[BOUQUINS] Walter Van Tilburg Clark – L’Etrange Incident

wvtcleiJe reste en compagnie des éditions Actes Sud mais je change de registre et d’époque, place au western pur jus avec L’Etrange Incident de Walter Van Tilburg Clark.
1885, Nevada. La petite ville de Bridger’s Well est depuis quelques temps la cible de voleurs de bétails, quand un jeune cow-boy est tué par des voleurs c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Aussitôt une milice se met en place, un groupe d’hommes bien décidés à faire justice eux-mêmes. En face, d’autres, moins nombreux, tentent de les convaincre que les voleurs doivent être livrés à la justice et avoir un procès équitable…
Je vous avais bien dit que je reviendrai rapidement au western, le truc c’est de réussir à trouver des titres qui sortent du lot quant on ne connait pas grand chose au genre (en littérature je précise, au cinéma je n’ai pas trop de lacune sur la question). Pour moi la solution s’est imposée d’elle même, faire confiance aux éditeurs qui m’ont fait forte impression. De prime abord j’ai pensé à Gallmeister et j’ai en effet trouvé quelques titres prometteurs. J’ai été surpris de découvrir que Actes Sud proposait aussi une collection dédiée au western, « L’Ouest, le vrai », qui reprend les classiques du genre ; de quoi alimenter quelques futures chroniques.
Si vous cherchez un western où ça pétarade à tout va, passez votre chemin. L’Etrange Incident est avant tout un western psychologique. Dès l’annonce du meurtre une chape de plomb vient plomber l’ambiance, la tension monte crescendo. Une tension entretenue par les personnages qui s’opposent, à ce titre l’auteur brosse des portraits sans concessions des différents protagonistes.
Du côté des partisans du lynchage, on trouve un leader charismatique, le Major Tetley, un ancien officier de cavalerie, déterminé et autoritaire. A ses côtés le shérif adjoint Mapes, une brute épaisse mais qui s’écrase face au major. Suivent quelques cow-boys qui crient vengeance pour l’un des leurs, le poivrot du village et d’autres aux motivations plus incertaines.
En face d’eux, malheureusement, l’opposition n’est pas de taille. Certes Davies, le commerçant, est motivé et persuadé de son bon droit, mais il n’a ni le charisme, ni la verve du major. Le pasteur Osgood ne lui sera pas d’un grand secours, nul ne l’écoute. Quant au juge Tyler, il n’est bon qu’à brasser du vent et s’écouter parler.
Par certains aspects le roman de Walter Clark m’a fait penser à Mangez-Le, Si Vous Voulez de Jean Teulé. On y retrouve le même « effet de meute » qui entraîne, sur la base d’une simple rumeur, une foule assoiffée de haine et de violence du fait d’un contexte particulier (ici les vols à répétition qui exaspèrent cow-boys et ranchers). Mais Walter Clark va beaucoup plus loin dans l’analyse psychologique des faits et des personnages.
Le roman, relativement court (272 pages), écrit à la première personne (le narrateur est Art Croft, un des cow-boys qui participe à l’excursion), est divisé en cinq chapitres, chacun représentant une étape décisive de l’intrigue. Au départ le découpage m’a paru un peu léger mais au final, une fois embarqué dans le récit, on ne peut plus le lâcher.
La présente édition est enrichie d’une postface signée Bertrand Tavernier qui apporte un éclairage nouveau sur le contexte au moment de la parution du roman ; il faut en effet savoir que le lynchage en 1940 était encore légal, il faudra attendre 1946 pour le Président Truman décide de l’abolir.
Sorti en 1940, le roman fera l’objet d’une première traduction française par Gallimard en 1947 sous le titre Le Drame D’Ox-Bow, Actes Sud nous propose aujourd’hui de le (re)découvrir dans une nouvelle traduction. L’Etrange Incident est surtout connu pour être un film réalisé par William Wellman en 1941 (il ne sera diffusé qu’en 1943), avec Henry Fonda dans le rôle de Gil Carter.

MON VERDICT
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Morceau choisi :

Un échange entre Art Croft, le narrateur, et Gerald Tytley, le fils du major.

— C’est beaucoup plus que du vent, dit-il, comme si je l’avais contredit. On ne chasse pas les hommes, ajouta-t-il, comme les coyotes chassent les lapins, sans éprouver une drôle de sensation, sans se sentir soi-même un animal, le pire des animaux.
— Il y a une différence : nous avons des raisons.
— C’est la même chose, dit-il durement. Cela nous rend-il meilleurs ? Pires, dirais-je. Les coyotes, du moins, ne se donnent pas d’excuses. Nous nous imaginons vivre d’une façon supérieure, mais comme eux nous continuons à chasser en bandes comme les loups, à nous terrer tels des lapins. Tous leurs plus vilains traits.
— Il y a une différence, dis-je. C’est nous qui soumettons les loups et les lapins.
— Vous parlez de pouvoir, dit-il amèrement.
— Sur vos loups, et sur les ours aussi.
— Oh ! Nous sommes intelligents, fit-il du même ton. Nous ne les soumettons que pour exercer notre pouvoir. Oui, nous avons su leur inspirer la crainte à tous, excepté à ces pauvres choses domestiquées que l’on a privées d’âme. Nous sommes les coqs des tas de fumier, les brutes de ce monde.
— Nous n’allons pas chasser le lapin ce soir, lui rappelai-je.
— Non, mais notre propre espèce. Un loup ne le ferait pas, pas même un coyote galeux. C’est ça que nous faisons maintenant, chasser notre propre espèce. Le gibier a cessé de nous exciter.

