[BOUQUINS] Jacques Expert & Philippe Balland – Je Suis Amélie Lenglet

La petite Amélie Lenglet a été enlevée à l’âge de sept ans. Une affaire non résolue qui a bouleversé la France. Dix ans plus tard, une jeune fille réapparaît soudainement. Elle dit avoir réussi à fuir ses ravisseurs après des années de séquestration. Un miracle pour ses parents, qui n’ont jamais perdu espoir.

L’enquête ne permet ni de retrouver les kidnappeurs ni d’établir sa réelle identité. Peu importe, pour ses parents, il s’agit bien de leur enfant. La famille réunie tente de renouer avec le bonheur du quotidien quand quelques semaines plus tard surgit une seconde jeune fille affirmant : « Je suis Amélie Lenglet. » Et donnant, elle aussi, des détails troublants de vérité sur son enfance avant son enlèvement.

Laquelle des deux est la « vraie » Amélie ? Même les parents ne sont pas d’accord…

Parce que je suis un grand fan de Jacques Expert, l’occasion de le découvrir dans un contexte inhabituel, puisque ce roman a été écrit à quatre mains avec la complicité de Philippe Balland – j’avoue sans complexe que je ne connaissais pas du tout cet auteur.

Le pitch est plutôt accrocheur, je pars confiant !

Au risque d’enfoncer une porte ouverte, je ne crois pas qu’il existe d’épreuve plus atroce pour des parents que la disparition de leur enfant. Pas de corps pour permettre un deuil, pas de certitude non plus : seulement cette infime lueur d’espoir, tenace et douloureuse, que l’enfant soit encore en vie et qu’il se manifeste un jour.

C’est précisément le cauchemar qu’ont vécu les Lenglet. Leur fille Amélie a été enlevée à l’âge de sept ans. Dix ans plus tard, une adolescente affirme avoir échappé à ses ravisseurs et être Amélie Lenglet. Le choc est immense. Si le père est immédiatement convaincu qu’il s’agit de sa fille, la justice, elle, doit se prononcer avant de confier officiellement la jeune fille au couple.

L’enquête est confiée à l’équipe de la major Desjeunes, épaulée par le professeur Meignan, un expert psychiatre appelé en renfort. Très vite, le doute s’installe : celle qui prétend être Amélie n’a aucun souvenir de ses années passées auprès de ses parents. Une amnésie qui peut certes s’expliquer médicalement, mais qui complique sérieusement les choses. Comment être sûr ? Comment trancher entre science, intuition et désir viscéral d’y croire ? Finalement, c’est l’absolue certitude de M. Lenglet – presque une foi aveugle – qui va peser dans la balance et conduire à une décision favorable aux parents.

Tout est bien qui finit bien ? Que nenni. Ce serait bien trop simple… et surtout bien moins intéressant.

Une seconde jeune fille surgit alors et affirme, elle aussi, être Amélie Lenglet. Cette fois, les éléments troublants s’accumulent : souvenirs précis de l’enfance, détails intimes du quotidien familial, description minutieuse du lieu de détention et des ravisseurs. Là où M. Lenglet rejette catégoriquement cette nouvelle venue, persuadé qu’il s’agit d’une imposture, Mme Lenglet, elle, sent au plus profond d’elle-même que cette jeune fille est leur véritable enfant.

Alors qui dit la vérité ? Qui ment ? Qui manipule qui — et dans quel but ?

C’est tout l’enjeu de ce roman, et l’écheveau que la major Desjeunes et le professeur Meignan vont tenter de démêler, en espérant approcher une vérité qui ne cesse de se dérober. De leur côté, Jacques Expert et Philippe Balland disposent là d’un terrain de jeu idéal pour malmener leurs lecteurs. Attendez vous à douter en permanence. Chaque fois que vous pensez tenir le bon bout, un nouvel élément vient balayer vos certitudes. Quant au final, il vous tombe dessus comme un véritable tsunami.

À force d’ajouter des couches à une intrigue déjà très dense, le récit frôle parfois le too much. Certaines situations forcent un peu la crédibilité et demandent au lecteur une certaine indulgence. Pour ma part, j’ai choisi de me laisser porter par l’histoire, de jouer le jeu jusqu’au bout. Tant pis si, par moments, le réalisme prend du plomb dans l’aile : j’ai décidé d’être bon public jusqu’au clap de fin.

Du côté des personnages, en revanche, je dois avouer ne pas avoir ressenti d’empathie particulière. Ni pour la major Desjeunes, ni pour les deux adolescentes. Cette distance émotionnelle ne m’a toutefois pas empêché d’apprécier pleinement la mécanique du récit, redoutablement efficace, et la manière dont les auteurs exploitent les failles humaines — le besoin de croire, la culpabilité, la peur de se tromper.

