les deux jeunes ont été enlevés et séquestrés, pour gagner la liberté il fallait que l’un des deux tue l’autre. Une nouvelle double disparition est signalée ; la course contre la montre est engagée pour Helen et son équipe…
Autant vous le dire de suite ce bouquin c’est vraiment de la balle, le page-turner par excellence et un excellent thriller. Son intrigue aussi machiavélique que perverse, bourrée de rebondissements et menée à un train d’enfer mettra vos nerfs à rude épreuve.
Les personnages ont été mitonnés aux petits oignons. A commencer par Helen Grace, une vraie dure à cuire qui se donne à fond dans son boulot. Au niveau des relations humaines, elle se contente du minimum vital, même avec son équipe. Au fil des pages on se demande ce qu’elle cherche à expier ou oublier ; la réponse viendra en temps et en heure.
Les lieutenants Charlie Brooks et Mark Fuller sont les deux piliers de l’équipe de Grace. Charlie, flic discrète et efficace dont la perpétuelle bonne humeur est communicative, incontestablement l’atout charme du trio mais son coeur est déjà pris. Mark quant à lui peine à se remettre d’une rupture douloureuse, bon flic quand il reste sobre. Des personnalités qui se complètent à merveille.
Sans oublier la tueuse, et oui c’est une femme qui est aux commandes de ce plan morbide. Bien entendu la question principale est de découvrir son identité ; sur ce point j’ai été un peu plus rapide que Helen, certains indices m’avaient laissé imaginer cette possibilité mais sans aucune certitude. L’autre inconnue de l’équation étant bien entendu le mobile, une fois la tueuse identifiée et aidé par ses « confidences » il coule de source (ce qui ne signifie nullement qu’il est justifié).
Sans oublier les victimes, face à un pareil choix on peut se donner qui est le plus à plaindre, le mort ou le survivant ? Survivre avec un mort sur la conscience ne doit pas être une sinécure.
Des chapitres courts et un style sans fioritures font que vous ne pourrez plus lâcher ce bouquin une fois que vous l’aurez commencé. Hameçonné et ferré dès les premières pages je l’ai lu quasiment d’une traite.
Pour un premier roman l’auteur place la barre très haut, j’espère que les suivants sont à la hauteur de cette mise en bouche. Ah oui, cerise sur le gâteau (et quelle cerise !), en Angleterre l’auteur a déjà publié trois autres titres qui s’articulent autour d’Helen Grace. J’ai hâte de les découvrir en français !
Étiquette : Littérature anglaise
[BOUQUINS] Robert Galbraith – Le Ver A Soie
Mon Challenge retrouvailles poursuit son petit bonhomme de chemin, direction l’Angleterre avec Robert Galbraith (alias JK Rowling) et Le Ver A Soie, la seconde aventure de Cormoran Strike.
Cormoran Strike est contacté par Leonora Quine afin qu’il enquête sur la disparition de son mari, Owen, un écrivain un brin excentrique et un max mégalo. Rapidement Strike va découvrir que toute l’affaire semble tourner autour de Bombyx Mori, un manuscrit qui devait être le prochain roman d’Owen Quine ; un véritable brûlot susceptible d’en énerver plus d’un…
C’est avec plaisir que j’ai retrouvé le duo de choc composé du détective Cormoran Strike et son assistante, Robin Elacott. Une Robin qui aimerait que son patron la prenne davantage en considération en lui confiant un rôle plus important que de simples tâches de secrétariat ; sans le lui dire toutefois. Or, si Strike est un excellent détective il n’est pas particulièrement doué en matière de psychologie humaine, de fait les « ambitions non dites » de Robin sont pour lui une totale abstraction… Voilà qui ne va pas simplifier les relations entre le patron et son employée.
Pour cette nouvelle enquête l’auteur(e) nous entraîne dans le monde de l’édition et le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est pas vraiment le pays des Bisounours. Un monde que Galbraith / Rowling doit bien connaître puisque c’est celui dans lequel elle évolue. Un monde qu’un des personnages du roman, un auteur à succès, résume en une phrase : « Si vous cherchez des amitiés sincères, généreuses et pérennes, engagez-vous dans l’armée et apprenez à tuer. Si vous préférez des liens éphémères avec des gens qui exercent le même métier que vous et se réjouiront de tous vos échecs, écrivez des romans. »
Comme dans L’Appel Du Coucou on retrouve tous les éléments d’un polar classique, avec une enquête qui avance lentement mais sûrement sans jamais ennuyer le lecteur. Au contraire on va chercher en même temps que Strike à comprendre qui est le ou la coupable ; la seule certitude étant que ce n’est évidemment pas la coupable désignée ! Et une fois de plus l’auteur(e) parvient à nous bluffer avec son coup d’éclat final.