[BOUQUINS] Oystein Stene – Zombie Nostalgie

O. Stene - Zombie NostalgieNouvelle escapade à Zombieland, mais avec Zombie Nostalgie, Oystein Stene vous propose une approche totalement inédite de l’univers zombie.
Johannes, qui n’est pour le moment qu’un matricule, se reprend connaissance dans un entrepôt sur l’île de Labofnia. Non seulement il ne sait pas absolument pas où il se trouve et pourquoi ; mais en plus il n’a aucuns souvenirs relatifs à son identité, sa personnalité et son passé. Il va devoir se résigner à sa nouvelle condition de non-humain…
La quatrième de couverture annonce la couleur : « Roman existentiel, fable sensorielle et conte morbide tout à la fois, Zombie Nostalgie est un véritable OVNI du genre. » Je ne saurai faire plus juste comme entrée en la matière, succincte et efficace.
Si cette mise en bouche et ma chronique ne parvenait à convaincre les plus rétifs à la culture Z., j’ajouterai simplement, en gage de qualité, que le bouquin est édité par Actes Sud dans sa collection exofictions (inaugurée avec l’excellentissime Silo de James Howey).
Le récit est écrit à la première personne, c’est le journal de Johannes que nous lisons. Et oui car à Labofnia les zombies, heu non… les labofniens, sont capable de s’exprimer, ils sont doués d’une certaine forme d’intelligence, ont un travail et un semblant de vie sociale. Ne leur manque « que » leur humanité : « Tout ce qui vous singularise en tant que personne – traits de caractère, souvenirs intimes, préférences affectives, caractéristiques physiques – semble effacé. On se réveille donc dans la peau d’une sorte de personnage général, dépourvu de tout ce qu’on associe au mot “personnalité”. Et vous vous réveillez en ignorant tout de Labofnia. À part sa langue. »
Les chapitres alternent d’une part entre l’Histoire de Labofnia (Johannes travaille aux Archives, ça aide pour mettre la main sur les renseignements qui lui manquent), au cours de ces chapitres il n’est pas rare que Histoire et fiction cohabitent, ce qui donne lieu à quelques belles trouvailles.
D’autre part, Johannes nous raconte son expérience de labofnien, de son réveil à maintenant, un parcours pour le moins atypique (et mouvementé) à Labofnia car notre héros a beaucoup de mal à accepter, sans se poser de questions, la perte de son humanité :
« — Vous ressentez quelque chose ? demandai-je.
— Si je ressens quelque chose ?
— Oui, ça ne vous semble pas étrange qu’on ne ressente aucune émotion ?
— Il y a des cours pour apprendre à ne pas être gêné par les émotions.
— Ce ne sont pas les émotions qui me gênent. C’est leur absence.
— C’est pareil, non ?
— Non, ce n’est pas pareil. »
Avant même de lire le pitch j’avoue avoir craqué pour la couverture, ce zombie en chemise/cravate qui mange des quartiers de mandarine ne pouvait que m’interpeller ! Le pitch n’a fait que confirmer mon intérêt pour ce bouquin. Et après la lecture je n’ai aucun regret, ce fut vraiment une expérience unique qui mêle les émotions avec une grande intelligence.
L’auteur opte pour un style simple et direct (n’oublions pas que c’est à la base sensé être écrit par un labofnien). Il nous plonge au coeur de son intrigue, restituant à merveille l’ambiance si particulière qui règne à Labofnia et les états d’âmes de Johannes.
Je rassure les puristes, nos labofniens se laissent parfois aller à quelques écarts de conduite en boulottant de la chair humaine ; mais je ne m’étendrai pas sur la question, à vous de découvrir le pourquoi du comment de la chose.
Avec Zombie Nostalgie, Oystein Stene, auteur et réalisateur norvégien, signe son quatrième roman ; c’est la première fois qu’il est publié en français, un grand merci à Actes Sud pour cette belle découverte.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Elizabeth McNeill – 9 Semaines ½

