Depuis Demain J’Arrête ! j’attends fébrilement ma dose d’humour mitonné à la façon Gilles Legardinier, le cru 2015 s’appelle Quelqu’un Pour Qui Trembler, et j’ai hâte de prendre mon shoot quotidien de bonne humeur.
Quand Thomas apprend qu’il a une fille de 20 ans en France, il quitte le village indien dans lequel il officiait comme médecin volontaire. Mais comment approcher cette jeune femme qu’il ne connait pas et qui ignore sans doute tout de lui ? Pour apprendre à la connaître, il va accepter le poste de directeur d’une modeste maison de retraite située dans la même ville…
Gilles Legardinier à inventé le concept de l’OLIG (Objet Littéraire d’Intérêt Général), ses romans humoristiques devraient être remboursés par la Sécurité Sociale tant ils mettent du baume au coeur. Au terme d’une rude bataille contre moi-même, j’ai opté pour la lecture de quelques chapitres le matin au saut du lit (et éventuellement dans le bain)… Rien de tel pour démarrer la journée avec une pêche d’enfer (et accessoirement faire durer le plaisir) !
D’ores et déjà je peux confirmer que la cuvée 2015 ne déroge pas à la règle, c’est bel et bien un condensé d’émotions et de bonne humeur. Les sourires et fous rires sont au rendez-vous. Gilles Legardinier place la barre très haut quand il s’agit de mettre ses personnages dans les situations les plus tordues (voire même foireuses). Et on redemande !
Comme à l’accoutumée l’auteur apporte beaucoup de soins à ses personnages. Thomas, après 20 ans passés sur le terrain humanitaire est totalement déconnecté des réalités du quoitidien de la France d’aujourd’hui. Ses échanges avec Pauline, l’infirmière de la maison de retraite, une femme pleine de bonne humeur et doté d’un sens de la répartie implaccable, sont parfois à mourir de rire.
Sans oublier les pensionnaires de ladite maisons de retraite, six petits vieux et petites vieilles au caractère bien trempé et aux personnalités très différentes. Six papys et mamies qui se chamaillent parfois mais sont soudés par une solide amitié. Et bien entendu il y a Emma, la fille de Thomas, Romain, son mec et d’autres encore…
Là encore les relations et interactions entre les personnages donnent souvent lieu à de grands moments de poilade. A ce titre la visite de la maison de retraite par une inspectrice des services sociaux est un morceau d’anthologie.
Grâce à un style épuré et direct Gilles Legardinier nous offre un récit plein d’humanité qui se lit tout seul. En l’occurrence pour moi le plus dur fut de résister à la tentation de lire quelques pages de plus avant de me préparer pour aller bosser.
Ma Rentrée Littéraire 2015
Entre août et octobre 2015.
Il y a ceux pour qui j’ai déjà craqué :
R. Johanssen – Au-Delà Des Apparences
M. Marshall – Nous Sommes Là
J. Nesbo – Le Fils
RJ Ellory – Les Assassins
N. Lebel – Sans Pitié, Ni Remords
D. Lagercrantz – Millénium 4 (Lu)
JC Grangé – Lontano (Lu)
D. Smith – Hiver Rouge
Anonyme – Le Pape, Le Kid & L’Iroquois (Lu)
T. H. Cook – Le Crime De Julian Wells
J. Miller – Les Infâmes
D. Carrisi – Malefico (Lu)
S. Cavanagh – La Défense
P. Straub – Messe Noire
A. De La Motte – Défaillance
B. Werber – Le Sixième Sommeil
S. King – Revival (Lu)
G. Legardinier – Quelqu’Un Pour Qui Trembler (En cours de lecture)
S.J. Watson – Une Autre Vie
I. Desjours – Les Fauves
S. Dazieri – Tu Tueras Le Père
Et ceux qui me font encore de l’oeil :
N. Owen – Sujet 375
D. Wong – Ce Livre Est Plein D’Araignées
L. Gardner – Famille Parfaite
M. Connelly – Les Dieux Du Verdict
R. Puertolas – Re-Vive L’Empereur
P. Colize – Concerto Pour Quatre Mains
J. & J. Kellerman – Le Golem D’Hollywood
Et vous à quoi ressemble votre Rentrée Littéraire ?
