Nous attendions avec une réelle impatience la sixième saison de American Horror Story, après un parcours sans fautes sur cinq saisons, il nous tardait de voir si Ryan Murphy et Brad Falchuk allaient poursuivre sur leur lancée.
Matt (André Holland) et Shelby Miller (Lily Rabe) quittent Los Angeles pour s’installer dans un vieux corps de ferme au fin fond de la Caroline Du Nord ; rapidement ils vont se rendre compte que des présences maléfiques semblent rôder dans la maison et ses alentours. Un show de télé-réalité va retracer le cauchemar qu’ils ont vécu…
La série se présente comme un mix entre des séquences de reconstitution tournées dans le cadre du tournage du programme TV et des images d’archives laissées par les différents protagonistes. Rapidement le rythme saccadé des vraies fausses images d’archives, tournées caméra sur l’épaule, et le chouinements à répétition des personnages auront raison de ma patience, et plus encore de mon enthousiasme ! La douche froide dès les premières images, malheureusement, malgré quelques trouvailles sympathiques çà et là, mon engouement est resté en berne tout au long des dix épisodes de cette sixième saison.
Je n’irai pas non plus jusqu’à dire que c’est une sinistre daube, simplement les saisons précédentes nous avaient habitués à flirter avec l’excellence, on en est loin et forcément on en ressort avec une pointe de déception tout à fait légitime.
Pour ma part la déception a été d’autant plus grande que je trouvais le contexte (la disparition mystérieuse de la Colonie de Roanoke au XVIème siècle) plutôt prometteur, mais là encore force est de constater que la sauce ne prendra pas.
Comme d’hab on retrouve de nombreux acteurs récurrents de la série, tels que Sarah Paulson, Evan Peters, Lily Rabe, Kathy Bates, Angela Bassett et bien d’autres, nous aurons même le droit à de courtes apparitions de Lady Gaga. À côté des fidèles de plus ou moins longue date, de nouveaux acteurs viennent se frotter à l’expérience AHS (dont Cuba Gooding Jr).
Cette saison en demi-teintes ne m’empêchera pas d’être fidèle au poste pour la septième saison (ainsi que pour les suivantes), je fais confiance à l’équipe de tournage pour nous faire oublier ce dérapage trop souvent mal contrôlé.
Catégorie : Coups de coeur
[BOUQUINS] Didier Van Cauwelaert – Le Retour De Jules
Changement de registre au menu du jour, avec Le Retour De Jules de Didier Van Cauwelaert ; vous l’aurez deviné, il s’agit bien entendu de la suite de Jules. Une escapade bienvenue loin de la folie des hommes exposée dans les thrillers.
RIen ne va plus pour Jules. Zibal et Alice, ses maîtres, se sont séparés, le petit garçon épileptique sur lequel il veillait est guéri et, cerise sur le gâteau, le voilà menacé d’euthanasie pour comportement dangereux. Ils sont fous ces humains ! Zibal, Alice et Fred vont tout faire pour le tirer d’affaire, ils pourront heureusement compter sur de précieux soutiens… mais pas sur la collaboration de Jules, qui semble plus que jamais déterminé à n’en faire qu’à sa tête !
Avant d’entrer dans le vif du sujet je me permets un petit aparté concernant la couv’ du bouquin, et ceci s’applique aussi au premier opus : Jules est un labrador couleur sable, une race et une couleur de robe on ne peut plus courantes vous en conviendrez ; alors, fichtre diantre, pourquoi nous coller un braque de Weimar sur les couvertures ??? Ceci dit dans le présent roman on a bien un (ou plutôt une) braque qui tiendra compagnie (et plus si affinités) à notre brave Jules.
Ceux et celles qui ont lu Jules seront sans aucun doute ravis de le retrouver, mais est-ce pour autant qu’une suite s’imposait ? Je ne trancherai pas la question de façon binaire (oui/non) mais plutôt à la sauce normande : oui et non. Cette suite ne s’imposait pas, mais elle n’est pas non plus une aberration. Vous voilà bien avancés, n’est-il point ?
On prend bien évidemment un réel plaisir à retrouver Jules, Alice, Zibal et d’autres personnages déjà croisés dans le roman précédent (dont bien entendu l’incontournable Fred) ; on fait connaissance avec de nouveaux venus (notamment Marjorie et sa chienne, Victoire) avec le même plaisir.