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E. McNeill - 9 semaines ½Petite escapade érotique en compagnie d’Elizabeth McNeill et son fameux et sulfureux récit autobiographique 9 Semaines ½.
Elizabeth, la narratrice, rencontre un inconnu lors d’un marché en plein air, ils sympathisent, dînent ensemble et, une chose en entraînant une autre, finissent par coucher ensemble. Leur relation durera neuf semaines et demi, période pendant laquelle il lui fera découvrir des facettes qu’elle ignorait de sa propre personnalité, poussant toujours plus loin leurs jeux sexuels…
Le texte est paru en 1978 mais reste intemporel, il faudra toutefois attendre 1983 pour apprendre que sous le pseudo d’Elizabeth McNeill se cache Ingeborg Day. Mais jamais l’auteure n’évoquera son pseudonyme ou ce texte, ni même l’adaptation cinématographique d’Adrian Lyne sorti en 1986. Elle n’aura d’ailleurs jamais l’occasion de lever le voile du mystère qui entoure ces fameuse 9 semaines ½ puisqu’elle s’est suicidée en 2011, à l’âge de 70 ans.
Peut être avez vous eu l’occasion de voir la version cinéma avec Mickey Rourke et Kim Basinger dans les rôles principaux (avant que le Botox ne les transforme en mutants bogdanoviens). Un film à l’esthétique visuelle irréprochable mais très kitch dans l’ensemble, et surtout très soft. Si oui, alors oubliez tout ce que vous savez, le récit d’Elizabeth McNeill est en effet beaucoup plus cru dans la description de la relation qu’elle a entretenu avec ce mystérieux amant (il n’est jamais nommé, encore un secret qu’elle a emporté dans la tombe).
Au fil de son récit Elizabeth McNeill alterne les chapitres racontant par le détail sa courte mais intense relation avec son amant, et ceux, plus court, où elle essaye de comprendre et d’analyser ce qu’elle est devenue pendant cette liaison. Une relation qui monte crescendo dans le sado-maso, avec lui dans le rôle du dominant et elle dans celui de la soumise. Malgré les humiliations qu’il lui fait subir elle développera une véritable dépendance physique et psychologique vis à vis de son amant ; elle même d’ailleurs ne peut s’expliquer le pourquoi du comment d’un tel niveau d’abandon.
Un récit court, brut de décoffrage mais aussi avec une certaine retenue dans les descriptions, l’auteure ne joue pas la carte de la surenchère, nous n’avons aucun mal à imaginer ce qui n’est pas écrit. Je ne dirai pas que j’ai été choqué mais je suis sorti de cette lecture avec un sentiment de malaise diffus… Sans doute parce que je ne conçois pas la notion de soumission dans un couple, le temps d’un jeu éventuellement mais pas en permanence et surtout avec modération.
Si l’envie vous prenait de lire ce témoignage, privilégiez l’édition parue Au Diable Vauvert, elle est en effet enrichie d’une préface qui nous en dit plus sur l’auteure et son récit. C’est la version que j’ai lue, même si en l’occurrence j’ai illustré cette article avec la couv’ de France Loisirs (il faut dire que celle du Diable Vauvert ne donne vraiment pas envie).

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Ingar Johnsrud – Les Adeptes