Au niveau des personnages nous avons le droit à une belle brochette de suspects, tous auraient un mobile plus ou moins valable pour se débarrasser d’Owen Quine. Il faut dire que dans son Bombyx Mori l’écrivain n’épargne pas tout ce petit monde.
La plume et le style de l’auteur(e) nous plonge au coeur de l’action, en totale immersion dans un Londres hivernal. On peut regretter certaines longueurs dans les descriptions, mais c’est peut être le prix à payer pour justement se trouver en totale immersion dans le récit et le décor. Pour ma part je me serai volontiers passé des états d’âme de Strike quant à sa relation avec son ex. D’autant qu’ils n’ont plus aucun contact, une fois ça va, deux fois ça passe, mais au bout d’un moment ça devient lourd, voire gavant.
Un polar classique mais bien ficelé et efficace. Je serai fidèle au rendez-vous pour la prochaine enquête de Cormoran Strike ; l’auteur a annoncé vouloir consacré sept romans au duo Strike / Robin (pur hasard ou superstition ce choix de 7 tomes ? Le même nombre de bouquin que pour sa série Harry Potter).
MON VERDICT

[BOUQUINS] Sarah Lotz – Trois
A la sortie de ce bouquin j’ai été tout de suite enthousiasmé par son pitch et sa couv’, puis au fil des critiques diffusées çà et là des avis mitigés, voire franchement négatifs, ont semblé prendre le dessus sur les réactions enthousiastes. Cela aurait pu me pousser à renoncer mais je ne suis pas facilement influençable (et surtout terriblement curieux), voilà comment Trois de Sarah Lotz s’est tout de même retrouvé dans mon Stock à Lire Numérique. Ai-je eu tort ou raison ? Vous le saurez bientôt…
Le 12 janvier 2012 restera dans les esprits comme le Jeudi Noir. Ce jour-là quatre avions de lignes s’écrasent à quelques heures d’intervalles aux quatre coins du monde. Sur trois des sites de crash on retrouve un seul et unique survivant, un enfant. Rapidement les spéculations les plus folles circulent sur les Trois. Comment expliquer leur survie miraculeuse ? Et s’ils n’étaient pas vraiment ce qu’ils ont l’air d’être…
Le bouquin se présente comme un livre dans le livre, à la façon de World War Z de Max Brooks. En l’occurrence il s’agit d’un essai signé Elsphet Martin sur ce fameux Jeudi Noir et le phénomène des Trois. On y trouve des extraits de livres, des interviews et autres comptes-rendus ; bref tout ce que l’on est susceptible de trouver dans un ouvrage de ce genre. Lire un prétendu essai sur un événement fictif peut sembler déconcertant, je comprends même que cela puisse rebuter les moins téméraires, mais personnellement ce choix narratif ne m’a pas choqué outre mesure, d’autant que c’est globalement bien ficelé.
Mine de rien ce choix narratif demande un gros travail d’écriture afin de se mettre à la place de chacun des intervenants. Non seulement ils auront leur propre perception des choses mais aussi une façon personnelle de s’exprimer. Un défi relevé haut la main par l’auteure.
Tout le bouquin se découpe par succession de deux phases appelées respectivement Les Survivants (où l’on découvre le quotidien des familles ayant recueilli un des enfants miraculés) et Le Complot (où s’affrontent les théories conspirationnistes les plus délirantes et les affabulations apocalyptiques de certains groupes religieux sur le pourquoi du comment des crash et les enjeux autour des Trois). Franchement là encore les choses se goupillent bien, on se prend rapidement au jeu.
A partir d’une successions de petits riens, des faits presque anodins pris un à un mais nettement plus significatifs quand on a une vue d’ensemble (privilège des lecteurs que nous sommes), l’auteure nous amène à nous poser des questions, à douter, voire même à installer une véritable tension nerveuse (le cas le plus flippant est celui de Jess, recueillie par son oncle Paul après la mort de ses parents). On frétille d’avance à l’idée de découvrir le fin mot de l’histoire.