De même que l’on suit l’intrigue sans vraiment se poser de question sur la vraisemblance (ou plus exactement l’invraisemblance) de certaines situations, en se simplement laissant guider sur les chemins (parfois tortueux) que l’auteur défriche pour nous.
MAIS… bin oui sinon ça ne serait pas marrant. Malgré quelques trouvailles sympathiques, l’ensemble manque cruellement de pep’s contrairement à son aîné. Plus d’une fois on a l’impression que les personnages sonnent creux, qu’ils ne font qu’office de faire-valoir au périple des chiens.
Dire que je me suis ennuyé en lisant ce bouquin serait mentir, je me le suis fait d’une traite en une demi-journée (bon OK, il ne fait que 176 pages dans sa version papier) ! J’ai apprécié cette lecture sans toutefois ressentir les émotions et l’énergie qui ont su faire vibrer les bonnes cordes alors que je lisais Jules. Un retour réussi, mais en demi-teinte.
Didier Van Cauwelaert en profite toutefois pour rendre un vibrant hommage à ces chiens qui aident les humains, qu’il s’agisse d’assistance aux épileptiques ou de lutte antiterroriste. Une bonne raison de plus pour s’offrir ce roman.
MON VERDICT

[BOUQUINS] Armelle Carbonel – Majestic Murder
Ami(e)s lecteurs et lectrices, vous le savez, j’aime aller fouiner de temps à autre en dehors des offres des ténors de l’édition (Fleuve, Albin Michel, Robert Laffont…), il y a tant de pépites offertes par des éditeurs plus modestes et injustement méconnus (et je ne vous parle pas de l’auto-édition encore trop souvent mésestimée). C’est donc chez Fleur Sauvage que j’ai cueilli le bouquin que je viens d’achever, l’objet du délit s’appelle Majestic Murder et est signé Armelle Carbonel.
Lillian rêve de devenir actrice, mais en attendant elle vit une vie à la dérive entre les squats pourris et la drogue. Sa rencontre avec Seamus, qui vient d’intégrer le squat dans lequel elle végète, pourrait bien lui offrir une opportunité d’un nouveau départ ; surtout quand celui-ci lui parle d’une troupe itinérante qui recrute des comédiens. Direction le Majestic Theater pour un nouveau départ…
En matière de thriller (mais je suppose que cela est vrai aussi pour les autres genres littéraires), il y a les auteur(e)s qui suivent « simplement » les règles du genre (ce qui n’empêche pas d’arriver à un excellent bouquin au final), ceux et celles qui jouent avec ces règles et brouillent les cartes, et, enfin, ceux et celles qui réinterprètent totalement le genre. Armelle Carbonel appartient incontestablement à cette dernière catégorie.
J’avoue qu’en choisissant ce bouquin je ne m’aventurais pas en terrain totalement inconnu (du moins le pensais-je avant de le lire), avec son précédent roman, Criminal Loft, l’auteure m’avait fait forte impression malgré quelques imperfections mineures. Il me tardait donc de voir si l’essai serait transformé ou non…
Dès les premières pages force est de s’incliner devant l’audace d’Armelle Carbonel, une fois de plus elle prend ses lecteurs à contre-pied en restructurant le thriller à la façon d’une pièce de théâtre. Audacieux mais efficace, redoutablement efficace !
Comme dans Criminal Loft l’auteure situe son action en un lieu bien réel, le Majestic Theater de Saint-Louis (Missouri) est en effet un théâtre désaffecté depuis les années 60, inscrit depuis 1985 au registre des sites historiques nationaux (traduction littérale du National Register of Historic Places). De même le personnage de Peg Entwistle, que doit interpréter Lillian a lui aussi existé (un court passage dans le monde des vivants, elle se suicida à 24 ans). Mais n’oublions que nous sommes dans une fiction, l’auteure peut donc se permettre de prendre certaine liberté avec la réalité…
Si le bouquin peut surprendre par sa construction, ne vous y trompez pas, c’est bel et bien un thriller que vous tenez entre les mains ; l’intrigue se met en place lentement mais sûrement, tissant un écheveau que le lecteur aura bien du mal à démêler afin de comprendre qui manipule qui et à quelles fins.
Les personnages sont soignés, chacun ayant sa part d’ombre (et parfois de lumière, mais c’est plus rare). Outre Lillian et Seamus vous découvrirez rapidement que le Majestic renferme une faune pour le moins atypique.
