[BOUQUINS] Frédéric Gynsterblom – Help Me

F. Gynsterblom - Help MeAu menu du jour un invité surprise dont je ne connaissais ni l’auteur, ni le bouquin ; je me suis laissé tenter par, dans l’ordre, un coup de coeur d’un contact Facebook, une couv’ sur laquelle j’ai tout de suite flashé (une femme prostrée au premier plan, dans l’ombre, en arrière plan, une ombre menaçante) et un pitch attrayant. La chose s’appelle Help Me et est signée Frédéric Gynsterblom.
Sabine Ferrière est enquêtrice pour une fondation privée s’étant donné pour objectif de neutraliser les pires tueurs en série. En se lançant dans une nouvelle enquête qui toucche de près la Fondation, la jeune femme va devoir replonger dans les ténèbres de son propre passé…
Petite info pratique pour commencer, il semblerait que le titre ne soit désormais disponible que via un achat en ligne sur le site Lulu.com, vous aurez le choix entre une version brochée (15 €) et une version numérique (3,50 €) ; j’ai tout naturellement opté pour cette seconde option, et pas seulement en raison du prix nettement plus avantageux…
Vous aurez alors entre les mains un roman relativement court (160 pages), un thriller horrifique mâtiné de fantastique. Le mix est plutôt habile mais je préfère prévenir, certains lecteurs n’apprécient pas trop ce qui sort des sentiers battus…
Même si les premières pages peuvent sembler confuses de prime abord, elles parviennent à ferrer le lecteur rapidement. Peu à peu les choses se mettent en place, entre présent, souvenirs et cauchemars. Plus les pages défilent et plus on est accro ! Pour tout vous dire j’ai lu le bouquin quasiment d’une traite, pas moyen de le lâcher avant d’avoir le fin mot de l’histoire. Il aurait peut être gagné à être plus étoffé par endroits mais l’auteur a préféré jouer la carte du rythme, et il a réussi son pari haut la main.
Le personnage de Sabine est de loin le plus travaillé, il faut dire que ses séquelles psychologiques et physiques laissent de la marge à l’auteur. Parfois au détriment des autres personnages de l’intrigue (ce qui est quelque peu redondant avec ma remarque précédente concernant le nombre de pages). J’ai notamment regretté que la Fondation Carver ne soit pas d’avantage exploitée, Sabine ayant tendance à bosser en solo. Il y a, avec cette Fondation, un potentiel pour une ou plusieurs suites…
Si l’intrigue n’est pas clairement située géographiquement l’auteur quant à lui est un pur produit francophone puisqu’il nous vient de Belgique. Encore un gars que je compte suivre de près.
Tout n’est peut être pas parfait mais il n’en reste pas moins que je me suis régalé en lisant ce bouquin. Une dernière remarque avant de vous laisser vaquer vos occupations : âmes sensibles s’abstenir, même si les scènes de violence ne sont pas forcément décrites par le menu on en mesure aisément toute l’horreur.
Petite parenthèse pour les maniaques du code dans les fichiers epub, je n’ai pas pris le temps de le faire mais il me semble que celui peut être fortement allégé par quelques retouches via Sigil. Je me pencherai sur la question un de ces jours… peut être…