Et c’est là que le bât blesse… Imaginez que vous cuisiez un soufflé au fromage, vous le voyez à travers la vitre du four qui gonfle et dore au fur et à mesure de la cuisson, quand vous éteignez le four et ouvrez la porte le truc s’effondre en une masse informe. Et quand vous décidez malgré tout de le goûter vous tombez sur un truc insipide. La comparaison peut paraître cruelle mais c’est bel et bien le ressenti premier en refermant le bouquin. Tout ça pour ça !
Ce n’est pas pour autant que je dirai que ce bouquin est un ratage total, l’auteure réussit à nous tenir en haleine avant une fin un peu trop abrupte qui ne répond à aucune des questions que l’on pouvait se poser. Les (longues) annexes finiront d’enfoncer le clou en brouillant encore un peu plus les pistes sans trancher dans le vif. Avec un final digne du reste il aurait pu prétendre à l’excellence, au lieu de ça il devra se contenter de flotter dans la zone moyenne ; à chacun de se forger sa propre opinion sur les Trois…
Encore un mot pour finir cette chronique. Si vous espérez un thriller pur jus passez votre chemin, il y a une forte part de fantastique dans le développement de l’intrigue ; pour ma part cela ne m’a pas dérangé, la lecture de la quatrième de couv’ ne m’ayant laissé aucun doute sur la question.
[BOUQUINS] Emma Healey – L’Oubli
Un titre découvert au hasard d’une visite sur le site des éditions Sonatine (un premier point positif) au menu du jour. L’Oubli, premier roman de l’auteure britannique Emma Healey. La couv’ très sobre a tout de suite capté mon regard, enfin la quatrième de couv’ a fini de me convaincre.
Maud, une octogénaire atteinte de la maladie d’Alzheimer, est obligée de tout noter si elle ne veut pas perdre ses repères. Un de ses petits mots la tracasse, elle a en effet noté que son amie, Elizabeth, a disparu. Personne ne la prend au sérieux quand elle fait part de son inquiétude. C’est seule, avec sa mémoire et ses souvenirs qui se délitent, qu’elle va devoir trouver les réponses à ses questions, et d’autres réponses à des questions oubliées depuis longtemps…
Pour un premier roman la jeune (28 ans) anglaise réussit un véritable tour de force, une expérience de lecture unique en son genre, presque troublante et vraiment poignante. En effet l’auteure écrit son livre à la première personne afin de nous faire vivre son intrigue à travers le regard et l’esprit de Maud. Un esprit mis à mal par la maladie d’Alzheimer. Et c’est justement là que l’auteure brille, sa plume et son style sont plein de justesse et d’une redoutable efficacité. On vit pleinement les émotions et le trouble de Maud au fur et à mesure que son esprit s’enlise.
Plutôt osé de choisir comme personnage principal d’un thriller une octogénaire qui n’est plus en pleine possession de ses moyens. Les phases de lucidité alternent avec les trous noirs. C’est sans doute la fragilité du personnage qui nous le rend si attachant, ça et le talent de l’auteure qui nous plonge dans sa peau et dans sa tête.
Pour ce qui est de l’intrigue on a deux disparitions pour le prix d’une, celle d’Elisabeth, survenue de nos jours, et celle de Sukey, la soeur ainée de Maud, disparue en 1946. De fait on alterne en permanence entre le passé (les souvenirs de Maud semblent épargnés par la maladie) et le présent. Difficile d’imaginer que ces deux événements puissent être liés, mais d’un autre côté l’auteure laisse planer le doute au fil des pages. Avant de répondre à la question. L’autre grande question que l’on se pose concerne Elisabeth ; a-t-elle vraiment disparu ou est-ce que Maud se fait des idées ? Là encore vous aurez la réponse en temps et en heure.
N’attendez pas un thriller où ça canarde à tout va, à plus de 80 piges et avec Alzheimer comme copain de jeu ce n’est pas très prudent de manier le M16 ou le lance-roquettes. Ici on fait dans la subtilité, dans la psychologie ; et dans le genre c’est une totale réussite. Un sujet grave traité efficacement, plein d’émotions sans jamais sombrer dans le mélo, on s’autorise même parfois un sourire sans se vouloir moqueur.
Décidément Sonatine reste un éditeur plein de ressources, j’ai été scotché du début à la fin, certes les brusques montées d’adrénaline n’étaient pas au programme, mais il n’empêche que j’ai pris énormément de plaisir à parcourir ce roman aussi étonnant qu’original.