I. Johnsrud - Les AdeptesCa faisait quelque temps déjà que je ne m’étais pas penché sur la collection La Bête Noire de Robert Laffont, direction la Norvège pour ma chronique de leur dernier opus en date, Les Adeptes signé Ingar Johnsrud.
L’inspecteur Fredrik Beier est chargé d’enquêter sur la disparition d’Anette Wetre et son fils. Selon sa mère, Kari Lise Wetre, une femme politique d’influence en pleine campagne électorale, ils auraient été embrigadés par une secte de fondamentalistes chrétiens : la Lumière de Dieu. L’affaire prend une toute autre tournure quand l’un des sites de la Lumière de Dieu fait l’objet d’une attaque à l’arme lourde. Sur place tout semble privilégier la piste islamiste…
Premier opus d’une trilogie annoncée, Les Adeptes peut d’ores et déjà revendiquer le statut de thriller haut de gamme. Ne serait-ce que par la richesse et la complexité de son intrigue qui n’en finira pas de nous surprendre. Une lecture qui demandera un gros investissement neuronal, les personnages et les lieux sont nombreux et portent souvent des noms à coucher dehors. Gare à ne pas perdre le fil sinon vous devrez revenir quelques pages en arrière pour recadrer le contexte. Une intrigue construite et menée avec beaucoup d’intelligence et de talent.
Pour ma part j’ai plutôt bien accroché au personnage de Fredrik Beier, un flic comme seul les auteurs nordiques savent les faire. Bon enquêteur mais pas pour autant infaillible. Une personnalité d’apparence bourrue qui doit composer avec un passé tragique. Je peux comprendre que sa misogynie puisse déranger le lectorat féminin, surtout quant à la façon dont il traite sa compagne, Bettina.
Son collègue, Andreas Figueras, est encore plus asocial que lui. Pas franchement adepte de la finesse, son humour est plutôt gras et basique. Mais le duo fonctionne plutôt bien, c’est l’essentiel.
Sauf que les besoins de l’enquête le duo va se voir imposer une troisième personne. Kafa Iqbal, une enquêtrice du renseignement intérieur. Et oui, une femme… et une musulmane qui plus est ! Mais la nana ne manquera pas de surprendre nos deux machos de service, elle ne manque en effet ni de ressources, ni de répartie.
Pour les besoins de son intrigue Ingar Johnsrud n’hésite pas à appuyer là où ça fait mal, notamment dans le passé peu glorieux de la Norvège au cours de la seconde guerre mondiale, en l’occurrence concernant la question de la politique de l’hygiène raciale chère à l’Allemagne nazie.
Difficile de parler des différents aspects de l’intrigue sans prendre le risque d’en dire trop, et franchement ce serait dommage de gâcher les effets d’un bouquin qui mettra vos neurones à rude épreuve. Pour les nerfs ça va, le rythme est relativement posé, sauf quand la situation exige une brusque montée en puissance. Là encore l’auteur fait montre d’une totale maîtrise dans les changements de régime.
A la fermeture du roman des questions restent en suspens, c’est toujours un peu frustrant ce genre de situation mais je me console en me disant qu’il y a encore deux volumes de prévu… peut être que les réponses viendront en temps et en heure. En tout cas avec ce premier roman l’auteur place la barre haut.
Au final un titre qui fait honneur à la collection La Bête Noire. A ce jour avec six titres lus la bestiole peut se targuer d’une jolie moyenne de 4/5. Avec Les Adeptes la moyenne ne devrait pas changer, il me reste Baad de Cédric Bannel à lire mais avant il faut que je passe par L’Homme De Kaboul (la première affaire mettant en scène le Commandant Kandar). Bref je confirme mon attachement à cette collection, j’ai hâte de découvrir les prochains titres.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Kenneth Cook – A Toute Berzingue

K. Cook - A toute berzingueKenneth Cook fait partie de ces auteurs que je souhaitais découvrir, je ne saurai dire exactement pourquoi, sans doute parce qu’il est originaire d’Australie, notre grand voisin. Restait à trouver LE roman par lequel j’allais commencer mon immersion dans son univers. la réflexion fut de courte durée, j’ai opté pour le dernier sorti en France : A Toute Berzingue.
Shaw et Katie se rencontrent par hasard dans un bar paumé au milieu de désert australien, ils sympathisent puis leur chemin se séparent. Deux jours plus tard, alors que Shaw roule sur une piste au coeur de l’outback, Katie surgit devant la voiture, effrayée ; elle affirme être poursuivi par un homme qui cherche à la tuer. S’engage alors une impitoyable course poursuite entre les deux jeunes gens et le tueur…
Vous connaissez sûrement le film Duel de Steven Spielberg. Non ? Et bin tant pis pour vous, je poursuis mon raisonnement… fallait réviser vos classiques avant de venir ! Dans ce film, sorti en 1971, un représentant de commerce est traqué par un routier qui cherche à le tuer à tout prix. On ne sait rien des personnages, ni des motivations du routier, de lui nous ne verrons d’ailleurs qu’une paire de jambes et un bras. Prenez les mêmes ingrédients (à peu de choses près) et transposez tout ça au fin fond de l’outback australien, vous obtiendrez A Toute Berzingue.
Un roman publié en 2016 à titre posthume (Kenneth Cook est décédé en 1987) à l’initiative de la fille de l’auteur ; initiative dont on ne peut que la remercier chaleureusement. Comme je le disais plus haut, en référence au film Duel, nous apprendrons le strict minimum sur Katie et Shaw, et encore moins sur leur poursuivant (si ce n’est qu’il est entouré d’un remugle de pourriture, de mort et de crasse… sympa comme parfum). De fait l’auteur nous plonge directement au coeur de l’intrigue, oubliez les préliminaires. Et une fois engagé sur les chapeaux de roues dans le roman le rythme ne faiblit jamais, heureusement que le bouquin est relativement court (230 pages dans sa version papier) sinon j’aurai fini sous perfusion !
Si l’on ne sait pas grand chose des personnages, l’auteur ne manque pas de nous rappeler à tout moment à quel point l’outback australien est un milieu hostile, ainsi à l’entrée de la piste d’Obiri, où se concentrera l’essentiel de l’intrigue, peut on lire l’avertissement suivant : « Piste d’Obiri. Danger. D’ici à Obiri, la chaleur, les sables mouvants, soaks et autres dangers rendent la traversée extrêmement périlleuse. En cas de panne, n’abandonnez jamais votre voiture. Avant de partir, signalez-vous au poste de police de Yogabilla. Ni eau potable ni essence avant 600 kilomètres. »
Dans sa préface Douglas Kennedy, qui connait bien l’outback, confirme la dangerosité du coin, mentionnant en plus de sympathiques bestioles tels que les crocodiles ou les serpents venimeux qui vous font passer de vie à trépas en moins de deux heures. Le terrain de jeu idéal pour deux jeunes citadins poursuivis par un psychopathe ! Pour définir le roman en quelques mots, voilà ce que Douglas Kennedy en dit : « A toute berzingue est un roman d’action pur et dur. Une action effrénée qui tient en haleine du début à la fin : un page-turner torride au sens noble du terme. »
Je ne voudrai pas faire dans la surenchère mais voilà ce qu’indique l’auteur dans une note rédigée en 1982 : « Selon la police, plus de trois cents personnes sont portées disparues en Australie chaque année, et ne sont jamais retrouvées. » Et l’éditeur d’enfoncer le clou en actualisant ce chiffre : « En 2015, ce nombre s’élève désormais à mille six cents portés disparus annuels. »
Un récit cru, brut de décoffrage certes mais totalement addictif, une fois que vous serez lancé vous ne pourrez plus décrocher avant de connaître le fin mot de l’histoire. Une récit écrit en un seul bloc (aucun chapitrage, jusque des sauts de ligne çà et là) qui se lit certes en quelques heures, mais ne manquera pas de soumettre vos nerfs à rude épreuve.
Inutile de préciser qu’après cette première lecture de Kenneth Cook il me tarde de plonger plus avant dans son univers littéraire, d’autant que celui-ci semble revêtir de multiples facettes si j’en crois la note de la traductrice en fin d’ouvrage.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Boyd Morrison – La Vague