[BOUQUINS] Arthur Machen – Le Grand Dieu Pan
Comme annoncé hier, après la lecture de Revival, je me suis rué sur Le Grand Dieu Pan de Arthur Machen, un livre qui, de son propre aveu, a hanté la vie de Stephen King. Impossible de résister plus longtemps, il me fallait le lire au plus vite.
Le docteur Raymond modifie par la chirurgie l’esprit d’une jeune femme, Mary, pour lui permettre de voir le monde tel qu’il est réellement. À la suite de l’opération, Mary perd la raison après avoir vu le dieu Pan. Des années plus tard, une jeune femme fait son entrée dans la société londonienne et ruine la vie de plusieurs hommes fortunés. (Source : Wikipedia).
Avant de lire Revival je n’avais jamais entendu parler d’Arthur Machen et de son roman, il m’était donc impossible de le situer dans le temps. Un premier jet paraît dans une revue en 1890, il faudra attendre 1894 pour que la version définitive, corrigée et complétée, soit publiée. Bin voilà je me coucherai moins con ce soir ! Merci Wikipedia.
Une lecture vite expédiée étant donné que la chose se concentre sur une petite centaine de pages. Le Grand Dieu Pan est considéré comme un classique des récits d’horreur, désormais je pourrai dire que je l’ai lu. Mais ai-je pour autant été convaincu ?
Dans sa construction le récit fait penser à Lovecraft, c’est l’ambiance qui prime sur la démonstration. L’horreur est suggérée plutôt que décrite. Un exercice certes pas très « visuel » mais qui doit nécessiter une bonne dose de talent pour fonctionner. Et ici en l’occurrence ça fonctionne même si j’ai un peu buté sur le style au début.
L’auteur maintient un suspense permanent autour de la mystérieuse Helen Vaughan, qui est -elle ? Ou pire, qu’est-elle ? D’où vient cette peur indicible qu’elle semble inspirer ? Autant de questions qui font que l’on avale les pages et les chapitres, avide de révélations. Et sur ce coup je suis resté sur ma faim, la fin ne m’a pas du tout convaincu.
Je ne pense pas que ce récit hantera longtemps ma vie et mes nuits… à vrai dire ça m’étonnerait même qu’il ne me hante plus d’une fraction de seconde. Sans doute qu’au XIXème siécle ce genre de récit pouvait être dérangeant mais aujourd’hui il faut plus que ça pour ébranler les lecteurs habitués à la littérature horrifique.
MON VERDICT

[BOUQUINS] Stephen King – Revival
Incroyable mais vrai… J’ai réussi à patienter 7 jours après son achat (le temps de finir ma lecture en cours, heureusement fort addictive) avant de me plonger dans Revival, la seconde cuvée 2015 de Stephen King. Une volonté de fer qui ne cesse de m’étonner… d’autant que je n’ai pas été aidé par certains vils tentateurs ! N’est-ce pas Yvan ?
Jamie Morton n’est qu’un gamin de six ans quand il fait la connaissance du révérend Jacobs. Un drame les séparera, puis les chemins chaotiques du destin les fera se croiser à nouveau. Dès lors plus rien ne sera jamais comme avant pour Jamie Morton…
D’entrée de jeu le King annonce la couleur en dédiant son récit à Mary Shelley, Bram Stoker et H.P. Lovecraft… pour ne citer que les trois premiers noms d’une longue liste. Forcément il y a de quoi baver, bien davantage encore que ce brave Cujo au summum de ses crises enragées !