[BOUQUINS] Terry Hayes – Je Suis Pilgrim
L’accueil unanimement enthousiaste reçu par ce bouquin a suffi à titiller ma curiosité, il était grand temps que je plonge mon nez dans c’te chose et m’en fasse ma propre idée. Ah oui, j’allais oublier, la chose en question s’appelle Je Suis Pilgrim et est signée Terry Hayes.
Pilgrim est le nom de code d’un ancien responsable de La Division, une agence de renseignement ultra secrète, aujourd’hui jeune retraité. Expert en criminologie et en médecine légale, il a écrit un ouvrage de référence sur le sujet. Appelé sur une scène de crime il ne tarde pas à apprendre que l’assassin, une femme, s’est inspirée de son livre pour commettre le crime parfait. Commence alors une traque dont il ne soupçonne ni l’ampleur, ni les enjeux…
Pas de mise en bouche, on entre directement dans le vif du sujet, à savoir une scène de crime particulièrement sordide. On peut alors légitimement s’attendre à une chasse à l’homme (ou plutôt à la femme) et tout ce qui va avec, que nenni ! Trop classique ! Au lieu de ça le narrateur, Pilgrim himself, nous fait partager ses souvenirs, ses missions au sein de La Division, et en freelance. Je suppose que vous vous demandez si Terry Hayes n’aurait pas fumé la moquette. Que nenni de nouveau ! Le gars sait exactement ce qu’il fait et nous mène là où il veut par le bout du nez. Non seulement les souvenirs de Pilgrim sont passionnants (et peuplés de grandes figures du terrorisme contemporain, tels que les sympathiques Mollah Omar et Ben Laden) mais en plus ils sont plus ou moins liés à cette fameuse scène de crime et au reste. Comment ? Et puis quoi encore ? Rien de rien, je ne dirai rien. Si ce n’est que l’auteur sait y faire pour rendre son bouquin hautement addictif !
Au niveau des personnages on suit un parallèle un tantinet manichéen entre la progression de Pilgrim (incarnation du Bien) et celle du Sarrasin (son alter égo du côté obscur). Deux hommes déterminés à arriver à leurs fins, on se doute que la rencontre sera explosive…
Plus les pages défilent et plus la chasse à l’homme se transforme en course contre la montre, tandis que le scénario apocalyptique imaginé par le Sarrasin se met en branle. Et nous brave lecteur égaré on pourrait presque sentir la tension devenir palpable, nos nerfs seront mis à rude épreuve ! Un pur régal !
Le bouquin est relativement épais (600 pages bien remplies) mais le découpage en chapitres courts et percutants (en plus d’une intrigue sans temps mort) permet une lecture fluide. Le page turner par excellence, on a toujours envie d’en savoir plus et on ne lâche le bouquin qu’à regrets (si je l’avais lu pendant mes congés je suis certain que j’en serai venu à bout en deux jours).
Terry Hayes,anglo-australien (il a la double nationalité), signe là un premier roman parfaitement maîtrisé. Il faut dire que notre homme sait manier la plume puisqu’il est aussi scénariste (et accessoirement producteur) pour le cinéma (on lui doit notamment les scénarios de Mad Max 2, Calme Blanc, Payback et From Hell pour ne citer que les blockbusters) et pour la télévision. C’est difficile à expliquer mais son roman se lit comme on pourrait voir un thriller au cinéma, pas de chichis ou de baratin inutiles, un style trés visuel pour happer directement le spectateur/lecteur. Ca peut plaire ou déplaire, pour ma part je vote pour un sans faute (hormis quelques fautes de la part du traducteur qui semble avoir certaines lacunes orthographiques et grammaticales).
Je ne suis pas un adepte des classements, mais incontestablement Je Suis Pilgrim restera pour moi un must de cette année littéraire 2014.
– Edit du 6 juin 2014 –
Après un échange aussi courtois qu’intéressant avec Sophie Bastide-Foltz, la traductrice du bouquin, je tiens à faire deux choses :
– Remercier les traducteurs et traductrices, c’est grâce à leur travail et à leur passion que l’on peut s’évader aussi souvent dans les pages d’un livre
– Renvoyer la faute sur les relecteurs et correcteurs, c’est leur boulot de corriger les éventuelles coquilles.
J’espère avoir bientôt l’occasion de laisser une professionnelle vous parler de son métier.
[BOUQUINS] Douglas Adams – H2G2 : L’Intégrale…
Ca faisait un moment que ce fameux Guide du Voyageur Galactique me faisait de l’oeil, grâce á France Loisirs qui propose L’Intégrale H2G2 de Douglas Adams en un seul volume j’ai enfin pu l’inscrire á mon tableau de chasse comme invité surprise de mon challenge SF.