[BOUQUINS] Mallock – Le Massacre Des Innocents

Mallock - Le Massacre Des InnocentsAu chapitre des valeurs sures je peux placer les Mallock (l’auteur et son commissaire homonyme), aussi en ouvrant cette seconde Chronique Barbare, Le Massacre Des Innocents, j’avais la certitude que j’aurai le droit a du costaud.
Un peu partout en France les scènes de crime se multiplient, des individus sans histoires semblent pris d’une soudaine folie meurtrière. Actes isolés ou complot de grande envergure ? Terrorisme, sectes, attaques virales ? Aucune piste n’est négligée par Mallock et son équipe. Difficile d’aller de l’avant quand rien ne semble lier les différents massacres, et pire encore, la situation s’aggrave de jour en jour…
Autant vous le dire de suite l’ami Mallock nous livre une intrigue qui pourrait faire rougir les plus grands auteurs de thrillers. A vrai dire au début j’ai crains que la situation n’échappe à l’auteur qui nous offrirait alors une pirouette abracadabrante comme porte de sortie. Que nenni ! Désolé d’avoir douté du talent pourtant jamais démenti de Mallock. Au contraire l’auteur nous livre « son » enquête la plus richement documentée (avec tout de même quelques inspirations mallockiennes çà et là), on croirait avoir un roman de Maxime Chattam entre les mains. Une comparaison pas totalement fortuite de ma part, comme Maxime Chattam, Mallock réussit à diluer des informations techniques et scientifiques sans jamais être saoulant ou didactique à l’excès. D’ailleurs me direz-vous, une épidémie criminelle n’est pas sans rappeler La Conjuration Primitive de Chattam. Certes… mais la comparaison s’arrête là, tout simplement.
N’oublions pas la griffe Mallock qui vient sublimer une intrigue déjà promise au firmament, une plume unique en son genre. Une plume qui va à l’essentiel mais sur un ton presque chantant, une écriture qui parviendrait presque à rendre poétique la plus sordide des scènes de crime (en l’occurrence on est servi, son Diable Rouge est un pervers de la pire espèce qui laissera bon nombre de macchabées dans son sillage). Une plume qui parvient nous faire sourire même quand tout fout le camps.
Autre force de Mallock (le flic cette fois), son équipe de choc, son Fort, son groupe de sang ! Un Mallock sans ses fidèles lieutenants c’est un peu comme une bière sans mousse… et servie tiède qui plus est ! On retrouve avec plaisir cette relation quasi fusionnelle qui les unit (pourtant dans le genre patron exigeant, voire plus si affinités, le Mallock atteint des sommets).
Autre point commun aux enquêtes de Mallock, Mallock himself ! Dis comme ça ça peut paraitre soit évident, soit inutile (voire complètement con), mais chaque Chronique Barbare de l’auteur est l’occasion de plonger un peu plus profondément dans l’âme de son commissaire préféré. Un gars tout en paradoxes, un ours au grand coeur qui a bien du mal à cohabiter avec lui même. Et cette faiblesse, masquée sous une rudesse implacable, contribue grandement au charme du personnage.
Enfin, même si ça se situe en arrière plan de l’intrigue générale, chaque chronique nous offre une escapade gastronomique. On a en effet le droit dans chacune au moins une recette détaillée d’un plat que se mitonne le commissaire. Et il fait dans la cuisine gourmande, pas dans le hautement diététique macrobiotique insipide mais dans la cuisine des terroirs, celle qui affole nos papilles !
Une Chronique Barbare en compagnie des Mallock est une expérience unique avec un point commun : la certitude de se régaler. Cette seconde enquête ne fait que renforcer ma certitude. Pour l’anecdote je conseillerai de lire ses fameuses Chroniques Barbares dans l’ordre chronologique des intrigues, d’abord les deux versions poche publiées par Pocket, puis les deux titres diffusées par Fleuve Editions… Quant à moi, il va falloir que e me fasse une raison, les aventures numériques de Mallock commenceront à la troisième enquête… à moins de tomber sur des versions numériques artisanales au fil de mes errances…

[BOUQUINS] Jérôme Camut & Nathalie Hug – Le Sourire Des Pendus (W3 – T01)

Eurekaaa ! J’ai vaincu ma PàL papier… Bon OK je n’ai que peu de mérites vu que je n’achète quasiment que des numériques depuis belle lurette, sauf exceptions : titre non dispo en numérique, format poche (si condition 1 remplie et édition poche dispo) et visite trimestrielle à France Loisirs (en faisant en sorte que la condition 1 soit remplie mais pas la condition 2). Un achat papier demande désormais une longue réflexion et un travail de fouilles presque archéologiques !!!

J. Camut & N. Hug - Le Sourire Des PendusLe petit dernier du moment (jusqu’à la prochaine vague) est donc W3 : Le Sourire Des Pendus, écrit à quatre mains par Jérôme Camut et Nathalie Hug. Tant qu’à faire j’ai gardé le meilleur pour la fin… Et je doute de m’être trompé sur ce choix.
Quel est le point commun entre l’assassinat d’un avocat sulfureux dix ans plus tôt, la disparition de la journaliste Lara Mendès et ce qui semble être un triple suicide familial par pendaison ? De prime abord aucun, mais en fouinant sous la surface il s’avère que ces trois affaires gravitent autour du monde du porno underground…
Les CamHug ont su reconquérir mon coeur avec le très réussi Murs de Sang, je comptais sur ce nouveau titre pour confirmer la tendance. A vrai dire je m’attendais même à du lourd au vu des réactions enthousiastes lues çà et là (c’est toujours un risque de déception de placer la barre de ses attentes très haut). Avant d’aller plus avant dans cette chronique je vais lever le voile sur ma réaction globale : du lourd je voulais, du lourd j’ai eu et même plus encore !
Histoire de brouiller les pistes (sans jamais embrouiller le lecteur) l’intrigue principale se divise en une multitude d’intrigues secondaires (un peu comme si vous laissiez tomber une bille de mercure sur votre bureau), les liens entre elles ne sont pas toujours évident à deviner mais tout finit par se mettre en place naturellement.
Ajoutez à cela une impressionnante galerie de personnages tous parfaitement travaillés (j’ai un faible pour Léon Castel, allez savoir pourquoi). Là encore chacun commence dans sa case puis empiète peu à peu sur les plates bandes des autres ; une fois encore les auteurs savent s’y prendre pour que tout passe comme une lettre à la poste sans anicroches.
Le pavé est épais (750 pages) mais découpé en chapitres courts qui sautent souvent d’une situation à une autre. Les auteurs ont opté pour une écriture d’une remarquable fluidité, le bouquin se lit tout seul (si je n’avais pas eu un emploi du temps de folie je l’aurai sans doute bouclé en deux ou trois jours).
Sous couvert de leur intrigue glauque à souhait les CamHug nous invitent à plonger dans un univers tout aussi malsain et dérangeant : celui des Snuff Movies. Même si le bouquin n’est pas aussi cash que La Promesse Des Ténèbres de Maxime Chattam, il reste toutefois à déconseiller aux âmes sensibles. C’est aussi l’occasion pour les auteurs, du moins à travers leurs personnages, de porter un regard acéré sur la socièté en général (si le snuff existe c’est qu’il y a une demande, idem pour la prostitution enfantine), la justice (aveugle et parfois trop laxiste et procédurière) et les médias (des charognards qui ne jurent que par leur audience)…
Si comme moi vous vous demandez ce qu’est ce fameux W3, évitez de lire la quatrième de couv’ trop bavarde pour conserver intact le mystère. Ce sera mon seul bémol, le résumé donne un indice qui casse l’effet de surprise (mais je n’en dirai pas plus).
Ah si j’ai un autre bémol… Je veux la suite !!! En fait quand vous refermerez le bouquin vous aurez le sentiment de n’avoir lu qu’une mise en bouche de ce que les auteurs nous réservent pour la suite (voire les suites, plus probablement). Sur ce point aussi je les attends au tournant, le premier volet des Voies de l’Ombre m’avait laissé sur le cul mais lors des trois suivants le soufflé est tombé, lentement mais sûrement. Toutefois je pars confiant, ce premier opus ouvre les portes à un incroyable potentiel et surtout il y a encore tant de questions restées sans réponse (je pense notamment au cas de Ilya Kalinine)… Verdict dans les prochains mois.