On découvre un récit à la première qui s’étale du début des années 60 à nos jours, un chassé croisé entre les chemins de Jamie Morton (le narrateur) et de Charles Jacobs au fil de leurs rencontres. A vrai dire au départ on se demande bien où l’auteur veut nous amener ; mais on se docilement laisse entraîner par les talents de conteur du King… et la promesse annoncée par une phrase de Jamie : « Quand je pense à Charles Jacobs – mon cinquième emploi, mon élément perturbateur, ma némésis –, je ne peux supporter de croire que sa présence dans ma vie ait eu quoi que ce soit à voir avec le destin. Cela voudrait dire que toutes ces choses terribles – ces horreurs – devaient arriver. »
Le moins que l’on puisse dire c’est que le King prend son temps dans son bouquin, si vous espérez de brusques poussées d’adrénaline alors passez votre chemin. Il faut quasiment attendre la seconde partie du bouquin pour voir un soupçon de fantastique pointer le bout de son nez. Et longtemps l’aspect fantastique du récit ne sera que la toile de fond.
Et pourtant à aucun moment je n’ai eu envie de refermer le bouquin pour passer à autre chose. D’une part parce que cette simple idée me semble totalement inconcevable pour l’inconditionnel du King que je suis. Mais aussi et surtout parce que l’auteur parvient à maintenir notre intérêt en éveil par quelques trouvailles bien senties. A ce titre le Terrible Sermon du Révérend Jacobs est un moment d’anthologie, pour l’indécrottable athée que je suis ce fut presque jouissif de découvrir ces phrases sorties de la bouche d’un cul-bénit en soutane ! Je n’en dirai pas plus sur le sujet afin de laisser intact le plaisir de la découverte.
Comme souvent avec le King on retrouve certaines références à ses romans précédents, ici c’est Joyland qui est mis en avant. Et ça tombe plutôt bien parce qu’on y retrouve la même ambiance et plus ou moins la même architecture dans le récit (bien que les deux intrigues soient radicalement différentes).
A ceux et celles (si si, il y en a… j’en connais même certains) qui ont refermé ce bouquin avant la fin, je ne peux que vous recommander de tenter l’expérience ultérieurement et de persévérer encore et encore (ce n’est pas non plus un calvaire) jusqu’au final grandiose (je m’attendais à un truc du genre mais j’ai quand même été bluffé).
Athée de mon état je suis convaincu qu’après ma mort il ne restera que mes cendres à foutre à la poubelle. La vie après la mort ce n’est pas vraiment ma tasse de thé, pas plus que les notions de paradis et d’enfer. En tout cas l’après-mort que nous propose de découvrir le King dans son roman ne donne vraiment pas envie de faire le grand saut !
Parmi les auteurs cités dans sa dédicace le King mentionne Robert Bloch, dans le roman il est souvent fait état de Ludwig Prinn et de son grimoire De Vermiis Mysteriis, tous deux créés de toute pièce par Bloch (le grimoire est d’ailleurs aussi cité par Lovecraft et fait partie intégrante du Mythe de Cthulhu). Un bel hommage à ses aînés et muses.
Dédicace qui a aussi éveillé ma curiosité à propos du roman, Le Grand Dieu Pan, de Arthur Machen ; bouquin qui aurait hanté la vie de Stephen King. Il va falloir que je me penche sérieusement (et rapidement) sur la question…
MON VERDICT

[BOUQUINS] Armelle Carbonel – Criminal Loft
C’est un peu par hasard que je suis tombé sur Criminal Loft d’Armelle Carbonel, en croisant sur Internet une majorité de critiques positives (et quelques déçus), comme le pitch me paraissait plutôt alléchant alors je me suis laissé tenter.
Ils sont huit condamnés à mort. Six hommes et deux femmes choisis pour participer au plus extrême des jeux de télé-réalité : Criminal Loft. Un jeu qui se déroule dans l’enceinte d’un ancien sanatorium réputé pour être hanté : Waverly Hills. Un seul gagnant choisi par le public, pour lui la liberté à la clé. Pour les autres, retour dans le couloir de la mort… ou pire !
Etant plutôt phobique des différents concepts de télé-réalité qui polluent nos programmes TV, j’étais curieux de voir ce que ça pouvait donner en poussant l’idée (le vice ?) à l’extrême. Pour moi le plus gros écueil était la surenchère, l’idée étant tout de même de préserver un minimum de crédibilité. Armelle Carbonel relève brillamment ce premier challenge, même si je doute fort qu’un tel programme puisse exister un jour.