Arthur Dent, un anglais flegmatique, est sauvé in extremis de la destruction de la Terre par son ami Ford Prefect qui est en fait un habitant de Bételgueuse. Au cours de leur périple ils vont croiser Zaphod Beeblebrox, le président de la galaxie, en fuite après le vol d’un vaisseau expérimental qu’il devait inaugurer. Il voyage avec Trillian, une terrienne qui a accepté de le suivre et Marvin, un robot aussi performant que dépressif…
Après lecture de cette loufoque trilogie en cinq volumes, je n’ai pas été surpris d’apprendre que Douglas Adams avait été scénariste (et acteur) pour les Monty Python ; on retrouve dans le bouquin le même type d’humour déjanté, les situations les plus improbables et une galerie de personnages hauts en couleurs (et c’est peu de le dire). Un style qui peut plaire ou déplaire, pour ma part je me positionne sans hésitation dans la première catégorie.
Contrairement aux apparences les péripéties de notre petite troupe ont un sens, il ne s’agit pas de trouver le pourqoui du comment du « sens de la vie, de l’univers et du reste », ils connaissent la réponse (42), leur mission est de trouver la question qui appelle cette fameuse réponse.
Pour moi la grande question serait plutôt de savoir s’il vaut mieux lire l’intégrale d’une traite ou prendre les cinq volumes un à un. D’instinct je dirai que l’on peut lire les trois premiers opus les uns à la suite des autres et éventuellement laisser un certain laps de temps avant d’attaquer les deux derniers (et la nouvelle offerte en bonus). J’apprécie cet univers complétement azimuté mais je dois reconnaître qu’au bout d’un moment on sature, un petit break, le temps d’un autre bouquin, est le bienvenu pour savourer pleinement la saga (un pavé de 1112 pages tout de même).
Pour la petite histoire la saga H2G2 a démarré sous la forme d’un feuilleton radio diffusé entre 1978 et 1980. La version écrite devait se limiter á une trilogie (publiée entre 1979 et 1982), c’est sur insistance de son éditeur que l’auteur a ecrit deux tomes de plus (en 1984 et 1994). Le dernier se terminant de façon plutôt abrupte, au grand dam de ses fans. Ce qui explique sans doute la décision de confier, après la mort de Douglas Adams (en 2001), l’écriture d’un sixième et dernier opus à Eoin Colfer (Encore Une Chose, publié en 2009… que je ne pense pas lire).
Par ailleurs la saga a connu de nombreuses adaptations sur des supports divers et variés (BD, série TV, théâtre, comédie musicale, film et jeu video). J’ai vu le film il y a quelques années, on ne peut pas vraiment dire qu’il m’ait laissé un souvenir impérissable, marrant mais pas indispensable…
Pour les curieux qui voudraient en savoir plus sur la saga H2G2 et son auteur, je vous invite à visiter l’excellent fan-site Le Voyageur Galactique, mais attention, il contient de nombreux spoilers, donc à utiliser avec modération si vous comptez lire le(s) bouquin(s)…
[BOUQUINS] Aldous Huxley – Le Meilleur Des Mondes
Les nombreuses sorties littéraires de ces dernières semaines m’ont quelque peu écarté de mon challenge 100% SF mais ce n’est pas pour autant que j’y ai renoncé. Histoire de se remettre sur les rails on va dépoussiérer un bon vieux classique, à savoir Le Meilleur Des Monde d’Aldous Huxley.
Quatrième de couv’ : La technologie et la science ont remplacé la liberté et Dieu. La vie humaine, anesthésiée, est une suite de satisfactions, les êtres naissent in vitro, les désirs s’assouvissent sans risque de reproduction, les émotions et les sentiments ont été remplacés par des sensations et des instincts programmés. Chaque être, rangé par catégorie, a sa vocation, ses capacités et ses envies, maîtrisées, disciplinées, accomplies…
Ecrit en 1931 et publié en 1932, ce roman est considéré par beaucoup comme un des piliers de la SF, un incontournable du genre. Il m’est donc apparu indispensable de me faire ma propre opinion, quitte à flinguer un classique (ce ne sera pas une première de ma part et je l’assume totalement).