Une descente à France Loisirs est prévue dans les prochains jours, de quoi redonner des couleurs à ma PàL… Mais avant tout : priorité absolue à Mallock et son Massacre des Innocents !

[BOUQUINS] Bill Loehfelm – Face Au Mal

B. Loehfelm - Face Au MalMa PàL papier diminue aussi vite que mon Stock à Lire Numérique augmente, ça me donne l’occasion d’aller piocher dans les achats France Loisirs laissés (à tort ou à raison ?) en stand-by. C’est donc au tour de Face Au Mal de Bill Loehfelm de passer sur le grill.
Maureen, serveuse dans un club de Staten Island, surprend à la fin de son service son patron et Frank Sebastian, un politicien qui a le vent en poupe, dans une situation plus que compromettante. Le lendemain elle apprend que son boss est mort dans des circonstances louches. Quand des gros bras de Sebastian débarquent chez elle, elle réalise alors qu’elle est la prochaine sur la liste. Sur qui peut elle vraiment compter face à un ennemi aussi puissant que Sebastian ?
Encore une avant-première France Loisirs, mais depuis le temps qu’il prend la poussière dans ma PàL je suppose que le bouquin est dispo en librairie depuis un moment. Quoi qu’il en soit autant jouer cartes sur table d’entrée de jeu : ce bouquin n’a rien d’exceptionnel, si vous le ratez vous ne perdrez pas grand chose…
L’intrigue me semblait prometteuse, quoique relativement classique, mais son traitement manque cruellement de profondeur et de surprises. L’auteur arrive à nous donner l’envie de connaître le fin mot de l’histoire mais sans plus.
Les personnages sont creux et ridiculement manichéens (à peut être celui de l’inspecteur Waters, le seul qui ait un semblant de consistance). Sebastian est l’archétype du méchant pas beau de série B, sadique, pervers, sûr de lui, ambitieux… au point d’en devenir stupide. Le pire dans l’affaire reste le personnage de Maureen, alors qu’elle aurait mérité le plus d’attention de la part de l’auteur (après tout c’est son perso principal), tout en elle sonne creux, on frôle le trou noir. Difficile d’avoir une quelconque empathie pour une palourde échouée sur le sable chaud à marée basse…
C’est le troisième roman de Bill Loehfelm et le premier traduit en français, on ne peut pas vraiment dire que la mise en bouche soit une réussite. Pas certain d’avoir envie d’aller en avant dans l’univers littéraire de l’auteur. On ne peut pas viser juste à tous les coups… Heureusement les top sont plus fréquents que les flop !