L’auteure aurait pu créer son intrigue dans un cadre complètement fictif, au lieu de ça elle le place dans un ancien sanatorium bien réel et à la réputation sulfureuse (voir la page Wikipedia dédiée à Waverly Hills). Quelque part ça renforce la sensation de malaise diffus qui entoure le récit.
Une sensation de malaise essentiellement due au récit à la première personne. C’est John T., un des condamnés sélectionnés pour participer au jeu, qui nous offre sa vision des faits. Et comme le gars est dénuée de la moindre empathie mais d’un ego surdimensionné à tendance narcissique. Pas vraiment le profil type du gendre idéal ? Au fil des chapitres on se demande si le gus est complètement paranoïaque ou s’il est le plus lucide du lot…
Les « charmants » compagnons de jeu de John ne sont pas des anges (de la télé réalité ?), loin s’en faut ! On est plus proche de la lie de l’humanité que de son élite ! Outre l’imposant réseau de caméra qui les tient à l’oeil, deux gardiens sont chargés d’assurer la sécurité sur le site du sanatorium. Et bien sûr nous avons aussi le droit à la mystérieuse Voix, la créature de l’ombre qui tire les ficelles. Les relations entre les différents protagonistes, entre complicité, complot et manipulation, tiennent une place de choix dans l’évolution de l’intrigue.
L’auteure nous propose un huis-clos plutôt bien ficelé, oppressant de part le cadre du récit et la nature du narrateur. De fait le narrateur impose à l’intrigue une dimension psychologique non négligeable (on ne sort pas indemne d’un voyage dans l’esprit tordu d’un psychopathe).
J’ai passé un moment agréable en lisant ce bouquin, dommage toutefois que certains éléments du final n’aient été un peu prévisibles, pas forcément dans les détails mais au moins dans les grandes lignes. Un thriller convaincant mais pas totalement irréprochable donc…
MON VERDICT

[TAG] La chanson qui…
Ayant été sournoisement tagué par Zélie, je me prête volontiers au jeu de ce tag (en)chantant… En trichant un peu.
Un exercice délicat étant donné que ça implique de faire des choix parfois difficiles.
La chanson qui vous fait rire ?
Les souliers verts de Lynda Lemay.
J’ai eu un véritable coup de foudre pour cette chanteuse québécoise qui sait merveilleusement jouer avec nos émotions, du rire aux larmes.
Mon titre Bonux : OK, tu t’en vas de Yves Jamait.
La chanson qui vous donne la pêche ?
The Jack de AC/DC.
Une parmi tant d’autres des mythiques rockers australiens… Celle-ci pour sa double lecture.
Mon titre Bonux : Satisfaction des Rolling Stones.
La chanson qui vous rappelle votre chérie ?
Il voyage en solitaire de Gérard Manset.
C’est Abra qui m’a fait connaître Manset et ça a été un putain de coup de cœur immédiat. Un artiste discret au talent immense.
Mon titre Bonux : Hymn de Barclay James Harvest.
La chanson que vous auriez aimé écrire ?
Fatigué de Renaud.
Parce que je suis fan de Renaud et parce que moi aussi parfois je me sens fatigué de tout.
Mon titre Bonux : Rock n roll attitude de Johnny Hallyday.
La chanson qui vous rend nostalgique ?
Le Sud de Nino Ferrer.
Un titre en hommage au pays de son enfance… qui est aussi celui où je vis.
Un pays qui a bien changé au fil des ans… pas toujours en bien.
Mon titre Bonux : Motel 117 d’Eric Lapointe.
La chanson qui vous rappelle votre adolescence ?
Envole-moi de Jean-Jacques Goldman.
Difficile de choisir un titre en particulier dans la discographie de JJ Goldman. Le premier artiste que j’ai vu en concert… à Nouméa.
Mon titre Bonux : Antisocial de Trust.
La chanson que vous aimez d’un artiste que vous détestez ?