Je Suis Amélie Lenglet est donc un thriller psychologique efficace, manipulateur à souhait, qui joue avec les nerfs du lecteur et l’entraîne dans une spirale de doutes jusqu’à son dénouement brutal. Un roman imparfait, parfois excessif, mais suffisamment prenant pour qu’on tourne les pages sans se poser trop de questions…

[BOUQUINS] Freida McFadden – Les Secrets De La Femme De Ménage

C’est une chance inespérée pour Millie d’avoir décroché un nouveau travail. Chez les Garrick, un couple fortuné qui possède un somptueux appartement avec vue sur New York, elle fait le ménage et prépare les repas dans la magnifique cuisine.

Cela paraît trop beau pour être vrai. Et effectivement, la femme de ménage ne tarde pas à déceler quelques ombres au tableau… Son patron, Douglas Garrick, est d’humeur de plus en plus changeante. Et pourquoi sa femme Wendy reste-t-elle toujours enfermée dans la chambre d’amis ?

Le jour où Millie découvre du sang sur une chemise de nuit, elle ne peut plus rester les bras croisés. Quelque chose se trame dans cette maison. Une situation à laquelle Millie n’est pas préparée et qui pourrait bien se retourner contre elle si elle continue de vouloir découvrir les secrets des autres…

Pour être tout à fait franc ce n’était pas mon choix initial, le roman en question étant totalement inadapté à la lecture sur liseuse, je me suis rabattu sur son challenger.

Parce que j’avais apprécié le premier opus mettant en scène Millie Calloway, la femme de ménage la plus célèbre du moment.

Je ne vous cacherai pas que je craignais que cette lecture ait un arrière-goût de déjà-vu, le pitch semble en effet assez proche de celui de La Femme De Ménage.

Dans sa construction, le roman est assez proche de son aîné, La Femme De Ménage. Cela commence par un prologue dans lequel on découvre un personnage en grande difficulté (naturellement, on pense immédiatement à Millie). Puis la première partie nous renvoie quelques mois en arrière et donne la parole à Millie. Les parties suivantes alternent ensuite les points de vue.

Je vous rassure tout de suite : les similitudes entre les deux romans s’arrêtent là. L’intrigue est totalement différente — même s’il faudra attendre la seconde partie pour en mesurer toute l’ampleur. On découvre de nouveaux protagonistes, notamment le couple Garrick, les nouveaux employeurs de Millie. Freida McFadden profite de cette intrigue inédite pour approfondir la personnalité de Millie Calloway, et la rendre encore plus attachante, humaine… et imprévisible.

Comme indiqué plus haut, la première partie reste relativement classique. Millie doit d’abord prendre la mesure des « dérives » du couple Garrick avant de décider d’intervenir pour réparer ce qu’elle considère comme une injustice. Les derniers chapitres de cette partie rebattent complètement les cartes et plongent Millie dans une situation particulièrement délicate, voire désespérée.

La seconde partie nous dévoile l’envers du décor grâce à un autre point de vue. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le plan mis en place ne manque pas de perversité. À côté des Garrick, le couple Winchester — les employeurs de Millie dans La Femme De Ménage — passerait presque pour des enfants de chœur !

Il ne vous restera ensuite plus qu’à vous laisser guider jusqu’au fin mot de l’histoire. Je peux simplement vous dire que Millie pourra compter sur un allié de poids dans sa quête de vérité. Et je vous garantis que les surprises seront au rendez-vous jusqu’à la dernière ligne de l’épilogue.

Sur la forme, il est vrai que le style narratif de Freida McFadden reste assez simple, presque scolaire par moments. Mais ce léger bémol s’efface rapidement tant l’intrigue est efficace et maîtrisée. On se laisse happer sans effort et la lecture devient très vite addictive.

Une fois de plus, vous n’aurez pas entre les mains « le thriller de la mort qui tue », mais un page-turner solide, bien construit et agréable à lire. Pour ma part, je compte bien continuer à suivre les périples de Millie Calloway. Il me reste encore un roman court (La Femme De Ménage Se Marie) et un roman (La Femme De Ménage Voit Tout) à découvrir. Et même après cela, je poursuivrai volontiers mon exploration de l’univers littéraire de Freida McFadden.

Bilan livresque 2025

Un bilan livresque qui fait grise mine pour l’année écoule, en effet la page 2025 se tourne avec 32 livres lus. Un score plus que mitigé mais heureusement la qualité était au rendez-vous puisque la note moyenne de mes lectures est de 4.3 sur 5.

La note la plus basse attribuée a été de 3 sur 5 à 3 romans. La note maximale de 5 sur 5 a récompensé 9 de mes lectures.

Un constat de qualité confirmé par 14 lectures avec un bonus :

  • 4 lectures coup de coeur
  • 6 lectures coup de poing
  • 4 lectures coup double

Mon top 5 des lectures 2025 – par ordre de lecture – est le suivant :