B. Morrison - La vagueCa faisait déjà un moment que cet auteur me faisait de l’oeil avec sa tétralogie Tyler Locke mais j’ai pensé qu’un one-shot serait un bon moyen de faire connaissance, le hasard (et la carte bleue) faisant bien les choses, La Vague vient tout juste de sortir chez Bragelonne.
L’archipel d’Hawaï est menacé par un méga-tsunami. Kai Tanaka, directeur du Centre d’Alerte Tsunami du Pacifique basé à Honolulu dispose de peu de temps pour donner l’alerte et sauver un maximum de vies. L’Île Christmas ne répond plus, sans doute rasée par une vague que rien ne semble pouvoir arrêter. En plus de la population de l’archipel, Tanaka doit aussi s’assurer que sa famille est hors de danger…
Pfft j’suis trop vieux pour ces conneries ! Non mais c’est vrai quoi, mon palpitant n’est plus de première fraîcheur. Et je ne vous parle même pas de ma tension. Et l’autre là, le Boyd Morrison, se permet de malmener tout ce petit monde sur plus de 400 pages sans jamais leur accorder le moindre répit. Histoire d’enfoncer le clou, ce petit saligaud ne nous fait même pas grâce d’un happy end… Sadique !
J’ai abordé ce bouquin comme un divertissement rythmé mais hautement improbable, quelle erreur ! On est dans le même registre que Extinction de Matthew Matter (chez Bragelonne aussi, chroniqué ici), à savoir un scénario catastrophe certes extrême mais malgré tout possible. Le tout servi par une intrigue richement documentée (sans jamais sombrer dans le didactique soporifique) menée à un rythme ahurissant. Il faut dire que l’action se joue en moins de 4 heures, pas le temps de souffler entre deux chapitres, ni même entre deux pages. Quand j’vous dis qu’il vous mettra les nerfs en pelote, ce n’est pas du bluff.
Avec le personnage de Kai Tanaka on trouve un personnage ordinaire confronté à une situation extraordinaire, et pour couronner le tout il va se retrouver déchiré entre sa conscience professionnelle (dont dépend la vie des habitants de l’archipel) et ses sentiments personnels (sa femme et sa fille sont directement exposées au tsunami), déchirement qui s’achèvera sur un choix cornélien des plus déchirant.
Au cours de son périple au milieu d’un Honololu dévasté par la nature en furie, il croisera des alliés, des victimes dépassées par les événements, mais aussi des connards de première qui ne pensent qu’à sauver leur petite gueule de minable et des inconscients qui se fichent éperdument de l’alerte. Des rencontres qui malheureusement ne que trop vraies dans ce genre de situation, il y en a toujours qui vont se persuadés d’être plus important que les autres ou pire, invulnérables face aux éléments déchaînés.
Je ne sais pas si tout est scientifiquement rigoureusement exact, ni si tout est humainement réalisable mais honnêtement je m’en fous, l’essentiel étant que l’ensemble passe comme une lettre à la poste et sur ce point le challenge est relevé haut la main.
Pas étonnant qu’un bouquin basant son intrigue sur un tsunami face souvent référence à celui qui a frappé l’Asie du Sud Est en 2004, avec 225 000 victimes il s’agit du phénomène le plus meurtrier de tous les temps. Par contre j’ai été surpris que celui de 2011, au Japon (18 000 victimes mais aussi et surtout à l’origine d’un accident nucléaire de niveau 7) ne soit jamais mentionné. Un coup d’oeil à la page du copyright répond à la question, le roman a été publié en version originale en 2009, puis réédité en 2010 (c’est le second roman de l’auteur, le premier étant encore inédit en français) ; il aura fallu attendre 2016 et le succès de la série Tyler Locke (du même auteur, chez Bragelonne) pour qu’une version française voit enfin le jour.
J’adore ces bouquins qui vous laissent groggy une fois la dernière page tournée, à ce titre La Vague fait vraiment très fort, tellement addictif que je l’ai dévoré d’une traite. Il ne me reste plus qu’à dépoussiérer mon Stock à Lire Numérique afin de me pencher sur le cas Tyler Locke.