Le bouquin commence par une nouvelle préface de l’auteur écrite en 1946. La douche froide, c’est assommant, sans le moindre intérêt (ça n’engage que moi)… Après quelques lignes je décide de la lire en diagonale sinon je sens que je vais expédier le bouquin direct à la corbeille.
La première partie du bouquin (les trois premiers chapitre, soit un peu moins du quart) plantent le décor sous forme d’une visite d’un Centre d’Incubation et de Conditionnement. C’est soporifique, la sauce a du mal à prendre (voire ne prend pas du tout)… Ca commence mal ! D’autant que le troisième chapitre est un véritable foutoir où s’entre-mêlent différents dialogues.
Alors que je cherchais déjà des tournures incendiaires pour une exécution en bonne et due forme j’ai dû ravaler mon fiel. La découverte du quotidien des habitants de ce monde civilisé supposé idéal où tout est formaté et conditionné, donne un nouveau souffle au bouquin, enfin mon intérêt est tiré de sa torpeur. La bonne surprise étant que ledit intérêt ne retombera pas avant les dernières pages du roman, finalement ça valait la peine de s’accrocher (malgré quelques longueurs).
Je ne vous gratifierai pas d’une critique plus étoffée, l’avantage des classiques c’est qu’ils ont fait l’objet d’études approfondies par des gens bien plus doués que moi dans ce genre d’exercice.
Certaines lacunes technologiques frapperont le lecteur d’aujourd’hui habitué aux ordinateurs, téléphones portables et autres tablettes tactiles, ne perdons pas de vue que le bouquin a été écrit en 1931 ; même l’auteur le plus imaginatif de l’époque n’aurait pu imaginer une telle déferlante technologique (sans parler des réseaux wi-fi, 3G, 4G… et autres permettant de se connecter à Internet où que l’on se trouve).
A défaut d’avoir été totalement emballé par ce Meilleur des Mondes je reconnais volontiers qu’il est un précurseur du genre (dystopie ou contre-utopie) et qu’il a dû inspirer bien des auteurs qui ont perpétué (et perpétuent encore) le genre. En cela je m’incline devant le titre d’oeuvre majeure de la SF. Pour moi ça restera une expérience intéressante, comme je suppose que ce sera le cas des autres classiques inscrits au programme de mon challenge ; pas indispensable mais utile à ma culture générale.
Pour la petite histoire l’an zéro de ce « meilleur des mondes » démarre l’année du lancement de la Ford T, soit 1908 ; une touche d’uchronie donc puisque l’auteur modifie le passé avant de nous propulser dans le futur. L’intrigue du bouquin se déroule en l’an 632 NF, ce qui nous placerait en l’an 2540 selon notre calendrier.
[BOUQUINS] Robert Galbraith – L’Appel Du Coucou
Peu à peu je viens à bout de cette rentrée littéraire d’une incroyable richesse, c’est la première fois qu’autant de titres atterrissent à quelques jours d’intervalles dans mon Stock à Lire Numérique. L’heureux élu de ce nouveau tirage (pas du tout au sort) est un polar signé Robert Galbraith, L’Appel Du Coucou.
Le même jour le détective Cormoran Strike, au bord du gouffre aussi bien personnellement que professionnellement, doit gérer une rupture pas franchement à l’amiable et l’arrivée d’une nouvelle secrétaire, Robin, mais aussi et surtout un client qui pourrait bien lui éviter le naufrage. John Bristow lui demande en effet d’enquêter qur la mort de sa soeur, Lula Landry, un célébre top model, la police a validé la thèse du suicide mais lui refuse d’y croire…
Robert Galbraith ? Au cas où ce nom ne vous dirait rien, malgré un roman annoncé haut et fort par la presse, n’est autre que J.K. Rowling. Là si çà ne vous parle toujours pas je rends mon tablier, crévindiou c’est l’auteure de la saga Harry Potter (toujours en attente de lecture chez moi). Si quelqu’un me demande ce qu’est Harry Potter je crois que je me fais interner avant de commettre un geste irréparable (manger tout un pot de Nutella par exemple) ! Une façon comme une autre de rompre avec l’univers de son sorcier préféré, même si elle a déjà publié sous son véritable nom Une Place A Prendre (un titre diversement apprécié) ; il semblerait que Strike et Robin soient à leur tour appelés à devenir des personnages récurrents, je leur souhaite le même avenir que Harry (Potter pas le prince british).
Contrairement à son précédent roman cette fois l’auteure affiche clairement la couleur : elle va s’essayer au polar à l’anglaise, du pur jus. Sans révolutionner le genre elle parvient à jouer efficacement avec les régles du genre.