Avant qu’elle parte de Sexion d’Assaut.
Je fais une allergie chronique au rap mais ce titre m’a foutu des frissons quand je l’ai entendu.
La chanson que vous admettez aimer (honteusement) ?
Mon p’tit loup de Pierre Perret.
En fait je n’ai aucune honte à aimer Pierre Perret, mais bon fallait bien répondre quelque chose…
La chanson que vous trouvez parfaite ?
Ne me quitte pas de Jacques Brel.
Pour l’originalité on repassera…
Mon titre Bonux : L’hymne à l’amour d’Edith Piaf.
La chanson avec laquelle vous aimez vous réveiller en ce moment ?
One step beyond de Madness.
Rien de tel pour se filer une pêche d’enfer au saut du lit !
La chanson qui vous fait penser aux vacances ?
L’amour à la plage de Niagara.
Tout un programme !
La chanson dont vous aimez l’interprétation ?
Auprès de mon arbre de Georges Brassens.
Une parmi tant d’autres du répertoire de Brassens.
Mon titre Bonux : Wind of change de Scorpions.
La chanson qui vous fait penser à votre meilleur ami ?
Parce que c’était lui, parce que c’était moi de Michel Sardou.
Simplement parce que je n’envisageais pas d’exclure Sardou de ce tag (déjà que ça m’oblige à en oublier beaucoup).
Mon titre Bonux : Amerika de Rammstein.
La chanson que vous aimez chanter ?
J’ai pas de rancœur de Gogol 1er.
Bordel, je chante comme une casserole percée à la chevrotine ! Alors tant qu’à pousser la chansonnette autant envoyer du lourd (et encore j’ai été gentil dans le choix du titre).
La chanson qui correspond à votre état d’esprit du moment ?
Tôt ou tard s’en aller de Francis Cabrel.
On va tous un jour ou l’autre devoir tirer sa révérence…
La chanson qui vous rappelle votre ex ?
Tourner les serviettes de Patrick Sébastien.
A ma connaissance la chanson la plus pourrie qui soit !
Fidèle à mon habitude je ne tague personne en particulier… Mais je trouverai sympa que vous jouiez le jeu et fassiez suivre.
Ca ne vous coûtera que quelques minutes.
[BOUQUINS] Carrisi, Donato – Malefico
Et encore un invité surprise qui vient perturber mon Challenge retrouvailles, en effet dans son dernier roman, Malefico, Donato Carrisi nous invite à partager une nouvelle enquête de Marcus et Sandra, déjà croisés dans Le Tribunal Des Ames.
Quand un jeune couple est retrouvé mort la police déploie les grands moyens pour neutraliser le coupable. Sandra enquêtrice photo est intégrée à l’équipe chargée d’identifier le Monstre de Rome. De son côté, Marcus, poursuit la même démarche à la demande de son mentor. En mettant en commun leurs ressources, Marcus et Sandra, découvriront que le Mal peut prendre bien des visages. Même les plus inattendus…
Le Tribunal Des Ames m’ayant laissé une sensation plutôt mitigée, je reconnais bien volontiers avoir abordé ce roman avec un soupçon d’appréhension. Fort heureusement mon inquiétude s’est envolée dès les premières pages, l’auteur nous plonge directement dans le vif du sujet. Le parcours des personnages principaux (Marcus et Sandra) étant désormais connu, l’immersion dans le récit n’en a été que plus intense.
Cette fois l’auteur ne se disperse pas sur une intrigue à voies multiples, les deux personnages sont d’emblée lancés sur la même enquête. Le lecteur peut donc se concentrer sur l’essentiel et profiter pleinement d’une intrigue dense, complexe et richement documentée.
A travers quelques flashbacks on découvre les premiers pas de Marcus au sein de l’ordre des pénitenciers. C’est aussi l’occasion d’en apprendre davantage sur les rouages de cet ordre et du fameux Tribunal des âmes. Une interview de l’auteur à la fin du roman, et quelques recherches sur Internet confirment que tout ceci est bien réel et encore d’actualité aujourd’hui.