[BOUQUINS] Maud Mayeras – Reflex

M. Mayeras - ReflexEncore un bouquin qui doit son arrivée dans ma bibliothèque à la blogosphère, je ne connaissais pas l’auteure (dont c’est le second roman) et la couv’ ne m’attirait pas plus que ça ; je serai certainement passé à côté de Reflex de Maud Mayeras sans lui accorder un regard… C’était sans compter sur la multitude des tentateurs qui sévissent sur le Net, ils savent se montrer très persuasifs face à l’innocent et fragile lecteur que je suis !
Iris Baudry est photographe à l’identité judiciaire, elle se plonge corps et âme dans son boulot pour essayer de vivre avec la mort de son fils, assassiné onze ans plus tôt. Appelée sur une scène de crime, il lui semble reconnaître le mode opératoire de l’assassin de son fils…
Avertissement : lire ce bouquin demande une bonne dose de masochisme ! Il faut en effet aimer en prendre plein la gueule, Maud Mayeras n’économise pas les coups et sait taper là où ça fait mal. Vous sortirez de Reflex comme un pantin désarticulé, KO technique assuré !
D’un autre côté je ne peux pas dire que je n’avais pas été prévenu, le mot qui revient le plus souvent sur la blogosphère autour de ce bouquin est uppercut. Sauf que l’uppercut en question vous est prodigué par Mjöllnir¹, et qu’il reviendra souvent vous fracasser la pointe du menton.
Le bouquin nous propose de suivre deux intrigues qui, de prime abord, ne semblent pas avoir grand chose en commun (même si on se doute bien qu’il y a anguille sous roche). D’un côté on suit le parcours (et les souvenirs) d’Iris de nos jours (écrit à la première personne). De l’autre on fait la connaissance de Julie, une gamine de douze ans qui se fait violer en septembre 1919 et les conséquences que cela aura (vu de l’extérieur). Si vous découvrez le fil rouge alors là je vous tire mon chapeau !
Le rapport de la mère à l’enfant est omniprésent dans le bouquin. Qu’il s’agisse d’Iris, qui tente, tant bien que mal, de combler la mort de son fils par une totale immersion dans un boulot plutôt glauque (« Pour oublier son rire, j’ai tenté de comprendre ceux qui avaient cherché à l’effacer. Pour oublier son visage, j’en ai cherché d’autres plus abîmés. Pour oublier la douceur de sa peau, je me suis entourée de corps froids. Et pour oublier son odeur, j’ai choisi la puanteur de la mort.« ). Ou encore de la haine (et il y a de quoi la haïr cette vielle garce aigrie) qu’éprouve Iris pour sa mère (« Je n’ai jamais aimé ma mère. Cette façon qu’elle avait de vous humilier, de vous faire mal sans que jamais personne d’autre que vous ne le remarque. (…) Je l’ai détestée si fort, j’ai entretenu ma haine, je l’ai toujours bien nourrie pour qu’elle ne faiblisse pas, qu’elle ne s’éteigne pas.« ). Même dans la partie du récit qui se déroule dans le passé ce thème revient à plusieurs reprises et sous divers aspects que je vous laisse découvrir (et oui je n’envisage pas que vous puissiez avoir envie de passer votre chemin).
N’espérez pas un thriller qui dézingue du méchant (et un ou deux gentils çà et là) à tout va, on flirte d’avantage avec les normes du roman noir. C’est le style de l’auteure qui auréole ce bouquin d’une véritable aura de puissance, il vous bouffe de l’intérieur et vous en redemandez, encore et encore. Maud Mayereas aurait-elle inventé le roman succube (ou incube pour la gente féminine) ?
Si l’aspect investigation de l’intrigue n’est pas omniprésent je peux toutefois vous assurer que l’on ne s’ennuie pas une minute au fil des pages et qu’il n’y a ni longueurs, ni bla-bla inutile. Maud Mayeras va capter votre attention dès les premières pages, vous serez alors sous le charme de son écriture, entre hypnose et transe au fur et à mesure que la tension monte, jusqu’au coup de grâce final qui s’étire, faisant table rase de vos certitudes et hypothèses pour vous laisser sur le cul, la gueule figée dans un sourire béat.
Le personnage d’Iris ne fait pas vraiment penser à l’inspecteur Harry, non seulement elle n’est pas flic, mais en plus elle ne porte pas d’arme. Ajoutez à cela un léger complexe à s’exprimer lié à son bégaiement. Mais n’imaginez pas pour autant une frêle et fragile nana, elle puise sa force dans sa détermination à découvrir la vérité au sujet de la mort de son fils (ce qui l’aménera à déterrer bien d’autres secrets). Iris ne manque pas de caractère et n’aime pas grand chose (de nombreux chapitres commencent par Je n’aime pas…) mais cela ne l’empêche de dégager une incroyable humanité, du coup on s’y attache et on partage encore plus intensément ses émotions…
Un petit bémol ? Bon allez puisque vous insister. Rien à redire au niveau du bouquin à proprement parler, mille merci à Maud Mayeras pour cette lecture d’une rare intensité. En fait le bémol s’adresse plutôt aux éditions Anne Carrière qui semblent bouder le numérique, j’aurai bien vu Reflex bien au chaud dans ma liseuse.
En fin de bouquin l’auteure nous propose une bande originale, sans doute pour accompagner la lecture, même si en général je préfère lire dans ma bulle, entouré par le silence, je suis convaincu que s’il y avait eu de la musique autour de moi pendant que je lisais Reflex, je ne l’aurai pas entendue. J’ai été totalement absorbé par ce bouquin, la bulle est devenue le plus imperméable des bunkers.