Oh j’oubliais un détail qui a son importance, vous connaissez sans doute la chanson Hotel California des Eagles, peut être vous souvenez-vous alors des dernières phrases : « We are programmed to receive. You can check out any time you like, but you can never leave !« . Il en va de même au Majestic, une fois les portes refermées, elles ne se rouvriront que lors du baisser de rideau final. Et il s’en passe des vertes et des pas mûres derrière les murs du Majestic.
Alors, oserez-vous pousser les portes du Majestic ? Je ne saurai que trop vous encourager à le faire ; non seulement le bouquin le mérite largement, mais il est primordial de soutenir ces petites maisons d’édition qui essayent de percer loin des diktats imposés par leurs illustres aînés.
MON VERDICT

[BRD] RAID Dingue
RIen de tel pour bien finir une semaine (pas vraiment épuisante, n’ayant strictement rien foutu) que de se vautrer dans le canapé devant une bonne comédie. Notre choix se portera sur RAID Dingue, réalisé par Dany Boon.
Johanna ‘Jo’ Pasquali’ (Alice Pol) est une fliquette gaffeuse et maladroite, mais cela ne l’empêche de rêver d’intégrer le prestigieux RAID. Sans surprise, ses demandes sont systématiquement rejetées. Jusqu’à ce son père, le ministre de l’Intérieur (Michel Blanc), fasse pression sur le commissaire divisionnaire Patrick Legrand (François Levantal), commandant du RAID, afin que sa fille soit inscrite aux sessions de recrutement. Non dans l’espoir de la voir réussir, mais plutôt de la dégoûter afin qu’elle renonce à son rêve. Jo Pasquali est confiée, avec un autre groupe de candidats, à Eugéne Froissard (Dany Boon), un instructeur un tantinet misogyne…
C’est la cinquième fois que Dany Boon se place à la fois derrière et devant la caméra, il en a résulté du très bon (Bienvenue Chez Les Ch’tis) et du moins bon (Rien A Déclarer) mais aucun ratage, ni réelle déception. RAID Dingue se classe incontestablement dans la partie haute du podium (juste derrière les Ch’tis à mon goût).
Les zygomatiques en prennent pour leur grade et c’est justement ce que l’on attend d’une bonne comédie, certes on sourit souvent, mais surtout on rit, on se marre, on se bidonne… le duo Dany Boon / Alice Pol est 100% fusionnel.
Un duo servi par une belle brochette de personnages secondaires qui ne servent pas que de faire-valoir, loin s’en faut. Outre les acteurs déjà cités dans mon (long) pitch je pourrais aussi nommer Florent Peyre (un agent du RAID, ami de Froissard), Patrick Mille (le fiancé de Jo), Sabine Azéma et Alain Doutey (les beaux-parents), Anne Marivin (la psy du RAID) et bien d’autres, mais incontestablement la palme revient à Yvan Attal qui interprète sans doute le plus improbable des terroristes de l’histoire du cinéma !
Les effets comiques font mouche aussi bien dans les dialogues que dans les situations, voire parfois les deux en même temps. Bref, l’assurance de passer un excellent moment détente devant la TV.
Pour l’anecdote les équipes du film ont bénéficié l’autorisation exceptionnelle de tourner au vrai QG du RAID à Bièvres. De même, par souci de crédibilité, Dany Boon a dû suivre un entraînement intensif et le résultat à l’écran est plutôt bluffant.
♥♥♥♥½
[BOUQUINS] Dan Simmons – Terreur
J’ai bien conscience que mon Stock à Lire Numérique est un véritable puits sans fond dont je ne viendrai sans doute jamais à bout. Je sais tout aussi pertinemment que, de fait, je passerai à certains de nombreux titres qui auraient pourtant mérité que je m’y attarde. Heureusement, de temps en temps, un certain Book Club (que certain(e)s jugeraient sans doute mal famé) permet à un de ces titres oubliés de sortir de la masse. Ce fut le cas ce mois-ci avec le roman Terreur de Dan Simmons.