Je disais plus haut que le Mal pouvait avoir bien des visages, si comme moi vous êtes amateur de thrillers, vous pensez peut être avoir fait le tour de la question… Et bien détrompez vous ! Nul doute que Donato Carrisi saura vous surprendre, sous sa plume le tueur n’est pas la seule, et peut être même pas la pire, incarnation du Mal.
Au fil des pages vous serez peut être amené à vous poser des questions concernant le prologue, certes il a son utilité au niveau des relations entre Marcus et Clemente, son mentor, mais on reste un peu sur notre faim sur ce coup… Rassurez-vous les réponses viendront en temps et en heure ; décidément l’auteur n’a rien laissé au hasard !
L’épilogue en question nous offre une fin ouverte susceptible de nous laisser supposer un éventuel retour littéraire de Marcus et Sandra… S’il est du même acabit que Malefico alors je m’en réjouis d’avance. Quoi qu’il en soit je le lirai… sans la moindre appréhension cette fois !
MON VERDICT

Page de pub… epagine, la librairie numérique
Comme souvent en début de mois j’ai contribué à l’expansion de mon Stock à Lire Numérique… Il faut dire aussi que les éditeurs nous ont gâté avec une flopée de titres attendus.
Jusque là tout va bien… Selon les catalogues je varie mes achats entre Chapitre, ePagine et Switch7 (ex immateriel.fr).
Voilà ma commande chez ePagine :
Comme vous pouvez le constater je n’ai pas de lien de téléchargement pour Le Sixième Sommeil. Un mail me confirme d’ailleurs que ma commande, pour ce titre, est « en préparation ».
J’envoie quand même un mail à la hotline afin de leur signaler le problème. Réponse le 3 octobre me signalant que mon problème a bien été pris en compte et que les équipes travaillent à le résoudre dans « les plus brefs délais ».
Et depuis c’est le grand silence… Pas grave on va rester zen et se montrer patient.
Sauf que ce matin en consultant mon compte en banque je vois ça :
Donc j’estime que je suis légitimement en droit de râler ! Je veux bien être patient mais faudrait pas non plus me prendre pour un con.
[BOUQUINS] Jean-Christophe Grangé – Lontano
Fichtre diantre, en voilà un qui a su se faire attendre ! Depuis Kaïken, sorti en 2012, c’était silence radio sur les ondes de Jean-Christophe Grangé. Autant dire que quand j’ai vu qu’il sortait un nouveau roman je me suis rué dessus. Il m’aura donc fallu le temps d’un weekend (pas à temps plein… j’ai aussi une vie à côté des livres) pour lire Lontano.
Erwan Morvan, commandant d’un groupe de la Crim’ au 36, est envoyè par son père, Grégoire, homme de l’ombre du ministère de l’Intérieur, sur une base aéronavale bretonne afin d’enquêter sur un bizutage qui aurait mal tourné. Erwan va rapidement se rendre compte que les apparences sont trompeuses, l’accident supposé s’avérera être un meurtre. Qui plus est le tueur pourrait bien constituer une menace directe pour le clan Morvan…
Commençons par répondre à la question qui taraude les fans de l’auteur : est-ce que ça valait le coup de poireauter 3 ans pour découvrir Lontano ? Sans hésitation ma réponse est un oui franc et massif, Kaïken m’avait rassuré quant au retour gagnant de Jean-Christophe Grangé, Lontano confirme et va même encore plus avant dans le thriller impeccablement maîtrisé.
Avant de vous parler de l’intrigue il me semble essentiel de vous parler des personnages et plus particulièrement du clan Morvan. L’auteur tisse tout son roman autour de cette famille pleine de secrets et de non dits.
Une famille dominée par le patriarche, Grégoire, flic puis barbouze, il n’a jamais vraiment décroché, agissant toujours dans l’ombre plus ou moins directement pour le compte des gouvernants (et pour le sien aussi au besoin). Un homme dur, au passé trouble et au présent pas très clair. Un mari violent et un père absent, craint par ses enfants. Malgré les coups et les brimades qu’il lui inflige, il pourra compter sur le soutien indéfectible de Maggie, son épouse, femme effacée, complice peut être pas aussi soumise qu’il n’y parait.