¹ Mais qui est donc ce Mjöllnir ? Ou plutôt qu’est-ce donc ? Si vous avez répondu sans hésitation à cette question et sans passer par la case Google, alors vous êtes soit un passioné de mythologie nordique, soit un expert dans les super-héros de Marvel. Le rapport entre ces deux univers ? Thor et son fameux marteau à manche court, ustensile qui répond au doux nom de Mjöllnir. Comment ça je m’égare ? Et alors c’est bien un parking ici, non ?

[BOUQUINS] JC Hutchins & Jordan Weisman – Chambre 507

Hutchins & Weisman - Chambre 507Il aura suffi de quelques critiques plutôt enthousiastes pour que je chamboule mon programme de lecture (OK j’avoue que ledit programme repose sur des bases mouvantes, pour ne pas dire franchement instables), poussant ainsi en avant un petit nouveau de mon Stock à Lire Numérique : Chambre 507, un thriller écrit à quatre mains par JC Hutchins et Jordan Weisman.
Zach Taylor est art-thérapeute à Brinkvale, un sinistre institut psychiatrique qui héberge les pires psychopathes. Il se voit confier l’expertise psychiatrique de Martin Grace, accusé de douze meurtres et aveugle depuis deux ans (ce qui coïncide avec la fin des crimes). L’accusation repose exclusivement sur le fait qu’il avait prévenu les victimes avant leur mort sans lésiner sur les détails. Alors, innocent clairvoyant ou coupable machiavélique ?
Brinkvale, Long Island (NY) ? Un petit coin de paradis : « L’ins­ti­tut psy­chia­trique Brinkvale n’avait pas été bâti au-des­sus de la car­rière, mais de­dans. Neuf étages de folie furieuse, à hur­ler, à s’en faire bouillir la cer­velle, em­pi­lés dans la roche sur soixante mètres de hauteur. »
Ses résidents ? Que du beau monde : « Mais en 1875, le trou en ques­tion re­tint l’in­té­rêt d’alié­nistes dé­bor­dés qui cher­chaient un lieu tran­quille, caché aux re­gards du pu­blic, où abriter la po­pu­la­tion crois­sante des fous cri­mi­nels qui sé­vis­saient en ville. Des pa­tients soit trop at­teints pour la pri­son, soit trop dan­ge­reux pour les mo­destes asiles mu­ni­ci­paux. Car en fin de compte, même les can­ni­bales, les vio­leurs en série, les né­cro­philes, les bu­veurs de sang, les schi­zoïdes ul­tra­vio­lents et les gou­rous cha­ris­ma­tiques doivent bien dor­mir quelque part. »
Bon maintenant que le décor est posé on va pouvoir entrer dans le vif du sujet. Attachez vos ceintures, le voyage ne sera pas de tout repos !
Au chapitre des personnages je commencerai par Martin Grace, de loin le plus énigmatique et le plus complexe. Un bloc de marbre. Un iceberg. Avant de le rencontrer on découvre son parcours, et déjà les premières questions affluent. Le premier contact entre Zach et Martin nous plonge tout de suite dans le grand bain. Un bain glacé. Dans des eaux noires. Entouré d’un air vicié. Ce fut bref mais intense ; comme Zach on en ressort « sonné, désarçonné« . Et ça ne fait que commencer…
Passons à Zach Taylor maintenant. Après une jeunesse tumultueuse et rebelle (les relations avec son paternel sont toujours tendues), il semble enfin avoir trouvé sa place. Inutile de vous préciser que pour lui sa rencontre avec Martin Grace va marquer le début d’une descente en enfer, une plongée en apnée dans l’antre de la folie et de la phobie. Une plongée dans les sombres secrets de Martin Grace mais aussi dans ceux de sa propre famille. Heureusement pour éviter de sombrer il pourra compter sur le soutien de son frère, Lucas (un extravagant, adepte du parkour, qui a plus d’un tour dans son sac) et sa nana, Rachael (une geek pour qui l’informatique n’a bien entendu aucun secret). Un trio auquel on ne peut qu’accrocher, ils sont autant complices que complémentaires ; mais surtout ils apportent un peu de lumière dans les ténèbres et un peu de légéreté (avec quelques touches d’humour qui font mouche) dans ce magma oppressant.
Ecrit à la première personne, les auteurs nous proposent de vivre leur intrigue par le biais de Zach ; le résultat est pour le moins percutant. On partage ses questionnements, ses remises en question et ses peurs tandis qu’il creuse le passé de Grace et celui de sa famille. Les auteurs prennent un malin plaisir à brouiller les pistes et à jouer crescendo avec nos nerfs (âmes sensibles s’abstenir).
Il faut dire que l’intrigue est franchement tarabiscotée et menée de main de maître, une fois accroché (et ça va très vite), on ne lâche le bouquin qu’à regrets, espérant pouvoir le reprendre au plus vite. Un thriller foutrement efficace qui vous poussera souvent à vous demander si on est encore dans le rationnel ou si on a basculé dans la quatrième dimension (afin de laisser intact le suspense je ne répondrai pas à cette question).
Certes la fin ne répond sans doute pas à toutes les questions, je soupçonne qu’il s’agisse là d’un geste délibéré des auteurs (plutôt qu’un manque d’inspiration) afin de laisser une porte ouverte à une interprétation personnelle ; c’est une option qui ne m’a pas frustré outre mesure.
A noter que les droits d’adaptation au cinéma ont été achetés par Gore Verbinski (en tant que producteur), espérons qu’il saura s’entourer d’une équipe qui restituera toute la noirceur et la rudesse du roman ; pour rappel Verbinski est surtout connu pour être à l’origine de la saga Pirates des Caraïbes et de Lone Ranger pour Disney, inutile de préciser qu’on ne joue pas vraiment dans la même catégorie avec Chambre 507.
M’est d’avis que cette toute jeune maison d’édition (née en avril 2014 avec Fabrice Colin comme directeur éditorial), Super 8, n’a pas fini de nous surprendre. En tout cas perso je zieute déjà avidement vers plusieurs autres titres de son catalogue. Il y a fort à parier que le petit nouveau ne tardera pas à jouer dans la cour des grands grâce à une ligne éditoriale des plus prometteuses : « inoculer à la littérature mainstream la dose de surnaturel (fantastique, horreur, anticipation, galère post-apocalyptique, etc.) que cette dernière réclame sans le savoir.« 