Le duo aussi antagoniste que complémentaire formé par Strike et Robin (leur premier contact fut épique… et douloureux pour elle) est particulièrement bien travaillé, les personnages secondaires ne sont pas laissés pour compte ; l’auteure dresse une galerie de personnage très convaincante et surtout profondément humaine.
L’enquête de Strike (aidé par Robin) est on ne peut plus normale, d’abord il collecte des informations par divers moyens (presse, internet…), puis il interroge un maximum de personnes susceptibles de l’éclairer, ensuite il épluche ses notes pour relever d’éventuels incohérences ou mensonges et étudier les prochaines pistes à suivre. Pas de fusillades à tout va, ni de bastons à gogo… Bienvenue dans la vraie vie ! N’allez pas en déduire que la lecture du bouquin doit être chiante à en crever, d’une part c’est bien écrit, et d’autre part l’enquête est bien ficelée, maintenant le suspense intact jusqu’à la révélation finale.
Bref un polar classique mais réussi. Ce n’est déjà pas si mal pour un prermier essai. Pour ma part je retrouverai avec plaisir Strike et Robin pour leur prochaine enquête.
C’est le Sunday Times qui a révélé, suite à un tweet anonyme, la véritable identité de Robert Galbraith, ce qui a eu pour effet quasi immédiat de booster les ventes qui jusqu’alors n’étaient pas extraordinaires malgré un bon accueil critique et public ; en quelques jours le bouquin s’est retrouvé en tête des ventes.
[BOUQUINS] Homicides Multiples Dans Un Hôtel Miteux Des Bords De Loire
Fidèle à ma décision de respecter l’ordre d’entrée dans mon Stock à Lire Numérique, et ce malgré l’entrée en lice des derniers Tom Clancy et Stephen King, je me suis donc lancé avec un réel plaisir dans Homicides Multiples Dans Un Hôtel Miteux Des Bords De Loire de L.C. Tyler, qui marque la seconde collaboration entre Ethelred Tressider et Elsie Thirkettle.
Un an après la subite disparition d’Ethelred, Elsie décide que la plaisanterie a assez duré et fait annuler toutes les cartes de crédit de son auteur fugueur. Au bout de quelques jours Ethelred la contacte enfin et lui demande de le rejoindre dans un hôtel miteux situé face au Château de Chaubord. Quelques heures après leurs retrouvailles un client est poignardé à mort, la police boucle l’hôtel et consigne les rares clients à l’intérieur. Il n’en faut pas plus pour convaincre Elsie de mener une enquête parrallèle dans laquelle elle entraînera Ethelred…
On retrouve avec plaisir les ingrédients qui ont fait le succès du précédent roman de l’auteur (Etrange Suicide…), à savoir un mix entre le roman policier classique et la comédie. L’intrigue est de nouveau écrite à quatre mains, selon les points de vue d’Elsie ou d’Ethelred. Histoire de rester dans la continuité, Sonatine joue sur une couverture du même style que le précédent (une ancienne fourgonnette de la gendarmerie ayant pris la place de la fameuse Fiat rouge) et un titre à rallonge.
A propos du titre (à rallonge mais parfaitement approprié à la présente intrigue) comme pour le précédent opus la version française n’a pas grand chose à voir avec l’original baptisé Ten Little Herrings, hommage « aquatique » à Agatha Christie que l’on pourrait traduire par Dix Petits Harengs. Pour la petite histoire les quatre titres de la série Elsie & Ethelred Mysteries font référence au hareng (allez savoir pourquoi… Notre François Troudic national n’est pas le seul obsédé par ce poisson), les trois derniers sont des déclinaisons de titres d’Agatha Christie (je n’ai rien trouvé rapport au premier, The Herring Seller’s Apprentice).
Comme dans le précédent roman le personnage d’Ethelred, lui même écrivain, donne quelques conseils quant à l’écriture d’un roman policier, cette fois ce sont les armes du crime qu’il privilégie. Au fil des pages on croisera de nombreux clins d’oeil à la littérature policière.
Vous l’aurez sans doute compris j’ai de nouveau été sous le charme de l’auteur. Son style, son intrigue et ses personnages truculents permettent une lecture d’une grande fluidité. Lu en deux jours mais si j’avais été en congés (pas de bol j’ai repris hier après une semaine de repos bien mérité) nul doute que je l’aurai torché en une petite journée.