Le couple a trois enfants. Erwan, l’aîné, commandant à la BC du 36, marche dans les pas du paternel mais en empruntant moins de chemins de traverse. Eternel protecteur des deux plus jeunes face aux coups de colère du Vieux. Le second, Loïc, est un trader qui a réussi sa vie professionnelle mais complètement foiré sa vie privée à force de se poudrer les narines. Et Gaëlle, la cadette, qui rêve de devenir actrice mais fait plus office d’escort qu’autre chose.
Voilà pour le charmant portrait de famille. L’intrigue va justement ramener le Patriarche 40 ans en arrière. Lors d’une mission en Afrique, au terme d’une longue et éprouvante traque, il a neutralisé l’Homme-aux-Clous, un tueur en série qui s’inspirait des croyances locales pour sacrifier ses victimes. Aujourd’hui c’est au tour d’Erwan de traquer un tueur qui semble s’inspirer du même mode opératoire pour mutiler ses proies.
Comme à l’accoutumée l’auteur nous propose une intrigue richement documentée et particulièrement soignée. 800 pages durant on se fait balader de surprises en rebondissements, bien malin celui ou celle qui devinera le fin mot de l’histoire avant le clap de fin.
Clap de fin ? En fait non pas vraiment, pour la première fois l’auteur nous propose un récit divisé en deux parties. La suite étant annoncée pour le premier trimestre 2016. Je tiens toutefois à vous rassurer, l’intrigue abordée ici connaît sa conclusion ; c’est juste que le clan Morvan n’a pas encore livré tous ses sombres secrets…
Private joke pour terminer cette chronique, je vous livre les premières phrases du premier chapitre en guise de mise en bouche : « Hollande est un connard, une fiotte, une couille molle ! clamait Morvan. Bon dieu, mais quand est-ce qu’un président aura des burnes dans ce pays ? (…) Il a jamais été foutu de faire tourner le PS et on lui donne les clés du pays ? On s’attendait à quoi ? Les Français sont des sales cons, et en un sens, ils ont ce qu’ils méritent ! » Ce n’est pas moi que le dit… mais je n’en pense pas moins !
MON VERDICT

[BOUQUINS] George, Elizabeth – Juste Une Mauvaise Action
Je poursuis mon Challenge retrouvailles au rythme de croisière que je me suis imposé, grosso modo je m’impose une alternance entre un bouquin du challenge et d’autres bouquins… avec toutefois une certaine souplesse. Direction l’Angleterre cette fois, pour y retrouver l’inspecteur Lynley et sa dix huitième enquête, Juste Une Mauvaise Action, toujours sous la plume d’Elizabeth George.
Azhar, le voisin et ami de Barbara Havers est dévasté, sa compagne s’est fait la malle avec leur fille. Le pire étant que la police ne peut intervenir, Azhar n’a en effet aucun droit sur la gamine. Cinq mois plus tard la compagne de Azhar est de retour à Londres, leur fille a disparu alors qu’ils s’étaient installés en Toscane. L’affaire parvient « malencontreusement » aux oreilles de la presse, Scotland Yard n’a d’autre choix que de dépêcher l’inspecteur Lynley sur place pour une enquête conjointe avec son homologue italien…
C’est ma troisième rencontre avec l’inspecteur Lynley et je dois reconnaître que les précédentes m’avaient fait forte impression. Oubliez les thrillers dopés à l’adrénaline, ici on est dans le polar dans la plus pure tradition british (même si l’auteure est américaine), il faudra se montrer patient avant que les différentes pièces du puzzle ne s’assemblent.
Pour être tout à fait franc j’ai été quelque peu déconcerté par le début, pas d’enquête policière, juste les états d’âmes de Barbara Havers et de Azhar. OK, ça s’engage plutôt mal… 700 pages à ce rythme ça va être foutrement long à lire ! Mais c’était sans compter sur le génie d’Elizabeth George, d’un coup sa mécanique machiavélique se met en branle. Enfin une vraie enquête démarre ! Quand son dénouement semble approcher on s’aperçoit que l’on en est à peine à la moitié du bouquin… L’auteure nous réserve encore bien des surprises et prend un malin plaisir à nous égarer sur de fausses pistes. Et Dieu sait que les questions et remises en question ne manqueront pas au fil des pages !