[BOUQUINS] David Messager – Article 122.1

D. Messager - Article 122.1Une découverte estampillé avant-première France loisirs, lue le temps d’un week-end, Article 122.1 de David Messager au programme de cette chronique du lundi matin.
Quand un corps calciné est découvert dans les catacombes le commandant Estelle Lacroix, de la PJ de Paris, devine un mode opératoire similaire à celui de Mygale, un tueur en série qui la fascine et à ce jour jamais identifié. Cependant certains faits feraient plutôt pencher pour un imitateur. Mygale est-il de retour ? S’agit-il d’un imitateur ? Si oui, ce dernier ne risque-t-il pas de faire sortir Mygale de son silence ?
Premier point à éclaircir, le titre. L’article 122-1 du Code Pénal fait référence à la responsabilité pénale en cas de trouble psychique : « N’est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des faits, d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes. »
L’auteur nous livre là un premier roman particulièrement bluffant, un thriller psychologique et psychiatrique de très haut niveau. Il faut dire David Messager (pseudo de plume) est juge d’instruction, qui plus est il a été membre d’une commission départementale des hospitalisations psychiatriques. Autant dire qu’il s’aventure sur un terrain connu, et cela se ressent au niveau de son intrigue d’une vraisemblance à couper le souffle.
Si vous voulez une nuance entre réalisme et vraisemblance je vous renvoie à une phrase de l’auteur : « Je pense que le lecteur a davantage besoin de vraisemblance que de réalisme. (…) Mais au fond, la réalité dépasse souvent la fiction. » Dans la partie coupée (…) il indique qu’un récit 100% réaliste serait chiant à mourir (heu… pas vraiment en ces termes mais j’interprète librement le fond de sa pensée).
L’intrigue nous scotche dès les premières pages et jouera habilement avec nos nerfs et nos certitudes au fil des chapitres. Un scénario machiavélique à souhait servi par des personnages tout aussi criants de vérité et sujets au doute (difficile d’appréhender avec justesse le personnage d’Estelle Lacroix… parfois sympathique, parfois hystérique. Victime, coupable ou les deux à la fois ?).
Ajoutez à cela un style simple mais efficace qui nous plonge au coeur de l’intrigue et permet une lecture parfaitement fluide ; je puis vous assurer qu’une fois plongé dans le bouquin vous aurez du mal à le lâcher. L’auteur n’a sans doute pas encore la maîtrise d’un Chattam, Grangé ou Thilliez pour nous mettre les nerfs à vif mais pour un premier roman il m’a laissé sur le cul.
Un second roman est en préparation, je ne saurai vous dire s’il est toujours au stade embryonnaire ou, à contrario, quasiment bouclé ; une chose est sure j’ai vraiment hâte de le découvrir.