Juste pour l’anecdote, Sonatine se permet une petite référence largement méritée : « Il se trouve que le brigadier est un grand passionné de romans policiers et qu’il a lu un ou deux de mes livres traduits chez Sonatine Éditions.« .
[BOUQUINS] R.J. Ellory – Mauvaise Etoile
Difficile de faire baisser le Stock à Lire Numérique au vu du nombre de sorties intéressantes ces temps-ci, et ce n’est pas fini les titres continuent de s’empiler alors que mon but initial (et utopique) était plutôt de voir le stock diminuer. Devant un choix aussi vaste je reviens donc à ma sage décision de prendre les bouquins par leur ordre d’arrivée au cours de ces dernières semaines (sauf arrivée d’un incontournable) ; fort de cette résolution j’ai pu me plonger dans Mauvaise Etoile de RJ Ellory.
Digger (Elliott Danziger) et Clay (Clarence Luckman) sont demi-frères, nés sous une mauvaise étoile. Orphelins, ils sont placés d’institution en institution, de plus en plus sévères leur vie n’est qu’une succession d’épreuves. Quand leur chemin croise celui d’Earl Sheridan, un dangereux psychopathe transféré dans le même établissement qu’eux par une série de malheureux hasards, en attendant d’être exécuté, ils sont loin de se douter que le cauchemar ne fait que commencer. Sheridan parvient à s’enfuir en entraînant les deux frères dans sa cavale, pour les trois hommes commence un périple meurtrier, tandis que la police et le FBI sont à leurs trousses…
L’auteur nous plonge dans l’Amérique des sixties (ça a son importance en ce qui concerne les moyens de diffusion de l’information et les méthodes d’investigation) pour un road movie semé d’embûches et de cadavres. Un road trip meurtrier qui pourrait bien être fatal à la complicité qui unit les deux frangins. D’un côté Digger est fasciné par Earl Sheridan, prêt à tout pour plaire à celui qu’il considère comme son mentor. De l’autre Clay, effrayé par la folie meurtrière de Sheridan mais plus encore à l’idée de voir son frère suivre le même chemin.
Des trois bouquins de RJ Ellory que j’ai lu, aucun ne se ressemble mais tous sont incroyablement prenants. Celui ci n’échappe pas à la règle, l’auteur nous embarque dans une intrigue particulièrement violente et meurtrière mais, sans que je puisse expliquer le pourquoi du comment, le style narratif permet de prendre de la distance par rapport aux crimes. C’est peut être un ressenti personnel mais il me semble que l’auteur a d’avantage souhaité mettre l’accent sur ses personnages que sur l’action à proprement parler (j’ai trouvé le climat général de Seul Le Silence beaucoup plus oppressant alors que le bouquin est beaucoup moins violent).
Au départ l’intrigue se noue autour de trois personnages. Inutile de s’attarder sur le cas Sheridan, c’est le psychopathe par essence, il lui manque une case, il le sait et ça lui plait. Digger, l’aîné, est de naissance un peu lent à la détente, du coup plutôt que de se faire chier à essayer de penser par lui même il se laisse guider par les autres, et à ce petit jeu c’est le plus fort qui prendra l’ascendant sur lui (Sheridan en l’occurrence). Clay, le cadet, est nettement plus posé et réfléchi ; ange gardien de son frangin jusqu’à ce que Sheridan entre en scène. Je m’arrête à ses trois là mais d’autres personnages viendront se greffer à l’intrigue et y joueront un rôle capital, voire décisif ; mais je vous laisse découvrir tout ça par vous même (je vous dirai juste que RJ Ellory est loin de nous chanter des louanges à la gloire du FBI).
L’intrigue est rythmée, le suspense va crescendo (on lit les dernières pages en retenant son souffle, nul doute que les plus faibles mourront d’asphyxie avant de connaître la fin de l’histoire). L’omniprésence de la violence et de la mort n’empêche le roman d’être aussi extrêmement dense et riche. L’auteur joue beaucoup sur le relationnel entre les personnages, qu’il s’agisse de fraternité, de complicité, d’amitié (ou de haine), voire même d’amour ; comme quoi même en plein coeur de la tourmente on peut connaître des moments de partages. Le destin est bien entendu omniprésent, qu’est-ce qui fait qu’une vie peut basculer du jour au lendemain ? Le rythme enlevé du roman n’empêche pas çà et là quelques touches comiques et des moments riches en émotions.
Chapeau bas Mr Ellory, une fois de plus vous m’avez bluffé !