Mai 1845, l’expédition Franklin (du nom de son commandant : John Franklin), composée du HMS Erebus (commandé par James Fitzjames) et du HMS Terror (sous le commandement de Francis Crozier), soit 138 officiers et matelots, quitte l’Angleterre pour explorer les iles arctiques et découvrir le fameux passage Nord-Ouest reliant l’océan Atlantique à l’océan Pacifique. Suite à un mauvais choix stratégique, les navires se retrouvent coincés dans les glaces au cours de l’hiver 1846. Un hiver qui n’en finit pas de durer. Outre une nature des plus hostiles et des conditions de survie de plus en plus difficiles, les marins vont devoir affronter une autre menace, une créature aussi mystérieuse qu’impitoyable qui va s’acharner à les détruire…
Un peu long comme mise en bouche, mais il me semblait important de replacer le contexte avant d’entrer dans le vif du sujet. Important, parce que dans ce roman Dan Simmons combine Histoire et fiction. L’expédition Franklin a en effet bel et bien existé, sa disparition reste à ce jour encore sujette à de nombreuses questions. John Franklin, Francis Crozier et James Fitzjames, entre autres, ont eux aussi été des personnages réels (disparus, comme le reste de l’équipage).
Si en vous lançant dans ce bouquin vous attendez (espérez ?) un page-turner, il y a de fortes chances que vous déchantiez rapidement. En effet dans la première partie il faut parfois s’accrocher pour y voir clair dans les différents sauts chronologiques d’un chapitre à l’autre ; j’ai aussi rencontré quelques longueurs dont je me serai volontiers passé. Bin oui, dans cette première partie moi aussi j’ai dû ramer et lutter pour m’en sortir ! Mais je ne peux que vous encourager à vous accrocher (quitte à survoler en diagonale certains passages), la suite le mérite largement.
Il faut attendre 1848 pour que les choses se décantent vraiment, mais une fois que l’intrigue passe le turbo le rythme est assuré quasiment jusqu’au clap de fin malgré quelques redondances (notamment dans l’énumération des victimes qui revient çà et là).
Au fil des pages le lecteur prendra conscience que dans cette intrigue il n’y a pas qu’un monstre, peut être réalisera-t-il même que la créature n’est peut être pas pire que certains humains ; pas toujours dans la cruauté, mais incontestablement dans les motivations.
Il faut attendre les derniers chapitres pour comprendre la nature de la bestiole et le pourquoi du comment de ses agissements. Jusqu’à la fin de son récit, Dan Simmons ne manquera pas de vous surprendre.
Pour la petite histoire au moment de la sortie du roman (2007) le mystère entourant l’expédition Franklin était d’autant plus intense que les épaves n’avaient pas été retrouvées ; il faudra attendre 2014 pour que l’Erebus soit localisé et identifié, et 2016 pour qu’il en soit de même avec le Terror.
SI vous souhaitez en savoir plus sur l’expédition Franklin, outre les sites cités en remerciements et le traducteur, je vous invite à consulter la page Wikipédia consacrée à l’expédition ainsi que celle du site Parcs Canada. Pas de méchante bestiole à l’horizon mais vous pourrez ainsi constater à quel point Dan Simmons a habilement combiné la réalité historique et la fiction.
Les fans pourront retrouver prochainement (courant 2017), une adaptation du roman en série télé, The Terror, diffusée par AMC (The Walking Dead) sur une saison de 10 épisodes de 60 minutes chacun. A l’heure qu’il est peu d’infos filtrent mais avec Ridley Scott à la production on peut être confiant quant au résultat.
C’est le quatrième roman de Dan Simmons que je lis, après Collines Noires, L’Echiquier Du Mal et Flashback,à chaque fois la (bonne) surprise est au rendez-vous, aucun roman ne ressemble de près ou de loin aux autres mais, quel que soit le registre, l’auteur semble parfaitement à l’aise et déploie un formidable talent de conteur.
MON VERDICT

3000 livres
Cette semaine ma bibliothèque numérique a franchi le cap des 3 000 livres (3006 pour être exact et il m’en reste encore une dizaine à enregistrer).
Mon Stock à Lire Numérique me donne des frissons avec 2 467 titres au compteur ! Je n’en viendrai sans doute jamais à bout et pourtant je continuerai à accumuler, encore et encore… pire qu’un hamster boulimique.