[BOUQUINS] Hervé Commère – Imagine Le Reste

H. Commère - Imagine Le ResteDepuis le temps que je lis les éloges de ce bouquin il fallait bien que je me lance, une fois de plus c’est Gruz qui a tiré le premier ! C’est donc totalement confiant, à la limite de l’inconscience même, que je me suis plongé dans Imagine Le Reste de Hervè Commère.
Karl et Fred sont deux zonards qui survivent à coup de petits boulots et autres combines plus ou moins ambitieuses/foireuses. Quand Fred débarque un matin avec un sac bourré de billets ils savent que c’est le moment ou jamais de changer de vie. Sauf que le fric a été volé à un caïd « brutal et subtil« . Et, cerise sur le gâteau, nos deux couillons se font piquer leur caisse avec la thune dedans…
En général j’essaye dans mes présentations de bloquer entre les 10 ou 20 premiers pour-cents du bouquin histoire d’en dire le moins possible tout en posant le décor. Ca ne marche pas à tous les coups, parfois je dois aller au-delà de cette limite imposée sinon mon pitch ne voudrait rien dire, je l’ai fait cette fois sans regrets.
Le premier coup de coeur est visuel avec cette couv’ d’une route lambda qui se fond dans l’horizon, et au-dessus ce titre qui est en soi une invitation au rêve. De suite l’imagination se met en branle, on donne une vie et une histoire à cette portion de route. Après cet interlude imaginatif il est temps de découvrir dans quoi l’auteur souhaite nous embarquer.
Avant même d’entrer dans le coeur de l’intrigue on tombe sous le charme de la plume de l’auteur, c’est foutrement bien écrit, plein de poésie même dans les moments les plus désespérés. Juste ce qu’il faut de figure de style pour que les mots viennent nous susurrer leur mélodie des oreilles au coeur sans escale et sans jamais sombrer dans le surjoué balourd.
Le bouquin est divisé en quatre parties, chacune suivant les pérégrinations du magot. Dès que l’on pose le bouquin, le temps de souffler, l’imaginaire se remet en branle, on invente la suite des événements et les connexions. A peine replongé dans l’intrigue que l’on oublie nos hypothèses bancales, on se laisse balader avec plaisir par l’auteur un sourire béat aux lèvres, bercé par les mots et la musique…
ACTE 1. On ouvre le bal avec Karl et Fred, nos deux zonards qui sont bien loin d’avoir inventé le fil à couper le beurre. Mais ils sont sympas malgré tout, pour eux ce blé c’est avant tout l’occasion de prendre un nouveau départ et de vivre leurs rêves. Une solide amitié les lie, on partage leurs galères et leur insouciance. Puis c’est la douche froide, que dis-je glacée ! Ca va pas Monsieur Commère ! C’est un truc à choper une hydrocution.
ACTE 2. On fait la connaissance de Nino, un chanteur à la voix d’or qui doute de son talent. Il se retrouve embringué dans une histoire qui le dépasse mais pour lui ce pactole est un tremplin vers la reconnaissance, une opportunité unique de se lancer dans la musique et d’en vivre. Mais vous pouvez compter sur l’auteur pour venir perturber les plans de notre artiste en herbe.
ACTE 3. Finis les petits joueurs. Place à Serge, le propriétaire initial du sac et son précieux butin. Inutile de préciser qu’il est un tantinet en rogne de s’être fait voler comme un bleu. Pour lui ce sac et ce fric c’est son bien le plus précieux, la prunelle de ses yeux. Quand j’vous dis que le Serge est en rogne le mot est faible. Il bout, il écume, c’est la rage personnifiée.
ACTE 4. Baisser de rideau. Pas une vraiment fin en apothéose mais encore quelques surprises à la clé et surtout aucune déception à la clôture du bouquin, que du plaisir, un immense plaisir. Mais je n’en dirai pas plus…
Un bouquin inclassable, un thriller par bien des aspects mais bien plus que ça, j’aime le terme OLNI (Objet Littéraire Non Identifié) et je trouve particulièrement bien adapté à ce roman.
Incontestablement un bouquin qui restera longtemps gravé dans mon coeur et mon esprit. Si je devais résumer mon ressenti en une phrase je m’en tiendrai à celle-ci, extraite du bouquin : « Ima­gi­ner le reste était une chose merveilleuse. Faire tout ce que l’on peut pour voir en face son des­tin s’ac­com­plir était une chose plus belle en­core. » Rien de ce que vous pourrez imaginer sera aussi fort que ce que vous lirez.
J’ai découvert l’univers littéraire de l’auteur avec ce titre (son quatrième roman), nul doute que, si l’occasion se présente, je me plongerai avec plaisir dans ses titres précédents. A défaut je guetterai les suivants…