MON VERDICT
jd5Coup double

[BOUQUINS] Brian Panowich – Bull Mountain

B. Panowich - Bull MountainUne lecture qui m’a été chaudement recommandé et, au vu des critiques lues sur le net, le bouquin semble s’annoncer comme un incontournable de l’année 2016. Place donc à ma chronique de Bull Mountain, un premier roman signé Brian Panowich.
Depuis toujours Bull Mountain est le territoire du clan Burroughs, de là partent toutes sortes de trafics (armes, alcool, drogue…) sous la direction de Halford Burroughs. Clayton Burroughs, son frère cadet, a réussi à s’extirper de cette spirale infernale, il est même devenu shérif du comté et tente, avec les moyens du bord et sans mettre la région à feu et à sang, d’endiguer le flot de merde qui s’écoule de Bull Mountain. Mais cet équilibre précaire risque d’être mis à mal par l’arrivée de l’agent fédéral Simon Holly, bien décidé à nettoyer Bull Mountain, quel qu’en soit le prix à payer…
Ai-je bien fait de bouleverser mon planning de lecture pour privilégier ce bouquin ? Incontestablement la réponse est OUI. Mais comme ça fait un peu court comme réponse je vais maintenant argumenter.
Comme souvent avec les éditions Actes Sud, la couv’ est sobre mais efficace. Et oui, même quand on lit en numérique on reste sensible aux couvertures, ça reste le premier contact que l’on a avec le livre. Certes elle ne jouera pas un rôle décisif dans le choix final mais une couverture bien fichue peut m’amener à m’intéresser à un bouquin qui aurait pu me laisser indifférent en d’autres circonstances.
Direction le sud des Etats-Unis, plus précisément la Géorgie, pour un thriller 100% redneck mais aussi et surtout 100% noir. Une histoire de famille plus proche de Caïn et Abel que de Arnold et Willy, chez les Burroughs l’Histoire s’écrit dans la violence, en lettres de sang. Une histoire de famille qui commence en 1949 par un meurtre brutal et s’achève en 2015 dans un bain de sang.
Une histoire qui repose sur trois personnages principaux. Clayton, le cadet du clan Burroughs, devenu shérif pour échapper à Bull Mountain. Halford, son aîné, maître auto-proclamé de Bull Mountain (même si personne ne lui conteste ce titre). Simon Holly, un fédéral qui semble avoir un compte personnel à régler avec le clan Burroughs.
Il faudra aussi compter avec les Burroughs du passé. Cooper, le grand-père, et Gareth, le père qui étendront l’activité de Bull Mountain à la drogue (cannabis puis méth) et aux armes lourdes (finies les pétoires de grand p’pa, place aux fusils d’assaut).
Mais les personnages secondaires ne sont pas pour autant laissés en plan. Qu’il s’agisse de Kate, l’épouse de Clayton, ou d’Angel, une prostituée prise au piège d’une spirale infernale ; les personnages féminins ne sont pas de faibles femmes sans défense, loin s’en faut. Sans oublier Wilcombe qui règne sur la trafic d’armes lourdes en Floride avec son associé Bracken.
Une intrigue qui vous prend aux tripes dès les premières pages et ne vous lâche plus jusqu’au clap de fin. Une intrigue noire à souhait, violente et sanglante, mais il serait réducteur de n’en retenir que ces aspects, le scénario est en béton armé et au milieu des ténèbres subsiste une lueur d’espoir… faible mais elle a le mérite d’exister.
Un premier roman parfaitement maîtrisé, mais j’avoue que j’ai trouvé le pied de nez final un peu (beaucoup) tiré par les cheveux. Du coup il passe à un cheveu du coup de coeur, ce qui ne m’empêchera pas de me ruer sur les prochains romans de Brian Panowich.