Dans cette nouvelle affaire le sergent Barbara Havers est largement mise à contribution car elle se sent personnellement impliquée. Le hic c’est qu’elle a la finesse et la délicatesse d’un troupeau d’éléphants enragés lâché dans une plantation de baobabs ! En l’occurrence elle multiplie les erreurs, les mauvais choix, et les négligences au point que même Lynley ne sait plus s’il pourra couvrir ses conneries : « Je viens d’avoir avec elle une conversation qui m’a perturbé. Pourtant depuis que je la connais, j’en ai eu, des occasions d’être perturbé par elle, vous ne pouvez pas savoir. Mais là, c’est trop pour moi. » Ou encore : « Elle était intelligente, certes, mais la moitié du temps ne se servait pas de son cerveau. Et quand elle s’en servait, c’était souvent pour faire n’importe quoi. Comme maintenant. » On en arrive presque à attendre avec impatience le retour de manivelle tant elle semble se montrer stupide et bornée (bin oui, mon empathie est plus limitée que celle de Lynley). Mais même notre flegmatique inspecteur (et de fait nous aussi) doit bien avouer Barbara Havers a d’indéniables qualités : « Et pourtant… Quand elle était sur une enquête, elle s’y plongeait tout entière et donnait le meilleur d’elle-même. Elle n’avait jamais peur de tenir tête à quelqu’un dont elle ne partageait pas l’opinion. Elle ne faisait jamais passer ses chances de promotion avant la résolution d’une affaire. Et quand elle tenait ce qu’elle pensait être une piste, on ne pouvait pas plus la lui faire lâcher qu’à un pitbull un morceau de steak. Son esprit frondeur et sa faculté à ne se laisser démonter par personne, si haut placé que soit ce personne… En un mot, Barbara était hors normes, et c’était exactement le genre d’officier dont on avait besoin dans une équipe. » Retour de boomerang en pleine gueule ou pas ? Sur ce coup je resterai muet comme une carpe catatonique.
D’un autre côté il faut bien reconnaître que tout joue contre le principal suspect, d’autant que lui aussi n’a pas brillé par son intelligence dans certains de ses choix. Si j’étais dans un jury je le condamnerai sans la moindre hésitation, il a le profil idéal pour avoir commis ce dont on l’accuse. Mais dans un roman d’Elizabeth George je me dis qu’il y a forcément anguille sous roche, sous sa plume les évidences sont généralement trompeuses. Mais bon si ce n’est lui alors qui ? Pourquoi ? Et surtout comment ? Ne comptez pas sur votre vieille carpe catatonique pour lever le voile sur ces questions.
Vous l’aurez compris, une fois de plus l’auteure nous a mitonné un polar so british totalement maîtrisé, il va sans dire que j’aurai plaisir à retrouver l’inspecteur Lynley pour sa prochaine enquête.
L’auteure porte un regard plutôt critique sur le système judiciaire italien, je ne sais pas si tout est rigoureusement exact (je suppose que oui), mais si je devais séjourner en Italie (ce qui me semble fort peu probable) j’éviterai consciencieusement d’attirer l’attention des flics sur moi.
Petit bémol sur la forme plus que sur le fond. Je sais bien qu’une partie de l’action se déroule en Toscane, mais étail-il vraiment nécessaire de multiplier les phrases en italien ? La simple mention que le dialogue se déroulait en italien eut été suffisant. Si demain Lynley est envoyé au Japon ou à Moscou nous aurons le droit à des phrases entières écrites en barreaux de chaises (kanji, hiraganas et katakanas) ou en cyrillique ??? Certes ça donne une touche d’exotisme mais personnellement je considère cela comme étant plus pénible qu’autre chose.