[BOUQUINS] Christopher Smith – On Ne Meurt Que Deux Fois

C. Smith - On Ne MEurt Que Deux FoisCa faisait un moment que les bouquins de Christopher Smith titillaient ma curiosité, il faut dire que le gars est qualifié de « génie culturel » par… Stephen King ! Adjugé vendu ! Je prends une grande inspiration et je me lance dans On Ne Meurt Que Deux Fois.
Une soirée entre copines tourne au cauchemar pour Patty Jennings et Cheryl Dunning. Patty est victime d’un odieux chantage qui pourrait détruire sa vie. Cheryl est au milieu des bois avec deux dégénérés à ses trousses. Mais Cheryl connait ces bois et leurs dangers, ils pourraient être des alliés précieux contre ses poursuivants…
Un court bouquin (l’équivalent de 150 ou 200 pages en version brochée) assez classique au final mais tout de même vachement bien maîtrisé. Je m’attendais à plus trash mais l’auteur réussit quand même à maintenir une tension constante de la première à la dernière page.
Des personnages, nous ne savons que le strict nécessaire et c’est suffisant, à aucun moment on se retrouve face à un vide que l’on aimerait combler. L’auteur parvient à nous tenir en haleine tout en nous offrant quelques flashbacks permettant de revivre l’essentiel des parcours de ses « acteurs ».
On se retrouve avec un quatuor dans les rôles principaux, avec d’un côté Cheryl et Patty, les victimes, séparées dès les premières pages ; de l’autre Ted et Kenneth, des pervers illuminés comme on les aime. D’autres personnages feront leur apparition dans le récit et influenceront plus ou moins activement le cours de l’intrigue.
Je m’attendais à plus flippant mais ça reste globalement bien ficelé, on a tout le tant envie d’en savoir plus, aussi bien sur le sort de Patty que sur celui de Jenny, du coup une fois happé par le bouquin soyez assuré qu’il ne vous lâchera pas. Le plus flippant reste les deux dégénérés qui égrainent des citations bibliques pour justifier leurs actes, le gus qui a écrit l’Ancien Testament est le plus grand psychotique de tous les temps !
A l’occasion il faudrait que je mette la main sur la série Fith Avenue du même auteur, les six titres semblent indépendants mais il faudrait que je fouine histoire de vérifier qu’il n’y ait pas un fil rouge caché… mais bon d’ici là j’ai encore pas mal de lecture en stand-by, dont 11 champions potentiels !
Ce titre n’est disponible qu’en numérique, par contre la série Fith Avenue existe en français au format papier.

[BOUQUINS] René Manzor – Celui Dont Le Nom N’Est Plus

R. Manzor - Celui Dont Le Nom N'Est PlusEncore un titre qui fait un peu office d’invité surprise dans mon programme fluctuant des prochaines lectures ; la couv’ m’a fait de l’oeil et le ptich a achevé le travail de séduction. Le contenu fut-il à la hauteur de l’emballage ? Vous le saurez en lisant ma chronique de Celui Dont Le Nom N’Est Plus de René Manzor.
Deux meurtres en deux jours, le même mode opératoire sacrificiel mais deux coupables différents, chacun était un proche de sa victime et ne se souvient de rien. Le détective McKenna de Scotland Yard se voit contraint de faire équipe avec Dahlia Rhymes, criminologue au FBI, afin de démêler cette embrouille…
Le nom de René Manzor me disait bien quelque chose tout en ayant la certitude de n’avoir jamais rien lu de lui (il n’a écrit que deux romans  à ce jour). Une petite googlelisation m’a de suite rafraîchit la mémoire, monsieur est scénariste et réalisateur pour le cinéma et la télévision. On lui doit (scénario et réalisation) notamment l’excellent film Le Passage (1986) avec Alain Delon et Alain Musy (le fils de René Manzor). Il est aussi à l’origine du clip de la chanson du film, On se retrouvera, écrite par Jean-Félix Lalanne et interprétée par Francis Lalanne (les frères de René Manzor, René Lalanne de son vrai nom)… Une affaire de famille en quelque sorte.
Mais revenons à nos moutons et au roman. Comme je l’ai dit plus haut l’univers littéraire de l’auteur est pour moi une découverte, et je peux d’ores et déjà affirmer qu’il s’agit d’une découverte que je ne suis pas prêt d’oublier. René Manzor nous offre un thriller qui peut se targuer d’être du très haut de gamme, on flirte avec l’excellence même.
Une intrigue qui vous prend aux tripes (c’est le cas de le dire vu le mode opératoire des « éventreurs ») dès les premières pages et ne vous lâche plus avant que vous n’ayez terminé le bouquin (et quelle fin ! Grandiose !). Soit dit en passant une fois que vous aurez commencé à le lire vous aurez du mal à le lâcher, plus les chapitres défilent, jouant avec nos nerfs, plus on a envie d’en savoir plus.
Ici les coupables sont aussi des victimes, des pantins manipulés par un marionnettiste et c’est après lui que les enquêteurs vont devoir courir, l’identifier et comprendre ses motivations. La traque sera tout sauf un long fleuve tranquille et nous réserve bien des surprises. Certains éléments se sont avérés relativement prévisibles mais ça n’a en rien gâché le plaisir que j’ai eu à savourer ce roman.
On croise trois personnages principaux, en effet outre McKenna et Dahlia, l’avocat des « pantins », Nils Blake, joue aussi un rôle primordial dans l’intrigue. L’auteur donne à ses héros une incroyable justesse, avec leurs forces et leurs faiblesses, ils sont quasiment réels à nos yeux.
Enfin le style de l’auteur contribue aussi à l’efficacité de son roman. Il faut que la lecture soit aussi fluide et rythmée que l’enquête, pas de fioritures inutiles, pas de complaisance non plus dans le trash (l’essentiel est dit, notre imagination fait le reste). Pari réussi monsieur Manzor !
Bref un sans faute et encore un gros coup de coeur littéraire de 2014.