MON VERDICT
jd4dCoup de poing

[BOUQUINS] Glendon Swarthout – Le Tireur

G. Swarthout - Le TireurAu menu de cette chronique, une première pour moi : un western. En l’occurrence mon choix s’est porté sur Le Tireur de Glendon Swarthout.
El Paso, 1901. J.B. Books est le dernier des tireurs encore en vie, mais plus pour longtemps, un cancer le ronge inexorablement. Il décide alors de vivre ses derniers jours dans une tranquille pension de famille tenue par Mme Rogers, une veuve qui élève seule son fils, Gillom. Alors que Books n’aspire qu’à ce qu’on lui foute la paix, il devra pourtant composer avec les vautours qui chercheront à profiter de sa mort pour s’engraisser à son insu…
Publié en version originale en 1975, puis en français chez Gallimard la même année (sous le titre Une Gâchette), c’est sur l’édition/traduction Gallmeister parue en 2012 que j’ai jeté mon dévolu.
Comme je le disais en introduction de ce post, c’est la première fois que je lis un western… mais je sais d’ores et déjà que ce ne sera pas la dernière fois. Pas de vol à main armée, ni d’attaque de diligence, pas de méchants indiens non plus et pourtant je peux vous assurer que c’est un western pur jus que vous aurez entre les mains. Un western à la croisée de deux époques, la conquête de l’Ouest et ses héros appartiennent au passé tandis que le vingtième siècle et ses changements bouleversent peu à peu le quotidien de tout à chacun.
Le roman  est porté par son personnage principal, John Bernard Books. Un héros qui mène sa vie selon un principe des plus simples : « Je refuse qu’on porte la main sur moi. Je refuse qu’on me trompe. Je ne supporte pas d’être insulté. Je n’inflige rien de tout cela à autrui. J’attends la même chose des autres. » Certes il a expédié ad patres bon nombre de ses semblables mais jamais il n’a été à l’origine d’un affrontement. Ce qui ne l’empêche pas de ne pas trouver sa place dans ce nouveau monde qui se profile, Le shérif Thibido ne manquera d’ailleurs pas de le lui rappeler sans détours : « Où est votre place dans cette marche du progrès ? Nulle part. Votre place est au musée. Pour être plus précis, Books, vous appartenez à une autre époque, complètement révolue. »
Un homme bouffé par la maladie mais bel et bien décidé à rester droit dans ses bottes jusqu’à son dernier souffle. Ce n’est certainement pas lui qui s’adaptera aux autres mais bel et bien aux autres de s’adapter à lui ; à ce titre on assiste au fil des page à l’évolution de sa relation avec sa logeuse Mme Rogers. Un homme déterminé à partir comme il a vécu : la tête haute.
Concernant ladite logeuse, Madame Rogers, il ne faut pas se fier aux apparences, c’est un petit bout de femme au caractère bien trempé, contrairement à ce que l’on pourrait penser de prime abord. Dommage qu’elle traîne un boulet comme Gillom, son bon à rien de fils.
Un western profondément humain,servi par un roman court mais intense.

MON VERDICTjd4d

Pour la petite histoire le roman a été adapté pour le cinéma dès 1976 par Don Siegel sous le titre, Le Dernier Des Géants, avec dans le rôle de J.B. Books, John Wayne qui incarnera pour l’occasion son dernier grand rôle, un rôle qu’il est à même de comprendre dans toute sa splendeur, étant lui même atteint d’un cancer au moment du tournage.