Si je devais récapituler mon expérience numérique en quelques dates je retiendrai celles-ci :
– J’ai commencé à lire en numérique courant 2011, occasionnellement et exclusivement sur PC (via Calibre)
– En juin 2012 j’ai eu ma première liseuse (une Kobo Touch, remplacée en juillet 2015 par le modèle H2O de la même marque)
– A cette date ma bibliothèque numérique comptait moins de 200 titres
– En juillet 2014 j’annonçais avoir franchi le cap symbolique des 1000 livres
– En mai 2016 j’avais en stock 2000 livres numériques
– Un an plus tard ce sont 3000 titres qui composent ma bibliothèque numérique
Au rythme où vont les choses (et sachant que je ne compte pas changer mes habitudes) je vous donne rendez-vous dans quelques mois pour arroser le passage des 4000 livres. Et surtout, plus tard (bien malin celui ou celle qui pourra dire quand), le cap symbolique des 5000 livres.
[BRD] Les Animaux Fantastiques
Petite pause cinéphile au programme, histoire bien terminer la semaine. Au menu du jour, Les Animaux Fantastiques de David Yates.
Norbert Dragonneau (Eddie Redmayne) est un sorcier spécialisé dans l’étude des créatures magiques. Il débarque à New York en 1926 alors que les tensions entre les sorciers et les Non-Maj (les humains dépourvus de pouvoirs magiques) sont des plus vives. Dans sa valise, son impressionnante collection d’animaux, malgré l’interdiction par les Etats-Unis d’introduire des créatures magiques sur leur sol. Suite à une inversion de bagage, sa précieuse valise tombe entre les mains de Jacob Kowalski (Don Fogler), un Non-Maj qui va accidentellement libérer certaines de ces créatures dans les rues de New York…
Même si l’histoire se déroule des années avant la saga Harry Potter et que les références à Poudlard ne manquent pas, n’allez surtout pas dire à JK Rowling qu’il s’agit d’une préquelle. L’auteure (et scénariste du film) préfère parler d’une « extension du monde des sorciers« .
Ca fait un moment que le film traîne dans ma PàV (Pile à Voir), je ne dirai pas que j’avais des appréhensions à le visionner, mais je n’étais pas non plus au top de la motivation. Le hasard faisant plutôt bien les choses, j’avais besoin de légèreté ce soir, le moment idéal pour me lancer !
Et grand bien m’en a pris ! Certes l’intrigue reste bon enfant, mais n’en est pas moins addictive, on se prend vite au jeu et une fois accroché, plus moyen de lâcher prise. Un subtil mélange d’action et d’humour, mais surtout un déferlement d’effets visuels tous plus bluffant les uns que les autres.
Il faut dire que le bestiaire de ce brave Norbert se prête bien à ce genre de fantaisie visuelle, que l’on découvre les bestioles dans leur milieu naturel ou dans les rues de New York, impossible de ne pas retrouver son âme d’enfant et d’en prendre plein les mirettes.
J’ai beaucoup aimé le quatuor qui compose nos héros ; Norbert et Jacob seront en effet rejoints par les soeurs Goldstein, Tina (Katherine Waterston) et Queenie (Alison Sudol). Quant au méchant de service, on devine rapidement quel personnage va endosser le rôle et qui se cache derrière lui.
Bref une fois de plus la magie de l’univers de JK Rowling fonctionne, comme dirait l’autre « de 7 à 77 ans ». Espérons que le charme ne se rompra pas en cours de route…
Initialement la saga Les Animaux Fantastiques devait être une trilogie, finalement nous aurons le droit à une pentalogie (5 films), intégralement scénarisée par JK Rowling. Une décision prise dès le lancement du projet et non au vu des profits engendrés par ce premier film.
Un lancement réussi si l’on considère les recettes du box-office mondial qui dépassent les 814 millions de dollars (pour un budget de 180 millions).
♥♥♥♥
Parmi ce bestiaire hors norme, j’ai eu deux gros coups de coeur :
[BOUQUINS] Ian McEwan – Dans Une Coque De Noix
Un invité surprise au menu du jour, je suis en effet par le plus grand des hasards sur le roman de Ian McEwan, Dans Une Coque De Noix. Jamais entendu parler de ce titre, auteur qui m’est inconnu, mais un pitch qui a fait immédiatement mouche. Faible créature que je suis, je n’ai pu résister à la tentation…
Lorsque le narrateur découvre que sa mère complote avec son amant en vue d’éliminer le mari cocu (et donc le père du narrateur), il décide de tout mettre en oeuvre pour faire échouer ce sinistre plan. Circonstance aggravante, l’amant n’est autre que le frère du mari (et donc l’oncle du narrateur). Mais le narrateur est un foetus encore dans le ventre de sa mère, pas facile dans ces conditions d’interagir sur les événements et les individus…
Ian McEwan nous livre un court (224 pages dans sa version papier) roman noir qui ne manque ni d’humour (tout aussi noir cela va de soi), ni d’originalité (revisiter Hamlet en version in utero, il fallait oser… et en plus l’auteur y ajoute une bonne couche de vaudeville).
Le moins que l’on puisse dire c’est que la plume de l’auteur est un pur délice pour les amateurs de jolies phrases. Que ce soit par la richesse de son vocabulaire ou la qualité de ses tournures de phrases, c’est clairement un roman qui se déguste plus qu’il ne s’engloutit.
Mais… car il y a un mais, comme bien souvent. A force d’user (et d’abuser) de périphrases, la narration perd de son naturel ; dommage pour un récit écrit à la première personne. C’est vrai que le narrateur en question est un foetus à quelques semaines de sa naissance, bien malin celui ou celle qui pourra affirmer ce qui passe par la tête de ces petites choses.
Outre sa préoccupation du moment, qui consiste à éviter que son père ne soit trucidé tout en préservant l’intégrité physique (pour l’intégrité morale c’est trop tard vu qu’elle se tape déjà Tonton Claude) de sa mère, notre jeune narrateur ne manque pas de bon sens quand il juge ses contemporains ou plus généralement la société et le monde. Un bon sens non dénué de sens critique et d’une once de causticité.
Une once ça pèse pas bien lourd (un peu plus de 28 grammes), et c’est bien là que se placera mon second bémol. Si je ne peux nier avoir passé un bon moment en compagnie de ce bouquin j’espérais plus de causticité dans le ton et un humour encore plus noir, bref un truc plus percutant.
Une lecture agréable tant par la forme que par le fond, originale, bien construite, mais avec un peu trop retenue à mon goût.
MON VERDICT

[BOUQUINS] Marc Levy – La Dernière Des Stanfield
Chose promise, chose due, je ne pouvais pas passer à côté du cru 2017 façon Marc Levy, La Dernière Des Stanfield. Place donc à ma chronique et à mon verdict du classico littéraire 2017.
Eleanor-Rigby, résidente de la banlieue londonienne, reçoit une lettre anonyme lui révélant que sa mère, décédée l’an dernier, aurait pris part à un crime il y a plus de 30 ans. Si elle souhaite en savoir plus, elle doit se rendre à Baltimore. D’abord dubitative, la jeune femme finit par céder à la curiosité et s’envole pour les Etats-Unis…
Avec ce nouveau roman Marc Levy vous invite au voyage, non seulement dans l’espace (l’aventure débute à Londres, mais se poursuivra aux Etats-Unis, au Québec et même en France) mais aussi dans le temps de 1944 (au coeur de la résistance française en compagnie de Robert et Hanna) à nos jours (avec l’enquête de nos héros Eleanor-Rigby et Georges-Harrison) en passant par l’année 1980 qui scellera le destin de Sally-Ann (la mère d’Eleanor-Rigby) et de May (la mère de Georges-Harrison).
Difficile de résister à des compagnons de voyage tels que Eleanor-Rigby et Georges-Harrison (un double hommage aux Beatles au cas où cela aurait échappé à certains lecteurs). Nos deux héros vont devoir fouiner dans les secrets de familles et les non-dits afin de découvrir la vérité sur le passé de leurs mères.
Si elles réservent bien des surprises à leur progéniture, Sally-Ann et May offrent aux lecteurs deux fortes personnalités au parcours étonnant. J’avoue sans complexe que c’est en leur compagnie que j’ai passé les meilleurs moments de ce roman.
J’ai nettement moins adhéré aux personnages de Robert et Hanna, surtout après-guerre lorsque le nom des Stanfield est réhabilité sur la base d’un mensonge. C’est d’ailleurs ce mensonge qui sera la clé de voute de l’intrigue.
Les personnages secondaires ne sont pas non plus laissés pour compte, je pense notamment à la famille de Eleanor-Rigby, entre un père un peu loufoque, une soeur caractérielle et un frère jumeau légèrement autiste, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Que du bonheur !
L’intrigue est rondement menée par Marc Levy et fait mouche autant par sa construction que par sa narration, difficile de lâcher le bouquin une fois que vous aurez mordu à l’hameçon. Si vous espérez une enquête qui jouera avec vos nerfs et un suspense digne des maîtres du genre, alors passez votre chemin ; on devine les tenants et les aboutissants bien avant que les personnages ne les découvrent eux-mêmes. Pour ma part cela ne m’a pas empêché d’apprécier pleinement ce bouquin, en ouvrant un titre de Musso ou Levy je sais que je ne trouverai pas une ambiance à la Chattam ou Thilliez, et je m’en accommode fort bien.
Voici venu le temps, de l’île aux enfants… oups, je m’égare (et ça ne me rajeunit pas soit dit en passant). Voici venu le temps du verdict ; qui sera le grand vainqueur de ce classico 2017 ? Un choix difficile, car les deux auteurs ont placé la barre haut cette année ; pour la qualité » du travail sur les personnages, j’accorderai toutefois un léger avantage (et donc le titre) à Marc Levy.
MON VERDICT

[BOUQUINS] Neal Shusterman – La Faucheuse
Il aura fallu un Book Club pour que je découvre le roman de Neal Shusterman, La Faucheuse. Premier opus d’une trilogie classée young adult (collection R de Robert Laffont).
Citra Terranova et Rowan Damisch sont deux adolescents qui ne se connaissent pas, mais qui ont pourtant rendez-vous le même jour, à la même heure, au même endroit… avec la même personne : Maître Faraday, un Faucheur. Ce dernier leur propose de les prendre comme apprenti, sachant toutefois que seul l’un d’entre eux pourra accéder au rang de Faucheur…
J’avoue sans complexe que j’ai tendance à fuir la littérature estampillée young adult, quels que soient l’éditeur et l’auteur. Mais bon face à l’engouement suscité par ce bouquin j’ai décidé de laisser mes réticences de côté et de céder à la curiosité. Et grand bien m’en a pris !
Contre toute attente j’ai tout de suite été happé par l’intrigue et les personnages, il faut dire que l’auteur sait s’y prendre pour ferrer ses lecteurs. Les rebondissements et autres revirements de situation ne manquent pas. Les chapitres sont courts, le style direct, on est immédiatement en immersion au coeur de l’intrigue. Franchement la lecture de ce bouquin fut une excellente surprise.
L’intrigue nous entraîne dans un futur indéterminé, la maladie et la mort ont été éradiquées, une intelligence artificielle assure une vie confortable à toute la population. Pour éviter tout risque de surpopulation, la Communauté des Faucheurs a été mise en place. Les Faucheurs doivent éliminer définitivement (ils préfèrent le mot glaner à tuer) un certain quota d’individus choisis selon leurs propres critères, mais en évitant, autant que possible, toute forme de discrimination. Une communauté régie par dix commandements, à la fois crainte et respectée de par les pouvoirs qui lui sont accordés.
Il ne faut que deux chapitres à Neal Shusterman pour poser les bases de son intrigue, dès le troisième Citra et Rowan seront confronté à un choix susceptible de changer à jamais leur vie. Ensuite l’auteur nous entraîne au sein de la Communauté des Faucheurs, on y découvre progressivement son fonctionnement. Mais aussi une communauté rongée par des tensions plus ou moins latentes entre Faucheurs et bien loin d’être aussi vertueuse qu’elle devrait l’être.
J’ai beaucoup aimé les personnages de Citra et Rowan, de prime abord tout les oppose, mais ils finiront rapidement par se serrer les coudes au fil de leur apprentissage. Je ne peux malheureusement guère m’étendre sur l’évolution des personnages, car cela m’obligerait à révéler un tournant décisif de l’intrigue.
Pour ceux qui seraient frileux à l’idée d’entamer une nouvelle série, sachez que ce tome se termine et peut se lire comme un one-shot. Même en l’absence de cliffhanger, je suis convaincu que, comme moi, il vous tardera de découvrir la suite… mais il vous faudra être patient, le tome 2 est annoncé en VO pour le dernier trimestre 2017.
Maintenant que je sais que le young adult peut réserver de belles surprises, il est peut-être tant que je sorte ma trilogie Kaleb des méandres de mon Stock à Lire Numérique. Le titre, signé Myra Eljundir a lui aussi publié dans la collection R, cerise sur le gâteau, l’auteure n’est autre que Ingrid Desjours.