[BOUQUINS] Paul Clément – Les Décharnés : Une Lueur Au Crépuscule

P. Clément - Les DécharnésComme ça faisait un bail que je ne m’étais pas offert une escapade à Zombieland j’ai décidé de renouer avec le doux fumet de la chair avariée, mais attention je fais dans le zombie 100% made in France avec Les Décharnés : Une Lueur Au Crépuscule, premier roman de son auteur, Paul Clément.
Patrick un agriculteur bourru et solitaire prend une bière sur sa terrasse le jour où l’humanité s’est effondrée sous ses yeux. Sortie d’un embouteillage sur la route non loin de sa propriété, une horde de zombies attaque tout ce qui bouge, grossissant ainsi les rangs des morts vivants. Patrick s’enferme alors chez lui, bien décidé à s’isoler le temps qu’il faudra, sourd aux appels à l’aide des survivants apeurés. Et pourtant il ne pourra rester insensible face à la détresse d’Emma, une gamine dont la mère vient d’être tuée…
Ce qui fait du bien en lisant ce bouquin c’est que l’on sent la passion, on sait rien qu’en le lisant qu’il a été écrit avec le coeur et les tripes. Oui, Paul Clément s’est donné à fond et l’on ne peut que s’en réjouir car son roman est une réussite.
Il faut dire que passionné l’auteur l’est indéniablement, limite obsédé même, par la culture zombie. Il est le fondateur et rédacteur en chef (sous le pseudo Squeletor) du site MyZombieCulture.com, une référence francophone en matière de culture Z.
La grande originalité de ce roman est de se dérouler en Provence, pour moi en tout cas c’est une première, une histoire de zombies 100% française. Hormis cette particularité géographique le roman suit les règles du genre, règles parfaitement connues et maîtrisées par son auteur comme vous pouvez le deviner.
La force de cette intrigue, afin qu’elle ne devienne pas une énième histoire de zombies noyée dans la masse, repose sur ses deux personnages principaux, un duo pour le moins improbable et atypique. Patrick, agriculteur vieillissant et bedonnant est un solitaire à tendance asocial, grincheux et bourru pourrait on ajouter histoire de compléter le tableau. Et pourtant au contact d’Emma, une gamine qui a tout perdu hormis sa candeur et son innocence, il va renouer avec une humanité qu’il avait enfoui au plus profond de son être. Au fil des pages nous assisterons à la transformation de Patrick tandis que sa relation avec Emma se forge. Une relation touchante qui apporte une touche d’humanité au milieu d’une réalité devenue hostile.
Mais n’allez pas croire que l’auteur donne dans la guimauve, le duo devra se plier aux rudes conditions de survie imposées par la situation. Les zombies sont fidèles à ce que l’on peut attendre d’eux, cons comme des manches mais affamés et dangereux… et bien entendus plus ou moins avariés. Sans forcer sur les descriptions l’auteur nous communique cette menace permanente qui plane sur ses deux héros.
Et les survivants alors ? J’aurai tendance à dire aux fans de The Walking Dead, souvenez-vous de Woodburry et du Sanctuaire… les vivants sont parfois bien plus dangereux que les zombies. Patrick et Emma en feront la triste expérience. Comme le dit fort justement Emma : « Il est pas comme les zombies, eux ils font pas exprès. »
Je terminerai en restant dans l’univers de The Walking Dead, si vous me suivez depuis déjà quelques temps vous savez que je suis un inconditionnel de la série TV, j’ai retrouvé dans Les Décharnés tout ce qui fait que je suis accro à TWD. Je l’ai lu avec autant de plaisir que quand je découvre une nouvelle saison de TWD, d’ailleurs il fera office de parfaite mise en bouche avant de me lancer dans la sixième saison.
Chapeau bas à Paul Clément qui, avec ce premier roman, s’impose d’ores et déjà comme un incontournable de la littérature zombie. Vivement le prochain (pour bientôt sauf erreur de ma part) !

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Frédéric Ernotte – C’est Dans La Boîte

F. Ernotte - C'est dans la boiteDirection la Belgique pour la prochaine étape de mon périple « auto-édition et petits éditeurs » en compagnie de Frédéric Ernotte et son premier roman, C’Est Dans La Boîte.
Jeff Marnier est inspecteur à la Crim’ de Bruxelles. Sa brigade est tenue en échec par un tueur en série particulièrement retors. Pour se mettre au vert il va participer à la Ronde des Boîtes, un huis-clos réunissant huit inspecteurs d’horizons divers et variés. Chacun viendra avec une boîte à chaussures contenant cinq indices relatifs à une affaire criminelle, les autres devront deviner de quoi il retourne…
Pour son premier roman Frédéric Ernotte se lance donc dans le thriller, un pari risqué tant le choix est vaste et propose un échantillon de qualité (aussi bien concernant les auteurs que les romans). Un pari audacieux qui s’avérera payant au final tant l’auteur parviendra à bousculer nos certitudes au fil des pages, pour nous laisser sur le cul avec un revirement final qui devrait prendre même les plus aguerris des thrillers-addict par surprise !
C’est qu’il est malin le Fred, dès le début il va jouer avec l’innocent lecteur qui tombera dans les mailles de son filet. Ca commence comme une « banale » affaire de tueur en série, certes ledit tueur est particulièrement vicieux mais il faut plus que ça pour nous déstabiliser. Oh shit ! un deuxième tueur en série apparait alors que le premier n’est toujours pas identifié. Oh fucking shit ! v’là notre inspecteur qui file se mettre au vert en laissant tout en plan… OK, il va falloir s’accrocher, on passe en mode hors piste !
On découvre alors les sept autres participants de cette fameuse ronde, quatre hommes et trois femmes. Au fil des pages des relations se tissent mais surtout on découvre les fameuses « affaires » qu’ils proposent à leur auditoire. Une approche certes originale est très sympathique à lire mais est-on encore vraiment dans le thriller ? Et bin oui, la partie ne fait que commencer, l’auteur a encore de nombreux atouts en sa possession. Belote, rebelote et dix de der !
Non seulement l’auteur s’offre le luxe de maîtriser à la perfection son intrigue et donc de mener ses lecteurs par le bout du nez mais en plus il y met les formes ! Le style permet en effet unne grand fluidité de lecture, et l’on retrouve çà et là quelques touches d’humour (noir) bienvenues.
Avec ce premier roman Frédéric Ernotte place la barre haut, très haut même, nul doute que les lecteurs attendront de pied ferme le prochain. Et ça tombe plutôt bien puisqu’il devrait justement sortir courant août sous le titre Ne Sautez Pas ; et comment que je lui sauterai dessus !

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur